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Avec Jean-Christophe Repon, Président de la Capeb / Jean-Yves Camus, Journaliste et Politologue, spécialiste de l'extrême droite
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NewsTranscription
00:00Les Etats, le fait du jour.
00:02Bonjour, vous êtes bien sur Sud Radio, ça je vous l'ai dit tout à l'heure.
00:06Je dis bonjour, je dis bonjour au président...
00:10Jean-Christophe Repon.
00:11Au président de la CAPEB, qui est Jean-Christophe Repon.
00:13Bonjour Jean-Christophe Repon, voilà.
00:14Vous représentez les artisans, les artisans du bâtiment notamment.
00:19On parle beaucoup des corps de métier qui ont été frappés par cette crise.
00:22Le bâtiment l'est aussi depuis assez longtemps.
00:25Et pourtant c'est un des fleurons de l'économie française, nous le savons bien.
00:27Est-ce que Jean-Christophe Repon, les derniers événements,
00:31cette dernière dérégulation de l'économie française, vous touche plus particulièrement en ce moment ?
00:37Sur les manifestations et sur la problématique qu'il y a eu les semaines passées en France,
00:42on n'est pas touché directement.
00:44Nous nous sommes impactés par les crises énergétiques qui ont été répétées depuis plus de 4 ans.
00:49Et nous avons encore ce trimestre une activité en baisse de 1%.
00:53Et ce qui est criant pour nous et problématique, c'est qu'alors qu'on devrait être en activité pleine
00:59et entière,
01:00avec la transition énergétique, les canicules et l'obligation de mieux vivre son habitat,
01:05nous sommes, nous, depuis plus de 4 ans, en réduction d'activité et en destruction d'emplois,
01:10avec 45 000 emplois détruits en 4 ans.
01:13Et donc nous avons des artisans qui, après, avec le marasme ambiant et l'inquiétude ambiante,
01:19nous sommes en désespoir et en crise sans voir la sortie de crise possible.
01:24Et c'est ça qui nous angoisse fortement.
01:26Jean-Christophe Repon, vous me dites que vous êtes moins impacté, bien sûr, par l'actualité.
01:29Pour autant, un climat aussi délétère de telles tensions, est-ce que ça incite,
01:34ou au contraire, ça décourage les Français d'investir dans le bâtiment, d'acheter, de renouveler ?
01:40On fait attention assez à son budget, et donc, j'allais dire, l'activité du bâtiment s'en ressent forcément.
01:45On voit bien que le climat délétère, depuis la dissolution, je dirais, a amené les Français à ne pas engager
01:51de travaux de rénovation,
01:53alors que la qualité de vie dans l'habitat est essentielle pour nous,
01:57et aussi dans le bilan de gestion de chaque foyer, du pouvoir d'achat,
02:02elle est importante, mais l'ensemble des Français décalent leur ambition et leur rénovation.
02:10Et donc, ce qui veut dire que, pour nous, cette ambiance qui est délétère ne donne pas de l'activité
02:15et ne permet pas aux artisans de donner toutes leurs pleines mesures.
02:19Et c'est vraiment devenu dramatique dans une période où, depuis quatre ans, on est vraiment en régression.
02:24Donc, on a vraiment des artisans qui ont aussi, vous regarderez, dans les manifestations,
02:28vous verrez pas mal d'artisans dans les ronds-points et dans les gilets jaunes.
02:34Ça veut dire que nous sommes, nous, des chefs d'entreprise artisanaux
02:36qui sommes avec nos salariés à la production et qui avons du mal à boucler les fins de mois
02:42et qui donnent aussi des bilans très négatifs, avec des dépôts de bilan, de la destruction d'emplois
02:48et un désarroi et vraiment une angoisse de plus en plus importante pour nous, artisans du bâtiment.
02:55Pourtant, Jean-Christophe Repon, vous avez une mission essentielle
02:58sur des enjeux environnementaux, les passoires thermiques, la rénovation de l'habitat.
03:02C'est grâce à vous qu'on va pouvoir faire des économies sur l'énergie.
03:06Est-ce que cette mission, vous pouvez continuer à la remplir, j'allais dire, en toute liberté
03:10où vous avez des contraintes de matériaux, d'augmentation des tarifs ?
03:13Vous êtes aussi frappé, vous aussi, avec tout ce qui touffe l'énergie
03:16et tout ce qui touffe les matières premières.
03:19Ce qui se passe, c'est que nous, dès la crise ukrainienne,
03:22on a eu une augmentation des matériaux assez forte, un peu comme dans la grande distribution pour l'alimentaire,
03:27mais qui n'est jamais revenue en partie basse.
03:30Et puis derrière, on a eu Hormoz qui a eu encore une réaction plus rapide sur les matériaux
03:35et donc on a connu une crise de l'achat de nos matériaux qui a été très impactante.
03:39Ce qui veut dire que, dans un premier temps, les artisans ont rogné sur leurs marges
03:43et n'ont pas impacté leur devis sur l'augmentation de leurs matériaux,
03:47mais à terme, au fur et à mesure, petit à petit, on a été obligé,
03:52si on veut continuer à vivre dignement de nos métiers et de nos compétences,
03:55ajuster nos prix avec nos prix d'achat.
03:57Et donc, je trouve et je pense, c'est pour ça qu'on porte cette revendication
04:01auprès des ministres concernés et du Premier ministre,
04:04la volonté d'avoir une baisse de TVA sur la rénovation,
04:08puisque ça donnerait...
04:09On voudrait redonner, en fait, 5 points de pouvoir d'achat aux particuliers,
04:13en basculant la TVA de la rénovation de 10 à 5 points.
