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  • il y a 2 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Professeur Amarenko, on me pour, et d'abord évidemment Jessica a raison de dire qu'il faut faire ces campagnes
00:08-là,
00:09mais lorsque un AVC peut survenir, quels sont les signaux qui doivent nous alerter qu'il y a un souci
00:18majeur ?
00:19Eh bien c'est quelque chose qui survient brutalement, d'un côté du corps,
00:23par exemple j'ai la télécommande dans la main, elle tombe et je ne peux pas la ramasser,
00:29ça c'est, voilà, le bras est lourd, la jambe est lourde, il peut y avoir une paralysie faciale du
00:34même côté,
00:36ça c'est un premier signe, moteur, premier symptôme.
00:40Donc qu'est-ce qu'il faut faire là ?
00:41Deuxième symptôme, c'est un trouble de la sensibilité de l'hémicorps,
00:45pareil comme chez le dentiste, comme l'anesthésie chez le dentiste qui touche l'hémicorps.
00:50Un troisième type de symptôme, l'hémicorps, la moitié du corps.
00:54Ah pardonnez-moi, la moitié du corps.
00:56Et un troisième symptôme, c'est un trouble du langage,
00:59c'est-à-dire brusquement on cherche les mots, on n'arrive pas à trouver le bon mot,
01:03on dit un mot pour un autre, ou on mélange les mots,
01:05ou on dit quelque chose de totalement inintelligible,
01:08ça s'appelle l'aphasie, ça, ça doit alerter aussi.
01:13Quatrièmement, c'est un trouble de la vue,
01:15qui peut être une perte de la vue d'un oeil,
01:18ou une perte de la vue d'un champ visuel,
01:20d'un émis champ visuel, de la moitié du champ visuel.
01:23C'est brutal ?
01:24C'est brutal, c'est ça la caractéristique principale.
01:27C'est brutal, et en général ça fait pas mal,
01:30sauf quand il y a une hémorragie,
01:31à ce moment-là on a une céphalée, un mal de tête,
01:34qui est extrêmement violente,
01:37le pire mal de tête qu'on ait eu dans sa vie.
01:40Ça aussi, ça doit alerter.
01:42Et enfin, un trouble de l'équilibre,
01:46qui d'un coup, vous marchez comme une personne ivre,
01:48vous ne tenez plus debout.
01:49Ça aussi, ça doit alerter.
01:51Bon, qu'est-ce qu'il faut faire à ce moment-là ?
01:52À ce moment-là, la réaction immédiate, c'est le 15.
01:55Voilà, là on arrête, on ne finit pas ce qu'on a à faire.
01:58Voilà, exactement, c'est le 15.
02:00Alors, ces symptômes-là, ils peuvent être permanents,
02:02ou ils peuvent être transitoires.
02:04Parfois, ils peuvent durer que quelques secondes ou quelques minutes.
02:07C'est l'accident ischémique transitoire.
02:09Et ça, il faut le considérer avec la même urgence
02:12que quand les symptômes persistent.
02:14C'est pour ça, nous, on a créé SOS AIT il y a 25 ans,
02:17à l'hôpital Bichat,
02:18pour que les gens puissent venir tout de suite.
02:20SOS AIT, 24 heures sur 24,
02:22ça fonctionne toujours, bien entendu,
02:23et ça marche très bien.
02:25Donc, on peut, comme ça,
02:27une fois que les symptômes ont disparu,
02:29trouver la cause et éviter l'accident qui survient secondairement.
02:34Il y a des gens qui font des accidents en plusieurs temps.
02:36Parait-il, c'est très...
02:38Alors, pour les symptômes qui persistent,
02:40on a très peu de temps.
02:43Il faut arriver...
02:44Il y a la golden hour, c'est-à-dire la première heure.
02:47Si on arrive dans la première heure,
02:49c'est toujours mieux que si on arrive deux heures plus tard
02:51ou trois heures plus tard.
02:52Mais on peut traiter jusqu'à six heures.
02:54Oui, mais si j'arrive, par exemple, aujourd'hui à Pompidou,
02:56je suis pris en urgence immédiatement pour...
