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  • il y a 16 minutes
Au lendemain des élections de mi-mandat américaines, alors que les résultats définitifs sont encore attendus, Melissa Bell est l'invitée de la matinale de RTL. Correspondante et observatrice de la vie politique américaine, elle décryptera les premiers enseignements de ce scrutin crucial : quel rapport de force entre démocrates et républicains ? Donald Trump sort-il fragilisé de ces élections ? Et quelles conséquences pour la suite de son mandat, notamment sur les dossiers internationaux et la guerre avec l'Iran ? Melissa Bell est l'invitée de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 04 novembre 2026.

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Transcription
00:01RTL Matin, Céline Landreau.
00:047h44, l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour Mélisabelle.
00:07Bonjour.
00:07Vous êtes correspondante de la chaîne CNN à Paris.
00:10Vous allez nous aider ce matin à lire les résultats de ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis,
00:14à en comprendre aussi les enjeux après ce qui s'annonce déjà d'après les projections des médias américains,
00:19comme une très large victoire des démocrates qui s'empare de la Chambre des représentants et du Sénat.
00:24C'est une claque ce matin pour Donald Trump ?
00:27Oui absolument, d'autant que lui en a fait très clairement un référendum sur lui-même, sur sa présidence.
00:32Au moment où le parti républicain sentait que les démocrates commençaient à sentir venir cette vague bleue,
00:38ils n'osaient même pas imaginer le tsunami qu'ils ont gagné cette nuit,
00:44pas mal de stratèges espéraient justement prendre un petit peu leur distance.
00:47Pas mal de candidats dans leurs circonscriptions, leurs électeurs leur disaient les droits de douane,
00:53le coût de la vie, la guerre en Iran qui avait fait flamber le prix de l'essence,
00:56tout ça leur pesait beaucoup.
00:58Et donc ça aurait été une stratégie finalement de distanciation du président qui leur aurait servi.
01:02Lui a redoublé d'efforts pour faire le tour de tous ces états profondément rouges et finalement qui ont basculé.
01:08Et ce matin encore, il dit, il affirme que si son nom avait été sur les bulletins,
01:12les républicains auraient largement gagné.
01:14Il y a une forme de déni ?
01:15Oui, oui, je pense qu'il y a un déni parce que ce n'est pas simplement une claque par
01:19rapport au parti républicain,
01:20mais un effondrement véritablement de ce mouvement MAGA qui depuis dix ans tient entre ses mains,
01:26non seulement le parti républicain, le mouvement autour de Donald Trump,
01:30dont il était un espèce de culte de la personnalité autour du président.
01:33Il faisait la pluie et le beau temps au sein du parti républicain.
01:37Et d'ailleurs, une des choses qui est intéressante dans les résultats de cette nuit,
01:39c'est que même dans les états profondément rouges qui auraient dû revenir au parti républicain,
01:43qu'il avait gagné par dix, quinze, vingt points il y a deux ans,
01:46et même dans les états où il avait choisi un candidat MAGA plutôt qu'un républicain traditionnel,
01:53ce sont eux en général qui ont payé le prix le plus fort et qui ont été écartés.
01:57Et donc une véritable claque pour lui, pour le mouvement MAGA.
02:00Et ce qui est extraordinaire, c'est de considérer finalement sa puissance, son pouvoir de lui
02:05et de son mouvement au sein du parti républicain,
02:07à quel point il avait, entre ses mains, il la tenait d'une main de fer jusque-là,
02:11à tel point il s'est imposé jusque dans ses scrutins locaux,
02:15en disant c'est pour moi que vous avez voté, et plus du tout.
02:18Donc maintenant, cette toute puissance de ce mouvement,
02:21qu'est-ce que ça devient maintenant que cette invincibilité s'est évaporée cette nuit, en fait ?
02:27Alors on rappelle quand même que, de manière générale, les élections de mi-mandat,
02:31elles sont rarement un succès pour le pouvoir en place.
02:35Ça, ça s'inscrit dans une tradition électorale américaine.
02:38Là, c'est l'ampleur de la défaite peut-être qui...
02:40C'est l'ampleur de la défaite et c'est aussi le fait que depuis quelques mois,
02:43on voit un président en campagne face à un électorat qu'on sait être en colère sur le coup de
02:48la vie,
02:49qu'on sait être très en colère au sein de son propre mouvement par rapport à la guerre en Iran.