04:17Et c'est une pétition qu'on a signée et qui revendique cela
04:20à plus de 10 000 signatures aujourd'hui de nos artisans qui disent, voilà,
04:24donner un coup de main rapide de pouvoir d'achat aux particuliers
04:28pour qu'on vive mieux l'habitat très rapidement.
04:31Et ça, c'est vital pour nous, comme signe fort,
04:33pour ne pas qu'il y ait des radicalités qui montent dans l'artisanat.
04:37Ça supposerait une petite perte de trésorerie pour la finance publique,
04:40mais un grand gain pour l'économie française.
04:42Cette somme réduite, elle se retrouverait même démultipliée
04:46dans les caisses de la France.
04:48Nous, on a évalué, mais on n'a pas tous les leviers pour le peser,
04:51bien évidemment, à 2 milliards et quelques d'activités supplémentaires
04:55et 10 000 emplois créés.
04:56Mais ce qui veut dire aussi que,
04:58quand on a détruit 45 000 emplois depuis plus de 4 ans,
05:00j'aimerais à ce que le gouvernement me dise
05:02combien ça coûte à l'État de pouvoir avoir 45 000 demandeurs d'emploi
05:06en plus dans la TPE du bâtiment.
05:07Donc nous, ce qu'on veut, c'est redonner le pouvoir d'achat
05:09et un signal fort très rapide.
05:11Après, on peut le limiter dans le temps, bien évidemment.
05:13Ce serait un plan de sauvegarde de l'emploi du bâtiment
05:16pour pouvoir sauver l'artisanat rapidement
05:19et pouvoir relever les défis dans la foulée,
05:21puisque normalement, logiquement, on devrait créer,
05:24pour justement tenir ce que vous disiez,
05:26la trajectoire économique de la transition énergétique,
05:29on devrait créer 200 000 emplois.
05:32Et si les Français ont les moyens de rénover,
05:35on devrait créer de l'activité et dire aux femmes et aux jeunes hommes
05:40de rejoindre l'artisanat pour créer justement de la richesse
05:43et créer une vraie valeur ajoutée, territoire par territoire,
05:46en ruralité, de métiers de proximité,
05:48qui peuvent les faire vivre dignement dans la durée.
05:51Et avoir un sens, puisqu'on permet de mieux vivre son habitat
05:56et de pouvoir donc plus ou moins sauver la planète.
05:58Mais on peut aussi accompagner nos anciens
06:00à rester le plus longtemps possible chez eux,
06:01sur la silver economy.
06:03Donc ce sont des éléments sociaux et économiques dans le territoire.
06:08Alors, je me tourne vers vous, Anissa Arfaoui.
06:09Recule de l'activité, les artisans tirassanés d'alarme
06:12et la CAPEB aux sleton.
06:13Dans les faits, ça donne quoi ?
06:15Alors, la CAPEB, effectivement, aux sleton,
06:16face à une crise qui s'installe dans l'artisanat du bâtiment,
06:19au troisième trimestre 2026,
06:21l'activité recule encore de 1% sur un an,
06:23pour un quatorzième trimestre consécutif de baisse.
06:26Les difficultés touchent les commandes,
06:28mais aussi la rentabilité.
06:29Au niveau national, 30% des entreprises déclarent
06:32une détérioration de leur trésorerie
06:34et 28% une baisse de leur marge.
06:37Environ 11 500 emplois ont disparu sur un an
06:40dans les entreprises du bâtiment,
06:42comptant jusqu'à 10 salariés.
06:43Et d'ailleurs, dans son dernier communiqué,
06:45publié le 27 octobre,
06:47Jean-Christophe Repon résume ainsi
06:48l'état d'esprit des professionnels.
06:50Les artisans ne demandent pas à vivre
06:52sous perfusion d'aide.
06:53La CAPEB réclame une relance des commandes
06:56et des règles permettant aux entreprises
06:57d'investir, d'embaucher,
06:58de transmettre leur savoir-faire.
07:00Le baromètre des Pays de la Loire
07:01illustre cette inquiétude.
07:0321% des artisans interrogés
07:05envisagent de cesser leur activité.
07:07La hausse des prix fragilise les entreprises,
07:10qui peinent à la répercuter,
07:11évidemment, sur leurs clients.
07:12Le président régional, d'ailleurs,
07:14Alain Lacour, déclare
07:15ce qui manque aujourd'hui,
07:16ce sont des règles stables
07:17et une relance de la demande.
07:19Et pour faire repartir les chantiers,
07:20ils demandent quoi concrètement au gouvernement ?
07:22Une baisse temporaire de la TVA
07:23à 5,5 sur les travaux de rénovation.
07:25La CAPEB demande aussi
07:26un parcours de rénovation énergétique
07:28réalisable par étape
07:30et une simplification des contraintes.
07:32Elle veut également préserver
07:33la place des artisans
07:34dans la transition énergétique,
07:35notamment dans l'installation
07:36des pompes à chaleur.
07:37Cette mobilisation se prolonge
07:39sur le terrain politique
07:40puisque son manifeste présidentiel
07:42présente 12 priorités,
07:43dont l'encadrement des micro-entreprises,
07:45l'apprentissage et la transmission des TPE.
07:48La pétition comptait 8600 signatures
07:50au 27 octobre.
07:51Monsieur pourra peut-être
07:53nous réactualiser ce chiffre.
07:55Et l'organisation demande
07:56à être reçue par le Premier ministre
07:57son mot d'ordre.
07:58Des chantiers pour bâtir,
07:59pas des aides pour tenir.
08:01Oui, Jean-Christophe Repon,
08:03vous faisiez allusion à cette pétition.
08:05Il y a une dynamique, visiblement,
08:07et une prise de conscience
08:07assez réelle dans ce pays
08:09sur cet enjeu.
