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  • il y a 4 ans
Retraites : "Si F. Mitterrand avait suivi les sondages, il n’aurait pas aboli la peine de mort. Il y a des mesures qui ne sont pas comprises, appréciées à leur juste valeur" selon Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale

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Transcription
00:00 [Musique]
00:03 – Bonjour Laurent Marcandil, merci beaucoup d'être notre invité politique ce matin
00:07 des pieds de la Corse du Sud, président du groupe Horizon à l'Assemblée Nationale.
00:10 On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat
00:12 avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche.
00:15 Bonjour Christelle.
00:16 – Bonjour Ryan, bonjour Laurent Marcandil.
00:18 – Laurent Marcandil, on va évidemment parler de la réforme des retraites
00:21 dans quelques instants, mais d'abord, Volodymyr Zelensky était hier à l'Élysée,
00:24 reçu par Emmanuel Macron avec Olaf Scholl s'il va se rendre à Bruxelles
00:28 avec le président de la République, son objectif, obtenir des armes et des avions,
00:31 ou plutôt, est-ce qu'il faut répondre à sa demande ?
00:33 – J'ai écouté le président de la République hier, il a rappelé les enjeux.
00:37 Les enjeux c'est aider l'Ukraine, c'est lui permettre de gagner cette guerre,
00:41 parce que ce qui se passe là-bas nous concerne, concerne l'Europe.
00:44 Je pense que la présence du chancelier allemand démontre aussi la volonté
00:48 du président de la République d'être en concertation avec nos partenaires,
00:52 notamment au niveau de l'Union Européenne.
00:54 Et je crois qu'il ne faut pas aller vers l'escalade,
00:58 c'est ce qu'a rappelé également le président de la République,
01:00 mais que la question se pose et qu'elle n'est pas exclue.
01:04 – Donc il ne faut pas exclure le livret des avions ?
01:06 – Ce n'est pas exclu.
01:07 – Et sur les chars, parce que le président de la République
01:08 est toujours flou sur la question des chars ?
01:10 – Je me remets à ce qu'il a dit également, il a dit que ce n'était pas exclu.
01:13 – Après la proposition britannique de livrer des avions,
01:16 Vladimir Poutine a dit "il y aura une réponse",
01:19 est-ce que la France doit craindre aussi une réponse si on aide plus avant l'Ukraine ?
01:23 – Je me suis rendu en Ukraine au mois de décembre avec Edouard Philippe,
01:27 et j'ai constaté la détermination du peuple ukrainien et de ses dirigeants
01:31 à lutter pour leur liberté et pour leur intégrité territoriale.
01:36 Nous sommes dans ce camp.
01:38 Je crois que les valeurs que nous devons porter
01:39 sont celles de la défense de l'Ukraine, d'être aux côtés de l'Ukraine.
01:43 Et les menaces du président russe ne doivent pas nous impressionner
01:47 parce que nous avons également les moyens de répondre.
01:49 – Parce qu'à une époque, Emmanuel Macron disait
01:50 "il faut aussi créer les conditions que l'on se rassemble tous autour de la table
01:54 à la fin de la guerre", aujourd'hui on n'est plus tout à fait dans ce schéma-là.
01:58 – Mais c'est de là à être, je dirais, en équilibre.
02:01 Il a rappelé encore hier que le but c'est la paix.
02:05 Le but ce n'est pas la guerre, le but c'est de mettre fin à ce conflit
02:08 et de permettre à l'Ukraine de retrouver son intégrité,
02:11 de se reconstruire parce que l'Ukraine a souffert depuis un an.
02:15 Et le but c'est la paix, je le rappelle encore une fois.
02:18 – On va parler de la réforme des retraites, l'examen du texte se poursuit,
02:21 à l'Assemblée nationale ça patine, on va en parler.
02:23 Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée jeudi prochain,
02:26 veille de la fin de l'examen de ce texte.
02:28 Est-ce qu'à force de ne pas bouger, le gouvernement
02:30 et la majorité présidentielle à laquelle vous appartenez
02:32 entraînent un durcissement de la mobilisation ?
02:35 – Le gouvernement a bougé, on ne peut pas dire qu'il n'a pas bougé.
02:37 – Pas sur les 64 ans.
02:38 – Ah oui mais bon, si on s'attaque au cœur de la réforme…
02:39 – C'est ce que nous voulons des manifestants.
02:40 – Si on s'attaque au cœur de la réforme.
02:42 Moi je suis venu ici pour rappeler un principe qui est simple,
02:47 nous devons sauver notre système de retraite par répartition.
02:50 Ça ne passe pas par beaucoup de solutions.
