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  • il y a 4 ans
Parlons Vrai chez Bourdin avec Jean-Baptiste Moreau, ex-député LREM, rapporteur du projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation, adopté en 2018, Guillaume Gontard, sénateur, président du groupe "Écologiste" et Dominique Chargé, président de "La Coopération Agricole"

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##LA_CONFRONTATION-2023-02-14##

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Transcription
00:00 Sud Radio Parlons Vrai chez Bourdin, 10h30/12h30, Jean-Jacques Bourdin.
00:04 Il est 11h04, vous le savez, tous les jours entre 11h et 12h,
00:08 nous débattons, confrontation d'idées, ici sur Sud Radio,
00:13 confrontation d'idées autour d'un sujet précis.
00:16 Et ce matin, nous parlons d'agriculture et notamment de notre souveraineté agricole.
00:21 Que se passe-t-il ?
00:22 Eh bien, nous importons de plus en plus de produits agricoles.
00:25 Notre souveraineté alimentaire est en danger.
00:27 Nous importons 50% de ce que nous consommons.
00:31 La production française baisse chaque année.
00:34 Le nombre d'exploitation baisse.
00:37 Quelle solution ? Je pose la question.
00:39 Faut-il produire plus pour importer moins ?
00:42 Je pose une question qui est évidemment...
00:46 qui suscite de nombreuses réactions, je le sais.
00:48 Et les réactions, nous allons les avoir avec vous, 0826 300 300,
00:53 et avec nos invités, nos trois invités, ce matin,
00:55 alors par ordre alphabétique, Dominique Chargé,
00:58 qui est président de la coopération agricole, les coopératives agricoles.
01:01 Bonjour. - Bonjour.
01:02 - Merci d'être avec nous.
01:03 Guillaume Gontard, qui est sénateur, président du groupe écologiste.
01:06 Bonjour. - Bonjour.
01:07 - Merci. Et Jean-Baptiste Moreau, qui était député Renaissance,
01:13 on fait la République en marche à l'époque,
01:14 et qui a été rapporteur du projet de loi sur l'agriculture et de l'alimentation,
01:18 et qui est lui-même agriculteur.
01:20 Jean-Baptiste Moreau, bonjour. - Bonjour, tout à fait, éleveur.
01:22 - Agriculteur dans la Creuse. - Éleveur dans la Creuse, oui.
01:24 - Éleveur dans la Creuse, vous êtes toujours éleveur dans la Creuse.
01:26 - Je suis toujours éleveur de vache. - Que les choses soient claires.
01:28 - De vache timosine dans la Creuse, oui.
01:29 - Voilà, on a dit beaucoup de choses, vous êtes toujours éleveur.
01:31 - Non, je suis toujours éleveur. - Bon, éleveur dans la Creuse.
01:33 Alors, j'ai posé une question, je fais un tour de table,
01:38 faut-il produire plus pour importer moins ?
01:40 Tiens, je vais commencer avec Guillaume Gontard.
01:44 - Bah déjà, je pense que sur la question de produire plus,
01:48 je pense qu'on produit déjà plus, et qu'on voit bien que les rendements,
01:51 depuis un certain nombre d'années, de toute façon,
01:53 sont au maximum. Et donc, comment produire plus ?
01:57 La question, elle est là, elle est surtout de la question,
01:59 c'est de qu'est-ce qu'on exporte, et de qu'est-ce qu'on peut consommer
02:03 directement sur notre territoire. - Oui, mais on produit plus,
02:06 mais on importe plus. - Bah oui, mais c'est bien la question
02:09 de savoir comment et qu'est-ce qu'on produit sur notre territoire
02:12 pour qu'effectivement, on soit sur cette autonomie alimentaire.
02:15 On avait un rapport qui avait été fait au Sénat,
02:18 justement, sur cette autonomie alimentaire et la manière,
02:21 notamment sur l'angle de la sécurité, de dire comment notre pays
02:24 peut résister, justement, en termes alimentaires,
02:28 et que, par exemple, une ville comme, l'exemple de chez moi,
02:32 comme Grenoble, c'est 2 à 3 jours d'autonomie alimentaire.
02:36 Parce qu'on a un système, on a un fonctionnement qui fait
02:39 que l'alimentation ne vient plus, justement, dans un rayon autour,
02:43 justement, de ces grandes métropoles.
02:45 Et donc, on a une vraie problématique. Et de la même manière,
02:47 sur l'importation, c'est sûr que quand on est à 30% d'importation
02:52 sur les légumes, 50% sur les fruits, c'est sûr que ça pose
02:56 une vraie problématique. - Même plus que ça !
02:59 Fruits et légumes, 50%, mais d'autres produits, c'est plus que ça !
03:04 - Bah c'est bien plus que ça, oui, je sais bien.
03:06 - C'est bien plus que ça ! - C'est bien une vraie problématique.