08:11Nous parlons de ces 10600
08:13et nous continuons la fermée,
08:15la clôturée à la fin du mois.
08:16Mais je pense qu'avec la dynamique
08:18qui arrive,
08:19on va continuer peut-être à la porter.
08:20On va voir avec le collectif
08:22des adhérents CAPEM.
08:23Mais c'est important
08:24d'avoir un signal fort
08:25très rapidement
08:26pour contenter le désarroi
08:29de nos artisans.
08:31Vous nous demandiez
08:32si ça coûtait la baisse de TVA.
08:33Bien évidemment que ça fait
08:34un peu de rentrée fiscale en moins.
08:36Mais quand vous voyez
08:37les rapports qui ont eu lieu
08:38sur la micro-entreprise
08:40et le rapport IGAS-CGF
08:41qui dit qu'il y a plus de 2 milliards
08:43de contournements
08:44d'évasion fiscale
08:45sur le non-paiement de la TVA,
08:47je pense que si on devait
08:49légiférer sur l'ensemble du champ,
08:51on pourrait retrouver
08:51l'équilibre financier
08:52et donner un élan
08:54aux finances publiques.
08:55Qui sont vos interlocuteurs
08:56au gouvernement ?
08:58Oui, nous demandons bien sûr
09:00un rendez-vous
09:01avec le Premier ministre
09:01qui invite majoritairement.
09:03Mais on a bien évidemment
09:04le ministre du Logement,
09:05M. Jean Brun,
09:05on a le ministre du Travail,
09:07aussi M. Farandou,
09:08M. Papin,
09:09le ministre des TPE,
09:10des PME.
09:11Et donc nous demandons,
09:12et Mme Bréjean,
09:14sur la partie électrification
09:16et problématique
09:17de la transition énergétique.
09:18Donc nous demandons
09:20une audition très rapide
09:21pour pouvoir exposer
09:22nos points de vue
09:23qui ne sont pas
09:23une détérioration
09:24des finances publiques
09:25mais au contraire
09:26comment on peut participer
09:27à l'équilibre
09:28des finances publiques
09:28de demain
09:29et à donner une dynamique.
09:30C'est ce que nous demandons
09:31et nous avons des propositions
09:32qui ne coûtent pas
09:33et qui proposent
09:34des solutions de sortie.
09:35Jean-Christophe Repon,
09:36vous avez de l'espoir
09:37ou vous craignez
09:38qu'on vous dise
09:39qu'on se trouve,
09:39vous savez quand ils vous reçoivent ?
09:40Surtout les quatre ministres
09:41que vous avez cités
09:42sont plutôt des gens
09:43qui ont l'expérience de terrain.
09:44M. Papin, M. Farandou,
09:46ce n'est pas des politiciens
09:48à l'état pur.
09:49Je pense qu'ils sont sensibles
09:50à votre cause.
09:51Est-ce que l'État,
09:52à votre avis,
09:53vous venez en quémandeur,
09:54passez-moi l'expression,
09:55en demandeur,
09:56vous ne quémandez rien,
09:57vous demandez
09:57à poursuivre votre activité.
09:58Est-ce que vous croyez
09:59que l'État a les moyens
10:00aujourd'hui,
10:01vu que les finances
10:01de la République sont à l'os,
10:03de vous envoyer
10:04au moins quelque chose ?
10:04Il y a un espoir ?
10:06Il y a vraiment un espoir
10:07pour ma part
10:07parce que je pense
10:08qu'on ne vient pas justement
10:09demander une détérioration
10:11des finances publiques
10:11mis à part de la TVA
10:16mais il est encore,
10:17me semble-t-il,
10:18possible de gouverner
10:19en France
10:20et de prendre des décisions
10:21qui ne sont pas impactantes
10:22et qui sont transpartisanes.
10:24Sur la problématique
10:25du logement,
10:26du pouvoir d'achat
10:27des particuliers,
10:28nous, on réclame
10:29depuis plus de trois ans
10:30un grenelle du logement
10:32pour pouvoir se mettre
10:33tous autour d'une table
10:34et parler en dehors
10:35des dogmes
10:35de la solution
10:37pour pouvoir avoir
10:38un logement abordable
10:39et rénové.
10:41Et je pense que là,
10:42c'est transpartisant
10:43qu'on pourrait avoir
10:45majoritairement
10:45une grande majorité
10:46qui nous suivent
10:47dans des points de vue
10:48échangés.
10:49Et on n'arrive pas
10:49à l'avoir.
10:50Donc je pense,
10:50moi j'y crois encore
10:51et peut-être que je suis utopiste
10:53mais je continuerai
10:53tant que je suis président
10:54de la CAPEB
10:55à le porter,
10:56d'avoir des arbitrages
10:57qui ne coûtent pas
10:58mais qui donnent
10:59des signaux forts
11:00aux artisans
11:00pour qu'ils ne s'énervent
11:01pas plus
11:02et qu'ils ne se rendent pas
11:03dans une certaine radicalité
11:04à la veille d'échéance.
11:06Jean-Christophe,
11:06répond de combien
11:07d'emplois directs
11:08et indirects
11:09dépend votre secteur
11:10ou combien au contraire
11:11emportent-ils
11:12dans l'emploi ?
11:13Si je ne considère
11:15que l'artisanat
11:16du bâtiment,
11:16donc les entreprises
11:17de moins de 10 salariés,
11:18c'est plus de 500 000 emplois.
11:20C'est-à-dire
11:20sur 540 000,
11:22que sur la TPE,
11:23je ne vous parle pas
11:24des grands groupes
11:24et de Bouygues,
11:27moi je ne parle que
11:28de l'artisanat
11:28des entreprises
11:28de moins de 10,
11:29c'est plus de 500 000 emplois.
