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  • il y a 17 minutes
Ce vendredi 30 octobre, Audrey Maubert a reçu Yves Hanania, fondateur du cabinet de conseil Lighthouse, auteur de "Le luxe à l'horizon 2030. Création, marques et leadership à l'ère de l'intelligence artificielle", et James Sleaford, rédacteur en chef d'Icon France, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:02Générique
00:07Iconique Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:11Une curielle d'analyses, de commentaires, d'ouvrages sur le luxe, ne serait-ce que sur le terme luxe, peut
00:17-être trop industriel, trop vulgaire, trop grand, public.
00:20Le luxe en crise, existentielle, structurelle ou conjoncturelle, tout y passe.
00:24Le luxe à l'horizon 2030, de la prospective pour cet ouvrage qui enjambe la crise.
00:30Son auteur, Ivan Agna, est spécialiste en stratégie et développement de marques.
00:34Le pitch, création, marques et leadership, à l'ère de l'IA, surtout la lecture d'un secteur sous pression
00:40qui doit être repensé, être plus juste, plus cohérent, plus singulier, du désir au sens.
00:47Ivan Agna est l'invité d'Iconique Business.
00:48Dans un instant également, l'Iconique Capsule avec Icon France, notre partenaire, phénomènes et tendances, style français et fière allure
00:57d'écritage avec James Leiford, rédacteur en chef du magazine.
01:01C'est Iconique Business, bienvenue.
01:06Et donc en plateau avec nous cette semaine, Ivan Agna, auteur de cet ouvrage, paru il y a quelques jours,
01:12Le Luxe à l'horizon 2030, paru chez Dunod.
01:15Bonjour.
01:15Bonjour, Audrey.
01:17Fondateur du cabinet de conseil Lighthouse, spécialisé en stratégie et développement de marques, je le disais.
01:23Bon, Le Luxe à la croisée des chemins, secteur sous pression, on l'a beaucoup dit.
01:28Est-ce que Le Luxe est menacé par l'IA ou alors il doit faire son introspection et se poser
01:35la question de l'ensemble de ses excès ?
01:37Trop de produits, trop d'offres, trop de messages ?
01:39Merci pour la question, André. Merci déjà de m'inviter pour cette émission.
01:44Le Luxe, il faut toujours l'inscrire dans le temps long.
01:48Et donc, quand vous avez aujourd'hui une intelligence qui donne une forme d'abondance à beaucoup d'éléments, que
01:56ce soit la création, que ce soit l'analyse,
01:59il faut replacer, si la question c'est de savoir si l'IA va avoir un impact sur le Luxe,
02:06il va l'avoir.
02:07Est-ce qu'il sera négatif ? On ne le sait pas encore.
02:10Est-ce que ça sera une forme d'abondance d'intelligence ? Très probablement.
02:15Mais Le Luxe, il faut vraiment l'inscrire dans le temps long.
02:18On a affaire à un outil qui est là, au contraire, probablement pour servir cette industrie,
02:24qui aujourd'hui, comme vous l'indiquiez dans votre introduction, est pas une croisée des chemins,
02:29mais à un moment où ils reprennent leur souffle et probablement certaines positions par rapport aux maisons.
02:37Est-ce que vous vous êtes posé la question, en vous lançant dans cet ouvrage, si c'était un ouvrage
02:43de trop,
02:43pourquoi l'avoir fait ? Parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de commentaires.
02:46Et pourquoi ? Pour anticiper le Luxe pour 2030, pour donner une perspective ?
02:52Alors, effectivement, j'ai eu l'occasion d'écrire déjà deux ouvrages sur le sujet.
02:57L'un qui était presque déjà une perspective, pour mieux encore définir, à un moment d'effervescence,
03:03avant même du Covid, qu'était le Luxe aujourd'hui.
03:07En dehors de l'artisanat, la créativité, l'héritage, il y avait aussi des nouvelles dimensions,
03:13qui déjà en 2019 s'apparentaient ou engageaient le Luxe.
03:18La responsabilisation, la durabilité, et aujourd'hui on a un petit peu plus de recul
03:22pour savoir ce qu'ont fait les maisons ou pas.
03:24Cet ouvrage, en fait, il est venu de différents échanges à travers le monde,
03:31de Shanghai à Hong Kong, ou Abu Dhabi à Dubaï, avant les événements.
