00:007h, Jacques Cardoze.
00:017h11 sur Sud Radio, merci de nous rester fidèles.
00:05Tout de suite, on parle de Parcoursup, du bâti scolaire, du nombre d'enseignants.
00:09C'est votre rendez-vous témoignage, c'est à la une.
00:12Et on est avec Nathanael Combary, président du conseil d'administration du syndicat Renouveau Lycéen.
00:18Bonjour Nathanael Combary.
00:20Première mesure, remplacer Parcoursup, ça doit se faire en deux temps,
00:24avec plus de clarté immédiatement concernant les algorithmes.
00:29Parcoursup, ça c'est pour cette année.
00:30Est-ce que c'est de la com ou est-ce que vous êtes satisfait de ce qui a été
00:33dit pour Parcoursup notamment ?
00:35Non, ce n'est pas de la com, puisque de toute façon, c'est des demandes que nous on a
00:38faites,
00:38lycéens, dans une concertation que je vis-préside.
00:42Donc non, toutes les demandes qu'on a pu faire, la transparence totale des algorithmes locaux,
00:46la suppression du lycée d'origine, la refonte de l'interface,
00:50un travail sur l'orientation et sur le supérieur avec des places qui ont dans le supérieur,
00:54c'était des demandes qui viennent directement des lycéens.
00:56Donc maintenant, sur la question de Parcoursup,
00:58moi j'attends notamment la journée de mercredi, demain,
01:01où à 17h à l'Assemblée nationale, le Premier ministre évoquera la situation de Parcoursup
01:06pour recueillir l'avis des groupes politiques,
01:07et on prendra acte de la position de chacun,
01:10et on appelle donc tous les groupes politiques à être assez responsables
01:13et à écouter la position de l'ensemble des lycéens sur Parcoursup.
01:17Nathanael Combary, pour qu'on comprenne bien,
01:19ça signifie que ce moment à l'Assemblée nationale,
01:22il sera déterminant dans la suite à donner au mouvement.
01:24Si vous sentez que les partis politiques vont dans le sens du Premier ministre,
01:28vous pourriez calmer la colère des lycéens ?
01:31Il n'y a pas que le rendez-vous de mercredi qui sera décisif,
01:33mais ça fait partie en effet des rendez-vous où je serai attentif,
01:36je serai de toute façon à l'Assemblée nationale pour pouvoir suivre les échanges en direct.
01:42Maintenant, j'ai envie de dire, ce n'est pas pour être dans le sens du Premier ministre,
01:45c'est pour être dans le sens des lycéens.
01:47C'est des lycéens qui étaient autour de la table des décisions
01:49pour refondre complètement Parcoursup,
01:51donc on espère que les partis politiques en sont pleinement conscients.
01:54Alors, dans le fond, quand Parcoursup sera pleinement renouvelé, rénové,
02:00qu'est-ce que vous en attendez de ce Parcoursup ?
02:02Est-ce qu'il doit continuer d'être sélectif,
02:05mais avec plus de transparence, c'est ça ?
02:07Alors, Parcoursup, certains en disent que c'est une boîte noire.
02:10Nous, ce que l'on pense, et de toute façon,
02:12les travaux et le fonctionnement de la plateforme le démontrent,
02:14c'est que Parcoursup est une boîte noire
02:16à cause des algorithmes locaux
02:17qui sont utilisés par justement les formations
02:19qui prémâchent le travail des jurys,
02:22qui font un premier tri dans les candidatures
02:23qu'elles peuvent recevoir en grand nombre.
02:25Ce qui fait que ça, nous les lycéens,
02:27on n'a aucune visibilité là-dessus.
02:28Donc, on souhaite une transparence totale de ces algorithmes locaux
02:31pour pouvoir mieux les comprendre
02:32et avoir déjà une idée quant à notre orientation.
02:36Il y a l'outil Parcoursup
02:37qui a besoin de recevoir des évolutions.
02:40Avant, il y a tout le sujet de l'orientation
02:42qui, à mon sens, est le sujet principal
02:44de pourquoi on a des inégalités
02:45vis-à-vis de notre orientation aujourd'hui.
02:47Et après Parcoursup, plus de places dans le supérieur.
02:50Toute la question de l'enseignement supérieur, finalement.
02:52Justement, les places supplémentaires,
02:54donc 15 000 annoncées supplémentaires dans le supérieur
02:57et dont 10 000 pour les filières BTS.
03:00Est-ce que ça va dans le sens de ce que vous souhaitiez ?
03:02Pourquoi particulièrement les BTS ?
03:03C'est bien, mais ce n'est pas assez.
03:05La difficulté qu'on a avec l'ouverture de places dans le supérieur,
03:08notamment, c'est qu'on a besoin d'ouvrir des places
03:10là où il y a des débouchés professionnels.
03:12Ça ne sert à rien d'ouvrir des places là où on sait que
03:14cinq ans après, on n'aura aucun travail,
03:16ni aucun master, parce que les masters sont ouverts
03:18en fonction des débouchés professionnels.
03:20Pourquoi les BTS ?
03:21Parce que s'il y a une demande qui explose au niveau des BTS,
03:24s'il y a des débouchés professionnels derrière,
03:25on a obtenu 10 000 ouvertures de places dans les BTS,
03:284 000 à la fac dans les IUT et 1 000 dans les filières de santé
03:34comme les IFSI par exemple.
03:35Après, c'est des chiffres que nous, on va essayer de renégocier
03:38pour avoir d'autres ouvertures de places stratégiques,
03:40notamment dans certaines licences où il y a des débouchés professionnels.
