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00:00Nous misons là.
00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 18h46, le journal permanent de Frédéric Joncheret.
00:07Incendie volontaire de la maison d'un policier d'Auge d'Angers hier matin.
00:11Tout laisse à penser que cet acte criminel intolérable a été commis en raison de la profession de ce policier,
00:17a écrit le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur X.
00:20Un homme retrouverait mort hier soir, la gorge en partie tranchée dans un appartement du 14e arrondissement de Paris.
00:26C'est un habitant de l'immeuble qui a fait la macabre découverte.
00:29La porte de son voisin était ouverte depuis deux heures.
00:32Une enquête du chef d'homicide volontaire a été ouverte.
00:35Création d'un réseau de 14 ports mondiaux pour lutter contre le narcotrafic.
00:39Il sera officiellement lancé demain lors d'une réunion à Marseille dans le cadre du G7.
00:44Son objectif sera de traquer les cargaisons grâce à des outils comme l'intelligence artificielle.
00:49La Pologne en deuil au lendemain de la tuerie perpétrée à Cracovie.
00:52Le tueur est soupçonné d'avoir abattu six personnes, blessé 15 autres sur le marché,
00:56mais aussi tué ses parents et sa sœur dont les corps ont été retrouvés à leur domicile.
01:01Et en tennis, Quentin Alice et Pierre Hugerbert se sont adjugés le double du Master 1000 de Paris.
01:07Merci Frédéric, on vous retrouve à 19h sur Europe 1 pour votre journal.
01:15Toujours avec mes débatteurs, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro,
01:20et Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
01:22Ça tombe bien, on va parler d'économie et d'international.
01:25Si on avait voulu le faire exprès, on n'aurait pas réussi.
01:27La France décroche, selon une note de l'Observatoire Hexagone, fondée sur les chiffres d'Eurostat.
01:33Le salaire moyen d'un temps plein a reculé de 1,6% entre 2017 et 2025, inflation déduite.
01:39Seule la Grèce et l'Italie font pire dans la zone euro.
01:42Pour la première fois, le niveau de vie médian des Français est passé sous la moyenne européenne,
01:46en cause notamment des charges patronales record.
01:49Augmenter un salarié au SMIC de 100 euros net coûte 246 euros à l'employeur.
01:54On sait également que Sébastien Lecornu recevra demain les syndicats et le patronat pour une conférence sociale.
02:01Gilles Boutin, ma première question est simple au vu des chiffres.
02:03Je pense qu'on connaît la réponse, mais les Français se sont-ils appauvris sous Emmanuel Macron ?
02:09On est en train de s'appauvrir et on ne vit plus bien de notre travail.
02:14On en vit mal désormais.
02:16La méthodologie d'Hexagone, je ne la connais pas bien,
02:18mais ça m'a fait penser à d'autres indicateurs qui s'additionnent au fil du temps.
02:23Le salaire de base, c'est-à-dire brut avant déduction de toute forme de cotisation sociale,
02:29ce salaire de base, sur un an, il a baissé de 1,1%.
02:33L'APEC, qui est l'association de représentation des cadres,
02:37constate que pour la première fois depuis 15 ans, le salaire des cadres a diminué l'année dernière.
02:44Ensuite, vous prenez aussi une autre donnée qui est quand même fondamentale,
02:48c'est le PIB par habitant, c'est-à-dire la richesse produite par habitant.
02:51Eh bien, en 2015, on était 6% au-dessus de la moyenne européenne.
02:56Maintenant, on est 2% en dessous.
02:58Donc tout ça nous montre qu'on est en train de s'appauvrir.
03:02Alors maintenant, il y a deux solutions.
03:03C'est soit on fait comme LFI et puis les syndicats en général,
03:06qui demandent qu'on augmente les salaires,
03:10et comme si cela n'avait pas d'impact.
03:12C'est-à-dire que l'économie ne se décrète pas.
03:15Si vous augmentez massivement les salaires,
03:17les prix vont s'ajuster et ça n'aura aucun effet
03:21et personne n'enverra la couleur à l'arrivée.
03:23Après, la vraie cause de ces difficultés que nous avons,
03:27et qui fait que nous sommes profondément désavantagés
03:29par rapport à certains de nos voisins,
03:31comme l'Allemagne ou les Etats du Nord,
03:33qui, eux, ont un pouvoir d'achat supérieur à nous,
03:38eh bien, c'est simplement notre modèle économique
03:39et les choix que nous avons faits.
03:41Et concrètement, le problème, c'est notre compétitivité.
