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  • il y a 7 minutes
Comment intégrer la préservation de la biodiversité dans les modèles économiques des entreprises ? À l'occasion du Congrès international sur les solutions fondées sur la nature, organisé à Paris, Marianne Louradour, présidente de CDC Biodiversité, et Hasna Berkia-Guez, directrice RSE de Barjane, analysent les risques économiques liés à l'érosion du vivant. Entre contraintes réglementaires, coûts, mesure des impacts et nouvelles opportunités, la biodiversité peut-elle devenir un véritable levier de performance pour les entreprises ?

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Transcription
00:04Comment mieux intégrer la biodiversité dans les enjeux économiques des entreprises ?
00:08La question est au cœur de l'actualité quelques jours après la COP17 sur la biodiversité organisée à Erevan en
00:14Arménie
00:15et dont le bilan reste contrasté.
00:17Cette semaine à Paris, Paris accueille à son tour le congrès international consacré aux solutions fondées sur la nature
00:24réunissant chercheurs, entreprises, investisseurs, décideurs, publics.
00:28Et alors que la décarbonation s'est progressivement imposée dans les stratégies des entreprises,
00:33la préservation du vivant reste plus difficile à appréhender.
00:37Alors comment l'intégrer dans les décisions économiques ?
00:39Est-ce que ça peut devenir un levier de performance ?
00:41Autant de questions que nous allons essayer de soulever aujourd'hui dans le débat éco.
00:45Je suis ravie d'accueillir en plateau Marianne Louradour. Bonjour.
00:49Bonjour Sibyl.
00:49Vous êtes présidente de CDC Biodiversité, une entreprise spécialisée dans la conception et la mise en œuvre de solutions
00:55pour préserver et restaurer la biodiversité.
00:58Et Asna Berkagez. Bonjour. Vous êtes toujours avec nous.
01:00Bonjour.
01:01Vous êtes directrice RSE de Barjane.
01:03Merci à toutes les deux d'échanger autour de cette question.
01:06Donc je le disais en introduction, il y a eu beaucoup d'actualités ces derniers jours, ces dernières semaines.
01:13Marianne, tout d'abord, est-ce que c'est des événements qui pour vous ont eu un poids, un impact
01:19?
01:19Est-ce qu'il y a eu des conclusions intéressantes à tirer de ces événements ?
01:24Alors ce que je crois, c'est que tout événement qui parle, qui met en valeur la biodiversité, sa crise,
01:30les solutions, est un événement important.
01:32Et je crois qu'il faut saluer ces COP qui se tiennent tous les deux ans sur la biodiversité.
01:38La COP des Révanes était annoncée comme une COP technique qui faisait un point de situation entre la COP 15
01:44de Cumming-Brand-Réal,
01:46qui a véritablement fondé une trajectoire, dont on dit qu'elle est un peu l'équivalent des accords de Paris
01:51pour la biodiversité,
01:52qui donne une trajectoire de zéro perte nette à 2030, donc une zéro perte nette de biodiversité à 2030,
01:59donc une trajectoire très ambitieuse.
02:00Et la COP des Révanes devait faire le bilan de ce mi-parcours entre 2022 et 2030.
02:08Alors, ce qui est important sur cette COP 17, c'est qu'il y a eu un accord.
02:11La présidence arménienne a réussi à faire signer un accord.
02:15Cet accord montre que pour l'instant, le compte n'y est pas.
02:18La trajectoire n'est pas respectée.
02:20Donc, ce bilan, il est très important.
02:22Il renvoie sur un bilan chiffré, mesuré sur la COP 18, qui aura lieu dans deux ans à Quito.
02:28Et ensuite, pour être totalement transparente avec vous,
02:32non, le compte n'y est pas totalement non plus à Révanes par rapport à ce qui est en train
02:36de se passer,
02:37par rapport à la crise biodiversité, qui est d'une violence et d'une rapidité absolument insupportable pour l'humanité,
02:45pour nos économies, eh bien, effectivement, cette COP montre, en fait, une déception
02:50et n'a pas été chercher tous les besoins de financement qui restent à trouver pour restaurer la biodiversité
02:56et pour l'intégrer dans le monde économique et au cœur des modèles économiques des entreprises.
