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Dette vertigineuse, désindustrialisation, école en crise, fractures sociales : comment la France en est-elle arrivée là ? Ce documentaire revient sur quinze décisions majeures.
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00:00:01Dette publique vertigineuse.
00:00:03La dette française atteint les 3600 milliards d'euros.
00:00:07Pouvoir d'achat sous pression.
00:00:08On voit que ça commence à être très très compliqué.
00:00:11Fruits et légumes, je limite.
00:00:13Insécurité.
00:00:14Cette fusillade la nuit dernière à Toulouse.
00:00:16Profession poignardée par un élève de 14 ans.
00:00:19Mathis avait 15 ans lorsqu'il a été poignardé à mort.
00:00:22École et hôpital en crise.
00:00:24Des établissements brûlent, des affrontements éclatent.
00:00:26Un hôpital en détresse.
00:00:28Comment la France en est-elle arrivée là ?
00:00:29Derrière ces difficultés, 50 ans de décision politique.
00:00:33Des promesses de progrès, mais à quel prix ?
00:00:35C'est pour faire avancer les choses de façon positive et progressive.
00:00:39La loi de Jospin, c'est ce qui annonce l'éducation positive,
00:00:43qui est une véritable catastrophe.
00:00:44Quand on vise à considérer que sur un plan d'égalité,
00:00:46il y a le professeur et l'élève,
00:00:48ben non, je suis désolée, le professeur et l'élève
00:00:50ne sont pas sur un plan d'égalité.
00:00:53Adapté du rapport de l'Institut Thomas More,
00:00:55cette enquête revient sur 15 des 50 décisions
00:00:58qui ont coulé la France.
00:00:59Regroupement familial.
00:01:00Vous étiez tout seul ou vous êtes venu directement avec votre femme ?
00:01:03Non, j'étais tout seul.
00:01:04Et vous l'avez fait venir après ?
00:01:05Oui.
00:01:06Ce décret-là est évidemment un point de bascule de l'immigration.
00:01:10À terme, vous changez la population française.
00:01:1235 heures.
00:01:13Pourquoi pas 28 heures, tant qu'on y est ?
00:01:14C'est une décision qui a fait beaucoup, beaucoup de mal à la France.
00:01:17Ce n'est pas de la politique digne,
00:01:19c'est de la politique démagogique,
00:01:21c'est tout ce qui a mis le pays par terre.
00:01:22Retraite à 60 ans, fermeture de Fessenheim.
00:01:25C'est très triste et pour des gens qui ont fait toute leur carrière à Fessenheim,
00:01:28vous imaginez quoi.
00:01:28Cette centrale nucléaire a été purement et simplement arrêtée, stoppée.
00:01:32Avec des experts, des archives et de grands témoins,
00:01:35nous allons retracer ces choix et leurs conséquences sur votre quotidien.
00:01:39Immigration, sécurité, santé, éducation, Europe.
00:01:43Tous les grands dossiers seront ouverts.
00:01:45Emmanuel Macron a appelé à couper Internet.
00:01:47Je rappelle que c'est ce que font les Iraniens, les Chinois ou les Turcs quand il y a des
00:01:50heures.
00:01:51Alors qui a décidé ? Pourquoi ?
00:01:53Il y a des responsabilités qui peuvent être tracées très directement.
00:01:55Ça, ça fait un dégât épouvantable.
00:01:57Quelles alertes ont été ignorées et pouvait-on faire autrement ?
00:02:00La décision est évidemment éclare plus d'une erreur.
00:02:03C'est une décision dont nous payons encore le prix.
00:02:06Une enquête pour comprendre comment s'est dessiné le déclin de la France.
00:02:18Il y a 50 ans, le 29 avril 1976,
00:02:22le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing instaure le regroupement familial.
00:02:27Signé par le Premier ministre Jacques Chirac,
00:02:30ce décret permet aux travailleurs étrangers
00:02:32de faire venir légalement leurs familles sur le sol de France.
00:02:36Il en manque vraiment, il en manque leur père.
00:02:38Il fait qu'à penser à leur père.
00:02:39Moi, je ne fais que penser à lui et je voudrais bien qu'il vienne.
00:02:44Regroupement familial, ça consiste à dire
00:02:46les immigrés qui vivent en France ont droit à une vie de famille comme les autres.
00:02:50C'était pour humaniser la situation des travailleurs temporaires.
00:02:54J'aime bien le regroupement familial qui vient rester avec ses enfants,
00:02:57vivre avec ses enfants, avec moi.
00:02:59Vous étiez tout seul ou vous êtes venu directement avec votre femme ?
00:03:01Non, j'étais tout seul.
00:03:03Et vous l'avez fait venir après ?
00:03:04Oui.
00:03:06Le regroupement familial, c'est un décret qui va amener à substituer une immigration de travail
00:03:14par une immigration familiale.
00:03:17Donc de moins en moins de gens vont venir pour travailler
00:03:20et de plus en plus pour rejoindre le conjoint, la conjointe,
00:03:25qui est installée parfois depuis des décennies.
00:03:29Le texte prévoit des conditions strictes.
00:03:32Si le cadre semble maîtrisé sur le papier,
00:03:35cette décision marque un tournant dans la politique migratoire française.
00:03:40En 1975, la France comptait 3,9 millions d'immigrés.
00:03:44En 2024, ils sont presque deux fois plus.
00:03:47Le regroupement familial, c'est devenu dans l'effet la première filière
00:03:50d'une immigration de peuplement.
00:03:53Donc on amenait quelqu'un, sa vie familiale exige que...
00:03:56Donc là, on amenait sa famille, une définition toujours plus étendue de la famille.
00:04:00Et au terme de cela, bien évidemment, c'est une chaîne migratoire
00:04:04qui s'est mise en place et qui est à peu près inarrêtable.
00:04:08Derrière l'aspect humain du regroupement familial,
00:04:11plusieurs questions concrètes se posent.
00:04:13Ces familles viennent-elles pour un séjour temporaire en France
00:04:16ou pour s'y installer durablement ?
00:04:18Vous pensez pouvoir entrer en Algérie bientôt ?
00:04:21Oui.
00:04:22C'est le bon Dieu.
00:04:25C'est-à-dire ?
00:04:27C'est-à-dire, une fois que les enfants sont un peu grands,
00:04:30et puis on retournera bien un jour là-bas.
00:04:33Alors au début, ils pensent qu'ils s'installeront pendant quelques années
00:04:38avec femmes et enfants et qu'ils reprendront femmes et enfants
00:04:40et reviendront au pays.
00:04:41Ça ne va évidemment pas se passer comme ça.
00:04:44C'est ce qu'on va appeler le mythe du retour.
00:04:47Et effectivement, ces familles-là vont rester parce que ce sont les enfants
00:04:51qui ne voudront pas partir dans un pays qui est peut-être le leur durant quelques vacances,
00:04:56mais dans lequel ils n'ont jamais vécu, que ce soit l'Algérie, le Maroc, la Tunisie.
00:05:03Au fil des décennies, malgré la diminution des besoins de main-d'œuvre dans certains secteurs,
00:05:09l'immigration se poursuit en France et ses origines évoluent.
00:05:12Autrefois principalement européennes, la population immigrée compte désormais
00:05:16davantage de personnes nées en Afrique qu'en Europe.
00:05:19Mais peuvent-elles réellement s'intégrer dans la société française ?
00:05:22Tant qu'on croyait à l'assimilation dans sa forme classique, on disait,
00:05:25bon, peu importe d'où les gens viennent, ils s'assimileront, ils deviendront comme nous.
00:05:28Ce qui est vrai théoriquement.
00:05:29Vous pouvez prendre un Pakistanais, un hindou, un Algérien, un Norvégien, un Suédois,
00:05:33un Russe, un Ukrainien, un Québécois, ils peuvent devenir français.
00:05:36Il faut faire un devoir d'assimilation.
00:05:38Mais quand ils viennent par milliers, dizaines de milliers, centaines de milliers,
00:05:43qu'ils sont suffisamment nombreux ici de leur communauté d'origine
00:05:46pour reproduire le mode de vie du pays d'origine ici à terme
00:05:50ou changer la population française,
00:05:52Ces familles-là, elles vont arriver dans des endroits où on va les regrouper.
00:05:57Alors, il y a une volonté de ne pas créer des ghettos.
00:06:00On est encore dans le modèle assimilationniste à l'époque.
00:06:02Mais de fait, ces familles, on va les regrouper.
00:06:05Elles vont d'ailleurs se regrouper elles-mêmes entre elles.
00:06:09En ce qui concerne les populations musulmanes,
00:06:11elles vont chercher les commerces communautaires, les commerces halal, bien sûr.
00:06:15Et donc, ce regroupement va un petit peu contre l'idée assimilationniste française
00:06:21qui avait permis à des générations d'immigrés de Pologne, d'Italiens, de Portugais de s'assimiler complètement dans la
00:06:29population.
00:06:30Là, ça va être assez différent parce qu'elles ont des préférences communautaires auxquelles la France n'est pas préparée.
00:06:39Un demi-siècle après son instauration, le regroupement familial est toujours inscrit dans le droit français.
00:06:44Même si en 2018, Valéry Giscard d'Estaing regrettera lui-même en partie les conséquences de cette décision.
00:06:50L'idée était en soi juste et généreuse, mais elle a été mal appliquée et j'ai eu le tort
00:06:55de ne pas plus surveiller l'application.
00:06:57J'en ai donc la responsabilité.
00:06:58Le fait que le président Giscard d'Estaing ait dit quelques années plus tard que ce décret avait été l
00:07:02'un de ses grands regrets,
00:07:04on peut le croire d'autant plus qu'assez vite, son gouvernement, donc en l'occurrence le gouvernement de Raymond
00:07:09Barr,
00:07:10a voulu suspendre une partie du regroupement familial parce qu'il s'est rendu compte que ça posait un certain
00:07:15nombre de difficultés.
00:07:15Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, le regroupement familial aurait pu connaître une autre trajectoire,
00:07:23à condition d'être encadré différemment.
00:07:25La décision Giscard-Chirac de favoriser le regroupement familial, sans prendre en compte du tout les conséquences culturelles, sociales, politiques,
00:07:34etc.,
00:07:35est évidemment avec le recul d'une erreur.
00:07:37Ça n'aurait pas eu des conséquences aussi graves si, en même temps, on avait mis en place un vrai
00:07:42système de gestion des flux migratoires,
00:07:45parce que les sociétés modernes ont besoin de beaucoup d'immigration, mais pas n'importe laquelle,
00:07:49il ne faut pas que ce soit les passeurs qui décident, il faut que ce soit les gouvernements,
00:07:53et qu'il fallait donc augmenter l'immigration légale bien choisie, bien gérée.
00:07:57Et donc, si vous plaquez le simple regroupement familial dans un contexte où on ne prend pas les mesures nécessaires,
00:08:04ça a des conséquences tout à fait nuisibles que l'on voit aujourd'hui.
00:08:17Septembre 1989, au collège Gabriel Havez de Creil, Fatima, Laila et Samira,
00:08:23trois élèves de confession musulmane, refusent de retirer leur voile en classe.
00:08:28L'objet du délit, le foulard, plus précisément le zif marocain que portent Fatima et Laila selon leurs convictions musulmanes.
00:08:36Je crains en Dieu. Je crains de personne, simple Dieu. Je porterai toujours mon foulard jusqu'à ma mort.
00:08:43Au nom de la laïcité, le principal Ernest Chénière les exclut des cours.
00:08:47Le problème n'est pas des croyances. Le problème est de la manifestation extérieure de cette croyance
00:08:54dans l'enceinte des locaux scolaires et notamment en classe.
00:08:58Cette décision locale va devenir rapidement une affaire nationale.
00:09:03La Creil, trois jeunes filles musulmanes qui s'opposent à leurs professeurs et aux dirigeants du collège.
00:09:08Motif, elles veulent afficher en permanence les signes extérieurs de leur religion.
00:09:12L'affaire dite du foulard de Creil a posé pour la première fois l'une des questions récurrentes du rapport
00:09:17entre l'islam et la laïcité
00:09:19qui est la question de la visibilité de l'islam et précisément du port du voile islamique dans un certain
00:09:25nombre d'espaces publics
00:09:26et en particulier dans l'espace scolaire.
00:09:27Creil, c'est beaucoup plus qu'une simple querelle vestimentaire.
00:09:31C'est vraiment le moment où l'école découvre qu'elle n'est plus un sanctuaire
00:09:34mais qu'elle est la cible de revendications religieuses organisées.
00:09:38Derrière, il y a une mobilisation des frères musulmans qui, pour la première fois, va manifester dans les rues.
00:09:45Et on va voir donc les frères expliquer que le voile est une obligation pour la femme musulmane,
00:09:52qu'elle ne peut pas s'en départir, qu'elle ne veut pas s'en départir.
00:09:56Il y aura des chants dans la rue, il y aura des tekbir à la Ouagbar dans la rue.
00:10:01Pourquoi est-ce que toujours c'est à l'islam qu'on demande des comptes ?
00:10:04L'affaire de Creil, c'est vraiment les premières tentatives d'islamisation par les frères musulmans.
00:10:09Et en même temps, c'est là que va se nouer notre incapacité à comprendre qu'ils sont là
00:10:16et comprendre ce qu'ils veulent.
00:10:21Deux visions s'affrontent alors.
00:10:23Faut-il interdire le foulard à l'école pour protéger la laïcité
00:10:26ou accepter les élèves qui le portent au nom de la liberté de conscience ?
00:10:30Creil cristallise des réactions très vives.
00:10:32D'un côté, on a les souhaits de racisme qui prennent le parti des jeunes filles voilées.
00:10:35Je crois que ce n'est pas en prenant comme bouc émissaire ces jeunes filles
00:10:39qu'on fera avancer leur émancipation, qu'on fera avancer leur intégration en France.
00:10:43De l'autre, on a un ancien ministre de l'éducation, Jean-Pierre Chevènement,
00:10:46qui est sur une ligne extrêmement ferme sur l'application de la laïcité.
00:10:50À l'école laïque, il ne peut y avoir ni soutane, ni kippa, ni chador.
00:10:57Parce que l'école laïque, c'est l'école de la liberté.
00:11:00Quand on va chez les autres, on se conforme à leurs mœurs et à leurs coutumes.
