00:00 Il y a selon moi des principes essentiels en politique.
00:04 Dire la réalité aux français, sans tordre les chiffres, sans vendre des illusions, sans
00:12 relayer des contre-vérités.
00:14 Alors Monsieur le Président, parlons de faits.
00:18 Parlons de faits.
00:21 Aujourd'hui, le nombre d'actifs qui cotisent diminue par rapport au nombre de retraités.
00:29 C'est un fait.
00:30 Dans les années 50, il y avait 4 actifs pour 1 retraité.
00:34 Il n'était que 2 au début des années 2000.
00:38 Ils sont 1,7 aujourd'hui et l'on sait que ce nombre continue à diminuer.
00:43 Et ça, ce n'est pas une opinion politique Monsieur le Président Cannaire.
00:48 C'est une réalité démographique.
00:50 Une réalité qui menace notre système de retraite par répartition.
00:55 De ce fait, notre système de retraite sera en déficit dans les prochaines années.
01:02 Des déficits qui vont s'accumuler.
01:04 Et là encore, ce n'est pas moi qui le dis, ce n'est pas le gouvernement qui le décrète,
01:10 c'est un fait.
01:11 Un fait partagé par le Conseil d'orientation des retraites.
01:14 Et je vous le rappelle, aucun scénario du corps ne prévoit l'équilibre en 2030.
01:24 D'ici 10 ans, ce sont près de 150 milliards d'euros de déficit que nous accumulerons
01:31 et que nous laisserons à notre jeunesse si nous ne faisons rien.
01:34 C'est pour cela que le premier président de la Cour des comptes a déclaré la semaine
01:39 dernière que notre système de retraite n'était pas soutenable en l'état et qu'une réforme
01:45 était indispensable.
01:47 Voilà pour les faits Monsieur le Président Cannaire.
01:50 Alors passons aux conséquences.
01:52 Ce dont nous avons discuté avec les organisations patronales, avec les organisations syndicales,
01:59 avec les différents groupes parlementaires, c'est d'assurer l'avenir de notre système
02:03 de retraite par répartition en travaillant progressivement plus longtemps.
02:08 C'est ce qu'ont fait tous nos voisins européens.
02:11 C'est aussi le choix que des majorités de droite et de gauche ont fait avant nous.
02:21 Et je vous rappelle Monsieur le Président Cannaire que vous avez vous-même avec le
02:25 Parti Socialiste soutenu la réforme de Madame Touraine qui allait exactement dans ce sens.
02:31 Alors vous avez changé d'avis Monsieur le Président ?
02:43 Collègues, si vous n'écoutez pas la réponse, je doute que le Président Cannaire puisse
02:50 ensuite répondre.
02:51 Alors laissez Madame la Première Ministre exprimer, le Président Cannaire répondra
02:55 à Madame la Première Ministre.
02:57 Donc vous avez changé d'avis Monsieur le Président Cannaire, c'est votre droit, mais
03:01 alors que proposez-vous ?
03:02 Pour financer notre modèle social et pour combler ce déficit, il n'y a que deux autres
03:08 options.
03:09 Soit vous voulez baisser les pensions et vous pénaliserez les petites retraites et les
03:13 classes moyennes en les privant du fruit du travail d'une vie.
03:17 Soit vous voulez augmenter drastiquement les cotisations et les impôts, pesant sur les
03:23 salaires ou pénalisant les artisans, les TPE, les PME, tous ceux qui font notre vie
03:29 économique, brisant ainsi la dynamique de l'emploi.
03:32 Alors Monsieur le Président Cannaire, puisque nous partageons une volonté commune de vérité,
03:38 dites-nous, quelle alternative vous proposez aux Français ? La baisse du pouvoir d'achat
03:43 ou la hausse du chômage ?
03:44 Mesdames et Messieurs les Sénateurs, notre projet est animé par une seule volonté,
03:50 assurer l'avenir de notre système de retraite par répartition.
03:55 Alors nous portons un projet qui permet le retour à l'équilibre en 2030, en travaillant
04:01 progressivement plus longtemps.
04:03 Et je mesure ce que cela représente pour beaucoup de Français.
04:07 Et je sais que nous ne sommes pas tous égaux devant le travail.
04:10 C'est pourquoi nous avons veillé à répartir le plus équitablement possible l'effort,
04:16 notamment en tenant compte de la situation de ceux qui ont commencé à travailler tôt
04:20 ou qui ont des métiers difficiles.
04:22 Et je veux souligner aussi, désormais, les femmes partiront en moyenne plus tôt à la
04:27 retraite que les hommes, alors que c'est le contraire aujourd'hui.
04:30 Enfin, cette réforme permettra d'augmenter les plus petites pensions des futurs retraités
04:38 comme des retraités actuels.
04:39 Nous pourrions peut-être au moins nous retrouver sur ce point, puisqu'il était porté par
04:43 votre candidate à l'élection présidentielle.
04:46 Bien sûr, nous entendons les inquiétudes et les doutes.
04:50 Nous sommes prêts à enrichir le texte et je ne doute pas que le Parlement y contribuera.
04:56 Nous travaillerons avec toutes celles et ceux qui partagent notre volonté de préserver
05:00 notre modèle social.
05:01 Je vous remercie.
05:02 Bien, M. le Président Kallner, une poignée de secondes pour répondre dans le calme.
05:10 Madame la Première Ministre, votre réponse est une réponse inéquitable.
05:19 Vous ne demandez aucun effort aux plus aisés de nos concitoyens.
05:21 C'est votre choix.
05:22 Vous êtes la Première Ministre des plus riches, manifestement.
05:25 Moi, je tiens à vous donner ce mot.
05:29 Ce mot, dans une manifestation hier, écoutez-le et sortez de votre équation comptable.
05:35 Nous ne sommes pas des feignants.
05:38 Nous voulons juste profiter un peu du fruit de notre travail avant de mourir.
05:43 Madame la Première Ministre, ayez un peu de bienveillance vis-à-vis des Français.
05:48 Retirez votre réforme.
05:49 (Applaudissements)