03:03Asna, une réaction sur ces événements et qu'est-ce qui, pour vous, permet justement de faire avancer les choses
03:08?
03:08En complément des événements qu'il y a eu cette semaine, il y a aussi eu le forum Entreprises et
03:12Biodiversité
03:12organisé par l'OFB pendant deux jours à Paris aussi, qui a quand même rassemblé des centaines de personnes.
03:17Il y avait 60 ateliers sur deux jours sur ces thématiques.
03:20Et l'idée, c'était en effet de sensibiliser les entreprises à l'intégration des enjeux biodiversités
03:25dans leur modèle économique et de leur faire toucher du doigt le fait que toute entreprise,
03:32quelle qu'elle soit, est dépendante de la biodiversité, ce qui n'est pas encore intégré dans toutes les entreprises.
03:38Oui, justement, Marianne, qu'est-ce que vous dites aux entreprises si on n'entend pas forcément le discours environnemental,
03:44peut-être que le discours économique au moins peut avoir un poids ?
03:48Quel risque économique il y a derrière, en fait, ne pas prendre en compte des éléments de biodiversité
03:53dans le schéma économique de l'entreprise ?
03:56Les enjeux pour l'économie sont très importants, puisqu'en fait, le Forum économique mondial l'a dit,
04:01c'est un chiffre qui est bien connu aujourd'hui, 55% du PIB mondial dépend de la nature,
04:08dépend des services écosystémiques rendus par la nature.
04:11Et ça, c'est depuis le début.
04:12Depuis le début, l'économie dépend de la biodiversité et de la nature.
04:16Sauf qu'aujourd'hui, on s'en rend compte parce que la nature devient rare
04:20et qu'il y a un principe de rareté qui commence à mordre sur l'économie et les modèles économiques.
04:26Donc, en fait, il y a des risques qui apparaissent, où on passe d'un monde où la nature est
04:31abondante
04:31et l'homme était rare, à un monde où la nature est rare et l'homme est abondant.
04:36Et donc, en fait, il faut changer l'équation. Il faut aller vers des plans de transition.
04:40Donc, il faut que les entreprises, d'abord, comprennent les enjeux, comprennent les risques et les opportunités.
04:47Parce que, bien sûr, il y a aussi des opportunités, et Barjan en parlait tout à l'heure,
04:51Asna en parlait tout à l'heure, sur comment Barjan intègre la biodiversité au cœur de ses projets,
04:58parce qu'il y a des opportunités aussi à le faire.
05:00Les risques, tous les frameworks internationaux les montrent,
05:04on est dans des risques en double matérialité, c'est le terme technique de ces reportings internationaux.
05:10Les risques physiques, les risques de dépendance.
05:13Une entreprise, elle a besoin d'eau, elle a besoin de matériaux,
05:16elle a besoin de matériaux de construction, elle a besoin d'électricité.
05:19Et toute cette production-là, ce sont des risques physiques qui commencent à mordre
05:23parce que l'eau devient rare, parce que les matériaux deviennent rares,
05:27parce qu'il y a des risques de pollution.
05:29Donc ça, c'est le premier niveau de risque.
05:31Le deuxième niveau de risque, ce sont les risques de transition.
05:34C'est-à-dire que l'entreprise a une matérialité d'impact,
05:38et à un moment, parce que ce n'est plus supportable, la réglementation va mordre.
05:43À un moment, l'environnement va commencer à interdire ces dispositifs.
05:49À réagir.
05:49Des risques réputationnels, des risques de marché, des risques de clients.
05:54Donc ça, ce sont les risques de transition qu'elle peut aussi intégrer.
05:57Et à CDC de diversité, on est très mobilisés pour donner des outils aux entreprises
06:03pour quantifier ces risques.
06:04Parce que sinon, c'est très compliqué pour une entreprise de compter des taxons,
06:09des espèces, etc.