03:08 Et c'est de se poser la question de pourquoi, et mettre en parallèle aussi,
03:12 sur l'évolution de notre agriculture. C'est ces 40-50 dernières années
03:15 de politique agricole qui nous ont amené à diviser en 20 ans par 2
03:19 le nombre d'exploitations agricoles. Alors pas forcément en termes
03:23 de surface, mais on peut se poser les questions aussi.
03:25 Qu'est-ce que ça a amené comme type de modèle ?
03:27 - Alors, je continue mon tour de table. Faut-il produire plus pour importer moins ?
03:31 - Aujourd'hui, la souveraineté alimentaire, elle est déjà plus assurée au niveau français.
03:34 On parlait des fruits et légumes, on peut parler de la volaille,
03:36 on peut parler même de la viande bovine, où on a dit longtemps
03:38 qu'on était en surproduction. Ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui.
03:41 Aujourd'hui, on a une désaffection vis-à-vis du monde agricole.
03:44 Je dirais que l'agriculture, c'est un peu comme le sélectionneur
03:49 de l'équipe de France de foot. Tout le monde a un avis dessus,
03:51 sauf que ceux qui sont vraiment compétents pour en parler
03:53 et pour le faire sont assez peu nombreux au final.
03:54 Donc, on a aujourd'hui un gros souci, effectivement, de diminution
04:00 de la production dans un certain nombre de productions aujourd'hui.
04:03 Et ce n'est pas avec des yaka-faucons qu'on va le résoudre,
04:06 mais c'est en donnant un peu plus d'attractivité à ce métier-là,
04:10 parce que longtemps, ce métier-là a été sourd et munéré.
04:12 Il l'est encore dans beaucoup de productions.
04:15 - Il l'est encore ? Tiens, chiffre 61% des éleveurs laitiers
04:19 n'atteignent pas le revenu médian.
04:20 - Oui, bien sûr. Et les éleveurs laitiers, les éleveurs bovins, viande,
04:23 ce qui est mon cas, on a connu, c'est le cas de le dire,
04:27 des années de vaches maigres pendant très très longtemps,
04:29 ce qui démotive complètement. Et aujourd'hui, le simple renouvellement
04:32 des générations, c'est-à-dire les fils et filles d'agriculteurs
04:34 qui s'installeront demain, ne suffiront pas à maintenir
04:36 le potentiel de production français. Donc, on doit aujourd'hui
04:39 être plus attractif, attirer des gens hors cadre familial
04:42 sur les exploitations. Et pour ça, il faut donner un revenu digne
04:44 parce que sans revenu, on ne motivera personne à venir s'installer
04:47 pour travailler 70 heures par semaine. - Donc, ce n'est pas une question de production ?
04:50 - C'est aussi une question de production. On a réduit un certain nombre de...
04:54 Enfin, je veux dire, quand on parle de l'agriculture française aujourd'hui,
04:57 c'est très souvent pour la critiquer.
05:00 Or, elle a fait beaucoup dans la transition écologique.
05:03 On a supprimé un grand nombre de produits, je pense,
05:06 en grandes cultures, en céréales. On a fait une vraie politique
05:10 volontariste de diminution des antibiotiques en élevage.
05:14 On a fait beaucoup de choses et on stigmatise toujours
05:16 l'agriculture française comme étant mauvaise, comme étant de mauvaise qualité
05:20 alors qu'on a l'alimentation la plus sûre, la plus saine
05:23 et qu'on a, en France, les exploitations à taille humaine
05:28 et à taille familiale qui nourrissent aujourd'hui la population.
05:32 Donc, il faut maintenir ce modèle, mais il faut un vrai volontarisme politique.
05:35 - Dominique Chargé ? - D'abord, je ne résiste pas au plaisir de vous dire
05:38 que je suis aussi un agriculteur, producteur de lait, producteur de volaille,
05:41 producteur de céréales en Loire-Atlantique.
05:42 Avant d'être un responsable de coopérative, on est d'abord un agriculteur.
05:45 Oui, il faut que nous puissions produire plus.
05:48 Et ce qu'on voit depuis 20 ans, c'est effectivement la diminution
05:50 de la production française au profit d'importations
05:53 qui sont des importations... Alors, on parle souvent du Brésil,
05:56 on parle d'un certain nombre de pays, mais les importations,
05:58 elles sont aussi à la porte de chez nous, c'est-à-dire que nous importons
06:00 des produits qui viennent de Belgique, qui viennent des Pays-Bas,
06:03 qui viennent de Pologne, qui viennent d'Ukraine.
06:05 Je pense qu'aujourd'hui, les poulets qu'on importe viennent en partie d'Ukraine,
06:08 même dans la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
06:11 D'abord, il y a un problème de distorsion de concurrence.
06:13 Pour moi, je pense que le premier problème auquel on doit faire face,
06:15 c'est celui de la distorsion de concurrence.
06:17 C'est-à-dire que si ces produits sont aujourd'hui importés massivement,
06:20 c'est parce qu'ils sont produits à des coûts qui sont moins élevés
06:23 que ceux auxquels nous sommes contraints de produire en France,
06:26 mais qui ne répondent pas en très grande partie aux normes environnementales,
06:30 sociales, auxquelles nous sommes nous confrontés.