02:55 Vous avez la solution qui viserait à baisser les cotisations,
02:59 augmenter également… non, augmenter les cotisations,
03:06 baisser les pensions pardon, il est tôt.
03:08 Et nous avons fait le choix de demander aux Français
03:12 de travailler un peu plus pour être dans un système de solidarité
03:14 entre les générations à un moment où nous vivons plus longtemps.
03:17 – Mais pourquoi est-ce que ce principe lui-même n'a pas été concerté ?
03:20 C'est-à-dire que depuis le début, le président de la République
03:21 pendant la campagne, puis depuis qu'il est réélu,
03:24 dit "on ne bougera pas sur l'âge".
03:26 Il a bougé sur une année et pas plus.
03:29 Pourquoi est-ce que le principe en lui-même n'a pas été concerté ?
03:32 Avec les partenaires sociaux par exemple ?
03:33 – Il y a eu un certain nombre de discussions qui se sont déroulées,
03:37 on a même prolongé ces discussions,
03:38 on devait présenter le projet avant les vacances de Noël,
03:42 finalement on est allé jusqu'au mois de janvier,
03:43 on ne peut pas dire qu'Olivier Dussopt n'est pas reçu.
03:45 – Mais tout en disant "on ne bouge pas sur la mesure d'âge".
03:48 – Il y a eu quand même des bougées,
03:50 je m'en réfère encore à ce que la Première Ministre a annoncé.
03:53 En ce qui concerne l'âge, vous voyez bien qu'on est sur des mesures
03:56 d'équilibre financier, je sais que ça ne plaît pas à tout le monde.
03:58 J'entends beaucoup les députés LFI notamment dire
04:01 "vous n'avez que le portefeuille en tête et vous ne pensez pas aux gens".
04:05 Vous savez les vrais gens, les gens qui payent leurs impôts,
04:10 qui payent leurs factures, à un moment aussi ils se posent la question
04:13 comment ils vont faire pour tenir jusqu'à la fin du mois.
04:16 La notion d'équilibre budgétaire,
04:19 elle doit être aussi au cœur de nos réflexions,
04:20 sinon on n'est plus trop sérieux.
04:21 – Laurent Marcangeli, certains syndicats, réformistes notamment,
04:24 disent "nous on avait d'autres pistes,
04:26 on est conscients des équilibres du système".
04:28 J'ai écouté le patron de la CFTC ce matin qui disait
04:31 "mais on avait des pistes mais on n'a pas été écouté
04:34 puisque cette mesure d'âge était incontournable pour le gouvernement".
04:39 J'ai envie de vous demander, le président de la République
04:40 qui a instauré des CNR sur toutes les thématiques,
04:44 la santé, l'éducation, pourquoi ne l'a-t-il pas fait sur les retraites par exemple ?
04:47 Est-ce que vous comprenez ?
04:48 – Mais j'y ai conscience, j'ai conscience que l'effort qui est demandé,
04:52 il est difficile.
04:54 Nous en avons tous conscience dans la majorité,
04:56 mais nous sommes également pétris de cet esprit de responsabilité.
05:00 Nous avons un héritage à préserver
05:03 puisque le choix a été de maintenir notre système par les partitions
05:06 et je vous rappelle que les options qui étaient sur la table étaient les suivantes,
05:12 augmentation des cotisations, baisse des pensions, nous l'avons refusé,
05:15 augmentation des impôts, nous le refusons,
05:17 nous avons donc opté pour cette option.
05:19 – Mais là, est-ce que vous n'avez pas le sentiment d'être sourd
05:20 aux demandes des Français, d'être déconnecté
05:23 de ce que demande la majorité des Français ?
05:24 – Non, nous sommes connectés et c'est pour ça que justement
05:26 sur un certain nombre de dispositifs, il y a eu ce qu'on appelle des bougées,
05:29 notamment sur les carrières longues, notamment sur les femmes,
05:32 notamment sur l'index senior qui va passer à l'article 2,
05:36 je ne sais pas quand puisque vous voyez bien à quel point les choses n'avancent pas.
05:41 Et puis vous avez également sur les régimes spéciaux
05:43 des mesures qui pour le coup sont demandées par une majorité de Français.
05:45 Vous avez l'opposition qui se plaît à rappeler que selon les sondages,
05:51 les Français rejettent massivement la réforme, c'est peut-être vrai,
05:53 mais en tout cas, ils avaient également demandé…
05:55 – 72% de la…
05:56 – …à ce que les régimes spéciaux soient revus.
05:58 Et de ce point de vue-là, plus de justice, plus d'équité
06:00 entre les Français face à la retraite.
