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  • il y a 15 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00Alain, je vous laisse nous rejoindre sur ce plateau et Philippe Martinez qui en a connu quelques-unes des manifestations
00:05en tant qu'ancien secrétaire de la CGT,
00:07syndicat qu'il a dirigé pendant 8 ans, de 2015 à 2023 et qui nous rejoint ce soir pour un
00:13Face à Alain Doamel.
00:15Bonsoir cher Alain, comment allez-vous ?
00:16Bonsoir.
00:17Ravi de vous retrouver. Bonsoir Philippe Martinez.
00:19Bonsoir.
00:20Soyez le bienvenu.
00:21Merci.
00:21Vincent Ventiguem, petit rappel simplement ce soir pour tous ceux qui nous feront l'amitié de nous rejoindre sur BFM
00:27TV.
00:28Le gouvernement est le drapeau rouge avant cette nouvelle journée de manifestation.
00:32Demain, ce n'est pas le drapeau rouge, c'est une image.
00:35C'est original comme image.
00:37Le drapeau rouge, attention aux violences urbaines, ça Laurent Nunez le dit depuis 24 heures.
00:41Le ministère de l'Intérieur dit même aujourd'hui, il faut s'attendre peut-être à des épisodes de violences
00:45comparables à ceux du 17 octobre.
00:48Exactement, le ministre de l'Intérieur, les autorités au sens large, anticipe, prévoit et redoute, j'ai envie de dire,
00:56trois phases dans la journée qui nous attend demain.
00:57Une phase de manifestation, sans doute demain matin, parce qu'on parle beaucoup de la manifestation parisienne,
01:02mais il y a 150 cortèges prévus dans toute la France, beaucoup demain matin.
01:06Des manifestations déclarées, autorisées, qui selon les autorités, devraient, pourraient bien se passer.
01:11Mais ensuite, on a deux craintes.
01:13La première, c'est la crainte de manifestation ou de cortège sauvage dans les villes où ça a été interdit,
01:18dans l'après-midi avec des scènes, évidemment, éventuellement de casses, de pillages.
01:24C'est l'une des craintes des autorités.
01:26Et puis surtout, demain soir, la soirée Halloween, j'ai envie de l'appeler comme ça,
01:30parce que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, y fait directement référence en disant qu'il y a de
01:35nombreux appels sur les réseaux sociaux
01:37à profiter de la fête d'Halloween pour venir déguiser, masquer et commettre des exactions.
01:41Et ça, c'est une véritable inquiétude pour les forces de l'ordre demain qui seront mobilisées.
01:45– Alain Demel, est-ce que vous êtes ce soir un homme inquiet ?
01:48– Je suis attentif et circonspect, parce qu'on sait bien que dans des circonstances de ce genre,
01:58il y a forcément des risques de débordement qui ne sont pas souhaités au départ par des organisateurs.
02:03Mais c'est vrai que l'addition de deux types, Halloween d'un côté et de revendications sociales de l
02:12'autre,
02:12c'est toujours un peu plus difficile à gérer que quand il y a un seul des deux.
02:17C'est une banalité, mais c'est une réalité.
02:19Et c'est encore une nouveauté, parce qu'en d'autres époques, Halloween, ça n'existait même pas en France.
02:27– Philippe Martinez, on s'inquiète ou pas ce soir ?
02:30Est-ce que vous considérez que Laurent Nunez en fait trop et qu'il vaut mieux en faire trop que
02:34pas assez ?
02:35Ou est-ce que vous aussi, vous estimez qu'une frange radicale liée à l'ultra-gauche
02:42ou des casseurs peuvent casser le mouvement demain ?
02:45– Je suis toujours inquiet quand les mobilisations légitimes et les revendications légitimes
02:54sont mal rapportées parce qu'il s'est passé autre chose que l'écoute des revendications dans les manifestations.
03:01Alors, moi, on a connu, j'écoutais votre plateau précédent,
03:09ces problèmes dans les manifestations depuis 2016.
03:13C'était un autre gouvernement, un autre président de la République,
03:17et on a commencé à voir phénomène de black blocs.
03:21Rappelez-vous, M. Duhamel, vous devez vous en rappeler,
03:24une mobilisation en 2016, c'était contre la loi travail,
03:29où les black blocs…
03:31– Ça avait bardé.