06:33 - Oui, mais c'est extraordinaire !
06:35 - C'est vrai, mais on est face quand même à un dilemme.
06:38 On verra les solutions, parce que chacun, vous allez avancer des solutions,
06:45 mais je continue sur le constat.
06:48 Je trouve ça extraordinaire.
06:50 On a demandé à l'agriculture française une montée en gamme.
06:53 On lui a demandé, on lui a imposé beaucoup d'exigences.
06:57 Malgré cela, on importe de plus en plus,
07:01 et on importe de plus en plus des produits qui sont de moins bonne qualité.
07:04 C'est quand même ubuesque cette situation.
07:07 - Alors, ça fait effectivement partie des contresens dans lequel nous nous sommes engagés.
07:11 Contresens dans le sens où la montée en gamme a été interprétée comme le haut de gamme, très haut de gamme.
07:16 En revanche, ce que nous devons faire aujourd'hui,
07:19 c'est réussir à nourrir toutes les populations,
07:21 toutes les populations françaises, et même, j'allais dire, en partie européennes.
07:24 Donc, y compris les endroits où nous importons beaucoup aujourd'hui,
07:27 notamment la restauration hors domicile.
07:30 En restauration hors domicile, les chiffres que vous donnez,
07:32 par exemple, 80% des poulets que nous consommons aujourd'hui en restauration hors domicile
07:37 sont des poulets importés.
07:39 80% des légumes... - Parce qu'ils sont moins chers !
07:41 - Parce qu'ils sont moins chers, parce qu'ils répondent à un besoin d'alimentation
07:45 auquel nous ne sommes pas en capacité de répondre nous, aujourd'hui, producteurs et acteurs français.
07:50 Donc, on a cette question aujourd'hui d'être en capacité de nourrir toutes les populations.
07:54 Et la montée en gamme, en fait, aurait dû s'interpréter
07:57 comme étant une montée en gamme de toutes les gammes,
07:59 y compris des entrées de gamme et des moyennes gammes,
08:01 qui sont aussi des produits de consommation
08:03 auxquels nous devons pouvoir apporter satisfaction aux consommateurs.
08:06 Et ça, ça n'a pas été pris en compte, en tout cas, il y a eu une surinterprétation.
08:09 - Est-ce qu'avec les normes imposées, on peut aujourd'hui produire en France
08:13 pas cher des produits moyennes gammes, par exemple ?
08:18 - Non, l'alimentation a un prix.
08:20 L'alimentation a un prix.
08:22 Aujourd'hui, ce qu'on demande aux agriculteurs, c'est pas seulement de produire plus,
08:26 mais ça va être aussi de produire mieux.
08:28 Décarboner nos filières,
08:30 réduire l'utilisation d'un trans chimique de synthèse,
08:33 et passer à des solutions alternatives qui répondent à de nouveaux besoins.
08:37 - Et on peut le faire, parce que l'Europe est un formidable...
08:39 Le marché commun, c'est un formidable outil pour l'agriculture,
08:41 et ça a sauvé bien des exploitations et bien des fermes.
08:44 Maintenant, il faut qu'elle arrive à protéger son agriculture aussi,
08:47 et son modèle agricole, qui n'est pas le modèle agricole mondial.
08:50 Et pour le protéger, c'est-à-dire qu'on se donne des normes entre nous,
08:53 il faut déjà les harmoniser entre pays européens,
08:55 parce qu'aujourd'hui, on l'a vu récemment avec les néonicotinoïdes,
08:57 c'est-à-dire que la France est le seul pays qui interdit l'utilisage de tous les néonicotinoïdes sur les betteraves,
09:02 alors que l'Allemagne continue à pulvériser, la Suisse aussi, les Belges aussi.
09:06 Donc on est en cas de distorsion de concurrence intracommunautaire,
09:08 ce qui sont les cas de distorsion les plus graves, parce qu'on est sur le même marché.
09:11 Mais après, il faut que l'Europe se donne les moyens de contrôler les produits qui arrivent en Europe,
09:16 parce qu'aujourd'hui, ce n'est absolument pas le cas.
09:17 Aujourd'hui, on importe d'Amérique du Sud, des volailles,
09:20 qu'on se refuse de produire aujourd'hui en France et en Europe.
09:24 - Complètement. Je pense qu'il y a cet aspect de contrôle, évidemment,
09:28 mais ça, je veux dire, on le connaît à la fois sur l'agriculture, on le connaît sur l'industrie,
09:31 on le connaît sur la question au niveau européen d'avoir à la fois des règles communes,
09:36 c'est le but, mais aussi de savoir se protéger.
09:40 Et on sait que d'autres pays savent le faire,
09:42 et donc à partir du moment où on n'aura pas des règles d'entrée aux frontières,
09:47 à la fois de contrôle, à la fois d'impact carbone environnemental, social, on n'y arrivera pas.
