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  • il y a 37 minutes
Daniel Baal est face à Thomas Hugues. Ensemble, ils reviennent sur le contexte économique incertain et ses conséquences sur le secteur bancaire. Ils s'attardent également sur le parcours atypique du président du Crédit Mutuel, qui a aussi été le numéro 2 du Tour de France. En fin d'émission, il explique aussi le rapport du Crédit Mutuel à l'IA et le défi de la transformation numérique.

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Transcription
00:04Mon invité c'est Daniel Ball, bonjour, bienvenue, vous êtes le président du Crédit Mutuel Alliance Fédérale,
00:09on va parler un peu de vous, de votre histoire, comment vous êtes venu à la banque,
00:15ce lien particulier entre la banque et le cyclisme, parce que c'est aussi votre histoire,
00:19le modèle mutualiste du Crédit Mutuel évidemment,
00:22mais je voudrais bien commencer par la conjoncture et comment une banque se sort d'une telle période de fragilité.
00:31On est incapable de dire ce que sera la croissance par exemple de la France à la fin de cette
00:36année 2026 à l'instant T.
00:38Oui bien sûr, dans ce contexte, le rôle de la banque et en particulier d'une banque coopérative et mutualiste
00:43est justement de se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire d'accompagner ses clients, d'accompagner ses sociétaires.
00:51Et c'est ce que nous faisons vraiment de manière déterminée.
00:56La politique est en panne, cela fait trois ans que, bien ça, bientôt faire trois ans que ce pays est
01:02dans une indécision,
01:04et c'est grave, dans une entreprise on ne pourrait pas se permettre cela.
01:08Et donc par rapport à ça, il est de notre responsabilité dans les entreprises,
01:12et plus particulièrement dans notre entreprise coopérative et mutualiste, d'apporter les réponses.
01:17Donc nous n'avons pas cessé de continuer à investir, nous avons même acquis dans cette période une banque en
01:25Allemagne,
01:26nous avons proposé de nouveaux services à nos sociétaires et clients,
01:30et surtout nous sommes très attentifs, très à l'écoute de ce qui se passe sur le terrain,
01:35que ce soit pour les ménages, que ce soit pour les entreprises.
01:37Les ménages sont souvent désorientés, leurs conseillers, parce que chez nous, chaque client a un conseiller dédié,
01:45est là pour l'accompagner.
01:47Les entreprises, elles sont souvent confrontées à des problèmes de trésorerie aujourd'hui,
01:51nous ne trouvons pas les solutions dans tous les cas,
01:54mais en tout cas, nous essayons de permettre à l'entreprise de passer le cap.
01:59L'exaspération, on ne peut pas dire la colère, notamment autour des enjeux de pouvoir d'achat, de vie chère,
02:04j'imagine que vous, la banque, c'est un réceptacle,
02:06donc elles viennent s'exprimer chez vous aussi, comment vous y répondez ?
02:09Oui, bien sûr que dans l'entretien, qui a même un certain caractère de confidentialité,
02:17évidemment, entre le conseiller et son client, cela est abordé.
02:24Mais bon, on n'a pas toujours les réponses, mais en tout cas, ce qu'on doit faire,
02:28c'est être à l'écoute et essayer de proposer des solutions d'accompagnement.
02:31Est-ce que, je parlais de croissance, est-ce que vous voyez la France s'installer, là,
02:35durablement dans une croissance faible, et est-ce que, si on essaye de mettre un peu d'espoir,
02:39vous voyez quand même des leviers, des moteurs de reprise, là, qui existent ?
02:44D'abord, ce que je veux dire, c'est que dans ce contexte,
02:46beaucoup d'entreprises sont extrêmement résilientes.
02:51Bon, après, chez nous, comme chez nos confrères, on note davantage d'impayés,
02:57on note davantage de défaillances d'entreprises,
03:00ce qui veut dire, dans les comptes de la banque, un coût du risque de crédit qui augmente.
03:05Malheureusement, c'est tout simplement le reflet de la situation économique actuelle de notre pays.
03:12Ça veut dire que c'est une espèce de prudence généralisée, aussi,
03:15que vous ressentez, qui devient peut-être, je ne sais pas, dangereuse pour l'économie française.
03:19On le sent, honnêtement, dans les investissements.
03:21Et qu'il s'agisse des entreprises, des professionnels, qui sont très attentistes,
03:27on ne sait pas de quoi demain est fait,
03:29donc, malheureusement, on ne fait pas certains investissements qui, pourtant, seraient utiles.
03:33C'est-à-dire que l'indécision politique dont vous parliez, par capillarité...
03:36Exactement, génère une indécision d'un certain nombre de chefs d'entreprise.
03:39Et encore, ils essayent quand même de faire l'essentiel,
03:42mais certains gros investissements ne sont pas faits.