03:38Et ça m'a donné, grâce d'ailleurs à un cabinet que j'accompagne également,
03:42qui s'appelle SIA, et qui est particulièrement impliquée et agissante
03:48dans les problématiques de transformation, également liées à l'IA et à la digitalisation.
03:53Donc, si vous voulez, cet ouvrage est aussi le fruit de mes échanges récents,
03:58comme plus longs, et j'avais justement besoin, je pense, de tordre le cou
04:03à un certain nombre de commentateurs, d'observations,
04:08qui chargent à tort ou à raison le luxe.
04:12Il faut reprendre, ça vous fait sourire, moi aussi, parfois c'est un peu étonnant,
04:18mais on a toujours l'impression, avec le luxe, qu'on tire sur la caravane,
04:22alors que les chiens aboient, mais la caravane passe,
04:27et qu'on a affaire à des très belles maisons.
04:30D'ailleurs, vous assumez de parler de luxe, mais au sens de l'excellence,
04:33de l'exigence et de la cohérence, surtout, loin du discours des marques
04:37qui aime le récit de l'artisan, pour remettre du sens et de la valeur,
04:43loin de l'industrie et ses excès, ou alors c'est que vous assumez
04:46de regarder tel que c'est ?
04:49Alors, reprécisez la question, c'est-à-dire qu'en fait,
04:52vous me demandez si on reste sur les fondamentaux,
04:56à savoir l'artisanat, l'excellence du produit.
04:59Je ne vais pas citer, mais je peux le faire,
05:00M. Arnaud, qui a récemment, dans une interview,
05:04a rappelé le cœur du moteur.
05:06Le corps du moteur, c'est le produit.
05:08Après, qu'il y ait différentes expériences liées aux produits,
05:11de services et de nouvelles dimensions qui sont liées à la longétivité,
05:16on en parlera, etc.
05:17Oui, mais le cœur de l'offre, c'est l'excellence, la qualité,
05:23l'artisanat qui sont liées à la production des produits.
05:27Loin de l'industrie et de ses excès, il y a un parti pris ici.
05:30En revanche, d'ici à 2030, c'est projeter le chemin avec l'IA.
05:35Que vous voyez quoi ? Comme allié ? Comme révélateur ?
05:38C'est ça qui ressort dans votre ouvrage et pas comme quelque chose
05:41qui va venir saper une industrie.
05:44Tout à fait.
05:46Est-ce que j'ai une conviction, en tout cas, à l'analyse de ce que sont aujourd'hui
05:51les premières adoptions, les premiers cas d'usage autour de l'industrie,
05:57en tout cas auprès des maisons que j'accompagne pour certaines,
06:00c'est qu'on a à faire, en fait, à un outil ? Pour moi, c'est un outil.
06:03Et ce qu'il va révéler, ça sera la décision des présidents, des directeurs, de chaque fonction.
06:12Si on parle de la chaîne de valeur qui est liée à la logistique, par exemple,
06:18qui est plus précis encore, on va avoir un outil qui va vous aider à mieux anticiper les commandes.
06:23C'est aussi simple que ça.
06:24D'ailleurs, c'est d'abord par la logistique que l'IA est rentrée dans les maisons.
06:27Alors ça, je ne peux pas, il faudra poser la question aux maisons.
06:31J'ai toujours beaucoup d'humilité.
06:32Moi, je ne suis qu'un consultant observateur.
06:35J'ai des informations.
06:37Mais effectivement, la logistique est clairement un des sujets qui est pris par partie,
06:43mais que l'IA aide à rendre de plus en plus efficace et optimisé.
06:49– Révélateur, allié, vous posez la question à un moment dans l'ouvrage,
06:54quel luxe mérite d'exister en fait en 2030 ?
06:56Ça se résume à ça.
06:57Est-ce que c'est ceux qui auront la solidité, qui seront restés fidèles à leur ADN ?
07:02– On a déjà la réponse.
07:05On connaît l'identité et la force de marques comme Hermès, Chanel,
07:12parce que ce sont des maisons qui ont été en majeure partie fidèles à elles-mêmes
07:19par leur constance, par leur régularité, par leur transparence, par leur engagement, etc.