03:32– Notamment à l'hôpital Necker.
03:34– Oui, oui.
03:35– Et le Premier ministre de l'époque, Manuel Valls,
03:39avez-vous déjà voulu interdire une manifestation,
03:43mettant la responsabilité des problèmes sur les manifestants
03:48et non pas sur ce qui se passait à l'extérieur des manifestations ?
03:51Donc je pense que depuis 2016, et les ministres qui se sont succédés,
03:55M. Nunez a été ministre délégué du Premier ministre de l'Intérieur de l'ère,
04:02Emmanuel Macron, qui s'appelait Christophe Castaner.
04:05Donc lui aussi, ce n'est pas un bleu, si je puis dire.
04:08Eh bien, c'est comment on fait en sorte que la police encadre les manifestations
04:16et s'occupe de ce qui se passe à l'extérieur des manifestations ?
04:20Et depuis, je vous le dis, 2016, et j'ai eu l'occasion d'en discuter,
04:25on n'a pas réglé ce problème.
04:26Ils n'ont pas réglé ce problème.
04:27Parce que les manifestants viennent toujours avec des pancartes,
04:32avec des banderoles, avec des drapeaux,
04:34jamais avec autre chose que ce qu'on fait traditionnellement pour les manifestations.
04:39Il y a des additifs par rapport à...
04:41Je termine juste en disant que le problème,
04:45comme on l'évoque beaucoup depuis tout à l'heure,
04:48ce n'est pas le parcours des manifestations,
04:50c'est comment on a une politique de maintien de l'ordre
04:54pour encadrer les manifestations et pour qu'elles se passent bien.
04:57– C'est le parcours, mais c'est aussi la composition de la manifestation.
05:01– Non, non.
05:01– Ben, attendez.
05:02– Oui, oui, je vous attends.
05:05– Le problème, ça n'est pas la CGT qu'on met en cause dans ces cas-là,
05:09parce que la CGT, elle est organisée...
05:12– Pas vous.
05:13– Ben, pas moi, en tout cas.
05:14– D'autres le font.
05:15– D'autres le font, mais il y a toujours...
05:20En tout cas, à mes yeux, le problème, ce n'est pas la CGT.
05:22Mais en revanche, il y a des ajouts d'organisations
05:26ou quelquefois même pas d'organisations spontanées
05:29qui viennent là avec d'autres intentions
05:32que celles de simplement défiler, exprimer des revendications
05:36et tenter, ce qui d'ailleurs est tout à fait légitime,
05:41un rapport de force avec un gouvernement en espérant obtenir quelque chose.
05:45Mais il y en a d'autres qui viennent pour casser, pour faire du bruit,
05:49pour montrer qu'ils sont capables d'affronter la police,
05:54pour jouer contre la police, etc.
05:57Et la difficulté, ce ne sont pas les premiers, ce sont les seconds.
06:01– Oui, oui, oui.
06:02Mais vous dites, à juste titre, que ce n'est pas de la responsabilité,
06:07je mettrais des organisations syndicales en général,
06:10qui savent quand même organiser les manifestations,
06:14quel que soit le parcours.
06:16Par contre, il y a un problème de maintien de l'ordre.
06:18C'est-à-dire ceux qui donnent les consignes aux forces de l'ordre,
06:23vous savez, ils sont dans un petit bureau Place Beauvau,
06:27ils regardent des caméras.
06:29Moi, j'ai un peu d'expérience, vous aussi certainement, des manifestations.
06:32– Quelques-unes.
06:33– Et ces dernières années, j'étais devant,
06:36parce que le carré de tête, on l'indique,
06:38c'est qu'on voit qu'entre ce qu'on vit dans les manifestations
06:42et ce qu'on peut voir devant des écrans Place Beauvau,
06:45ce n'est pas tout à fait la même chose.
06:46– Pardon, mais vous, ministre de l'Intérieur…
06:48– Non, non, ça, je n'ai jamais envisagé…
06:50– Je mets une virgule.
06:50– Vous, ministre de l'Intérieur, virgule, cas d'école, exemple,
06:54comment vous lutteriez contre les casseurs ?
06:56– Non, non, mais je ne suis pas ministre de l'Intérieur.