03:44Et on le note également, aujourd'hui, chez les ménages,
03:47nous n'avons plus eu une demande aussi faible de crédit immobilier depuis très longtemps.
03:53Et ça, c'est très révélateur.
03:55Or, lorsqu'on n'investit plus dans l'immobilier,
03:59c'est une partie importante de notre économie qui souffre.
04:05Ça veut dire que c'est dangereux pour notre économie ?
04:07La situation actuelle n'est pas positive pour l'économie.
04:11On a des taux de croissance qui sont faibles.
04:13Et le temps que la machine se remette en route, cela va encore durer.
04:17Et je ne sais pas quand la machine se remettra en route.
04:19On a le sentiment quand même que beaucoup de choses sont gelées
04:23au moins jusqu'au mois de mai 2027.
04:27Mais au-delà, parce qu'un nouveau président, une nouvelle majorité,
04:31s'il y en a une, le temps qu'il puisse prendre des mesures
04:35qui aient un effet, ça risque de durer jusqu'à fin 2027.
04:40Et ça, c'est un vrai souci pour la France, pour l'économie.
04:44Et quand on dit un souci pour la France et pour l'économie,
04:47malheureusement aussi pour sa population.
04:49Évidemment, vous disiez, alors c'était au mois de septembre,
04:51il y a deux mois, un mois et demi, sur France 5,
04:54le niveau de la dette française aujourd'hui est inacceptable.
04:57Le fait qu'il faille la payer cher rend encore cette dette
05:00plus difficilement acceptable.
05:02Malheureusement, depuis le mois de septembre,
05:03ça s'est encore aggravé.
05:05On a passé les 5% pour, on va dire, le taux auquel la France emprunte
05:11pour payer, pour faire rouler sa dette, comme on dit.
05:16Avec quelles conséquences, là aussi, par capillarité,
05:19sur les produits que vous proposez, sur les crédits que vous proposez ?
05:22La hausse des taux des emprunts d'État a indirectement également
05:27une incidence sur l'ensemble des taux.
05:29Donc effectivement, aujourd'hui, le taux de nos emprunts immobiliers,
05:32et le taux des emprunts faits par les entreprises a également un peu augmenté.
05:36Bon, donc, ce qui réduit un petit peu la solvabilité des entreprises et des ménages.
05:42Par conséquent, on a moins de demandes,
05:46comme je le disais déjà il y a quelques instants.
05:48Je veux dire, la combinaison de la situation d'inquiétude
05:51plus une certaine hausse des taux ne favorise pas la distribution de crédits.
05:56Ce ne sont pas les banques qui sont frileuses,
05:58ce ne sont pas du tout, on n'est pas dans cette situation.
06:00Au contraire, nous souhaiterions accorder davantage de crédits,
06:04mais lorsqu'il n'y a pas de demande en face, c'est très compliqué.
06:08Et à quel point ça bloque ou ça freine la capacité de notre pays
06:15à prendre des décisions, cette dette ?
06:17La dette va être très contraignante.
06:21La dette de l'État va être très contraignante également
06:24pour le futur président, le futur gouvernement.
06:28Lorsque vous partez avec un coût des intérêts,
06:32un coût de la dette de l'ordre de 100 milliards d'euros pour 2028,
06:38vous vous rendez compte que vous dépensez déjà pour cela
06:41davantage que le budget de l'Éducation nationale.
06:43Ça devient le premier budget.
06:45Exactement, que cette dérive des finances publiques
06:50qui a été acceptée depuis très longtemps,
06:52finalement, c'est empêcher même les futurs dirigeants
06:57de vraiment faire les choses telles qu'ils souhaiteraient le faire.
07:00C'est ne pas permettre à la génération future
07:04de s'inscrire dans un contexte positif.
07:08Et c'est pour cette raison que depuis quelque temps,
07:10beaucoup d'économistes rendent attentifs
07:13à ce niveau de dette inacceptable.
07:17On a là un projet de budget,
07:19un projet de budget qui va encore amener
07:23vraisemblablement à un déficit de plus de 5% du PIB.
07:27Je rappelle juste que les traités européens
07:30nous imposeraient normalement de faire 3%.
07:34On en est loin.
07:35Et on a beaucoup de nos partenaires qui y sont arrivés.
07:37Absolument, et même des partenaires
07:39qu'on considérait comme beaucoup plus fragiles
07:42il y a quelques années,
07:43qui ont su prendre les mesures nécessaires
07:45de telle sorte à remettre une certaine crédibilité
07:48dans leurs finances publiques.
07:50L'Espagne, le Portugal, pour ne pas les nommer.
07:53Je voudrais qu'on parle un peu de vous, Daniel Ball.
07:56À la fois.