07:27Donc, est-ce qu'il y aura certaines maisons qui auront du mal à survivre
07:35cette nouvelle vague de digitalisation, d'optimisation des maisons ?
07:42Probablement.
07:43– Mais c'est celles qui sont déjà mal positionnées en fait ?
07:46– Dans ce sens-là, c'est vrai que ça peut être un révélateur de maisons
07:50qui ne sont pas très bien ancrées et très bien positionnées.
07:53D'où l'importance du positionnement.
07:55– L'IA est d'abord entrée là où elle n'est pas visible, on a parlé de logistique.
07:59Au-delà, elle doit être quoi ?
08:01Au service d'une vision précise, d'un positionnement clair, ça revient à la solidité.
08:06Mais derrière, il y a un atout aussi de ce que ça peut déployer, développer
08:10avec cette clientèle de très très hauts revenus.
08:13Parce que la clé, c'est aussi l'extrême personnalisation du service
08:18et c'est là où il y a une évolution et l'IA sera un véritable allié.
08:23– Allié, j'aime bien cette terminologie, ça va être un allié.
08:27C'est-à-dire qu'en fait, pour moi, l'IA va dégager plus de temps à l'humain.
08:32C'est paradoxal, mais plus on aura une optimisation de la connaissance des clients,
08:38quels qu'ils soient, qu'ils soient les plus riches, les plus captifs,
08:42que même l'IA va probablement permettre aux maisons de servir un éventail plus large encore de consommateurs, de clients.
08:52– Finalement, on en revient à une massification de la clientèle, à une ouverture de la proposition,
08:57ce qui a un peu perdu certaines maisons, mais ça ouvre le champ des possibles
09:02en termes de relations augmentées et de personnalisation.
09:04– Alors, ce n'est pas ce que j'ai dit, mais je résiste, non, ce n'est pas ce
09:09que j'ai dit.
09:10Au contraire, je pense qu'il y aura une meilleure exploitation,
09:13enfin exploitation, le terme à prendre avec des pincettes.
09:16– C'est un meilleur fléchage.
09:17– Une meilleure personnalisation, un meilleur service pour des clients qui ont une relation longue avec les maisons
09:27et les maisons vont être en mesure de capitaliser sur cette relation.
09:31Qu'il y ait d'autres clients qui seront d'autant mieux servis plus largement, peut-être.
09:36Ce sont des grandes maisons.
09:38Louis Vuitton fait 25 milliards.
09:40– Oui, l'assise est large.
09:41– L'assise est large, voilà.
09:43– Donc on en revient à la bataille des données, on le sait, l'exploitation de ces données.
09:46C'est la conséquence aussi du basculement de l'avoir vers l'être dans la relation du luxe.
09:52Vous précisez, et on l'a beaucoup vu ces derniers mois dans votre ouvrage,
09:57ce qui joue aussi, ce qui se joue aussi, c'est les nouvelles géographies du désir, de la désirabilité et
10:03du luxe.
10:03Avec cet exemple tout particulier du luxe américain,
10:07qu'on regarde parfois en tant qu'Européen avec un peu de dédain,
10:10mais qui a finalement réussi à installer une relation particulière
10:13et peut-être en intégrant une expérience différente avec la tech ?
10:17– Alors, si on doit définir aussi les différentes régions,
10:21les États-Unis est un bon exemple, donc je rebondis dessus,
10:24les marques auxquelles on pense, c'est Ralph Lauren.
10:26La question, c'est est-ce que c'est une marque de luxe ou une marque contemporaine ?
10:30– C'est ça.
10:31– Avec des codes empruntés au luxe, ce qui est un peu différent.
10:34Donc les vraies marques américaines de luxe, il y en a, mais beaucoup plus accessibles.
10:39– Oui, parce qu'ils ont encore une possibilité aussi d'augmentation de prix
10:43et d'augmentation de valeur.
10:44– Oui, mais le prix est un indicateur, ce n'est pas tout.
10:49C'est le problème aujourd'hui.
10:50On a augmenté peut-être trop rapidement le prix
10:52et la valeur perçue, donc le désir, n'a pas suivi.
10:57Donc ça, c'est un des enjeux.