06:57– Vous avez une connaissance des cortèges que je n'ai pas,
07:00comment vous luttez contre des milliers de casseurs ?
07:02– Je vous explique ce que j'ai vu pendant des années en étant devant.
07:07Il y a effectivement des personnes qui viennent habillées normalement
07:13et qui, d'un seul coup, il y a des techniques, on soulève un drap,
07:18et quand le drap se baisse, ils ne sont plus tout au tout habillés de la même façon.
07:22Si moi, je les vois, et si des dizaines de manifestants les voient,
07:29pourquoi ceux qui sont devant leurs écrans, ou les relais qu'ils peuvent avoir,
07:32ne les voient pas ?
07:34Voilà, et comment on fait en sorte que ces personnes
07:40ne viennent pas perturber la manifestation ?
07:43Parce qu'après, une fois que les hostilités sont lancées,
07:47je peux vous dire que la police, elle a des ordres,
07:50les politions ont des ordres, et ça tape dans tous les sens.
07:53– On sait très bien que le problème, ce n'est pas vous.
07:57Le problème, ce ne sont pas les syndicats, le problème, ce n'est pas la CNT.
08:01La police a ses ordres, on peut toujours contester les ordres qui sont donnés,
08:05et trouver qu'ils ne donnent pas la même bonne réponse au bon moment, au bon endroit.
08:10On a tout à fait le droit de critiquer.
08:11Mais il y a aussi ceux qui viennent avec d'autres intentions que des militants syndicalistes,
08:17qui ont envie de la bagarre, de pousser leur mot d'ordre quand ils en ont,
08:24quelquefois pour des raisons idéologiques, d'autres pour le plaisir de se bagarrer,
08:28de provoquer, et quand ils peuvent, de tâcher d'en profiter pour piller au passage,
08:33et que ce ne sont pas les mêmes populations.
08:35– Je viens de vous le dire.
08:36– Oui, mais je viens de vous décrire des situations.
08:39Moi, je me rappelle d'une manifestation, toujours en 2016,
08:41parce que c'est là où, je pense, eu la bascule,
08:44où ces personnes qui n'étaient pas venues là pour manifester
08:50se confrontaient directement aux manifestants, et pas à la police.
08:53d'ailleurs, moi j'ai l'image d'une manifestation nationale
08:56qui se terminait dans Paris, où les cas, c'est une manifestation nationale,
09:01donc des gens étaient venus en car, j'ai des photos,
09:04où les cars ont été aspergés de…
09:08– Ça s'est passé plus d'une fois, ça.
09:10– Je vous dis, le virage, c'est en 2016.
09:16De notre temps, si je puis dire, en général, les problèmes se passaient en fin de cortège.
09:21– La fin, je suis d'accord.
09:21– Le 17 octobre, ça a commencé ?
09:23– Avant même la manifestation présidente de la République.
09:25– Oui, oui, j'y étais, j'ai vu.
09:27– On sent très bien que, de toute façon, on est dans une période éruptive.
09:32On sent très bien, d'abord, qu'il y a un grand mécontentement,
09:36donc que ça crée un terrain,
09:38et que, sur ce terrain, il y a des organisations syndicales,
09:43des partis politiques, etc., qui essayent de jouer leur rôle,
09:46en particulier s'ils sont d'opposition, évidemment.
09:50Mais il y a aussi des ajouts et des apports avec d'autres intentions.
09:55Ce n'est pas la première fois de ma vie que je vois ça.
09:57Et vous non plus.
09:58– Non, non.
09:59– Bon, mais…
09:59– Je vous l'ai dit.
10:00– Mais, en plus, moi, je le vois souvent sous mes fenêtres.
10:03Et on voit très bien les différences entre les uns et les autres.
10:06Parce qu'il y a façon et façon de défiler.
10:12Et le début du défilé et la fin du défilé, ça se ressemble rarement.
10:15– Alors, justement, Alain Dommel, Philippe Martinez,
10:17je voudrais vous entendre tous les deux sur l'une des réponses proposées
10:19en ce moment par le gouvernement et par la majorité
10:21pour répondre à cette problématique des casseurs.
10:24C'est la loi casseur-payeur, qui est en cours d'examen au Sénat,
10:28qui fait rire, non pas le Sénat, mais la loi Philippe Martinez.