07:57Allez, vous avez commencé votre carrière en 1979
08:00au Crédit Mutuel, en Alsace.
08:01Pourquoi la banque, tiens ?
08:03Pourquoi la banque ?
08:04Je dirais plutôt pour le Crédit Mutuel.
08:06En Alsace, le Crédit Mutuel
08:08fait partie de ces institutions.
08:10Bon, deux Alsaciens sur trois
08:12sont souvent clients du Crédit Mutuel
08:14et de nos filiales.
08:15Donc, on est vraiment très implantés.
08:17Donc, choisir une belle entreprise alsacienne,
08:21le Crédit Mutuel, ça semblait une évidence.
08:23Et j'ai eu l'occasion, un jour,
08:25d'y faire un stage d'été,
08:27puis un stage d'études.
08:29Et puis, j'y suis rentré et j'y suis resté.
08:32Oui, effectivement.
08:33Alors, avec un petit passage par le cyclisme,
08:35la Fédération Française du Cyclisme,
08:36la Fédération Française du Cyclisme.
08:38J'étais bénévole, j'étais président bénévole
08:41et j'avais continué mon activité professionnelle
08:44au Crédit Mutuel.
08:46J'ai eu effectivement un peu plus de deux ans
08:47en dehors du groupe
08:48lorsque j'étais directeur adjoint du Tour de France.
08:52Les leçons, on vous a posé la question des milliards de fois,
08:54mais je vais quand même vous la poser,
08:56les leçons du sport, du sport de haut niveau
08:58que vous avez pratiqué,
08:59est-ce que ça vous sert quotidiennement ?
09:01J'ai pratiqué le sport de haut niveau,
09:03j'ai dirigé le sport de haut niveau
09:04et j'ai toujours considéré
09:06que le sport est une école d'excellence,
09:08une école de solidarité,
09:10une école qui permet l'inclusion.
09:14Je retrouve ça complètement
09:16quand je suis au Crédit Mutuel.
09:18Oui, donc ces valeurs-là,
09:20elles perdurent.
09:22Vous êtes devenu président
09:23de Crédit Mutuel et Alliance Fédérale
09:25en avril 2024.
09:27Alors, vous étiez déjà directeur général.
09:28Qu'est-ce qui change le plus ?
09:30Être directeur général,
09:33c'est vraiment avoir tous les jours
09:35les mains dans le cambouis.
09:38C'est être vraiment très actif.
09:41J'avais, comme président,
09:43Nicolas Théry,
09:44qui était un visionnaire,
09:46qui m'a tous les jours apporté
09:47de nouvelles idées.
09:49En tant que président,
09:51je dois être celui
09:52qui apporte de la vision,
09:54celui qui également
09:55est souvent le porte-parole.
09:57je suis le représentant
09:59des sociétaires,
10:00je suis élu
10:00par les représentants
10:02des sociétaires.
10:03Donc, j'ai une vraie responsabilité
10:04également dans le débat,
10:06dans le débat public,
10:07pas le débat politique.
10:08Je n'ai pas affaire
10:08de politique politicienne.
10:11Vous n'avez la tentation de temps ?
10:12Non, pas du tout.
10:12Surtout pas.
10:13Surtout pas.
10:14Par contre,
10:15par rapport au sujet
10:17qui pèse,
10:17par exemple la dette,
10:19par exemple la situation économique,
10:21en prenant position,
10:23en indiquant ce qui nous semble
10:25devoir être fait,
10:26finalement,
10:27on apporte une protection
10:29au crédit mutuel,
10:31à nos sociétaires.
10:32C'est leur intérêt
10:33qui doit prévoir,
10:33et aussi à la société.
10:35et les choix
10:36que nous avons faits
10:37au crédit mutuel,
10:38entreprise coopérative,
10:39donc qui appartient à ce sociétaire,
10:41de bien sûr
10:42être utile
10:43aux sociétaires,
10:44mais aussi
10:44d'être utile
10:45à la société,
10:46font qu'évidemment,
10:47on est un intervenant
10:48dans le débat public.
10:49Évidemment,
10:50on parlera de ce dividende sociétal
10:51que vous avez créé,
10:53qui permet de reverser
10:55ces 15%,
10:55c'est ça,
10:56des bénéfices,
10:57du résultat net
10:59chaque année.
11:00Un dernier mot
11:01sur le fait
11:03d'être président
11:04d'un groupe pareil,
11:0582 000 salariés,
11:0635 millions,
11:0733 millions
11:07de clients sociétaires.
11:09Est-ce qu'on est plus seul
11:12quand on est président
11:13que quand on est
11:13directeur général ?