06:03 – Mais 72% des Français soutiennent aujourd'hui le mouvement de grève,
06:07 demandent est-ce qu'il perdure ?
06:09 Est-ce que vous n'avez pas perdu la bataille de la communication finalement ?
06:12 Et est-ce que vous n'imposez pas quelque chose
06:14 contre l'avis de la majorité des Français ?
06:17 – Vous savez, il y a d'autres exemples dans l'histoire de notre pays
06:20 où des sondages disaient qu'il ne fallait pas faire
06:24 ce que les gouvernements prévoyaient.
06:26 Cette comparaison n'est pas raison,
06:27 mais si François Mitterrand avait suivi les sondages,
06:30 il n'aurait pas aboli la peine de mort par exemple.
06:32 Il y a parfois des mesures dans notre pays
06:35 qui ne sont pas à l'instant T comprises, appréciées à leur juste valeur.
06:40 D'abord parce que je pense encore que les Français
06:43 ont une mauvaise appréhension par rapport à leur système de retraite.
06:45 Je crois que beaucoup de nos concitoyens et nos compatriotes
06:48 ignorent le fait que ce régime par répartition, il est intergénérationnel.
06:53 Beaucoup de Français pensent que leurs cotisations sont pour eux,
06:56 alors qu'en réalité ils sont pour ceux qui sont déjà à la retraite.
06:59 Déjà le verre est dans le fruit si je puis me permettre.
07:02 Et ensuite vous avez aujourd'hui la nécessité d'équilibrer ces comptes
07:06 parce que c'est une responsabilité que nous avons.
07:07 Ce n'est pas demain, ce n'est pas la procrastination
07:09 qui a été choisie par le gouvernement et par la majorité.
07:11 Nous sommes sur cette voie.
07:13 – La question que je vous pose est plutôt en termes démocratiques,
07:16 c'est-à-dire qu'on voit qu'aujourd'hui vous cédez pas mal de choses
07:18 pour convaincre le groupe LR qui pèse 4% à l'élection présidentielle.
07:23 Et il n'y a plus du tout de discussion avec les syndicats
07:27 qui ont amené encore peut-être un peu moins de 2 millions de personnes
07:30 dans la rue avant-hier.
07:32 Est-ce qu'il n'y a pas une question à se poser en termes de dialogue démocratique ?
07:36 – Nous sommes dans une assemblée qui délibère
07:38 et qui est à l'émanation de la nation.
07:41 LR, ça représente une soixantaine de députés.
07:45 Soixantaine de députés qui, dans leur histoire politique,
07:48 notamment sur les dernières élections présidentielles,
07:50 ont proposé une réforme des retraites.
07:52 Moi je n'ai rien contre le fait, demain,
07:54 de discuter encore plus largement à l'Assemblée nationale.
07:57 Mais le vote d'une loi de ce type, il se décide dans l'hémicycle.
08:01 Et nous avons été élus il y a 6 mois, on n'a pas été élus il y a 10 ans.
08:05 Donc on bénéficiait encore d'une légitimité, je le pense,
08:07 pour pouvoir faire passer un certain nombre de choses.
08:10 Et ensuite, je le dis encore, il y a eu concertation.
08:12 On ne peut pas dire que les discussions n'ont pas eu lieu.
08:15 Et qu'en revanche, effectivement, on a eu des organisations syndicales
08:18 qui n'ont pas voulu entendre parler de la mesure d'âge.
08:21 Je le regrette.
08:22 – Vous le dites, le vote se fait dans l'hémicycle.
08:23 Est-ce que vous pensez obtenir le vote des députés LR ?
08:26 – Je l'espère.
08:27 Je l'espère parce que ce serait en cohérence
08:29 avec ce que cette famille politique dit depuis de nombreuses années.
08:32 Vous savez, j'en viens.
08:33 – C'est ce que j'avais demandé, vous avez appartenu à cette famille.
08:35 Comment vous regardez ce qui s'y passe aujourd'hui ?
08:37 – Je ne vais pas faire le commentateur.
08:39 Je vois qu'il y a des divisions,
08:40 je vois qu'il y a des stratégies qui sont divergentes.
08:43 Je vois qu'il est difficile de tenir ce groupe.
08:45 – Vous pensez encore ? – Les votes en atteste.
08:47 – Vous pensez pouvoir, par exemple, convaincre Aurélien Pradié de voter ?
08:50 – Ça me semble difficile.
08:52 Ça me semble difficile.
08:53 – Pour vous, il ne le votera pas ?
08:54 – Je pense que c'est ce qu'il dit.
08:56 Et puis les propositions qu'il fait sont intenables.
