00:00Ce n'est pas le maintien de l'ordre, parce que vous faites ce que vous pouvez.
00:02Je ne peux pas malheureusement vous contredire, à partir du moment où effectivement on a de tels sondages,
00:07c'est un réflexe de protection naturelle, qui malgré tout est très dangereux,
00:11et qui ne peut que complexifier la police nationale quand elle intervient.
00:15Parce que la difficulté, quand vous intervenez quelque part, de savoir qui est le pilleur,
00:20qui est le défenseur, en fonction de comment ils sont armés,
00:23et ils peuvent avoir d'ailleurs dans les mains les mêmes choses,
00:25c'est-à-dire des marteaux, des matraques, des armes quelconques,
00:30ça devient compliqué pour nous, effectivement.
00:32Et vous avez raison, c'est que l'État régalien, à un moment, ça me fait mal de le dire,
00:36mais pas tout à fait à la hauteur, effectivement.
00:38Même si là, on imagine que c'est exceptionnel, que c'est dans le cadre de maintien de l'ordre,
00:43que c'est dans le cadre de VU, que les gens sont marqués par des images très récentes,
00:48où ils ont tout perdu, leur job, leur salaire, etc., leur dignité parfois, dans certains cas.
00:54Donc c'est vraiment, effectivement, terrible, et c'est dans une démocratie traditionnelle,
01:00et comme la nôtre, ça ne peut qu'effectivement interroger sur notre efficacité.
01:04Je peux comprendre les gens qui ont ce réflexe et cette position.
01:08Vous allez devoir quitter le plateau dans quelques secondes,
01:10mais j'ai vraiment une question que tout le monde se pose.
01:13Comment vont vos collègues, comment vont vos frères d'armes ce soir ?
01:16Dans quel état d'esprit ils sont ?
01:17C'est d'ailleurs la première question que j'aurais dû vous poser.
01:19Alors, il y a une forme de fatigue qui commence à s'installer,
01:22parce qu'en fait, ça fait malgré tout cinq semaines,
01:25plus la partie pape, même si la partie pape s'était bien passée.
01:28Vous étiez ovationnés.
01:30Effectivement, on a été ovationnés, ça, ça fait chaud au cœur,
01:32mais la mobilisation était là, et les heures sont faites.
01:34Et la difficulté aujourd'hui pour mes collègues,
01:36eh bien, c'est de ne pas avoir de temps de repos.
01:38Soit des journées de congés qui ont sauté,
01:40soit des journées de repos,
01:42soit pour mes collègues CRS, le fait qu'ils ne soient plus neutralisés,
01:45et qu'ils sont déneutralisés.
01:46Ça veut dire qu'en fait, ils n'arrivent pas à se ressourcer eux-mêmes,
01:50physiquement, moralement, et physiologiquement, pardon.
01:54Merci Loïc Travers d'être venu nous voir.
01:56J'aimerais...
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