00:00Au concours l'épine des économies de dépenses, vous êtes le grand gagnant, vous proposez 250 milliards d'économies,
00:06mais vous comptez là-dedans un gel des retraites.
00:08Est-ce que vous pensez vraiment qu'il faille faire un choc des générations, comme vous le faites,
00:13aller chercher des économies chez les retraités plutôt que de trouver peut-être de l'argent ailleurs ?
00:18En tout cas, moi je n'exclus personne de l'effort d'économie qui est à faire.
00:21Y compris les retraités ?
00:22Y compris les retraités.
00:23Je pense que d'ailleurs, on pourrait me poser la question de dire vous proposez des économies sur le social,
00:27vous en proposez sur l'État, vous en proposez sur les collectivités, vous en proposez sur l'immigration,
00:31vous en proposez sur tel ou tel aspect, mais les seuls que vous refusez de toucher seraient les retraités par
00:35clientélisme électoral.
00:38Moi je ne fais pas partie de ça, je dis très clairement que pour que des économies soient justes,
00:43il faut s'attaquer à l'ensemble des dépenses publiques.
00:46Elles sont très nombreuses, 1740 milliards d'euros de dépenses publiques,
00:49ça représente 57% de notre production de richesse chaque année.
00:53Pour vous situer, Cuba c'est 50%.
00:56Quand on me dit, vous caricaturez un peu en disant qu'on est dans un État socialo-communiste,
01:00non en fait, on dépense rapporté à notre richesse plus que des États communistes.
01:06Donc moi ce que je dis, c'est qu'il faut baisser la dépense publique,
01:08et donc au sein de cette baisse de dépense publique, je l'ai fait sérieusement,
01:11j'ai proposé un plan avec mes équipes de 250 milliards d'euros sur 5 ans,
01:16et avec tous les sujets.
01:17Il y a la question de la désindexation des retraites et de la suppression de l'abattement de 10%,
01:21là c'est sur ce qui est relatif aux retraites.
01:23Sur le social, il y a la dégressivité du RSA par exemple,
01:26je pense qu'on ne devrait pas passer au RSA.
01:27Mais là-dessus on est d'accord, mais j'ai l'impression que sur les retraités,
01:28il y a quand même un tabou, je ne sais pas si vous avez interrogé vos parents,
01:31ou des parents d'autres, je veux dire, vous bossez toute votre vie,
01:34puis à la fin on vous dit, ah bah tiens, il va falloir participer à l'effort collectif.
01:38Moi j'en ai discuté avec mes parents, figurez-vous,
01:39et j'en discute régulièrement avec mon père qui m'écoute peut-être d'ailleurs aujourd'hui.
01:42Et lui-même dit, mais je n'ai aucune raison d'avoir toujours un abattement de 10% sur mes
01:45revenus.
01:46Je n'ai pas de frais professionnels.
01:47L'abattement de 10% sur vos revenus pour frais professionnels,
01:50parce que historiquement c'était quand même ça le déclencheur de l'abattement.
01:52Que le gouvernement a décidé de réduire,
01:54et qui provoque un tollé,
01:57et tous les députés de tous les bords ont voté pour.
01:59Vous savez, il n'y a pas une économie qui ne provoque pas un tollé.
02:01Vous touchez au RSA, vous pensez que ça va se passer joyeusement,
02:04et que tout le monde va l'accepter, vous n'aurez pas des manifs,
02:05vous pensez sur un sujet pareil ?
02:07Sur les arts et maladies, si vous faites un sujet...
02:09Moi je l'ai vécu, j'ai été ministre de la fonction publique,
02:11j'ai proposé un déremboursement partiel des arrêts maladies.
02:13Donc vous avez vu que derrière j'ai eu des manifestations,
02:15j'ai eu presque un million de personnes dans la rue.
02:17Donc dès que vous touchez quelque chose, vous allez avoir des manifs.
02:19Le sujet ce n'est pas la manif qui doit guider votre action politique.
02:21Juste et après, on continue l'entretenir juste après,
02:24mais juste, est-ce que vous avez fait le chiffrage sans la mesure sur les retraités ?
02:29250 milliards avec, sans les retraités, vous tombez à combien ?
02:32Moi sur les retraites, j'ai 66 milliards d'euros entre la désindexation...
02:36Donc vous êtes à 190, c'est à peu près...
02:39Je suis à peu près à ça, je suis à 180-190, si j'enlève...
02:43Non mais c'est intéressant de savoir.
02:44M. Casbarian, vous disiez qu'il fallait couper dans toutes les dépenses publiques,
02:47celles de l'État, celles de la sécurité sociale...
