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  • il y a 3 minutes
Une heure d’entretien incontournable en partenariat avec CNEWS et Les Echos. Une personnalité politique, un dirigeant économique ou un intellectuel revient sur les grands thèmes de l'actualité et répond aux questions sans détour de Pierre de Vilno pour apporter des réponses concrètes aux Français.

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Transcription
00:00Au concours l'épine des économies de dépenses, vous êtes le grand gagnant, vous proposez 250 milliards d'économies,
00:06mais vous comptez là-dedans un gel des retraites.
00:08Est-ce que vous pensez vraiment qu'il faille faire un choc des générations, comme vous le faites,
00:13aller chercher des économies chez les retraités plutôt que de trouver peut-être de l'argent ailleurs ?
00:18En tout cas, moi je n'exclus personne de l'effort d'économie qui est à faire.
00:21Y compris les retraités ?
00:22Y compris les retraités.
00:23Je pense que d'ailleurs, on pourrait me poser la question de dire vous proposez des économies sur le social,
00:27vous en proposez sur l'État, vous en proposez sur les collectivités, vous en proposez sur l'immigration,
00:31vous en proposez sur tel ou tel aspect, mais les seuls que vous refusez de toucher seraient les retraités par
00:35clientélisme électoral.
00:38Moi je ne fais pas partie de ça, je dis très clairement que pour que des économies soient justes,
00:43il faut s'attaquer à l'ensemble des dépenses publiques.
00:46Elles sont très nombreuses, 1740 milliards d'euros de dépenses publiques,
00:49ça représente 57% de notre production de richesse chaque année.
00:53Pour vous situer, Cuba c'est 50%.
00:56Quand on me dit, vous caricaturez un peu en disant qu'on est dans un État socialo-communiste,
01:00non en fait, on dépense rapporté à notre richesse plus que des États communistes.
01:06Donc moi ce que je dis, c'est qu'il faut baisser la dépense publique,
01:08et donc au sein de cette baisse de dépense publique, je l'ai fait sérieusement,
01:11j'ai proposé un plan avec mes équipes de 250 milliards d'euros sur 5 ans,
01:16et avec tous les sujets.
01:17Il y a la question de la désindexation des retraites et de la suppression de l'abattement de 10%,
01:21là c'est sur ce qui est relatif aux retraites.
01:23Sur le social, il y a la dégressivité du RSA par exemple,
01:26je pense qu'on ne devrait pas passer au RSA.
01:27Mais là-dessus on est d'accord, mais j'ai l'impression que sur les retraités,
01:28il y a quand même un tabou, je ne sais pas si vous avez interrogé vos parents,
01:31ou des parents d'autres, je veux dire, vous bossez toute votre vie,
01:34puis à la fin on vous dit, ah bah tiens, il va falloir participer à l'effort collectif.
01:38Moi j'en ai discuté avec mes parents, figurez-vous,
01:39et j'en discute régulièrement avec mon père qui m'écoute peut-être d'ailleurs aujourd'hui.
01:42Et lui-même dit, mais je n'ai aucune raison d'avoir toujours un abattement de 10% sur mes
01:45revenus.
01:46Je n'ai pas de frais professionnels.
01:47L'abattement de 10% sur vos revenus pour frais professionnels,
01:50parce que historiquement c'était quand même ça le déclencheur de l'abattement.
01:52Que le gouvernement a décidé de réduire,
01:54et qui provoque un tollé,
01:57et tous les députés de tous les bords ont voté pour.
01:59Vous savez, il n'y a pas une économie qui ne provoque pas un tollé.
02:01Vous touchez au RSA, vous pensez que ça va se passer joyeusement,
02:04et que tout le monde va l'accepter, vous n'aurez pas des manifs,
02:05vous pensez sur un sujet pareil ?
02:07Sur les arts et maladies, si vous faites un sujet...
02:09Moi je l'ai vécu, j'ai été ministre de la fonction publique,
02:11j'ai proposé un déremboursement partiel des arrêts maladies.
02:13Donc vous avez vu que derrière j'ai eu des manifestations,
02:15j'ai eu presque un million de personnes dans la rue.
02:17Donc dès que vous touchez quelque chose, vous allez avoir des manifs.
02:19Le sujet ce n'est pas la manif qui doit guider votre action politique.
02:21Juste et après, on continue l'entretenir juste après,
02:24mais juste, est-ce que vous avez fait le chiffrage sans la mesure sur les retraités ?
02:29250 milliards avec, sans les retraités, vous tombez à combien ?
02:32Moi sur les retraites, j'ai 66 milliards d'euros entre la désindexation...
02:36Donc vous êtes à 190, c'est à peu près...
02:39Je suis à peu près à ça, je suis à 180-190, si j'enlève...
