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  • il y a 8 minutes
Vendredi 6 novembre 2026, retrouvez Florian Malecki (Directeur Europe du Sud, KnowBe4) et Thomas Gayet (CEO et cofondateur, Scovery) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:04La connectivité de nos smartphones est en train de vivre un mouvement de bascule.
00:08En tout cas, aux Etats-Unis, ça s'accélère, cette connectivité hybride, satellite, réseau terrestre,
00:14autour de Starlink et plus précisément d'un lancement de Starlink mobile qu'on annonce pour fin 2027.
00:21En fait, l'entreprise d'Elon Musk serait engagée dans des discussions avancées pour acheter l'activité mobile de l
00:26'opérateur EcoStar
00:27et puis a obtenu plusieurs feux verts de la part du régulateur américain, la FCC, pour accroître son réseau à
00:33la fois dans le ciel et sur Terre.
00:37Tout sans vraiment parfaitement se mettre en place pour l'arrivée de Starlink mobile.
00:42Évidemment, ça interroge les grands opérateurs classiques de l'autre côté de l'Atlantique, outre-Atlantique,
00:49mais ça nous interroge aussi en Europe et ça commence même à réagir.
00:53Alors pour en parler, j'ai convié sur ce plateau Stéphane Lelux.
00:55Bonjour.
00:56Bonjour Stéphane, président du cabinet de conseil d'ingénierie TACTIS.
00:59Vous êtes aussi le président de la commission internationale du CSF, le conseil stratégique de filière,
01:05infrastructures numériques et puis un conseiller du commerce extérieur pour la France.
01:09Avec vous Sébastien Crozet.
01:10Bonjour Sébastien.
01:11Bonjour.
01:12Fin connaisseur des télécoms, un pionnier de la révolution du haut débit en France.
01:17Vous êtes aujourd'hui le président du think tank géopolitique du numérique,
01:20ainsi que du syndicat des salariés CFECGC du groupe Orange.
01:24Alors, peut-être commencer par votre sentiment sur ce qui se passe aux Etats-Unis.
01:30Je parle d'un moment important de bascule vers une nouvelle connectivité sur nos smartphones.
01:35Qu'est-ce que ça représente, cette arrivée annoncée de Starlink mobile pour vous ?
01:42Stéphane.
01:43Alors, c'est effectivement un choc technologique depuis quelques années où on voit un acteur nouveau
01:48qui utilise une technologie qui est ancienne, celle du satellite,
01:54et qui jusqu'alors était plutôt vu comme un outil complémentaire à celle des réseaux terrestres,
02:00et qui a fait un choix d'utiliser cette technologie,
02:04qui peut par ailleurs continuer à être un complément aux réseaux terrestres.
02:07Enfin, il y a d'autres acteurs comme OneWeb, par exemple, Telsat OneWeb,
02:11qui a une logique d'intégration dans les partenariats avec les opérateurs terrestres.
02:15Lui, Starlink, qui fait partie du groupe SpaceX, a fait un choix tout autre,
02:20qui est plutôt un choix d'intégration globale,
02:23depuis la conception de satellites, les lanceurs,
02:26bien sûr l'exploitation de ces satellites,
02:28mais aussi la commercialisation directe de ces services auprès d'usagers.
02:33Et le choix de cette commercialisation directe auprès d'usagers
02:38a commencé à travers les réseaux fixes.
02:41Donc, Starlink a commencé à vendre de l'accès fixe,
02:44et aujourd'hui, il est passé dans la dimension des réseaux mobiles,
02:50et pas uniquement pour compléter des couvertures de zones blanches,
02:54mais aussi pour aller chercher des abonnés partout sur un territoire.
02:57Et pour ça, il a besoin de fréquences.
02:58Des abonnés qui sont donc déjà abonnés chez des opérateurs mobiles ?
03:01Chez les trois autres opérateurs, aux Etats-Unis, effectivement,
03:05où il y a plus de 300 millions d'utilisateurs.
03:07C'est un gros marché, c'est un marché qui,
03:09ce n'est pas le plus gros du monde,
03:10mais c'est le plus gros en termes de revenus par usager.
03:13C'est un très gros potentiel.
