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Ce vendredi 30 octobre, Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique d'Allianz Trade, Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management, Louis de Montalembert, gérant chez Sunny Asset Management, et Sébastien Korchia, président et fondateur de Fintan Market Intelligence, se sont penchés sur l'évolution de l'économie mondiale et de l'inflation, le soutien de la croissance par l'IA, la résilience de l'économie mondiale, le bilan boursier de 2026 et ses perspectives, les contrastes observés sur les marchés financiers, les stratégies d'investissement dans le contexte actuel, ainsi que le top/flop de la semaine, dans la semaine de Marc dans l'émission C'est Votre Argent présentée par Marc Fiorentino. C'est Votre Argent est à voir ou écouter le vendredi sur BFM Business.
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00:02BFM Business présente
00:06C'est votre argent
00:08Marc Fiorentino
00:10Et on se retrouve en deuxième partie de l'émission avec Christopher Dembic, avec Sébastien Corchea, avec Louis de Montalembert,
00:16avec Anna Boata
00:16pour essayer de prendre un peu de recul par rapport à la situation actuelle et essayer de comprendre ce qui
00:21se passe et surtout ce qui va se passer justement.
00:23Ça m'amène à ma troisième question, donc en gros, sur la France, vous n'avez pas été très positif
00:29les amis, moi j'essaye de garder le moral, mais vous ne me l'avez pas donné.
00:33Comment va évoluer l'économie mondiale et l'inflation dans les mois qui viennent, Anna ?
00:38Ce qui me surprend quand même, c'est quand on voit les prévisions du FMI, ils n'ont pas revu
00:44leurs prévisions sur 2027 qu'ils avaient en avril, on est toujours à 3,4%, donc j'ai été surpris,
00:50ils n'ont pas révisé à la baisse, malgré tous les événements que vous décrivez.
00:53Mais l'inflation, moi j'ai quand même tendance à dire qu'on est plutôt sur une hausse de prix
00:58ponctuelle et pas vraiment sur une inflation qui se transmet ni au salaire,
01:02parce qu'il n'y a pas, comme vous le disiez tout à l'heure, il n'y a pas
01:04de problème de demande, le chômage est en train de remonter, l'IA crée de plus en plus de chômage.
01:10Allez-y.
01:11Je trouve qu'il y a quand même, je ne sais pas si on va l'appeler un cache-misère,
01:15mais c'est quand même l'IA.
01:16Ce qui a perturbé les prévisions macroéconomiques cette année, c'est la contribution beaucoup plus élevée de l'IA.
01:22Qu'elle soit à la croissance, par le cycle d'investissement, mais aussi à l'inflation.
01:26On ne sait toujours pas exactement combien l'IA contribue à l'inflation.
01:30On avait dit 0,3, mais en fait c'est plutôt de l'ordre de 0,5.
01:34Avec ça, on a quand même encore les tarifs qui eux-mêmes contribuent aussi à l'inflation, bien moins que
01:39ce qu'on attendait l'année dernière.
01:40Il y a plusieurs sources d'inflation.
01:42Vous dites qu'il y a de l'inflation.
01:44Parce que Jean-Marc Adel continue à dire qu'il n'y a pas d'inflation.
01:46Vous dites qu'il y a de l'inflation.
01:47Ce n'est pas une hausse des prix qui ne s'est pas transmise et qui n'est pas généralisée.
01:51Non, elle est en train de se transmettre.
01:52Et d'ailleurs, Christopher le disait très bien.
01:54L'inflation alimentaire n'est pas que venir.
01:56N'exagérez pas, il ne l'a pas dit très bien.
01:58L'inflation alimentaire, on en parle tellement peu.
02:01Trop de bienveillance, tue la bienveillance.
02:02D'ailleurs, l'inflation alimentaire, ça peut être une autre source de manifestation.
02:07Donc vous dites qu'il y a de l'inflation.
02:09Vous dites qu'elle va continuer.
02:10Il y a de l'inflation, mais ça veut dire qu'elle va continuer.
02:13Donc le pic, il sera plus tard.
