- il y a 19 minutes
Gérald Darmanin, ministre de la Justice, était l'invité du Face-à-Face ce mardi 3 novembre. Il évoque la réponse judiciaire aux débordements qui ont émaillé le mouvement de colère sociale en cours depuis le 17-octobre, le climat actuel dans le pays, ou encore la présidentielle.
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00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:06Vous êtes le ministre de la Justice. Il y a de très nombreuses questions à vous poser ce matin.
00:11Il n'y a jamais eu, et c'est le record je crois, autant de prisonniers en France.
00:14On va y revenir. Vous voulez réformer l'école nationale de la magistrature.
00:18On va y revenir également.
00:19Mais je voudrais d'abord qu'on prenne le temps avec vous de faire une sorte de pré-bilan.
00:24Où est-ce qu'on en est après les arrestations des journées, et notamment du 17 octobre, en matière de
00:31réponses judiciaires ?
00:33Je voudrais vous redonner les chiffres.
00:35Le samedi 17, il y avait eu 2628 interpellations le jour même.
00:39Le samedi 24, 1314.
00:42Le samedi 31, encore 779.
00:44Vous aviez demandé de la fermeté dans la réponse pénale.
00:49Combien, à ce jour, ont été jugées, condamnées, incarcérées ?
00:55Quelles ont été les réponses ?
00:56Alors, évidemment, les chiffres que je vais vous donner, ce ne sont pas les chiffres à la suite du mouvement
01:00des lycéens.
01:01Il s'agit bien des week-ends de manifestations, de contestations et parfois de violences qu'on a connues le
01:0617 octobre.
01:07Vous avez raison de le dire, il y a eu quand même un enchaînement.
01:09Exactement. Et par exemple, sur les plusieurs milliers, 7000 gardes à vue qu'il y a eu dans le mouvement
01:13des lycéens,
01:14il y a eu trois détentions provisoires, et les trois ont concerné des majeurs.
01:17Donc, ça montre bien que la justice, quand je lui ai donné des demandes, est circulaire,
01:21notamment au procureur de la République.
01:23Je lui aurais demandé de ne pas demander l'incarcération, évidemment, des lycéens,
01:26contrairement à ce que j'ai dit dans les réseaux sociaux.
01:28Elle a appliqué ses consignes.
01:29Il n'y a pas eu d'incarcération des lycéens.
01:32En revanche, dans les week-ends que nous avons eus depuis le 17 octobre,
01:36de violences contre les forces de l'ordre, contre les bâtiments publics,
01:39contre vos confrères et consoeurs journalistes, par exemple,
01:42depuis ce 17 octobre, il y a eu 4914 gardes à vue, dont 70% sont des majeurs,
01:47et 30% sont des mineurs, ce qui montre bien d'ailleurs que c'est un mouvement, en effet, d
01:52'adultes,
01:52et ce n'est pas le mouvement de continuité des lycéens.
01:56Il y a eu 2290 poursuites par le procureur de la République,
02:00c'est-à-dire que nous avons une réponse pénale qui était très forte,
02:02il n'y a pas eu d'alternative, il n'y a pas eu de rappel à la loi,
02:06et simplement on rentre chez soi.
02:07Il y a eu énormément de poursuites par les procureurs de la République,
02:10il y a eu 1820, c'est-à-dire à peu près 40%,
02:151820 personnes qui ont été déférées avec des policiers ou des gendarmes,
02:18de la garde à vue jusqu'au tribunal, pour être jugées par un juge correctionnel.
02:22Il y a eu 404 mesures d'emprisonnement et 329 incarcérations,
02:26c'est une réponse pénale extrêmement forte.
02:28Comment il peut y avoir une différence entre les mesures d'incarcération et les incarcérations réelles ?
02:32Parce que, par exemple, il y a des gens qui ont fait des appels,
02:34et que cet appel est suspensif, et qu'on attend que la cour d'appel puisse se confirmer.
02:38Donc au moment où l'on se parle, combien sont en prison ?
02:39Aujourd'hui, il y a 329 personnes qui sont incarcérées.
02:43Et il y a, par ailleurs, des profils extrêmement variés,
02:49selon les week-ends, mais grosso modo, 95% d'hommes et 5% seulement de femmes.
02:54Deux tiers ont entre 18 et 25 ans, donc c'est un mouvement de jeunes adultes,
02:59on va dire ça comme ça.
03:0070% sont français, 30% sont étrangers,
03:03et plus de 50% n'avaient aucun antécédent judiciaire,
03:07c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais été condamnés par la justice.
03:0950%, ça veut dire quand même 1 sur 2 avaient des antécédents ?
03:12Exactement, je pense que notamment le premier week-end,
03:15de mes souvenirs, il y avait vraiment 60 à 70% de gens
03:18qui n'avaient aucun antécédent judiciaire,
03:20et puis notamment le week-end dernier, il y a eu moins de gardes à vue,
03:23240 gardes à vue ce week-end,
03:25donc le mouvement a baissé, en tout cas du point de vue
03:27de la réponse policière et de la réponse pénale,
03:30et là il y avait plus de gens qui avaient des antécédents.