03:44On n'est pas assez compétitif par rapport aux autres.
03:47Et comment on est compétitif ?
03:49Ce n'est pas sorcier, il faut travailler plus.
03:51Et comment on fait pour travailler plus ?
03:52C'est collectivement.
03:54C'est-à-dire qu'il faut que les jeunes réussissent,
03:56qu'on réussisse à faire travailler tous les jeunes
03:58qui mettent beaucoup de temps avant d'entrer dans l'emploi à travailler.
04:01Il faut faire en sorte que le taux d'emploi des seniors s'améliore.
04:04Il s'est amélioré, mais il faut continuer de l'améliorer.
04:06Pour ça, comment on fait aussi pour améliorer le taux d'emploi des seniors ?
04:09Il faut repousser l'âge de départ à la retraite.
04:12Parce que tous les autres l'ont fait.
04:12Et je ne vois pas pourquoi, nous, en France,
04:14on aurait une super formule magique
04:15qui ferait qu'on pourrait revenir à 60 ans
04:16et que les autres sont à peu près tous à 67 ans.
04:21Ajoutez à ça les 35 heures.
04:22C'est un non-sens absolu.
04:25Ça nous a plombé.
04:26Tout ça fait qu'on a perdu en prospérité.
04:30Et la solution, ce n'est pas de décréter
04:32qu'il faut tordre le bras aux entreprises
04:34pour augmenter les salaires
04:39dont on se demande bien comment elles vont faire,
04:41parce qu'en plus de ça, il y a toutes ces charges
04:42qui pèsent sur elles.
04:46La solution, c'est de créer les conditions d'un retour de la croissance
04:49parce que ce sont les entreprises qui génèrent la richesse
04:52et ce sont elles ensuite qui rémunèrent les Français.
04:55Il ne faut pas prendre les choses par un autre sens.
04:57C'est assez simple et il ne faut pas penser que la France
05:00est un isolat, quelque chose complètement...
05:03Comme dans un laboratoire sur lequel il n'y aurait aucune incidence extérieure.
05:07Non, on en souffre.
05:09Et typiquement, vouloir dépenser des milliards
05:13comme veulent faire les filles pour soutenir la consommation,
05:16mais ça revient à racheter les produits de l'étranger
05:19qui viennent chez nous.
05:20Non, on n'est pas là pour faire fonctionner l'économie des autres.
05:24On est là pour faire fonctionner la nôtre
05:25et donc il faut mieux privilégier tout ce qui va être tourné
05:28vers la production, vers la création de richesses, vers l'innovation.
05:31L'aéronautique, c'est ce qui nous tire, c'est formidable.
05:33C'est vraiment ce qui nous reste encore d'extrêmement profitable.
05:36Il faut le préserver et voir dans quelle mesure
05:39on peut faire émerger ou en tout cas sauver d'autres secteurs
05:42qui tiennent encore.
05:43Vous aurez remarqué d'ailleurs que dans le programme de LFI,
05:45ils ne font que chiffrer la première année.
05:47Sauf erreur de ma part, un quinquennat, c'est 5 ans.
05:49Donc il y a un an, il faudrait qu'il faut faire un petit peu attention
05:51en termes de chiffres. Michel Fayad, à chaque fois qu'on sort
05:54effectivement ces chiffres-là, moi ce qui me marque aussi beaucoup,
05:56c'est à quel point on décroche
05:58avec nos amis, avec nos alliés, avec les Européens.
06:01En fait, en 2014,
06:02le niveau de vie médian français dépassait de 15%
06:05à la moyenne de la zone euro.
06:06En 2025, il est passé en dessous pour la première fois,
06:09au dixième rang sur 20,
06:10juste devant l'Italie et l'Espagne.
06:12Et c'est vrai, on se dit, il y a un moment donné,
06:13on a tous vécu aussi les crises.
06:15On a tous vécu en Europe le Covid,
06:17on a tous vécu en l'Ukraine.
06:19Donc à chaque fois, Emmanuel Macron nous dit,
06:21oui, mais vous comprenez, il y a plein de choses qui nous tombent dessus.
06:23Oui, elle tombe aussi sur beaucoup de pays,
06:25elle tombe aussi sur l'Italie, elle tombe aussi sur l'Espagne,
06:27elle tombe aussi sur le Portugal,
06:28qui sont des pays qui se débrouillent vachement bien.
06:30Absolument. Mais je pense que
06:33les points principaux qui ont déjà été dits,
06:36c'est vraiment le fait que nous,
06:38on a abandonné tout notre secteur productif.