11:14D'une certaine manière,
11:16oui,
11:16parce qu'on n'a pas
11:17toute l'équipe
11:18des cadres
11:19directement à ses côtés,
11:21mais en même temps,
11:21on est un petit peu plus libre,
11:22on est un petit peu plus libre
11:24de son organisation,
11:26cela étant,
11:27même si je suis président,
11:29je reste extrêmement proche
11:30de l'équipe
11:31de la direction générale,
11:33et il me semble utile
11:35que nous puissions
11:36régulièrement échanger
11:38sur les grandes orientations
11:40et les décisions
11:41qui sont prises
11:41dans le groupe.
11:42Alors,
11:43autre citation,
11:44ça date d'il y a un an,
11:45vous disiez,
11:46une entreprise ne peut être
11:47solidaire que si elle est
11:48performante.
11:49On va parler de ce,
11:51à la fois,
11:51le modèle mutualiste
11:52et puis les choix
11:53qui ont été faits
11:53avec ce dividende
11:56sociétal.
11:56Déjà,
11:56sur la performance,
11:58comment il se porte,
11:59le groupe aujourd'hui ?
12:00Le groupe se porte bien,
12:01nous sommes aujourd'hui
12:02la Banque française
12:03qui a la meilleure efficacité
12:04opérationnelle.
12:06Ça tient à notre mode
12:07d'organisation,
12:08complètement décentralisé,
12:11avec des niveaux
12:12de responsabilité
12:14au plus bas,
12:15à proximité du terrain.
12:17Et ça,
12:17c'est extrêmement important.
12:19Ça nous donne une capacité
12:20de répondre très rapidement
12:21à nos sociétaires et clients,
12:22ça nous permet de prendre
12:23les décisions les plus adaptées
12:25là où on est.
12:26Et c'est ce qui explique
12:27notre parfaite efficacité
12:31sur le plan opérationnel.
12:32Avec effectivement
12:33un produit net bancaire
12:34au 30 juin 2026
12:36de près de 10 milliards d'euros,
12:37plus 11,8%.
12:39On a commencé l'interview
12:40en parlant d'un contexte
12:43économique incertain,
12:44d'une croissance à taux,
12:46etc.
12:46Comment vous réussissez
12:47à être aussi performant
12:48dans un contexte économique
12:49comme celui-là ?
12:50Le contexte économique
12:51nous pénalise surtout
12:52sur la croissance
12:54de l'activité.
12:54Donc, c'est bien
12:55d'avoir un produit net bancaire
12:56qui progresse.
12:57Bon, on a évidemment
12:58un effet de l'évolution
13:00de la marge financière
13:02compte tenu
13:02de l'évolution des taux.
13:03Ça, c'est évident.
13:04Après, on est un petit peu
13:05pénalisé aujourd'hui
13:06par le coût du risque de crédit.
13:08Mais pour le reste,
13:10nos équipes restent
13:11extrêmement engagées
13:12et on a toujours
13:13une stratégie de développement,
13:16de développement en France.
13:17Dans certaines régions
13:18comme notamment en Alsace,
13:20nous avons des parts de marché
13:22très, très importantes.
13:23Mais dans d'autres régions,
13:24nous sommes encore
13:25véritablement en période
13:27de développement
13:27et de gains de parts de marché.
13:29Dans quelle région ?
13:30Notamment toute la partie
13:32issue de la France,
13:33mais également une région
13:36très riche qui est
13:37l'île de France.
13:38Oui, donc c'est là
13:39que vous concentrez
13:40vos efforts aujourd'hui ?
13:40Oui, absolument.
13:41On concentre très largement
13:42les efforts sur l'île de France
13:43et sur le sud de la France
13:44parce que dans d'autres régions,
13:46on est beaucoup plus présent.
13:46Alors, ce dividende sociétal
13:48qui consiste à consacrer
13:50une partie du résultat
13:52de Crédit Méditer
13:53et de l'Alliance fédérale
13:53au financement
13:54de projets environnementaux
13:55et sociétaux
13:56et solidaires.
13:572025, 622 millions d'euros
14:00consacrés au dividende sociétal.
14:02Pour 2026,
14:02vous annoncez 633 millions d'euros.
14:05Ça fait combien
14:06depuis le lancement ?
14:07On commence à avoir
14:09quelques milliards en arrière.
14:10Plus d'un milliard et demi
14:11depuis le début.
14:13Un milliard et demi
14:14qui sont consacrés
14:15effectivement
14:15soit à des financements
14:18d'entreprises
14:19qui sont très innovantes
14:21dans le domaine
14:21environnemental et sociétal,
14:23dans de la consolidation
14:25de biodiversité
14:26avec l'acquisition de forêts,
14:28dans des actions
14:29que nous faisons
14:30au profit de nos sociétaires
14:31et de nos clients
14:32qui ont un coût
14:33et qu'on impute
14:34à ce dividende sociétal
14:35comme par exemple
14:36la suppression du questionnaire
14:38de santé
14:38pour les personnes
14:40de telle sorte
14:41à ce qu'il n'y ait plus
14:41de discrimination
14:42dans l'accès au crédit
14:44que l'on soit
14:45en bonne santé ou non.
