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00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 18h30, tout de suite, le journal permanent de Frédéric Joncheret.
00:07Bonsoir Frédéric.
00:08Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Un sapeur pompier très grièvement blessé par balle dans les bouches du Rhône.
00:13Il intervenait sur un feu de véhicule au Pen Mirabeau.
00:16L'auteur des tirs a été interpellé.
00:18Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a exprimé sur X toute son indignation face à cette agression violente gratuite.
00:25119 interpellations ont été réalisées hier lors de l'acte 3 de la manifestation sociale.
00:29Le ministère de l'Intérieur indique également que 159 policiers et gendarmes ont été blessés.
00:35Beauvau mentionne également qu'il y a eu 515 départs de feu traités, 36 commerces dégradés, dont 3 pillés, contre
00:4269, dont 24 pillés le samedi précédent.
00:45Ouverture d'une enquête par le parquet de Paris pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique
00:50après le jet d'un engin incendiaire sur un gendarme.
00:53L'intéressé a témoigné que sa protection jambe tibia a fondu et qu'en revoyant les images, il a été
00:58surpris par l'intensité.
01:00Il faut encourager les Français à défendre leur propriété, assure Guillaume Casbarian.
01:04Le député Ensemble pour la République et ancien ministre délégué au logement propose de faire évoluer le droit en cas
01:10d'agression au sein de sa propriété.
01:12Pour lui, seule la nécessité devrait faire loi, fois en cas d'agression et non la proportionnalité.
01:18Il était l'invité ce matin du grand rendez-vous Europe 1 CNews, les échos et fin de la 8ème
01:23journée de Top 14.
01:24Montpellier a concassé Castres 69 à 10 avec 9 fessées à la clé.
01:28Les Héroltais remont provisoirement à la 3ème place en attendant le match Potoulouse à suivre à 21h sur Canal+.
01:34Merci Frédéric, on vous retrouve à 18h45 pour le journal permanent.
01:42Toujours à mes côtés, Gilles Boutin, Michel Fayad ainsi que le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, Jean
01:47-Didier Berger.
01:48Alors Frédéric Jean Chret le disait justement dans son rappel des titres, mais c'est vrai qu'il y a
01:52eu une réflexion très étonnante ce matin de la part de Guillaume Casbarian, député du camp présidentiel.
01:57Il veut encourager les Français à défendre leur propriété, supprimer la condition de proportionnalité dans la légitime défense.
02:03Je rappelle que près de 8 Français sur 10 estiment que les commerçants doivent vouloir se défendre face aux pillards.
02:08Vous êtes ministre chargé de leur sécurité, est-ce qu'il faut changer la loi ou cet appel à l
02:13'autodéfense est-il en réalité un aveu de l'échec de l'État ?
02:18Bon, d'abord il faut le dire, les forces de sécurité intérieure, elles sont là pour défendre les Françaises et
02:22les Français et faire en sorte qu'il n'y ait pas à se faire justice par eux-mêmes.
02:28Que les uns et les autres soient amenés à s'équiper, à se protéger.
02:33On les incite toutes et tous à s'équiper d'alarmes, à s'équiper de vidéoprotection éventuellement,
02:39à faire en sorte, lorsque l'on a des commerces, à faire en sorte de faire appel à la sécurité
02:44privée,
02:44qui a joué un rôle très important dans le succès des Jeux Olympiques
02:47et qui au quotidien jouent un rôle très important dans la sécurité des commerces, des hôpitaux, des institutions.
02:54Tout ça c'est très bien, mais sur l'essentiel, pour que simplement le principe d'égalité devant la loi
03:01soit respecté,
03:02il faut que l'État soit en mesure d'assurer la sécurité de toutes celles et tous ceux
03:06qui n'auraient pas les moyens d'utiliser des systèmes de sécurité supplémentaires.
03:12Donc nous, on se place dans cet objectif-là.
03:15Ensuite, qu'on puisse faire évoluer les choses pour faire en sorte qu'on utilise davantage la technologie
03:22dans le travail des forces de sécurité intérieures, le fait qu'on leur donne davantage de prérogatives,
03:29le fait qu'on empêche les casseurs d'arriver sur place lorsque l'on a des récidivistes ou des multirécidivistes.
03:36Bien sûr, il y a encore beaucoup de choses à faire progresser,
03:39mais je pense qu'il faut garder des principes simples et clairs
03:43pour que tous nos compatriotes soient à égalité devant la sécurité.