08:58 – C'est intenable ?
08:59 – 10 milliards d'euros.
09:01 – Quand il dit, il faut tenir compte des carrières longues,
09:03 des Français qui ont commencé à travailler.
09:05 Est-ce qu'il n'y a pas des améliorations encore à faire là-dessus ?
09:07 – Moi, je respecte M. Pradié.
09:08 Je le respecte dans ses convictions et dans son parcours personnel
09:11 et dans ce qu'il peut apporter au débat public français.
09:13 Mais les propositions qu'il met sur la table
09:17 sont intenables d'un point de vue budgétaire.
09:19 À moi, l'esprit de responsabilité nous oblige à tenir compte de cela.
09:24 – Qu'il n'a pas ?
09:25 – Sur ce coup, je ne sais pas ce qu'il cherche,
09:27 mais en tout cas, s'il ne cherche pas, la responsabilité.
09:29 – Est-ce que pour vous, il y a encore des améliorations
09:31 à apporter à cette réforme ?
09:32 Où est-ce que le texte tel que présenté est maintenant le bon ?
09:34 – Vous aurez un certain nombre de choses dans le débat parlementaire
09:37 s'il peut exister, parce qu'encore une fois,
09:39 on est sur un débat qui est vraiment tronqué.
09:41 Il faut dire les choses comme elles le sont.
09:42 On voit bien que nos amis de LFI et de la NUPES
09:46 n'ont pas forcément intérêt à ce qu'on avance
09:49 à un rythme soutenu.
09:51 On a des amendements identiques qui sont débattus depuis lundi.
09:55 Moi, j'aimerais qu'on accélère un peu le tempo pour qu'on puisse…
09:57 – Mais qu'est-ce que vous demandez à vous ?
09:58 – Ça veut dire que vous les appelez à les retirer ?
09:59 Vous dites à la NUPE, il faut retirer une grande partie de vos amendements ?
10:01 – Moi, je ne vais pas leur dire ce qu'ils doivent faire.
10:03 C'est à eux, leur âme et conscience, de décider leur attitude.
10:06 Mais est-ce qu'on défend des idées au mieux
10:09 en répétant inlassablement les mêmes choses
10:12 pendant des après-midi entiers, comme on l'a vu hier ?
10:14 On est encore à l'article 1.
10:16 Aujourd'hui, nous avons la liste du parlementaire socialiste,
10:17 on ne travaille pas sur les retraites.
10:19 On travaillera demain et la semaine prochaine,
10:21 je ne sais pas où nous en serons.
10:23 Je crois que pour les Français, on devrait être un peu plus à la hauteur.
10:27 – Mais pourquoi ne pas avoir ouvert ce week-end dans ces cas-là ?
10:29 Pourquoi avoir refusé de siéger ce week-end ?
10:31 C'est une erreur ?
10:32 – Non, non, ce n'est pas une erreur.
10:33 C'est un choix qui a été établi en conférence des présidents.
10:37 Et la conférence des présidents a décidé ainsi.
10:40 – Mais il aurait fallu débattre ?
10:42 Parce que vous dites qu'il faut du débat.
10:43 Vous n'êtes pas le seul à dire qu'il aurait fallu
10:44 plus de temps de débat sur ce thème.
10:46 – Est-ce qu'on a envie de débattre ?
10:47 – Il faut avoir perdu deux jours.
10:48 – Est-ce que tout le monde a envie de débattre ?
10:49 Moi, je vais vous dire, je parle à ma qualité personnelle,
10:51 président d'un groupe de 29 hommes et femmes, groupe Horizon.
10:55 Oui, nous, nous voulons débattre.
10:56 Mais pas comme ça.
10:58 Pas comme ça.
10:59 – Pour vous, la nupe trompe le débat ?
11:01 – C'est un dialogue de sourds auquel nous assistons depuis lundi.
11:04 Je le regrette parce que le débat pourrait être de meilleure qualité.
11:08 Mais après, encore une fois, c'est une stratégie qui est la leur.
11:11 Ils rendront compte à celles et ceux qui les soutiennent
11:14 et même à ceux qui ne les soutiennent pas.
11:16 – Alors, Edouard Philippe est intervenu pour apporter son soutien à cette réforme.
11:20 On sait qu'au sein de votre groupe, les opinions étaient assez divergentes.
11:23 Certains n'étaient pas prêts à la voter en l'état.
11:26 Est-ce que l'intervention d'Edouard Philippe a ramené tout le monde
11:30 dans le droit chemin à soutenir le texte ?
11:35 Est-ce qu'il a convaincu l'ensemble du groupe ?