10:58Les États-Unis, pour revenir à votre question,
11:01de savoir si certaines marques vont continuer à se développer,
11:04comme c'est le cas pour Ralph Lauren, oui,
11:06mais en adressant à la limite une nouvelle proposition de valeur.
11:11Là encore, moi, je ne compare pas Dior à Ralph Lauren, à Tory Burch ou Coach.
11:18Ce sont des propositions différentes,
11:20avec des codes parfois qui se mêlent et qui se confondent,
11:24d'où la confusion.
11:26Mais Dior restera, ou Laurent Piana, ou d'autres maisons qui font référence,
11:32Hermès évidemment, Chanel,
11:33qui feront toujours référence à notre connaissance et notre rapport au luxe.
11:38On a beaucoup parlé ces derniers jours de l'Oréal et de la force aussi de l'Oréal.
11:44Là aussi, on peut s'interroger sur la capacité à considérer l'Oréal
11:48comme une maison de luxe ou pas.
11:49Dans tous les cas, il y a un positionnement de la beauté
11:51qui devient incontournable, de la performance, de la science.
11:54Là aussi, il y a l'occasion avec l'IA de faire rentrer la preuve
11:59et cette démarche de la science au service d'eux.
12:05Là encore, est-ce qu'on parle du luxe ou de luxe ?
12:09Est-ce que la proposition de la prairie,
12:12probablement là, on est sur un positionnement de luxe
12:15et que cette proposition sera d'autant plus portée sur la longétivité ?
12:19Oui, est-ce que l'IA va l'aider ?
12:21Poser la question à l'Oréal.
12:24Je ne suis pas un technicien.
12:28Donc l'IA, dans tous les cas, votre parti pris ne va pas remplacer,
12:32elle va complémenter.
12:34Vous ne prenez pas trop de risques là ?
12:37Non, il n'y a pas de risque à prendre.
12:39C'est qu'on a un outil incroyable.
12:41Ça, c'est la vérité.
12:42Chacun fait sa pratique, son usage.
12:47Mais pour ces maisons-là, regardez, là aussi,
12:50j'ai acheté un petit aparté.
12:51C'est des maisons qui se sont bâties parfois dans une centaine d'années.
12:55Donc l'IA va permettre probablement d'exploiter davantage leur capital
12:59et leur héritage.
13:01Et voilà.
13:02Et à partir de là, je ne prône pas l'IA.
13:05C'est que l'IA vient à un moment où il y a une accélération incroyable
13:12de la croissance de ces maisons.
13:14Ça date de 15 ans, 20 ans parfois.
13:16Et que là, on a encore un effet ou un outil qui pourrait accélérer davantage,
13:21à la fois à la hausse comme potentiellement à la baisse.
13:26Vous allez jusqu'à dire, et vous l'évoquiez au début de cet entretien,
13:30que l'abondance d'intelligence est au service de la rareté.
13:34C'est-à-dire ?
13:35Alors, en fait, l'abondance d'intelligence va probablement dégager davantage de l'humanité.
13:42C'est-à-dire que plus on aura toute la partie invisible qui sera gérée par l'IA,
13:47plus on aura une interface avec les clients, donc le facteur humain.
13:52Donc, c'est pas la rareté, c'est plus d'abondance d'intelligence, plus d'abondance d'humanité.
13:59Ce qui est paradoxal.
14:01Oui, ce qui est paradoxal, parce qu'au final, en 2030, c'est encore de l'humain
14:05qui est au centre et qui est structurant pour le luxe.
14:10Ça a toujours été structurant et le facteur humain, un artisan, vous n'avez pas lui enlevé son artisanat ou
14:19ses outils.
14:20Donc, après, l'histoire se construira devant nous.
14:24Peut-être que certaines maisons choisiront d'utiliser l'IA à des fins qui leur appartiennent.
14:29Mais en attendant, les maisons comme Hermès ou d'autres, que je connais peut-être mieux que d'autres maisons
14:35en embuscade,
14:37elles vont continuer à capitaliser, à faire ce qu'elles ont fait depuis des centaines d'années.
14:42L'IA va être un outil qui va probablement les aider à flécher davantage d'humanité, dans les meilleurs scénarios.
14:49Et donc, je parlais de revenir aussi sur un point que vous évoquez, là, qui m'a un peu plus
14:55surpris,
14:55mais qui fait écho, qui apparaît logique dans ce que vous dites à l'instant.