02:50Celles des collectivités.
02:51Justement, sur les collectivités locales, quand on écoute les élus locaux
02:53et leurs représentants, je pense même à M. Lysnard,
02:56qui est président de l'Association des mères de France,
02:58quand les élus locaux leur disent qu'il faut réduire leurs dépenses,
03:01tout de suite ils se disent, ah non, c'est pas possible, on est à l'os.
03:04Vous avez toujours quelqu'un qui vous a expliqué,
03:05il ne faut pas faire des données chez moi, regardez ailleurs.
03:07De droite comme de gauche.
03:08Non mais attendez, je vais vous dire, je l'ai expérimenté depuis des années,
03:11ce débat-là.
03:12Dès que vous proposez la moindre économie, quelle qu'elle soit,
03:14on vous dit, cherchez ailleurs, pas chez moi.
03:16Bon, les collectivités, vous en parlez,
03:18le nombre de fonctionnaires territoriaux qui ont été recrutés ces 20 dernières années,
03:21il a augmenté de 25%.
03:23Il y a eu 500 000 fonctionnaires territoriaux qui ont été recrutés.
03:26C'est plus que la fonction publique d'État,
03:28et plus que la fonction publique hospitalière.
03:30Donc manifestement, depuis 20 ans,
03:32les collectivités ont eu largement de quoi augmenter les ressources
03:34et la fonction publique.
03:35Moi j'ai proposé, par exemple dans le cadre d'un débat,
03:37qu'on a eu la semaine dernière,
03:38le fait de dire qu'une collectivité doit s'astreindre
03:40à ne pas remplacer un départ sur deux à la retraite,
03:43et que donc quand il y a deux personnes qui partent à la retraite
03:45au sein de la collectivité,
03:47il y en a un qu'on remplace et l'autre qu'on ne remplace pas.
03:49Et si elles décident quand même de recruter plus que nécessaire,
03:52alors elle se prend une pénalité,
03:54et l'État lui dit maintenant,
03:54tu t'arrêtes de recruter du fonctionnaire en plus
03:56et de remplacer tous les départs à la retraite.
03:58On était 10 dans l'hémicycle, 16,
04:0016, à voter pour cet amendement.
04:02Donc vous voyez bien que tous les autres vous disent,
04:04bon Dieu, moi j'avais l'impression...
04:0516 sur 577, il y a beaucoup d'absents.
04:07On n'avait pas voté, il y avait beaucoup d'absents.
04:09Mais enfin on était 16 à appuyer sur le bouton pour dire
04:11oui, nous assumons de demander aussi,
04:14ce n'est pas que aussi aux collectivités.
04:16Mais est-ce qu'il n'y a pas...
04:17Sinon ce n'est pas juste.
04:18Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qu'on doit s'avouer ?
04:20C'est que fondamentalement l'État est-il réformable ?
04:22J'entends par là, vu l'ampleur de la bête,
04:25la technostructure qui est partout étendue,
04:26est-ce qu'à certains se gardent,
04:27ça ne va pas tout simplement un jour,
04:29le système va faire faillite en guillemets,
04:31casser, et là il sera presque réformé
04:33sous la pression aux extérieurs,
04:34mais de l'intérieur il est un peu irréformable ?
04:36Alors c'est possible,
04:37mais si vous raisonnez comme ça,
04:38vous êtes déjà défaitiste.
04:39Je n'ai ni défaitiste ni optimiste,
04:41j'essaie de voir comment ça se passe.
04:42Mais je vais vous dire,
04:43certains de l'Assemblée résonnent comme ça
04:44et viennent vous le dire à la buvette,
04:46vous disent,
04:47en fait, qu'est-ce que tu t'embêtes, Guillaume,
04:48à faire toutes ces économies-là ?
04:49C'est hyper impopulaire,
04:50on a des élections qui arrivent,
04:52qu'est-ce que tu...
04:52Donc rien n'a changé.
04:53Donc en fait, laisse tomber,
04:55ça s'effondrera de soi-même,
04:57et un beau jour,
04:58l'État n'arrivera plus à lever son argent à Bercy
05:01auprès des investisseurs,
05:02et la Banque Centrale Européenne
05:03mettra des conditions drastiques
05:04au rachat de dette.
05:05Des gens de quelle tendance vous disent ça ?
05:06C'est de toutes,
05:07mais je veux dire, franchement,
05:08alors à part un gauche où eux,
05:09ils ont toujours le mythe de
05:10il y a toujours de l'argent caché
05:11qui existe chez les riches,
05:13et donc en fait,
05:13il n'y aura jamais de problème
05:14parce qu'on est capable de lever l'impôt,
05:15d'augmenter les impôts et taxer,
05:17et il n'y a pas de courbe de l'affaire.