14:47Et puis un très important
14:48accompagnement
14:49de la vie associative
14:51que ce soit en mécénat
14:52ou en partenariat
14:53parce que nous avons
14:54la conviction
14:54que les associations
14:56sont vraiment
14:58aujourd'hui
14:59très importantes
15:00pour la cohésion
15:02dans ce pays
15:03pour l'animation
15:04des territoires.
15:05On y reviendra
15:05aux associations
15:06mais sur les entreprises
15:08ça veut dire
15:08que vous allez
15:09accompagner
15:10des entreprises
15:11sans attendre
15:12forcément
15:12un retour
15:14sur investissement
15:15classique
15:16c'est ça ?
15:16Exactement.
15:17Généralement
15:17lorsqu'on investit
15:18dans une entreprise
15:19lorsqu'on investit
15:20en fonds propres
15:20dans une entreprise
15:22on attend
15:23un rendement
15:24du capital.
15:25Lorsque nous agissons
15:26avec le dividende sociétal
15:28nous n'attendons pas cela
15:29par contre
15:30ce que nous attendons
15:31c'est un retour
15:31en termes d'impact
15:33notamment en termes
15:35d'impact environnemental
15:36par exemple
15:37en matière
15:38de CO2
15:39ou également
15:40en matière
15:41de biodiversité.
15:42Plus difficile
15:43à calculer
15:44d'ailleurs
15:44la biodiversité.
15:45Oui, bien entendu
15:46mais si on n'investit pas
15:48on ne peut évidemment
15:49pas avoir d'impact
15:50mais lorsqu'on a un projet
15:53évidemment
15:53l'entrepreneur
15:54que nous avons
15:55en face de nous
15:55nous dit
15:56quelles sont ses attentes
15:57ce que nous faisons
15:59lorsque nous investissons
16:00évidemment
16:00c'est de vérifier
16:01comme lorsqu'on est
16:03normalement
16:04au capital
16:05d'une entreprise
16:06on regarde
16:06systématiquement
16:07les résultats financiers
16:08de l'entreprise
16:09là on regarde
16:10les résultats
16:11en matière d'impact
16:11cela étant
16:12on ne néglige pas
16:13l'élément financier
16:14vous posez
16:15parce que pendant
16:15combien de temps
16:16ça ne sert à rien
16:17d'accompagner
16:18une entreprise
16:18qui ne sera pas viable
16:20donc il y a un moment
16:21il faut se poser cette question
16:22Absolument
16:22c'est tout le choix
16:23qu'on doit faire
16:24c'est quand même
16:24de l'argent
16:25qui appartient
16:27aux sociétaires
16:27que nous investissons
16:29ce n'est pas pour
16:29que ce soit
16:30en pure perte
16:30donc nous sélectionnons
16:32de manière rigoureuse
16:34les dossiers
16:34car il s'agit
16:36évidemment
16:37d'accompagner
16:37des entreprises
16:38qui sont viables
16:40elles ont aujourd'hui
16:41des process nouveaux
16:42des process
16:43parfois
16:44complètement exceptionnels
16:46pour lesquels
16:47il va falloir
16:47un certain temps
16:48jusqu'à la maturité
16:50et pendant la maturité
16:51il est normal
16:52qu'on accompagne
16:53Avec le dividende sociétal
16:55il y a aussi
16:56des produits bancaires
16:57vous citiez
16:57l'abandon
16:59du questionnaire de santé
17:01mais il y a des produits bancaires
17:02à destination
17:03des plus fragiles
17:04Oui bien sûr
17:05mais ça
17:05ça existait déjà avant
17:07ça existait
17:08ou alors vous y mettez
17:09plus d'argent
17:09On y met beaucoup plus d'argent
17:10D'accord
17:11Aujourd'hui
17:11quand on fait
17:13un prêt à 0%
17:14pour les étudiants
17:16ce sont parfois
17:17des prêts
17:17qui vont jusqu'à 25-30 000 euros
17:19à 0%
17:20donc ça c'est un vrai coût
17:21qui est imputé
17:22aux dividendes sociétales
17:23On a fait une immense campagne
17:25pour inciter
17:26nos sociétaires et clients
17:27à acheter des vélos
17:29et c'est pas parce que
17:29j'ai été président
17:30de la Fédération française
17:31de cyclisme avant
17:32C'est tout simplement
17:33pour les inciter
17:34avec un prêt à 0%
17:36jusqu'à 6 000 euros
17:38Pour les associations
17:39c'est le compte
17:41avec la carte
17:42et le conseiller
17:43gratuit
17:44plus une assurance
17:45RC
17:45des dirigeants
17:46Donc c'est vraiment
17:47des mesures
17:48très concrètes
17:49qui sont prises
17:50pour amener
17:52à une transition
17:53ou pour faire preuve
17:54de solidarité
17:55Justement sur les associations
17:58qui subissent
17:59une baisse
18:00des financements
18:01financements publics
18:02financements locaux
18:06vous supplé ?