06:10Donc aujourd'hui, on a mis en place, et les outils existent,
06:13pour modéliser, quantifier les risques physiques et les risques de transition
06:18sur l'ensemble d'une chaîne de valeur d'une entreprise,
06:22pour lui permettre de les capter.
06:24Et comme le disait Asna, pour les mettre dans ces processus de décision et d'arbitrage,
06:29au bon moment, c'est-à-dire en amont du projet, en amont de la chaîne de production.
06:34Et tous ces changements-là, ça va passer par l'entreprise ?
06:37Vous êtes convaincu que c'est l'entreprise qui est l'acteur, en tout cas moteur,
06:40de toutes ces transitions, et pas forcément au contraire du politique, on va dire.
06:44Le politique, l'économique, le citoyen, on a tous un rôle à jouer
06:50dans cette crise de la biodiversité qui menace toute l'humanité et toute la civilisation.
06:55Donc chacun a sa place, à sa part, pour lutter contre l'érosion de la biodiversité.
07:01L'économique a évidemment, compte tenu des enjeux,
07:05on a, dans les 20 dernières années, multiplié par deux le capital produit.
07:11On a fait moins de 40% sur le capital naturel.
07:15Donc on voit bien que là, il y a une dichotomie entre ce qui est en train de se passer
07:19sur la sphère économique et ce qui est en train de se passer sur la sphère naturelle.
07:23Donc il y a une responsabilité de l'entreprise pour faire un plan de transition
07:28et intégrer sur toute sa chaîne de valeur, sur site et sur sa chaîne de production
07:34et dans sa gestion pour intégrer le vivant.
07:37Asna Marianne, du coup, vous parlez de cette manière de quantifier ça.
07:40Comment est-ce que vous l'implémentez ?
07:44Concrètement, comment ça se passe dans tout l'immobilier que vous avez,
07:47le foncier que vous avez développé ?
07:49Comment est-ce que vous faites pour savoir à quel point ça a des conséquences
07:52sur la biodiversité, l'intégrer, etc.?
07:54Alors c'est plus facile, c'est le grand sujet, c'est plus facile de quantifier
08:00le nombre d'arbres que vous avez plantés, les surfaces d'espace vert que vous avez recréés,
08:06les surfaces que vous avez en gestion différenciée.
08:07Ça, je peux vous les donner.
08:08On a planté 12 000 arbres, 80 000 arbustes.
08:11On a tant de surfaces en gestion différenciée, 100% chez nous.
08:14Mais voilà, ça, c'est mathématique.
08:17Vous mettez en place, vous le faites.
08:18Ce qui est difficile, et ce que disait Marianne, c'est comment le vivant a repris ?
08:23Est-ce que ce que vous avez fait, c'est bien ?
08:25Et c'est vrai que nous, on a été beaucoup dans une logique de développeur.
08:27On créait des bâtiments qu'on veut les plus vertueux possibles,
08:32qu'on essaye de faire les plus vertueux possibles.
08:34Donc, on se fait accompagner par des spécialistes du sujet, des paysagistes, des écologues
08:38qui vont concevoir des projets paysagers qu'on va mettre en œuvre
08:43avec des chartes chantier vert chez nous qui sont très contrôlées.
08:46On sensibilise beaucoup nos entreprises.
08:48On contrôle tout ce qui va se passer.
08:50Mais sur la gestion et sur le temps, là, vous avez besoin de temps long
08:53et vous avez besoin d'arriver à faire des mesures pour voir comment ça fonctionne.
08:56Donc, sur certains grands projets, on a des mesures qui nous permettent de voir
09:01si ces espaces qu'on a recréés font revenir de la biodiversité.
09:04Quelle biodiversité est revenue ?
09:05Est-ce que c'est intéressant pour le territoire, etc.
09:07Et c'est là, la difficulté, parce qu'on parle du vivant.
09:09Donc, c'est très difficile à mesurer.
09:11Mais c'est sur ces sujets-là qu'on veut aller et qui sont dans nos plans d'action,
09:14notamment d'entreprises engagées pour la nature.