00:11:04C'est de la plus élémentaire politesse.
00:11:07Et quand on ne se croit pas capable de le faire, on rentre chez soi.
00:11:11Déjà à l'époque, c'est la montée du Front National.
00:11:14Et on ne veut pas faire le jeu du Front National.
00:11:18Face à la polémique, le ministre de l'Éducation nationale, Lionel Jospin, cherche un compromis.
00:11:23Si se produisent comme se sont produits des cas de blocage, c'est-à-dire d'enfants qui vont à
00:11:29l'école,
00:11:30notamment avec un foulard sur la tête, je préconise que les directeurs d'établissement et les enseignants
00:11:37disent à ces enfants et à leurs parents qu'ils ne doivent pas venir à l'école dans ces conditions.
00:11:43S'il y a blocage et s'il y a refus, je dis alors que l'école doit accepter et
00:11:50accueillir ses enfants.
00:11:51La position à l'époque de Lionel Jospin, c'est de dire qu'il ne faut pas empêcher ces filles
00:11:58d'aller à l'école.
00:11:59Si on les oblige à retirer leur foulard, elles ne viendront pas à l'école et donc elles ne séduqueront
00:12:04pas.
00:12:04Et puis les autres qui disent non, nous ne pouvons pas accepter que des filles arrivent avec un signe d
00:12:09'infériorisation de la femme
00:12:11et un signe prosélyte qui fasse rentrer la religion à l'école de la République.
00:12:16Le gouvernement écarte alors l'interdiction générale du foulard à l'école.
00:12:20Il faudra attendre près de 15 ans pour qu'une loi fixe une interdiction commune.
00:12:26Le 15 mars 2004, sous la présidence de Jacques Chirac, la France interdit les signes et les tenues
00:12:32manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics.
00:12:37Ces dernières années, du refus de respecter une minute de silence après les attentats de Charlie Hebdo en 2015,
00:12:43à l'affaire de l'Abbaya en 2023, les tensions autour de la laïcité persistent à l'école.
00:12:48Le péril islamiste n'a cessé de prospérer, d'étendre ses ténèbres dans l'éducation nationale.
00:12:5556% d'enseignants qui se sont contraints de s'auto-sensurer en faisant cours,
00:13:00l'affaire du foulard de Creil, c'est une non-décision dont nous payons encore le prix.
00:13:05Au-delà des salles de classe, le port du voile progresse chez les jeunes femmes musulmanes.
00:13:0945% des 18 à 24 ans le portent aujourd'hui, soit près de 3 fois plus qu'en 2003.
00:13:24Cédric Errou est un agriculteur des Alpes-Maritimes, près de la frontière italienne.
00:13:29Il accueille des migrants et les aide à se déplacer.
00:13:31Nous défendons la vie, et ne l'oubliez pas ça.
00:13:36Nous défendons des gens, malgré qu'ils soient noirs, c'est des gens qui ont le droit à la défense,
00:13:40c'est des gens qui ont le droit à être protégés.
00:13:42Cédric Errou, c'est un agriculteur qui est en fait, ou par ailleurs, un militant marqué à l'extrême gauche,
00:13:48un militant no border, comme on dit, favorable à l'abolition des frontières,
00:13:52et qui favorisait dans la région où il vit, c'est-à-dire la vallée de la Roya, dans les
00:13:55Alpes-Maritimes,
00:13:56le passage et le maintien en situation irrégulière d'un certain nombre de migrants.
00:14:01Je suis une mineure isolée, mais grâce à Cédric, j'ai une maman, une mère française, elle est blanche, et
00:14:09je vais à l'école.
00:14:10Des gens généreux vont accueillir des personnes, effectivement, dans le besoin,
00:14:17mais des personnes qui sont sans papier, qui n'ont pas l'autorisation de venir sur le territoire.
00:14:23Or, un territoire qui n'a plus de frontières, c'est un territoire qui n'existe plus.
00:14:31Consuivi pour avoir facilité l'entrée et le séjour d'étrangers en situation irrégulière,
00:14:35il est condamné en 2017 à quatre mois de prison avec sursis.
00:14:39Je finirai sûrement en prison, j'irai en prison.
00:14:41Et j'irai avec dignité, j'irai la tête haute en prison.
00:14:44Cédric Errou conteste sa condamnation devant la cour de cassation.
00:14:47Ses avocats déposent une question prioritaire de constitutionnalité
00:14:50pour vérifier si la loi utilisée contre lui respecte la constitution.
00:14:54La cour de cassation transmet cette question au Conseil constitutionnel,
00:14:57qui doit se prononcer sur la loi et non sur la culpabilité de l'agriculteur.
00:15:02Le 6 juillet 2018, les juges reconnaissent la fraternité
00:15:05comme un principe à valeur constitutionnelle,
00:15:07en s'appuyant sur la devise de la République.
00:15:09L'agriculteur sera finalement relaxé en 2020.
00:15:12Le Conseil constitutionnel décide d'agir en disant,
00:15:15« Non, non, désolé, ce qu'a fait ce monsieur n'est pas grave,
00:15:17ça ne cause pas problème, parce qu'il agit selon le principe de fraternité.
00:15:22Il n'y a pas de délit de séjour clandestin. »
00:15:24Donc, le Conseil constitutionnel décide de créer du droit.
00:15:28Donc, il ne se contente plus, ce qu'il faisait déjà,
00:15:30d'interpréter de manière tout à fait créative le droit
00:15:34en fonction d'une théorie de la Constitution
00:15:37très éloignée de la vision originale de la Constitution.
00:15:40Il se permet désormais d'être dans une position créatrice
00:15:42à la manière d'un super législateur contre le commun et mortel
00:15:45qui dépendrait de la souveraineté populaire.
00:15:46C'est une révolution.
00:15:48Évidemment, c'est dans le triptyque,
00:15:49liberté, égalité, fraternité,
00:15:51donc on ne peut pas être surpris.
00:15:53Maintenant, la fraternité, c'est entre frères.
00:15:56Ce sont des grands mots comme ça
00:15:58auxquels on va donner un contenu juridique,
00:16:01mais au risque d'en déformer l'esprit.
00:16:06C'est ainsi que le combat d'un particulier
00:16:08peut, par une décision du Conseil constitutionnel,
00:16:11changer les règles pour tout un pays.
00:16:13Une affaire individuelle et des conséquences nationales.
00:16:24Jusqu'en 2015, à nombre d'enfants égales,
00:16:26les familles percevaient les mêmes allocations,
00:16:29quels que soient leurs revenus.
00:16:31Mais le 1er juillet de cette année,
00:16:33sous François Hollande, cette règle change.
00:16:35Les familles les plus aisées voient leurs allocations
00:16:37drastiquement diminuées, divisées par 2 ou par 4.
00:16:41L'objectif affiché, faire des économies,
00:16:43tout en préservant les aides aux ménages modestes.
00:16:45On doit faire des économies sur le budget de l'État.
00:16:48On rend l'effort proportionnel,
00:16:49parce qu'il est injuste de faire peser l'effort
00:16:52sur les plus modestes,
00:16:53et de ne pas faire contribuer les plus riches
00:16:55de manière proportionnelle.
00:16:56Les Français, eux, ont évidemment tous
00:16:59un avis sur la question.
00:17:00On ne doit pas toucher aux familles,
00:17:02aux droits des familles,
00:17:03quel que soit leur revenu.
00:17:06De nombreux observateurs estiment alors
00:17:08que cette réforme fragilise le soutien aux familles
00:17:10et risque de décourager les naissances.
00:17:13En 2025, la fécondité en France
00:17:15tombe à 1,56 enfants par femme,
00:17:18son plus bas niveau depuis la fin
00:17:19de la Première Guerre mondiale,
00:17:21bien en dessous du seuil de renouvellement
00:17:22des générations.
00:17:23Ce qui se passe depuis 15 ans,
00:17:25c'est un décrochage de la natalité française
00:17:28qui est vraiment inédit.
00:17:30On a perdu ces naissances
00:17:32pour différentes raisons.
00:17:34D'une part, des causes très structurelles
00:17:36qu'on observe au niveau mondial
00:17:38avec un recul de la natalité
00:17:39dans les pays développés,
00:17:40mais d'autre part aussi du fait
00:17:42d'un certain nombre de décisions politiques
00:17:44qui, au lieu de chercher à endiguer cette baisse
00:17:47ou à l'inverser, l'ont accélérée
00:17:50et sur lesquelles il y a des responsabilités
00:17:52qui peuvent être tracées très directement.
00:17:54La modulation des allocations
00:17:55soulève aussi une question.
00:17:57En réduisant les aides aux familles
00:17:58les plus aisées,
00:17:59l'État influence-t-il les choix
00:18:01d'avoir des enfants selon le milieu social ?
00:18:05Ce qu'on voit aujourd'hui
00:18:06de manière très claire,
00:18:07c'est qu'avoir un enfant,
00:18:09ça coûte plus ou moins cher
00:18:11selon le type de famille que vous êtes
00:18:14et selon votre niveau de revenu.
00:18:15Nous, on a pu faire ce calcul
00:18:16en prenant le cas de foyers
00:18:19qui vivent à Paris.
00:18:19Vous voyez, vous êtes à un foyer à Paris
00:18:22qui vit au RSA.
00:18:23Une fois pris en compte
00:18:24tout ce que vous coûte votre enfant
00:18:26sur ces trois premières années,
00:18:27mais aussi toutes les aides
00:18:29de nature souvent sociale
00:18:30qui vous sont apportées,
00:18:31la charge nette annuelle
00:18:33d'un enfant, d'un jeune enfant,
00:18:34c'est 500 euros par an.
00:18:35C'est-à-dire c'est 5% de votre revenu disponible
00:18:37quand vous êtes au RSA.
00:18:39En revanche, si vous êtes toujours à Paris,
00:18:41mais que vous êtes un foyer
00:18:42avec deux actifs
00:18:43qui travaillent au salaire médian parisien,
00:18:45la charge annuelle nette de cet enfant
00:18:47elle est de 14 000 euros par an,
00:18:50c'est-à-dire 25%
00:18:51de vos revenus disponibles.
00:18:52Donc l'effort financier
00:18:53qui est consenti aujourd'hui
00:18:55par les familles de classe moyenne
00:18:56pour avoir un enfant,
00:18:57il est cinq fois plus élevé
00:18:58que celui consenti
00:19:00par les familles au RSA.
00:19:01Car derrière les économies budgétaires,
00:19:02se joue l'avenir du pays
00:19:04et l'équilibre
00:19:04de notre modèle social.
00:19:15À l'approche de l'élection présidentielle
00:19:17de 1981,
00:19:18François Mitterrand
00:19:19fait une promesse spectaculaire
00:19:20aux Français.
00:19:21Partir à la retraite à 60 ans
00:19:23au lieu de 65.
00:19:25Justice pour les travailleurs.
00:19:28La retraite à 60 ans.
00:19:35La retraite à 60 ans de 81.
00:19:39Plus aucun syndicat réformiste classique
00:19:42ne la demandait depuis 1976.
00:19:45Et donc c'est un sésame de Mitterrand
00:19:48pour faire voter les gens
00:19:50avec un hyper cadeau
00:19:51que les générations suivantes
00:19:52devront financer.
00:19:54D'ailleurs il le dira
00:19:54quelques années après,
00:19:55encore président de la République,
00:19:56il dira
00:19:57C'était mon idée à ce moment-là.
00:19:59C'est à moi peut-être aujourd'hui
00:20:01mais surtout à mes successeurs
00:20:02de régler le problème.
00:20:03Évidemment on ne le réglera pas.
00:20:05La retraite à 60 ans en France.
00:20:07L'accord a été officiellement
00:20:09signé ce matin
00:20:09par tous les syndicats
00:20:11y compris la CGC.
00:20:12Cinq années de travail en moins
00:20:14dans une vie.
00:20:14Une promesse séduisante.
00:20:16Mais à quel prix ?
00:20:17Cette décision
00:20:18elle va provoquer
00:20:19un double choc.
00:20:20D'abord il va y avoir
00:20:21une augmentation très brutale
00:20:22du nombre de bénéficiaires
00:20:23puisque vous avez davantage
00:20:25de personnes qui vont passer
00:20:26à la retraite.
00:20:27Et deuxièmement
00:20:28il y a un allongement
00:20:29de cinq ans
00:20:30de la durée
00:20:31de versement
00:20:31des pensions.
00:20:33Donc ces deux éléments
00:20:34enclenchent
00:20:35un déséquilibre structurel
00:20:36des comptes sociaux
00:20:37qui ne va jamais se résorber.
00:20:38En France,
00:20:39les cotisations
00:20:40des personnes qui travaillent
00:20:41servent à payer
00:20:42les pensions des retraités.
00:20:43Partir plus tôt
00:20:44c'est donc cotiser
00:20:45moins longtemps
00:20:46et recevoir une pension
00:20:47plus longtemps.
00:20:48Un équilibre
00:20:49de plus en plus difficile
00:20:50à maintenir
00:20:51avec le vieillissement
00:20:52de la population.
00:20:53En 1982,
00:20:55l'espérance de vie
00:20:56à la retraite
00:20:56c'était une dizaine d'années.
00:20:57Au-delà de 60-65 ans
00:20:59quelque chose comme ça
00:21:00aujourd'hui c'est 30 ans.
00:21:02Donc ça veut dire
00:21:02qu'on vit plus longtemps
00:21:03et on travaille moins.
00:21:04En 2025,
00:21:06les dépenses du système
00:21:07de retraite
00:21:07atteignent 422 milliards d'euros
00:21:10soit près d'un quart
00:21:11des dépenses publiques.
00:21:13Pour payer
00:21:14toutes ces fortunes
00:21:15il a fallu aller chercher
00:21:16de l'argent ailleurs.
00:21:17Et qu'est-ce qu'on a fait ?
00:21:19On a réduit
00:21:21l'assurance maladie.
00:21:22Tout le monde connaît
00:21:23les déremboursements
00:21:24qui se succèdent régulièrement.
00:21:25Et puis l'autre aussi
00:21:26c'est qu'on a tapé
00:21:26dans les allocations familiales.