03:14Donc, c'est vraiment un changement d'approche d'un acteur intégré,
03:19qui est un nain encore en termes d'abonnement,
03:21puisqu'on parle de 13 millions d'abonnés à l'échelle de la planète,
03:24mais où il y a une vraie puissance,
03:27et que c'est un acteur, on ne s'en rend pas bien compte,
03:29mais qui, à lui tout seul, pèse près de la moitié
03:32de la capitalisation financière du secteur,
03:35à l'échelle de la planète.
03:36C'est ça qui est probablement un élément
03:38qui va lui donner une puissance.
03:40Et on connaît sa surface financière,
03:42et donc ses capacités pour attaquer un marché
03:46de manière efficace, on va dire.
03:48Sébastien, votre analyse sur cette arrivée du satellite sur mobile,
03:53et d'un nouveau compétiteur, finalement ?
03:57Il faut contextualiser.
03:58Depuis qu'en fait, on a des satellites,
04:00ou en tout cas très rapidement,
04:02dès lors qu'on a eu des satellites,
04:03on a eu des télécommunications.
04:05On ne se souvient pas que dans les années 60,
04:08pour appeler les Etats-Unis,
04:09en fait, on passait par la téléphonie satellitaire,
04:12et on avait d'ailleurs des satellites non géostationnaires,
04:15donc on avait 20 minutes de communication
04:17pour appeler les Etats-Unis depuis Paris.
04:19Ça coûtait extrêmement cher.
04:20Ça coûtait extrêmement cher.
04:21On avait un rendez-vous qui était fixé,
04:23un peu comme du temps de la première vague de téléphonie,
04:27où on avait un rendez-vous à la poste
04:29pour avoir son créneau.
04:30Et puis est arrivé le temps des satellites géostationnaires,
04:33où là, effectivement, on avait la possibilité
04:35d'avoir des communications téléphoniques.
04:38dans des zones qui n'étaient pas couvertes traditionnellement,
04:41parce qu'entre-temps était arrivée la fibre sous-marine,
04:46et donc à ce titre-là,
04:47on avait des communications téléphoniques.
04:49Et puis en fait est arrivée un peu une nouvelle technologie,
04:51c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
04:52on a des satellites qui sont simplement à 400 km de la Terre,
04:55au lieu d'être à 36 000 km.
04:58Et donc ces satellites qui sont lancés en masse aujourd'hui
05:01sont non géostationnaires,
05:03donc ils circulent autour de la Terre.
05:04Il y a une technologie qui permet en fait de, quelque part,
05:08de se substituer en fait autour qu'on a dans nos villes,
05:12dans nos campagnes,
05:13que la technologie a considérablement progressé.
05:16Donc en fait, on va être capable d'avoir une communication
05:19entre des téléphones mobiles et ces fameux satellites qui sont à 400 km,
05:23sachant que ces satellites à 400 km sont déjà en capacité d'émettre
05:28vers des antennes satellites fixes,
05:31pour faire, on va dire, l'équivalent de l'Internet fixe.
05:36Donc il y a déjà à peu près, on estime en France,
05:38200 000 abonnés Starlink par ces systèmes-là.
05:43Et donc la vraie innovation,
05:45c'est l'arrivée de ce qu'on appelle le device to satellite,
05:48donc c'est votre téléphone mobile qui pourra capter de la téléphonie satellitaire.
05:52Directement, sans plus balader avec une valise ?
05:54Alors, ça ne veut pas dire que ça se substituera à la téléphonie
05:56qu'on connaît aujourd'hui pour des questions,
05:58on va dire, de technologies un peu complexes
06:01et en fait surtout de limites techniques physiques
06:03sur ce qu'on appelle les fréquences, les bandes de fréquences,
06:06le débit des cellules, enfin bon, des choses comme ça.
06:10Il ne reste pas moins que c'est une technologie en fait qui est en complément,
06:13donc qui va se déployer sur des zones qui sont soit faiblement denses,
06:17soit des zones qui ne sont pas couvertes.
06:22Soit en fait sur des zones qui sont des zones maritimes, par exemple,
06:25donc tous les bateaux vont pouvoir avoir ce type de téléphonie.
06:30Des zones aussi où le réseau passe mal alors qu'il y a une couverture.