09:52 Donc ça, c'est sûr que c'est quelque chose sur lequel il faut avancer.
09:55 Au niveau de l'Union européenne, on voit quand même qu'il y a des orientations qui sont données,
09:58 mais c'est vrai que moi, souvent, ce que j'entends dans les discours,
10:00 c'est qu'on me dit "oui, on importe parce que c'est moins cher,
10:03 parce qu'ils n'ont pas les mêmes contraintes environnementales, etc."
10:06 Mais un petit peu, j'entends derrière ça, en gros, il faudrait qu'on fasse pareil.
10:09 Et donc, il faudrait qu'on redescende.
10:10 Moi, je pense que ça serait une grave erreur et que c'est au contraire.
10:13 C'est qu'effectivement, on a un vrai travail de transition de l'agriculture en France,
10:19 et ça, c'est un travail politique.
10:20 Je veux dire, c'est une orientation.
10:22 Pourquoi on est arrivé avec ce type d'agriculture ?
10:24 C'est parce qu'il y a eu un choix politique.
10:25 Donc, à un moment donné, il faut juste savoir où on va, avoir un véritable cap,
10:29 et mettre les moyens politiques derrière pour faire en sorte de pouvoir produire localement.
10:34 Et après, sur la question du prix, c'est pareil, c'est un choix politique.
10:37 Sur la question de l'alimentation en collectivité,
10:40 désolé, on a des grandes collectivités qui arrivent à faire du local, du bio, à 50-100 %,
10:47 puisqu'on a des exemples, avec des tarifs.
10:50 Alors oui, il faut de l'argent public, je suis d'accord, mais c'est...
10:52 - Ça coûte plus cher.
10:53 - Oui, mais c'est...
10:54 À la fois, ça ne coûte pas forcément plus cher quand on fait, quand on travaille,
10:58 à la fois sur le gaspillage, quand on a une réflexion globale,
11:01 mais peu importe.
11:01 Oui, moi, ça ne me dérange pas, ça coûte plus cher.
11:04 Je veux dire, un agriculteur qui va travailler en bio, en local, sur des petites parties...
11:09 - Oui, c'est vrai pour une collectivité locale, mais un particulier n'a peut-être pas les moyens de payer l'argent.
11:14 - Mais de la même manière, l'agriculture est simulsionnée.
11:16 En même temps, on a quand même un modèle de société qui, depuis 40 ans,
11:21 érige l'alimentation comme étant la variable d'ajustement du budget des ménages.
11:25 On ne cesse de dire aux Français que l'alimentation n'est pas chère,
11:30 et qu'avec cette alimentation pas chère, ils pourront avoir d'autres sources,
11:34 d'autres, comment dire, besoins, exprimer d'autres besoins de consommation.
11:37 - On est passé de 30 % du budget à moins de 10 %.
11:39 - Voilà, donc moi, je pense que le véritable problème, il est aussi qu'on a trop expliqué aux Français
11:43 que l'alimentation n'avait pas de prix, pas de valeur.
11:45 On est constamment, avant les lois, en tout cas, de Jean-Baptiste Moreau,
11:48 on était constamment en promotion,
11:50 si bien que les Français ne connaissent pas la vraie valeur de leur alimentation.
11:53 Après, il y a un deuxième point dont je voudrais parler, parce qu'on n'en a pas parlé encore.
11:56 C'est le changement climatique.
11:57 Le changement climatique a une vraie incidence aujourd'hui sur nos moyens de production.
12:02 Je vais vous citer un exemple.
12:03 J'ai assisté cet été, en Bretagne, dans une entreprise qui fait des légumes de conserve,
12:08 à une production qui a été diminuée de 50 %,
12:11 c'est-à-dire que les contrats n'étaient remplis qu'à 50 % des objectifs de production.
12:15 Ce qui veut dire que pour les temps qui viennent,
12:18 vous avez 50 % des boîtes de conserve qui sont vides.
12:20 - Je comprends.
12:21 - Et les producteurs l'ont fait parce qu'ils n'avaient pas d'autre solution,
12:25 notamment celle du manque d'eau.
12:26 Et aujourd'hui, ces producteurs, et ça revient quand même au modèle dont on parlait,
12:30 vont faire d'autres choix que ceux de la production de légumes.
12:33 C'est-à-dire qu'ils vont convertir leur production dans d'autres productions
12:36 qui répondront moins à un besoin immédiat d'alimentation.
12:39 - Je vais revenir là-dessus, sur les légumes, parce que je voulais prendre en exemple les légumes.
12:45 Il est 11h10, on va le faire tout de suite après cette page de pub, il est 11h17.
12:48 - Sud Radio Parlons Vrai, chez Bourdin, 10h30, midi 30, Jean-Jacques Bourdin.
12:54 - Allez, parlons de notre agriculture.
12:56 J'aime bien, parce qu'il est rare d'organiser un débat autour de l'agriculture.
