Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
Zohra Bitan raconte, dans son livre, que c'est «l'État qui organise la fracture».

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Mais que les populations elles-mêmes, admettons, on peut pousser le problème plus loin. Admettons que les populations décident de
00:09ne pas vouloir faire ce fameux vivre ensemble. Le pire, c'est quand c'est l'État qui l'organise.
00:14Le drame, c'est quand c'est l'État qui organise la fracture. Il organise la fracture sociale, territoriale, quasiment
00:21ethnique.
00:22C'est-à-dire que c'est lui. Moi, dans mon livre, c'est ce que je raconte. Je vais
00:26dire que Charles-Henri ait envie de vivre dans le 16e. Ce n'est pas mon problème. Il fait ce
00:30qu'il veut.
00:31Si moi, j'ai envie de vivre dans un hameau de 200 habitants, ça me regarde aussi. Ce n'est
00:34pas un souci. C'est quand la fracture, elle est organisée par des dispositifs publics avec l'argent.
00:39Quand on n'a pas cassé les ghettos, alors que ça fait 40 ans qu'on le raconte, quand on
00:43superpose des populations nouvellement arrivées dans des quartiers où déjà la misère et la pauvreté et les ethnies sont déjà
00:49superposées et pas bien,
00:50ça, c'est l'État. J'allais dire, le peuple, il n'a pas la responsabilité de subir les failles
00:55de l'État. Donc, individuellement, des gens vous disent
00:58« Moi, je n'ai pas envie de vivre là », je comprends. Par contre, quand ils donnent des leçons,
01:02je suis d'accord avec toi. Là, je suis d'accord. Ils n'ont pas donné de leçons.
01:06Oui, parce qu'ils vous disent vivre ensemble, vivre ensemble, vivre ensemble, et puis eux, ils...
01:08Moi, je ne vous parle pas de Charles-Henri dans le 16e. Je vous parle des gens qui habitent l
01:12'Est parisien et tout un discours médiatique qui vous dit « Mais il n'y a pas de problème. »
01:16Mais c'est les donneurs de leçons, bien sûr.
01:17Belleville, par exemple, le surnom de Belleville, c'est « Bas-Belleville », vous voyez ? On dit « Ah,
01:21Bas-Belleville, regardez, les langues, toutes les langues du monde... »
01:23Mais on connaît, on connaît, j'habite Belleville, et puis vous poussez un très joli portail en fer, et puis
01:28quand on ouvre le portail, vous avez une immense cour magnifique,
01:32avec l'impression d'habiter Belleville.
01:34Il y a des liens entre vos deux histoires.
01:37Il y a quand même une différence fondamentale, c'est que là où Éric Nolot incarne les foutuistes,
01:41vous, vous terminez quand même sur une note d'espoir.
01:43Parce que vous dites « Ce qui change la vie des gens, ce sont les gens eux-mêmes. »
01:47Ce pays n'a pas sombré, c'est ce que vous écrivez, et ce n'est pas grâce à ceux
01:49qui le gouvernent,
01:50c'est grâce à ceux qui le portent, ceux qui tiennent une association, accompagnent un gamin,
01:54transmettent un savoir, tendent une main, refusent de lâcher.
01:56C'est déjà immense, c'est déjà la France qui résiste.
01:59Et c'est vrai qu'on le voit dans beaucoup d'événements, on parlait des incendies,
02:02la France a tenu grâce à ceux qui étaient sur le terrain et qui ont tenu.
02:05Je commence mon livre avec ce titre « Itinéraire d'une enfant gâtée par des Français ».
02:10Moi, c'est les Français qui m'ont fabriqué, ce n'est pas l'État.
02:12Ce n'est pas l'État.
02:13Si j'avais écouté l'État, je serais peut-être dans la rue, là,
02:16à dire entre guillemets « nique la France », etc.
02:18Moi, ce n'est pas l'État qui m'a fabriqué, c'est les Français.
02:20C'est les Français qui m'ont tendu la main partout.
02:23Et en particulier, ça va en choquer plus d'un,
02:25plutôt la bourgeoisie catho de droite.
02:27Parce qu'au moins, la bourgeoisie, elle, elle s'assume.
02:29Elle ne planque pas son pognon et elle ne dit pas qu'elle n'en a pas.
02:31Alors que la gauche, elle est pleine de pognon,
02:33mais quand les Autos en ont, elle y va pour les détester.
02:36Moi, je préfère les bourgeois, ils s'assument.
02:38Au moins, eux, quand ils vous tendent une main, c'est pour vous émanciper.
02:41Ce n'est pas pour vous laisser à quai.
02:42Et c'est eux qui m'ont fabriqué.
02:44C'est eux qui m'ont emmené dans les bibliothèques.
02:45C'est eux qui m'ont donné des places d'opéra.
02:47C'est eux qui m'ont appris à rattraper le français que je n'avais pas acquis
02:52parce que je n'étais pas dans les bons endroits à l'école, etc.
02:56Donc, la gauche, elle n'a aucun intérêt à nous rendre libres.
03:00Parce que sur quoi elle va vivre ? Sur rien.
03:02Alors, ce livre, il est vraiment dédié aux Français et au peuple.
03:06Parce que c'est grâce à lui qu'on s'en sortira et à personne d'autre.
03:10Et il a ce talent immense d'être ouvert, tolérant, généreux.
03:14Et ils vivent vraiment ensemble.
03:16Les Français vivent déjà ensemble.
03:18Quand ils arrivent au guichet de l'Avent, ils ne disent pas
03:20« Mon conseiller s'appelle Ahmed, j'en veux pas ».
03:22C'est faux.
03:23Par contre, oui, il y a des racistes, mais il y en a plein dans les quartiers.
03:26Et il y a même des antisémites.
03:27Tiens, il paraît dans les quartiers.
03:29Sans blague.
03:29Oui, tiens.
03:30En tout cas, vraiment, je conseille à tout le monde ce livre
03:32qui est vraiment formidable.
03:33C'est un plaisir aussi d'avoir pu échanger avec vous.
03:36C'est un plaisir aussi d'avoir pu échanger avec vous.

Recommandations