10:31– Non, ça ne me fait pas rire.
10:32– Loi qui propose de sanctionner collectivement
10:35ceux qui participent à un attroupement
10:37pendant lequel des dégâts sont commis.
10:39C'est-à-dire si, vous, Alain Dommel,
10:41vous cassez l'écran plasma qui se trouve derrière vous,
10:43mais que moi, je suis resté à côté de vous
10:47et que, malgré les deux sommations des forces de l'ordre,
10:50je suis resté, je serais condamné à payer l'écran
10:52que vous avez cassé à BFM.
10:53– Absolument.
10:54– Est-ce que vous trouvez que c'est juste ?
10:57Est-ce que vous trouvez que…
10:58– Je vais vous dire, c'est une vienne lune.
11:01Ce n'est pas la première fois que j'entends ça.
11:03De dire, les casseurs doivent être les payeurs.
11:07– Et là, c'est les amis des casseurs sont les payeurs.
11:09– Oui, mais bien sûr, les amis, les parents,
11:11les conjoints et les petits copains.
11:13Bon, ça n'a jamais marché.
11:16Si ça fonctionnait, on le saurait.
11:19Donc, ce n'est pas ça.
11:21Je ne suis pas en train de vous dire
11:22que le maintien de l'ordre, c'est facile.
11:24Et dans des périodes de ce genre, c'est compliqué.
11:29Alors, c'est en plus particulièrement compliqué,
11:32ce qui n'est pas le cas théoriquement demain,
11:33mais c'est particulièrement compliqué
11:35quand il s'agit d'étudiants et de lycéens,
11:39c'est-à-dire d'adolescents.
11:40Là, il faut vraiment faire particulièrement attention.
11:43Mais pour le reste, oui, oui, oui,
11:45c'est quelque chose qui revient régulièrement, sporadiquement.
11:49– Mais ce que vous dites, ça ne marche pas ?
11:50Ça ne dissuadera personne ?
11:52– Je crois que ça ne marche pas.
11:53Enfin, à l'expérience, ça ne marche pas.
11:56Et comme toujours, il y a ce genre de manifestation
12:00avec une volonté, un peu d'affrontement réciproque.
12:06Selon le climat général du moment, ça se passe différemment.
12:10Il y a des moments qui sont des moments de grande tension
12:12où, pour le coup, les chocs peuvent déraper,
12:16être dangereux, mal se terminer.
12:18Et puis, il y a d'autres moments où je vous dis,
12:19ce n'est jamais une partie de plaisir,
12:21mais où les choses se passent,
12:23bon, paisiblement n'est pas le bon mot,
12:25mais sans accrocs.
12:27Là, on est dans la première hypothèse
12:30et pas dans la deuxième, en tout cas, à mon avis.
12:31– Philippe Martinez, peut-être d'abord sur la loi Casseur-Payeur ?
12:34– Oui, parce que c'est stupide.
12:38En fait, c'est une loi qui veut dissuader de manifester, en gros.
12:41Parce que tous ceux qui seront dans la rue
12:44au moment où il y a des problèmes
12:46seront considérés comme complices de ceux qui ont fait les problèmes.
12:49– Après deux sommations, c'est ce que dit la loi.
12:51Après deux sommations.
12:52– D'accord.
12:53– Je vous redis ce qu'il y a dans la loi.
12:55– Quand vous êtes dans un cortège 100 mètres ou 200 mètres derrière,
13:00vous voyez, vous n'entendez pas forcément le gars casqué
13:04qui vous dit la fin de la manif.
13:06Bon, ceci dit, moi, ce que je vous fais confiance,
13:09vous voyez, ce que je vous disais au début,
13:12on parle depuis dix minutes de quoi ?
13:15Des raisons de la mobilisation
13:17ou des problèmes dans les manifestations.
13:19On parle des problèmes dans les manifestations.
13:21Je vous assure que la meilleure façon de calmer le jeu,
13:24c'est de répondre aux revendications.
13:26Vous voyez la problématique qu'on a aujourd'hui.
13:29Et le responsable, là, il est tout désigné.
13:31C'est le président de la République.
13:33– À condition, bien entendu, que les revendications
13:35soient possibles à satisfaire.