13:01 Nous allons prendre Yvette dans un instant, parce qu'Yvette va au marché.
13:04 Elle va nous faire part de ses réflexions.
13:06 Mais je voulais prendre l'exemple des légumes.
13:09 Selon Les Echos, c'est un article récent, les Français consomment de plus en plus de légumes importés.
13:15 Donc Félix Mathieu.
13:16 - Oui, quasiment deux tiers des légumes surgelés ou en boîte de conserve ne sont pas cultivés en France.
13:20 Et cette dépendance aux légumes étrangers, elle s'aggrave.
13:23 Avec le temps, selon Dominique Chapuis du journal Les Echos,
13:26 seuls 40% de légumes d'origine française concernant le surgelé s'épirent.
13:30 Les trois quarts des légumes surgelés viennent de chez nos voisins belges, espagnols ou italiens
13:35 qui produisent pour moins cher.
13:37 Alors au-delà de cette question des coûts, le réchauffement climatique a aussi fait chuter les rendements.
13:41 Certaines productions n'ont pas survécu à la sécheresse
13:44 ou certains légumes sont sortis de terres arabes ou grilles pas vendables.
13:47 Résultat, 7% d'agriculteurs auraient jeté l'éponge l'année dernière, selon les représentants de la profession.
13:52 - Voilà, les légumes. On va y revenir. Yvette voudrait intervenir. Bonjour Yvette.
13:58 - Bonjour.
13:59 - Bonjour Yvette, vous êtes à Perpignan, hein Yvette ?
14:01 - Oui, voilà, à côté.
14:03 Donc je voulais vous dire, quand je vais au marché, moi par exemple à Saint-Laurent l'été,
14:08 bon, les tomates que produisent les producteurs de Saint-Laurent,
14:13 il y a marqué provenance du pays, enfin du Pachelin quoi.
14:17 Voilà, donc je regarde, par exemple, ils les vendent à 80 le kilo,
14:22 je vois les tomates du Maroc, 99 centimes, je prends les tomates du Maroc,
14:28 parce que j'ai une toute petite retraite, voilà.
14:30 Tant pis si je mange moins bien, et j'ai vu, je peux vous le dire vite fait,
14:33 sur l'almanach des herbeaux de 2020, il y a marqué,
14:36 "car figurez-vous que les fruits et légumes produits localement sont soumis à une taxe spéciale,
14:42 alors que ceux qui viennent en avion allègrement n'ont pas de taxe spécial".
14:46 - Non mais Yvette, ça je... Non, vous croyez à ça ? Non, non, non, je crois pas Yvette.
14:51 - Ah oui, c'est l'Union Européenne qui l'a voté !
14:53 - Non, non, non, non, ça Yvette, je sais pas qui vous a raconté ça, mais c'est une bêtise.
14:57 - Non mais c'est certain que les légumes produits localement sont plus chers que les produits importés.
15:02 - C'est pas à cause de l'Union Européenne que les légumes produits localement sont plus chers, Yvette.
15:06 - C'est à cause du coup de la main d'œuvre. - C'est à cause du coup, voilà.
15:08 - Voilà, coup de la main d'œuvre, des produits phytosanitaires qui sont utilisés là-bas,
15:12 qui sont interdits chez nous aujourd'hui, et dans certaines productions,
15:15 on est d'ailleurs dans des situations d'impasse, où on a plus de produits qui luttent contre certaines maladies
15:18 en France et en Europe, d'où l'abandon d'un certain nombre de productions,
15:22 aujourd'hui, je pense aux fruits à coque et les noix ou autres,
15:27 qui posent un certain nombre de problèmes aujourd'hui dans la culture.
15:30 Donc voilà, les coûts de production sont effectivement beaucoup plus élevés,
15:34 parce qu'on a aussi des exploitations de plus petite taille.
15:37 Voilà, donc ça c'est... - Mais comment font les Italiens, les Espagnols et les...
15:41 - L'eau, j'allais vous en parler. L'eau, par exemple,
15:43 est une vraie donnée aujourd'hui, évidemment indispensable, et très controversée.
15:48 Mais aujourd'hui, on sait par exemple que l'Espagne irrigue 18% de ses surfaces,
15:52 parce qu'ils ont pris le problème avec l'importance qu'il avait,
15:56 alors qu'en France, on irrigue aujourd'hui que 6% de nos surfaces,
15:59 et on a un vrai problème. Les légumiers dont je vous parlais tout à l'heure en Bretagne,
16:03 leur principal problème l'été dernier a été le manque d'eau.
16:06 - Bon, alors, on irrigue pas assez alors ? - Ça c'est une vraie question.
16:09 - On irrigue pas assez alors ? Vous, sénateur écologiste...
16:12 - Justement, la question sur l'irrigation, effectivement, ça a été rappelé,
16:15 pour remettre un petit peu les choses dans l'ordre, parce que souvent on a l'impression
16:18 que c'est effectivement 5% des surfaces qui sont irriguées en France.