02:14Donc ça veut dire que le pic, il sera probablement au printemps 2027 et pas en fin 2026.
02:20C'est ce qu'on pensait jusqu'à maintenant.
02:22Et donc, en fait, le retour à un cycle de taux baissier des banques centrales ne sera pas en 2027.
02:27Probablement début de 2028.
02:28Donc on retarde tout ça de six mois.
02:31Et donc, ça va faire aussi une croissance plus faible.
02:34Mais là, le problème de ces prévisions de croissance, c'est que derrière tout ça,
02:39quand on regarde le commerce mondial, oui, certes, on a une croissance de 4 %,
02:43mais en fait, elle est pratiquement entièrement tirée par l'IA.
02:46Le reste, ça baisse.
02:47On a des chaînes de valeur qui se récoltent.
02:49D'accord, mais l'IA est là.
02:50Oui, mais l'IA, le problème, c'est ce qu'on a parlé en début d'émission.
02:54Si on a des taux américains à 6 %, il n'y a plus de cycle de l'IA.
02:57C'est déjà, même peut-être à 5,5.
02:59Et donc, du coup, qu'est-ce qu'on fait ?
03:01Parce qu'en fait, aujourd'hui, l'IA contribue, on a fait un calcul sur la croissance mondiale,
03:05on est à 20 % de croissance.
03:07Mais on est quand même à un tiers ou plus aux États-Unis.
03:10Un tiers directement et un autre tiers indirectement par l'effet richesse.
03:14Par l'effet richesse.
03:15Donc en fait, si on a la correction des marchés actions,
03:18imaginons de 20 % ou 15 %,
03:20donc ça veut dire que déjà, les 60 % des ménages américains qui ont de l'action,
03:24c'est des effets de richesse négative.
03:26Donc ça veut dire qu'on va sur un scénario downside qu'on appelle de récession technique aux États-Unis
03:32et ça peut basculer très vite.
03:33Et donc, si on n'est pas dans ce scénario downside,
03:36ça veut dire que de toute façon, avec des taux qui sont quand même plus élevés que prévus
03:39et des besoins d'investissement qui sont quand même toujours plus élevés que prévus,
03:43on va avoir une contribution probablement plus faible de l'IA l'année prochaine.
03:47Donc de toute façon, le 2,3 aux États-Unis que l'EFMI prévoit,
03:51que nous aussi on prévoit, l'année prochaine, c'est 2 ou en dessous.
03:54Donc il faut quand même comprendre que la plupart de 2026 est déjà fait.
03:58Donc en fait, quand on regarde en 2027, ça va être une croissance plus faible.
04:03Christopher, l'économie mondiale et l'inflation dans les mois qui viennent ?
04:06Je pense que sur l'inflation, on l'a bien résumé,
04:08il y a cette thématique d'inflation qui perdure.
04:10Vous aussi, vous êtes dans le camp de l'inflation ?
04:13Oui, là vous avez quand même énormément de facteurs inflationnistes
04:16qui sont plus ou moins longs, mais qui vont rester là.
04:18Donc sur la décennie actuelle, très clairement quand même,
04:21vous avez un sujet d'inflation qui est relativement élevé
04:23et qui peut créer justement ces tensions sociales qui ont été évoquées.
04:26Sur la croissance mondiale, elle reste quand même tirée énormément
04:29par quelques secteurs, quelques pays.
04:31Moi, j'ai moins d'inquiétude sur l'IA, probablement,
04:33c'est peut-être l'élément qui est différenciant.
04:35Je suis très dubitatif par rapport à Anthropie qui va faire son introduction en bourse,
04:39mais le document d'introduction était assez intéressant.
04:41Incroyable.
04:41Non, mais il a été incroyable.
04:43Oui, oui, quand vous allez dans le détail,
04:44il y a un point qui est intéressant de mon point de vue,
04:46c'est-à-dire que vous avez toujours cette thématique,
04:48bulle de l'IA, est-ce qu'on dépense trop, etc.
