00:00Alors d'abord, un mouvement social de ce type dure en moyenne une dizaine de jours, là c'est un
00:03peu plus étendu à cause du fait que c'est un mouvement scolaire et lycéen qui a les vacances au
00:07milieu.
00:08Et vous avez une date de début, 17 octobre, une date supposément de fin, on va dire les dates paroxystiques,
00:13le 5 novembre.
00:15On sait à cette occasion que les casseurs ont besoin d'une masse de manœuvre.
00:19Plus la masse est importante, plus les casseurs en profitent et les pilleurs n'agissent que si le 1 et
00:24le 2 leur permettent de venir se faire les magasins.
00:29Le 17 octobre, tout le monde a sous-estimé l'ampleur des manifestations.
00:34Leur enseignement les avait vus mais sous-estimés, du simple au double, même un peu plus.
00:39Du coup, le nombre de casseurs, du simple au double voire même au triple, n'avait pas vu les pilleurs.
00:43Le 24 octobre…
00:44C'est une faillite déjà sur ce plan-là.
00:46Alors une faillite, c'est s'ils n'avaient rien vu du tout.
00:48Oui, enfin bon, le résultat est quand même éloquent.
00:51Oui, de ce point de vue-là, et puis tôt le matin, parce qu'ils ont suranticipé le départ en
00:56vacances de gens qui ne partent plus en vacances,
00:58qu'ils se lèvent tôt le matin pour aller à l'école.
01:00Enfin, il y a eu un espèce de…
01:02Voilà, on sent bien que le renseignement territorial est très en retard sur la révolution qu'avait réussi à faire
01:06le renseignement intérieur, la DGSI, après les attentats.
01:09Mais après les attentats de 2016.
01:10Avant, on faisait très peu d'opérations préventives.
01:14Depuis, on en fait dix fois plus.
01:15C'est autant d'attentats qui n'ont pas eu lieu.
01:17Le renseignement territorial n'a pas encore fait sa mue ou sa révolution anticipation et analytique.
01:22C'est certain, mais je pense qu'elle va le faire désormais, parce qu'on fait toujours comme ça en
01:25France.
01:25Après les crises.
01:26On invente les pompiers après l'incendie.
01:28Mais voilà, ce premier élément a eu lieu.
01:30Le deuxième, c'est que moi, je crois à l'effet, je dirais, montagne russe.
01:35C'est-à-dire qu'il y a des poussées, puis des redescendantes, des repoussées, puis des redescendantes.
01:38On a vu ça lors des GIs jaunes.
01:39Mais tout le monde a oublié un élément structurant de ce qui se passe actuellement.
01:42C'est la génération Naël, c'est-à-dire les émeutes de 2023, qui avaient duré dix jours,
01:46un milliard d'euros de dégâts, des milliers de bâtiments pillés ou brûlés,
01:51et surtout 50 000 émeutiers, dit le rapport du Sénat, qui en avait fait le décompte.
01:55Et qui avaient aussi pris la fin de la récréation à ce moment-là, les narcotrafiquants ?
01:59Aussi, mais pas seulement, puisque là aussi, il y avait eu un moment de stupéfaction,
02:04puisque la capitale du 17 octobre, c'est Limoges, la capitale de juillet 2023, c'était Montargis.
02:11Et ce n'est pas la ville qui vous vient naturellement à l'esprit.
02:13Et donc, ce processus-là, il va nous amener, je crois, les deux jours,
02:19il y a Halloween qui va suivre, donc la longue nuit d'entre les deux,
02:24va probablement nous amener à un niveau dont j'estime qu'il doit être celui du 24.
02:27Et je pense que l'effet paroxystique qui pourrait signer la fin de la récréation est le 5 novembre,
02:33et c'est ce qui me semble être le plus important.
02:35Parce qu'il y aura les syndicats qui seront aussi, donc il y aura une masse.
02:38La masse sera tellement considérable et tellement diversifiée.
02:42Vous savez, vous avez un composé de gilets jaunes qui n'ont jamais digéré, qu'il n'est pas abouti,
02:48de génération naëlle extrêmement remontée et très anti-flic,
02:52d'un mouvement scolaire et lycéen dont tout le monde, étudiants,
02:55dont tout le monde vous explique que toutes les revendications sont légitimes,
02:58mais qu'on ne peut pas y répondre.
02:59De l'ultra-ultra-droite à l'ultra-ultra-gauche,
03:02personne n'est contre les revendications des lycéens, des profs, des salles, des toilettes,
03:06enfin, bref, rien que de très normal.
03:09C'est même très conservateur, de ce point de vue-là.
03:11Une repolitisation du mouvement très impressionnante, à droite comme à gauche.
03:15La jeune fille de l'Uni, qui est sur la une de votre journal, est très impressionnante.
03:24Ceux de l'aile gauche le sont tout autant.
03:26Je parle en termes de...
03:27Voilà, ce n'est pas une génération tiktokisée, de ce point de vue-là.
03:29Ce n'est pas le jeune Noah qui était sur votre antenne ce matin.
03:33Il y a un sujet aujourd'hui de repolitisation qui est plutôt une bonne nouvelle.
03:36Il y a un sujet de surviolence qui est plutôt une mauvaise nouvelle.
03:39On ne sort pas de la violence d'un mouvement social par une réponse seulement autoritaire.
03:44Il faut aussi une réponse sociale et politique.
03:46Et de ce point de vue-là, vous n'avez toujours que deux réponses.
03:50Une de Mme Le Pen, le parti de l'ordre,
03:52et une de M. Mélenchon, la conflictualisation.
03:55Mais au moins, elles sont clairement exprimées.
03:57Ce ne sont pas des manœuvres dans l'ombre.
03:58Où sont les autres ?