11:30Donc si on doit continuer
11:32à détruire de l'emploi
11:32pour créer de la micro-entreprise,
11:34il faut que les gouvernants
11:34nous le disent directement
11:36et ce qui veut dire
11:36que derrière,
11:37le modèle social
11:38et politique
11:39ne tient plus
11:39et il n'y aura plus
11:40de financement
11:41qui permet de pouvoir le faire.
11:42Et un emploi indirect
11:43avec un impact
11:44sur l'économie ?
11:44Je pense aux fournisseurs
11:46ou à ceux qui complètent.
11:48La filière,
11:49c'est bien plus large,
11:50bien sûr,
11:51mais pour le moment,
11:51je crois que la filière
11:52et les industriels
11:53et les revendeurs
11:54ne sont moins impactés
11:55que les artisans.
11:57Seuls les artisans
11:57sont impactés
11:58en bout de chaîne.
11:59Les artisans du dernier kilomètre,
12:00eux, subissent
12:02une difficulté
12:02et on voit bien
12:03que quand on nous dit
12:04qu'il y a des entreprises
12:06qui ont des majorations
12:08ou des super profits,
12:09ce n'est pas
12:10le cas
12:11des entreprises
12:11artisanales du bâtiment.
12:12Personne n'est parti
12:13à Dubaï,
12:14personne n'a sur-enchéri,
12:15on est toujours là,
12:15présent,
12:16et on a détruit l'emploi,
12:17donc c'est là
12:17qu'il faut s'occuper de nous
12:19et prendre attention
12:20aux artisans.
12:21Jean-Christophe Repon,
12:22vous m'accorderez
12:22que vous êtes un secteur,
12:23sans vous flatter,
12:24un secteur essentiel
12:25de l'économie française.
12:26J'allais même dire
12:27une des fiertés
12:27de l'économie française,
12:29le bâtiment,
12:29la rénovation.
12:30On essaie,
12:31et je pense que c'est légitime.
12:33C'est un des aspects
12:33du visage de la France
12:40et surtout quand on a envie
12:41d'un accès à la propriété,
12:42même si M. Mélenchon
12:43va nous expliquer
12:44que la propriété,
12:45c'est le vol.
12:45On repart chez Proudhon,
12:46c'est extraordinaire
12:47ce voyage dans le 19ème siècle,
12:48mais bon,
12:49c'est son droit.
12:50Jean-Christophe reprend
12:51une question assez personnelle
12:52parce que j'ai vu autour de moi
12:54des gens que je connais
12:54qui font appel
12:56pour construire leur maison
12:58ou amplifier
12:58à des travailleurs
13:00qui viennent,
13:01pour lesquels j'ai plus grand respect,
13:02de Pologne,
13:03de Turquie,
13:04voilà,
13:05tout ça plus ou moins déclaré.
13:06C'est une concurrence
13:07assez déloyale
13:08que l'on vous fait quelquefois.
13:11Ça peut arriver...
13:12Parlez librement,
13:13parlez librement
13:14et franchement.
13:16Non,
13:17c'est logiquement...
13:18Qui vous agace.
13:20Logiquement,
13:21logiquement,
13:22l'artisanat du bâtiment,
13:24la construction
13:24a toujours accueilli
13:26à bras ouverts
13:26des flux migratoires.
13:28Il y en a eu
13:28à toute époque.
13:29Et donc,
13:30on n'a pas de problématiques
13:31avec la migration
13:32et le besoin de main d'oeuvre.
13:34Je ne parlais pas de ça.
13:35Je parlais...
13:36Ça, c'est votre main d'oeuvre.
13:37Vous avez tout à fait le droit,
13:38c'est votre honneur
13:39évidemment,
13:39de recevoir des gens...
13:40J'allais aller vers des statuts
13:41qui permettent de pouvoir
13:43contourner,
13:43contourner justement
13:44cette déloyauté.
13:47On a créé des statuts en France
13:49qui permettent
13:50de déguiser de la main d'oeuvre
13:52sur des statuts d'entrepreneurs.
13:54Et pour moi,
13:56un entrepreneur doit vivre correctement
13:57de son métier
13:58et se protéger.
13:59Et le statut
14:00de la micro-entreprise
14:00permet de...
14:01Beaucoup, beaucoup,
14:02beaucoup, beaucoup
14:02de choses
14:03et les constats
14:06qui ont été faits
14:07par l'IGF
14:08et l'IGAS
14:08le disent.
14:09Donc nous,
14:09on est pour accompagner
14:11au mieux
14:11les gens
14:11qui veulent créer
14:12l'entreprise,
14:13qu'ils soient
14:13d'origine européenne
14:15ou du sol français.
14:17Et on doit accueillir
14:18tous ces gens-là.
14:18Et on aura besoin
14:19de 200 000 à 300 000 emplois
14:21pour relever le défi.
14:22Donc, il n'y a pas
14:23de concurrence déloyale
14:24si on est
14:24sur les mêmes données
14:28au niveau social
14:29et la même protection
14:30au niveau
14:31du pacte social.
14:33Ce qu'il faut,
14:33c'est être bien conscient
14:34qu'il faut se protéger,
14:36contribuer,
14:37les justes charges
14:38au juste endroit
14:39pour avoir un modèle social
14:41qui soit équilibré.
14:42Et nous, TPE,
14:43nous, artisans,
14:44on a besoin de se protéger,
14:45on a besoin de mutualiser
14:46pour pouvoir le faire.
