00:00– Merci Maya, bonjour à tous, mon invité ce matin dans les cas de vérité, Louis Alliot, bonjour.
00:06– Bonjour.
00:07– Vous êtes vice-président du Rassemblement National, maire de Perpignan.
00:10Alors on va commencer naturellement avec la nouvelle de la nuit,
00:13cet échec pour Donald Trump aux États-Unis, élection de mi-mandat,
00:16avec des démocrates qui ont obtenu la majorité au Sénat, ils contrôlent désormais le Congrès.
00:20Est-ce que vous regrettez ce revers électoral de Donald Trump ?
00:25– Non, j'en tire des leçons.
00:27Et d'abord c'était une défaite attendue, mais j'en tire des leçons sur les…
00:31– Particulièrement importantes.
00:32– Particulièrement importantes, mais le fait d'intervenir systématiquement
00:37sur la politique extérieure coûte à la politique intérieure.
00:40Et je crois qu'il paie cash l'aventure iranienne aujourd'hui,
00:44et je crois que les électeurs américains avaient voté pour lui
00:47pour des considérations purement internes et nationales aux États-Unis,
00:51et que son interventionnisme extérieur lui a coûté cher là,
00:55en plus des conséquences aujourd'hui pour tout le monde sur le pouvoir d'achat,
00:59tel que nous pouvons le vivre nous-mêmes ici.
01:01– Il dit lui-même effectivement que l'Iran a dû compter dans le choix des électeurs,
01:04et on imagine sur le prix de l'essence notamment.
01:06Est-ce qu'il n'y a pas aussi une part d'échec personnel ?
01:09Il avait dit lui-même, faites comme s'il y avait mon nom sur le bulletin.
01:12– Oui, bien sûr, il est une personnalité un peu extravagante,
01:16et ce deuxième mandat n'a pas dérogé à la règle du premier.
01:21Donc je pense que les électeurs aujourd'hui lui font payer un style aussi,
01:26mais voilà, c'est la démocratie américaine,
01:28les Américains ont fait leur choix et ce choix leur appartient.
01:31– Est-ce qu'il vous inspire encore d'une façon ou d'une autre ?
01:33C'est que par exemple vous étiez à l'investiture de Donald Trump en janvier.
01:35– On y va, c'est un président américain qui a invité des occidentaux à l'investiture,
01:40on y est allé, mais dès l'origine, revenez à ce que nous avions dit,
01:44nous savions qu'il défendrait les intérêts américains d'abord,
01:47y compris contre les intérêts français,
01:49et nous ce qui nous intéresse c'est de défendre nos intérêts nationaux et européens,
01:53et les États-Unis ne nous ont fait jamais aucun cadeau en matière économique,
01:57et nous en avons bien conscience.
01:59– Et alors justement, est-ce que ça peut être une bonne nouvelle,
02:01de demain, traiter avec les démocrates ?
02:03– Écoutez, les Américains, ils ont un système très particulier
02:05à séparation stricte des pouvoirs,
02:07donc ça ne va pas changer fondamentalement la donne,
02:10il va y avoir une guerre entre les deux camps pendant encore deux ans,
02:13et la vraie bataille sera celle du remplacement de Trump à la prochaine présidentielle.
02:18Mais sur la politique, aujourd'hui, je ne pense pas que ça change beaucoup de choses.
02:22– Demain, en France, les syndicats appellent à une grève générale,
02:25à l'heure du bilan d'Emmanuel Macron,
02:27les organisations syndicales sont très critiques à l'égard du chef de l'État,
02:30et en même temps, vous n'êtes pas légitimes à leurs yeux pour exercer le pouvoir.
02:34Est-ce que dans la perspective de 2027, les syndicats,
02:37ce sont vos partenaires ou vos adversaires ?
02:39– Ils sont des partenaires institutionnels, dans tous les cas de figure.
02:44Ils font partie de la démocratie et de la démocratie sociale,
02:48donc nécessairement, vous leur parlez.
02:50Moi-même, à la mairie de Perpignan, en tant que maire,
02:53j'ai des syndicats et je discute avec ces syndicats
02:56sur les conditions de travail des salariés de la ville, c'est normal,
02:59ça c'est la démocratie sociale.
03:01Après, ils ont des considérations politiques qui leur appartiennent,
03:04mais je regarde, moi, dans les enquêtes d'opinion,
03:07même les syndicalistes, même à la CGT, pour une grosse partie, votent pour nous.
03:12Donc je pense qu'il y a les effets de manche et de micro
03:16des dirigeants de ces syndicats,
03:18et puis il y a des citoyens qui votent aux élections,
03:21et dans ces citoyens, ils votent aussi pour nous.
03:23Il y aura des mobilisations un petit peu partout en France.
03:26Vous, au Rassemblement national, quelle est votre mesure pour augmenter les salaires ?
03:29C'était l'augmentation par les patrons de 100 euros sur les salaires,
03:36avec une exonération de charges qui concerne plus de 4 millions de personnes, je crois,
03:42alors que ce que propose aujourd'hui l'augmentation du SMIC,
03:46ça ne concerne que 2 millions de personnes.