11:36 – Le débat, il existe dans chaque groupe.
11:39 D'ailleurs, ce qui est le plus inquiétant,
11:40 c'est quand il n'y a pas de débat dans les groupes.
11:41 Et il me semble que dans ce qu'on appelle les groupes, allez,
11:48 qui appartiennent à des formations qui peuvent gouverner le pays
11:51 sans trouble d'idéologie, il y a eu des débats.
11:53 Il y a eu des débats dans les autres groupes de la majorité.
11:56 – Donc il y a toujours un débat chez vous, au sein du groupe Orison ?
11:58 – Le débat, il est permanent.
12:00 Moi, je n'ai pas pris une présidence de groupe
12:01 pour tenir à la baguette mes collègues et mes amis.
12:05 En revanche, j'ai toujours dit,
12:07 et je pense qu'Edouard Philippe l'a dit encore mieux que moi,
12:10 que sur cette réforme, ce que nous sommes ne peut pas nous conduire
12:15 à ne pas suivre ce que le gouvernement propose.
12:18 – Mais est-ce qu'aujourd'hui, il y a encore des députés dans votre groupe
12:20 qui ne sont pas sûrs de voter cette réforme ?
12:22 – Moi, je ne suis sûr de rien, mais ce que je peux vous dire aujourd'hui…
12:25 – Vous n'êtes pas sûr d'avoir les 29 voix de votre groupe ?
12:26 – Je peux vous dire deux choses.
12:28 C'est que mon attitude, mon énergie, je vais la mettre
12:31 pour faire en sorte qu'il ne manque pas une voix.
12:33 Je ne vous dis pas qu'il ne va pas en manquer une.
12:35 Je mettrai toute mon énergie pour cela.
12:37 Et deuxième chose, je le répète encore une fois,
12:40 nous sommes sur un texte qui, en fonction de ce qu'on vote,
12:43 définit notre appartenance ou pas à la majorité.
12:46 Et je l'ai dit, et je le redis, ne pas voter,
12:49 c'est se mettre en dehors de la majorité présidentielle.
12:51 – Ça veut dire que ceux qui ne votent pas seront exclus du groupe Horizon ?
12:54 – Je vous laisse deviner ce qu'il en est.
12:56 Je crois que sur ce texte-là, nous n'avons pas le droit
13:00 de faire faux bon à la majorité présidentielle.
13:02 – Donc ils sont exclus, vous dites de facto qu'ils se mettent en dehors de la majorité.
13:05 – Vous savez, moi, je n'aime pas le mot exclusion,
13:07 mais on peut s'exclure soi-même parfois, par son vote, par son choix.
13:10 Il faut être en responsabilité, chacun les prend,
13:13 et en ce qui me concerne, je prendrai les miennes.
13:15 – Donc on a compris, mais est-ce que, vous le connaissez,
13:18 votre groupe vous dit que vous n'êtes pas sûr d'avoir toutes les voix,
13:20 est-ce que combien de voix pourraient potentiellement manquer ?
13:23 – On n'est pas sur de la comptabilité, j'ai lu des choses…
13:27 – La majorité pour Renaissance, c'est sur la comptabilité,
13:29 dans ma main, ils comptent chacune des voix qui pourraient leur manquer.
13:32 – Oui, ils comptent les leurs, et puis moi je m'occupe des miennes.
13:34 – Et combien sur vous ?
13:36 – Moi, écoutez, je vous renvoie à ce qui s'est passé depuis lundi,
13:38 on est le seul groupe à avoir été à 100% présent
13:41 pour rejeter les amendements de suppression de l'article liminaire,
13:44 29 présents, 29 avec la majorité.
13:47 Ça a été pareil également sur le vote de l'article liminaire,
13:50 et c'est pareil depuis qu'on examine l'article 1.
13:52 Donc, voilà, moi, j'ai dit au début quand on m'a théorisé là-dessus…
13:55 – Donc vous dites à Renaissance, vous dites à Renaissance,
13:57 c'est pas mon groupe qui fait défaut ?
13:58 – C'est à la fin du bal qu'on paye les musiciens,
14:00 c'est ce que je dis à chaque fois, et on verra à la fin du bal.
14:02 – Qu'est-ce qui pourrait convaincre tous les députés de votre groupe
14:05 de soutenir cette réforme ?
14:07 – Déjà, il y a des éléments qui ont été apportés par la Première Ministre,
14:09 qui ont fait changer, je le pense, certains députés,
14:14 parce que sur les carrières longues, beaucoup de mes collègues,
14:16 il y avait des amendements qui avaient été signés,
14:18 et déposés par plusieurs députés du groupe Horizon.