13:38– Alors justement, il ne vous a pas échappé
13:39que les dernières statistiques de l'économie française
13:41ont été publiées pas plus tard que ce matin.
13:43Pas folichonne.
13:44– Non, elles ne sont pas folichonne,
13:46elles sont pitoyables.
13:48– Une croissance qui n'est même plus à l'arrêt,
13:50qui est en recul.
13:51– Moins 0,1% pour le PIB de l'économie française
13:54au troisième trimestre.
13:56Les deux trimestres précédents étaient tout aussi mauvais.
13:59Ce qui fait dire au ministre de l'économie, Roland Lescure,
14:01que l'économie française est à l'arrêt.
14:03Alain Demel, le gouvernement a les mains vides de toute façon.
14:07Quoi qu'il veuille faire, aujourd'hui, il ne pourrait pas.
14:10– Le gouvernement, il est dans une situation de faiblesse.
14:14Bon, on sait très bien d'abord qu'il est en fin de parcours,
14:17qu'il y aura un grand changement politique de toute façon l'année prochaine,
14:21que c'est un gouvernement, je ne dis pas d'expédition des affaires courantes,
14:26mais ça n'en est pas très loin,
14:28et que, en plus, c'est un gouvernement sans ressources financières.
14:35C'est un gouvernement fauché,
14:38et que, dans ces conditions, ça ne peut pas bien se passer.
14:43– Premièrement, le président de la République,
14:46ça va faire dix ans qu'il est là.
14:47Et donc, le cumul de sa façon de gouverner
14:52depuis ces dix dernières années fait en sorte qu'on en arrive là.
14:55Ça, c'est la première chose.
14:56Parce que, vous voyez…
14:58– Au bout de dix ans, c'est toujours comme ça,
15:00même avec De Gaulle.
15:01– J'ai moins connu.
15:03– Ah ben, moi, j'ai bien connu.
15:04– D'accord.
15:05Bon, ça, ça…
15:05Chacun son expérience, M. Duhamel.
15:08Ceci dit, vous voyez,
15:10à force de considérer que ceux qui revendiquent,
15:14ceux qui se mobilisent ont tort,
15:16et que lui seul a raison,
15:17on l'a vu pour les gilets jaunes,
15:20on l'a vu au moment de la réforme des retraites,
15:22où, je le rappelle,
15:24quand tous les syndicats disent « ça ne va pas »,
15:27c'est suffisamment rare en France
15:30pour qu'il y ait un petit truc qui connecte dans la tête,
15:32pour dire « oula, on va peut-être regarder le 5 novembre »,
15:35c'est-à-dire la journée de grève et de mobilisation
15:37de l'ensemble des organisations syndicales,
15:40on est dans cette…
15:40Et en face, on a quelqu'un qui dit
15:43« j'ai raison, je vais vous expliquer,
15:45et si vous ne comprenez pas ce que vous explique,
15:47je vais vous le réexpliquer en ne rien changeant ».
15:51Par contre, plus précisément sur la situation de la France,
15:53oui, il y a un problème.
15:55Mais il n'y a pas un problème pour tout le monde.
15:56Il y a des entreprises qui font des bénéfices colossaux.
16:01On parle beaucoup de Total, mais ce n'est pas les seuls.
16:03Donc la question qui est posée, c'est quel choix politique on fait,
16:07et pas en attendant l'homme providentiel ou la femme providentielle dans six mois,
16:13quel choix politique on fait pour faire rentrer plus d'argent ?
16:19Peut-être, certaines dépenses en faire un peu moins.
16:24On parle beaucoup des aides aux entreprises,
16:27voilà un sujet qui mériterait qu'on s'y attache plus longuement.
16:30– Vous êtes en train de dire qu'à la fois,
16:33on ne demande pas assez aux entreprises,
16:36et qu'on donne trop aux entreprises.
16:38– Non, non, c'est pas ce que j'ai dit.
16:40– C'est-à-dire que, ben si, ben si…
16:42– Alors j'ai du mal m'exprimer, parce que normalement vous comprenez bien.
16:45– Vous vous exprimez très bien,
16:47mais vous dites, les entreprises ont des avantages, on les aide,
16:53il y a des aides financières aux entreprises.
16:55– Oui, sans contrepartie.