03:43Pour vous, le fond, et c'est là où il pourrait y avoir
03:46un sens intéressant à ces mesures,
03:49c'est que ces mesures s'adaptent à la réalité du monde du travail ?
03:53C'est-à-dire que moi j'entends certains à droite ou à gauche
03:56qui demandent 250 000 ouvertures de places dans le supérieur.
03:59Je rêverais d'avoir 250 000 ouvertures de places dans le supérieur,
04:04mais la réalité c'est que si c'est pour avoir une licence
04:07et après me retrouver sans master et sans débouchés professionnels,
04:12il n'y a aucun intérêt.
04:13Et ça, les lycéens sont pleinement conscients de ce que vous dites ?
04:16Ils sont derrière vous sur cette idée-là ?
04:18Évidemment, sinon je ne vous le dirais pas.
04:19Il y a aussi eu des demandes un petit peu ubuesques
04:22comme 10 milliards d'euros pour les lycéens et les étudiants.
04:25Les lycéens, ce n'est pas ce qu'ils demandent aujourd'hui dans la rue,
04:28qui sont devant leur lycée et qui manifestent.
04:30Pour certains, ils ont des demandes très concrètes,
04:32avoir des portes devant leur toilette,
04:34être plus adepte et plus préparé à arriver sur Parcoursup,
04:39ce n'est pas 10 milliards d'euros.
04:40Justement, vous faisiez allusion aux conditions parfois de travail,
04:44Nathaniel Combary, président du conseil d'administration du syndicat Renouveau Lycéen.
04:48Combien il y a de lycées qui nécessitent une rénovation totale,
04:53ne serait-ce qu'en Ile-de-France,
04:54puisqu'on sait que le mouvement vient de là essentiellement ?
04:57Je vais vous faire français des sourcils.
04:58En France, il y a 3700 lycées, 3766 si je ne dis pas de bêtises.
05:03Techniquement, en France, les 3766 lycées sont à rénover.
05:08On a des rapports qui prouvent qu'en France...
05:10Ils n'ont pas tous des toilettes bouchées.
05:11Ils n'ont pas tous des toilettes bouchées,
05:12mais en France, le bâti scolaire est vieillissant
05:16et inadapté aux conditions climatiques et météorologiques.
05:18L'idée, on a eu 4 milliards d'investissements,
05:21on demandait un plan d'urgence sur le bâti scolaire,
05:23on a obtenu un plan d'urgence de 4 milliards d'euros.
05:26On a eu une réunion jeudi avec le Premier ministre,
05:28Monsieur le ministre de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur,
05:31et toutes les présidences de région qui administrent nos lycées
05:34pour justement pouvoir flécher ces investissements dans les lycées
05:37où il y a une plus grande demande.
05:39On l'a vu, la mobilisation lycéenne,
05:41elle a commencé au lycée Saint-Exupéry à Créteil,
05:43elle s'est étendue en Ile-de-France.
05:45Il y a des lycées qui nécessitent des investissements avant d'autres.
05:48Ça, on est totalement d'accord.
05:494 milliards, on va pouvoir répondre à combien de demandes ?
05:51Puisque vous dites, si c'est les 4000 lycées français,
05:54j'imagine qu'on est loin du compte.
05:56Mais 4 milliards, on pourrait répondre à combien de demandes de lycées ?
05:59C'est justement tout l'enjeu de notre réunion de jeudi
06:03qui fait justement partie des grands rendez-vous
06:04qu'on attend nos représentants lycéens et lycéens dans la généralité
06:09parce qu'on va avoir nécessité de dialoguer avec les régions
06:11pour simplement, c'est très très simple,
06:13on va se mettre autour de la table pour dresser une liste
06:15et savoir combien de lycées sont à rénover urgentement dans cette région.
06:19Si oui, combien il faut mettre sur la table ?
06:21Ça va être tout l'objectif de notre rencontre.
06:23C'est concret et c'est très bien.
06:24On passe vite sur le platefonnement à 28 lycéens par classe en seconde.
06:29J'imagine que ça, évidemment, ça fait consensus.
06:32Vous vouliez plus sur ce point-là, rapidement ?
06:35Nous, ce qu'on attend, c'est de voir directement à la rentrée 2027
06:38comment les choses vont se passer.
06:40Je pense que c'est une bonne chose.
06:41En conclusion, Nathanael Combary, président du conseil d'administration
06:44du syndicat Renouveau Lycéen.
06:46Est-ce que vous allez poursuivre les manifestations ?
06:48Et si oui, quand ?
06:49La mobilisation, nous, ce qu'on demande, c'est qu'elle continue pour le moment.
06:53Et c'est ce qu'on demande aux lycéens.
06:54On a besoin, malheureusement, et on le regrette,
06:56d'avoir un rapport de force avec le gouvernement.
06:58Sinon, on n'est pas entendu.
06:59Donc, nous nous attendons de voir la journée de mercredi,
07:02la journée de jeudi, et puis différents moments stratégiques
07:06où nous attendons encore des annonces et des résultats concrets sur le terrain.
07:09Et une fois que nous aurons ces résultats concrets sur le terrain,
07:12la mobilisation pourra se concerter pour acter ou non sa fin.
07:16Et vous pourrez reprendre les études,
07:17puisque vous êtes vous-même étudiant en langues étrangères.
07:20C'est bien ça, c'est ce que vous me disiez.
07:22Je vous souhaite une excellente journée.
07:25Nathanael Combary, merci de nous avoir.
07:28Rendu visite ici dans le studio de Sud Radio.
07:30Vous êtes président du conseil d'administration du Renouveau Lycéen.