00:00C'est d'abord l'acte 3 des manifestations avec cette image, ce gendarme en feu, porte de Charenton à
00:06Paris après avoir reçu un cocktail Molotov.
00:08Il a témoigné de la violence du choc. Laurent Nunez parle d'une tentative de meurtre.
00:14Nous aimerons avoir votre opinion sur cet acte 3 des manifestations et puis nous évoquerons la présidentielle primaire ou pas
00:21primaire.
00:22Le centre arrivera-t-il à se rassembler, à rattraper Marine Le Pen qui reste en tête des sondages ?
00:27Nous vous interrogerons et justement avec moi ce matin, Stéphane Dupont, des Echos. Bonjour Stéphane.
00:31Bonjour.
00:32Et Mathieu Bocoté. Bonjour Mathieu.
00:33Bonjour.
00:33320 000 manifestants, 296 interpellations, 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour cet acte 3 de la mobilisation sociale.
00:41Et puis ce sondage, Guillaume Casbarian, Odoxa pour le Figaro, 64% des Français veulent que ça cesse. Vous aussi
00:48?
00:49Oui, clairement oui. Je commence à en avoir mort, comme tous les Français, de cette mobilisation permanente, de cette casse
00:55permanente,
00:56de ces violences permanentes et de cette agression permanente des forces de l'autre.
01:00Mais je crois que dans notre pays, on a une vision assez romancée, assez romanesque de la manifestation et parfois
01:07de la casse aussi d'ailleurs.
01:08Romanesque, c'est-à-dire ?
01:09C'est-à-dire qu'il y a...
01:10C'est le roman, c'est le récit de la France de pouvoir manifester ?
01:12Oui, chez certains en tout cas, chez beaucoup de personnes à gauche notamment, et y compris chez la France insoumise,
01:16qui l'a même théorisé sur la conflictualisation permanente.
01:20Moi, je n'ai pas cette vision romanesque-là.
01:22Je pense que l'écrasante majorité des Français veulent travailler, veulent vivre de leur travail, veulent gagner leur vie,
01:27veulent le calme, veulent l'ordre, veulent l'apaisement et ne cautionnent absolument pas ce qu'ils peuvent regarder à
01:33l'attention.
01:33Mais est-ce que ce n'est pas la preuve, justement, qu'on se retrouve devant une forme de gauche
01:36révolutionnaire qui cherche l'insurrection,
01:39qui, de son point de vue, les minorités font l'histoire devant les majorités silencieuses qui sont d'abord silencieuses
01:44?
01:44Une minorité radicale, prête à aller jusqu'au bout, peut l'emporter ? Est-ce qu'on est conscient qu
01:49'on est devant un tel adversaire ?
01:50Alors, moi, j'en suis conscient, mais quand on est démocrate, quand on est républicain, c'est la majorité qui
01:55fait la politique.
01:57Ce n'est pas la minorité.
01:58Oui, sur le plan normatif, oui, mais dans les faits, mais en ce moment, c'est la minorité qui fait
02:03la politique.
02:03Non, la minorité, elle ne fait pas la politique. La minorité, elle manifeste et elle a le droit...
02:08Elle prend l'otage de la France chaque samedi.
02:09Mais il faut savoir encadrer les choses, mettre les manifestants là où ils doivent être, mais sans débordement, sans casse,
02:17et être extrêmement ferme.
02:18Mais c'est le problème, justement, parce que...
02:19Vous avez la minorité qui commence à décider pour une majorité, là, on n'est plus dans la...
02:23Mais est-ce qu'on n'est pas à ce jour-là, en ce moment ?
02:25Absolument pas.
02:25Tous les samedis ?
02:26Il y a toujours une majorité. Il y a une élection qui arrive dans six mois.
02:28Elle permettra aux Français, dans leur majorité, de choisir un futur président, une future présidente et une future majorité.
02:35Et c'est le choix majoritaire des Français qui doit être respecté.
02:38Vous vous rendez compte ?
02:38Quand on est démocrate et républicain, on ne peut pas se satisfaire de dire,
02:41parce qu'il y a X milliers de manifestants, alors il faudrait absolument se déchouer.
02:44Vous vous dites, M. Casbarian, que vous voulez que ça cesse, mais le gouvernement a fait des annonces en début
02:48de semaine
02:50pour répondre aux revendications des lycéens et des étudiants.
02:54Et les manifs vont continuer encore, ont continué repris hier, vont continuer, il y en aura de nouveau jeudi.
02:59Est-ce que la réponse n'a pas été à la hauteur ? Est-ce que c'était une bonne
03:02réponse ?
03:03Surtout que les lycéens ont dit, juste après leur consultation, ils ont dit, nous, on va continuer à voir.
03:07C'est un peu comme au poker.
03:08C'est-à-dire, tant que les promesses n'ont pas été noires sur blancs mises sur le papier.
03:13Est-ce que le gouvernement a répondu trop tard ?
03:16Non, moi je pense que pour certains manifestants, ça ne suffira jamais.
03:20Vous avez beau lâcher des milliards, ce que moi je conteste d'ailleurs,
03:24j'ai un peu gueulé quand le ministre de l'Éducation a annoncé 5 milliards de plus,
03:28j'y ai tout de suite, voilà, ça fait des semaines qu'à l'Assemblée nationale.
03:315 milliards sur le bâti et 1 milliard sur le bâti.