16:57– Oui, mais je ne dis pas le contraire,
16:59mais je dis, c'est ce que vous avez dit.
17:00d'une part, et d'autre part,
17:03qu'il y a des entreprises qui font des profits importants, etc.
17:08– Des grandes entreprises.
17:09– Ce qui n'est pas forcément mal en soi,
17:11de faire des profits, ça dépend en échange de quoi,
17:15en échange de quoi et au bénéfice de qui.
17:18– Exactement, exactement.
17:19– Les bénéfices, c'est une bonne nouvelle pour une entreprise.
17:22– Une entreprise qui gagne de l'argent,
17:24évidemment que c'est une bonne nouvelle,
17:25ça veut dire que les salariés ont bien travaillé.
17:27– Donc, et pas 7000, puisque vous y avez fait référence tout à l'heure,
17:29mettons les pieds dans le tas de Total et de M. Rouenet,
17:337,5 milliards de bénéfices au troisième trimestre pour Total,
17:39la première réaction de Philippe Partinez,
17:40c'est de dire, youpi, c'est bon pour un géant français,
17:44pour l'économie française, pour l'office.
17:46C'est une question, j'ai mis le point d'interrogation à la main.
17:48– Est-ce que je ne vois pas la ponctuation quand vous parlez ?
17:50– C'est une bonne nouvelle pour Philippe Partinez ?
17:52– Les entreprises qui gagnent de l'argent,
17:54évidemment, c'est une bonne nouvelle.
17:55C'est le fruit, d'abord, du travail des salariés.
17:58Après, c'est cet argent, à qui il va servir ?
18:03Et à quoi il va servir ?
18:04Est-ce qu'il va servir aux actionnaires ?
18:06Les actionnaires de Total sont ravis.
18:08Ou est-ce qu'il va servir aux salaires ?
18:11On va en parler, aux investissements,
18:14à l'amélioration des conditions de travail,
18:16et à tout le monde,
18:18c'est-à-dire que les entreprises payent des impôts
18:22à la hauteur de leurs résultats ?
18:25– Alain Dommel.
18:26– Alors, d'abord, je pense que c'est normal
18:28qu'ils paient des impôts importants,
18:30a fortiori quand il y a des profits importants.
18:33Cela dit, les profits en question,
18:35ce qui est intéressant, c'est de savoir comment ils sont utilisés.
18:37C'est-à-dire, est-ce qu'ils sont utilisés en investissement,
18:40ce qui peut être une très bonne chose,
18:43à commencer pour les salariés.
18:44Est-ce que les salariés en bénéficient ?
18:47– Sauf erreur de ma part, je crois qu'il y a eu en tout cas
18:49un geste chez Total en faveur des salariés.
18:51Alors, j'imagine que…
18:53– À la hauteur des actionnaires.
18:53– Oui, oui, non, mais je ne dis pas le contraire.
18:55– Ah d'accord, non, mais c'est bien de le dire.
18:56– C'est honnête de le dire,
18:58parce que ça ne se passe pas toujours comme ça.
19:00– C'est quand même les actionnaires qui sont le mieux servis.
19:01– Oui, mais ça ne se passe quand même pas comme ça
19:04dans toutes les entreprises quand elles se portent bien.
19:07Bon, là, au moins, il y a eu un geste.
19:11Et pour le reste, ce qui est évidemment le plus important,
19:14c'est de savoir si les bénéfices en question
19:16sont réinvestis intelligemment pour le bénéfice de tout le monde.
19:20– Et si l'entreprise paye les impôts…
19:23– Qu'elle doit payer.
19:24– Qu'elle doit payer proportionnellement.
19:25Or, vous le savez très bien,
19:26parce que vous avez un peu d'expérience,
19:28avec ce qu'on appelle non pas l'évasion fiscale,
19:33mais l'optimisation fiscale.
19:35– Absolument.
19:35– Les entreprises se débrouillent par le biais de filiales
19:38et des histoires de comptes pour diminuer…
19:41– En ayant par exemple leur siège en Irlande ou en Hollande.
19:45– En Hollande ou en Suisse ou ailleurs.
19:47– Oui, oui, mais spécialement dans ces deux-là.
