00:01Europe 1. Pascal Proé-Vou.
00:04Il est 16h15, nous sommes avec Michel Chevalet, on va être avec Nicolas Salvado, correspondant en Espagne, pour avoir les
00:11dernières informations.
00:12Bonjour Nicolas.
00:13Bonjour Charles Pascal.
00:1464 personnes ont été tuées, c'est un traumatisme dans toute l'Espagne.
00:18Le roi d'ailleurs, j'ai vu le roi se rendre sur place immédiatement dans son costume militaire me semble
00:24-t-il.
00:26Exactement, il est passé avec son costume militaire pour présenter ses condoléances, alors il va sûrement aller sur les lieux.
00:32Il doit demander l'autorisation au gouvernement, puisque le roi n'est pas libre de ses mouvements en Espagne, il
00:36doit d'abord demander au premier ministre s'il peut venir.
00:39Logiquement, le premier ministre dira oui, il devrait venir demain ou vendredi sur les lieux.
00:45C'est le deuxième accident grave en Espagne, après un accident entre deux trains en Andalousie qui avait fait 46
00:54morts.
00:54Ça intervient moins d'un an après une collision. Est-ce qu'il y a une défiance sur le rail
00:59en Espagne ?
01:01Alors complètement, il y a une défiance sur le rail. Il y a une défiance aussi auprès d'Oscar Puentes,
01:05qui est le controversé ministre des Transports,
01:07qui a pris le contrôle du ministère depuis les deux dernières années.
01:10Alors il est arrivé de manière un petit peu rocambolesque dans ce ministère, puisque son prédécesseur, José Luis Sabalos, est
01:16parti en prison.
01:17Le ministre des Transports est pris dans une affaire de corruption.
01:20Il a été incarcéré pour une trentaine d'années et Oscar Puentes a pris la suite sans vraiment compétence en
01:25la matière.
01:25Il est juste venu là parce que c'est le nouveau bras droit de Pedro Sanchez.
01:30Et effectivement, depuis qu'il est à ce ministère, à tort ou à raison,
01:34beaucoup dans l'opposition l'accusent d'être responsable de tous ces accidents en répétition.
01:38Est-ce que vous pouvez juger l'état du rail espagnol ?
01:41Vous connaissez bien le rail français, les TGV français.
01:44Est-ce que vous trouvez que les infrastructures espagnoles sont moindres que celles qui existent en France ?
01:51Alors il y a un double problème.
01:53Effectivement, sur les TGV, la maintenance des rails n'est pas au top.
01:57D'ailleurs, le président de l'association des ingénieurs des chemins de fer a accablé le ministre Oscar Puentes
02:01en disant qu'il y a une honteuse maintenance des rails.
02:05C'est ses propos et beaucoup d'experts le disent effectivement que ce n'est pas optimisé.
02:10Ça, c'est pour les liaisons TGV sur les grandes lignes.
02:14Et les trains régionaux qui sont également gérés par le gouvernement espagnol,
02:17eh bien, sont victimes de retards chroniques.
02:20Si on prend la Catalogne, par exemple, les gens le matin ont du mal à venir au travail en utilisant
02:25les trains
02:26parce qu'ils sont censés s'en retard ou ils sont annulés.
02:28Et effectivement, c'est un véritable fléau en Espagne.
02:31Aussi bien les accidents sur les lignes nationales que les retards sur les lignes régionales.
02:36Est-ce qu'il y a une colère parmi les Espagnols ?
02:38Tout à fait.
02:39Au-delà de la tristesse, est-ce qu'il y a aussi une colère ?
02:42Tout à fait. Il y a une colère pour ces trains parce qu'ils fonctionnent mal.
02:46En plus, on est en campagne électorale.
02:47Les législatives et les sénatoriales ont lieu le 29 novembre prochain.
02:51Donc forcément, les avis, les sensations, les émotions sont décuplées par cette campagne électorale.
02:57Et on tient ici, si on lit les réseaux sociaux ou si on lit la presse majoritairement conservatrice,
03:02eh bien, Pedro Sanchez est accusé, le Premier ministre, de défaillance dans les transports.