03:46Mais c'est vrai que quand vous avez un député du Bloc central,
03:48c'est-à-dire que ce n'est pas un député du Rassemblement national,
03:51ça fait dix ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir,
03:53et quand on voit le climat de violence, on va y revenir d'ailleurs notamment contre les journalistes,
03:56un climat de violence absolument exacerbé qui touche tout le monde,
03:59les forces de l'ordre, les pompiers, on l'a vu ce soir, les commerçants, les journalistes,
04:04en fait, c'est quand même un aveu d'échec d'avoir un député qui vous dit
04:08« Mais maintenant, il va falloir qu'on apprenne à se défendre tout seul,
04:11c'est terrible de voir que la violence est telle qu'on se dit ça maintenant. »
04:14Bon, Guillaume Gasparian est un ami, c'est quelqu'un qui a beaucoup de talent et beaucoup d'idées,
04:19c'est la force.
04:19Ah, c'est pas qu'il a tort, je dis juste qu'en fait le constat est terrible.
04:22Moi, je ne partage pas l'idée que nos compatriotes soient laissés seuls face à eux-mêmes,
04:27et d'ailleurs, je pense qu'il y a beaucoup de nos compatriotes qui ont vu ces derniers jours,
04:31ces dernières semaines, qu'on pouvait compter sur les forces de l'ordre lorsqu'il y avait une difficulté,
04:35et les forces de l'ordre, elles font un travail exceptionnel dans des conditions extrêmement difficiles.
04:39Maintenant, c'est la chance que nous avons d'être dans une démocratie où toutes les idées peuvent s'exprimer,
04:45et moi, je préfère avoir des députés qui jouent leur rôle et qui, comme Guillaume Gasparian,
04:52donnent leur avis, font des propositions pour faire avancer les choses,
04:57même si on n'est pas d'accord, en l'occurrence, sur le sujet.
05:01Mais je pense que ce que Guillaume a voulu dire, c'est qu'il y a encore beaucoup de moyens
05:06qu'on peut utiliser pour faire en sorte d'aider nos compatriotes à se protéger,
05:11et qu'il y a une complémentarité dans ce continuum de sécurité.
05:15Il y a le travail des forces de l'ordre, des forces de sécurité d'ailleurs,
05:19des policiers, des gendarmes, des policiers municipaux aussi,
05:22qui font un travail exceptionnel et on s'apprête à voter une loi
05:25qui leur donne encore davantage de prérogatives.
05:27La sécurité privée aussi, qui est à disposition de nos compatriotes
05:31pour renforcer encore tous les moyens.
05:33Il faut absolument utiliser tous les moyens à notre disposition.
05:37Et puis ensuite, il y a cette loi casseur-payeur,
05:39que nous allons faire voter à l'initiative du Premier ministre,
05:42avec le ministre de l'Intérieur,
05:43pour faire en sorte que la responsabilité individuelle des casseurs
05:47puisse être recherchée,
05:48mais aussi la responsabilité collective de tous ceux qui,
05:52en étant dans l'attroupement,
05:53alors que toutes les sommations ont été faites,
05:55alors qu'on leur a dit qu'il ne fallait absolument pas rester sur place,
05:58en restant sur place,
05:59ils permettent la commission des infractions,
06:01ils permettent à l'abribus d'être brûlés,
06:03ils permettent aux pilleurs de piller les commerces,
06:06et donc eux aussi, ils ont une responsabilité.
06:08Et on va aller, à travers cette loi,
06:10chercher leur responsabilité à hauteur de 10 000 euros par personne présente,
06:13y compris en allant prendre les allocations familiales si nécessaire,
06:17voire les aides personnalisées au logement,
06:20parce qu'il n'y a aucune raison que des personnes qui vont piller,
06:24qui vont casser, qui brûlent, qui tapent sur des policiers,
06:27puissent continuer à bénéficier de la solidarité nationale,
06:30alors qu'ils sont responsables d'une casse
06:33qui coûte extrêmement cher à la société.
06:35Quand je vous écoute, j'ai un peu le sentiment qu'on parle bien sûr beaucoup des conséquences,
06:39vous nous donnez des solutions, évidemment avec la loi Casseur-Payeur,
06:43bien sûr Guillaume Casbarian dans son style,
06:45a évidemment des solutions aussi à nous donner,
06:47mais est-ce que vous réfléchissez aussi au ministère de l'Intérieur,
06:50aux causes, c'est-à-dire à pourquoi cette violence existe,
06:53qui a pillé le 17 octobre,
06:55qui a pillé, alors vous l'avez rappelé, 3 commerces pillés hier,
06:58pas au niveau du 17 octobre, c'est sûr,
07:00mais vous l'avez dit aussi, 3 commerces pillés, c'est 3 commerces de trop.
