00:00Avec Soazie Kéméner, bonjour Soazie.
00:01Bonjour Brigitte.
00:02De la tribune dimanche, vous revenez ce matin sur la mobilisation sociale d'aujourd'hui
00:06et vous nous dites que, alors cette fois, le gouvernement va répondre aux manifestants.
00:11Oui Brigitte, c'est sans doute Laurent Nunez qui a le mieux résumé la journée qui s'annonce.
00:15Une journée, je cite, sensible.
00:17Alors lui, il parle du point de vue des forces de l'ordre et promet un dispositif policier robuste.
00:21Mais c'est aussi une journée particulièrement sensible pour l'ensemble de l'exécutif.
00:25Un appel à la grève générale pour les salaires, ce n'est jamais anodin.
00:28Des manifestations, on attend jusqu'à 700 000 personnes hors Paris.
00:3380 000 manifestants dans la capitale, ce n'est pas anodin non plus.
00:36Surtout quand elles rassemblent salariés du privé, du public, des retraités,
00:40mais aussi des jeunes lycéens et des étudiants mobilisés depuis des semaines.
00:44Mais un appel à la grève générale dans un contexte si éruptif à 164 jours du premier tour de la
00:50présidentielle,
00:51ça mérite d'être surveillé de très près.
00:53Même si après trois samedis consécutifs de mobilisation contre la vie chère,
00:57épousant les codes des gilets jaunes,
00:59on revient à une contestation intersyndicale beaucoup plus classique
01:03et donc mieux sécurisée par les organisations elles-mêmes.
01:06Preuve que l'exécutif prend le sujet très au sérieux,
01:09il va répondre vite, très vite aux manifestants.
01:11Et c'est une première depuis le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron,
01:15marquée par la réforme des retraites bornes contestée, on s'en souvient, dans la rue.
01:19Le gouvernement Lecornu l'avait finalement suspendu,
01:21mais uniquement pour éviter la censure des députés socialistes.
01:25Oui, et puis les lycéens, eux, ils ont attendu aussi à leur répondre, oui,
01:28mais pour leur dire quoi ?
01:30Alors Jean-Pierre Farandou, le ministre des Affaires Sociales,
01:32l'a dit très clairement à l'Assemblée mardi,
01:35il va faire des annonces rapidement pour répondre aux revendications sur les salaires.
01:39Alors il est notamment question d'une augmentation du SMIC
01:41et des minimas dans les branches rémunérées sous le SMIC.
01:45La CFDT écoutera attentivement ses propositions,
01:47alors que le premier syndicat français réclame désormais
01:50une augmentation de 100 euros net du salaire minimum.
01:53Alors, on le voit, on assiste à une amorce de retour à un dialogue social à l'ancienne.
01:58Le grand retour des corps intermédiaires ne peut être qu'une bonne nouvelle
02:01dans ce climat ultra tendu, même si, évidemment,
02:04c'est un sacré revirement de la part d'Emmanuel Macron.
02:07Alors, dans quel sens ?
02:09Souvenez-vous, le président de la République avait débuté son premier quinquennat
02:12en tenant bien en indistance les syndicats
02:14qu'il voulait cantonner dans les négociations de branches.
02:17Il voulait tourner la page de la cogestion avec la CFDT
02:20qu'il avait observée pendant l'ère Hollande,
02:22quand François Hollande était à l'Elysée,
02:25quitte à se préver, lui, Emmanuel Macron,
02:27de précieux amortisseurs sociaux.
02:30François Bayrou s'était à nouveau tourné vers eux
02:32au moment du conclave sur les retraites,
02:34en vain, on s'en souvient.
02:35Ce retour vers les syndicats,
02:37s'il arrive à stopper la contestation sociale,
02:39clôturerait un cycle,
02:40celui d'un macronisme qui s'était éloigné
02:43et dérive de la démocratie sociale
02:44pour mieux être forcé d'y retourner
02:47près de dix ans après.
02:49Voilà, partenaires sociaux,
02:50dans partenaires sociaux, il y a partenaires.
02:51Merci, Swazik Kéména.