06:41Regardez ce qui arrive à nos agriculteurs.
06:43Je veux dire, pour que nos prix soient plus bas,
06:45il faut peut-être qu'on utilise les prix
06:47des produits qui sont produits chez nous,
06:49au lieu de payer des produits qui viennent sur notre marché,
06:53qui incluent un prix du transport, etc.
06:57Et puis il y a la question de toutes les charges sociales,
07:00on n'a rien réformé en termes de fiscalité.
07:02On fait beaucoup de blabla, en fait.
07:04Les dix ans de Macronie,
07:06ça a été énormément d'annonces verbales,
07:09et peu finalement de concrets.
07:12tandis que, par exemple,
07:13l'Italie que vous évoquez,
07:14ou l'Espagne,
07:15on peut critiquer leur gouvernement respectif.
07:18Pour différentes raisons, d'ailleurs.
07:20Mais les deux ont fait des choix structurels,
07:23qui, malgré tout,
07:24ont des certains résultats.
07:28Notamment l'Italie,
07:29et l'Italie était un pays qu'on considérait
07:31comme, il y a encore quelques années,
07:34l'un des pigs,
07:34c'est-à-dire l'un des pays en 2008
07:37qui était pointé du doigt.
07:38Donc le Portugal, l'Italie, l'Irlande, la Grèce, l'Espagne.
07:41Et aujourd'hui, on voit une Italie
07:43qui a réussi à attirer,
07:44notamment, par exemple,
07:45les banques qui étaient présentes à Londres
07:47après le Brexit,
07:48qui ont débarqué à Milan.
07:51Les Italiens offrent une fiscalité attractive
07:53aux millionnaires et aux milliardaires
07:55qui débarquent à Milan pour cinq ans, je crois.
07:58En tout cas, il y a différentes formules d'attractivité
08:02que l'Italie offre.
08:03L'Espagne aussi en offre.
08:04Et nous, en fait, on n'a ni offre,
08:06ni réforme, ni production.
08:08Enfin, on réduit nos productions.
08:10Et en réalité,
08:12comment voulez-vous
08:13qu'on fasse une véritable concurrence
08:16avec nos alliés ou nos voisins
08:17si on ne fait rien
08:19pour vraiment même participer
08:22à cette compétition ?
08:23Alors, Gilles Boutin,
08:24une question très rapidement
08:25juste sur le SMIC,
08:26parce qu'évidemment,
08:26ça va être aussi la question de demain.
08:28Le gouvernement envisage
08:29de le faire passer
08:30au-dessus de 1 500 euros net.
08:31Ça équivaut à peu près
08:32à 22 euros de plus par mois.
08:34Selon Hexagone, toujours,
08:35les Français ont perdu 120 euros
08:36de pouvoir d'achat par mois
08:37depuis 2008
08:38sur un revenu de 2 000 euros.
08:39Est-ce que ce petit geste
08:41sur le SMIC
08:42suffira, selon vous,
08:43à calmer la colère sociale ?
08:46C'est politique.
08:47C'est-à-dire que le gouvernement
08:48veut absolument atteindre
08:49le seuil des 1 500
08:50parce que ça fait bien.
08:52C'est-à-dire que c'est un chiffre rond.
08:53C'est un coup de com' quoi ?
08:54Oui, c'est un gros coup de com'.
08:55Jean-Pierre Farandou,
08:56le ministre du Travail
08:57et des Solidarités,
08:57l'a bien dit.
08:58Il a vraiment très, très envie
08:59qu'on arrive à ces 1 500 euros
09:02parce qu'encore une fois,
09:03en termes d'image,
09:04ça porte, oui, peut-être,
09:07ça peut avoir son petit effet
09:08à l'approche de Noël.
09:10Ensuite, les causes fondamentales,
09:12comme je l'ai dit,
09:13étant ce qu'elles sont,
09:15ça n'apporte aucune solution.
09:16Le gouvernement est obligé
09:18de jouer les pompiers,
09:19même pas avec ses propres moyens,
09:20c'est-à-dire avec ceux
09:22des entreprises.
09:24Et c'est encore une fois
09:25un aveu d'impuissance.
09:27C'est terrible de terminer
09:2810 ans de macronisme
09:29sur cette note
09:30alors qu'il était censé
09:32relancer notre économie.
09:34Il y a eu des choses de positives,
09:35c'est-à-dire cette orientation
09:37vers la réindustrialisation,
09:38la modernisation,
09:39l'innovation,
09:40tous France, tout cela.