02:43Non mais c'est intéressant de savoir.
02:44M. Casbarian, vous disiez qu'il fallait couper dans toutes les dépenses publiques,
02:47celles de l'État, celles de la sécurité sociale...
02:50Celles des collectivités.
02:51Justement, sur les collectivités locales, quand on écoute les élus locaux
02:53et leurs représentants, je pense même à M. Lysnard,
02:56qui est président de l'Association des mères de France,
02:58quand les élus locaux leur disent qu'il faut réduire leurs dépenses,
03:01tout de suite ils se disent, ah non, c'est pas possible, on est à l'os.
03:04Vous avez toujours quelqu'un qui vous a expliqué,
03:05il ne faut pas faire des données chez moi, regardez ailleurs.
03:07De droite comme de gauche.
03:08Non mais attendez, je vais vous dire, je l'ai expérimenté depuis des années,
03:11ce débat-là.
03:12Dès que vous proposez la moindre économie, quelle qu'elle soit,
03:14on vous dit, cherchez ailleurs, pas chez moi.
03:16Bon, les collectivités, vous en parlez,
03:18le nombre de fonctionnaires territoriaux qui ont été recrutés ces 20 dernières années,
03:21il a augmenté de 25%.
03:23Il y a eu 500 000 fonctionnaires territoriaux qui ont été recrutés.
03:26C'est plus que la fonction publique d'État,
03:28et plus que la fonction publique hospitalière.
03:30Donc manifestement, depuis 20 ans,
03:32les collectivités ont eu largement de quoi augmenter les ressources
03:34et la fonction publique.
03:35Moi j'ai proposé, par exemple dans le cadre d'un débat,
03:37qu'on a eu la semaine dernière,
03:38le fait de dire qu'une collectivité doit s'astreindre
03:40à ne pas remplacer un départ sur deux à la retraite,
03:43et que donc quand il y a deux personnes qui partent à la retraite
03:45au sein de la collectivité,
03:47il y en a un qu'on remplace et l'autre qu'on ne remplace pas.
03:49Et si elles décident quand même de recruter plus que nécessaire,
03:52alors elle se prend une pénalité,
03:54et l'État lui dit maintenant,
03:54tu t'arrêtes de recruter du fonctionnaire en plus
03:56et de remplacer tous les départs à la retraite.
03:58On était 10 dans l'hémicycle, 16,
04:0016, à voter pour cet amendement.
04:02Donc vous voyez bien que tous les autres vous disent,
04:04bon Dieu, moi j'avais l'impression...
04:0516 sur 577, il y a beaucoup d'absents.
04:07On n'avait pas voté, il y avait beaucoup d'absents.
04:09Mais enfin on était 16 à appuyer sur le bouton pour dire
04:11oui, nous assumons de demander aussi,
04:14ce n'est pas que aussi aux collectivités.
04:16Mais est-ce qu'il n'y a pas...
04:17Sinon ce n'est pas juste.
04:18Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qu'on doit s'avouer ?
04:20C'est que fondamentalement l'État est-il réformable ?
04:22J'entends par là, vu l'ampleur de la bête,
04:25la technostructure qui est partout étendue,
04:26est-ce qu'à certains se gardent,
04:27ça ne va pas tout simplement un jour,
04:29le système va faire faillite en guillemets,
04:31casser, et là il sera presque réformé
04:33sous la pression aux extérieurs,
04:34mais de l'intérieur il est un peu irréformable ?
04:36Alors c'est possible,
04:37mais si vous raisonnez comme ça,
04:38vous êtes déjà défaitiste.
04:39Je n'ai ni défaitiste ni optimiste,
04:41j'essaie de voir comment ça se passe.
04:42Mais je vais vous dire,
04:43certains de l'Assemblée résonnent comme ça
04:44et viennent vous le dire à la buvette,
04:46vous disent,
04:47en fait, qu'est-ce que tu t'embêtes, Guillaume,
04:48à faire toutes ces économies-là ?
04:49C'est hyper impopulaire,
04:50on a des élections qui arrivent,
04:52qu'est-ce que tu...
04:52Donc rien n'a changé.
04:53Donc en fait, laisse tomber,
04:55ça s'effondrera de soi-même,
04:57et un beau jour,
04:58l'État n'arrivera plus à lever son argent à Bercy
05:01auprès des investisseurs,
05:02et la Banque Centrale Européenne
05:03mettra des conditions drastiques
05:04au rachat de dette.
05:05Des gens de quelle tendance vous disent ça ?
05:06C'est de toutes,
05:07mais je veux dire, franchement,
05:08alors à part un gauche où eux,
05:09ils ont toujours le mythe de
05:10il y a toujours de l'argent caché
05:11qui existe chez les riches,
05:13et donc en fait,
05:13il n'y aura jamais de problème
05:14parce qu'on est capable de lever l'impôt,
05:15d'augmenter les impôts et taxer,
05:17et il n'y a pas de courbe de l'affaire.