14:47Donc, il suffit juste
14:48de donner les mêmes règles
14:49à tout le monde
14:50pour pouvoir protéger
14:51le maximum
14:51d'artisans en France.
14:53Jean-Christophe Repon,
14:54je sais qu'il est,
14:55et j'en connais certains,
14:56des artisans honnêtes
14:58et fiers,
14:59peut-être de vos adhérents,
15:00qui m'expliquent
15:01que les charges
15:02sont devenues tellement lourdes
15:03que je contourne un peu
15:04la législation
15:05et j'incite mes employés
15:07à se mettre
15:08en auto-entrepreneur.
15:09Et c'est comme ça
15:09que j'arrive à m'en sortir.
15:11Sinon, je suis écrasé,
15:13asphyxié par les charges.
15:14C'est une réalité
15:15que vous connaissez ?
15:17Nous détruisons actuellement
15:18de l'emploi
15:19et nous créons
15:21beaucoup d'entreprises.
15:22Donc,
15:22et majoritairement
15:23à 70-80%
15:25de la création
15:26en micro-entreprises.
15:27Donc, je pense bien
15:28que quand on a détruit
15:2945 000 emplois
15:30pendant 4 ans,
15:31ces emplois ne sont pas
15:32devenus que des chômeurs.
15:33Ils ont fait aussi
15:34autre chose.
15:35Et je dis que
15:37l'artisan citoyen
15:39ne peut pas,
15:40on ne peut pas lui demander
15:41plus que la loi
15:42ne lui permet.
15:43et si je suis en fin de carrière
15:45et que j'ai 4 salariés
15:47et que c'est compliqué
15:49tous les jours
15:49et que je me sépare
15:50de 2 salariés
15:51et que ces 2 salariés
15:52ponctuellement
15:53viennent m'aider,
15:54oui, en effet,
15:55c'est sûrement des solutions
15:56qu'on choisit
15:57les artisans.
15:58On ne peut pas les blâmer,
16:00mais si on ne légifère pas
16:01là-dessus,
16:02on aura de plus en plus
16:03d'artisans
16:04qui choisiront
16:04ce modèle économique
16:05et qui n'est pas viable
16:06pour la société
16:07et pour le pacte
16:08qu'on a choisi ensemble
16:10collectivement.
16:10Et si moi,
16:11vous me dites
16:12que je dois détruire
16:13sur 500 000 emplois
16:14la moitié des emplois
16:15pour créer
16:16de la micro-entreprise,
16:17je crois que le modèle
16:18que l'on choisirait
16:20ne serait pas
16:21un modèle
16:22de partage de valeurs
16:23mais plutôt
16:24un appauvrissement
16:24de l'ensemble
16:25de la filière
16:25et c'est pour ça
16:26qu'on est des fois
16:27très vigilants
16:27quand on voit
16:28que l'État
16:29veut poser des packs
16:30avec un consortium
16:31dans lequel l'artisanat
16:32est totalement absent
16:34et considéré
16:35comme des poseurs
16:36uniquement que des poseurs.
16:38On rappelle
16:39que nous sommes
16:39des chefs d'entreprise,
16:40nous sommes des artisans
16:41même seuls,
16:42nous sommes des chefs d'entreprise
16:42et nous avons
16:43une valeur ajoutée
16:44et une compétence
16:45qui doit être
16:46dans la chaîne de valeurs
16:47respectée
16:48ce qui n'est pas le cas
16:48actuellement.
16:49Donc je suppose
16:50que si la prochaine gouvernance
16:51issue des urnes
16:52en 2027
16:53envisage une baisse des charges
16:54elle sera la bienvenue ?
16:55Je pense que ça peut être
16:56pour vous un enjeu essentiel.
16:58Nous on est sur
17:01moins taxer le travail
17:02pour pouvoir donner
17:04les charges
17:05qui nous protègent
17:06nous elles ne nous gênent pas
17:07mais on veut
17:08que le salarié
17:09ait à la fin du mois
17:10plus d'argent dans la poche
17:11et donc ça veut dire
17:11qu'il faudra
17:13imposer par ailleurs
17:14en dehors du travail
17:15quelques éléments
17:16pour pouvoir financer
17:17le modèle social
17:18dans la chance.
17:19Rapprocher le brut du net
17:20ou le net du brut plutôt.
17:21C'est notre point de vue
17:22c'est le point de vue
17:23que la CAPEP défend
17:24au sein de l'UDEP.
17:25Je pense que c'est une attente
17:26que partagent beaucoup
17:27beaucoup de nos concitoyennes
17:29et de nos concitoyens.
17:29Jean-Christophe Repon
17:31merci infiniment
17:32merci pour votre présence
17:33mais t'avis qu'on aura
17:34certainement l'occasion
17:35de se reparler
17:35parce que c'est un sujet
17:37qui nous tient à coeur.
17:37A très bientôt
17:38sur Sud Radio.
17:39Dans quelques instants
17:40le journaliste et politologue
17:41spécialiste de l'extrême droite
17:43Jean-Yves Camus
17:44nous rejoindra
17:45il va nous apporter
17:46son éclairage
17:47sur les suites
17:47de l'attentat de Trappes
17:49et sur les mécanismes
17:50qui peuvent conduire
17:51au passage potentiel
17:53de l'acte raciste.
17:54C'est à suivre
17:54sur Sud Radio.