03:32Ça veut dire que ceux qui restent, quand il y en a moins,
03:34c'est ceux qui sont, j'allais dire, les plus motivés,
03:36ou les plus habitués à ce type d'exaction ?
03:39Ou les plus violents, oui.
03:39Les plus violents. Gérald Darmanin, le week-end dernier,
03:43vous le disiez, il y a eu moins de gardes à vue,
03:45mais il y a eu tout de même notamment des images
03:46qui ont particulièrement frappé,
03:50des émeutiers qui ont tenté de mettre le feu,
03:53littéralement, à des CRS, des policiers.
03:57Est-ce que typiquement, sur ce cas-là,
03:59est-ce qu'il y a eu des poursuites ?
04:00Est-ce que les personnes ont été arrêtées ?
04:03Alors c'est le procureur de la République de Paris de communiquer,
04:05mais je voudrais saluer sa réactivité
04:07et d'ouvrir une enquête immédiatement
04:10pour tentative d'homicide,
04:11parce qu'il s'agit bien de ça,
04:13d'un potentiel assassinat d'un gendarme mobile.
04:16Mais on a ces images qui nous ont touchés,
04:18mais malheureusement, je peux vous dire
04:20que ces images, elles sont quotidiennes
04:21pour les policiers, pour les gendarmes,
04:23voire pour les sapeurs-pompiers,
04:24voire parfois pour vos collègues journalistes
04:26qui n'ont jamais été autant pris à partie,
04:27également, dans ce genre de contestation.
04:30Ce qui est extrêmement inquiétant pour l'État de droit.
04:32Et des policiers, des gendarmes,
04:34qui sont tirés, on tire dessus à balles réelles,
04:36on leur envoie des boules de pétanque dans la tête,
04:39on leur envoie des cocktails Molotov sur eux.
04:40Des gens qui n'ont plus de dents.
04:42Moi, j'ai le témoignage,
04:44puisque je suis resté très en contact
04:47avec les forces de l'ordre
04:47depuis que je suis ministre de l'Intérieur,
04:48de gens qui n'ont,
04:49policiers de 25 ans qui n'ont plus de dents.
04:51Ou qui, pardon de ce propos devant vous,
04:53mais qui n'ont plus de testicules,
04:56qui ne peuvent plus avoir d'enfants.
04:57Parce qu'ils ont protégé des commerces
04:58ou de protégé des bâtiments publics.
05:00Quand on est policier,
05:01quand on est à 24 ans...
05:01Donc, quand on parle de ces policiers blessés,
05:04c'est ça la réalité derrière ?
05:05Derrière le mot blessé ?
05:06Il y a eu plus de 1300, je crois,
05:08policiers et gendarmes blessés.
05:10Alors, parfois, des blessures psychologiques,
05:11des gens qui ne peuvent plus aller travailler.
05:13Et il faut les prendre en compte.
05:15Et des blessures physiques,
05:15extrêmement graves.
05:17Et donc, je pense qu'il faut aussi voir
05:18la violence que subissent
05:19les policiers et les gendarmes.
05:20Et quand on voit qu'il y a une violence
05:21contre les policiers et les gendarmes,
05:23contre les sapeurs-pompiers,
05:24contre vos collègues journalistes,
05:25et que des représentants politiques...
05:28Je pense à M. Mélenchon,
05:29qui, à demi-même,
05:30dit que la police tue,
05:32soutient les slogans à câble,
05:34tous les flics sont des bâtards,
05:35c'est ça que ça veut dire,
05:36ou nommément attaquent
05:38tous vos collègues journalistes.
05:40Je m'inquiète beaucoup
05:41pour l'état de droit.
05:42Et ce qui est très inquiétant,
05:43c'est de savoir que cette personne
05:44pourrait arriver en responsabilité politique.
05:46On sait que les idées d'extrême droite,
05:47les idées d'extrême gauche,
05:49enchaînent la violence
05:49et parfois désinhibent
05:51des comportements de gens qui,
05:53comme dirait Kepel...
05:53Vous estimez qu'ils ont une responsabilité ?
05:55Kepel dit qu'il y a un djihadisme d'atmosphère.
05:56On en a parlé pour le terrorisme islamiste
05:58et c'est tout à fait vrai.
05:59Il y a des intellectuels
06:00qui évoquent le fait
06:01que les femmes ne sont pas à l'égalité des hommes,
06:04que les chrétiens sont à tuer,
06:05que les juifs sont tous des salauds.
06:07Et donc, du coup,
06:07ça pousse n'importe qui, radicalisé,
06:10de passer à l'acte.
06:11Eh bien, il y a un extrême gauchisme d'atmosphère,
06:15comme il y a l'extrême droitisme d'atmosphère.
06:17Des gens qui pensent
06:17que les blancs sont supérieurs aux autres,
06:19c'est le cas à Trappes, manifestement,
06:21ou des gens qui pensent
06:25du capitalisme ou du pouvoir.
06:26Et M. Mélenchon a une responsabilité immense
06:29dans cette violence
06:30et qu'il attaque nommément des journalistes.
06:32Mais attendez,
06:32c'est quand même une démocratie étonnante.
06:33Regardez les tweets de M. Mélenchon.