03:33Les prêts, ils rentrent dans le déficit et dans la dette Maastricht,
03:35parce que c'est quand même une dépense supplémentaire des collectivités et des régions.
03:39Et donc à la fin, ça veut dire que ça augmente votre déficit et votre dette.
03:41Donc moi qui me bats tous les jours depuis 3 semaines
03:44pour baisser la dépense publique et éviter des déficits records,
03:47je ne peux pas m'en satisfaire.
03:48Mais ça ne suffira jamais parce que vous avez des manifestants
03:50qui en réalité ne veulent pas de sélection,
03:53quelle qu'elle soit, au cours de leur cursus.
03:55Il y a eu des expressions dans ce débat et dans ces manifestations.
03:57Ils veulent tout gratos ?
03:58C'est de se dire, en fait, si vous voulez devenir docteur,
04:01vous avez le droit d'être docteur.
04:04C'est la revendication de suppression de parcours sub.
04:05Mais c'est la suppression.
04:06Mais en fait, par cours sur, vous remettriez n'importe quel autre système,
04:09vous auriez des personnes qui vous diraient,
04:10moi je ne veux pas de sélection.
04:11Je veux que quelqu'un qui, bon an, mal an, a eu le bac,
04:15puisse continuer, quoi qu'il arrive,
04:16faire 10 ans de médecine, 15 si c'est nécessaire,
04:19pour devenir médecin.
04:20Et s'il veut devenir pilote d'avion,
04:22il prendra le temps qu'il faut, mais il deviendra pilote d'avion.
04:24Et puis s'il veut devenir ingénieur,
04:25il prendra le temps qu'il veut, il deviendra ingénieur.
04:26C'est-à-dire qu'il n'y a plus de sélection,
04:28il n'y a plus de mérite,
04:29il n'y a plus de tri,
04:31et on considère que toute personne qui se lève le matin
04:33et dit je veux être telle ou telle profession
04:35a le droit de l'être.
04:37Excusez-moi, moi, je suis pour la méritocratie républicaine.
04:40C'est-à-dire que, quand vous réussissez,
04:42vous avez un certain nombre de droits
04:43qui s'ouvrent à vous, des portes qui s'ouvrent.
04:45Quand vous bossez bien, quand vous réussissez des concours,
04:48quand vous réussissez des examens,
04:49alors on vous ouvre des portes.
04:50Et en tant qu'usager du service public,
04:53excusez-moi, mais j'ai envie d'être soigné
04:54par un docteur et un chirurgien qui est qualifié,
04:56qui a été sélectionné,
04:57et qui n'est pas juste quelqu'un qui a levé la main
04:59et qui a dit, écoutez, j'ai le droit d'être médecin
05:01quoi qu'il arrive.
05:02D'accord, alors je vous entends,
05:03mais ce moment-là, il faut être capable de le tenir devant les...
05:06Oui, oui, vous, mais le gouvernement, vous me corrigerez.
05:08Le bloc central, appelons-le comme ça,
05:10je n'ai pas l'impression qu'il parle avec une telle fermeté.
05:12J'ai plutôt l'impression qu'il cherche toujours
05:14à accommoder à coups de paroles mielleuses,
05:16les manifestants en vont finir par se comprendre
05:18à coups de milliards,
05:18une parole de fermeté en disant vous rêvez
05:20et vous, en fait, vous le conduisez au cauchemar.
05:22Ça, je n'ai pas l'impression de l'entendre.
05:24Moi, j'ai le discours que j'ai
05:26et vous interrogerez le gouvernement pour savoir quel...
05:28Mais ça nous arrive, ils ne répondent pas comme vous.
05:29Et donc, voilà, ils ont le droit,
05:32ils ont le droit d'avoir leur expression.
05:33Moi, j'ai la mienne,
05:34je suis, encore une fois, pour le mérite républicain,
05:37pour le fait qu'on sélectionne les meilleurs,
05:38qu'on forme les meilleurs
05:39et qu'après, en tant qu'usagers...
05:41Selon vous, les 5 milliards, c'est suffisant.
05:43Il ne faut pas lâcher plus
05:44parce qu'ils réclament toujours plus, comme vous le disiez.
05:45De toute façon, il n'y a plus d'argent.
05:47Enfin, je veux dire, 5 milliards à partir d'où ?
05:49Enfin, je veux dire, on délire, là.
05:51On a une dépense publique qui est à 1740 milliards d'euros.
05:54On a un déficit à 5,4.
05:57On emprunte à 5% de taux d'intérêt.
05:59On a le record des prélèvements obligatoires de l'OCDE.
06:03On est un des pays d'Europe qui a le plus lourd déficit.
06:05Et on voudrait nous dire, ça ne suffit jamais,
06:07il faut mettre encore plus.
06:07Mais c'est quoi le truc ?
06:08On met 5 milliards, 10 milliards, 15 milliards, 20 milliards.
06:10Qui paye ?
06:11Qui paye ? Avec quel argent ?
06:13Donc, on va demander à l'État de se surendetter
06:14et d'aller encore lever de l'argent.
06:16Et alors, encore une fois, que ça ne suffira jamais.
06:18C'est-à-dire que les manifestants dont on parle ici
06:20vous diront systématiquement, ça n'est pas suffisant.
06:23Ce que nous voulons, c'est un nombre illimité de places.
06:26Chaque demande doit être pournu.
06:27200 000, oui.
06:28Sans aucune sélection.
06:29Bon, écoutez, moi, je ne suis pas d'accord avec ce modèle-là.
Commentaires