14:59Il y a un enjeu de gouvernance même, justement.
15:02Comment on intègre l'IA et comment on fait ce choix maintenant et qui devient essentiel pour la gouvernance des
15:09entreprises ?
15:10Il y a effectivement, et c'est d'autant plus compliqué, vous avez en tant que président ou directeur du
15:17marketing,
15:18ce sont mes interlocuteurs, des choix à faire, des arbitrages.
15:21Vous ne pouvez pas tout faire.
15:22Donc, de la même façon, quelle importance on donne à l'IA ?
15:26Ça coûte de l'argent.
15:27Est-ce que certaines maisons choisissent pas d'IA ?
15:31Pas d'IA à la maison.
15:32En revanche, d'autres qui ont plus de moyens vont probablement, et le font déjà, investir les moyens qu'offre
15:38l'IA.
15:38Et donc, dans ce sens-là, on aura un arbitrage.
15:42Est-ce que je mets beaucoup d'argent dans l'IA, dans le traitement des données,
15:46qui va me permettre de mieux servir les clients ?
15:48Ou est-ce que je continue à communiquer à outrance, parfois, avec une multiplication des couleurs à abhoration ?
15:54Ou pour certaines maisons, je fais tout, j'utilise tous les leviers, mais il y aura clairement, pour l'ensemble,
16:00la plupart des maisons, un problème d'arbitrage.
16:03Mais est-ce que ça apparaît pas comme un avantage concurrentiel de s'être lancé dans l'IA, et dans
16:10l'investissement en l'IA ?
16:12Est-ce qu'on peut encore se dire, bah non, j'en fais pas du tout ?
16:15C'est un risque. C'est clairement un risque.
16:18Et là, je pense qu'il y aura probablement, comme déjà c'était le cas, le Covid, vous avez vu,
16:23il y a eu un certain nombre de maisons qui n'ont pas résisté.
16:25Là, je pense que c'est la vie des entreprises.
16:28On peut regretter Kodak, on peut regretter Nokia, on regrettera Sonia Riquel, qui est partie, on regrettera certaines maisons.
16:40Il y aura l'émergence d'autres maisons, mais j'attire l'attention qu'un saumon, dont on parle beaucoup,
16:47puisqu'on parlait de la régionalisation du désir également, c'est une des hypothèses aussi.
16:51L'imaginaire ne viendra pas que de l'Europe, mais des États-Unis, de la Chine, etc.
16:55Mais il y aura, pour ces maisons qui sont centenaires, séculaires, il y aura cette capacité d'exploiter l'héritage
17:04des maisons.
17:05Et ça, c'est un avantage concurrentiel.
17:07– Donc on en revient à la solidité de l'ADN, à l'ancrage et à l'adéquation avec l
17:12'histoire, avec le patrimoine, les archives.
17:15Bon, en fait, on met de côté un luxe qui a fini sa psychanalyse, parce qu'on a l'impression
17:18que le luxe est dans une crise existentielle.
17:20On est sur quelque chose de beaucoup plus concret.
17:23– Alors, une question existentielle.
17:26Je ne sais pas si, quand vous avez à gérer ces maisons-là, vous avez une crise existentielle ou juste
17:31une crise de gestion, en toute honnêteté.
17:34Que les observateurs aient des crises existentielles pour les maisons, pourquoi pas ? Peut-être.
17:39Mais aujourd'hui, et j'en connais plusieurs, ils ont d'autres préoccupations, ils peuvent se poser des questions de
17:46sens.
17:46Ils ont eu le temps pendant le Covid, d'ailleurs, on parlait beaucoup de sens, à un moment où c
17:50'était quand même particulier,
17:51on n'avait pas beaucoup de visibilité.
17:53Mais là, je pense que ce n'est pas une crise existentielle.
17:56C'est le business, avant tout, comment je traverse cette nouvelle vague d'innovation, puisque c'est d'innovation,
18:06et comment je l'exploite au mieux, pour être positif.
18:10– On peut encore parler d'industrie du luxe, c'est un secteur qui pèse largement.
18:14Ivan Ania, merci d'avoir été dans Iconic Business aujourd'hui.