05:18Ça c'est Margaret Thatcher,
05:19Margaret Thatcher qui disait qu'à la fin,
05:20on dépensait tout l'argent des autres.
05:22Ça veut dire pourquoi la Troïka
05:23va arriver en France comme c'était en France ?
05:26Je rebondis juste sur le point de M. Bocoté,
05:28c'est que moi je considère que
05:30je pourrais très bien rester tranquillement
05:31chez moi à Nord et Loire
05:32et dire écoutez,
05:33on va attendre que ça s'effondre
05:34et puis la Banque Centrale
05:35ou le FMI
05:36ou nos partenaires européens
05:37vous imposeront des économies.
05:38Un, je considère que je suis payé
05:39pour faire mon boulot
05:40et proposer des économies
05:41donc je fais mon boulot.
05:43Deux, je trouve que ça serait défaitiste
05:44de se dire qu'il faut attendre
05:45une pression extérieure pour agir.
05:47Et trois, excusez-moi M. Bocoté,
05:48mais ça serait d'une violence
05:50que vous n'imaginez pas.
05:51Je ne me souviens pas,
05:52je cherche à décrire des choses.
05:53Non mais attendez,
05:54si la Banque Centrale Européenne
05:55demain intervient,
05:56ce n'est pas la désindexation
05:57dont on va parler,
05:58c'est la baisse de 10 à 15%.
05:59Ce n'est pas le non-remplacement
06:01d'un fonctionnaire sur deux.
06:02Ça va être le gel intégral
06:03des fonctionnaires
06:03et la baisse du point de vue.
06:06Oui, parce qu'on l'a vu
06:06dans d'autres pays.
06:08On l'a vu en Suède.
06:09Mais il ne s'agit pas de souhaiter.
06:10J'essaie seulement de voir
06:11c'est quoi la logique.
06:12Puisque ça semble irréformable,
06:14est-ce que vous ne craignez pas,
06:15je vais le dire dans des termes convenables,
06:16est-ce que vous ne craignez pas
06:17qu'à terme,
06:18les seules réformes qui viennent
06:19viennent d'une forme de système
06:20qui se bloque,
06:21qui fait faillite
06:21et la réforme vient de l'extérieur ?
06:22Je ne le souhaite pas.
06:23Tout le monde souhaite
06:24qu'on se réforme par soi-même.
06:25On n'en est pas très loin.
06:26Si on continue à dépenser autant,
06:28voire plus,
06:29que les réformes ne sont pas menées,
06:31il y a un moment
06:31où ça deviendra inéluctable.
06:32Et je ne le souhaite pas
06:33parce que je sais que ce jour
06:34où ça arrive,
06:35ça sera d'une violence sociale
06:37que vous n'avez pas idée.
06:38Et je pense que là,
06:39tout ce dont on parle,
06:39je vais vous dire à ce moment-là,
06:41les uns et les autres
06:41regretteront presque mes amendements
06:43et mes 250 milliards.
06:44Vous serez le monnaie du moment ?
06:47Est-ce que ce moment,
06:49il n'est pas très proche de nous ?
06:50Parce que quand on voit
06:51le niveau des taux d'intérêt aujourd'hui,
06:52la défiance à l'étranger,
06:53on a été dégradé par Fitch
06:55il y a encore 20 ans.
06:56Non, c'est sur la perspective.
06:57Les perspectives.
06:58Ils ont baissé.
06:59Attendez,
07:00moi je ne suis pas là
07:00pour dire que tout va bien
07:01et qu'on a évité le dire.
07:02Ce n'est pas vrai.
07:02Le déficit est toujours là,
07:04la dette est toujours là,
07:05le taux de prélèvement
07:06obligatoire encore est toujours là.
07:08Donc les problèmes structurels
07:09de notre économie
07:09et de la finance sont toujours là.
07:11Et quel que soit le résultat
07:12de l'élection
07:12dans quelques temps,
07:14ces problèmes resteront
07:15et seront à résoudre.
07:16Donc on n'a pas évité le pire,
07:18je pense que le pire est devant nous.
07:19Et je pense que si on ne fait pas
07:20les mesures rapidement
07:21de redressement
07:22des comptes publics aujourd'hui,
07:23ce sera 10 années
07:24d'austérité réelle
07:25qui pendent aux Français.
07:27Mais justement,
07:27est-ce que vous pensez ?
07:28Je pense qu'il faut
07:29que tous on se mette autour de la table
07:30en disant on baisse
07:30la dépense publique.
07:31Merci.
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