05:18Ça c'est Margaret Thatcher,
05:19Margaret Thatcher qui disait qu'à la fin,
05:20on dépensait tout l'argent des autres.
05:22Ça veut dire pourquoi la Troïka
05:23va arriver en France comme c'était en France ?
05:26Je rebondis juste sur le point de M. Bocoté,
05:28c'est que moi je considère que
05:30je pourrais très bien rester tranquillement
05:31chez moi à Nord et Loire
05:32et dire écoutez,
05:33on va attendre que ça s'effondre
05:34et puis la Banque Centrale
05:35ou le FMI
05:36ou nos partenaires européens
05:37vous imposeront des économies.
05:38Un, je considère que je suis payé
05:39pour faire mon boulot
05:40et proposer des économies
05:41donc je fais mon boulot.
05:43Deux, je trouve que ça serait défaitiste
05:44de se dire qu'il faut attendre
05:45une pression extérieure pour agir.
05:47Et trois, excusez-moi M. Bocoté,
05:48mais ça serait d'une violence
05:50que vous n'imaginez pas.
05:51Je ne me souviens pas,
05:52je cherche à décrire des choses.
05:53Non mais attendez,
05:54si la Banque Centrale Européenne
05:55demain intervient,
05:56ce n'est pas la désindexation
05:57dont on va parler,
05:58c'est la baisse de 10 à 15%.
05:59Ce n'est pas le non-remplacement
06:01d'un fonctionnaire sur deux.
06:02Ça va être le gel intégral
06:03des fonctionnaires
06:03et la baisse du point de vue.
06:06Oui, parce qu'on l'a vu
06:06dans d'autres pays.
06:08On l'a vu en Suède.
06:09Mais il ne s'agit pas de souhaiter.
06:10J'essaie seulement de voir
06:11c'est quoi la logique.
06:12Puisque ça semble irréformable,
06:14est-ce que vous ne craignez pas,
06:15je vais le dire dans des termes convenables,
06:16est-ce que vous ne craignez pas
06:17qu'à terme,
06:18les seules réformes qui viennent
06:19viennent d'une forme de système
06:20qui se bloque,
06:21qui fait faillite
06:21et la réforme vient de l'extérieur ?
06:22Je ne le souhaite pas.
06:23Tout le monde souhaite
06:24qu'on se réforme par soi-même.
06:25On n'en est pas très loin.
06:26Si on continue à dépenser autant,
06:28voire plus,
06:29que les réformes ne sont pas menées,
06:31il y a un moment
06:31où ça deviendra inéluctable.
06:32Et je ne le souhaite pas
06:33parce que je sais que ce jour
06:34où ça arrive,
06:35ça sera d'une violence sociale
06:37que vous n'avez pas idée.
06:38Et je pense que là,
06:39tout ce dont on parle,
06:39je vais vous dire à ce moment-là,
06:41les uns et les autres
06:41regretteront presque mes amendements
06:43et mes 250 milliards.
06:44Vous serez le monnaie du moment ?
06:47Est-ce que ce moment,
06:49il n'est pas très proche de nous ?
06:50Parce que quand on voit
06:51le niveau des taux d'intérêt aujourd'hui,
06:52la défiance à l'étranger,
06:53on a été dégradé par Fitch
06:55il y a encore 20 ans.
06:56Non, c'est sur la perspective.
06:57Les perspectives.
06:58Ils ont baissé.
06:59Attendez,
07:00moi je ne suis pas là
07:00pour dire que tout va bien
07:01et qu'on a évité le dire.
07:02Ce n'est pas vrai.
07:02Le déficit est toujours là,
07:04la dette est toujours là,
07:05le taux de prélèvement
07:06obligatoire encore est toujours là.
07:08Donc les problèmes structurels
07:09de notre économie
07:09et de la finance sont toujours là.
07:11Et quel que soit le résultat
07:12de l'élection
07:12dans quelques temps,
07:14ces problèmes resteront
07:15et seront à résoudre.
07:16Donc on n'a pas évité le pire,
07:18je pense que le pire est devant nous.
07:19Et je pense que si on ne fait pas
07:20les mesures rapidement
07:21de redressement
07:22des comptes publics aujourd'hui,
07:23ce sera 10 années
07:24d'austérité réelle
07:25qui pendent aux Français.
07:27Mais justement,
07:27est-ce que vous pensez ?
07:28Je pense qu'il faut
07:29que tous on se mette autour de la table
07:30en disant on baisse
07:30la dépense publique.
07:31Merci.
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