16:22 Mais la vraie question, c'est sûr que pour le maraîchage, évidemment qu'il faut de l'eau.
16:25 Évidemment qu'il faut irriguer. - Mais toute vie, animal et végétal,
16:28 il n'y a pas de vie sans eau. - Oui, mais je suis beaucoup moins sûr,
16:31 justement, dans notre orientation et dans notre modèle agricole,
16:34 si on prend l'exemple du maïs, qui est par exemple très gourmand en eau,
16:38 sur le fait de pourquoi on a de si grandes surfaces de maïs,
16:41 et ça, ça va avec le modèle aussi élevage, etc.,
16:44 sur lequel on pourrait avoir d'autres manières de faire,
16:46 pour privilégier effectivement l'eau, sur le maraîchage, c'est évident.
16:50 Mais on a aussi une visibilité à avoir.
16:53 Moi, pareil, je suis tout à fait d'accord sur la question de la science.
16:56 Effectivement, il faut qu'on écoute les scientifiques.
16:59 Dernier rapport qui est sorti sur les glaciers.
17:02 Je suis dans un territoire assez concerné, en Isère.
17:05 C'est, à l'échelle mondiale, disparition de 80% des glaciers sur les prochaines décennies.
17:11 Quand on regarde de près, en France, c'est en gros, allez,
17:14 peut-être qu'il restera un petit bout de glacier sur le Mont Blanc, et puis voilà.
17:18 Derrière, c'est quoi, les glaciers ? C'est notre réserve en eau.
17:21 C'est notre ressource en eau.
17:22 Donc, si on n'a pas une vraie vision globale sur, à la fois,
17:26 comment on gère cette eau-là, moi, je le vois sur les alpages sur mon territoire,
17:30 oui, cette année, on a des brebis qui sont descendus beaucoup plus tôt.
17:33 Pourquoi ? Parce qu'il y avait des manques d'eau.
17:34 Donc, oui, il y a des adaptations à faire, mais attention à ne pas faire n'importe quoi,
17:39 et avoir une vision, justement, sur plusieurs décennies,
17:41 sur comment on va avoir cette ressource en eau,
17:43 et cette ressource en eau, elle sera évidemment gérée aussi par le type d'agriculture qu'on met en place,
17:48 et justement, en travaillant sur cette autonomie alimentaire.
17:51 Et puis après, je pense qu'il faudrait revenir sur ce que disait Yvette,
17:55 sur la question du, effectivement, du pouvoir d'achat.
17:58 C'est-à-dire que, moi, je comprends tout à fait Yvette,
18:00 déjà, c'est bien, elle va sur le marché, elle achète des produits frais,
18:04 mais je veux dire qu'entre un prix de tomate qui est deux fois moins cher,
18:09 c'est difficile de dire, un consommateur, de dire "non, il vaut mieux prendre",
18:12 même si c'est le producteur local, même si on le connaît, etc.
18:16 Parce qu'à un moment donné, ben voilà.
18:17 Oui, mais enfin, de 99 centimes l'été à 1,88€...
18:21 Il y a la part de l'alimentation dans le budget global,
18:26 mais c'est aussi à se poser la question, c'est comment on peut mieux accompagner,
18:29 parce que derrière ça, il y a une question de santé.
18:31 C'est-à-dire qu'entre les tomates, effectivement, qui sont venues,
18:34 je ne sais pas si c'est d'Espagne ou de...
18:36 C'est du Maroc.
18:37 Qui ont des produits phytosanitaires, qui ont été produits dans des conditions particulières...
18:42 Sociales, particulières.
18:43 Il y a un impact à la fois social, il y a un impact sur la santé,
18:46 et cet impact sur la santé et sur la manière dont on se nourrit,
18:49 il est particulièrement important, parce que ça, c'est des économies aussi à long terme.
18:52 Bien, Jean-Baptiste Moreau.
18:54 Oui, non mais, et le réchauffement climatique a d'autres conséquences.
18:57 On est aujourd'hui, au niveau agricole et alimentaire, dans un marché mondial.
19:00 Et aujourd'hui, le réchauffement climatique fait que, justement,
19:02 il y a des terres en permafrost, notamment en Russie,
19:04 qui sont en train de se découvrir, qui sont des terres vierges,
19:06 avec des hauts potentiels de rendement,
19:08 qui, avec moitié moins d'engrais que ce qu'on peut utiliser en Europe,
19:10 font des rendements du double.
19:12 On est aujourd'hui dans une compétition qui est mondiale,
19:15 et le réchauffement climatique, si il impacte négativement une grande partie de notre agriculture,
19:20 il impacte positivement parfois certaines autres agriculteurs dans d'autres régions du monde.
19:24 Et du coup, elle se retrouve en situation...
19:26 Donc la concurrence sera encore plus rude.
19:27 La concurrence est encore plus rude,
19:28 d'où le rôle important de l'Europe au niveau de protecteur de notre modèle agricole et de notre agriculture,
19:34 mais aussi le fait de donner des moyens de production à nos agriculteurs,
19:37 par la recherche variétale, d'espèces moins gourmandes en eau...