07:02Comment on arrête cette violence, notamment par les causes,
07:06par l'identification de ces personnes,
07:08que ce soit des personnes qui soient issues de banlieue,
07:10que ce soit des personnes qui soient issues de l'ultra-gauche,
07:12que ce soit, est-ce qu'au ministère de l'Intérieur,
07:14vous faites aussi un vrai travail de fond pour identifier les causes
07:17et les arrêter, les causes de cette violence ?
07:19Absolument, alors d'abord, je pense qu'il faut distinguer deux choses dans votre question.
07:23Comment est-ce qu'on empêche ces faits d'arriver ?
07:26Ça, c'est une première question.
07:28Et la réponse, c'est d'aller plus loin que la loi Casseur-Payeur
07:31et de trouver des moyens pour que ça devienne une loi anti-Casseur.
07:35Et notamment, en faisant des interdictions...
07:37Avec un effet dissuasif ?
07:38Non seulement avec un effet dissuasif,
07:40mais simplement en empêchant par la force
07:42ceux qui sont des récidivistes ou des multi-récidivistes
07:45d'arriver sur place dans des zones sensibles,
07:48dans des moments où on sait qu'il peut y avoir des difficultés.
07:52Par exemple, finale du PSG
07:55ou d'autres événements de ce type,
07:57des 14 juillet, des 31 décembre,
08:00faire en sorte que ceux qui, eux,
08:02évidemment ceux qui n'ont jamais rien fait,
08:04difficile d'anticiper, de savoir que
08:06la première infraction va être commise par ces personnes.
08:08Mais ceux qui ont déjà tapé dix fois sur des policiers,
08:12ceux qui ont déjà brûlé dix fois des arrêts de bus,
08:15ceux qui ont déjà pillé dix commerces,
08:17pourquoi est-ce qu'on les laisserait arriver sur place ?
08:20Donc moi je propose qu'on aille plus loin,
08:22y compris par l'utilisation de la voie administrative d'une part
08:25et de la technologie d'autre part.
08:28Et puis, il y a une autre question dans votre question,
08:31c'est qu'est-ce qui est la cause de cette violence ?
08:34Moi je l'analyse d'une façon qui est assez simple,
08:37c'est la remise en cause de la méritocratie
08:39et de la démocratie dans notre pays.
08:42Finalement, vous voyez, tout ce mouvement,
08:44qu'est-ce que c'est ?
08:44C'est l'idée que, depuis 40 ans,
08:47on explique à tous les jeunes de notre pays
08:50qu'on va emmener 80%, 90%, voire 100% d'une classe d'âge au bac.
08:55Et qu'ensuite, c'est ce qui nous est demandé,
08:57en fait, à travers ces revendications,
08:59c'est-à-dire que n'importe qui pourra aller n'importe où,
09:03qu'on pourrait ouvrir des universités
09:05à des niveaux où, finalement,
09:07on sait très bien qu'il n'y a pas davantage de place
09:09pour accueillir des milliers
09:11ou des dizaines de milliers de personnes supplémentaires,
09:13c'est que tout le monde puisse aller partout.
09:16Et ça n'est ni possible, ni souhaitable.
09:20Il faut avoir le courage, à un moment donné,
09:22de le dire.
09:23Donc, qu'on ait de la transparence
09:24sur Parcoursup ou un autre système,
09:27pour comprendre comment s'opère la sélection.
09:30Mais il ne faut pas avoir peur de la sélection,
09:32il ne faut pas avoir peur de la méritocratie.
09:34Et c'est la même chose pour la question du travail.
09:38On est dans le pays qui taxe le plus,
09:41qui redistribue le plus aussi.
09:42Et on n'arrête pas de nous parler de questions
09:44de justice sociale, voire de justice fiscale.
09:47Mais dans quel autre pays au monde
09:49on est plus généreux et on tient plus compte
09:52de la question de la réduction des inégalités ?
09:55Il n'y en a pas d'autres.
09:56Donc, il faut remettre les choses à leur place
10:00et dire que le mérite,
10:03gagner plus quand on mérite plus,
10:05quand on travaille plus,
10:07avoir le droit d'aller dans les études supérieures
10:10de son choix,
10:11lorsque on a été meilleur que les autres,
10:14tout ça, ça a du sens.
10:15Et il faut revenir aussi au sens de la méritocratie
10:17parce que derrière,
10:18c'est aussi la démocratie qui est attaquée.
10:20Et on l'a vu à travers ces moments de violence
10:23alors qu'on est à l'approche d'une élection.
