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  • il y a 5 minutes
Tous les matins à 8h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Et on part en Corse, vous retrouvez Gilles Simeoni, bonjour.
00:04Vous êtes le maire de Bastien, vous êtes conseiller exécutif de Corse.
00:08Les spécificités de la Corse prises en compte permettent à la collectivité de Corse de fixer des règles,
00:13notamment pour encadrer l'accès à la propriété de Lille, sur Lille.
00:17Et bien tout ça c'est fini, c'est fini puisque ces mesures ont été rejetées hier par le Sénat.
00:22Vous accusez le Sénat d'avoir détruit le processus d'autonomie de la Corse ?
00:26Le vote d'un certain nombre d'amendements par une majorité de sénateurs a conduit effectivement à détricoter le texte
00:35qui était le résultat d'un accord politique construit pendant 4 ans.
00:40Un texte pour l'Assemblée nationale avait su préserver la substance, même si elle avait modifié certains termes,
00:46puisque je rappelle que l'Assemblée nationale avait voté ce texte, ce projet d'écriture constitutionnelle à une très large
00:51majorité.
00:52Il y a eu effectivement avant-hier au Sénat, et c'est bien sûr partie de ses prérogatives, l'examen
00:58de ce texte,
00:59et une majorité construite à titre principal autour d'une vision archaïque et conservatrice a conduit à adopter un certain
01:07nombre d'amendements
01:08qui ont détricoté le texte, donc qui l'ont privé de son sens.
01:11Le paradoxe, c'est que cette manœuvre a finalement été sanctionnée, puisque le Sénat lui-même,
01:18lorsqu'il s'est agi de voter ce texte qui n'avait plus aucun sens, l'a rejeté,
01:22et donc on est aujourd'hui dans une situation de blocage, vous l'avez dit.
01:26Situation de blocage, c'est-à-dire que ce processus d'autonomie qui avait été lancé il y a plusieurs
01:31années déjà,
01:33il est retour à zéro, retour à la case départ ?
01:36Non, pas retour à la case départ, parce que d'un point de vue juridique et formel,
01:41la navette peut continuer entre l'Assemblée nationale et le Sénat,
01:46dans la mesure où, pour que la révision constitutionnelle sur un statut d'autonomie
01:51aboutisse, il faut à la fois un vote des deux assemblées sur un texte identique,
01:56et ensuite l'adoption de ce texte par le Congrès qui révit à la fois l'Assemblée et le Sénat,
02:02une majorité qualifiée.
02:03Donc on est dans une phase qui est, en toute hypothèse, intermédiaire.
02:07Mais par contre, il y a un blocage politique profond,
02:09puisque effectivement, une majorité du Sénat a choisi de mettre un veto au texte, à sa substance,
02:17et en cela, cette volonté aujourd'hui majoritaire du Sénat,
02:21elle s'oppose non seulement au vote quasi unanime de l'Assemblée de Corse,
02:26mais également à une aspiration qui est très largement partagée.
02:29Je rappelle, même si ce n'est qu'indicatif, qu'à la veille du vote du Sénat,
02:33un sondage IFOP, pour l'autorité, était venu rappeler que 72% des Corses
02:39attendaient et espéraient un vote favorable,
02:41et 66% de l'ensemble des Français étaient sur la même position.
02:45Donc il y a aujourd'hui une distorsion forte et un blocage politique.
02:48Un blocage politique, je rappelle que ce projet d'aller vers cette autonomie
02:53avait été négocié depuis 4 ans,
02:55et lancé par l'actuel ministre de la Justice, Gérald de Darmanin,
02:59lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.
03:00Arthur Chevalier.
03:01Oui, bonjour M. le maire.
03:01Une question sur un texte que vous avez fait voter dans votre conseil municipal
03:04il y a une quinzaine de jours.
03:06Un statut de résident qui interdit aux gens qui ne sont pas Corse
03:11d'acheter un bien en Corse avant qu'ils aient résidé pendant 5 ans.
03:15C'est évidemment une rupture de l'égalité devant la loi.
03:18Est-ce que vous êtes pour la réciprocité ?
03:20Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que tous les Corses
03:22devraient donc attendre 5 ans avant d'avoir le droit d'acheter un bien en métropole ?
03:28Excusez-moi monsieur, mais votre présentation est inexacte.
03:31Le statut de résident n'est pas réservé aux Corses.
03:33Le statut de résident, s'il rentrait en vigueur,
03:36serait réservé aux gens pour un certain nombre de biens,
03:39pas forcément pour la totalité.
03:40Par exemple, dans les zones à forte tension
03:42où les gens, quelle que soit leur origine, n'arrivent plus à se loger,
03:46nous, nous proposons un statut de résident
03:48qui existe dans d'autres régions européennes,
03:50par exemple en Italie.
03:52C'est-à-dire que les gens qui habitent en Corse
03:54et qui y travaillent depuis plus de 5 ans
03:56seraient effectivement prioritaires,
03:58par exemple au détriment de celles et ceux
04:01qui construisent des logements pour les Airbnb
04:03ou les résidences secondaires.
04:04Mais ce n'est pas un statut qui serait sur le critère de l'origine,
04:08c'est sur le critère de la résidence,
04:10c'est conforme à la Constitution
04:11et c'est conforme au droit européen.
04:13– Gilles Simeoni, vous aviez dit,
04:16et je me souviens très bien que vous l'aviez dit,
04:17y compris à mon micro,
04:19que s'il y avait une forme de déni démocratique,
04:23si ce texte n'aboutissait pas,
04:26alors il y avait un risque de retour des violences
04:29en cas d'échec de ce processus d'autonomie.
04:31Est-ce qu'aujourd'hui vous êtes inquiet ?
04:34Est-ce que vous vous demandez quelle va être la suite,
04:36quelles vont être les réactions ?
04:38– Oui, bien sûr, mais vous savez,
04:40je le dis avec beaucoup de précaution,
04:43en rappelant d'abord que tout mon engagement politique,
04:47et notamment depuis 11 ans,
04:49nous avons accédé aux responsabilités en Corse,
04:51j'ai été président du Conseil exécutif pendant plus de 10 ans,
04:55tout notre engagement politique a été précisément
04:57pour enraciner la Corse dans une logique de démocratie
05:00et pour faire disparaître toutes les violences.
05:03Donc, en aucun cas, le constat de la situation de blocage actuelle,
05:08qui est une situation qui crée une véritable logique de conflit,
05:14ce constat ne peut pas être interprété comme un chantage à la violence.
05:17Par contre, ce qui est certain, c'est qu'il y a un déni de démocratie,
05:21c'est que le suffrage universel qui a parlé en Corse à plusieurs reprises
05:25en faveur du statut d'autonomie est aujourd'hui dénié,
05:29et qu'il faut sortir de la logique de crise politique pour réintégrer la logique démocratique.
05:34La logique démocratique, c'est écouter ce que dit le peuple,
05:37notamment ce qu'il a dit dans les élections,
05:38et puis si, in fine, on continue d'avoir un blocage politique,
05:42je pense qu'il faudra sans doute retourner très rapidement devant le peuple
05:46pour lui poser la question, est-ce que, oui ou non,
05:48on veut pour la Corse un statut d'autonomie ?
05:50Merci.
05:51Je pense que les Corses, ils sont très largement majoritaires,
05:54très largement favorables,
05:55et je pense que l'ensemble des Français, ils sont très largement favorables.
05:58Merci Gilles Simeoni d'avoir répondu à nos questions.
06:00Maire de Bastia et conseiller exécutif de Corse, il est 8h20 sur RMC.

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