06:34On citait les gens par exemple en pleine forêt,
06:37on a une difficulté à attraper.
06:39Ce que j'appelle les zones faiblement denses,
06:40donc c'est les montagnes, les forêts, les déserts.
06:44Et puis c'est aussi des zones qui peuvent être des zones qui ont été dévastées.
06:48Ça peut être des zones qui sont des situations de guerre
06:50et auquel cas il est impossible de maintenir des infrastructures sur le sol.
06:54Donc tout ça évidemment va venir en complément.
06:57Et là vous parlez de complément,
06:58mais la stratégie du lancement de Starlink mobile,
07:01c'est d'arriver comme un nouvel opérateur mobile.
07:03Alors Starlink décide en fait de dire,
07:05mais de la même façon,
07:06qu'en fait aujourd'hui la quasi-totalité des opérateurs dans le monde
07:10ont fait le choix d'un mode convergent
07:12entre la téléphonie fixe et la téléphonie mobile.
07:14Peu de gens le savent,
07:15mais en réalité quand vous êtes chez vous,
07:17la borne d'émission de votre téléphone mobile,
07:21en réalité c'est votre box Internet.
07:23Et donc on a une partie du trafic qui passe par la box Internet,
07:25même quand vous êtes sur votre téléphone mobile
07:27et vous ne le savez pas, vous n'en avez pas l'impression,
07:29même si vous passez directement par un 06
07:33et pas simplement par WhatsApp, vous avez ça.
07:35Donc en fait on va vers une sorte d'hybridation ou de complément.
07:38Ça a été décrit il y a à peu près une vingtaine d'années,
07:40la convergence des réseaux,
07:41c'est ce qui est mis en place.
07:43L'innovation d'un point de vue marché
07:45et pas d'un point de vue technologique
07:46parce qu'on a d'abord une révolution technologique
07:48puis ensuite on a une exploitation.
07:50Là on est à la phase de la révolution du marché.
07:53Alors on n'est pas quand même encore à la phase technologique
07:57qui fait que certes Apple a déployé l'option mobile,
08:01mais enfin bon c'est un peu compliqué.
08:02On voit que...
08:03Orange propose aussi avec un fournisseur Skylo
08:06d'avoir des SMS via satellite.
08:10On aura d'ici 2028 vraiment la première génération de smartphones
08:14qui va arriver avec des puces directement intégrées
08:17pour avoir la 5G, MSS.
08:19Donc en fait on aura directement la technologie
08:21dans le smartphone grand public,
08:24dans notre poche, dans deux ans.
08:26Donc ça veut dire que le mouvement est en train de se préparer
08:28pour se généraliser
08:30et comme le disait Sébastien,
08:31on est dans quelque chose plutôt à la base
08:33en termes de technologie de complémentaire.
08:35Par contre, ça dépend si on parle de Starlink
08:37ou si on parle de la technologie Léos.
08:40La technologie Léos, on est bien dans le complémentaire.
08:42Starlink, c'est un acteur qui est en train de devenir
08:44un opérateur global, mobile, terrestre,
08:49en plus du mobile satellite.
08:50Et c'est ça qui est probablement une deuxième révolution de marché
08:53qui est en train de bouleverser finalement l'économie.
08:55Très vite sur ce sujet, mais est-ce qu'on doit se préparer ?
08:58Parce qu'en France, on est en train de rebasculer
09:00un marché à trois opérateurs.
09:02Est-ce qu'on doit se préparer à revenir
09:03à un marché à quatre opérateurs avec Starlink mobile
09:05ou est-ce qu'on imagine plutôt une présence
09:08sous forme d'opérateurs mobiles virtuels ?
09:11Alors, disons que...
09:13C'est un vrai débat.
09:14C'est un vrai débat.
09:15De toute façon, il y a une offensive
09:18de la part de Starlink,
09:19mais aussi d'Amazon, et c'est peut-être Amazon
09:21qui est beaucoup plus dangereux d'un point de vue marché.
09:24Pourquoi ?
09:25Parce qu'en fait, si on analyse sa base client,
09:29d'un côté, vous avez un opérateur, certes,
09:31avec l'écosystème de X,
09:32qui a, on va dire, quelques dizaines de millions
09:35d'abonnés dans le monde,
09:37alors qu'Amazon a quelques centaines de millions
09:39de clients.