06:35Votre consomme, Mme Coudray,
06:36qui est traité quasiment de fasciste.
06:38Il y a quand même de la marge.
06:39J'ai été nommément attaqué
06:40par Jean-Luc Mélenchon hier sur les réseaux sociaux
06:41pour avoir justement apporté mon...
06:43Mais les journalistes disent
06:44ce qu'ils veulent dans notre démocratie.
06:46Ça nous plaît, ça ne nous plaît pas.
06:47Bien sûr, on peut avoir une discussion
06:48et parfois une discussion assez forte.
06:50Mais de là à les montrer du doigt
06:52avec une telle violence,
06:53qu'est-ce que ça veut dire ?
06:54Qu'il faut la faire taire, Mme Coudray.
06:56Et si Mme Coudray est fasciste,
06:57les fascistes sont très très nombreux.
06:59Si on ne pense pas
07:00comme M. Mélenchon et qu'on est fasciste,
07:01alors vraiment, effectivement,
07:02il y a beaucoup beaucoup de fascistes en France.
07:04On voit bien que c'est une dérive autoritaire
07:05de la part de M. Mélenchon
07:06qui est extrêmement grave.
07:07Et moi, je m'étonne que des voix,
07:09et notamment des voix de gauche,
07:10ne le dénoncent pas.
07:11C'est une dérive autoritaire
07:13extrêmement inquiétante.
07:14Vous estimez aujourd'hui,
07:15vous faites le lien
07:17avec ce que l'on vient de dire avant,
07:18avec le climat global de violence dans ce pays ?
07:21En tout cas, il ne fait rien
07:22pour calmer les choses.
07:24Quand on a 3 tweets, 2 suites,
07:26je suis peut-être inexact,
07:27on a peut-être 4 ou 5,
07:28où on attaque nommément des journalistes
07:30parce qu'on n'est pas d'accord
07:31dans la façon dont on a mené une interview,
07:33pardon, excusez-moi,
07:34mais on est chez les fous.
07:35Et donc oui, il y a une responsabilité.
07:37Tout le monde sait que M. Mélenchon
07:38a de la culture.
07:38Tout le monde sait qu'il est intelligent.
07:40Et tout le monde sait
07:41qu'il sait ce qu'il fait.
07:42Donc c'est très inquiétant.
07:43Dans les propos, justement,
07:45qui faisaient référence à l'interview
07:49de Mme Coudray,
07:50il s'agissait de propos d'Édouard Philippe
07:53qu'elle n'aurait pas suffisamment recadré
07:55ou qu'elle aurait fait sien,
07:57si j'en crois les mots.
07:59Pardonnez-moi,
07:59je n'ai plus de mémoire le mot exact,
08:01mais c'est à cela que faisait référence
08:03Jean-Luc Mélenchon.
08:04Les propos d'Édouard Philippe...
08:05Et quand même, il n'a qu'à attaquer
08:06Édouard Philippe
08:07s'il n'est pas content
08:08des propos d'Édouard Philippe.
08:09C'est de la politique.
08:09Il n'a qu'à faire un débat,
08:10mais qu'il fasse un débat
08:11avec Édouard Philippe sur le plateau.
08:13C'est ça.
08:17C'est seulement le locuteur
08:17ou le journaliste.
08:19Mais sur les propos d'Édouard Philippe,
08:21Édouard Philippe,
08:22et ça revient exactement
08:23à la question que je vous posais
08:24un peu plus tôt aussi
08:24sur la question du profil.
08:26Vous m'avez dit qu'il s'agissait
08:27d'hommes à 95%,
08:28qu'ils étaient jeunes,
08:29mais pas si jeunes
08:30puisque 70% sont des majeurs.
08:32Édouard Philippe a cette question
08:33du profil de ceux qui étaient
08:36notamment dans les scènes de pillage.
08:37Il dit,
08:38lors des violences,
08:39la surreprésentation de jeunes
08:40issus de l'immigration
08:41était patente.
08:42Selon le mot de Peggy,
08:43il faut voir ce que l'on voit.
08:45Voilà l'expression d'Édouard Philippe.
08:47L'échec de l'intégration
08:49dans notre pays
08:49depuis plusieurs décennies
08:51est incontestable.
08:52Il précise également
08:53ce qui ne minimise
08:54en aucun cas
08:55certaines superbes réussites
08:56d'intégration républicaine.
08:58Et dans ce même entretien,
09:00il parle du fait
09:01de diviser l'immigration légale
09:03comme si effectivement
09:03c'était lié.
09:04Est-ce que vous partagez
09:05les propos d'Édouard Philippe ?
09:06Il faut être aveugle
09:07pour ne pas le voir.
09:08Il parle d'or.
09:09Il y a évidemment
09:09un défaut d'intégration
09:10dans notre pays.
09:11Il n'est pas total.
09:11Je suis moi-même
09:12issu d'immigration.
09:12Il y a plein de gens
09:13qui nous écoutent
09:14qui ont des réussites
09:15malgré le fait
09:16que ce soit des mamans seules
09:16qui les ont élevées
09:17dans des HLM
09:18et dans des quartiers populaires.
09:20J'en suis un exemple.
09:20Vous avez souvent parlé
09:21de l'éducation
09:22que vous a donnée votre mère.
