00:027h, 9h30, Céline Landreau, c'est RTL Matin.
00:07RTL Matin, oui on est ensemble jusqu'à 9h30 avec nous, notre médecin Jimmy Mohamed et Olivier Dauvert, notre monsieur
00:13Conso.
00:13En balade dans le sud-ouest ce matin, Olivier, région très appréciée pour sa gastronomie.
00:19Et l'un de ses trésors, c'est donc son port noir de Bigorre.
00:22Alors on va commencer par un brin de géographie, si vous le voulez bien, pour localiser la Bigorre.
00:27Vous cherchez le département des Hautes-Pyrénées, vous rajoutez le sud du Gers et vous avez en gros la Bigorre,
00:33le pays de ce port noir qui est devenu rien de moins que la star des cochons.
00:38Les restaurateurs se l'arrachent, les amateurs de jambon sec, ils acceptent de le payer entre 2 et 4 fois
00:44plus cher que le jambon de Bayonne.
00:46Et pourtant, c'est une race qu'on a été à deux doigts de perdre il y a une quarantaine
00:51d'années.
00:52Alors 1, parce qu'il grossissait trop lentement, donc il était trop coûteux à produire.
00:56En tous les cas, quand on le comparait aux cochons industriels, et deuxièmement, parce qu'il était trop gras,
01:01alors que l'époque, elle était à la chasse au gras, le port noir de Bigorre était littéralement abandonné.
01:07Et en 1981, écoutez bien ce chiffre, il ne restait que 34 truies et 2 verras en tout et pour
01:15tout.
01:15Le verra, vous l'avez compris, c'était le mâle.
01:17Deux mâles seulement ? Grosse responsabilité pour eux quand même, Olivier, là.
01:21Ah oui, alors, grosse responsabilité ou chance incroyable, c'est comme vous voulez.
01:25On reconnaît bien là.
01:26Il y a à ce moment-là, quelques passionnés qui se sont lancés le défi immense, d'abord, de sauver
01:32la race et ensuite de la relancer.
01:34Et ils ont précisément cultivé ce qui faisait sa faiblesse.
01:38D'abord, l'élevage est long et difficile, c'est comme ça.
01:41Le port noir de Bigorre, il est élevé à l'ancienne, pour partie dans des prairies, des sous-bois.
01:46Il n'y a pas plus de 20 bêtes par hectare.
01:48Ça veut dire que chaque animal a droit à au moins 500 mètres carrés.
01:53Vous voyez, quand je vous le présente comme ça, c'est du grand luxe.
01:55Il mange à la fois les céréales qu'on lui donne et ce qu'il trouve dans la nature.
01:59Et c'est ça qui donne à sa viande un goût différent du cochon ordinaire.
02:03C'est le premier avantage.
02:04Et puis, il y a le gras.
02:05Le gras, c'est le deuxième avantage.
02:07Ce gras qui vient persiller la viande, qui rajoute encore du goût,
02:11tellement de goût que certains restaurateurs disent
02:13que ça rapproche la viande de ce porc noir de Bigorre de la viande de bœuf, rien de moins.
02:19Bon, et au final, ces deux verras, ils ont bien travaillé, Olivier.
02:22La race est sauvée ou pas ?
02:23Ah oui, oui, elle est en voie de l'être.
02:24Il y a désormais plus de 60 agriculteurs qui sont engagés dans cet élevage.
02:29Il y a plus de 10 000 porcs qui sont produits tous les ans.
02:32Alors, par rapport aux dizaines de millions de cochons classiques, ce n'est pas beaucoup.
02:36Mais malgré tout, ça y est, ça repart.
02:38Et pour ceux qui le peuvent, petit conseil.
02:40Un jour, faites la comparaison entre une cote de porc classique, d'un côté,
02:44et une cote de porc noire de Bigorre de l'autre, évidemment avec sa couenne.
02:49Et vous aurez à ce moment-là compris que voir perdre ce porc noir de Bigorre
02:54aurait été une grande, grande perte pour l'humanité.
02:56Alors, je suis sans doute moins objectif que d'autres.
02:58Je le sais, je le reconnais.
03:00Mais franchement, pour les curieux, ça mérite d'être goûté, le porc noir de Bigorre.
03:06Le conseil gastronomique d'Olivier Daubert ce matin.
03:09Merci Olivier. Ça va beaucoup mieux maintenant avec le docteur...