00:00Ce soir, je le sais, je serai ouvert demain.
00:02Parce que la manifestation ne passe pas à proximité de votre établissement ?
00:05Même si elle passait devant un chinois, je serai ouvert,
00:07parce que j'estime qu'ils ne nous empêcheront pas de travailler.
00:10Ils ne nous empêcheront pas d'accueillir nos clients.
00:13À la base, on est là pour ça.
00:15Et on ne travaille pas sous la pression.
00:16On a déjà assez de pression toute l'année, comme ça,
00:19avec la fiscalité, les charges, gérer notre personnel, nos achats.
00:23Donc, ce n'est pas ça qui, moi, personnellement, m'arrêtera demain.
00:26Et j'ai beaucoup de confrères qui seront là demain, présents,
00:30prêts à protéger leur affaire.
00:32Justement, on parlera des conditions dans lesquelles
00:34vous allez ouvrir, vous et vos confrères.
00:37Vous pouvez nous raconter la journée du 17 octobre ?
00:39Comment elle s'est passée ?
00:40Je rappelle, vous êtes dans le deuxième arrondissement de Paris.
00:42Et on a vu que l'hypercentre de Paris était le théâtre de pillages,
00:46de cases, de violences.
00:48Comment vous avez vécu cette journée, vous, en tant que restaurateur ?
00:51On l'a vécu au début calmement.
00:54Tout se passait très bien.
00:57Et comme vous l'imaginez, fin de manifestation,
01:01la fourmilière a commencé à s'activer.
01:05Et le jeu du chat à la souris a commencé en Châteléal,
01:09sortant du métro.
01:11Ça arrivait de Grand Boulevard.
01:12La manifestation s'est terminée à Bourse.
01:14Donc, nous, on était vraiment impactés.
01:16Moi, par chance, personnellement, on n'a pas été touchés.
01:18Mais je sais que tous mes voisins, sans exception,
01:21ont été vandalisés, pillés.
01:24Pillés ?
01:25Pillés.
01:26Des restaurants, notamment ?
01:27Pas du tout.
01:27Des commerces ?
01:28Des commerces ?
01:28Alors, bijouteries, opticiens, parfumeries,
01:34quelques halls d'appartement, de tentatives d'intrusion.
01:40Voilà.
01:41Ça, c'est la journée du 17.
01:44Ils ont malheureusement pris nos pieds de parasol en exemple
01:46pour fractionner les vitrines.
01:49On a essayé de leur demander gentiment,
01:51mais ce n'était pas négociable.
01:53Et en fait, ce qui fait froid dans le dos,
01:55c'est que c'est des gens qui ne vont pas vous insulter
01:57comme on pourrait le croire.
01:59Ils nous racontent simplement qu'ils sont venus là
02:01pour faire ce qu'ils avaient à faire.
02:02Laissez-nous un quart d'heure.
02:03Ils nous ont même ramené les pieds de parasol.
02:05Terrible.
02:06Donc, ils savaient très bien ce qu'ils voulaient faire.
02:07On va.