10:25C'est une façon pour les partis extrêmes
10:26de dire que ce n'est pas vraiment dans les urnes
10:29que les choses vont se jouer,
10:30que c'est d'abord dans la rue.
10:31Et ça, ça n'est pas acceptable en démocratie.
10:33Jean-Didier Berger, ouvrons également une page politique
10:36parlant de primaire, de présidentielle.
10:38Vous êtes, alors, vous êtes ministre,
10:40mais vous êtes également membre des Républicains,
10:42membre du gouvernement.
10:43Gabriel Attal propose une primaire des Démocrates
10:45pour éviter un second tour LFI, RN.
10:47David Lysnard y est favorable,
10:48Bruno Rotaillot aussi,
10:50mais seulement si Édouard Philippe y participe.
10:52Je précise également qu'Édouard Philippe
10:53est l'invité du 20h de TF1 ce soir.
10:56Peut-être aura-t-il une annonce à faire
10:58s'il refuse la primaire.
10:59Bruno Rotaillot, est-ce que vous pensez
11:01qu'il doit y aller quand même,
11:02ou alors il doit se présenter directement ?
11:04Comment vous voyez les choses concernant cette primaire ?
11:07Écoutez, c'est assez simple.
11:08Moi, j'ai toujours été favorable au système de la primaire.
11:10Pas simplement pour l'élection 2027,
11:12mais déjà pour l'élection 2022,
11:13déjà pour l'élection 2017.
11:15J'ai toujours été favorable à ce système
11:17parce qu'en démocratie, le vote,
11:19ça reste quand même la meilleure des solutions
11:21pour départager les uns et les autres.
11:24Et cette primaire, elle est non seulement...
11:26Il faut arrêter de...
11:28En fait, le problème, c'est que quand on commence à dire
11:30de où à où,
11:31en fait, on donne un très bon prétexte
11:33à ceux qui n'en veulent pas de cette primaire
11:34pour dire,
11:35ah ben, s'il y a lui, je ne viens pas,
11:37s'il y a elle, je ne viens pas.
11:39Et donc, ça fournit des prétextes.
11:41Les seules conditions qu'on doit demander,
11:44c'est premièrement que tous ceux
11:45qui participent à la primaire
11:47partagent le socle d'idées
11:49qui fait qu'on est différent des extrêmes.
11:51Mais Gabriel Attal parle de Raphaël Luxman,
11:53je pense que Bruno Rotaillot
11:54fera une crise cardiaque.
11:55Et la deuxième chose,
11:56mais vient qui veut à l'intérieur
11:58de cette primaire qui, à mon avis,
12:00est une primaire de la droite et du centre.
12:01Je ne suis pas sûr que Raphaël Luxman
12:03se reconnaisse dans les idées
12:04de la droite et du centre.
12:06Mais si les gens s'engagent
12:09à ne pas siéger avec les extrêmes,
12:11à ne jamais siéger avec les extrêmes,
12:13quels qu'ils soient,
12:14ni à droite, ni à gauche,
12:15et d'autre part à soutenir,
12:17parce que c'est la condition indispensable,
12:19à soutenir celui qui gagnera cette primaire,
12:21alors il faut y aller.
12:23C'est aux Français ensuite
12:24de les départager.
12:25Et donc ceux qui veulent organiser des primaires,
12:28mais déjà en disant
12:29« Ah oui, mais une primaire,
12:30mais pas avec lui, pas avec elle,
12:32pas dans ses conditions,
12:33pas ceci, pas cela »,
12:34moi je crois qu'on ne peut pas y arriver comme ça.
12:36Cette primaire, elle est non seulement nécessaire,
12:37mais elle sera très utile
12:40pour définir un projet
12:41qui porte une vision pour la France.
12:43Parce que c'est de ça
12:44dont les Français ont besoin,
12:46c'est ça que les Français attendent,
12:47et pas simplement d'avoir
12:49un candidat par défaut,
12:50quel qu'il soit,
12:50quel que soit le système de désignation.
12:52Un très grand merci à Jean-Dédier Berger,
12:54ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur,
12:56d'être venu dans Europe 1 Soir.
12:57Ne bougez pas avec Gilles Boutin et Michel Fayat.
12:59Dans un instant,
13:00nous recevrons Gérald Olivier,
13:02spécialiste des Etats-Unis.
13:03Nous allons parler de ces mi-termes
13:05qui auront lieu mardi aux Etats-Unis,
13:07et puis nous essayons d'en décrypter les enjeux.
13:09A tout de suite sur Europe 1.
13:11Europe 1 Soir