09:16Nous, on est entreprises engagées pour la nature.
09:18C'est un dispositif mis en œuvre par l'OFB en France.
09:21Il y a 500 entreprises qui le sont en France, ce qui n'est pas beaucoup à l'échelle des
09:24entreprises françaises.
09:24Oui, et qui vous pousse à réfléchir, en effet, à vos impacts, vos dépendances,
09:29et qui vous ouvre les yeux sur comment la biodiversité est intégrée chez vous
09:34et comment elle impacte votre chaîne de valeur.
09:36Et même nous, qui sommes pourtant un métier...
09:39Très concret, quand même.
09:40Très concret, voilà.
09:41On est un métier, c'est de l'immobilier.
09:43On touche la terre, on touche l'eau, on touche les matériaux.
09:47Donc, c'est plus facile pour nous de voir et de comprendre ce que c'est la biodiversité sur nos
09:52projets.
09:53Même nous, on a découvert des choses sur notre chaîne de valeur, notamment,
09:56de remonter, de se poser des questions au-delà de notre activité propre.
10:00Et c'est très intéressant de pousser les entreprises à se poser ces questions-là
10:04parce qu'on réalise des choses et donc on va mettre en place...
10:06On met en place des choses parce qu'on comprend un peu mieux.
10:09Parce qu'en plus, vous fêtez vos 20 ans, donc vous avez quand même un regard intéressant, historique,
10:14sur les premiers bâtiments que vous avez construits.
10:17Par exemple, est-ce que vous pouvez nous dire,
10:18et est-ce qu'il y a des choses qui vous ont étonnées sur l'impact
10:22qu'ont vos premiers bâtiments sur la biodiversité in fine aujourd'hui
10:26qu'on n'aurait pas pu calculer forcément il y a 20 ans ?
10:28Il y a... Alors, je reviens au parc des Brière parce que c'est le plus ancien.
10:33Ce parc-là, qui est un parc qui a été construit sur un triangle,
10:38c'était une friche agricole, un triangle bordé d'une nationale, une départementale, une voie ferrée.
10:44Ce parc-là, dans ces aménagements paysagers où on a recréé ces bassins végétalisés
10:50qui font du phytotraitement des eaux pluviales,
10:53donc qui ont utilisé des solutions fondées sur la nature pour traiter les eaux pluviales,
10:58a fait revenir une biodiversité qu'on n'avait pas vue depuis très longtemps sur ce site-là.
11:04On a été labellisé Refuge LPO sur ce parc pendant 9 ans.
11:07Donc, on avait des experts de la LPO qui venaient et qui ont pu nous mesurer, en fait,
11:12l'impact de ces aménagements sur la biodiversité et la richesse que ces espaces avaient pu recréer.
11:18De la même façon, on a un site à Olinville, dans le sud de Paris.
11:22C'est une plateforme pour Biocop.
11:24C'est la plateforme de distribution de Biocop.
11:25Sur ce site-là, dans l'enceinte du site, il y avait un hectare de bois
11:30qui était dans l'enceinte du parc et qui était très dégradé
11:34parce qu'il y avait eu du stockage au pied de ces arbres
11:37de matériaux de construction d'une activité antérieure.
11:40Et dans le cadre du réaménagement de cette friche,
11:43c'était une friche d'une briquetterie à l'abandon,
11:48on a reconstruit un bâtiment dernière génération performant pour l'activité de Biocop
11:53et très engagé sur le volet environnemental dans construction et social
11:57pour les collaborateurs de Biocop.
11:59Et on a réhabilité ce bois avec l'ONF pour lui redonner une vie,
12:03pour le refaire vivre et pour le revoir se développer dans des bonnes conditions.
12:07Marianne, quel serait le principal risque sur la biodiversité des entreprises ?
12:13Parce qu'il y a l'utilisation des ressources, il y a le transport.
12:16Est-ce qu'il y en a un sur lequel on pourrait travailler en priorité ?
12:21Les risques sur la biodiversité ont été analysés, démontrés
12:26par la plateforme scientifique Calibès,
12:28qui est pour la biodiversité l'équivalent de ce qu'est le GIEC au climat.