14:21 – Donc, ce qu'elle a dit sur les carrières longues
14:24 a convaincu les députés de votre groupe, par exemple ?
14:26 – Sur les carrières longues, la clause de Royure, nous avons beaucoup milité,
14:28 parce que j'entends certains groupes revendiquer seules la paternité.
14:32 Non, il y a également eu des revendications dans les groupes de la majorité,
14:35 dans le groupe Horizon, qui ont été entendues depuis le début.
14:38 – C'est pour Hélaire, ça ?
14:39 – C'est pour Hélaire et pour d'autres.
14:40 – Mais est-ce que… est-ce que j'allais vous poser une dernière question ?
14:45 Qui m'échappe ? Christelle, allez-y, parce que du coup…
14:48 – Je vous ai dit qu'il était tour, on a du mal tous.
14:49 – Ouais, ouais, allez-y, Christelle, sur Total.
14:53 – J'allais passer à Total, qui a annoncé des bénéfices records hier.
14:59 Qu'est-ce qui vous inspire cette annonce ?
15:01 Et est-ce que vous comprenez la colère des Français qui disent
15:04 "on nous demande de faire des efforts et de côté on a des entreprises
15:07 qui annoncent de tels bénéfices".
15:10 – D'abord, ce que j'espère, c'est que comme par le passé,
15:14 Total va répercuter à un moment ou à un autre, et je crois que c'est en voie,
15:20 ses bénéfices, notamment sur la consommation des Français,
15:23 et notamment sur les prix à la pompe.
15:25 Il y a un mécanisme qui a eu, je pense, des mérites l'été dernier,
15:30 grâce à Bruno Le Maire et grâce au gouvernement,
15:32 et j'espère que ces bénéfices, on en verra une partie de la couleur,
15:37 et que les Français en verront une partie de la couleur.
15:39 Ensuite, il y a une stratégie depuis 2017,
15:44 celle de ne pas augmenter la pression fiscale,
15:46 notamment sur le monde de l'entreprise.
15:48 Je sais qu'elle n'est pas populaire, parfois,
15:51 mais lorsque je vois le taux de chômage,
15:52 lorsque je vois la croissance de notre pays,
15:55 comparé à ce qui nous entoure,
15:56 alors qu'on nous parlait encore de la France il y a quelques années,
15:59 comme la grande malade de la zone euro,
16:02 je me dis que cette économie,
16:04 cette manière de faire, elle porte aussi des fruits.
16:06 – Le groupe PS, dans la niche qui est la sienne aujourd'hui,
16:09 voulait proposer un texte sur les dividendes, sur les super-profits.
16:15 Vous ne l'auriez pas voté ?
16:16 – Non, je ne l'aurais pas voté.
16:18 En revanche, je comprends que ce débat agite la vie politique,
16:23 mais également la vie citoyenne.
16:26 Nous avons des réflexions à mener sur le partage de la valeur.
16:29 Je sais que le parti Renaissance a commencé là-dessus.
16:33 – Mais ça passerait par quoi, le partage de la valeur ?
16:36 Si ça ne passe pas par la taxation des super-profits ou des super-dividendes ?
16:39 – Je suis ici d'une tradition gaulliste.
16:42 Vous savez, il y avait la participation,
16:45 qui était l'un des grands enjeux du temps
16:48 où le général de Gaulle était aux responsabilités.
16:50 Et je sais que, notamment sur la loi Pacte,
16:52 il y a quelques années, lors du précédent quinquennat,
16:55 on avait réfléchi à un certain nombre de choses.
16:57 Ce sont des chantiers qu'il va falloir relancer
16:59 parce que le rapport des Français au travail et au partage de la valeur,
17:01 il évolue et peut-être que, et certainement même,
17:04 qu'en tant que responsable politique, nous allons devoir…
17:07 – Vous demandez au Président de la République
17:08 de lancer ce chantier-là, par exemple, sur la participation ?
17:11 – Je crois que c'est un bel enjeu,
17:13 parce que c'est un enjeu qui tient compte du monde dans lequel nous vivons
17:17 et de ce que les Français nous disent.
17:20 – Le groupe Horizon a lancé un autre débat cette semaine sur les peines planchées.
17:26 Est-ce que vous y êtes favorable ?
17:28 – Bien sûr, sinon je n'aurais pas accepté de déposer,
17:30 en tant que président de groupe, cette proposition de loi de Naïma Mouchou.
17:32 D'abord, je voudrais quand même remettre les choses un peu à leur place.