09:41Mais on n'a pas fait
09:42le travail par ailleurs
09:43qui est assez attaqué
09:44à notre état social
09:45qui est quand même boulimique.
09:48On va être obligé
09:48de faire des réformes
09:49et la crise qui approche
09:50nous y obligera.
09:51Je voulais également
09:52qu'on revienne sur les mid-terms.
09:54C'était quand même
09:54l'événement à l'international
09:55de la semaine,
09:56victorieux au mid-terms
09:57avec cet angle-là
09:58qui concerne notamment
09:58les démocrates
09:59qui sont quand même
10:00face à un casse-tête
10:01maintenant pour 2028.
10:02Leur succès repose
10:03sur deux Amériques
10:04que tout oppose.
10:05D'un côté,
10:05vous avez une gauche radicale
10:06urbaine qui est incarnée
10:08notamment par le nouveau sénateur
10:09du Michigan,
10:10Abdoul El Saïed.
10:11De l'autre,
10:11vous avez des candidats
10:12modérés et croyants
10:13qui ont conquis
10:14le Texas ou le Kansas,
10:15notamment en parlant de Dieu.
10:17Reste à trouver
10:17la personnalité capable
10:18de réunir tout ce petit monde
10:20pour reconquérir
10:21la Maison-Blanche en 2028.
10:22Donc je l'ai dit,
10:23les démocrates ont repris
10:24le Congrès.
10:24Les sondages restent
10:25assez cruels.
10:26Selon NBC News,
10:27seuls 29% des électeurs
10:28ont une bonne opinion
10:29du Parti démocrate
10:30contre 38%
10:31pour le Parti républicain.
10:32Michel Fayad,
10:33est-ce que cette semaine,
10:34c'était plutôt un vote
10:35contre Donald Trump
10:36qu'en réalité,
10:37un vote d'adhésion
10:37pour les démocrates ?
10:38Je pense que vous avez raison
10:39parce que,
10:40comme vous le dites,
10:41il y a certains candidats
10:42démocrates
10:43qui ont adopté un discours
10:44qui n'était pas tellement loin
10:45de celui des républicains,
10:46notamment sur, par exemple,
10:48toutes les théories du genre.
10:49Certains démocrates
10:50ont très clairement dit
10:51qu'ils n'y adhéraient pas.
10:54Sur différentes positions
10:56prises par Donald Trump,
10:58ils ont essayé en réalité
10:59de montrer que sur ce point,
11:01ils sont d'accord
11:01et donc ils ont réussi
11:02à attirer une certaine population.
11:04Mais le vrai enjeu,
11:05c'est celui que vous avez décrit,
11:07qui est que les démocrates
11:08manquent cruellement
11:10de leaders capables
11:11de rassembler
11:13ces différents courants
11:15au sein du Parti,
11:16de démocrates
11:17et il y a une chose
11:18qu'il faut quand même rappeler,
11:19c'est que quasiment
11:21tous les présidents américains
11:22perdent les élections
11:23en demi-mandat
11:24mais même après avoir perdu
11:25les élections en demi-mandat,
11:26ça ne veut rien dire
11:28pour la présidentielle.
11:29Donc, moi, je pense plutôt
11:31qu'un bon candidat républicain
11:33a peut-être beaucoup de chance
11:35de l'emporter la prochaine fois
11:37qui se démarque de Donald Trump.
11:39Si se démarque de Donald Trump
11:40peut-être sur le style
11:41et sur la guerre
11:43mais peut-être pas
11:44sur le fond justement
11:46parce que sur les questions
11:46d'immigration
11:48même si beaucoup d'Américains
11:49critiquent la méthode Trump
11:51et la majorité des Américains
11:52disent que les mesures prises
11:54enfin qu'ils croient davantage
11:56dans le parti républicain
11:57pour régler les questions
11:58immigratoires.
11:59Un immense merci Gilles Boutin
12:00et Michel Fayad
12:01de m'avoir accompagné
12:02dans cette première partie
12:03d'Europe 1 Soir
12:04Ne bougez pas
12:04avec Jules Torres
12:05et Sébastien Ligné
12:06Dans un instant,
12:07nous recevrons
12:07Adrien Clouet
12:08député La France Insoumise
12:10de Haute-Garonne
12:10On parlera du programme
12:11de Jean-Luc Mélenchon
12:12et de Liberté d'expression
12:13A tout de suite sur Europe 1
12:14Europe 1 Soir
12:1518h-20h
12:17Hélène Rouet
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