12:32Donc on connaît parfaitement toutes les pressions aujourd'hui sur la biodiversité
12:37et on connaît bien tout l'impact.
12:39Et dans ce que disait Asna, ce qui me semble très important,
12:42c'est qu'il y a l'impact du projet, l'impact local.
12:46Et ça c'est une grande différence entre la biodiversité et le climat.
12:50Parce que la biodiversité elle est locale, le climat on le fait au niveau planétaire
12:54et on est dans un changement climatique de l'ensemble de la planète.
12:57La biodiversité, on a des biotopes, on a une biodiversité, on a une diversité,
13:02on a des écosystèmes spécifiques par région, même sur des petites régions.
13:07Une zone humide n'est pas la même chose qu'une forêt, qu'une plaine sableuse, etc.
13:13Et donc on va pouvoir avoir des actions de restauration locale.
13:17Et on va pouvoir, comme le disait Asna, effectivement faire revenir de la biodiversité au local.
13:23Donc ça, et avoir des écosystèmes en fonctionnement qui sont près de chez nous.
13:29Et ça, tout acteur qui a un projet au sol, comme l'immobilier, a une responsabilité par rapport à ça.
13:35Et puis ensuite, il y a l'impact global de l'entreprise.
13:38Quand Barjane construit, elle a un processus de construction,
13:42elle a des matériaux qui viennent de France, de l'étranger.
13:47Elle a de la logistique du coup, de l'acheminement de matériaux.
13:50Et tout ça a des impacts sur l'ensemble de la planète.
13:52Et cela aussi, il faut les mesurer.
13:55Il faut mesurer quelles sont les pressions, où c'est qu'elles sont localisées.
13:58Quand je fais venir un matériau qui a besoin d'eau, est-ce que je suis dans une région qui
14:02est en stress hydrique ?
14:03Ou est-ce que je suis dans une région qui a de l'eau ?
14:06Donc tout ça, ça se mesure.
14:07Et ce que je voudrais dire sur ce plateau, parce que c'est très important,
14:10et c'est la grande différence à la mesure de la biodiversité d'il y a 20 ans,
14:15c'est qu'aujourd'hui, tous ces outils de mesure sont disponibles.
14:19Des entreprises comme Cédé Cébiversité ou d'autres ont mis à disposition des outils
14:24qui permettent aux entreprises, et au local, et au global,
14:28de connaître exactement, et leurs risques de dépendance, et leurs risques de transition,
14:33donc leur impact et leur vulnérabilité.
14:36Et donc, c'est pour ça que ces COP sont importantes,
14:40pour revenir sur votre question d'introduction,
14:42parce qu'elles remobilisent aussi l'ensemble des secteurs sur ces questions,
14:46l'ensemble des responsabilités, des chaînes de responsabilité.
14:49Et en termes de cadres, que ce soit à l'échelle européenne ou française,
14:52en termes de réglementation, vous avez parlé aussi des labels, etc.,
14:56est-ce qu'on a tout le terrain juridique nécessaire pour encadrer tout ça ?
15:03On a, en France, on a une réglementation, un code de l'environnement,
15:08qui date d'ailleurs depuis 1976, c'est la séquence éviter, réduire, compenser,
15:13qui est une séquence qui a beaucoup de valeur,
15:16qui s'applique à la fois au projet,
15:18et on a eu d'ailleurs, avec Barjan, la chance de les accompagner
15:23sur cette séquence éviter, réduire, compenser sur leur site en PACA.
15:28Donc, cette réglementation, elle fonde l'impact
15:32et une responsabilité pour faire simple pollueur-payeur.
15:36Donc, c'est moi qui mesure mes impacts,
15:38et c'est moi qui les évite, puis qui les réduis,
15:41et quand je ne peux ni les éviter, ni les réduire,
15:44eh bien, je les compense, et donc j'ai un acte de restauration
15:47sur site ou à l'extérieur du site,
15:50pour être au moins à l'équivalence écologique.