18:00Vous êtes bien sur Sud Radio
18:01il est 12h32
18:03nous allons recevoir
18:04Jean-Yves Camus
18:05qui arrive dans quelques instants
18:07nous allons voir
18:07avec lui
18:08quel est l'impact
18:09de cette tragédie de Trappes
18:11et y compris
18:11les manifestations lycéennes
18:14sur la vie politique française
18:15est-ce que le climage
18:16le clivage est en train
18:18de prendre des proportions
18:19inquiétantes
18:19on parle quelquefois
18:21de pré-guerre civile
18:22et puis surtout
18:23la redistribution des cartes
18:24le dénigrement
18:25la disqualification
18:26auquel on insiste
18:27dans la classe politique
18:28y compris au Parlement
18:30et bien sûr
18:31il y a une inquiétude
18:32il y a une inquiétude
18:32parce que nous sommes
18:33en période électorale
18:34et on se dit
18:35que si la campagne
18:36doit ressembler en permanence
18:37à ce genre de conflit
18:39et bien
18:39et subir ces conflits
18:41évidemment
18:42la vertu
18:43de notre démocratie
18:45pourront souffrir
18:46on a vu les déclarations
18:47les échanges à l'Assemblée
18:49extrêmement
18:49extrêmement violents
18:51des partis
18:51qui étaient déjà divisés
18:52qui étaient déjà
18:53dans la confrontation
18:53et qui aujourd'hui
18:55en sont à l'invective
18:56à l'insulte
18:57et à la menace
18:59et je pense surtout
19:00aux déclarations
19:00de M. Bagayoko
19:02qui propose
19:03d'interdire le RN
19:05et au maire
19:06au maire de Trappes
19:07M. Ali Rabé
19:08qui dit qu'il va falloir
19:10assainir
19:11le Parlement
19:12et les institutions
19:12de la République
19:14donc
19:14de bonnes raisons
19:16de s'inquiéter
19:16Jean-Yves Camus
19:17merci d'être
19:18merci d'être avec nous
19:20ici sur Sud Radio
19:21voilà
19:22j'ai fait un petit tableau
19:24sinistre
19:24de la situation politique
19:26on dit qu'on est
19:27la guerre civile
19:28c'est vraiment
19:28quand un peuple
19:29tire sur l'autre partie
19:30du peuple
19:30avec des armes
19:31on est quand même
19:32dans un climat
19:32plus que délétère
19:33aujourd'hui
19:34Jean-Yves Camus
19:34on est dans un climat
19:36délétré
19:36on est dans un climat
19:37de violence
19:38de violence verbale
19:39parfois de violence physique
19:42et je ne veux pas être
19:45enfin je n'ai pas pour nature
19:46d'être très souvent pessimiste
19:48mais plus on avancera
19:51vers la date du scrutin
19:53plus la situation risque
19:56de se tendre
19:57d'abord parce que
19:59le contexte budgétaire
20:01et le budget n'est pas voté
20:03ne permet pas
20:04de donner satisfaction
20:06à toutes les revendications
20:08aussi légitimes
20:09soient-elles
20:10notamment celles
20:11sur le pouvoir d'achat
20:12qui concerne quand même
20:14au moins une moitié du pays
20:17ensuite
20:18parce qu'il n'y a toujours
20:19pas de majorité
20:20et il n'y en aura pas
20:21d'ici la fin
20:22de la législature
20:24parce qu'aussi
20:25le mouvement social
20:26est en train de s'installer
20:27dans la durée
20:28et qu'il arrive un moment
20:29on l'a vu
20:30lors de la crise
20:30des gilets jaunes
20:31où les capacités
20:33des forces de maintien
20:34de l'ordre
20:34sont au taquet
20:35c'est-à-dire qu'on peut
20:37effectivement être
20:39tous les week-ends
20:40sur le pont
20:42pour contenir
20:43les débordements
20:43des manifestations
20:44et assurer la sécurité
20:46des manifestants
20:46ce qui reste quand même
20:47l'objectif principal
20:48on peut le faire
20:49pendant plusieurs semaines
20:50on ne peut pas le faire
20:51pendant plusieurs mois
20:53et puis enfin
20:54il y a des incertitudes
20:57sur le casting final
20:59de la présidentielle
21:00d'abord parce que
21:01le centre droit
21:02n'arrive pas à s'unir
21:05la droite non plus
21:06d'ailleurs
21:07là il y a 4 candidats
21:08qui vont devoir
21:09faire un choix
21:09M. Retailleau
21:10M. Lissnard
21:11M. Philippe
21:12et M. Attal
21:13à un moment donné
21:14s'ils y vont à 4
21:15on sait que c'est perdu
21:15mais même s'ils y vont à 2
21:17même s'ils y vont à 2
21:18de toute façon
21:19est-ce qu'on peut envisager
21:21à un moment donné
21:22que dans un grand sacrifice
21:23d'esprit républicain
21:24alors pour le dire
21:24un vrai Front républicain
21:25il y en a les 4
21:27se mettent d'accord
21:27en disant
21:28c'est toi qui y va
21:28tu nous représentes
21:29on peut rêver
21:30ça me paraît
21:32extrêmement peu probable
21:33à la fois
21:34extrêmement peu probable
21:36parce que la politique
21:37est aussi une affaire d'ambition
21:39et absolument nécessaire
21:41parce que
21:44si aucun d'entre eux
21:45n'est au second tour
21:46et pour l'instant
21:47les sondages
21:47indiquent