00:21:28C'est-à-dire qu'il y a 50 ans
00:21:30grosso modo
00:21:31le pouvoir d'achat
00:21:32des allocations familiales
00:21:34c'était entre le double
00:21:35et le triple
00:21:35de ce qu'elles sont aujourd'hui.
00:21:37L'État paye aujourd'hui
00:21:38l'addition salée
00:21:39d'une décision prise
00:21:40il y a plus de 40 ans.
00:21:41À l'époque
00:21:42les retraites
00:21:43représentaient un tiers
00:21:44de l'ensemble
00:21:45des prestations sociales
00:21:46que perçoivent les Français.
00:21:47Aujourd'hui c'est un demi.
00:21:48C'est la moitié.
00:21:49La moitié des prestations sociales
00:21:50vont dans les retraites.
00:21:53Les gouvernements successifs
00:21:55chercheront à rectifier le tir.
00:21:56En 2010
00:21:57l'âge légal
00:21:58est relevé à 62 ans.
00:21:59En 2017
00:22:00Emmanuel Macron
00:22:01veut quant à lui
00:22:02remplacer les différents régimes
00:22:03par un système commun à point.
00:22:05Nous avons pris
00:22:06la décision
00:22:07d'aller vers
00:22:09un système
00:22:10de retraite
00:22:11plus transparent
00:22:12et efficace.
00:22:14Un projet interrompu
00:22:16en 2020
00:22:16en raison de nombreuses
00:22:17manifestations
00:22:18et de la crise sanitaire.
00:22:20En 2023
00:22:21avec Elisabeth Borne
00:22:22le président Macron
00:22:23change de méthode.
00:22:24L'âge légal
00:22:25doit progressivement passer
00:22:26de 62 à 64 ans.
00:22:29L'âge légal
00:22:30de départ à la retraite
00:22:31sera relevé
00:22:32progressivement
00:22:33de 3 mois par an
00:22:34pour atteindre 64 ans
00:22:36en 2030.
00:22:37Pour 255.
00:22:39La réforme est cette fois-ci
00:22:40adoptée
00:22:40avant d'être suspendue
00:22:42en 2026.
00:22:43A une large majorité
00:22:44l'Assemblée nationale
00:22:45a voté pour la suspension
00:22:46de la réforme des retraites.
00:22:48En 2023
00:22:48la réforme Borne
00:22:50qui relève
00:22:51l'âge de départ
00:22:52de 62 à 64 ans
00:22:53sera elle aussi
00:22:54suspendue
00:22:55par Sébastien Lecornu
00:22:56pour pouvoir passer
00:22:58son budget
00:22:59et satisfaire
00:23:00les demandes
00:23:02de la gauche
00:23:02qui sont absolument
00:23:03opposées à cette réforme
00:23:05de la borne.
00:23:05Aujourd'hui
00:23:06le financement
00:23:06de plus en plus compliqué
00:23:07des retraites
00:23:08impose de nouveaux choix.
00:23:10Même si vous faites
00:23:10partir des gens
00:23:12à 67 ans aujourd'hui
00:23:13la durée de vie
00:23:14s'est tellement avancée
00:23:15que vous avez
00:23:16une durée de retraite
00:23:17plus grande
00:23:18aujourd'hui
00:23:19en partant à 67
00:23:21qu'en 82 ou 3
00:23:23quand vous partiez à 60.
00:23:25Parce que la durée de vie
00:23:26elle a pris 17 ans.
00:23:28Le poids des retraites
00:23:29en fait nous empêche
00:23:30d'aller dans l'innovation.
00:23:31Le poids des retraites
00:23:32nous empêche
00:23:33d'être compétitif.
00:23:34Donc il faut
00:23:35révolutionner la retraite.
00:23:36A peu près tous
00:23:37les pays dans le monde
00:23:37ont reculé
00:23:38l'âge de la retraite
00:23:39compte tenu
00:23:40des raisons démographiques.
00:23:41Même la Chine.
00:23:43Même la Russie.
00:23:44Les seules manifestations
00:23:46qui ont eu lieu
00:23:47contre Poutine
00:23:47depuis des années
00:23:48c'est quand il a
00:23:49réformé l'âge
00:23:49de la retraite.
00:23:51Mais pour des millions
00:23:52de Français
00:23:52travailler plus longtemps
00:23:53reste hors de question.
00:23:55Quand on est jeune
00:23:55ça fait peur de se dire
00:23:56que ça se trouve
00:23:57à 70 ans
00:23:57on sera à la retraite.
00:23:58Non.
00:23:59Ce qui m'intéresse le plus
00:24:00c'est de partir
00:24:01plus tôt à la retraite.
00:24:02Cotiser plus
00:24:02pour l'instant
00:24:03c'est trop dur quoi.
00:24:04L'immense majorité
00:24:05des gens
00:24:06dans les pays d'Europe
00:24:07mais spécialement en France
00:24:08veulent préserver
00:24:09les droits acquis
00:24:09et donc ils bougent pas
00:24:11là-dessus.
00:24:12Et les candidats
00:24:12à la présidence
00:24:13de la République
00:24:13le savent pertinemment.
00:24:15Dès qu'on parle
00:24:16de ce sujet
00:24:16les Français deviennent fous.
00:24:18Tout le monde
00:24:18est tétanisé par ça.
00:24:19D'ailleurs lorsque vous voyez
00:24:20même des candidats
00:24:21qui se disent libéraux
00:24:22ils n'osent pas dire
00:24:23qu'on va revenir
00:24:24à 65 ans.
00:24:25Allez comprendre.
00:24:34En 1998
00:24:35le chômage
00:24:36touche plus d'un actif
00:24:37sur dix en France.
00:24:38Le gouvernement
00:24:39de Lionel Jospin
00:24:40fait alors un pari
00:24:41partager le travail
00:24:42pour créer des emplois.
00:24:43L'idée
00:24:44des 35 heures
00:24:45historiquement
00:24:46au sein de la gauche
00:24:47elle vient de DSK
00:24:48qui dit
00:24:49on va proposer
00:24:51les 35 heures
00:24:52ça va nous amener
00:24:53les électeurs.
00:24:54Évidemment c'est tentant
00:24:55déjà dans un pays
00:24:56une économie
00:24:57qui par la baisse
00:24:59de l'âge de départ
00:24:59à la retraite
00:25:00et puis qui a commencé
00:25:01à créer la culture
00:25:02du loisir
00:25:03contre la culture
00:25:03du travail
00:25:04c'était évidemment
00:25:05très efficace.
00:25:06Martine Aubry
00:25:07ministre de l'Emploi
00:25:08porte la réforme
00:25:09des 35 heures.
00:25:11Nous avons fixé
00:25:13un cap
00:25:14et nous nous y tiendrons.
00:25:16L'idée est simple
00:25:17si chaque salarié
00:25:18travaille moins
00:25:19les entreprises
00:25:20devront embaucher
00:25:21davantage
00:25:21pour maintenir
00:25:22leur activité.
00:25:23Les 35 heures
00:25:24c'est la même idée
00:25:25que la retraite
00:25:27à 60 ans
00:25:27c'est l'idée
00:25:28qu'en travaillant moins
00:25:28on donne du travail
00:25:29aux autres.
00:25:30Alors je dirais
00:25:30mais pourquoi pas
00:25:3128 heures
00:25:31tant qu'on y est
00:25:32et pourquoi pas
00:25:3325 heures
00:25:33allez-y
00:25:34tant qu'on y est.
00:25:35Il y a cette idée
00:25:36chez les socialistes
00:25:37et plus largement
00:25:38à gauche
00:25:38que le travail
00:25:39relève fondamentalement
00:25:40de l'exploitation
00:25:41c'est-à-dire
00:25:41le travail n'est pas créateur
00:25:42le travail ne permet pas
00:25:44à un homme
00:25:44de s'accomplir
00:25:45le travail est une somme
00:25:46limitée
00:25:47et il y a cette idée
00:25:48qu'il faudrait donc
00:25:48le répartir plus équitablement
00:25:50pour que tout le monde
00:25:51puisse avoir sa part du gâteau.
00:25:53Donc c'est une conception
00:25:54très statique du travail
00:25:55c'est une conception
00:25:56qui n'est pas dynamique
00:25:57du tout du travail.
00:25:58Pour la plupart des salariés
00:25:59le salaire mensuel
00:26:00est maintenu
00:26:01ils travaillent donc
00:26:024 heures de moins
00:26:03pour la même paye.
00:26:04L'avantage est concret
00:26:05plus de temps libre.
00:26:06Pouvoir prendre
00:26:07un séjour
00:26:09par-ci par-là
00:26:10ça donnait
00:26:10une petite bulle d'oxygène.
00:26:12Ça représente
00:26:1315-17 jours
00:26:13de congés supplémentaires
00:26:15ce qui est appréciable
00:26:17forcément.
00:26:18La réforme des 35 heures
00:26:19il y a eu des effets positifs
00:26:20le fait que effectivement
00:26:21les gens avaient
00:26:21un petit peu plus de temps
00:26:22au départ
00:26:23et pouvaient aller
00:26:25visiter des endroits
00:26:26dépensés
00:26:26c'était bien pour le tourisme
00:26:27et derrière on voit aujourd'hui
00:26:28qu'avec le pouvoir d'achat en Berne
00:26:29finalement ça ne marche plus.
00:26:30Mais pour l'entreprise
00:26:31l'équation se complique
00:26:33à salaire identique
00:26:34chaque heure travaillée
00:26:35coûte davantage.
00:26:36Le coût du travail
00:26:36représente chez moi
00:26:3750% de ce que je vends
00:26:38à peu près
00:26:39entre 50 et 60%
00:26:40vous l'augmentez fortement
00:26:43vous réduisez
00:26:44la capacité de travail
00:26:45qu'il y a
00:26:45forcément j'augmente fortement
00:26:47le coût du travail.
00:26:48Les 35 heures
00:26:49ont contribué
00:26:50à la montée
00:26:50des prix de revient
00:26:51et le monté
00:26:52du prix de revient
00:26:53ça vous tue
00:26:53dans l'industrie
00:26:54mais quand vous êtes
00:26:55dans l'industrie
00:26:56l'automobile
00:26:57et bien à ce moment là
00:26:58vous avez un concurrent
00:26:58qui n'a pas les mêmes
00:26:59contraintes
00:27:00il vous bat.
00:27:01Du coup
00:27:02la France n'est plus attractive
00:27:03donc ça a tué
00:27:04en compétitivité
00:27:06et peut-être
00:27:07pire en attractivité.
00:27:08Pour compenser
00:27:09il faut mieux s'organiser
00:27:10augmenter la productivité
00:27:12ou bénéficier
00:27:13des aides publiques.
00:27:14Dans certains établissements
00:27:15les salariés
00:27:16doivent accomplir
00:27:17autant de travail
00:27:17en moins de temps.
00:27:18A l'hôpital
00:27:19la réforme complique
00:27:20les plannings des soignants.
00:27:22Ils personnellement
00:27:23ils auraient dû faire l'inverse
00:27:24d'abord embaucher
00:27:26et après mettre
00:27:27les 35 heures en place.
00:27:28On ne peut pas travailler
00:27:29dans des conditions
00:27:29comme ça
00:27:30c'est pas possible
00:27:31notre travail
00:27:32ne veut plus rien dire.
00:27:34Pour accompagner
00:27:35les 35 heures
00:27:36l'État a financé
00:27:37des aides aux entreprises
00:27:38et des baisses
00:27:39de cotisations.
00:27:40Le temps libre
00:27:41gagné par les salariés
00:27:42a donc eu un coût
00:27:43considérable
00:27:44pour les finances publiques.
00:27:45L'impact financier
00:27:47des 35 heures
00:27:47sur le budget
00:27:49État
00:27:50et social français
00:27:51entre son application
00:27:53en 2002
00:27:53et 2015
00:27:55les derniers chiffres
00:27:55c'est plusieurs dizaines
00:27:57de milliards par an.
00:27:58Depuis plus de 25 ans
00:28:00les critiques
00:28:00contre les 35 heures
00:28:01se multiplient.
00:28:03Pourtant
00:28:03aucun gouvernement
00:28:04n'a supprimé
00:28:05les 35 heures
00:28:05elle reste la durée
00:28:06légale du travail.
00:28:08Je note cela dit
00:28:09que la droite
00:28:10a critiqué très sévèrement
00:28:11les 35 heures
00:28:12mais n'est jamais
00:28:12véritablement revenu
00:28:13sur les 35 heures.
00:28:14C'est un héritage socialiste
00:28:15mais c'est un héritage
00:28:16socialiste revendiqué
00:28:17par l'ensemble des partis
00:28:19parce qu'on est dans ce modèle
00:28:20justement
00:28:21Étatisé-socialiste.
00:28:22Partager le travail
00:28:23pour combattre le chômage
00:28:25la promesse
00:28:25était séduisante
00:28:26mais elle a surtout
00:28:27compliqué l'organisation
00:28:28des entreprises
00:28:29et alourdi
00:28:30la facture publique
00:28:31sans résoudre durablement
00:28:32le chômage
00:28:33dans notre pays.
00:28:34Ce n'est pas de la politique
00:28:35digne
00:28:35c'est de la politique
00:28:36démagogique
00:28:37c'est tout ce qui a mis
00:28:39le pays par terre
00:28:39au cours des 50 dernières années.
00:28:50Une autre série de mesures
00:28:51bien moins médiatisées
00:28:52va pourtant contribuer
00:28:54à fragiliser
00:28:54et affaiblir structurellement
00:28:56notre économie
00:28:56sur cette période
00:28:57l'exonération des charges
00:28:59sur les bas salaires.
00:29:00C'est vraiment dramatique ça
00:29:01c'est vraiment triste
00:29:03moi ça me fait une peine profonde.
00:29:06En 1975
00:29:07la France figure encore
00:29:08parmi les premières puissances
00:29:09économiques mondiales
00:29:10portées par une industrie
00:29:11particulièrement solide
00:29:12une position de force
00:29:14qu'une succession
00:29:15de mauvais choix politiques
00:29:16va inexorablement ébranler.
00:29:18Vous prenez la période
00:29:1975-2025
00:29:21en début de période
00:29:23la France a un patrimoine
00:29:25industriel
00:29:25équivalent à celui
00:29:27de l'Allemagne de l'Ouest
00:29:27et on a une économie
00:29:29à valeur ajoutée
00:29:30qui est à ce moment-là
00:29:31la cinquième
00:29:32la quatrième
00:29:33cinquième puissance mondiale.