09:22Voilà.
09:23Mais bien sûr.
09:24Mais il y a aussi
09:24un défaut d'intégration.
09:26Bien évidemment.
09:27Mais est-ce que c'est la faute
09:28de ceux qui ne sont pas intégrés
09:29ou est-ce que c'est de la faute
09:30de ceux qui n'intègrent pas bien ?
09:31Mais c'est les deux.
09:32On a tous une part
09:33de responsabilité individuelle
09:34et c'est plus difficile
09:34pour un enfant d'immigré
09:35élevé par une femme seule
09:36dont le père n'est plus là
09:38dans des conditions
09:38de logement extrêmement difficiles
09:41où il y a un point de deal
09:41en bas de chez soi.
09:42C'est plus difficile pour lui
09:43que pour un fils de bourgeois
09:45du 16e arrondissement
09:45de s'intégrer
09:46dans la société française.
09:47C'est une évidence.
09:48Mais par ailleurs...
09:49Mais qu'est-ce qu'on fait
09:50une fois par exemple ?
09:50Mais chacun a sa liberté
09:51pour s'en sortir.
09:52Il y a plein de gamins
09:53qui ont été élevés
09:54par des femmes seules
09:55dans des quartiers
09:56qui ne sont pas dealers
09:57et qui ne pillent pas
09:58les magasins.
09:58Donc ce n'est pas une excuse ?
09:59Mais bien sûr.
09:59Il n'y a pas d'excuses sociales.
10:01Il peut y avoir des explications.
10:02On peut comprendre
10:03que c'est plus dur
10:03pour des personnes.
10:04Bien évidemment.
10:06Mais il n'y a pas
10:06d'excuses sociales.
10:07Chaque homme est libre.
10:08Chaque femme est libre.
10:09On n'est pas forcé de piller...
10:11À propos de ces mots-là,
10:12Jean-Luc Mélenchon
10:12parle d'un racisme dégoûtant.
10:14Mais c'est l'opinion
10:15de M. Mélenchon.
10:16Évidemment, moi,
10:16je la combats cette opinion.
10:18Mais il a le droit
10:19de le dire en démocratie.
10:20Il n'a pas le droit
10:21d'attaquer la journaliste
10:22parce qu'il considérait
10:23que la journaliste
10:24doit faire taire
10:24Édouard Philippe
10:25qui lui aussi
10:25a le droit de dire
10:26ce qu'il veut.
10:26On est en démocratie.
10:28Nous sommes dans un pays libre
10:29où on a le droit
10:29de manifester contre la police
10:31encadré par la police.
10:32C'est quand même
10:32un pays formidable.
10:34Et donc M. Mélenchon,
10:35s'il n'est pas d'accord
10:35avec Édouard Philippe,
10:36il va sur BFM,
10:37il va sur n'importe quel plateau
10:38et il débat avec M. Philippe.
10:41Et les Français voteront à la fin.
10:43Ce qui est inquiétant
10:43dans la situation
10:44dans laquelle nous vivons,
10:44c'est qu'on a l'impression
10:45que l'élection présidentielle
10:46ne va pas être le catalyseur
10:48des crispations françaises.
10:50Nous avons une élection
10:51dans six mois.
10:52C'est la réponse démocratique.
10:54Elle est très importante.
10:54Il y aura des débats vifs,
10:55c'est tout à fait normal.
10:57Et nous espérons tous
10:58qu'à la fin,
10:59nous aurons choisi légitimement
11:00un ou une président
11:00que tout le monde va reconnaître,
11:02même si on n'est pas d'accord.
11:03C'est le jeu de la minorité
11:04et parfois de l'opposition politique.
11:05Et on passera à autre chose,
11:07à construire notre économie,
11:08à éduquer nos enfants,
11:09à mieux intégrer les étrangers,
11:10à nous battre
11:11contre des puissances étrangères
11:13qui nous veulent du mal.
11:15On a l'impression que là,
11:16les choses se font
11:16que M. Mélenchon
11:18et parfois Mme Le Pen
11:18essaient de faire dérailler
11:19la présidentielle
11:20et créer des anathèmes,
11:23des problèmes
11:23qui seraient...
11:25Le prochain ne serait pas légitime,
11:26le prochain président de la République.
11:28Et donc ça,
11:28c'est extrêmement inquiétant.
11:29Est-ce que vous redoutez aussi
11:31l'atmosphère autour des élections
11:33et après,
11:34autour des élections ?
11:35Il y a évidemment cette question.
11:36Raphaël Luxman,
11:37qui était mon invité hier,
11:38estimait qu'il serait intelligent
11:39de réfléchir à avancer
11:40d'une semaine
11:41les élections présidentielles
11:42pour ne pas que le deuxième tour,
11:44tel qu'il est prévu aujourd'hui,
11:45ne tombe le lendemain
11:46du 1er mai.
11:47Il y a plusieurs raisons à cela.
11:48D'abord parce qu'effectivement,
11:49il y a la crainte
11:50d'éventuels débordements
11:53dans les différentes manifestations
11:55traditionnellement organisées
11:56le 1er mai.