18:08Ou vous ne pouvez pas
18:09tout faire quand même ?
18:10Alors on ne peut pas tout faire
18:10Et déjà
18:12je veux dire
18:13une chose importante
18:13Nous n'avons pas
18:15à intervenir
18:17lorsque les pouvoirs publics
18:19se désengagent
18:20Je veux dire
18:20une association
18:21qui vient nous voir
18:21en disant
18:22on a besoin de vous
18:23parce que
18:24la collectivité
18:26ou l'Etat
18:26se désengage
18:27ce n'est pas un critère
18:28Ce qui nous intéresse
18:29c'est au contraire
18:30d'intervenir
18:31en complémentarité
18:32Ce qui nous plaît
18:34beaucoup
18:34quand on soutient
18:35une association
18:36c'est l'effet
18:37de levier
18:38L'effet de levier
18:39qui est dû
18:40à l'action
18:40des bénévoles
18:41Lorsqu'on met
18:42un euro
18:43dans une administration
18:44publique
18:44on a un euro
18:45en retour
18:46Lorsqu'on met
18:47un euro
18:47dans une association
18:48on a évidemment
18:50cet euro
18:50qui fructifie
18:52mais surtout
18:53l'effet de levier
18:54des bénévoles
18:55permet de renforcer
18:573, 4, 5 fois
18:58le montant
18:59de la somme
19:00investie
19:01C'est de l'argent
19:01bien investi
19:03C'est vraiment
19:03la conviction
19:04que nous avons
19:04Il faudrait que
19:06l'argent public
19:07continue
19:07de décémer
19:09pour les associations
19:10Ah oui
19:10clairement
19:10Mais là aussi
19:11lorsqu'on intervient
19:12aux côtés
19:13d'une association
19:14on regarde
19:15l'intérêt du projet
19:17on regarde
19:17le sérieux
19:18de l'association
19:18on regarde
19:19si elle est structurée
19:20on intervient
19:21là aussi
19:21en recherchant
19:22l'impact
19:24Vous présidez
19:25la fédération
19:25bancaire française
19:26J'y l'ai présidé
19:27pendant un an
19:28Oui c'est ça
19:28ça tourne tous les ans
19:29c'est septembre
19:302025
19:30C'est une présidence
19:30tournante
19:31et j'ai quitté cette présidence
19:32le 1er septembre dernier
19:34Alors
19:34ça vaut pour
19:35le secteur bancaire
19:36ça vaut pour
19:37Crédit Mutuel
19:37et l'Alliance fédérale
19:38mais je voudrais
19:38qu'on parle
19:39qu'on consacre
19:40un chapitre important
19:41quand même
19:41sur l'IA
19:43l'arrivée de l'IA
19:44et les conséquences
19:45évidemment
19:46la première question
19:47et celle qu'on doit vous poser
19:48prioritairement
19:49c'est l'emploi
19:50On en est où aujourd'hui ?
19:52Là je suis très clair
19:53et en interne
19:54le langage que nous tenons
19:56c'est que ceux
19:57qui estiment
19:58que l'IA
19:58n'aura pas d'impact
20:00sur l'emploi
20:00racontent des bêtises
20:02Ça aura
20:03évidemment
20:04un impact
20:05Après
20:05le vrai sujet
20:06c'est
20:07comment
20:07on anticipe
20:09cet impact
20:10sur l'emploi
20:11Pour nous
20:12les choix sont faits
20:14c'est investir
20:15encore plus
20:16que nous le faisions
20:17depuis longtemps
20:17en formation
20:19de telle sorte
20:20à ce que
20:21les équipes
20:22puissent travailler
20:23de nouvelle manière
20:24L'IA
20:25c'est pas un sujet
20:27d'informaticien
20:28L'IA
20:28c'est un sujet
20:29qui concerne
20:30tous les dirigeants
20:30de l'entreprise
20:31Il s'agit de remettre
20:33en cause
20:33des process
20:34Il s'agit de remettre
20:35en cause
20:35des organisations
20:37Il s'agit
20:38de permettre
20:38à tous les collaborateurs
20:40d'utiliser
20:41de nouveaux outils
20:42et en le faisant
20:43et en anticipant
20:45nous espérons
20:46ne jamais être obligés
20:47de faire un plan social
20:48mais au contraire
20:49de pouvoir permettre
20:50aux collaborateurs
20:51d'avoir de nouvelles missions
20:53et quand je parle
20:54de nouvelles missions
20:55je parle même
20:56de missions
20:56de développement
20:57le fait d'être
20:58plus efficace
20:59je n'hésite pas
21:01à dire
21:01le fait d'avoir
21:02sur certaines tâches
21:03davantage de productivité
21:05et pour une banque
21:07comme la nôtre
21:07qui veut encore
21:08se développer
21:09en France
21:10et en Europe
21:11un excellent moyen
21:12d'augmenter
21:13ses revenus
21:14Mais est-ce que
21:14vous embauchez
21:15encore des juniors ?