02:53Ils avaient en fait deux promesses en revenant au pouvoir en 2024.
02:56Plus de guerre à l'étranger et de baisser le coup de la vie.
02:59Pour les deux, c'est raté et la colère au sein de son propre mouvement par rapport à ça aussi,
03:03on l'entendait plus largement, on entendait la colère des gens par rapport au coup de la vie.
03:08Et voici un président en campagne qui parlait des dorures de Washington,
03:11de ses projets de construction et du fait que tout irait bien.
03:15Au final, avec en plus un bruit de fond,
03:17et c'est là où les candidats démocrates ont été très forts,
03:19et le parti qui s'est reconstruit une infrastructure dans des états comme le Texas,
03:23où jamais il n'avait eu d'infrastructure,
03:25ce qu'il n'avait jamais même pu espérer se battre dans ces états-là,
03:31il a non seulement construit cette infrastructure,
03:33il s'est emparé du sujet de la corruption.
03:35Et à un moment où les Américains étaient très en colère sur le coup de la vie,
03:38c'était très compliqué à défendre.
03:41Et à écouter le président, il n'y avait aucune prise de conscience
03:44du fait que ça pouvait rendre les gens, les mettre très en colère.
03:48Une déconnexion avec son électorat.
03:49Et juste, dernière chose, cet animal politique,
03:52qui depuis dix ans a quand même une capacité extraordinaire
03:54à entendre les gens, à leur parler, à sentir les choses,
03:57à se remettre de coups qui auraient été fatales
04:01pour n'importe autre campagne ou candidat.
04:03Et le voici, finalement, oui, il n'est plus invincible,
04:06et au contraire, c'est un tsunami bleu
04:09que les démocrates ont réussi à gagner cette nuit.
04:11Il reconnaît, lui, la défaite,
04:14et dit qu'elle est due en partie au moins à la guerre en Iran.
04:17C'est vraiment un point de bascule ?
04:19Oui, et c'est difficile d'imaginer où nous en serions,
04:22si elle n'avait pas eu lieu.
04:23Mais encore une fois, sur la question de la déconnexion,
04:25le parti républicain répétait, alors qu'il sait que
04:27cette guerre est encore plus impopulaire
04:30au sein de son propre parti et de la base MAGA,
04:33annonçait quoi ?
04:33Qu'après les mi-mandats, il y aurait des nouvelles frappes en Iran.
04:36Donc, à nouveau, une déconnexion par rapport à ce
04:37qu'avaient besoin d'entendre les Américains
04:39pour continuer à donner leur confiance
04:41au parti républicain et au président, surtout.
04:43Il a dit qu'il allait reconnaître cette défaite.
04:47On avait eu des craintes avant le scrutin
04:49parce qu'il avait dit, d'ailleurs, qu'il promettait
04:51de respecter le scrutin, seulement s'il était honnête.
04:54On peut lui faire confiance sur ce point ?
04:56Ça va être apaisé, les jours qui viennent ?
04:58Je pense que la taille de la victoire, finalement,
05:00aide à ce que ce soit une reconnaissance relativement apaisée.
05:03Parce que ça fait des années qu'il fait ce travail
05:05de démolition sur l'idée même de la démocratie américaine
05:08et de son fonctionnement.
05:09Et c'est ça aussi qui s'est passé cette nuit.
05:11C'est que, normalement, on a des passages de pouvoir
05:14entre républicains et démocrates,
05:15des passages apaisés, même quand ils sont contestés.
05:18On se souvient, il y a quelques années,
05:20le cadre constitutionnel est respecté par tout le monde.
05:22C'est ça qui a changé aussi dans le projet MAGA
05:24et dans la tête et dans les propos de Donald Trump
05:26qui fait cette démolition dans la tête
05:29des uns et des autres sur
05:31est-ce qu'il y a de la fraude massive ?
05:32Est-ce que le système fonctionne ?
05:34Est-ce qu'il fonctionne même quand ce n'est pas moi qui gagne ?
05:36Et finalement, il est reconnu parce que l'ampleur
05:38de la victoire des démocrates est indéniable.
05:40Si ça avait été plus serré, je pense que ça aurait pu être plus compliqué.