11:56Il y a aussi une autre question
11:57démocratique,
11:58comme vous le disiez,
11:58c'est que ce 1er mai
11:59qui est une journée
12:00importante politiquement,
12:01nous, les journalistes,
12:02ne pourrons pas la couvrir
12:03parce que la journée du samedi
12:05qui précède les élections
12:07est une journée
12:07où on n'a pas le droit
12:09de parler des élections,
12:11où on n'a pas le droit
12:11de parler politique
12:12sur les ondes.
12:13C'est un moment
12:14de réserve de la campagne.
12:15Est-ce que ces deux raisons-là
12:17ne sont pas suffisantes
12:18pour se dire qu'il vaut mieux
12:18avancer les élections ?
12:20Alors, ce n'est pas moi
12:20qui décide.
12:21C'est le ministre
12:21qui propose des dates
12:22au président de la République
12:23qui les a choisis.
12:25Il faut le rappeler,
12:26quand même,
12:26dans un délai constitutionnel
12:27contraint.
12:27On ne prend pas
12:28n'importe quelle date.
12:29Il y a des vacances scolaires
12:30pendant cette période
12:31et il faut faire attention
12:32aussi que les gens
12:32puissent voter.
12:33C'est aussi un sujet
12:34pour lequel on choisit
12:35un des dimanches
12:36et pas un autre.
12:37Il y a beaucoup de gens
12:37qui diraient
12:37« Mais attendez,
12:38moi je suis en vacances
12:38et donc je ne peux pas voter ».
12:40Après, je retourne l'argument.
12:43Vous savez que
12:43quand le président de la République
12:44est élu,
12:45il y a une dizaine de jours
12:45avant qu'il ne prenne ses fonctions
12:46et puis deux, trois jours
12:47avant qu'il nomme un premier ministre
12:48et un nouveau gouvernement.
12:50Si jamais nous faisions
12:51ce que disait M. Glucksmann,
12:52le président de la République
12:53serait élu,
12:54il aurait la légitimité pour.
12:56Imaginons que Mme Le Pen
12:56soit élu
12:57ou que M. Mélenchon
12:58soit élu
12:58et pendant dix jours,
12:59c'est encore le gouvernement
13:00d'Emmanuel Macron,
13:01par exemple M. Nunez
13:02à l'intérieur
13:02et M. Darmanin
13:03à la chancellerie
13:06qui n'ont plus
13:06de légitimité politique
13:09ou très très peu
13:10et qui expédient
13:10les affaires courantes.
13:11Et qui se retrouveraient
13:11à gérer cette fameuse journée
13:12du 1er mai ?
13:13Vous imaginez ça ?
13:14Vous imaginez la tension politique ?
13:16En fait, ça veut dire
13:17qu'il n'y a aucune bonne solution.
13:18Ça veut dire qu'il ne faut pas
13:18être violent en fait.
13:19C'est-à-dire que bien sûr
13:20que le 1er mai,
13:20on a le droit de manifester
13:22socialement,
13:22vous avez le droit
13:22de couvrir socialement
13:23des manifestations.
13:24On n'a pas le droit,
13:25parce que vous dites
13:26que les journalistes
13:26n'ont pas le droit,
13:27mais les partis politiques
13:27n'ont pas le droit
13:28de faire campagne non plus
13:28la veille d'une élection.
13:30Donc en fait,
13:30ce qu'il faudrait,
13:31ce n'est pas changer
13:31les dates d'élection,
13:32c'est que les partis politiques
13:33ne remettent pas en cause
13:34la forme républicaine
13:35du gouvernement
13:36et acceptent le débat démocratique.
13:37Il y a de la violence politique,
13:38c'est tout à fait normal.
13:40Elle se déroule dans les meetings,
13:41elle se déroule
13:42sur les plateaux de télévision.
13:43Il n'y a jamais eu
13:43autant de détenus en France,
13:45Gérald Darmanin,
13:4690 937 détenus
13:48au 1er octobre
13:50et c'est un nouveau record.
13:51Pour autant,
13:52pour autant,
13:52il n'y a que 63 452
13:56places officielles de prison.
13:58Il y a donc,
13:59par exemple,
13:59le nombre des matelas
14:00posés au sol
14:01qui a explosé.
14:02Il est établi
14:03à près de 9000.
14:04Il y a 9000 détenus
14:06en France
14:06qui dorment
14:07sur des matelas
14:08en France.
14:09Comment on fait ?
14:10Comment on fait
14:10quand ces deux chiffres
14:11ne sont pas corrélés ?
14:12D'abord,
14:13c'est une situation
14:13d'indignité pour la France
14:15et autant des personnes
14:16qui ont fait des bêtises
14:18doivent être,
14:18si un juge le décide,
14:19condamnés à envoyer en prison,
14:21autant ces personnes en prison
14:21ne doivent pas vivre
14:22dans des conditions indignes
14:23et autant il y a
14:26des prisons
14:26où les choses sont
14:27tout à fait normales,
14:28on va dire ça comme ça.
14:30Pas beaucoup avant la vie.
14:31Non, il y en a.
14:33On pourrait dire
14:33que c'est à peu près
14:34la moitié du parc carcéral français.