21:16C'est une question
21:16qu'on pose aussi
21:17au cabinet de conseil
21:18par exemple
21:18c'est-à-dire que
21:19souvent les tâches
21:20qui étaient dévolues
21:21à ces jeunes salariés
21:23jeunes diplômés
21:23lient à l'effet
21:26Vous savez
21:26en 1979
21:27j'ai été embauché
21:28comme gratte-papier
21:29Ben oui
21:30Clairement
21:31En Russie
21:31on a tous démarré
21:32comme ça
21:33Voilà
21:33Aujourd'hui
21:34évidemment
21:34ce genre de fonction
21:36n'existe plus
21:37donc tous les métiers
21:38évoluent
21:39donc évidemment
21:40au moment où on embauche
21:41nous devons avoir
21:42en tête
21:43l'évolution du métier
21:44c'est notre responsabilité
21:46Mais il n'y a pas
21:47une génération perdue
21:47pardon je vous interromps
21:48ou le risque
21:49d'une génération perdue
21:50Je ne crois pas
21:51qu'il y ait une génération perdue
21:52il pourrait y avoir
21:53une génération perdue
21:55si on n'accompagnait pas
21:56cette génération
21:56Or chez nous
21:58le choix est clair
21:59l'investissement
22:00dans la formation
22:01est essentiel
22:03pour permettre
22:04à l'ensemble
22:05des collaboratrices
22:06et collaborateurs
22:07de ne pas être
22:08victimes du remplacement
22:10par l'IA
22:10mais de bénéficier
22:11de l'accompagnement
22:12grâce à l'IA
22:13Et côté client
22:14qu'est-ce que ça change déjà ?
22:16Ah ben ça change beaucoup
22:17ça change beaucoup
22:18vous avez des clients
22:19qui viennent voir
22:20le conseiller aujourd'hui
22:21en ayant beaucoup plus
22:22d'informations
22:23qu'il en avait avant
22:24depuis l'ère de l'internet
22:25il était très informé
22:27aujourd'hui
22:28il est extrêmement bien informé
22:30vous avez des clients
22:31qui vont voir nos conseillers
22:32en ayant carrément
22:34la réponse à la question
22:35qu'ils vont poser
22:36à leur conseiller
22:36et qui vont challenger
22:37le conseiller
22:38ce qui montre également
22:39pour nous
22:40la nécessité
22:41de former toujours mieux
22:42les collaborateurs
22:44donc ça change
22:45effectivement la donne
22:46ça nous met dans une situation
22:47encore plus concurrentielle
22:49on est aujourd'hui
22:50dans une activité
22:52où la concurrence
22:54ce ne sont pas seulement
22:55les autres banques classiques
22:57comme nous sommes
22:59ce qu'on appelle
22:59les néobanques notamment
23:00les néobanques
23:01mais également
23:01d'autres intervenants
23:03sur le marché
23:04et donc ça nous donne
23:05une exigence
23:06encore plus forte
23:07et une nécessité
23:08d'investir toujours
23:09et ça vous oblige
23:11à accélérer
23:11la transformation numérique
23:12encore
23:12ça c'est évident
23:14nous allons l'année prochaine
23:16terminer notre plan stratégique
23:17actuel
23:18qui s'appelle
23:18ensemble
23:19performance solidaire
23:19qu'on a écrit en 2022-2023
23:21l'IA était présente
23:23mais on a vu
23:24pendant les 4 ans
23:25de ce plan
23:26une accélération de l'IA
23:27et dans le nouveau plan
23:28dont nous venons
23:29de commencer
23:30la construction
23:31évidemment
23:32l'IA
23:32est en première priorité
23:34dans ce que l'on doit faire
23:37et notamment
23:38en matière de process
23:38et en matière d'organisation
23:39avec une question
23:40on va terminer
23:41en parlant
23:42d'Europe
23:45comment garder
23:46une forme de souveraineté
23:47française et européenne
23:48sur ces questions-là
23:49parce qu'on est quand même
23:49assez dépendant
23:50de technologies
23:52américaines
23:52ou chinoises
23:53mais enfin bon
23:54à je veux dire
23:54lorsqu'on parle
23:55de souveraineté européenne
23:57il faut effectivement
23:58toujours avoir en tête
23:59que sur un certain nombre
24:00de sujets
24:00on restera toujours dépendant
24:02après c'est comment