18:18Votre ouvrage, le luxe à l'horizon 2030, paru chez Dunod, pour avoir de la perspective, un ouvrage prospectif.
18:26Merci.
18:27Tout de suite, l'iconique capsule Phénomènes et tendances, avec notre partenaire IconFrance.
18:36L'iconique capsule Phénomènes et tendances, cette semaine, avec notre partenaire IconFrance,
18:41et James Lefford, rédacteur en chef d'IconFrance, est avec nous.
18:44Bonjour, James.
18:45– Bonjour, Audrey.
18:46– Alors, avoir fière allure, une expression très, très française, au cœur de ce numéro 8 d'IconFrance.
18:53Pas moins de six couvertures, d'ailleurs, on ne fait pas les choses à moitié chez vous.
18:58D'ailleurs, si vous nous regardez en télévision, vous allez les découvrir.
19:02Bon, il y a tous les styles.
19:03– Oui, c'est ça. En fait, nous avons deux grands acteurs britanniques, avec Nicholas Holt, et en plus, Theo
19:14James, qui est dans la série The Gentleman.
19:16Nous avons le grand joueur de tennis, Taylor Fritz, et bien sûr, à côté France, nous avons l'artiste, chanteur,
19:23d'Isis, le jeune acteur Paul Kirchner, en plus le grand acteur Victor Belmondo.
19:28Donc, nous sommes très contents, parce que, aussi, c'est notre numéro de mode. Et bien sûr, nous avons 260
19:34pages dans le magazine. C'est un grand magazine, oui.
19:37– Et donc, c'était l'occasion que chacun amène sa touche de style ?
19:42– C'est ça, toujours. En fait, c'est vrai que notre objectif est aussi de voir le style français.
19:51On va parler de ça un peu plus tard.
19:53Mais c'est vrai que chacun porte une allure différente. D'Isis, il est plus un petit peu dans le
19:59style urbain. Mais nous avons aussi Victor Belmondo dans le costume, le tuxedo.
20:05– Et avant de revenir, justement, sur le style français, particulièrement, quelques mots de ces plus de 200 pages. Qu
20:12'est-ce qu'on trouve ? Qu'est-ce qui va nous donner envie ?
20:15– En fait, dans le magazine, nous avons un réputage sur le Range Rover sur mesure. Aussi, un luxury voyage
20:23sur les Nils. Nous avons parlé de la virility dans la mode.
20:29Aussi, le retour du dandisme. Et en fait, nous avons aussi, de la façon dont l'allure permet de reconnaître
20:40les méchants au cinéma.
20:42– Ça, c'est fun aussi, bien sûr, parce qu'on a pensé de tous les films de James Bond.
20:48– Évidemment.
20:49– Oui. L'un de mon article préféré, c'est le retour de la moustache.
20:53– Ah oui, mais on en voit partout. Et ça, clairement, c'est le retour en force de la moustache.
20:58Et ça, ce drap à suivre.
20:59D'ailleurs, si on regarde le style français de manière contemporaine, là, on pourrait se dire que la moustache, c
21:07'est surtout le style parisien.
21:08La moustache en fait partie, mais c'est une parenthèse. Mais qu'en est-il du mystère du style français,
21:13James ?
21:13– Oui, c'est ça. En fait, parce que, bien sûr, je suis anglais. Et en même temps, comme tu
21:18fais l'observation de France, je pense de la gastronomie, je pense de la chantalerie.
21:21– Vous êtes le mieux placé, justement, pour regarder ça.
21:24– Oui, bien sûr. Il y a toujours la haute couture. Mais, en fait, je connais très bien le style
21:29français au féminin.
21:31Mais quand je parle du style français au masculin, c'est moins évident. En fait, avec Julien Lambert, le journaliste,
21:38on posait cette question, pourquoi c'est moins évident ? En fait, si géographiquement, en fait,
21:45la France se trouve entre deux différentes, on peut dire, deux différentes grandes traditions du style masculin.
21:53– À Londres, il est savoureux, avec le costume bespoke, bespoke confort, qui fait sur mesure pour chaque clientèle.
22:00Avec le code, on peut dire, assez strict, avec la chemise, la cravate, la brochette.
22:06C'est très connu, cette look.