14:36Autant,
14:36il y a des endroits
14:37qui font honte à la France
14:39et que je vais
14:39très régulièrement visiter
14:40et dont j'engage
14:41des travaux extrêmement rapidement.
14:43Qu'allez-vous faire ?
14:43Plus de place ?
14:44D'abord,
14:44je voudrais saluer
14:45les agents pénitentiaires
14:46parce qu'il y a des agents
14:47derrière tout ça.
14:47Il y a des gens
14:48qui ne sont pas très bien payés.
14:49En tout cas,
14:49ce ne sont pas les mieux payés
14:50de la République
14:50et qui subissent
14:52ces déconstitutions indignes
14:53et évidemment,
14:55le malheur que subissent
14:56les détenus
14:56qui parfois ont des troubles
14:57psychiatriques
14:58parce qu'on enferme
14:58les fous en France aussi.
14:59L'un de nos grandes indignités,
15:01c'est que 25% des gens
15:02qui sont en prison
15:02ont des troubles psychiatriques
15:03qui devraient être
15:04chez les médecins
15:05et pas chez les agents pénitentiaires.
15:07Donc d'abord,
15:07je voudrais saluer
15:08les agents pénitentiaires
15:08et dire aussi aux détenus
15:10que leurs conditions de détention
15:11sont en effet indignes
15:12pour une partie d'entre eux.
15:13D'abord,
15:13il faut construire
15:14des places de prison.
15:15En deux ans et demi,
15:16j'aurais construit
15:176 000 places de prison.
15:18C'est-à-dire que j'aurais construit
15:20234% de plus
15:21que mes prédécesseurs.
15:22Entre par exemple
15:232018 et 2024,
15:24on a construit en France
15:25entre 3 000 et 3 500
15:26places de prison.
15:27Depuis que je suis arrivé
15:28à la chancellerie,
15:29depuis deux ans,
15:29on va construire
15:296 000 places de prison.
15:31Pourquoi ?
15:31Parce qu'on a accéléré
15:32cette construction.
15:33D'abord,
15:33je n'ai pas de problème idéologique.
15:34Vous en aurez combien
15:35à la fin du quinquennat ?
15:36De places de prison ?
15:37De plus ?
15:38On va être grosso modo
15:39à 9 000 places de prison de plus
15:41que le président de la République
15:42avait dit 15 000
15:42au début de son premier quinquennat.
15:44Donc le compte n'y est pas ?
15:45Le compte n'y est pas,
15:46bien sûr,
15:46mais le compte s'accélère,
15:48si j'ose dire,
15:48puisque j'en construis 6 000
15:49en deux ans et demi.
15:50Et je voudrais quand même
15:51vous le dire,
15:52on fait maintenant une prison
15:52trois fois moins chère
15:53et deux fois plus vite.
15:54Avant, c'était,
15:55pour que les gens comprennent,
15:56400 000 euros la place de prison.
15:58Alors, ce n'est pas de la place
15:58simplement,
15:58il faut des miradors,
15:59il faut des murs,
15:59il faut du terrain.
16:00400 000 euros la place,
16:01on mettait 7 ans à en construire une.
16:03Maintenant,
16:03on construit des prisons
16:04en 18 mois
16:05à 190 000 euros la place.
16:06Mais vous avez
16:08la magistrate,
16:09secrétaire nationale
16:09du syndicat de la magistrature,
16:11Justine Praud,
16:12qui dit la semaine dernière
16:13arrêtons de construire des prisons.
16:14Donc vous avez face à vous
16:15aussi des magistrats,
16:16elle en est une des représentantes,
16:18qui disent
16:18non, arrêtons,
16:19la solution ce n'est pas la prison.
16:20Comment vous faites avec ça ?
16:21Alors moi,
16:21je respecte tous les syndicats
16:23et ils ont leur opinion,
16:24mais il se trouve
16:25que c'est moi le ministre
16:26et que c'est moi
16:27qui me vais dans les électeurs.
16:28Voilà,
16:28donc si on veut
16:29une opinion politique,
16:30qu'ils n'hésitent pas
16:31à se présenter
16:31devant les électeurs.
16:32Est-ce que les juges doivent...
16:33Dans le cas de la magistrature,
16:34pardon,
16:34c'est un peu orienté
16:35puisqu'ils sont contre
16:36la prison par principe.
16:37Donc effectivement,
16:38on n'est pas tout à fait d'accord.
16:39Est-ce qu'on peut être magistrat
16:40et contre la prison par principe ?
16:41On peut être magistrat
16:41et contre la prison.
16:42Simplement,
16:42quand on est magistrat,
16:43on applique ce qu'est la règle.
16:44Et la règle aujourd'hui
16:45dans le code pénal,
16:46c'est que si vous tuez ou si...
16:47Vous allez nommer
16:48un nouveau ou une nouvelle
16:50président ou présidente
16:51de l'école nationale
16:52de la magistrature ?
16:52Demain au conseil des ministres,
16:53on va changer de directrice
16:55de l'école nationale de la magistrature
16:56et je proposerai une magistrate
16:57au président de la République.
16:58Qui ?
16:59C'est le conseil des ministres
17:00qui le décidera.