24:03limiter notre dépendance
24:05nous allons plus loin
24:07tout ce que nous faisons
24:09en IA
24:09nous le faisons
24:11en travaillant
24:12uniquement
24:12sur un cloud privé
24:14d'accord
24:14nous ne sortons absolument
24:16aucune donnée
24:17alors bien sûr
24:18on utilise
24:19certains prestataires
24:21de services
24:21mais jamais
24:23nos données
24:23ne sortent
24:24parfois ça nous fait
24:26avoir
24:273 ou 6 mois
24:28de retard
24:28parce qu'on ne va pas
24:30aussi vite
24:30mais je préfère
24:31que nous ayons
24:323 ou 6 mois
24:33de retard
24:34mais que nous soyons
24:35toujours sécurisés
24:36sur nos données
24:37et surtout
24:37que nos clients
24:38soient sécurisés
24:40sur l'utilisation
24:41de leurs données
24:41lors de l'Assemblée Générale
24:43du Crédit Mutuel
24:43en juin 2016
24:44vous aviez insisté
24:46sur ces enjeux
24:47européens justement
24:48est-ce que le modèle
24:50bancaire mutualiste
24:52il s'exporte
24:53ou est-ce qu'il doit
24:54s'exporter ?
24:56écoutez
24:56il y a d'autres exemples
24:58de banques coopératives
24:59et mutualistes
25:00et notamment
25:01celles qui ont été
25:02initiées par celui
25:04qu'on considère
25:04comme notre fondateur
25:05Frédéric Guillaume
25:06Raiffeisen
25:06notamment en Allemagne
25:07notamment en Autriche
25:08notamment aux Pays-Bas
25:10où la plus grande banque
25:12Rabobank
25:12est au départ
25:14une organisation coopérative
25:16là-bas
25:17tout a été fusionné
25:18en une seule structure
25:20alors que nous
25:20nous tenons à avoir
25:21notre réseau
25:22de caisse locale
25:23de Crédit Mutuel
25:23et j'étais récemment
25:25au Québec
25:26pour rendre visite
25:27à nos amis
25:28du mouvement Desjardins
25:30qui ont
25:31la même philosophie
25:32de fonctionnement
25:33et la même
25:35efficacité opérationnelle
25:36est-ce qu'on va terminer
25:37là-dessus
25:37il nous reste une minute
25:38est-ce qu'il faut
25:39puisqu'on parle d'Europe
25:41simplifier
25:41est-ce qu'il faut
25:42moins de contraintes
25:42réglementaires
25:43sur le secteur bancaire ?
25:45clairement
25:45aujourd'hui
25:46on a
25:47ça vous handicap
25:48c'est un handicap
25:49en matière de compétitivité
25:51de l'industrie
25:52alors la régulation
25:53la supervision
25:54est indispensable
25:56et si aujourd'hui
25:57les banques françaises
25:58les banques européennes
26:00sont réputées
26:01être extrêmement solides
26:02c'est bien
26:03parce que
26:04depuis la crise de 2008
26:05les moyens
26:06ont été mis en oeuvre
26:07après il s'agit juste
26:08de ne pas aller trop loin
26:09de ne pas exiger
26:10toujours davantage
26:12de fonds propres
26:13immobilisés
26:14parce qu'à un moment
26:15cela est contre-productif
26:17cela est contre-productif
26:18et nuit même
26:19à la création
26:20de nouveaux fonds propres
26:22par les richesses
26:24qui seront dégagées
26:25par l'activité
26:25quel type de
26:26de mesures
26:28il faudrait simplifier ?
26:29c'est un ensemble
26:31de mesures
26:31où constamment
26:32par des petites décisions
26:34on impose aux banques
26:36davantage d'immobilisation
26:38de fonds propres
26:38par exemple
26:39dans un domaine
26:40qui concerne
26:41le financement
26:42de l'immobilier
26:43où les banques françaises
26:45ont une grande maîtrise
26:46ont un coût du risque
26:48extrêmement faible
26:49les contraintes
26:50de fonds propres
26:50qui sont mises en place
26:52n'ont juste pas de sens
26:53merci beaucoup
26:54Daniel Ball
26:55et à bientôt
26:56sur
26:56à bientôt
26:56sur Bsmart for Change
26:58merci à toutes et à tous
26:59de votre fidélité
27:00à la chaîne
27:01des audacieuses
27:01et les audacieux
27:03je vous dis à très vite
27:03sur Bsmart
27:04salut

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