02:59Vous êtes pris en urgence immédiatement à Pompidou,
03:01ils vous transféreront parce qu'il n'y a pas d'unité d'AVC à Pompidou.
03:04Mais si je vais dans un hôpital, je vais être pris en urgence.
03:06Vous allez être pris en urgence.
03:07Si j'arrive à faire un AVC, là, je passe devant tout le monde.
03:09Le mieux, ce n'est pas d'aller dans un hôpital,
03:11parce que vous voyez, vous avez dit Pompidou.
03:12Alors, Pompidou n'a pas d'unité d'AVC.
03:14Donc, il faut appeler le 15.
03:17Et le 15, c'est en permanence ce qu'il y a autour dans Paris,
03:20quelles sont les unités d'AVC disponibles.
03:23Et ils vont pouvoir vous prendre en charge tout de suite.
03:25Et c'est une course contre la montre, en effet,
03:27parce que plus tôt on arrive à recanaliser l'artère qui est bouchée,
03:31plus on a de chances de récupérer.
03:32Comment on va analyser l'artère qui est bouchée ?
03:35Comment on sait que c'est la carotide et pas la côte ?
03:38Eh bien, on va faire immédiatement une IRM cérébrale,
03:42ou un scanner en jeu scanner.
03:43Mais ça, c'est disponible ?
03:45C'est disponible immédiatement.
03:47Les gens arrivent dans une alerte AVC.
03:50Nous, on reçoit le coup de fil.
03:52Vous êtes à quel hôpital ?
03:53Bichat.
03:54Et à Bichat, il y a combien d'AVC par jour ?
03:56Il y en a 3-4 AVC par jour, oui.
04:00Et ils sont traités ?
04:01Ils sont traités, oui, bien sûr.
04:04Alors, on reçoit le coup de fil du SAMU.
04:07L'équipe de neurologues de garde
04:10descend à l'IRM, aux urgences,
04:14à l'IRM, avec l'infirmière et les soignantes,
04:17et qui attendent le patient, le SAMU qui arrive,
04:20qui amène le patient directement à l'IRM.
04:22Le IRM est passé,
04:23et on peut décider tout de suite du traitement que l'on va...
04:27Et là, vous mesurez si c'est grave, très grave.
04:29J'imagine qu'il y a des AVC qui sont très graves,
04:33moyennement graves.
04:35Exactement.
04:35Mais alors, pour un AVC, par exemple,
04:37qui est particulièrement grave,
04:38qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là ?
04:39Vous arrivez à agir ?
04:40Bien entendu, oui.
04:41Et la récupération est immédiate ?
04:44Il va falloir un mois ?
04:44Il va falloir deux mois ?
04:46Il y a une période de convalescence ?
04:48La recanalisation de l'artère
04:51peut permettre une récupération sur la table d'examen.
04:55Donc là, il peut repartir et rentrer chez lui ?
04:57Ce n'est pas exactement comme ça,
04:58mais deux, trois jours plus tard, oui.
04:59Et il va reprendre à bosser dans les huit jours, par exemple ?
05:01Absolument.
05:02Il faut savoir qu'environ, parmi les patients
05:05qui sont pris en alerte thrombolise, thrombectomie,
05:09qui sont les traitements que l'on applique dans ce cas-là,
05:12il y en a 50% qui guérissent.
05:15Mais 50% qui ne guérissent pas,
05:17d'où la nécessité de continuer les recherches
05:20pour améliorer les choses.
05:22On a progressivement amélioré le délai
05:25avec lequel on pouvait traiter les gens.
05:28Avant, c'était dans les trois heures,
05:29maintenant, c'est dans les...
05:30Après, ça a été dans les quatre heures et demie,
05:32en plus six heures.
05:33Et maintenant, on peut même aller à 12 heures
05:34ou 72 heures pour revasculariser les artères
05:37en fonction de l'état du patient.
05:40Enfin, voilà.
05:40Et donc, oui, globalement,
05:45si on prend tous les AVC,
05:4760% des gens guérissent.