04:50Et là, on voit effectivement que les dépenses en termes informatiques
04:54sont moins importantes que le chiffre d'affaires.
04:55Donc il y a vraiment une demande aujourd'hui qui est assez présente.
04:58D'accord, mais quand même, 800 milliards d'investissements,
05:04rien qu'an tropique sur les 10 ans qui viennent.
05:06D'engagement, pas d'investissement.
05:07Oui, d'accord, d'engagement.
05:09Oui, mais le point qui est important, c'est l'engagement,
05:10c'est-à-dire que cet argent, il peut être alloué ailleurs.
05:12Moi, je vois par exemple des goulottes d'étranglement
05:13plutôt sur l'aspect énergétique.
05:15Donc tous ces montants, même Nvidia,
05:17qui avaient été des montants très importants d'engagement,
05:19la réalité, c'est qu'on peut allouer en fonction des besoins.
05:22Par exemple, aujourd'hui, la thématique, c'est de dire
05:24qu'il faut investir dans les infrastructures.
05:25Il y a peut-être d'ailleurs du surinvestissement.
05:27Il y aura aussi des dépréciations d'actifs à un certain stade.
05:29Mais massive.
05:30Complètement.
05:31Mais en revanche, vous allez avoir d'autres points.
05:33Les semi-conducteurs, c'est la même chose.
05:34Aujourd'hui, les prix sont très élevés et les marges sont importantes.
05:37Mais vous avez la Chine qui est derrière et ça va se produire.
05:39Vous allez avoir les marges des fameux semi-conducteurs
05:42taïwanais et sud-coréens qui vont diminuer.
05:43Mais il y a un tel cycle aujourd'hui d'investissement.
05:46Et tant qu'on reste sur des engagements,
05:48cet argent, il peut être alloué ailleurs.
05:49Donc je n'ai pas une grosse inquiétude à cet égard.
05:52Je sais que vous n'êtes pas d'accord avec moi.
05:54Moi, je pense qu'on a une bulle de liage.
05:55Je ne dis pas qu'elle va exploser,
05:56mais je pense que ça qualifie, si on prend une checklist
05:58de tous les caractéristiques d'une bulle,
06:02on les a tous.
06:03C'est-à-dire, il y a des gens comme nous qui nous racontent
06:05que ce n'est pas comme les autres fois.
06:06C'est différent cette fois-ci.
06:08Il y a beaucoup d'endettements.
06:10Il y a une excitation du grand public.
06:12On le voit avec les valos des entreprises.
06:15Vous vous dites non, il n'y a pas de bulle de liage, Louis ?
06:17Non, je dis qu'en fait, il y a deux sortes de bulles.
06:20Il y a des bulles sur des actifs
06:21dont on sait qu'ils ne servent à rien.
06:23Par exemple, la tulipe, les NFT.
06:25On n'est pas là-dedans, on est d'accord.
06:26Et après, il y a des bulles sur des vraies révolutions technologiques.
06:31Et ça, objectivement, je pense que le problème,
06:33c'est qu'on a une grille de lecture qui est générationnelle,
06:36qui est celle de la crise de 2000.
06:38Donc, on cherche des analogies.
06:40Et toutes les analogies que vous donnez,
06:41elles cadrent très bien avec ce qui s'est passé en 2000.
06:43Avec toutes les crises, avec toutes les bulles.
06:44Le problème, c'est qu'on ne connaît pas encore
06:46l'ampleur de l'utilité des cash flow futurs,
06:50des investissements, on ne les connaît pas.
06:52C'est qu'à posteriori, on sait déjà qu'ils doivent être gigantesques
06:56par rapport au niveau de taux qu'on a actuel.
06:58Tout à fait.
06:59Ils doivent être gigantesques.
07:00Gigantesques.
07:00Mais non, mais je suis d'accord.
07:01Mais on ne pourra...
07:03C'est quoi une bulle ?
07:04C'est parce qu'il y a de l'air.
07:05C'est parce qu'on a inflaté une valeur très au-delà
07:07de ces cash flow futurs.