09:41C'est-à-dire que le jour, en fait,
09:42il déploie dans, mettons par exemple Amazon Prime,
09:46une option directement de eSIM,
09:51c'est-à-dire d'injection, en fait, d'une implantation
09:54dans votre téléphone mobile,
09:55d'un abonnement, d'un abonnement Amazon,
09:57ça fonctionne en opérateur virtuel.
10:00Et donc, évidemment, demain matin,
10:02Amazon peut devenir un opérateur virtuel
10:04dans tous les pays du monde,
10:07et donc, en fait, gérer de la relation client.
10:09Et la relation client, c'est aujourd'hui,
10:10dans notre société, ce qui a le plus de valeur.
10:12Et donc, ça risque de reléguer les opérateurs mobiles,
10:15les opérateurs fixes,
10:16à de simples fournisseurs de tuyaux.
10:18Comment est-ce qu'on se prépare, alors, nous ?
10:20Alors, nous, au niveau européen...
10:21Là-dessus, sur cette transformation ?
10:23Effectivement, le risque de se retrouver,
10:24on va dire, des simples commodities est réel.
10:28Il y a quand même, il faut quand même rappeler,
10:30il y a un élément essentiel qu'on a en main,
10:32au niveau des pays,
10:33c'est l'attribution du spectre,
10:34la gestion des fréquences.
10:35Donc, de toute façon, tout ça n'est possible
10:37si et seulement si tous ces acteurs
10:39ont les ressources radio pour pouvoir connecter...
10:41Donc là, ça va être le rôle du régulateur...
10:43Exactement, première chose que l'Europe peut faire...
10:45L'ARCEP, en l'occurrence ?
10:46L'ARCEP, et puis là, on est à l'échelle européenne.
10:48C'est-à-dire qu'en fait, pour la première fois,
10:49avec notamment les fréquences satellitaires,
10:52l'Europe a pris la main sur une politique spectrale,
10:55et ça, c'est quand même un élément important à noter.
10:58Pour ces fameux 2 GHz,
10:59dont les ressources arrivent en fin d'attribution,
11:02en début 2027,
11:04il y a eu une décision européenne
11:06qui a été de dire,
11:07je vais couper en trois tiers.
11:08Un premier tiers qui va être utilisé
11:10pour des raisons totalement, on va dire, stratégiques,
11:14notamment des usages militaires,
11:15des usages sécuritaires.
11:17Donc ça, je les conserve,
11:18une partie de ces fréquences.
11:19Deuxième chose, je les préserver
11:20pour des acteurs européens.
11:22Donc c'est là où il y a un quatuor d'acteurs,
11:25dont Orange, Vodafone, Telefonica
11:28et Deutsche Telekom,
11:29qui se sont réunis pour dire,
11:30je vais proposer un service
11:33à partir de ces fréquences satellitaires.
11:35Et puis le troisième tiers
11:36va être réservé à d'autres acteurs,
11:38potentiellement dans lesquels
11:39on peut trouver effectivement Starlink,
11:41pourquoi pas Amazon avec ses services de main.
11:43En tout cas, il y a une politique spectrale
11:46qui est un outil.
11:48Et puis le deuxième élément,
11:49c'est aussi la commande publique.
11:51Iris Square, comme on dit,
11:53qui est un programme européen
11:55qui vise à doter l'Europe
11:58d'une flotte satellitaire
12:00qui va arriver entre 2029 et 2031.
12:04Et notamment, au départ,
12:06il y a plus de 66 satellites
12:07qui vont être déployés
12:08pour le militaire
12:10pour avoir une autonomie stratégique.
12:12Merci beaucoup,
12:13c'est déjà la fin.
12:13Et je sais que Sébastien aurait aimé
12:15réagir sur plein de points,
12:16mais on n'a plus le temps,
12:17j'en suis désolée.
12:17Ce n'est pas grave
12:18parce qu'on est au début de l'histoire.
12:19Donc on va continuer
12:20de la suivre dans Smartech
12:22et avec vous.
12:23Merci pour votre fidélité.
12:24On se retrouve dès demain
12:25sur la chaîne Bsmart.
12:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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