00:29:36Parmi les mesures clés
00:29:37ayant affaibli
00:29:37la position de la France
00:29:38les exonérations de charges
00:29:40sur les bas salaires
00:29:41figurent en première ligne.
00:29:42Cette politique
00:29:43menée de façon continue
00:29:44sur plusieurs décennies
00:29:45a profondément marqué
00:29:46notre économie.
00:29:48Et puis pour des raisons
00:29:49là aussi un peu démagogiques
00:29:51ou qui se veulent sympathiques
00:29:52on va initier
00:29:53dans la foulée
00:29:55de 81, 82, 83
00:29:56une politique
00:29:58de réduction des charges
00:29:59sur les bas salaires.
00:30:02Ça avait déjà commencé
00:30:03dans les années 70
00:30:04après le choc pétrolier
00:30:06on va le multiplier
00:30:07dans les années 80
00:30:08et c'est le gouvernement
00:30:09Balladur
00:30:09qui en fait une loi
00:30:10en 93.
00:30:12C'est totalement
00:30:13un contresens
00:30:14je vous disais
00:30:15on avait une industrie
00:30:16à valeur ajoutée
00:30:17on baisse les charges
00:30:18sur les bas salaires
00:30:19on les augmente
00:30:20sur les salaires
00:30:21des fonctions
00:30:22à valeur ajoutée
00:30:23donc on fait partir
00:30:25les fonctions
00:30:26à valeur ajoutée
00:30:27à l'extérieur
00:30:28les métiers
00:30:30à qualification élevée
00:30:31et on se concentre
00:30:32sur une industrie
00:30:34qui se réduit
00:30:34à faible valeur ajoutée.
00:30:37De l'avis
00:30:37de plusieurs experts
00:30:38les répercussions
00:30:39de cette stratégie
00:30:40sont profondes
00:30:41et touchent désormais
00:30:42de nombreux secteurs.
00:30:43Ça a des conséquences
00:30:44sur les revenus
00:30:46des gens
00:30:46sur le financement
00:30:47de la sécurité sociale
00:30:48sur le financement
00:30:49des retraites
00:30:50ça a des conséquences
00:30:51odieuses.
00:30:52Et c'est une constante
00:30:52de la période
00:30:53c'est une constante
00:30:54qui part d'un bon sentiment
00:30:55protégeons les plus faibles
00:30:56mais paradoxalement
00:30:58protéger les plus faibles
00:31:00à ce moment là
00:31:00eût été
00:31:01de ne pas favoriser
00:31:03le travail
00:31:04des gens
00:31:04non qualifiés
00:31:05mais de permettre
00:31:07via l'éducation nationale
00:31:08l'apprentissage
00:31:09les voies
00:31:11de formation industrielle
00:31:12de permettre
00:31:13à tous
00:31:14d'entrer
00:31:14dans des formations qualifiées.
00:31:16C'est véritablement
00:31:17indigne
00:31:18et absurde
00:31:20de la part
00:31:20d'un pays
00:31:21qui au début
00:31:22de la période observée
00:31:24avait l'une des industries
00:31:25la première
00:31:27ou la deuxième
00:31:27industrie européenne
00:31:29la plus
00:31:30la plus prometteuse
00:31:31et la plus puissante.
00:31:38en 1982
00:31:40sous François Mitterrand
00:31:41un nouvel impôt apparaît
00:31:42l'impôt sur les grandes fortunes
00:31:44ancêtre de l'ISF
00:31:46« Conformément aux engagements
00:31:48présidentiels
00:31:49nous présenterons
00:31:50à l'automne
00:31:51un projet
00:31:52d'impôt déclaratif
00:31:54sur les grandes fortunes. »
00:31:59Pour la première fois
00:32:00la France instaure
00:32:01une taxation
00:32:01sur le stock
00:32:02de patrimoine
00:32:03et non plus seulement
00:32:03sur le revenu.
00:32:04dans la période
00:32:061981-82
00:32:07lorsque la gauche
00:32:07est arrivée au pouvoir
00:32:08une gauche
00:32:09dans laquelle
00:32:10pesait quand même
00:32:10beaucoup
00:32:11le parti communiste
00:32:12et la philosophie
00:32:13à cette époque-là
00:32:14c'était
00:32:14il faut faire payer
00:32:15les riches
00:32:16et le travail
00:32:17est aliénant.
00:32:17Donc on a réduit
00:32:18l'âge de la retraite
00:32:19et pour financer ça
00:32:20on a dit
00:32:20c'est très simple
00:32:21on va faire payer
00:32:22les riches.
00:32:22Donc qu'est-ce qu'on a fait ?
00:32:23On a inventé
00:32:24ça s'appelait pas l'ISF
00:32:25d'ailleurs à l'époque
00:32:25ça s'appelait
00:32:26l'IGF
00:32:26impôt sur les grandes fortunes.
00:32:28Son principe est simple
00:32:30taxer chaque année
00:32:31ce que l'on possède
00:32:32et pas seulement
00:32:33ce que l'on gagne.
00:32:34Immobilier,
00:32:34placement,
00:32:35actions
00:32:35les patrimoines
00:32:36les plus importants
00:32:37doivent davantage
00:32:38contribuer au financement
00:32:39de l'État.
00:32:39Qu'est-ce que c'est l'ISF ?
00:32:41C'est le délire fiscal
00:32:42français type
00:32:43c'est une fois
00:32:45que vous avez payé
00:32:46l'impôt sur le revenu
00:32:47le plus élevé du monde
00:32:49puisque vous avez travaillé
00:32:50vous avez payé
00:32:50l'impôt sur le revenu.
00:32:52Vous avez investi
00:32:54un petit peu
00:32:55vous avez une petite maison
00:32:57donc vous avez l'impôt
00:32:59la taxe foncière
00:33:00et puis
00:33:01lorsque vous quittez ce monde
00:33:03vos enfants vont devoir payer
00:33:05des droits de succession
00:33:07et une fois
00:33:08qu'il vous reste un petit peu
00:33:09vous avez gardé quelque chose
00:33:10vous allez devoir payer.
00:33:12Supprimé sous Jacques Chirac
00:33:14en 1986
00:33:15cet impôt revient
00:33:16trois ans plus tard
00:33:17sous le nom d'impôt
00:33:17de solidarité sur la fortune.
00:33:19Mais problème
00:33:20posséder un patrimoine important
00:33:21ne signifie pas toujours
00:33:23disposer de revenus importants.
00:33:28C'est un impôt injuste
00:33:29on a souvent pris l'exemple
00:33:31de la veuve des Invalides
00:33:32par exemple
00:33:33qui se retrouve
00:33:34dans un grand appartement
00:33:36mais qui a une petite pension
00:33:37et qui donc
00:33:38ne peut pas régler son ISF
00:33:42sauf à vendre son appartement
00:33:44où on a aussi parlé
00:33:45du pêcheur de l'île de Ré
00:33:46qui a un petit salaire
00:33:48mais qui
00:33:48dont le terrain
00:33:49a pris énormément de valeur
00:33:50et qui pour payer son impôt
00:33:52est obligé
00:33:52de vendre son terrain.
00:33:54En France
00:33:55l'ISF concerne
00:33:56quelques centaines
00:33:56de milliers de foyers
00:33:57dont le patrimoine net taxable
00:33:59dépasse légèrement
00:34:00le million d'euros.
00:34:01C'est un impôt
00:34:01qui est assez populaire
00:34:02parce que la plupart des gens
00:34:03ne le paient pas
00:34:04donc on aime toujours
00:34:05les impôts
00:34:06qui concernent les autres
00:34:07mais c'est un impôt
00:34:08qui ne rapporte pas grand chose
00:34:10et qui en revanche
00:34:11peut coûter assez cher.
00:34:13L'ISF
00:34:13entraînera en partie
00:34:14l'exil fiscal
00:34:15de 19 000 contribuables
00:34:17en quatre décennies.
00:34:18Pour l'État
00:34:19cette taxe sur la réussite
00:34:20s'avère moins rentable
00:34:22que prévu.
00:34:22On a estimé que
00:34:24les 19 000 contribuables
00:34:27qui ont quitté le pays
00:34:27à cause de l'ISF
00:34:29pendant 40 ans
00:34:31représentent
00:34:31100 milliards
00:34:32de capital
00:34:34non imposable.
00:34:35Donc sur ces 100 milliards
00:34:35d'euros
00:34:36l'État
00:34:37ne récupérera rien du tout.
00:34:38Mais il est content
00:34:40il s'est fait plaisir
00:34:41il a fait payer les riches
00:34:42ce qu'on appelle
00:34:42les riches d'ailleurs
00:34:43parce qu'à partir
00:34:44de 1 300 000 euros
00:34:46de patrimoine
00:34:47on peut difficilement
00:34:48être considéré
00:34:49comme riche
00:34:49vu les prix
00:34:49de l'immobilier.
00:34:50En 2018
00:34:51Emmanuel Macron supprime
00:34:53l'ISF
00:34:54mais le remplace
00:34:54par l'impôt
00:34:55sur la fortune immobilière
00:34:56l'IFI
00:34:57les plus aisés
00:34:58sont toujours surtaxés
00:34:59mais différemment.
00:35:00J'ai pas supprimé
00:35:01l'ISF
00:35:01j'ai enlevé l'impôt
00:35:03sur les plus fortunés
00:35:04en France
00:35:05quand ils réinvestissaient
00:35:06dans nos entreprises.
00:35:07Lorsqu'on dit
00:35:08que monsieur Macron
00:35:09a supprimé l'ISF
00:35:10il a fait pire
00:35:11puisqu'il a inventé
00:35:13l'impôt sur la fortune immobilière
00:35:14alors deux choses
00:35:15déjà l'impôt sur la fortune immobilière
00:35:17il a toujours existé
00:35:18ça s'appelle la taxe foncière
00:35:20taxe foncière bâtie
00:35:21ça existe
00:35:21c'est un impôt sur la fortune immobilière
00:35:23donc il en a fait un deuxième
00:35:24et il en a fait même un troisième
00:35:26puisqu'il a décidé
00:35:27de supprimer la taxe d'habitation
00:35:29supprimer la taxe d'habitation
00:35:30ça veut dire
00:35:30les locataires
00:35:31c'est des gentils
00:35:32mais le propriétaire
00:35:32c'est des méchants
00:35:33donc en supprimant la taxe d'habitation
00:35:35qu'ont fait les communes
00:35:36ils ont multiplié par deux
00:35:37la taxe foncière
00:35:37il suffit d'aller voir
00:35:38n'importe quel Parisien
00:35:39il vous le dira
00:35:39madame Hidalgo
00:35:40c'est pas gêné
00:35:41en l'espace de deux ou trois ans
00:35:42mais le problème
00:35:43c'est que tous les maires
00:35:44ont été obligés
00:35:45de faire la même chose
00:35:45donc voilà un peu
00:35:47ça aussi
00:35:48c'est une décision
00:35:50qui a fait beaucoup
00:35:51beaucoup de mal à la France
00:35:54aujourd'hui encore
00:35:55de nombreux politiques de gauche
00:35:57défendent le retour
00:35:58d'un impôt sur la fortune
00:35:59renforcé
00:36:00nous saisissons
00:36:00toutes les occasions
00:36:01comme nous l'avons fait
00:36:02notamment avec la proposition
00:36:03du groupe socialiste
00:36:06pour rétablir
00:36:06l'impôt sur la fortune
00:36:08beaucoup de pays
00:36:09ont mis en oeuvre
00:36:11des impôts sur la fortune
00:36:12beaucoup de pays
00:36:13les ont abandonnés
00:36:14certains le remettent
00:36:15et on voit bien
00:36:16dans la situation
00:36:17dans laquelle est le monde
00:36:18après une trentaine d'années
00:36:19de mondialisation dérégulatrice
00:36:21et très financiarisée
00:36:22que la question revient
00:36:24et que la question
00:36:25de comment les très grandes fortunes
00:36:27contribuent ou non
00:36:28à l'effort collectif
00:36:30à travers l'impôt
00:36:32sur le revenu du patrimoine
00:36:33donc c'est une question
00:36:34qu'on ne peut pas balayer
00:36:35d'autres vont jusqu'à afficher
00:36:37une haine décomplexée
00:36:38des plus riches
00:36:38les milliardaires
00:36:39sont des formes de nuisibles
00:36:41j'assume
00:36:44faire contribuer
00:36:45les plus aisés
00:36:46sans décourager
00:36:47l'investissement
00:36:47derrière l'ISF
00:36:49c'est cet équilibre
00:36:50que la France cherche
00:36:51depuis plus de 40 ans
00:36:52en vain
00:37:04mise en service en 1977
00:37:07Fessenheim est l'une des premières centrales
00:37:09du grand programme nucléaire français
00:37:12son fonctionnement est simple
00:37:13la chaleur de ces deux réacteurs
00:37:15transforme de l'eau en vapeur
00:37:17et produit beaucoup d'électricité
00:37:19de jour comme de nuit
00:37:20sans dépendre du vent
00:37:22ou du soleil
00:37:22ni émettre trop de CO2
00:37:24avec ce plan nucléaire
00:37:27ça a conduit à quoi ?
00:37:29une diminution drastique
00:37:30de notre facture d'électricité
00:37:32pourquoi ?