19:41 - Si je vous comprends bien, il faut poursuivre la montée en gamme, quoi.
19:44 - Bah oui !
19:45 - Non, pas que ! Pas que !
19:46 - Non, non, enfin moi je pose !
19:47 - Avec cette concurrence, nouvelle concurrence...
19:49 - Non, il faut poursuivre l'adaptation de notre agriculture,
19:55 et j'allais dire de notre modèle de production globalement,
19:57 parce que les conséquences dans la durée,
19:59 de ce qui s'est passé par exemple sur les légumes,
20:01 cet été en Bretagne,
20:03 de ce qui est en train de se passer probablement sur la betterave et le sucre,
20:06 avec une distorsion de concurrence qui est en train de naître,
20:09 font que notre industrie,
20:11 dire l'outil intermédiaire indispensable,
20:13 l'industrie agroalimentaire, entre l'agriculture et l'alimentation,
20:16 elle risque de disparaître.
20:18 Si la production n'est plus assurée, la production agricole,
20:21 cette industrie va disparaître.
20:22 Et ça, ça engendre dans la durée,
20:24 des importations qui vont augmenter.
20:26 Pour nous c'est un vrai sujet.
20:27 - Sans compter que les industries agroalimentaires sont souvent sur des territoires ruraux,
20:30 où il n'y a pas d'autres industries.
20:31 - Mais bien sûr !
20:32 Ces industries, elles sont au cœur de la production,
20:34 elles sont indispensables.
20:35 Si nous n'avons plus ces industries,
20:37 et ça c'est un vrai angle mort aujourd'hui,
20:39 de la part des pouvoirs publics d'une manière générale,
20:42 c'est-à-dire qu'ils ne voient pas
20:43 à quel point notre industrie est en train de souffrir
20:45 de ces distorsions de concurrence,
20:47 de ces enjeux climatiques,
20:48 si nous ne trouvons pas des solutions rapidement,
20:50 qui soient effectivement multifactorielles.
20:52 La question de l'eau en est une,
20:54 la question d'adaptation génétique et des variétés en est une autre,
20:57 le changement de pratique, l'adaptation de l'en-pratique en est aussi une,
21:00 mais nous devons avancer sur ces adaptations.
21:03 - Bien, je vous donnerai la parole tout de suite après, Guillaume Cantan,
21:08 mais je suis obligé de faire une petite pause de pub,
21:11 il est 11h28, allez, à tout de suite pour poursuivre ce débat.
21:15 - Sud Radio Parlons Vrai, chez Bourdin,
21:18 10h30, midi 30, Jean-Jacques Bourdin.
21:21 - Bien, je finis avec le constat, ensuite les solutions à trouver,
21:24 autre constat sur les poulets, par exemple,
21:27 les poulets, et bien les français, en 20 ans,
21:31 la part de poulets importés et consommés par les ménages français
21:34 est passée de 20 à 50%, de 20 à 50% de poulets importés,
21:38 moins de poulets labellisés, on consomme en France,
21:41 moins de poulets labellisés parce qu'ils sont plus chers,
21:44 évidemment, que fait-on ?
21:47 Est-ce qu'on continue de monter en gamme avec une labellisation ?
21:53 Que fait-on ?
21:56 - De toute façon, sur la question des poulets,
21:59 je pense qu'il ne faut pas lâcher la question de la qualité,
22:02 parce que de toute façon, même au niveau international et européen,
22:06 on a intérêt à travailler sur la question de la qualité,
22:09 sur la question de l'adaptation, ça a déjà été dit
22:13 par rapport au réchauffement climatique, mais ça va ensemble,
22:15 c'est-à-dire que quand on travaille sur une adaptation,
22:18 sur des exploitations qui sont plus petites,
22:21 qui permettent justement d'avoir de traités en extérieur,
22:24 on traite aussi la question de tout ce qui peut être pandémie,
22:27 puisque ça c'est une vraie question aussi,
22:30 et notamment qui est lié sur la question de la volaille...
22:33 - Oui, la grippe aviaire...
22:35 - Oui, c'était un vrai problème sur l'importation.
22:38 Bien sûr que c'est quelque chose de global,
22:41 mais que si à un moment donné, on veut agir sur le prix,
22:44 c'est de la politique publique, et qu'un agriculteur qui va travailler...
22:48 - Alors on subventionne l'agriculteur ?
22:51 - L'agriculteur est déjà subventionné.
22:54 On est déjà dans un système où on est sur données de la subvention.
22:58 Mais pour moi, ce n'est pas de la subvention.
23:00 Moi, je pense que les agriculteurs et les paysans
23:03 doivent être rémunérés par rapport au travail qu'ils réalisent.
23:06 Mais le service environnemental rendu, il est particulièrement important.
23:10 Le type d'agriculture et l'impact qu'il va avoir sur l'environnement,
23:14 forcément, on n'aura pas forcément le même suivant le type de modèle.