03:48Vous n'êtes pas pour un coup de pouce du SMIC, là, dans les prochaines semaines ?
03:50Très honnêtement, ça va pénaliser les entreprises qui sont déjà prises à la gorge.
03:54Il vaudrait mieux augmenter les salaires avec une exonération de charges
03:58plutôt que d'augmenter les charges sur les entreprises aujourd'hui.
04:01Dans les coups de pouce, Sébastien Lecornu hier a annoncé un relèvement
04:03du plafond du Livret A dès le 1er février 2027,
04:07entre 25 et 30 000 euros, avec une revalorisation du taux à déterminer.
04:11Est-ce que c'est bon pour le pouvoir d'achat ?
04:13C'est en tout cas, j'allais dire, bon pour l'épargne, sans nul doute,
04:17mais il ferait mieux de s'orienter vers la création d'un fonds souverain
04:20pour aller investir dans l'économie réelle,
04:23plutôt que de prendre des mesures qui, honnêtement,
04:25relèvent aujourd'hui plus de la communication
04:27que du vrai coup de pouce au pouvoir d'achat pour les Français.
04:30Aujourd'hui, la réponse du gouvernement n'est pas à la hauteur ?
04:32Non, elle n'est pas à la hauteur, mais la situation est difficile.
04:35Et eux-mêmes sont dans une situation avec une absence de majorité
04:39qui ne les incite pas à beaucoup innover en la matière.
04:41On va parler du Rassemblement national.
04:43Jordan Bardella publie aujourd'hui un livre, il s'appelle Gouverner.
04:46Il va faire la tournée des librairies.
04:48Est-ce que ce sera dans les comptes de campagne de Marine Le Pen ?
04:51Je me posais une colle, je n'en sais strictement rien,
04:54mais je suppose qu'ils ont interrogé la commission,
04:57précisément des comptes de campagne,
04:59pour déterminer si ce sera le cas ou pas.
05:02Il y avait visiblement autour d'Éric Zemmour une jurisprudence
05:04qui a fait qu'effectivement il y a eu une partie des sommes qui ont été allouées.
05:08Toujours pour parler de gros sous, si vous me le permettez,
05:10on sait que vous dites régulièrement que vous avez du mal à vous financer.
05:14Mais c'est vrai.
05:14Alors vous en êtes où aujourd'hui pour la campagne de 2027 ?
05:17On est toujours à la recherche de prêts bancaires partout en Europe
05:20et pour l'instant nous n'avons pas obtenu de prêts bancaires.
05:24En regardant quand même que M. Mélenchon lui a obtenu un prêt bancaire
05:29auprès d'une banque qui s'appelle le Crédit Coopératif
05:32qui fait partie du groupe Caisse d'épargne et Banque Populaire
05:35et qui n'a pas eu de mal à en trouver.
05:36Donc je m'interroge quand même sur la démocratie bancaire en France.
05:40Vous regardez toujours à l'étranger ?
05:42Vous avez regardé vers la Russie, vers la Hongrie par le passé ?
05:44Oui, en Europe, en tout cas en ce qui concerne la Hongrie.
05:48Mais on cherche un peu partout.
05:49Mais est-ce qu'il est normal qu'une candidate qui est aujourd'hui
05:52en tête de toutes les enquêtes d'opinion
05:55soit encore au mois de novembre à la recherche d'un prêt bancaire
05:59alors qu'il y a toutes les garanties pour précisément compenser ce prêt-là ?
06:03Mais vous avez les moyens de faire campagne jusqu'au 18 avril ?
06:05Oui, bien sûr, on fera campagne.
06:06De toute façon, le parti soutient la candidature de Marine Le Pen
06:09et donc le parti sera son premier soutien.
06:12Mais c'est vrai que ça devient compliqué en France
06:14de faire œuvre de candidature pour faire vivre la démocratie
06:18quand précisément on vous coupe les robinets de l'argent public
06:22et de l'argent privé pour le coup.
06:23Dernière question avant de nous quitter, Louis Allieu.
06:25Dans un livre à paraître demain,
06:26l'éditorialiste et ancienne conseillère de Ségolène Royal,
06:29Françoise Degoy publie des échanges privés avec Emmanuel Macron.
06:32Selon l'un de ses messages, il qualifie le Rassemblement national
06:35et ses élus de dangereux.
06:37Écoutez, après dix ans de M. Macron,
06:40quand on fait le bilan de ce qu'il a fait et de notre opposition,
06:44entre deux fous, je pense qu'il est le plus fou des deux.
06:46Vous pensez ?
06:47Ah oui, vous dites carrément fou.
06:48Écoutez, dans tous les propos qu'il tient dans ce livre
06:52dont j'ai lu les meilleures feuilles,
06:54il traite tout le monde de fou, pratiquement.
06:56Donc quand quelqu'un traite tout le monde de fou,
06:59c'est en général qu'on est un peu instable.
07:01Merci beaucoup de passer par les cas de vérité ce matin, Louis Alliot.
07:04Très bonne journée.