00:37:33parce que nous ne dépendions plus
00:37:35ni du prix du pétrole
00:37:36ni du gaz
00:37:37nous étions totalement autonomes
00:37:39électriquement
00:37:40en produisant notre électricité
00:37:42sur le sol français
00:37:43sans dépendre des énergies fossiles
00:37:45ça a fait de la France
00:37:46un des pays les plus décarbonés
00:37:48en Europe
00:37:49voire même dans le monde
00:37:50pour son électricité
00:37:52la centrale fait également vivre un territoire
00:37:55au total
00:37:56près de 2000 emplois
00:37:57dépendent de son activité
00:37:59mais le nucléaire a aussi ses contraintes
00:38:01des déchets radioactifs
00:38:02à gérer longtemps
00:38:03des installations à entretenir
00:38:05et un risque d'accident
00:38:06aux conséquences potentiellement graves
00:38:08à l'image de la catastrophe
00:38:09de Fukushima en 2011
00:38:12les événements japonais
00:38:13sont une démonstration
00:38:14que le discours sur la sécurité
00:38:17qui est tenu par le lobby nucléaire
00:38:19c'est du flanc
00:38:19c'est du flanc
00:38:20ce qui se passe au Japon
00:38:21forcément
00:38:22on a un oeil assez
00:38:24à viser là-dessus
00:38:25et c'est vrai que ça peut faire peur
00:38:27en 2012
00:38:28François Hollande souhaite réduire
00:38:29la place du nucléaire
00:38:30dans la production d'électricité française
00:38:32et promet de fermer Fessenheim
00:38:34pour satisfaire les écologistes
00:38:35et les dirigeants allemands
00:38:37voisins de la centrale
00:38:38ça a été dézingué
00:38:39parce que la gauche
00:38:41a voulu avoir l'accord des écolos
00:38:42qui était en ligne nucléaire
00:38:44François Hollande
00:38:45qui avait fait un accord
00:38:46avec les écologistes
00:38:47l'objectif était
00:38:48de fermer
00:38:49presque 50%
00:38:51des réacteurs nucléaires français
00:38:52et Fessenheim
00:38:54était la première centrale nucléaire
00:38:56qui devait être arrêtée
00:38:57c'est une décision politique
00:39:00Pourtant
00:39:01à la veille de l'arrêt
00:39:02l'autorité de sûreté nucléaire
00:39:04juge les performances
00:39:05de la centrale satisfaisantes
00:39:06mais la promesse de François Hollande
00:39:08sera bien exécutée
00:39:09sous Emmanuel Macron
00:39:10Fessenheim était une entreprise
00:39:12pardon
00:39:12une centrale sur laquelle
00:39:13il n'y avait plus de travail
00:39:15de maintenance
00:39:15depuis plus de 5 ans
00:39:17l'analyse factuelle
00:39:18qui a été faite
00:39:19c'est qu'il était
00:39:20le choix le plus rationnel
00:39:22était en effet
00:39:23de confirmer sa fermeture
00:39:24le décret signé par Edouard Philippe
00:39:26met fin à l'autorisation
00:39:27d'exploitation
00:39:28le premier réacteur
00:39:29de Fessenheim
00:39:30s'arrête en février 2020
00:39:31le second
00:39:32le 30 juin
00:39:34c'est très triste
00:39:35et pour des gens
00:39:36qui ont fait toute leur carrière
00:39:37à Fessenheim
00:39:38vous imaginez quoi
00:39:38cette centrale nucléaire
00:39:40a été purement
00:39:40et simplement
00:39:41arrêtée
00:39:42stoppée
00:39:43c'est à dire
00:39:43que la production
00:39:44d'électricité
00:39:45a été arrêtée
00:39:47l'électricité
00:39:48qui était envoyée
00:39:48dans le réseau électrique
00:39:49n'a plus été envoyée
00:39:52pour les militants
00:39:53anti-nucléaires
00:39:53c'est une victoire
00:39:541, 2, 3
00:39:57ouais
00:40:00cette bouée
00:40:01symbolise
00:40:02notre refus
00:40:03des déchets nucléaires
00:40:04pour les acteurs locaux
00:40:06il s'agit d'un drame
00:40:07économique et social
00:40:08c'est un gâchis extraordinaire
00:40:09et je pense que
00:40:10ce qui est terrible
00:40:10c'est l'humain derrière tout ça
00:40:11le boulanger
00:40:12le boucher etc
00:40:13ici il y a 200 maisons
00:40:15à vendre
00:40:15dans le village
00:40:15la centrale va fermer
00:40:17les écoles
00:40:17vont peut-être fermer
00:40:18puisque les jeunes
00:40:19ils vont aussi partir
00:40:20avec les déplacements
00:40:21et dans l'autre
00:40:23les commerces
00:40:23ils vont fermer lentement
00:40:24et ça va faire mourir
00:40:26un village quand même
00:40:28pour la France
00:40:29fermer Fessenheim
00:40:31signifie se priver
00:40:32d'une source d'électricité
00:40:33disponible
00:40:33et peu carbonée
00:40:34quand la production manque
00:40:36il faut trouver
00:40:37cette électricité ailleurs
00:40:38et payer bien souvent
00:40:39plus cher
00:40:40les conséquences
00:40:41pour les français
00:40:42ils le voient aujourd'hui
00:40:43dans leur facture
00:40:44d'électricité
00:40:45avec une politique
00:40:46où on ferme
00:40:47Fessenheim
00:40:48nous avons dû importer
00:40:49d'Allemagne
00:40:50cette importation
00:40:51a coûté
00:40:52à nos concitoyens
00:40:53alors qu'on l'avait
00:40:54sur notre sol
00:40:55si on avait laissé
00:40:56Fessenheim ouvert
00:40:57on n'aurait pas eu besoin
00:40:58d'importer
00:40:59d'électricité
00:41:00d'Allemagne
00:41:00nos factures
00:41:02ont doublé
00:41:02en 10 ans
00:41:03pourquoi ?
00:41:04parce qu'on subventionne
00:41:05les éoliennes
00:41:06et les panneaux sonnaires
00:41:07alors que
00:41:08le nucléaire
00:41:09était amorti
00:41:11en 2022
00:41:13Emmanuel Macron
00:41:13annonce un changement
00:41:14de cap
00:41:14la construction
00:41:15de six nouveaux réacteurs
00:41:16moins de deux ans
00:41:17après la fermeture
00:41:18de Fessenheim
00:41:19la France
00:41:20relance le nucléaire
00:41:21à Fessenheim
00:41:23le démantèlement
00:41:23a commencé
00:41:24le chantier
00:41:25doit s'achever
00:41:25au plus tard
00:41:26en 2048
00:41:27pour un coût
00:41:27annoncé
00:41:28d'environ
00:41:281,4 milliards d'euros
00:41:31fermer une centrale
00:41:32encore capable
00:41:32de produire
00:41:33puis annoncer
00:41:34qu'il faut en construire
00:41:35de nouvelles
00:41:35Fessenheim
00:41:36résume les contradictions
00:41:37de la politique
00:41:38énergétique française
00:41:39un outil industriel
00:41:40abandonné
00:41:41un territoire fragilisé
00:41:43et de l'électricité
00:41:44en moins
00:41:44au moment
00:41:45où le pays
00:41:45en avait besoin
00:41:52Depuis 50 ans
00:41:54pas un seul secteur
00:41:55de notre société
00:41:56n'a échappé
00:41:56aux décisions désastreuses
00:41:57de nos dirigeants
00:41:58au coeur de ce naufrage
00:42:00une réalité quotidienne
00:42:01que personne ne peut ignorer
00:42:02l'insécurité galopante
00:42:04alors comment en est-on
00:42:05arrivé là
00:42:06sur le banc des accusés
00:42:08la réforme pénale
00:42:09de 2014
00:42:09portée par Christiane Taubira
00:42:11alors ministre de la justice
00:42:12de François Hollande
00:42:13L'Etat a le devoir
00:42:15de veiller à la réinsertion
00:42:16durable
00:42:16des condamnés
00:42:18Une loi censée
00:42:20moderniser la justice
00:42:21mais qui va
00:42:22pour ses détracteurs
00:42:23envoyer un signal
00:42:24d'impunité historique
00:42:25aux délinquants
00:42:26Fondamentalement
00:42:27la loi Taubira
00:42:28a d'abord
00:42:29pour ambition
00:42:29de dégommer
00:42:31les textes
00:42:32qui avaient été votés
00:42:32dans le quinquennat précédent
00:42:33qui était celui
00:42:34de Nicolas Sarkozy
00:42:35et après
00:42:35elle est
00:42:36l'inscription
00:42:37dans le droit
00:42:38de la philosophie pénale
00:42:40si je puis dire
00:42:40qui est celle
00:42:41de Christiane Taubira
00:42:43qu'elle résume
00:42:44elle-même
00:42:44dans une formule
00:42:45punir autrement
00:42:46plutôt que punir davantage
00:42:48La logique du projet
00:42:49d'abord
00:42:49c'est de ramener
00:42:50de la démocratie
00:42:51et de la république
00:42:51et de l'efficacité
00:42:52surtout
00:42:53dans les politiques pénales
00:42:54Au nom de cette
00:42:55soi-disant efficacité
00:42:56la réforme impose
00:42:57plusieurs mesures phares
00:42:58à commencer par
00:42:59la suppression
00:43:00des peines planchers
00:43:01instaurées sept ans plus tôt
00:43:02sous Nicolas Sarkozy
00:43:03Déjà à l'époque
00:43:04quand les peines planchers
00:43:05ont été mis en place
00:43:05ça a suscité
00:43:07beaucoup de débats
00:43:08Les magistrats disaient
00:43:09c'est nous
00:43:10qui sommes formés
00:43:11bien formés
00:43:12pour choisir la peine
00:43:13et l'adapter
00:43:14selon la circonstance
00:43:15Ce mécanisme
00:43:16qui obligeait les juges
00:43:17à prononcer
00:43:17des peines de prison
00:43:18d'une durée minimale
00:43:19obligatoire
00:43:20pour certains délits
00:43:21se heurtait donc
00:43:21à l'hostilité
00:43:22d'une grande partie
00:43:23de la magistrature
00:43:24une corporation
00:43:25qui a toujours soutenu
00:43:26Christiane Taubira
00:43:27J'ai la plus haute estime
00:43:28pour les magistrats
00:43:29on doit être capable
00:43:30de faire confiance
00:43:31à ces magistrats-là
00:43:32c'est-à-dire supprimer
00:43:34justement l'automaticité
00:43:36Les peines planchers
00:43:37c'était une intrusion
00:43:39de l'exécutif
00:43:40dans l'autorité judiciaire
00:43:42Mais les peines planchers
00:43:44permettaient de dire
00:43:45et encore une fois
00:43:45c'était le législateur
00:43:46donc les représentants
00:43:47du peuple
00:43:47et les représentants
00:43:48du peuple
00:43:49ont le droit d'adapter
00:43:50de mettre en fait
00:43:51des peines
00:43:51qui fait que
00:43:52sur certaines infractions
00:43:55vous aviez obligatoirement
00:43:56une peine qui s'appliquait
00:43:57on ne pouvait pas
00:43:57descendre en dessous
00:43:59Le fait d'avoir supprimé
00:44:00ces peines planchers
00:44:01c'est véritablement
00:44:03une décision qui a coulé
00:44:04la France
00:44:05parce qu'on voit bien
00:44:06qu'aujourd'hui
00:44:07on a des personnes
00:44:07qui font des faits
00:44:08vraiment graves
00:44:09et qu'ils ne sont pas
00:44:10sanctionnels à la hauteur
00:44:11de ce qu'ils devraient l'être
00:44:12Autre argument avancé
00:44:14par le gouvernement
00:44:14de l'époque
00:44:15pour justifier cette abrogation
00:44:16la lutte contre la récidive
00:44:18selon la doctrine
00:44:19de la ministre
00:44:20la prison automatique
00:44:21ne dissuadait plus
00:44:22elle favorisait
00:44:23la réitération des délits
00:44:24La loi Taubira
00:44:25en supprimant
00:44:26les peines planchers
00:44:27et en imposant
00:44:28en quelque sorte
00:44:29l'optionalité
00:44:31de la prison
00:44:32y compris
00:44:32pour les récidivistes
00:44:33a fait prendre un risque
00:44:35à la société française
00:44:36notamment autour
00:44:37de ces personnes
00:44:39qui sont des récidivistes
00:44:40c'est qu'elle a eu tendance
00:44:42à remettre
00:44:43trop facilement dehors
00:44:44des criminels récidivistes
00:44:48qui peuvent constituer
00:44:49des dangers
00:44:50extrêmement graves
00:44:51pour la société
00:44:52et pour les habitants
00:44:53de notre pays
00:44:54Au coeur de cette réforme
00:44:56toujours dans l'optique
00:44:57de prévenir la récidive
00:44:58une autre mesure
00:44:59va mettre le feu aux poudres
00:45:00la contrainte pénale
00:45:01Il s'agit d'une peine
00:45:03au milieu ouvert
00:45:03qui s'ajoute
00:45:04à l'arsenal répressif actuel