17:01C'est une magistrate
17:01qui a commencé comme institutrice
17:03et qui ensuite est rentrée
17:05plus tard dans la vie
17:06professionnelle magistrat
17:07après une expérience de la vie.
17:08Mes confrères du Nouvelle-Obs
17:10croient savoir
17:11qu'il s'agit de Valérie Delnaud.
17:13Est-ce que vous confirmez ?
17:13Il appartiendra au conseil des ministres
17:15de le décider.
17:15Est-ce que vous infirmez ?
17:16Il appartiendra...
17:17En tout cas,
17:18Valérie Delnaud était institutrice
17:19et elle a passé le concours plus tard.
17:21Si je puis me permettre de le céder.
17:21Et c'est le concours plus tard.
17:23Et c'est ce que vous voulez encourager ?
17:25Des juges qui auraient
17:26une expérience de vie ?
17:27Exactement.
17:28Et par exemple,
17:29dans la réforme de l'école nationale
17:30de la magistrature,
17:30puisque M. Touboul m'a rendu un rapport
17:32et je le remercie
17:33et la directrice va appliquer ce rapport,
17:36nous allons changer
17:36l'école nationale de la magistrature.
17:38Par exemple,
17:38il y aura un stage obligatoire
17:39en entreprise désormais
17:40pour tous les élèves magistrats.
17:42Par exemple,
17:43il y aura une formation commune,
17:44pas totale,
17:45mais commune avec l'ex-ENA,
17:47l'INSP,
17:48l'école nationale de l'administration
17:49parce que tout ça,
17:49c'est dans l'État.
17:50Il faut respecter
17:51l'indépendance des magistrats,
17:52mais ils font partie
17:53de l'intérêt général
17:55et de l'État.
17:56Par exemple,
17:56nous allons diversifier.
17:57Vous savez qu'aujourd'hui,
17:5880% des élèves
18:00passent des prépas privés.
18:01Et donc,
18:01c'est souvent,
18:02pardon,
18:03des enfants de magistrats,
18:03des enfants de profs,
18:04des enfants d'avocats.
18:06Il y a très peu
18:06d'enfants d'agriculteurs,
18:08il n'y a quasiment pas
18:09d'enfants d'ouvriers,
18:10il n'y a quasiment pas
18:11d'ultramarins
18:12qui sont aujourd'hui
18:13à l'école nationale de la magistrature.
18:18Donc,
18:18je trouve qu'elle ressemble
18:18le plus possible
18:19à la méritocratie française.
18:20Général Dard-Manin,
18:21vous étiez pour la primaire
18:22il y a encore deux ans.
18:23J'ai retrouvé vos propos.
18:24Oui, exactement.
18:24Aujourd'hui,
18:25est-ce que vous estimez
18:25qu'il faudrait une primaire ?
18:27Mais j'étais pour la primaire
18:28et tout le monde l'a refusé à l'époque.
18:29Parce que je rappelle
18:30que j'ai été voir M. Attal
18:31qui m'a dit non,
18:31j'ai été voir M. Rotaillot
18:32qui m'a dit non,
18:33j'ai été voir M. Bayrou,
18:34j'étais son ministre
18:34qui m'a dit non.
18:35Parce qu'on avait le temps
18:36de l'organiser
18:37et qu'il fallait pouvoir
18:38organiser nos débats.
18:39Et à cette époque-là,
18:40personne ne se disait
18:41qu'on devait pouvoir discuter
18:42avec M. Ciotti d'un côté
18:43ou avec la gauche de l'autre.
18:44Bon,
18:45ils l'ont tous refusé.
18:46Est-ce qu'il en est encore temps ?
18:47Maintenant,
18:47on a 200 jours
18:48d'élection présidentielle.
18:49On n'a plus le temps.
18:50Je l'ai organisé la primaire.
18:51Enfin, honnêtement,
18:52il n'y a pas de dynamique
18:53ni d'un côté ni de l'autre.
18:54Il faut peut-être quand même
18:54se réveiller.
18:55Pardon,
18:55d'un côté,
18:56il y a Edouard Philippe
18:57qui, bien sûr,
18:57est en danger
18:58pour être au second tour.
18:59Bien sûr.
19:00Enfin,
19:00il fait entre 15 et 17 %.
19:02Et de l'autre,
19:03si je prends M. Attal,
19:04que je respecte,
19:04il est entre 4 et 5 %.
19:06Il fait le tri.
19:06Pour vous,
19:07il n'y a pas photo ?
19:07Mais c'est qu'il faut se rassembler
19:09derrière Edouard Philippe.
19:10Alors,
19:10soit personne ne veut
19:11d'Edouard Philippe personnellement.
19:13Bon,
19:13dans ces cas-là,
19:13ça peut se comprendre.
19:14La vie politique est faite
19:15de sentiments.
19:16Et il faut le dire.
19:18Mais quand vous dites
19:18personne,
19:19c'est quoi ?
19:19C'est ses camarades ?
19:21C'est les Français ?
19:21Je trouve ça étonnant
19:22de ne pas aider quelqu'un
19:23qui fait entre 16 et 17 %
19:24dans à peu près
19:25tous les sondages
19:25depuis maintenant
19:26quasiment deux ans
19:27et qu'il est le seul
19:28capable de nous empêcher.