19:50– Mais pas uniquement, si vous ne permettez pas uniquement
19:52le siège de l'entreprise, par le biais de création de holding
19:56où l'argent circule et qui permet de ne pas déclarer aux impôts
20:01ce qu'elle devrait normalement payer.
20:03– Ça, ça mériterait qu'on…
20:05– Il y a des discussions sans arrêt là-dessus.
20:09– Sans arrêt, mais il faudrait arrêter et puis agir.
20:12– Arrêter ou agir, c'est difficile par exemple d'interdire à une entreprise
20:17d'avoir telle ou telle organisation financière en Irlande ou en Hollande.
20:21– On pourrait prendre des mesures pour leur dire non, il faut…
20:26– À condition que tout le monde le prenne, c'est-à-dire que les autres pays européens
20:30en fassent autant au même moment.
20:31– On l'a fait, on commence à essayer de le faire pour les GAFA par exemple.
20:36– Un petit peu.
20:36– Un petit peu, pas assez.
20:38– Un petit peu et c'est un mouvement européen quand même, une réaction européenne.
20:43Pas une réaction franco-française.
20:45– Ce que je veux vous dire, c'est que c'est bien des décisions politiques
20:48qui font que, et donc vous voyez, qu'on peut trouver de l'argent.
20:52– Vous parlez de l'Europe, Alain Deamel, je voudrais vous parler de la Banque Centrale Européenne
20:56ou de celle qui la préside aujourd'hui encore, Christine Lagarde,
20:59qui a annoncé un peu à la surprise générale hier qu'elle allait rendre son tablier
21:03patronne de la BCE en février prochain.
21:05– On avance, six mois d'avance.
21:08– Six, sept mois d'avance sur ce qui était prévu et février 2027,
21:11il n'aurait échappé à personne en tout cas sur ce plateau,
21:14que c'est deux mois avant l'élection présidentielle.
21:15Christine Lagarde ajoute à tout cela que si elle part plus tôt que prévu,
21:19c'est pour reprendre sa liberté de parole politique.
21:22Je ne vais pas vous dire, et si c'était elle, avec un point d'interrogation, Alain Deamel,
21:26mais puisque le bloc central est en pleine hésitation entre Edouard Philippe,
21:30Gabriel Attal, Bruno Retailleau et j'en oublie d'autres,
21:33est-ce qu'elle peut être la solution entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ?
21:38– Alors, moi je n'y crois pas beaucoup, même je n'y crois pas du tout,
21:41parce que je pense que se présenter à la présidence en étant la plus grande banquière française,
21:50je ne suis pas sûr que ce serait le plus mobilisateur pour les électeurs,
21:54même les électeurs de droite.
21:56– Les Français n'éliront pas une banquière ?
21:59– Le fait d'être une banquière et d'être le symbole de la banquière,
22:04qui en plus est connue quand même pour son statut,
22:09qui est quand même très particulier,
22:11parce que c'est quand même la première, la femme française qui de ce point de vue
22:14a le plus de poids d'influence,
22:17quand on dit d'influence, ce n'est pas simplement d'influence française,
22:20c'est d'influence à l'échelle européenne.
22:22Bon, en même temps, c'est quelqu'un, si elle a envie,
22:27ce qui est très possible, de retrouver,
22:30elle peut avoir l'objectif aussi d'autres fonctions,
22:33mais si elle a envie, comme je le crois en tout cas,
22:36de retrouver sa libre parole en n'étant plus simplement la porte-parole de ses fonctions,
22:41mais porte-parole d'elle-même,
22:43Christine Lagarde, c'est quelqu'un qui a des choses intéressantes à dire
22:46dans cette période où sur le plan économique,
22:48on a besoin de bons conseils et de quelques solutions.
22:53Est-ce qu'elles seront bonnes ?
22:55Je n'en sais rien, il faut l'entendre.
22:57Mais en tout cas, c'est une voix intéressante.
23:00– Philippe Partine.
23:01– Une voix VOIX.
23:02– Oui.
23:02– Je n'ai pas dit VOIE.
23:04– Christine Lagarde à l'Élysée, vous faites quoi ?
23:06– Ah non, c'est un débat qui ne m'intéresse pas, quoi.
23:09Enfin, je veux dire, c'est l'impression,
23:11enfin déjà, on la connaît,
23:13il me semble qu'elle a été ministre déjà, non ?