21:48qu'aucun d'entre eux
21:49n'est au second tour
21:50nous aurons le choix
21:51entre
21:52deux formes
21:53de
21:54j'ose pas dire
21:55de populisme
21:56c'est un terme
21:56qui est un peu dévoyé
21:57il ne faut pas systématiquement
21:58le mettre au rencard
21:59mais
22:01comment dire
22:03de clivage
22:04politique
22:05tellement
22:06tellement énorme
22:07de manière
22:08d'exclure
22:09tellement
22:11ingérable
22:12que
22:12d'abord ce pays
22:13souffrira dans son image
22:15et ensuite
22:16il souffrira
22:17dans sa gestion
22:19pourtant dans l'histoire
22:20les quatre mouvements
22:22que représentent ces hommes
22:24Edouard Philippe et Gabriel Attal
22:25c'est la même famille
22:27Retailleau
22:28et Distan
22:28et la Nuance
22:29ils ont gouverné
22:30en France
22:30ensemble
22:31souvent
22:31ça s'est appelé l'UMP
22:33il y a eu des alliances
22:34c'était l'UDF
22:35le RPR
22:36ils ont gouverné ensemble
22:36là on a quatre factions
22:38et puis des détestations
22:39et des rivalités intérieures
22:41c'est typiquement français
22:42ça c'est
22:44ça il faudra faire avec
22:45je veux dire
22:45le ils ont gouverné
22:47est une partie du problème
22:48c'est à dire que
22:49nous sommes dans une période
22:51de dégagisme
22:52le nouveau terme
22:53pour dégagisme
22:54c'est l'affuérisme
22:56affuérador
22:57voilà
22:58dehors
22:58tous les partis politiques
22:59qui ont alterné au pouvoir
23:01depuis 1981
23:02ça fait quand même
23:03énormément de monde
23:04ça nous laisse en clair
23:05que les filles
23:06et le Rassemblement National
23:10les électeurs ont l'impression
23:11qu'en fait
23:13les promesses
23:14qui ont été faites
23:15à la fois par
23:16ceux que vous avez cités
23:17qui ont été en responsabilité
23:18et puis aussi par ceux
23:20qui du même camp
23:21qui ne l'ont pas été
23:23ne seront pas davantage
23:25suivis des faits
23:26que les précédentes
23:26donc une partie de l'électorat
23:28et ça il ne faut pas le négliger
23:30va sans doute
23:30au moins au deuxième tour
23:32choisir l'option
23:33pêche à la ligne
23:36et une autre partie
23:38de ceux
23:38qui sont mécontents
23:39de la manière
23:40dont le pays
23:41a été gouverné
23:41se porteront
23:42les uns sur Jean-Luc Mélenchon
23:44les autres sur Marine Le Pen
23:45avec cet inconnu
23:50lancé un petit peu
23:51par la tribune
23:52d'un haut magistrat
23:53hier dans le monde
23:53de savoir
23:54si certains n'en rêvent pas
23:55qu'elle soit déclarée
23:57définitivement inéligible
23:58que sa candidature
23:59ne soit pas reçue
24:00par le Conseil constitutionnel
24:02en quelque cas
24:02je me demande
24:03quelle sera la réaction
24:05de celles et ceux
24:06qui pour l'instant
24:07portent sur elles
24:08leur intention de vote
24:08alors
24:09la tragédie de Trappes
24:11a évidemment jeté
24:12encore plus de l'huile
24:13non pas sur le feu
24:14mais sur du sel
24:15sur la plaie
24:16en augmentant
24:18cette fracture
24:19idéologique
24:20et politique
24:20on a l'impression
24:21que le Rassemblement
24:23marche en bonheur
24:24les sondages
24:25lui donnent une victoire
24:26pour l'instant
24:27quasiment garantie
24:28à l'Assemblée nationale
24:30ils ont une attitude
24:31assez solennelle
24:32ils sont cravatés
24:33et en face
24:33on a une France insoumise
24:35qui essaie visiblement
24:36par le dénigrement
24:37la déqualification
24:38l'insulte
24:39de faire peur au pays
24:40en disant
24:41voilà le fascisme arrive
24:42et est-ce qu'ils sont en train
24:44de s'octroyer
24:45des droits
24:46la France insoumise
24:47des formulations politiques
24:49des menaces
24:49qui ne sont pas démocratiques
24:51je faisais allusion
24:52je faisais allusion
24:52à le maire de Saint-Denis
24:54Balibagayoko
24:55qui dit
24:55il faudrait faire en sorte
24:56que le RN soit interdit
24:57d'antenne
24:58et Ali Rabé
24:59maire de Trappes
25:00qui dit
25:00la phrase est monstrueuse
25:03il va falloir assainir
25:04les institutions
25:05le mot assainir
25:07il l'a déjà utilisé
25:08dans l'histoire
25:08dans des circonstances
25:09absolument tragiques
25:11et abominables
25:11qu'est-ce que ça vous inspire
25:12ce genre de comportement ?
25:14alors d'abord
25:14une précision
25:15c'est que le maire de Trappes
25:16n'est pas les filles
25:17le maire de Trappes
25:18il est une génération
25:19qui est encore une variante
25:20de la gauche
25:22la plus à gauche
25:23et ça en dit long
25:24quand même
25:25sur l'état de décomposition
25:26ce qui autrefois
25:27fait le parti socialiste
25:31qu'est-ce que ça dit ?
25:32ça dit qu'au fond
25:32ces gens sont
25:33des
25:35Robespierristes
25:37ah oui ?