07:09Aujourd'hui, on est dans une révolution technologique
07:12telle que personne autour de cette table n'en a connue de son vivant.
07:15Et la seule qu'on peut évoquer, à peu près équivalente,
07:18c'est celle de l'électricité, sauf qu'elle s'est passée sur 30 ou 40 ans.
07:22Les télécoms, ça ressemble quand même un peu...
07:24Non, ça ressemble pas du tout.
07:25Je vais vous dire pourquoi ça ressemble pas du tout.
07:27Parce qu'en fait, les télécoms ont fait des investissements
07:29sur un présupposé technologique qui n'existait pas,
07:32qui n'existait que vers 2010.
07:34C'est-à-dire qu'on a anticipé des revenus
07:36qui étaient techniquement impossibles.
07:38Aujourd'hui, on a une demande qui est colossale
07:40et on n'arrive même pas à dresser cette demande.
07:42Ce qui ne veut pas dire que les marchés
07:44qui sont très focalisés sur l'IA
07:46ne vont pas connaître les bear markets
07:48parce qu'il y a un goulot d'étranglement sur l'électricité
07:51comme disait Christopher.
07:53Mais pour moi, je ne qualifierais pas encore la chose de bulle.
07:56Surtout qu'aujourd'hui, on a des multiples
07:58qui s'effondrent littéralement.
08:00Donc voilà.
08:01Je vais rebondir sur ça, sur les multiples qui s'effondrent
08:03et qui me fait penser qu'en fait,
08:05on n'a pas la même notion de bulle.
08:07C'est-à-dire, pour moi, il n'y a pas une bulle de valorisation,
08:09on vient de le dire.
08:10Un, il y a une bulle comportementale boursière,
08:13c'est-à-dire concentration sur des indices.
08:15Tout le monde est au même endroit, au même moment.
08:16Et quand tout le monde sort,
08:18ça fait comme l'indice Cospi et ça fait moins 50
08:21et vous avez 8% de l'épargne coréenne
08:23qui part en fumée en à peu près quelques jours.
08:26Il y a une bulle des profits,
08:28mais c'est une bulle parce qu'en fait,
08:30c'est juste sur un an ou sur deux ans
08:32parce qu'on ne pourra pas tenir des marges
08:33à 80, 70, 80%.
08:36Et si les valos ne sont pas chers toute la journée,
08:38j'entends, non mais c'est un bon moment
08:40pour entrer sur le S&P.
08:41Ils se payent 17 fois, 19 mois.
08:43Ben oui, parce qu'en fait,
08:44il y en a qui considèrent que c'est des valeurs de croissance
08:45et qu'ils ne comprennent pas pourquoi ils sont à 17 fois.
08:48Et en fait, la réalité, c'est que c'est des valeurs cycliques,
08:50comme ça l'a toujours été.
08:52Et donc, ça doit être valorisé comme des valeurs cycliques.
08:54C'est-à-dire que pendant que vous allez faire des super profits
08:56pendant deux ans ou trois ans,
08:57derrière, vous n'en ferez plus.
08:58C'est la prime de la longueur du cycle.
09:00Sauf qu'en fait, vu comment les Chinois vont arriver
09:03et vont apporter des prix moins chers,
09:06vu comment il peut y avoir du surinvestissement,
09:08vu comment on va être bloqué
09:10parce que les infrastructures électriques ne suivent pas,
09:12eh bien, en fait, tout ça apporte un danger.
09:16Et le danger retourne à l'économie.
09:17C'est l'économie en cas des gens qui...
09:20L'économie américaine, elle marche avec la consommation des Américains
09:23qui, elle-même, marche avec la bourse et l'effet richesse.
09:26S'il y en a un qui tombe, c'est pour ça que personne n'a intérêt
09:28à voir le S&P tomber de 20 %,
09:31parce que tout de suite, l'impact, il est sur l'économie.
09:33Alors justement, vous avez fait la transition.
09:35On va parler tout de suite des marchés.
09:36Une année étrange quand même.
09:37Des marchés qui ont très bien résisté.