00:45:06C'est donc une peine
00:45:08de grande contrainte
00:45:10mais qui ne désocialise pas
00:45:11et donc qui va
00:45:13incontestablement
00:45:14comme on l'a constaté
00:45:14dans les pays
00:45:15qui pratiquent déjà cette peine
00:45:16va contribuer sérieusement
00:45:18significativement
00:45:19à réduire les risques
00:45:20de récidive
00:45:21A l'Assemblée
00:45:21cette peine alternative
00:45:22à la prison exécutée hors les murs
00:45:24directement dans la société
00:45:26provoque la fureur
00:45:27de l'opposition
00:45:28qui s'insurge contre ce texte
00:45:30Avec la contrainte pénale
00:45:31vous ouvrez grand
00:45:31les portes
00:45:32et les fenêtres des prisons
00:45:33Ces dispositions
00:45:35de votre texte
00:45:36sont disparates
00:45:37et je lâche le mot
00:45:39tout de suite
00:45:40laxiste
00:45:41Derrière cet amendement
00:45:43se cache la possibilité
00:45:45de ne plus envoyer en prison
00:45:47Présentée comme l'arme absolue
00:45:49contre la récidive
00:45:50elle va pourtant se transformer
00:45:51en fiasco bureaucratique
00:45:53Faute de moyens
00:45:54éboudés par les juges eux-mêmes
00:45:55cette mesure phare
00:45:56finira par être enterrée
00:45:57quelques années plus tard
00:45:58en 2019
00:45:59Mais derrière cette réforme pénale
00:46:01se cache la philosophie
00:46:02de la majorité de gauche
00:46:03et d'une grande partie
00:46:05de la magistrature
00:46:06La vision qui est défendue
00:46:07dans ce texte
00:46:07c'est celle d'un condamné
00:46:09qui est regardé
00:46:10beaucoup plus
00:46:11comme quelqu'un
00:46:12à accompagner
00:46:13sur le chemin
00:46:14de la réhabilitation
00:46:15plutôt que comme
00:46:16l'auteur d'un acte à sanctionner
00:46:18Et fondamentalement
00:46:19la loi Taubira
00:46:20elle est l'incarnation
00:46:21de cette vision
00:46:22très angélique
00:46:23en fait
00:46:24de cette culture
00:46:25de l'excuse
00:46:26qui irrigue
00:46:27en fait quand même
00:46:28toute la vision
00:46:29de la justice
00:46:30qu'on a dans notre pays
00:46:31depuis 40 ans
00:46:32Une décennie plus tard
00:46:33le constat est sans appel
00:46:34Cette culture de l'excuse
00:46:36s'est complètement emparée
00:46:37de notre système judiciaire
00:46:38En 2022
00:46:39la prison ferme
00:46:41n'est plus la règle
00:46:41pour plus de 90%
00:46:43des délits
00:46:43La sanction est devenue virtuelle
00:46:45Avec la loi Taubira
00:46:46les derniers remparts
00:46:47de notre société
00:46:48se sont définitivement fissurés
00:46:50Donc moi je crois tout à fait
00:46:51qu'on a besoin d'avoir
00:46:52on peut l'appeler
00:46:53peine planchée ou pas
00:46:54parce que c'est devenu
00:46:55du coup un débat
00:46:55extrêmement clivant
00:46:56Peut-être sortons
00:46:57des anathèmes
00:46:58et regardons ce qui fonctionne
00:46:59et ce qui ne fonctionne pas
00:47:00Aujourd'hui
00:47:00le système pénal
00:47:02ne fonctionne pas en France
00:47:04c'est une réalité
00:47:05Vous n'avez pas une victime
00:47:07qui va vous dire
00:47:07moi j'ai été satisfaite
00:47:08de la manière
00:47:09dont la personne
00:47:10qui m'a violée
00:47:11a été jugée
00:47:12Les jugements sévères
00:47:13pour des violences conjugales
00:47:15pour des viols
00:47:15pour des agressions sexuelles
00:47:16ils sont extrêmement rares
00:47:19et vous avez en général
00:47:20des peines
00:47:21qui ne sont pas
00:47:21à la hauteur de la loi
00:47:31L'année 1992
00:47:33marque une étape majeure
00:47:34dans l'histoire
00:47:34de la construction européenne
00:47:37Après une campagne intense
00:47:39d'une grande majorité
00:47:40de la classe politique
00:47:41en faveur du oui
00:47:41Le traité de Maastricht
00:47:43c'est quelque chose
00:47:44qui va permettre
00:47:45quand même
00:47:45un développement économique
00:47:46important
00:47:47Le traité de Maastricht
00:47:48est finalement approuvé
00:47:49par référendum
00:47:50Oui 51,5%
00:47:52Non 48,5%
00:47:55Donc il n'y a pas
00:47:56de discussion possible
00:47:57c'est le oui
00:47:58qui l'emporte
00:47:58Et la communauté économique
00:48:00européenne
00:48:00laisse officiellement
00:48:01sa place à l'Union européenne
00:48:03Une avancée majeure
00:48:04selon les dirigeants
00:48:05Je suis heureux
00:48:06mes chers compatriotes
00:48:07que vous ayez choisi
00:48:09la jeunesse
00:48:10le renouveau
00:48:12Mais le début
00:48:13d'une profonde crise
00:48:13d'adhésion pour les citoyens
00:48:15illustrée par la victoire
00:48:16sur le fil
00:48:16du oui
00:48:17Voici Philippe de Villiers
00:48:18qui est en direct
00:48:20Le oui ce soir apparaît
00:48:21Peu no
00:48:22C'est vrai
00:48:23est triqué
00:48:24essoufflé
00:48:24et même piégé
00:48:25par l'avenir
00:48:27La ratification du texte
00:48:28poursuivait une double ambition
00:48:29Alors que l'ex-Yougoslavie
00:48:31se déchire
00:48:31l'objectif premier
00:48:33est de garantir
00:48:33la paix sur le continent
00:48:3430 ans plus tard
00:48:35le conflit en Ukraine
00:48:36résonne comme un aveu d'échec
00:48:38Au-delà de la sécurité
00:48:39ce texte avait surtout
00:48:41pour but de faire de l'Europe
00:48:42une puissance économique
00:48:43incontournable
00:48:44Le traité de Maastricht
00:48:45il vient normalement
00:48:47promettre d'organiser
00:48:49une espèce d'intégration européenne
00:48:51pour arriver à une Europe
00:48:52puissance
00:48:53à une Europe plus intégrée
00:48:54à une Europe pesant davantage
00:48:56dans le monde
00:48:57Pour parvenir à atteindre
00:48:59ces objectifs ambitieux
00:49:00le traité intègre
00:49:01plusieurs mesures phares
00:49:02censées favoriser la croissance
00:49:04à l'image de la mise en place
00:49:05de la monnaie unique
00:49:06et de la discipline budgétaire
00:49:10Aujourd'hui encore
00:49:11les défenseurs du traité
00:49:13aiment mettre en avant
00:49:13le succès de l'euro
00:49:14Pourtant
00:49:15pour de nombreux observateurs
00:49:17l'adoption de la monnaie unique
00:49:18conjuguée à de mauvaises décisions
00:49:20politiques internes
00:49:21a causé de profonds dégâts
00:49:22à notre économie
00:49:23Ce sont des décisions
00:49:24à contre-temps
00:49:25Le meilleur exemple
00:49:26en matière économique
00:49:28c'est l'adoption
00:49:29des 35 heures
00:49:30en même temps
00:49:30que le choix de l'euro
00:49:31et en fait
00:49:31elles sont profondément
00:49:32contradictoires
00:49:33dans leurs intentions
00:49:34puisque en gros
00:49:35la plupart du temps
00:49:36ce qu'on voit
00:49:37l'espèce de schizophrénie
00:49:38des gouvernements
00:49:38qui se succèdent
00:49:39pendant la période
00:49:40c'est d'appeler
00:49:41les entreprises
00:49:42à jouer le jeu
00:49:43de la mondialisation
00:49:44à partir
00:49:45à l'assaut
00:49:46de la conquête
00:49:47des marchés extérieurs
00:49:48en même temps
00:49:48qu'on ne cesse
00:49:49de leur mettre
00:49:50des boulets au pied
00:49:52fiscaux
00:49:52charges sociales
00:49:54normes
00:49:54donc on leur demande
00:49:55d'aller se battre
00:49:55face à la concurrence étrangère
00:49:57en même temps
00:49:57qu'on les en empêche
00:50:00L'erreur commise
00:50:01par les gouvernements français
00:50:02de droite et de gauche
00:50:03c'est pareil
00:50:04c'est que du coup
00:50:05c'était cool
00:50:06on n'avait rien à faire
00:50:07et qu'on était protégés
00:50:09par l'euro
00:50:09en fait
00:50:10alors qu'il fallait
00:50:11accompagner ça
00:50:13de réformes humaines
00:50:15et bien pensées
00:50:15comme l'a fait l'Allemagne
00:50:17donc c'est pas tellement
00:50:18le maestris
00:50:18en soi la question
00:50:19c'est l'absence
00:50:20de la politique
00:50:21adaptée
00:50:22et des réformes
00:50:23nécessaires après
00:50:24au fil des ans
00:50:25ces mauvais choix
00:50:25ont fait plonger le pays
00:50:27entraînant dans leur chute
00:50:28le pouvoir d'achat
00:50:28des français
00:50:29je crois que pendant
00:50:30toutes ces années
00:50:31finalement
00:50:31au lieu de construire
00:50:33l'idée européenne
00:50:34on l'a déconstruite
00:50:44en 2005
00:50:45malgré une campagne acharnée
00:50:46menée par Jean-Pierre Raffarin
00:50:47et son gouvernement
00:50:48en faveur du oui
00:50:49pour la constitution européenne
00:50:57les français rejettent
00:50:58massivement le texte
00:50:59par voie de référendum
00:51:00voici maintenant
00:51:01notre estimation
00:51:02ipsos
00:51:03des résultats
00:51:04de ce référendum
00:51:06les français
00:51:07rejettent
00:51:09la constitution européenne
00:51:10le non
00:51:10l'emporte largement
00:51:1155%
00:51:13contre 45%
00:51:15pour le oui
00:51:15une fracture brutale
00:51:17vient de se créer
00:51:17entre le peuple
00:51:18et ses dirigeants
00:51:19et après cet événement
00:51:20elle ne va cesser
00:51:21de se creuser
00:51:24mes chers compatriotes
00:51:26vous avez
00:51:28majoritairement
00:51:28rejeté
00:51:29la constitution européenne
00:51:31regardez aussi
00:51:32la carte de France
00:51:33de ce vote
00:51:33elle est pratiquement
00:51:34homogène
00:51:35le non en rouge
00:51:36l'emporte partout
00:51:39pourtant selon
00:51:39l'ancien ministre
00:51:40des affaires étrangères
00:51:41Hubert Védrine
00:51:42ce désaveu historique
00:51:43était en réalité
00:51:44assez prévisible
00:51:45la question se pose
00:51:46avec le recul
00:51:47sur le traité constitutionnel
00:51:49est-ce qu'il en fallait
00:51:49un
00:51:50moi je n'ai jamais été
00:51:51convaincu par ça
00:51:52mais enfin
00:51:53un traité constitutionnel
00:51:55qui a finalement
00:51:55été rejeté
00:51:56par les français
00:51:58ce qui n'était pas étonnant
00:51:59parce que le traité
00:52:00de Maastricht
00:52:00qui était plutôt
00:52:01on en revient un progrès
00:52:02avait été ratifié
00:52:04avec un point d'écart
00:52:0513 ans plus tard
00:52:06en 2005
00:52:06ce projet de constitution européenne
00:52:08a profondément
00:52:09fracturé tout le continent
00:52:10et donc il est proposé
00:52:12un nouveau traité constitutionnel
00:52:14qui fait un pas de plus
00:52:15dans ce qu'on appelle
00:52:16l'intégration
00:52:17qui se refuse à dire
00:52:18si je puis dire
00:52:19le gros mot
00:52:19de fédéralisme
00:52:20mais c'est néanmoins
00:52:21bien cette inspiration-là
00:52:23si vous voulez
00:52:23qu'il y a dans le traité
00:52:24et c'est clairement
00:52:25cette inspiration-là
00:52:26qui est refusée
00:52:26par les français
00:52:27en 2005
00:52:27par les français
00:52:28et les hollandais
00:52:29il faut le rappeler
00:52:30les néerlandais
00:52:31vieux peuples
00:52:33commerçants
00:52:33ouverts
00:52:34très pro-européens
00:52:35a rejeté encore plus
00:52:36et le chancelier Schroeder
00:52:38avait déclaré
00:52:39que s'il y avait
00:52:40un référendum en Allemagne
00:52:41la réponse aurait été non
00:52:42donc il y avait un contexte
00:52:43qui montrait
00:52:45qu'il y avait
00:52:46un vrai fossé
00:52:47entre les élites européistes
00:52:49et les peuples
00:52:49qui ne sont pas anti-européens
00:52:51mais qui ne veulent pas
00:52:52être bousculés
00:52:52n'importe comment
00:52:53trop vite
00:52:54etc.