03:07Et comme je le disais, le ministre Oscar Puentes arrive en première ligne des critiques.
03:11Il faut savoir que les gens aussi ont tendance à amalgamer toutes les catastrophes qui arrivent en Espagne.
03:15On a eu des incendies de forêt incroyables et là aussi, la prévention a été critiquée.
03:20Les inondations ont été mal gérées.
03:22On a eu le blackout également l'an dernier où le pays est resté sans courant.
03:26Donc effectivement, ça s'accumule les problèmes d'infrastructures en Espagne.
03:30Écoutez, merci, évidemment.
03:32Merci beaucoup de ces informations.
03:3564 personnes, sans doute le bilan...
03:37D'ailleurs, le mot bilan n'est pas adapté dans ces cas-là.
03:40Sans doute, ce drame connaîtra-t-il davantage de morts encore ?
03:44J'imagine que toutes les télévisions espagnoles, c'est vrai aussi un peu en France,
03:48mais toutes les télévisions espagnoles retransmettent des images.
03:53Sans doute, les familles arrivent-elles sur place ?
03:55Sans doute, il y a-t-il des enfants déjà qui sont morts ?
04:00Le profil de ces victimes, c'est quelque chose d'absolument abominable qui se passe aujourd'hui en Espagne.
04:05Je crois qu'il y a trois jours de deuil qui ont été décrétés, Nicolas.
04:09Oui, il y a l'Andalousie qui est une région voisine
04:12qui a déclaré effectivement un deuil de trois jours.
04:15Après, on attend de voir au plan national ce qui va se passer.
04:18Le Premier ministre, Pedro Sanchez, va arriver sur place.
04:21Il devait arriver à 16h, il a un petit peu de retard.
04:23Et une fois qu'il sera à Toledo, il va faire une déclaration officielle.
04:26Et là, effectivement, s'il y a un deuil, il devrait l'annoncer.
04:29Et il n'y a pas de renseignement sur le profil, pour le moment,
04:32des 64 pauvres personnes qui sont décédées et pensées pour leur famille ?
04:37Alors, c'est un petit peu chaotique pour l'instant.
04:40Il y a la Guardia Civile, qui est la gendarmerie espagnole, qui est sur place,
04:42qui fait des prélèvements ADN pour tenter de retrouver l'identité des victimes.
04:46Il y a des tentes également qui ont été aménagées pour pouvoir accueillir les corps.
04:51Pour l'instant, on ne connaît pas les nationalités.
04:53Par contre, on sait qu'une ancienne ministre a disparu.
04:56Elle s'appelle Fatima Bagnès.
04:57Elle était ministre du gouvernement conservateur dans les années 2010.
05:00Elle faisait partie de ces trains.
05:02Et pour l'instant, on ne la retrouve pas en fait.
05:04On est passé, me dit Laurent Tessi, à 68 morts.
05:08Est-ce qu'on sait combien de personnes étaient présentes dans les deux trains ?
05:13Oui, on le sait.
05:14Il y avait un total de 544 personnes qui étaient à bord de ces trains.
05:18Effectivement, le bilan, on vient de l'apprendre.
05:19Il est passé à 68 morts.
05:21Il y a également une cinquantaine de blessés graves
05:23qui malheureusement risquent d'alourdir le bilan des décès.
05:28Puis j'imagine que les blessés dans ces cas-là,
05:31bien sûr, le choc est d'une telle violence.
05:34Les blessures seront à vie et extrêmement importantes.
05:38On parle d'un enfant amputé sur place.
05:43D'un enfant ?
05:44Oui, un enfant amputé sur place.
05:46Des témoins.
05:47Oui, c'est la violence du choc.
05:51Quand vous voyez les rames des wagons
05:53qui sont complètement pulvérisés par le choc,
05:57ça dit que le choc s'est fait à plus de 100 km par heure.
06:01Bien sûr.
06:01Sous-titrage FR ?