09:40Vous disiez, proche de record.
09:42Alors effectivement, le CAC 40 qui est très en retard
09:45par rapport aux autres indices européens, on sait pourquoi.
09:47Très en retard par rapport aux indices internationaux.
09:50On a eu quand même l'Iran, les droits de douane,
09:53la hausse du pétrole.
09:54Maintenant, vous nous dites l'inflation
09:56et des marchés qui ont globalement tenu.
10:00Mais ce que vous nous dites, Sébastien,
10:03c'est qu'en fait, c'est un peu un écran de fumée.
10:05C'est-à-dire derrière l'IA, le reste se tient moins bien ou pas ?
10:08Derrière l'IA et tout l'écosystème d'IA,
10:11c'est-à-dire l'électricité, l'infrastructure,
10:14c'est vrai qu'il y a des profits fantastiques sur les indices.
10:17Mais n'oublions pas que quand on fait les profits de l'indice,
10:21ils sont pondérés par le poids de la valeur dans l'indice.
10:23Et comme c'est hyper pondéré,
10:24on a l'impression que c'est tout le S&P 500
10:27qui fait 30% ou 40% de la croissance des bénéfices.
10:29Mais on a vu quand même,
10:30alors je connais l'argument qui dit 493 valeurs,
10:33mais en fait, on a vu depuis quelques semaines
10:35quand même des petits rattrapages.
10:37Oui, il y a des petits rattrapages,
10:39mais vous avez quand même cette bulle des profits qui est là.
10:43Il y a ces hausses des taux qui se disent,
10:45à un moment, ça ne va pas être très intéressant.
10:47Je pense que l'allocation, elle doit se travailler
10:50effectivement sur les taux.
10:52Vous nous dites prudence sur la bourse ou pas ?
10:55Je pense qu'avec ces taux-là,
10:57plus un environnement géopolitique, post-minitaire,
10:59on ne sait pas ce qui va se passer.
11:01Et donc, on revient à toutes nos interrogations sur l'inflation
11:04et donc les taux et ceci, cela.
11:06On ne peut être que prudent,
11:08y compris sur la zone euro,
11:10contagion, pas contagion, en tout cas, attention.
11:13Oui, prudence ou pas ?
11:14On ne peut pas ne pas être prudent.
11:16Je suis tout à fait d'accord.
11:17Alors, en fait, quand on fait la liste des risques
11:20qui pèsent sur l'économie mondiale,
11:24forcément, il faut prévoir des probabilités
11:27qu'un certain nombre de ces risques se concrétisent.
11:29Néanmoins, on regarde quand même la croissance des bénéfices.
11:33Alors, il faut la regarder de manière un peu plus subtile
11:35qu'en grands agrégats.
11:38Est-ce que vous voulez dire que Sébastien ne regarde pas ça
11:40de façon subtile ?
11:41Non, justement, c'est ce qu'il fait.
11:41Mais je suis d'accord avec lui, justement.
11:44Bien essayé.
11:44Il faut regarder l'emploi aux États-Unis
11:47parce que c'est voir comment ce que l'inflation pèse
11:50sur la consommation et par conséquent sur l'emploi en dessous.
11:53C'est-à-dire tout ce qui n'est pas il y a.
11:55Et à ce moment-là, on peut garder un pied dans les marchés
11:57parce que les risques existent, se concrétisent-ils ?
12:01Ça, on ne le sait pas.
12:02Mais c'est sûr qu'en ce moment, il faut être prudent.
12:04Il y a trop de cibles mouvantes pour pouvoir se permettre de pas l'être.
12:09Alors, justement, je vais tout de suite,
12:11parce qu'on est un peu à la bourre,
12:12sur la question d'après, justement, pour faire la transition.
12:15Dans ce monde-là,
12:18vous montez une société de conseils en allocation.
12:20Qu'est-ce qu'on conseille aux gens qui nous écoutent ?
12:23Louis dit à 5% sans risque, il faut foncer sur les obligations.
12:29Non, je dis ça pour vous énerver.