00:52:55Seulement voilà
00:52:56deux ans plus tard
00:52:57le gouvernement
00:52:58va contourner
00:52:59le verdict des urnes
00:53:00par la voie parlementaire
00:53:02il impose aux français
00:53:03le traité de Lisbonne
00:53:04une réplique quasi identique
00:53:05du texte
00:53:06qu'ils avaient pourtant
00:53:07rejeté en bloc
00:53:07les 27 pays
00:53:09ont donc signé officiellement
00:53:10le traité de Lisbonne
00:53:11aujourd'hui
00:53:11le texte définit le cadre
00:53:13et les règles
00:53:14de fonctionnement
00:53:14de l'union
00:53:15il aura donc fallu
00:53:16deux ans et demi
00:53:17pour passer d'un traité
00:53:18à l'autre
00:53:19pas si différent
00:53:20sur le fond
00:53:20le problème
00:53:21c'est d'une part
00:53:22c'est que
00:53:22et Giscard d'Estaing
00:53:23l'a dit lui-même
00:53:24dans le journal Le Monde
00:53:25c'est globalement
00:53:26le même traité
00:53:27avec quelques éléments
00:53:28en moins
00:53:28il est présenté
00:53:29autrement
00:53:30il est organisé
00:53:31autrement
00:53:31mais c'est très largement
00:53:32le même texte
00:53:33on est me semble-t-il
00:53:34à un moment clé
00:53:36dans ce divorce
00:53:36entre les français
00:53:37et leurs élites politiques
00:53:39puisque encore une fois
00:53:40on fait entrer
00:53:41par la fenêtre
00:53:42du congrès
00:53:42ce que les français
00:53:43avaient repoussé
00:53:44par la porte
00:53:45du référendum
00:53:46évidemment
00:53:47c'était considéré
00:53:48comme une sorte
00:53:49de viol démocratique
00:53:51ça marque vraiment
00:53:52une rupture de confiance
00:53:53et un début
00:53:54vraiment de défiance
00:53:56des citoyens français
00:53:57qui considèrent
00:53:58qu'en fait
00:53:58être appelés aux urnes
00:53:59n'emportent pas
00:54:00de conséquences
00:54:01dans les décisions politiques
00:54:02qui sont prises
00:54:04ce passage en force
00:54:05a été perçu
00:54:06par une large partie
00:54:07des français
00:54:07comme un véritable déni
00:54:08de démocratie
00:54:09depuis
00:54:10aucun gouvernement
00:54:11n'a plus jamais osé
00:54:12consulter les français
00:54:13par référendum
00:54:14comme si
00:54:15ça c'est moi qui le dit
00:54:16les responsables politiques
00:54:17avaient maintenant
00:54:18peur des réponses du peuple
00:54:20et de fait
00:54:20ces 20 dernières années
00:54:22c'est l'histoire
00:54:23de la montée
00:54:24de cette défiance
00:54:25qu'on a évidemment vu
00:54:26dans de nombreuses crises
00:54:27on pense évidemment
00:54:28aux gilets jaunes
00:54:29pour l'instant
00:54:29les responsables politiques
00:54:31et c'est particulièrement vrai
00:54:32après 10 ans
00:54:33de présidence Macron
00:54:34les responsables politiques
00:54:35n'ont pas trouvé
00:54:36la solution
00:54:36pour renouer
00:54:37avec les français
00:54:47en 2009
00:54:48la ministre de la santé
00:54:49Roselyne Bachelot
00:54:50déploie un arsenal
00:54:51législatif inédit
00:54:52la loi HPST
00:54:53une réforme structurelle
00:54:55majeure
00:54:55qui devait moderniser
00:54:57notre système de santé
00:54:58en le réorganisant
00:54:59de fond en comble
00:55:00c'est un texte
00:55:01qui suscite
00:55:01beaucoup de discussions
00:55:02c'est normal
00:55:03parce qu'on réforme
00:55:05notre système de santé
00:55:08la loi
00:55:09hôpital patient
00:55:09santé territoire
00:55:10c'est une loi
00:55:11qui devait
00:55:13réformer
00:55:13à la fois l'hôpital
00:55:14c'est à dire
00:55:15avoir un hôpital
00:55:15qui est plus
00:55:16hôpital entreprise
00:55:17et avoir
00:55:18une nouvelle planification
00:55:20des soins
00:55:21sur le papier
00:55:21la réforme est géniale
00:55:22moi le premier
00:55:23je l'attendais
00:55:24avec une grande impatience
00:55:27au coeur de cette
00:55:28grande réforme
00:55:29les ARS
00:55:30agences régionales
00:55:31de santé
00:55:31censés simplifier
00:55:32tout un système
00:55:33l'ARS
00:55:34c'était une
00:55:35belle promesse
00:55:36et c'était l'idée
00:55:37de regrouper
00:55:38en fait
00:55:39plusieurs services
00:55:41décentralisés
00:55:42déconcentrés
00:55:42de l'état
00:55:42donc les DAS
00:55:44les DRAS
00:55:44les ARH
00:55:45pour dire
00:55:45aux professionnels
00:55:46de santé
00:55:46de façon généralisée
00:55:48vous n'avez plus
00:55:49qu'un seul interlocuteur
00:55:50donc sur le papier
00:55:52l'ARS
00:55:53est le symbole
00:55:54de la simplification
00:55:55administrative
00:55:56mais dans l'application
00:55:57ça a été une catastrophe
00:55:59car ces nouvelles
00:56:00super agences
00:56:01sont gérées
00:56:02par des directeurs généraux
00:56:03directement nommés
00:56:04par le pouvoir en place
00:56:05avec une mission claire
00:56:06exécuter la feuille
00:56:07de route comptable
00:56:08imposée par Paris
00:56:09et puis on a donné
00:56:10des pouvoirs nouveaux
00:56:11au chef de pôle
00:56:15et celles qui avaient
00:56:16pour but initial
00:56:16de simplifier la structure
00:56:18n'ont en réalité
00:56:19fait que l'alourdir
00:56:20le paradoxe est total
00:56:21aujourd'hui les soignants
00:56:22sont en grande souffrance
00:56:23et notre système de santé
00:56:25ne tient que grâce à eux
00:56:26et on est au bord
00:56:27de l'effondrement
00:56:33la liberté d'expression
00:56:35constitue l'un des piliers
00:56:36fondamentaux
00:56:37de nos régimes démocratiques
00:56:38garantissant à chaque citoyen
00:56:39le droit de penser
00:56:40de débattre
00:56:41et de contester
00:56:42sans crainte d'être censuré
00:56:44la liberté d'expression
00:56:45est progressivement
00:56:46devenue une liberté publique
00:56:47puis un droit fondamental
00:56:48qui a été reconnu
00:56:49au niveau de la déclaration
00:56:52universelle des droits de l'homme
00:56:53pourtant depuis quelques années
00:56:54ce pilier constitutionnel
00:56:56n'a jamais autant paru vacillé
00:56:58sur ses bases
00:56:58dès le début de son premier mandat
00:57:00en 2017
00:57:01Emmanuel Macron s'est engagé
00:57:03dans une guerre digitale
00:57:04pour mieux réguler
00:57:05et contrôler l'information
00:57:06sur les réseaux sociaux
00:57:07les responsables politiques
00:57:08et en l'occurrence
00:57:09en France Emmanuel Macron
00:57:10sentent que le récit du réel
00:57:12leur échappe
00:57:13des plateformes
00:57:14des fils Twitter
00:57:14des sites entiers
00:57:15inventent des rumeurs
00:57:16et des fausses nouvelles
00:57:17qui prennent rang
00:57:18aux côtés des vrais
00:57:19aujourd'hui
00:57:20une très grande majorité
00:57:21de jeunes
00:57:21de moins de 20 ans
00:57:22de moins de 25 ans
00:57:22s'informent beaucoup plus
00:57:24sur les réseaux sociaux
00:57:25que dans les journaux
00:57:26papiers
00:57:26mais même que
00:57:27dans les journaux télévisés
00:57:28et donc il y a la question
00:57:29du contrôle
00:57:30de la maîtrise
00:57:31du récit du réel
00:57:32qu'est-ce qu'on raconte
00:57:33aux français
00:57:34et bien
00:57:34comme sur les réseaux sociaux
00:57:36les choses ne sont pas maîtrisées
00:57:37ne sont pas maîtrisables
00:57:39et bien on a le sentiment
00:57:40qu'Emmanuel Macron
00:57:41et bien en fait
00:57:41essaie d'inventer
00:57:43des outils
00:57:44de maîtrise
00:57:44de contrôle
00:57:45du récit du quotidien
00:57:46et du récit du réel
00:57:47quand il y a eu
00:57:48des émeutes
00:57:48en Nouvelle-Calédonie
00:57:50Emmanuel Macron
00:57:51a appelé
00:57:51à couper Internet
00:57:52je rappelle
00:57:53que c'est ce que font
00:57:53les Iraniens
00:57:54les Chinois
00:57:54ou les Turcs
00:57:55quand il y a des heures
00:57:57couper Internet
00:57:58Premier acte
00:57:59de cette obsession présidentielle
00:58:00la loi contre la manipulation
00:58:02de l'information
00:58:03adoptée fin 2018
00:58:04plus communément appelée
00:58:05la loi anti-fake news
00:58:07Pour la première fois
00:58:08en fait
00:58:09on n'interprétait plus
00:58:11l'illégalité
00:58:12d'un propos
00:58:12qui jusqu'à présent
00:58:14était a posteriori
00:58:16condamné par un juge
00:58:17on visait
00:58:18à interdire
00:58:19sa diffusion
00:58:21et sa propagation
00:58:22sur les réseaux sociaux
00:58:23Entre le complotisme
00:58:25et le populisme
00:58:25le combat est en effet
00:58:26commun
00:58:28Cette loi
00:58:29permet à un magistrat
00:58:30de bloquer en moins
00:58:30de 48 heures
00:58:31un site d'information
00:58:32ou de faire retirer
00:58:33son contenu
00:58:34On considère
00:58:35que ce propos
00:58:36n'a pas lieu d'être
00:58:37sur les réseaux sociaux
00:58:38et à ce moment-là
00:58:39vous avez totalement
00:58:40inversé la logique
00:58:42de la liberté d'expression
00:58:43vous n'avez plus le droit
00:58:44de manière préalable
00:58:45à pouvoir vous exprimer
00:58:46vous avez une autorisation
00:58:48administrative
00:58:49qui vous donne
00:58:50potentiellement
00:58:51la liberté
00:58:51de vous exprimer
00:58:52Pour ces détracteurs
00:58:53le constat est sans appel
00:58:54ce texte vient de poser
00:58:56les premiers jalons
00:58:56d'une censure démocratique
00:58:58un paradoxe dangereux
00:58:59où l'état
00:59:00sous couvert de protéger
00:59:01les urnes
00:59:01s'arroge le droit
00:59:02de trier le vrai du faux
00:59:04Ce qu'on appelle
00:59:04la loi anti-fake news
00:59:06évidemment
00:59:06est assez dangereuse
00:59:07parce que
00:59:09ça veut dire
00:59:10qu'il faudra une instance
00:59:10qui dise
00:59:11ce qui est une vraie nouvelle
00:59:13et une fausse nouvelle
00:59:14Or on sait très bien
00:59:16que celui qui contrôle
00:59:18les médias
00:59:19qui contrôle l'information
00:59:20c'est celui qui a le pouvoir
00:59:21donc la pluralité
00:59:23justement
00:59:24ça permet d'éviter
00:59:25que quelqu'un
00:59:26prenne le pouvoir
00:59:26de l'information
00:59:27donc cette loi
00:59:29anti-fake news
00:59:30me semble tout à fait
00:59:31incompatible
00:59:32avec un système démocratique
00:59:34C'est absurde
00:59:35On est en démocratie
00:59:37donc on peut dénoncer
00:59:38des fake news
00:59:39si on veut
00:59:40mais on est obligé
00:59:41d'argumenter
00:59:41Moi je pense que
00:59:42tout ce que raconte
00:59:43le PC depuis 50 ans
00:59:45c'est que des fake news
00:59:47je le dis
00:59:48mais je ne peux pas
00:59:49interdire le parti communiste
00:59:50on ne va pas interdire
00:59:52les filles
00:59:53Loin d'être un texte isolé
00:59:55cette loi marque le début
00:59:56d'une stratégie à long terme
00:59:58Pendant une décennie
00:59:59l'exécutif va mener
01:00:00un combat de chaque instant
01:00:01cherchant sans cesse
01:00:03à étendre son contrôle
01:00:04sur le récit médiatique
01:00:05Je rappelle que
01:00:06la loi anti-fake news
01:00:07date de 2018
01:00:08Deux ans après
01:00:09est votée la loi Avia
01:00:11qui est heureusement
01:00:11sanctionnée
01:00:12par le Conseil constitutionnel
01:00:13Deux ans après
01:00:14en 2022
01:00:15la commission de Gérald Brunner
01:00:17pose les bases
01:00:18d'un contrôle
01:00:19de l'espace numérique
01:00:20En 2024
01:00:22est votée
01:00:23la loi sur la sécurisation
01:00:25de l'espace numérique
01:00:26la loi Sren
01:00:27Et donc il faut qu'on puisse
01:00:29rebâtir
01:00:30en quelque sorte
01:00:31de ces hiérarchies
01:00:32par rapport à la vérité
01:00:33Mais cette offensive
01:00:34de l'Elysée
01:00:34va pourtant tourner
01:00:36au fiasco législatif
01:00:37La plupart de ces textes
01:00:38de loi vont être censurés
01:00:40ou lourdement encadrés
01:00:41par le Conseil constitutionnel
01:00:42Les sages rappellent
01:00:44le pouvoir à l'ordre
01:00:44En démocratie
01:00:46on ne badine pas
01:00:47avec la liberté d'expression
01:00:48Tous les textes
01:00:50grosso modo
01:00:51qui ont été envisagés
01:00:53par les différents gouvernements
01:00:56d'Emmanuel Macron
01:00:57sur la liberté d'expression
01:00:59ont quasiment tous été censurés
01:01:00par le Conseil constitutionnel
01:01:02sur la base de l'article 11
01:01:03de la déclaration
01:01:04des droits de l'homme
01:01:06et du citoyen
01:01:06Autrement dit
01:01:07le respect
01:01:08de la liberté d'expression
01:01:09toute personne
01:01:10a le droit
01:01:10d'exprimer son opinion
01:01:12de la diffuser
01:01:14et d'avoir accès
01:01:16à l'information
01:01:17Et puis encore l'an dernier
01:01:19en 2025
01:01:19je rappelle
01:01:20qu'Emmanuel Macron
01:01:21a appelé
01:01:22à prendre des initiatives
01:01:23pour labelliser
01:01:24des médias jugés fiables
01:01:26Je pense que c'est important
01:01:27qu'il y ait une labellisation
01:01:29faite par des professionnels
01:01:31qui puissent dire
01:01:32ceci pour résoudre
01:01:33à la déontologie
01:01:34de gens qui manipulent
01:01:35de l'information
01:01:36Cette idée de labellisation
01:01:38intervient dans un climat électrique
01:01:39celui où l'ARCOM
01:01:40le gendarme de l'audiovisuel
01:01:42souvent accusé d'être téléguidé
01:01:44par l'Elysée
01:01:44s'apprête à supprimer
01:01:46deux chaînes de la TNT
01:01:47C8 et NRJ12
01:01:48C'est un scandale
01:01:50C'est scandaleux
01:01:52Et là on voit bien
01:01:53qu'on a un vrai problème
01:01:54de liberté d'expression
01:01:57pour le coup
01:01:57Une liberté d'expression
01:01:59en danger
01:01:59c'est également
01:02:00ce qu'a mis en lumière
01:02:01la commission d'enquête parlementaire
01:02:02sur l'audiovisuel public
01:02:03menée par Charles Aloncle
01:02:05Six mois d'auditions intenses
01:02:06qui auront démontré
01:02:07le manque de neutralité
01:02:08et de pluralité
01:02:09des médias de services publics
01:02:11La commission d'enquête
01:02:12sur l'audiovisuel public
01:02:13a soulevé un problème
01:02:15qui je pense
01:02:16est connu depuis longtemps
01:02:17c'est-à-dire
01:02:17l'appropriation
01:02:19de l'audiovisuel public
01:02:20par un camp politique
01:02:21C'est qu'effectivement
01:02:22on voit bien aujourd'hui
01:02:24que les gros médias
01:02:25de services publics
01:02:26suivis par beaucoup de français
01:02:27France Inter
01:02:28c'est la première matinale de France
01:02:29participent
01:02:30de ce sentiment
01:02:31de frustration
01:02:32de pas mal de courants
01:02:34qui ne sont pas exprimés
01:02:35ou pas facilement exprimés
01:02:36dans l'espace public français
01:02:43Le 10 juillet 1989
01:02:45le ministre de l'éducation nationale
01:02:47Lionel Jospin
01:02:48fait adopter une loi
01:02:49qui change la philosophie
01:02:50de l'école
01:02:51C'est pas fait pour bousculer
01:02:53nos enfants
01:02:54nos jeunes
01:02:55c'est pour faire avancer
01:02:56les choses
01:02:57de façon positive
01:02:58et progressive
01:03:00La loi Jospin
01:03:02c'est qui annonce
01:03:02l'éducation positive
01:03:03qui est une véritable catastrophe
01:03:05Le système éducatif
01:03:07sera désormais organisé
01:03:08autour de l'élève
01:03:09Les lycéens ont des nouveaux droits
01:03:11Il est créé un conseil
01:03:12de délégués d'élèves
01:03:13sous la présidence
01:03:14dans chaque lycée
01:03:15du chef d'établissement
01:03:16Certains y voient un progrès
01:03:18pour mieux accompagner
01:03:19chaque enfant
01:03:19D'autres dénoncent
01:03:21l'avènement de l'enfant roi
01:03:22au détriment du savoir
01:03:23et de l'autorité du professeur
01:03:26On sort de toute une période
01:03:27où on considérait
01:03:28que l'enfant
01:03:29n'avait pas le droit
01:03:30à la parole
01:03:31d'ailleurs étymologiquement
01:03:32l'enfant ça vient du latin
01:03:33de infant
01:03:34de celui qui ne parle pas
01:03:35et donc on considérait
01:03:37que l'enfant ne parlait pas
01:03:38à table etc
01:03:38et donc il y a toute cette mouvance
01:03:40à partir des années 70
01:03:42puis 80
01:03:42et ensuite 90-2000
01:03:44qui vise à redonner
01:03:45une place à l'enfant
01:03:46et ça c'est très positif
01:03:48Placer l'élève
01:03:49au centre du système éducatif
01:03:51n'est pas une mauvaise idée
01:03:52en soi
01:03:53Moi je suis d'une génération
01:03:54où les professeurs
01:03:56parfois avaient un peu
01:03:58la main lourde
01:03:59et pouvaient même
01:04:01être violents
01:04:02Il y avait des violences
01:04:03à l'école
01:04:05par l'autorité
01:04:07Donc replacer
01:04:09l'élève
01:04:10qui est l'objet
01:04:13de l'éducation
01:04:14n'est pas une mauvaise chose
01:04:16en soi
01:04:16Maintenant
01:04:17il y a évidemment
01:04:20eu des dérives
01:04:22Le problème
01:04:23c'est quand les familles
01:04:24ne jouent plus leur rôle
01:04:26quand on considère
01:04:28que les enfants
01:04:29peuvent contester
01:04:31la parole du maître
01:04:32On a vu récemment
01:04:34des incendies
01:04:35dans les lycées
01:04:36on jette de l'acide
01:04:38maintenant
01:04:39sur des professeurs
01:04:40on les tabasse
01:04:42Là évidemment
01:04:43on est sur quelque chose
01:04:44qui est de l'ordre
01:04:46de la dérive
01:04:46Cette loi
01:04:48a induit
01:04:49des comportements
01:04:50que tout le monde
01:04:52semble accepter
01:04:53au nom
01:04:53de justement
01:04:54de l'émancipation
01:04:56de l'intérêt
01:04:57de l'enfant
01:04:58Pourquoi on critique
01:04:59souvent la loi Jospin ?