05:42Plus contesté.
05:43Et maintenant, Mélissabelle, à quoi faut-il s'attendre ?
05:46Est-ce qu'on doit se préparer à un bras de fer permanent
05:48entre le Congrès et le Président ?
05:50Le chef de file des démocrates à la Chambre des représentants
05:52promet déjà de poursuivre les responsables politiques
05:54coupables, je cite, de corruption sans précédent.
05:56Et on sait qu'il vise l'entourage, au moins, de Donald Trump
05:59qui s'est beaucoup enrichi depuis deux ans.
06:01Lui et son entourage, absolument.
06:03En fait, ça va donner, je vous parlais de ce mouvement magas,
06:07cette forme de...
06:10bascule surtout dans le deuxième mandat
06:11vers une forme autocratique de pouvoir,
06:13une espèce de démocratie illibérale,
06:15la prise de pouvoir par l'exécutif,
06:17le fait que les contre-pouvoirs ne fonctionnaient vraiment plus.
06:19Là, le contre-pouvoir revient.
06:21Et donc, ça va être des capacités
06:23à contraindre un petit peu les actions de l'exécutif
06:27sur les pouvoirs de guerre,
06:29sur les droits de douane,
06:30et à commencer des enquêtes, effectivement,
06:32sur les questions de corruption,
06:33pour essayer de regarder de beaucoup plus près
06:36et de contraindre l'exécutif
06:37à agir
06:41moins...
06:42sans entrave et avec une toute puissance
06:44dont il avait pu jouir jusque-là.
06:46On va quand même expliquer aux auditeurs
06:48qui nous écoutent ce matin,
06:49qui connaissent peut-être un peu moins
06:50les arcanes de la politique américaine,
06:52que Donald Trump ne perd pas tout pouvoir.
06:54Pour autant, il a d'ailleurs déjà prévenu
06:56qu'il pourrait dire qu'il pourrait devenir
06:57M. Véto.
06:59Ça veut dire quoi, concrètement ?
07:00Il va pouvoir bloquer tous les textes
07:01votés par le Congrès ?
07:02Il va pouvoir voter.
07:04Il peut servir à son veto, bien sûr.
07:06Il peut continuer à essayer
07:07d'exercer son pouvoir par décret,
07:10comme il l'a beaucoup fait,
07:11surtout depuis le début de ce deuxième mandat.
07:13Mais ça va être beaucoup plus compliqué,
07:14maintenant, de faire les choses
07:15sans aucune réponse à donner, finalement.
07:18Les contre-pouvoirs, là, se réaffirment.
07:20Si les démocrates n'avaient pas gagné le Sénat,
07:22ça aurait été plus compliqué.
07:23Là, ils vont avoir quand même
07:26le législatif entre leurs mains.
07:28Et ça leur donne un peu
07:28à vos pouvoirs de proposition de loi
07:30et surtout d'enquête judiciaire.
07:34Ça donne le pouvoir de réclamer, finalement,
07:36des réponses de l'exécutif.
07:37Et jusque-là, personne ne le sait.
07:38Président, on suit évidemment nous ça
07:39avec notre regard de français, d'européens, ce matin.
07:42Est-ce que cette défaite, elle peut changer
07:43la politique internationale américaine
07:46ou pas fondamentalement, au fond ?
07:48Elle peut changer, parce qu'il y avait aussi
07:49au cœur de ce deuxième mandat,
07:51beaucoup plus radical,
07:52beaucoup plus révolutionnaire, en fait,
07:53que le premier,
07:54un désir d'exporter aussi la vision MAGA au monde,
07:57une agressivité vers le reste du monde.
07:59En 2025, c'est sept pays différents
08:01qui ont été bombardés par Washington.
08:03Une bellicosité aussi,
08:04qui était toute nouvelle.
08:05Maintenant, le Congrès va pouvoir quand même
08:07peser sur ça, les pouvoirs de guerre.
08:10Jusque-là, ils ont eu du mal
08:11à faire porter, finalement,
08:14ce qu'est leur capacité à contraindre
08:16le président à leur répondre.
08:18Ça ne sera plus le cas.
08:19Merci beaucoup, Mélisabelle,
08:20correspondante de CNN aux Etats-Unis.
08:23Dans un instant, un homme...

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