12:31Je sais que vous détestez ça.
12:32Je vais vous étonner tout à l'heure.
12:33Sébastien.
12:33Alors, deux choses.
12:35D'abord, et j'allais rebondir justement sur Louis et ce sujet-là,
12:40déjà, garder ses portefeuilles et arrêter, comme j'entends sans arrêt,
12:43y compris sur les réseaux sociaux, ce qui m'aura épilé,
12:46de cumuler le même risque.
12:47C'est-à-dire que quand vous dites, je fais du monde, du S&P,
12:50et puis je rajoute du Nasdaq, vous achetez trois fois la même chose.
12:53C'est complètement dingue.
12:54Donc, un, je pense qu'en fait, le bon vieux 60-40, c'est-à-dire 60% d'obligations,
13:0040% d'élections,
13:01il va retrouver un petit peu d'éclat.
13:03Et deux choses rapidement.
13:04Sur la partie obligations, oui, c'est attractif d'aller, de voir 5% sur l'OAT, 5% sur
13:10les US.
13:11Oui, mais attention, ce qu'il faut quand même expliquer aux gens,
13:13c'est que vous avez une énorme sensibilité de cette courbe des taux
13:16et que vous pouvez avoir votre obligation qui monte, qui baisse.
13:19Non, mais ce n'est pas grave, la garde à échéance, fonds obligataire à échéance, on est tranquille.
13:22Non, alors, on y vient.
13:23Et dans ce cas-là, fonds obligataire à échéance, 100%, c'est ce que j'allais évoquer,
13:27mais sur la partie courte, c'est-à-dire 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans,
13:31les fameux fonds datés que tous les établissements ont sortis,
13:34quand vous les regardez en détail aujourd'hui, ils ont profité de ça.
13:37Ils ne sont pas dans le souverain, ils sont dans les entreprises.
13:40Vous voyez qu'il y a quand même de l'attrait pour les entreprises qui sont bien gérées.
13:43Il y a 15 jours, Air Liquide émettait moins cher que l'État français.
13:4638% des grands groupes français.
13:49C'est un signe de confiance, en tout cas, de ces boîtes internationales.
13:52Et c'est vrai que quand vous regardez des fonds datés, quelles que soient les maisons,
13:563 ans, 4 ans, 5 ans, 2029, 30, 31, vous sortez du 5,
14:00voire du 6 si vous avez cherché du Aïd, ce que je n'ai pas cherché.
14:03Vous sortez du 5.
14:04Ça, c'est quand même plutôt confiance sur 3 ans sécurisant, sans volatilité.
14:08Et puis, sur la partie action, moi, je crois que le monde, ça se joue,
14:13mais ça ne se joue pas comme on dit habituellement.
14:16Ça se joue plutôt avec un tracker qui va faire le monde, mais le monde économique.
14:20C'est-à-dire vraiment le poids du PIB de chaque pays
14:22et pas le poids de la capitalisation boursière.
14:24Du S&P, si vous voulez, mais équipondéré,
14:27parce qu'on va diminuer un petit peu le poids de la techno.
14:30Et puis, on peut faire de l'Europe.
14:32Et puis, les thèmes de la techno, on les fait à travers des thèmes
14:35cybersécurité, espace, etc.
14:36Mais on ne fait pas des indices généralistes comme ça, sans savoir.
14:39Merci Sébastien.
14:40Très rapidement, Louis, parce qu'on est à la bourre.
14:43Donc, vous maintenez qu'on fait du 5% sans risque.
14:46Non, alors le 5% sans risque, pour moi, c'est une hérésie,
14:48parce que dans le contexte fiscal français, 5%,
14:51il vous reste 3,5% après impôt.
14:53Vous enlevez 2% d'inflation, il vous reste 1,5%.
14:56Moi, personnellement, je ne suis pas assez riche
14:58pour vivre sur 1,5% de mon patrimoine.
15:01Mais néanmoins, je vais vous choquer.