23:14– De l'économie, quelques années, oui.
23:15– Bon, donc on la connaît.
23:18Et tous ces débats très politiciens
23:22qui consistent à dire
23:23qui pourrait être l'homme ou la femme providentiel pour…
23:27Je pense que je ne suis pas le seul à ne pas être intéressé.
23:30Quelle réponse immédiate on donne à ceux qui défilent aujourd'hui ?
23:35Les jeunes, voilà, c'est l'avenir.
23:37Comment ça se fait qu'on ne s'occupe pas d'eux ?
23:40Ceux qui travaillent, qui n'ont que leur travail
23:43pour essayer de vivre, parfois survivre.
23:46Voilà, c'est ça.
23:47Le reste, c'est des débats politiciens, à mon avis.
23:51Mais je ne suis pas autant spécialiste qu'Alain Duhamel
23:53sur la politique de la France depuis quelques décennies.
23:57– Oui, quelques siècles.
23:59– Mais en ce qui concerne Christine Lagarde,
24:02en tout cas, c'est une voix intéressante
24:03parce que d'abord, elle a une expérience internationale
24:07pratiquement incomparable pour un Français ou une Française
24:09et que si elle a envie d'exprimer quelque chose en ce moment
24:14et de créer des débats,
24:17y compris avec vous d'ailleurs, je trouve.
24:18– Si elle a des choses à dire, évidemment, on va les dire.
24:21– Forcément, elle en a forcément.
24:23– Oui, oui.
24:23– Oui, parce que quand on a l'expérience qu'elle a,
24:26on a des choses à dire.
24:26– Oui, d'autres ont des expériences.
24:28Ceux qui sont dans la rue, ils ont aussi une expérience.
24:31Vous voyez, moi je me méfie des…
24:32– Je ne suis pas du tout en train de vous dire
24:34qu'elle est la seule à avoir quelque chose à dire.
24:37Mais je vous dis, je pense qu'elle a quelque chose d'original.
24:41– Elle a sûrement des choses à dire.
24:43D'original, je ne suis pas sûr, mais ça, c'est mon point de vue.
24:46Mais ceux qui sont dans la rue aujourd'hui,
24:48ils ont aussi une expérience.
24:50Et c'est concret, leur expérience.
24:51C'est comment je boucle mes fins de mois.
24:53Comment j'ai un avenir avec les études
24:56et mes études qui se font dans des conditions déplorables.
25:00Ça, c'est une expérience.
25:01Et ce qui manque aujourd'hui, depuis quelques temps,
25:05c'est ne pas s'appuyer sur ces expériences du quotidien.
25:09Alors certains vont dire, ça ne vole pas haut.
25:11Mais c'est la réalité.
25:13Et là aussi, vous savez, il me semble qu'on a un ancien banquier,
25:17à l'Élysée.
25:18– Oui.
25:20– Oui ?
25:20– Oui, je ne suis pas sûr.
25:22– On peut faire son bilan et voir si l'expérience d'un banquier
25:27est vraiment intéressante pour la France.
25:30– Je ne suis pas sûr que ce soit la clé de la situation.
25:34– Il faut choisir les banquiers alors.
25:35– Non, non, il faut choisir les moments.
25:38Et par exemple, puisque là, on sait qu'on a des échéances
25:41à court terme susceptibles d'entraîner des changements,
25:45et bien c'est à cette occasion-là, on a six mois pour ça,
25:48où il faut proposer des solutions et qu'elles soient exposées intelligemment.
25:53– Moi, je n'ai aucune ambition, mais je vous ai proposé quelques solutions.
25:57– Et qu'on puisse comparer.
25:59– J'ai aucunement.
25:59– Comparer et évoluer.
26:02– Pas simple, évaluer.
26:04– Moi, je n'ai aucune ambition et j'ai des propositions.
26:08– Oui, bien sûr que j'ai des idées, heureusement.
26:09J'ai un avis.
26:10– Et par exemple, augmenter les…
26:12– C'est d'ailleurs pour ça que vous êtes là.
26:14– Exactement.
26:14– Je ne sais pas.
26:15– Merci beaucoup Philippe Martinez.
26:17– Merci.
26:17– Merci à vous Alain Dommel.

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