01:05:00Parce que l'idée
01:05:01de mettre l'enfant
01:05:02au cœur du système
01:05:03c'est l'idée
01:05:04que ce qui compte
01:05:05c'est l'épanouissement
01:05:06de la personnalité
01:05:07de l'enfant
01:05:07plutôt que l'acquisition
01:05:08des savoirs
01:05:09c'est-à-dire
01:05:09plutôt que le travail
01:05:10Cette loi
01:05:11elle peut aboutir
01:05:12à les traiter
01:05:13comme des adultes
01:05:14avant l'heure
01:05:14et à leur donner
01:05:17l'impression
01:05:17qu'ils viennent
01:05:18au lycée
01:05:18pour faire entendre
01:05:19leur voix
01:05:20Or je pense
01:05:20qu'on envoie
01:05:22ces enfants
01:05:23au collège
01:05:25et au lycée
01:05:26d'abord
01:05:27pour qu'ils reçoivent
01:05:27un savoir
01:05:28et une formation
01:05:29qui va venir
01:05:30éclairer
01:05:32leur pensée
01:05:33et qu'à partir
01:05:34de là
01:05:34leur liberté
01:05:35d'expression
01:05:36sera d'autant
01:05:38mieux utilisée
01:05:39employée
01:05:40et éclairée
01:05:41Quand on vise
01:05:41à considérer
01:05:42que sur un plan
01:05:43d'égalité
01:05:43il y a le professeur
01:05:44et l'élève
01:05:44bah non
01:05:45je suis désolée
01:05:46le professeur
01:05:46et l'élève
01:05:47ne sont pas
01:05:47sur un plan
01:05:48d'égalité
01:05:48il y en a un
01:05:49qui est détenteur
01:05:49du savoir
01:05:50et des règles
01:05:51de fonctionnement
01:05:52et l'autre
01:05:52qui reçoit
01:05:53le savoir
01:05:54et qui applique
01:05:54les règles
01:05:55de fonctionnement
01:05:56Une des ambitions
01:05:57de la loi Jospin
01:05:58atteindre un taux
01:05:59de réussite
01:06:00de 80%
01:06:01au baccalauréat
01:06:01un objectif
01:06:02ambitieux
01:06:03sur le papier
01:06:03mais difficile
01:06:04à atteindre
01:06:05en pratique
01:06:05L'idée
01:06:06c'était
01:06:07d'élever
01:06:07le niveau
01:06:08de qualification
01:06:09des élèves
01:06:09pour faire face
01:06:10à la modernisation
01:06:11de l'économie
01:06:12donc l'objectif
01:06:13était plutôt louable
01:06:14au départ
01:06:15l'ennui
01:06:15c'est que
01:06:16à défaut
01:06:17d'avoir réussi
01:06:18à élever
01:06:18le niveau
01:06:18des élèves
01:06:19jusqu'au bac
01:06:20on a abaissé
01:06:21dans les faits
01:06:22le niveau du bac
01:06:23au niveau réel
01:06:24des élèves
01:06:25On a baissé
01:06:25le niveau du bac
01:06:27on a baissé
01:06:27le niveau du bac
01:06:28pour que tout le monde
01:06:29ait le bac
01:06:29alors qu'est-ce qui se passe
01:06:30avec ça
01:06:30c'est que vous mettez
01:06:31dans l'université
01:06:33des enfants
01:06:34qui n'auraient pas
01:06:34dû y aller
01:06:35qu'est-ce qui se passe
01:06:36après
01:06:36bah c'est qu'ils sont
01:06:37en échec
01:06:38ils n'arrivent pas
01:06:38à rentrer
01:06:39dans les grandes écoles
01:06:40et puis ils n'arrivent pas
01:06:41à passer
01:06:41donc on a gâché
01:06:43le temps
01:06:44de cette personne
01:06:45Evidemment
01:06:46si vous avez
01:06:47un taux très très élevé
01:06:48de personnes
01:06:49qui ont le bac
01:06:50mécaniquement
01:06:52la valeur du bac
01:06:53décroît
01:06:54donc effectivement
01:06:54quelqu'un qui
01:06:55aujourd'hui a son bac
01:06:56ça ne vaut pas
01:06:57le bac
01:06:58d'il y a
01:06:5930 ou 40 ans
01:07:01ça n'ouvre pas
01:07:02les mêmes portes
01:07:03etc
01:07:05la loi promet
01:07:06par ailleurs
01:07:06d'unifier
01:07:07et de professionnaliser
01:07:08la formation
01:07:08de tous les enseignants
01:07:09en France
01:07:10à travers la création
01:07:11des IEFM
01:07:12mais certains jugent
01:07:13ces instituts
01:07:14trop théoriques
01:07:14et éloignés
01:07:15de la réalité
01:07:16des salles de classe
01:07:17le but
01:07:18de la loi Jospin
01:07:19est de requalifier
01:07:21la formation
01:07:23des professeurs
01:07:23des écoles
01:07:24et de les ouvrir
01:07:25aux nouvelles pédagogies
01:07:26on reprochait
01:07:27aux écoles normales
01:07:28d'être
01:07:29un peu trop traditionnel
01:07:31d'avoir une vision
01:07:32de l'enseignement
01:07:33un peu datée
01:07:34donc à partir de là
01:07:35on ne va plus
01:07:35les appeler
01:07:36les instituteurs
01:07:36et les institutrices
01:07:37on va parler
01:07:38de professeurs
01:07:38des écoles
01:07:39ils vont avoir
01:07:40des formateurs
01:07:41qui vont être
01:07:41en grande partie
01:07:42des universitaires
01:07:43et la conséquence
01:07:45de tout cela
01:07:46c'est qu'ils vont avoir
01:07:48une formation
01:07:49qui va être
01:07:49beaucoup plus théorique
01:07:50et beaucoup moins
01:07:52professionnalisante
01:07:52donc l'ennui
01:07:53c'est qu'on envoie
01:07:54face à nos enfants
01:07:56une partie
01:07:57de professeurs
01:07:58des écoles
01:07:59qui non seulement
01:08:00n'ont pas reçu
01:08:00de cap pédagogique
01:08:01clair
01:08:02mais qui ont eux-mêmes
01:08:03des lacunes
01:08:03parfois très graves
01:08:05en culture
01:08:06en orthographe
01:08:07en grammaire
01:08:07et en mathématiques
01:08:08des élèves devenus rois
01:08:11des professeurs
01:08:12insuffisamment préparés
01:08:13la loi Jospin
01:08:14a partiellement contribué
01:08:15à affaiblir l'école
01:08:16les résultats PISA
01:08:17publiés en 2026
01:08:18révèlent un niveau
01:08:20toujours plus inquiétant
01:08:21des élèves français
01:08:22en lecture
01:08:22et en mathématiques
01:08:23c'est une catastrophe
01:08:24les dernières enquêtes
01:08:25PISA
01:08:26elles sont terribles
01:08:27celle de 2025
01:08:28que ce soit d'ailleurs
01:08:29en lecture
01:08:30en compréhension de l'écrit
01:08:32ou que ce soit en maths
01:08:33et en sciences
01:08:34on voit qu'en 10 ans
01:08:35nos élèves ont perdu
01:08:36près de 2 années
01:08:36de niveau scolaire
01:08:37en français
01:08:37en compréhension de l'écrit
01:08:38mais on pourrait aussi
01:08:39en citer bien d'autres
01:08:40je pense à l'étude
01:08:42PEARLS
01:08:42dans laquelle la France
01:08:44est 16ème
01:08:44genre 19 en lecture
01:08:45en Europe
01:08:46et je pense aussi
01:08:47à l'étude TIMSS
01:08:48en mathématiques
01:08:50où nos collégiens
01:08:51sont classés
01:08:51derrière l'Albanie
01:08:52derrière l'Azerbaïdjan
01:08:53alors même qu'on avait
01:08:54une école
01:08:55il y a encore quelques décennies
01:08:56que le monde entier
01:08:57enviait
01:08:58voire imitait
01:08:59ça montre l'ampleur
01:09:01du désastre
01:09:02à travers ce rapport
01:09:04couvrant les 50 dernières années
01:09:05les 3 auteurs
01:09:06de l'Institut Thomas More
01:09:07dressent un diagnostic
01:09:09implacable
01:09:09sur l'état réel
01:09:10de la France d'aujourd'hui
01:09:11nous avons fait
01:09:12le constat suivant
01:09:13c'est qu'il y a 50 ans
01:09:14la France était un pays
01:09:15qui progressait beaucoup
01:09:16c'était un pays
01:09:17qui était en train
01:09:18de rattraper
01:09:19d'autres pays plus riches
01:09:21comme les pays
01:09:21d'Europe du Nord
01:09:22l'Allemagne
01:09:23les Etats-Unis
01:09:23et puis malheureusement
01:09:25aujourd'hui
01:09:26on constate que la France
01:09:28continue à décliner
01:09:29que le niveau de vie
01:09:30de ses habitants
01:09:31est inférieur
01:09:32à celui de la moyenne
01:09:33des pays européens
01:09:34En 2026 aujourd'hui
01:09:36la France est dans une situation
01:09:38historiquement gravissime
01:09:39sur le plan financier
01:09:41sur le plan industriel
01:09:42sur le plan
01:09:43de la dislocation intérieure
01:09:45des conflits intérieurs
01:09:46du recul du niveau de vie
01:09:48du recul de pouvoir d'achat
01:09:50de l'irresponsabilité
01:09:51des dirigeants politiques
01:09:52de l'état de la justice
01:09:54de l'état de l'hôpital
01:09:55de l'état de l'école
01:09:56évidemment
01:09:57on est dans une situation
01:09:59historiquement grave
01:10:00on est tout près
01:10:03d'un effondrement très gros
01:10:05je crois que c'est ce qu'il y a
01:10:06de plus impressionnant
01:10:07dans les dix dernières années
01:10:07c'est que l'inefficacité
01:10:09et l'échec
01:10:09de ce modèle social français
01:10:11les français l'ont vu
01:10:12dans leur vie courante
01:10:13avant on en parlait
01:10:14mais enfin l'école
01:10:15ça tenait
01:10:16l'hôpital
01:10:16on avait un bon système
01:10:17hospitalier de santé
01:10:18depuis que ça a vraiment
01:10:20craqué sous nos yeux
01:10:21on le voit bien aujourd'hui
01:10:22quiconque va aux urgences
01:10:23il passe 7h
01:10:2412h
01:10:24maintenant c'est sous les yeux
01:10:26des français
01:10:26et c'est ça aussi
01:10:27un motif d'espoir
01:10:28pour nous pour 2027
01:10:29c'est que maintenant
01:10:30que la bulle a éclaté
01:10:33le mensonge a éclaté
01:10:34peut-être qu'on va réussir
01:10:35à formuler des propositions
01:10:36et une vision pour la France
01:10:38qui sera enthousiasmante
01:10:39pour les français
01:10:39mais qui devra être
01:10:40une vision de rupture
01:10:41profonde avec ce système
01:10:42et ce modèle
01:10:43après la publication
01:10:44de ce premier état des lieux
01:10:45l'institut Thomas More
01:10:46ne compte pas s'arrêter
01:10:47en si bon chemin
01:10:48un second rapport
01:10:49est déjà en cours d'élaboration
01:10:51afin de formuler
01:10:52des solutions concrètes
01:10:53pour peut-être
01:10:54relever le pays