15:04Mais si on croit à la promesse de l'IA,
15:07c'est-à-dire l'IA qui va être déflationniste
15:09sur l'ensemble des biens et services,
15:12donc sur les taux à terme,
15:14pourquoi pas acheter des durations très longues,
15:18au contraire, du 20 ans américain,
15:19en se disant, je vais avoir une appréciation.
15:22Il faudra juste serrer les fesses,
15:23parce que nos deux économistes nous disent,
15:24il va y avoir de l'inflation pendant un an, un an et demi.
15:27Voilà, c'est pour ça qu'à l'opposé,
15:31si on croit au pari déflationniste de l'IA,
15:34pourquoi pas acheter des durations très longues
15:36sur des obligations de bon du trésor ?
15:38Pas français, parce que je me méfie de la France.
15:40Enfin, je vous entends parler d'obligations.
15:42Très rapidement, top ou flop de l'année ?
15:44On commence par vous, Anna.
15:48Top ou flop ?
15:50J'avais top et flop, mais je vais faire flop,
15:52parce qu'en fait, on a parlé de l'IA,
15:54et il y a quelque chose qui, moi, m'a intriguée,
15:56de voir des sondages aux Etats-Unis,
15:58et d'ailleurs, nous aussi, chez Alliance,
15:59on a fait des enquêtes auprès des gens en Europe,
16:01il y a une angoisse grandissante autour de l'IA des gens.
16:05Ah ben évidemment, oui.
16:06Et donc, du coup, ça veut dire quoi ?
16:08Ça veut dire que les gens, à un moment donné,
16:10ils vont être contre tout développement de l'IA.
16:12On le voit aux Etats-Unis déjà avec les data centers,
16:15et après les élections aux Etats-Unis, les mid-term,
16:18on aura de plus en plus de réglementations
16:21contre l'installation des data centers dans certains Etats.
16:25Donc après, il va falloir voir où est-ce qu'on les met,
16:27tous ces data centers.
16:28Et donc ça peut un peu ralentir le cycle.
16:30Très bon thème.
16:30Top ou flop, Louis, très rapidement ?
16:32Moi, ça serait les intros en bourse de SpaceX,
16:34et puis celle d'Entropy, quand même,
16:36une entreprise qui n'existait pas il y a cinq ans,
16:37qui fait 16 milliards de chiffres d'affaires en un trimestre,
16:39un milliard de résultats opérationnels sur le dernier trimestre.
16:43On peut dire ce qu'on veut de...
16:45Enfin, c'est quand même l'économie américaine
16:47qui fabrique des acteurs et qui arrive à les amener,
16:50les financer et les amener en bourse.
16:52Où est-on en Europe ?
16:53Sébastien ?
16:54Flop, c'est l'introduction par Meta de nouvelles actions,
17:00des actions sans droit de vote.
17:0295 milliards.
17:03Oui, et veillons en plus encore après,
17:05c'est dans le prospectus.
17:05On s'aperçoit que là, ça devient compliqué.
17:08Ils n'ont plus de cash, ça devient compliqué.
17:09Eux, mais d'autres.
17:11Et ils ont moins de cash.
17:14Levé des obligations,
17:16bah oui, mais à cinq, à six, à sept,
17:18c'est quand même compliqué.
17:19Et donc, ils vont se mettre à émettre des actions
17:21sans droit de vote.
17:24Les gérants de fonds Régé apprécieront.
17:26Et pour le coup, là quand même,
17:29ça me pose des questions
17:30et ça me rappelle des vieux souvenirs.
17:32Les retraités s'en tiendront de la bourse,
17:34mais les ADP Casino, les CIP Péchiné, etc.
17:38Ça ne s'est jamais bien fini
17:39quand on ne donne pas le droit de vote
17:41dans une situation comme ça.
17:43Un top qui devient un flop.
17:44Le top, c'est tout simplement
17:45qu'une start-up américaine
17:46a réussi à reproduire de l'or en laboratoire.
17:49Malheureusement, c'est le flop.
17:50Le coût aujourd'hui de production
17:51est supérieur au prix de l'or
17:52du fait de l'énergie qu'elle consommait.