05:49Et il ne va pas en faire un après.
05:5240% gardent un handicap.
05:53Et c'est beaucoup.
05:56Et parmi ceux qui guérissent,
05:57il y a quand même souvent un handicap invisible.
06:00C'est-à-dire des troubles cognitifs,
06:04un tout petit peu,
06:05ou bien des difficultés de langage
06:10dont on ne s'aperçoit pas très bien
06:13et que le patient, lui, sait qu'il l'a.
06:17Mais justement, il y a une question
06:18que je me suis souvent posée,
06:19et pardonnez-moi de parler de mon père,
06:21puisqu'il avait fait un AVC massif.
06:24Et je me suis demandé,
06:25est-ce que...
06:26Alors, comment le traduire ?
06:27Évidemment, comme...
06:28Je ne sais pas si je vais le traduire
06:29comme il faut le traduire,
06:31mais est-ce que son intelligence
06:33avait diminué ?
06:34Est-ce qu'il était moins...
06:35Est-ce qu'il ne se rendait pas compte
06:37de sa situation ?
06:38Parce que précisément,
06:39son cerveau avait été atteint
06:41et il était moins performant, ce cerveau.
06:43Je ne sais pas si je pose bien la question.
06:44Ça dépend beaucoup des...
06:46J'avais ce sentiment, en tout cas.
06:48Des cas.
06:48Ça, c'est tout à fait possible.
06:50Il y a des zones du cerveau
06:51qui font qu'on a l'impression
06:52que la personne n'est plus ralentie.
06:55Ce qui n'est pas forcément
06:56une mauvaise chose, d'ailleurs,
06:57parce qu'elle n'a pas...
06:58Comme elle n'est plus la même personne,
07:00elle ne se rend peut-être pas compte
07:01de son état.
07:02Oui, et beaucoup se rendent compte.
07:05C'est ce que je décris
07:05dans mon livre,
07:06Vaincre l'AVC.
07:07c'est qu'il y a tout de même,
07:10chez quelqu'un qui a eu un AVC,
07:12l'important, c'est de retrouver l'estime de soi,
07:15de retrouver sa place dans la famille,
07:19sa place dans la société.
07:21Et ça, c'est un travail de l'entourage
07:23qui est très important.
07:25Écoutez, c'est passionnant de vous écouter.
07:27C'est un sujet, évidemment, extrêmement important.
07:30Vraiment, merci, professeur Amarinco,
07:32d'être venu.
07:33Vous êtes une neurologue.
07:33Vous êtes reconnu comme l'un des plus grands
07:35spécialistes mondiaux de la prise en charge
07:37de la prévention de l'accident.
07:38C'est vrai que ça fait peur.
07:39Ça fait très peur.
07:40Ça fait peur.
07:41Curieusement, ça fait partie des choses
07:43qui font peut-être le plus peur
07:45parce qu'il y a un avant et un après
07:48et que c'est très brutal.
07:50Et je suis aussi président de Vaincre l'AVC.
07:52Donc, les dons pour vaincre l'AVC
07:56sont très importants pour améliorer
07:58la prise en charge de ces patients.
07:59Écoutez, on aurait pu rester ensemble
08:00pendant une demi-heure encore,
08:02mais je crois que nous avons un autre sujet
08:04à traiter.
08:05Nous devons libérer le professeur.
08:06Le patron de Bricorama.
08:08Que dites-vous ?
08:08Nous devons libérer le professeur aussi.
08:10On doit libérer le professeur.
08:11Mais bon, faisons attention
08:13et allons nous faire dépister.
08:15Et faites le test aussi,
08:16calcul du risque d'AVC.
08:17Et on remercie Jessica
08:18qui était avec nous en ligne
08:19qui a témoigné.
08:20Et également.
08:21Merci M. Amarinco.
08:22A tout de suite.
08:23Avec Pascal Praud de 16h à 18h sur Europe 1.
08:29Sous-titrage Société Radio-Canada
08:30Sous-titrage Société Radio-Canada
08:30...

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