19:28Tu es en train de dire
19:29que Gabriel Attal
19:30fait un délit de sale gueule ?
19:30Non,
19:31je dis simplement
19:33qu'il ne l'aime pas.
19:34Ce serait une question
19:35de sentiments.
19:35Non,
19:35je dis simplement
19:36qu'il faut être bon joueur
19:37et que voir qu'au mois de novembre,
19:39c'est le constat
19:39que nous faisons tous,
19:40Edouard Philippe n'est pas
19:41tout à fait capable
19:42de se qualifier au second tour.
19:43C'est un danger pour nous
19:44et pour lui,
19:45bien évidemment,
19:45et que les autres
19:46ne sont pas du tout
19:47capables de le faire.
19:53et M. Attal,
19:53c'est ce que j'ai fait cet été,
19:55je dirai ce à quoi je tiens.
19:57À quoi tient M. Attal
19:58et à quoi me tient M. Retailleau ?
20:00Si M. Philippe dit
20:01les propositions de M. Attal
20:02ou de M. Retailleau,
20:03c'est non,
20:03je comprendrais qu'ils se présentent
20:05et défendent des convictions,
20:06bien évidemment.
20:07Mais si M. Philippe,
20:08qui n'est pas très éloigné
20:09quand même de ce que pense
20:09par exemple M. Retailleau
20:10sur la question de sécurité
20:12ou sur la question économique,
20:13dit,
20:14voici les cinq points.
20:15M. Retailleau,
20:15c'est un homme de conviction,
20:16par exemple,
20:16tout le monde le sait.
20:17Il est rempli de convictions.
20:19Il donne les cinq ou six points
20:20ou sept points
20:21auxquels il tient particulièrement.
20:22Il a une discussion politique
20:23avec Edouard Philippe
20:25et après,
20:25il présente...
20:26Enfin, vous,
20:26vous avez fait un peu ça
20:27et vous n'avez pas été très écouté.
20:28Si je me souviens bien,
20:29à la fin de l'été,
20:30lorsque vous avez annoncé
20:31votre soutien à Edouard Philippe,
20:32vous aviez dit notamment
20:33que l'important,
20:33c'était le social.
20:34Bien sûr.
20:34Moi, je n'en entends pas beaucoup
20:35dans son discours aujourd'hui.
20:37Est-ce que ça a vraiment été écouté ?
20:38Ce n'est pas tout à fait vrai.
20:39Edouard Philippe,
20:40un Français sur trois
20:41désormais qui partira à la retraite
20:42ne partira pas à 67 ans.
20:43Il a accepté
20:44ce qu'on appelle la pénibilité,
20:45ce qu'on aurait dû faire
20:46avec la CFDT,
20:47me semble-t-il,
20:47depuis longtemps.
20:49Après,
20:49est-ce que le discours
20:50d'Edouard Philippe
20:51représente la droite sociale
20:52telle que moi,
20:52je la vis ?
20:53La réponse est non.
20:54Je pense qu'il y a encore
20:55beaucoup de choses à faire
20:55pour écouter socialement
20:57les Français.
20:57Ça, c'est vrai.
20:58Mais c'est mon rôle
20:58dans la campagne d'Edouard Philippe
21:00que d'essayer d'influencer
21:01une ligne.
21:01Tout le monde sait
21:02que je suis de droite sociale.
21:03Madame Morancet,
21:04par exemple,
21:11vous demandez aux uns et aux autres,
21:12Bruno Retailleau
21:13qui sera notre invité ce soir
21:14avec Maxime Switek
21:15dans la nouvelle émission
21:16Moi Président,
21:17vous demandez à Bruno Retailleau
21:18de discuter avec Edouard Philippe,
21:20de nourrir la campagne
21:21et le programme d'Edouard Philippe,
21:22mais de se retirer.
21:23Non, je dis à Bruno Retailleau,
21:25Bruno,
21:26cher Bruno,
21:26dis-nous ce à quoi tu tiens
21:28et c'est normal,
21:28c'est la vie politique
21:29et une discussion
21:30avec Edouard Philippe.
21:31Deux choses,
21:31une, soit Edouard Philippe
21:32est d'accord avec les points
21:33de Bruno Retailleau
21:34et il n'y a pas de raison
21:34de se présenter contre lui.
21:36Soit Edouard Philippe
21:37ne retient pas les points
21:38de Bruno Retailleau
21:39et ça c'est la vie normale,
21:40classique,
21:40des gens qui ont des convictions
21:41et il est légitime
21:42que Bruno Retailleau se présente.
21:43Vous voyez ce que je veux dire ?
21:44Mais qu'on ait cette discussion
21:45de fond,
21:46de proposition pour la France
21:47plutôt que de personne.
21:48Ce n'est pas un concours
21:50de beauté
21:51l'élection présidentielle,
21:52c'est est-ce que le projet
21:53que nous portons
21:54est différent de celui
21:55Mélenchon et Mme Le Pen.
21:55On lui posera la question ce soir.
21:56Merci Gérald Darmanin,
21:57vous êtes ministre de la Justice
21:59d'avoir répondu à mes questions
22:01sur RMC et BFM TV.