22:07À l'autre côté, en Italie, à Milan, nous avons un look milonaise, un petit peu avec le costume un
22:15petit peu plus souple,
22:16avec des tissus très nobles, mais en même temps, encore avec le code, la cravate, la chemise, le morcassin, c
22:24'est très élégant.
22:25En fait, c'est intéressant parce que le petit neveu de Jean Lovain, Bernard Lovain, dans un bouc,
22:34« L'élégance », en fait, il fait un bouc, « Le guide d'élégance au masculin »,
22:39il dit que le style français, c'est toujours entre le classisme de Savoie et le style traditionnel d'Italie.
22:47Donc, il faut pouvoir toujours switcher, adapter, mais bien sûr, il existe aussi un style français contemporain.
22:56Il y a des marqueurs maintenant.
22:58Oui, il y a la marque comme, on peut dire, APC, l'Officine Générale, AMI, on peut dire la mer,
23:04October Editions.
23:06En fait, bien sûr, peut-être qu'ils n'habillent pas tous les mondes, en même temps, ils influencent beaucoup
23:13de gens.
23:14Il y a aussi le grand, tu sais, directeur artistique comme Hedy Sleman, qui est la porte aussi pour Dior,
23:23Saint-Laurent, Céline.
23:24Lui-même, il prend beaucoup d'inspiration dans les groupes britanniques de musique, aussi français, aussi la nouvelle vague de
23:31cinéma.
23:32Et aussi, il fait leurs observations dans la rue, en fait, comment tout le monde peut-il.
23:37En fait, ça, c'est très important, c'est une grande force d'inspiration pour lui.
23:42Oui, aussi, si on parlait de Pierre Meo, le fondateur, un designer d'Officine Générale, il prend beaucoup d'inspiration
23:54dans, on peut dire, la nouvelle vague de cinéma.
23:57À l'époque, cette forme d'élégance décontractée qui était portée par Jean-Paul Belmondo et Hélène Delon.
24:05Il voit encore cette élégance, cette transmission d'élégance dans les jeunes acteurs.
24:10On peut parler de Louis Guerrelle ou le danseur Benjamin Milpied.
24:16Et bien sûr, il y a toujours un grand designer aujourd'hui, Alexandre Matussi, d'Ami, qui est toujours inspiré
24:24de Paris.
24:25Il adore cette forme d'élégance quotidienne avec les pièces, les vêtements en temporel portés avec une simplicité et une
24:35liberté.
24:36Oui, c'est ça, la clé.
24:37Oui, c'est ça, c'est la liberté, en fait.
24:40Ça, c'est la différence.
24:41Parce que, comme je l'ai dit, j'ai déjà parlé de ce code assez strict en Angleterre, à Londres,
24:46au Synode, à Milan.
24:48Non, mais en même temps, il y a cette liberté.
24:50On dit, en Anglais, nous avons une observation de le français avec le French touch ou le French tuck.
24:56C'est la façon de peut-être porter une chemise, une moitié de l'intérieur, une moitié de l'extérieur
25:01d'un pantalon ou une jupe.
25:02C'est la même chose pour un t-shirt avec une veste.
25:05C'est l'élégance décontractée.
25:07Je me souviens, à l'époque, j'ai fait une couverture avec le grand acteur Jean Desjardins.
25:14C'est dans le Lucassi Prep Style, j'essaie de nouer la cravate et il m'a dit, en fait,
25:18je préfère de dénouer la cravate.
25:20En fait, c'est cette petite touche, cette petite rébellion.
25:24Aussi, on ressemble tous les éléments ensemble.
25:28En fait, pour moi, le style français, ce n'est pas une question, le style français au masculin, ce n
25:35'est pas une question de vêtements.
25:36C'est plus la façon dont on les porte.
25:39Oui, c'est un peu le côté révolutionnaire du français.
25:42Oui, c'est ça.
25:43Qui ressort.
25:43Merci beaucoup, James Desjardins, rédacteur en chef d'Icon France.
25:46Le numéro 8 d'Icon France à découvrir est tout savoir du style français et aussi de la moustache.
25:52Iconic Business, le luxe par BFM Business.
25:55Dès à présent, Henri Pé et podcast sur l'app et toutes les plateformes.
26:00Iconic Business, le luxe by BFM Business.
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