17:36 Ce n'est pas une photocopie de ce qui a été voté en 2007
17:40 sous la présidence de Nicolas Sarkozy,
17:41 lorsque Rachida Dati était à garde des Sceaux.
17:44 Nous, on veut s'attaquer à ceux qui récidivent
17:46 alors qu'ils commettent des actes de violence
17:50 sur les personnes dépositaires de l'autorité,
17:53 et pas seulement de l'autorité, mais qui représentent un service public,
17:55 comme les chauffeurs de bus ou les soignants.
17:58 Pourquoi ? Parce que nous considérons à un moment
18:01 que le problème de la récidive en France, il se pose,
18:04 et notamment lorsqu'il s'agit de défendre
18:07 celles et ceux qui rendent service à la nation.
18:09 – Tout les spécialistes du sujet disent que ça n'a pas fonctionné
18:11 parce que ça a rempli un peu les prisons,
18:13 les services sociaux étaient débordés,
18:15 n'ont pas accompagné les personnes qui pouvaient sortir de prison,
18:19 et ça a augmenté le taux de récidive.
18:21 Donc ça a produit l'effet inverse à celui qui était recherché.
18:24 – Moi, le souvenir que j'en ai en tant qu'avocat,
18:26 c'est que les juges ne l'appliquaient pas.
18:28 Donc je ne vois pas les spécialistes…
18:30 – Qu'ils étaient blanchés ?
18:30 – Mais bien sûr que non, puisque de toute manière,
18:32 les juges pouvaient s'en exempter, ils devaient juste le motiver.
18:35 Et vous savez très bien qu'à l'époque,
18:37 une grande partie de la magistrature avait été particulièrement opposée à ça.
18:40 – Et pourtant, les spécialistes disent qu'il y a une corrélation
18:42 entre le vote de cette loi et l'augmentation des effectifs en prison.
18:45 – Ecoutez, moi je ne suis pas forcément d'accord avec eux.
18:47 Moi, ce que je pense aujourd'hui, c'est que dans notre pays,
18:51 il y a un problème de récidive qui se pose,
18:54 que chaque fait divers nous le rappelle,
18:57 et que les personnes qui sont dépositaires d'autorité
18:59 ou qui rendent service à la nation de par leur profession,
19:02 de par leur engagement, devraient être protégées.
19:04 Et ça ne passe pas que par des beaux mots,
19:06 ça ne passe pas que par des bonnes intentions,
19:08 ça passe également par des arsenaux législatifs qui fonctionnent
19:11 et qui répriment, parce que je veux bien prévenir,
19:14 mais il faut aussi guérir dans la vie.
19:15 – Excusez-moi, mais Edouard Philippe lui-même n'était pas favorable
19:19 lorsqu'il était à Matignon, à ses peines planchées.
19:22 – Vous savez qu'Edouard Philippe, à Matignon,
19:23 il était quand même tenu par un certain nombre d'équilibres,
19:25 notamment le fait d'être chef d'une majorité,
19:28 et que parfois, vous le savez, quand vous êtes en responsabilité,
19:31 vous devez faire des concessions.
19:34 Je l'ai eu hier au téléphone, je peux vous dire que si on lui pose la question,
19:37 il va répondre la même chose que moi, je le pense,
19:40 et surtout, je vous rappelle qu'à Fontainebleau,
19:41 lors de notre entrée parlementaire, il a parlé du problème de la récidive.
19:45 – Le groupe Renaissance s'y est opposé à ses peines planchées ?
19:49 – Le groupe Renaissance, à mon avis, est assez partagé sur la question,
19:54 on verra lorsque le débat aura lieu.
19:56 – Un mot sur une question d'actualité, puisqu'on apprend ce matin
19:58 que le groupe Vinci a fait un profit de 64% en un an,
20:02 et ce alors que le prix des péages des autoroutes a augmenté au 1er février,
20:06 est-ce que ça pose la question de ces concessions autoroutières ?
20:08 Est-ce qu'il faut les remettre à plat ?
20:10 – C'est encore un grand chantier, c'est encore un grand débat,
20:13 on voit bien ce que les millions de Français qui ont recours à nos péages
20:18 aujourd'hui pensent et disent, peut-être faut-il,
20:23 le moment venu, avoir ce débat, en tout cas nous y participons.
20:27 – Sur Edouard Philippe, ce que vous dites, vous l'avez eu hier au téléphone,
20:30 il se cache de moins en moins de ses ambitions de 2027,
20:33 il a dit chez nos confrères de BFM TV la semaine dernière
20:37 qu'il se préparait pour vous, il n'y a pas de doute, il ira ?
20:39 – Il était encore trop tôt, si vous voulez mon sentiment,
20:43 est-ce qu'il a la capacité pour y être ?