25:37ce sont des Robespierristes
25:38c'est pas un typo Robespierre
25:40ils assument parfaitement
25:41alors ça ne lui a pas réussi
25:42si on regarde
25:43la fin de l'histoire
25:44non
25:45mais
25:47ils sont de ceux
25:48qui pensent
25:49que d'abord
25:50le peuple
25:51ne peut être composé
25:53que d'hommes
25:54et de femmes purs
25:55au sens idéologique
25:57du terme
25:57et
25:58d'autre part
26:00que
26:01la majorité
26:03peut dicter
26:04en tout point
26:05son agenda
26:07à la minorité
26:07ça avait d'ailleurs
26:08déjà été dit
26:09par un ministre
26:10dont j'ai oublié le nom
26:12à la tribune
26:13de l'Assemblée Nationale
26:14vous avez juridiquement tort
26:16parce que vous êtes
26:17politiquement minoritaire
26:18voilà
26:19en 1984
26:20je pensais que c'était
26:21Raymond Forny
26:21mais allons-y pour
26:22André Léniel
26:23qui a été président
26:24de l'association
26:24des meilleurs de France
26:26et ça ouvre
26:27effectivement
26:28la voie
26:29à des empiétements
26:30sur les libertés
26:31non seulement
26:32dans le domaine
26:34public
26:35mais
26:37cette sorte
26:38de
26:39de disqualification
26:40systématique
26:41il l'applique aussi
26:42au secteur privé
26:42c'est-à-dire que
26:43dans les chaînes d'information
26:45ils ne font plus
26:46inviter
26:47un tel
26:48un tel
26:48un tel
26:48et un tel
26:49certains font circuler
26:50des listes d'ailleurs
26:51ils reprennent la phrase
26:52de Chainsus
26:52qu'André Bercoff
26:53utilisait hier
26:54pas de liberté
26:54pour les ennemis
26:55de la liberté
26:55mais qui sont-ils
26:56puisqu'ils ne sont pas majoritaires
26:58alors
26:58on se demande
26:59ce que ce serait
27:00s'ils étaient majoritaires
27:01est-ce qu'on n'est pas
27:02dans un comportement
27:03et une doctrine totalitaire
27:04Jean-Yves Camus
27:05est-ce qu'on n'est pas
27:06dans une forme de
27:07strutsco-stalinisme
27:08puisque très heureusement
27:09on ne peut pas encore
27:10la juger sur pièce
27:11enfin les propos
27:12sont quand même plus
27:13inquiétants
27:13ils ne sont pas au pouvoir
27:15donc on ne peut pas
27:15juger les effets sur pièce
27:16mais effectivement
27:18il y a une pente
27:19il y a une pente
27:21profondément
27:22illibérale
27:22et ils pensent
27:23séduire une partie
27:24de l'électorat français
27:25avec de tels propos
27:26je pense qu'ils sont
27:27d'abord
27:28dans une impasse théorique
27:31on va reprendre
27:32alors c'est un peu
27:33de la philosophie politique
27:34mais de temps en temps
27:34ça aide
27:36l'une des
27:37des philosophes
27:39du politique
27:39dont s'inspire
27:41la France insoumise
27:42c'est Chantal Mouffe
27:43et sa notion
27:43de démocratie agonistique
27:45qui part du principe
27:47que le conflit
27:48est inévitable
27:49dans les sociétés
27:49ce qui est
27:50un fait
27:51acceptable
27:51qu'il faut
27:53le prendre en compte
27:54et qu'il faut
27:55le dépasser
27:56et qu'il faut
27:57le dépasser
27:58notamment
27:59en changeant
28:01le mode
28:01d'expression démocratique
28:02pour aller vers
28:03plus de participation
28:05directe
28:05du citoyen
28:06ce qui est recevable
28:07qu'il faut
28:09désigner
28:12l'ennemi
28:13celui
28:13qui s'oppose
28:15frontalement
28:16à vos orientations
28:17politiques
28:17mais là où
28:18Chantal Mouffe
28:19n'arrive pas
28:20à trouver
28:21la sortie
28:23si j'ose dire
28:23c'est comment
28:25on se comporte
28:25en face de l'ennemi
28:26est-ce qu'on se comporte
28:28comme Karchmit
28:29le définissait
28:30c'est-à-dire
28:31que l'ennemi
28:31on l'anéantit
28:32elle suggère quand même
28:33qu'on peut le punir
28:34même si on est d'accord
28:35où est-ce qu'on
28:37s'en sort
28:38en le punissant
28:40d'une manière
28:41qui n'est pas
28:41clairement définie
28:42il est à mon avis
28:44assez peu admissible
28:45qu'il soit puni
28:46mais ça n'est pas
28:47l'élimination
28:48proprement dite
28:49là nous sommes quand même
28:50Jean-Yves Camus
28:51dans les prémices
28:52allez je vais être très prudent
28:53dans les prémices
28:54de la pré-guerre civile
28:57la dialectique
28:58on est dans les prémices
28:59de la pré-dictature
29:00de la pré-dictature
29:01parce qu'il n'est pas
29:02il n'est pas certain
29:03moi je ne crois pas
29:04à l'égard civile
29:06je ne crois pas
29:06à l'égard civile
29:07je crois
29:08malheureusement
29:09au repli généralisé
29:10des individus
29:12sur leur situation
29:14personnelle
29:16et à une désaffection
29:17massive
29:17vis-à-vis du politique
29:19qui est déjà
29:19largement entamée
29:21tant en France
29:21que dans les autres
29:22pays européens
29:22en tout cas
29:23vous voyez venir
29:24la dictature
29:25si les choses
29:25continuent ainsi
29:26Jean-Yves Camus
29:27merci d'avoir été
29:28à l'antenne
29:29brièvement
29:29mais voilà
29:30votre avis
29:31et vos déclarations
29:32ont été précises
29:32et nous éclairent
29:33beaucoup
29:33sur les enjeux politiques
29:35qui attendent ce pays
29:36si le républicanisme
29:38ne prend pas le dessus
29:38à très bientôt
29:39Jean-Yves Camus
29:39j'aurai plaisir
29:40de vous recevoir
29:40une prochaine fois
29:41dans un instant
29:42André Bercoff
29:43nous retrouve
29:44il revient
29:44sur l'attentat
29:45de Trappes
29:46qui continue
29:46de le mettre
29:47dans tous ses états
29:48et je vous remercie