15:52Ce qu'il ne faudrait pas, c'est qu'aujourd'hui,
15:56alors même que tout ce corpus réglementaire est installé,
15:59il ne faudrait pas le voir régresser,
16:01et effectivement, il y a quelques indicateurs,
16:05au niveau européen ou français, de recul,
16:08qui, ça, là, me semble extrêmement inquiétant,
16:10parce que la réglementation ne suffit pas,
16:13puisqu'on voit quand même cet effondrement de la biodiversité
16:16se dérouler sous nos yeux,
16:18mordre l'économie et mordre les limites planétaires,
16:21et donc, je crois qu'en fait,
16:22il faut plutôt aller vers le renforcement de la réglementation.
16:25Ça sera de toute façon un chemin inévitable,
16:28parce qu'on ne peut pas rester, en fait,
16:30dans un monde où les limites planétaires sont complètement enfoncées.
16:33La prochaine étape, je vais peut-être en deux minutes poser la question à vous deux,
16:37ce serait quoi pour vous ?
16:39Est-ce que c'est surtout faire de la pédagogie auprès des entreprises ?
16:42Ce serait quoi ?
16:43Bien sûr, il faut faire...
16:44Est-ce que ça serait assez concerné ?
16:45La prise de conscience environnementale est une force qui est montante,
16:49et qui est très importante,
16:51et qui va permettre de responsabiliser l'ensemble des acteurs.
16:54On parle beaucoup d'émissions,
16:55mais c'est vrai qu'on parle un peu moins de biodiversité.
16:58Donc, oui, oui, bien sûr.
16:59Et la biodiversité, c'est une science.
17:03Donc, il faut aussi l'appréhender de manière scientifique,
17:06avec des solutions basées sur la science,
17:09qui ont fait leur preuve que les scientifiques valident,
17:13et qui vont permettre, effectivement,
17:15d'aller vers cette absence de perte, dans un premier temps,
17:19et de la restaurer.
17:20Parce que, de toute façon, on est sur un niveau trop bas,
17:23et il faudra, et c'était le cap de Cumming-Montréal,
17:25ou la Cumming-Montréal, il faudra arrêter cette destruction,
17:29et revenir vers de la restauration du vivant sur notre planète.
17:34Asna, la prochaine étape pour vous, c'est quoi ?
17:36Pour que tout le monde prenne conscience,
17:38ou en tout cas, qu'il y ait plus de prise en considération
17:41de la biodiversité dans les schémas économiques aujourd'hui ?
17:43C'est sensibiliser, oui.
17:45Et puis, c'est des sujets...
17:46Vous disiez, les émissions, c'est acté.
17:49Alors, je ne sais pas encore si c'est acté,
17:50mais en tout cas, c'est un sujet...
17:52On en parle plus, et on parle beaucoup,
17:54et c'est des sujets que je trouve très compliqués,
17:56parce que tous ces sujets environnementaux, globalement,
18:03sont des sujets difficiles,
18:04et qu'un acteur ne peut pas gérer tout seul.
18:07Pour moi, il n'y a que le collectif, en fait,
18:09qui nous permet d'adresser ces sujets
18:11qui sont cruciaux pour l'humanité,
18:13comme le disait Marianne,
18:14mais qui sont très difficiles,
18:16et chacun d'entre nous n'est qu'un maillon
18:18d'une chaîne plus globale.
18:19Donc, plus on est nombreux à travailler sur ces sujets-là,
18:21et plus on enrichit les réflexions,
18:23et plus on enrichit les prises de conscience
18:25et les solutions qu'on peut apporter,
18:27plus c'est pertinent.
18:28Merci beaucoup, Asna Berkages.
18:30Je rappelle que vous êtes directrice RSE de Barjane.
18:33Marianne Louradour, vous êtes présidente de CDC Biodiversité.
18:37Merci à toutes les deux.
18:37Merci beaucoup.
18:38Débattre du sujet.
18:39Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
18:41C'était Smartéco.
18:42Sous-titrage Société Radio-Canada
18:48Sous-titrage Société Radio-Canada
18:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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