20:45 Oui, ça j'en veux, pour moi il n'y a aucun doute là-dessus,
20:48 Edouard Philippe est un homme d'État, il fait ses preuves, comme on dit,
20:51 et je crois qu'il peut être utile au pays.
20:53 Ensuite 2027 est très loin, nous avons créé une organisation politique,
20:57 nous avons créé les conditions d'être partout sur le territoire,
21:01 nous présentant des candidats aux élections.
21:03 – Bon, vous ne faites pas ça pour rien ?
21:05 – On ne fait jamais rien pour rien,
21:06 mais ce que nous faisons, nous le faisons avant tout pour le pays.
21:08 – Pourquoi vous le dites, il est trop tôt ?
21:10 – Parce qu'on est en 2023 et que l'élection…
21:12 – Mais il le dit lui-même, ça prend du temps de se préparer à une telle élection.
21:15 – Bien sûr.
21:16 – Est-ce que clairement il va y aller ?
21:17 – Mais vous savez aussi bien que moi que ce genre de pari
21:22 ne peut pas être fait aujourd'hui.
21:24 Ensuite, j'ai entendu François Bayrou dire que chaque citoyen engagé
21:29 ne peut pas se désintéresser de l'élection présidentielle,
21:32 je pense qu'Edouard Philippe ne se désintéresse pas,
21:34 au contraire, il a les capacités pour être dans le débat public
21:38 à un niveau très élevé et moi je veux l'aider.
21:40 – Il y a d'autres élections avant la présidentielle,
21:43 dont les sénatoriales, la première c'est dans 6 mois,
21:45 est-ce que l'ambition d'Horizon est d'avoir un groupe autonome ici au Sénat ?
21:48 – Notre ambition, c'est de présenter les bonnes personnes au bon poste,
21:52 c'est ce qu'on a essayé avec un certain succès au mois de juin dernier
21:56 dans le cadre des élections législatives, et là nous avons les sénatoriales.
21:59 Il s'avère que nous avons beaucoup d'élus locaux à nos côtés
22:02 et que nous connaissons le terrain grâce à eux,
22:04 et que peut-être, peut-être, je dis bien que nous pouvons être en capacité
22:07 de présenter de bonnes candidates et de bons candidats
22:09 aux élections sénatoriales en septembre, en tout cas faire un parti politique,
22:13 c'est pas seulement parler, idées, se réunir entre nous,
22:15 c'est également présenter des candidats et des candidatures.
22:17 – Mais votre ambition c'est de les présenter sous l'étiquette Horizon
22:20 ou ça sera des candidats communs avec Renaissance et le MADEM ?
22:23 – Nous avons des discussions qui doivent avoir lieu,
22:27 nous sommes dans une coalition de la majorité présidentielle,
22:30 ensuite chacun verra ce que nous pouvons faire.
22:34 – Elles n'ont toujours pas eu lieu ces discussions ?
22:35 – Il y a eu des discussions, elles sont sorties dans la presse,
22:38 moi je n'y participe pas puisque c'est mon ami Pierre-Yves Bournazel
22:40 qui représente notre parti, mais moi je pense que nous avons encore un peu de temps.
22:44 – Il y a un groupe Horizon à l'Assemblée que vous présidez,
22:46 est-ce que vous dites qu'il faudrait qu'il y ait un groupe Horizon au Sénat ?
22:49 – Je ne vais pas être sur ces exigences parce que d'abord le Sénat,
22:52 que vous connaissez bien puisque nous sommes sur la chaîne publique Sénat,
22:54 a un microclimat, et on voit très bien que ce qui se passe au Sénat
22:57 n'est pas forcément comparable à ce qui se passe à l'Assemblée Nationale.
23:01 J'en ai eu pour preuve au groupe centriste, Allianz Centriste,
23:03 le modem siège dans ce groupe, alors que l'Assemblée Nationale,
23:07 il a un groupe à part.
23:08 Donc nous ce que nous voulons c'est avoir de bons sénateurs, de bonnes sénatrices
23:13 qui portent les valeurs de notre parti politique,
23:15 qui se prendent aux élections et qui les gagnent, en tout cas c'est ce que nous ferons.
23:18 – Merci beaucoup, merci Laurent Marconget d'avoir été notre invité ce matin,
23:23 merci Christelle Bertrand, on regarde la une de la dépêche,
23:26 violents incendies au cœur de Toulouse, c'est à la une de votre journal ce matin.
23:30 Merci Christelle Bertrand, merci Laurent Marconget,
23:32 et on passe au cadre des territoires.

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