23:17 Et à un moment donné, ça, il faut que ce soit en rémunération,
23:20 et qu'il y ait une véritable rémunération, parce qu'on y gagne tous.
23:23 Quand il y a des pollutions d'eau,
23:26 c'est à la fois des problèmes d'alimentation en eau,
23:29 mais c'est des coûts.
23:31 - Dans le domaine d'agriculture et d'alimentation,
23:33 il y a un seul patron, c'est le consommateur.
23:35 Aujourd'hui, il faut quand même être capable, au niveau agricole,
23:38 de fournir ce que le consommateur nous demande.
23:40 Je ne dis pas de rentrer dans la course au coût de production bas,
23:43 parce qu'on n'arrivera jamais au niveau des Brésiliens ou des Chinois
23:46 sur le port, avec des ateliers de port à trois étages
23:49 qui ressemblent à des buildings, ou à cinq étages qui ressemblent à des buildings.
23:53 Mais il faut quand même être en capacité de proposer aux consommateurs,
23:57 à partir de l'agriculture française,
23:59 un panel d'offres avec des prix différents.
24:02 - Des ports élevés en liberté, Marien ?
24:05 - Je ne suis pas d'accord.
24:07 - On ne peut pas nourrir ici.
24:09 - On ne peut pas nourrir ici.
24:11 - Ce que l'on produira pas, on l'importera.
24:14 - Je pense qu'il faut effectivement se reposer la question
24:17 de notre capacité à répondre à toutes les demandes.
24:20 Toutes les demandes de consommation.
24:22 On voit qu'aujourd'hui, une bonne partie de cette demande,
24:24 nous n'y répondons plus, pour à peu près la moitié de ce qu'on consomme,
24:27 jusqu'à 80% dans les poulets, comme vous le disiez,
24:29 en restauration hors domicile.
24:31 Donc il faut que nous puissions remettre en place
24:33 des moyens de production qui correspondent à cette demande.
24:36 Qu'on a aujourd'hui, qu'on ne fait plus.
24:38 - Mais alors quels moyens ?
24:40 - Ça veut dire de remettre dans les exploitations
24:43 des élevages, en volaille par exemple,
24:45 qui répondent à cette demande spécifique.
24:48 - C'est-à-dire de gros élevages, avec de grosses productions ?
24:51 - Non, ça ne veut pas dire forcément des gros élevages.
24:54 Ça veut dire des élevages qui répondent à des normes qualitatives
24:57 qui sont celles qui sont demandées par ce type de consommation.
25:00 Et ça ne veut pas dire que c'est des produits bas de gamme.
25:03 - Donc il faut produire plus ?
25:05 - Bien sûr qu'il faut produire plus.
25:07 Si on veut reconquérir notre souveraineté alimentaire,
25:09 il faut évidemment produire plus.
25:11 Et il faut que nous puissions remettre en place...
25:13 - Mais il faut produire différemment, je crois.
25:15 - Non, il faut produire plus, il faut produire mieux,
25:17 et il faut produire durable.
25:19 Le durable étant le lien que nous faisons aujourd'hui
25:21 entre cette production agricole et effectivement...
25:23 - Les écosystèmes...
25:25 - Mais si, il faut produire plus !
25:27 - Il faut produire mieux et différemment.
25:29 - Il faudrait plus et différemment.
25:31 Par rapport aux besoins qu'on a réels.
25:33 Et là on le voit bien, par exemple, sur la volaille.
25:35 Je voudrais reprendre cet exemple, mais c'est pareil sur les légumes.
25:37 La vraie problématique qu'on a, sur la restauration collective,
25:39 parce que moi je pense que c'est un vrai enjeu,
25:41 parce que c'est par là aussi qu'on montre ce lien à l'alimentation,
25:43 en général on touche les enfants, etc.
25:45 Qu'est-ce qui se passe sur les territoires ?
25:47 - La restauration collective, c'est pas que public, c'est privé aussi.
25:49 - C'est privé, il n'y a pas de soucis.
25:51 Qu'est-ce qui se passe ? Même sur le privé,
25:53 on a des grandes entreprises qui veulent,
25:55 dans leur restauration,
25:57 essayer de travailler sur une alimentation
25:59 à la fois locale,
26:01 plutôt sur du bio.
26:03 La grosse difficulté, c'est de se fournir.
26:05 C'est la structuration de l'offre sur les territoires,
26:07 en proximité.
26:09 C'est que si le producteur de volaille
26:11 n'existe plus à côté,
26:13 et donc du coup qu'on est obligé d'aller...
26:15 - Alors monsieur le désignateur, on dit exactement la même chose.
26:17 Il faut remettre des moyens de production en place sur les territoires.
26:19 - Oui, mais des moyens de production,
26:21 sauf qu'il faut des moyens de production à l'échelle des territoires.
26:23 Sur la question des légumeries,
26:25 on travaillait sur un question,
26:27 par exemple, des collèges et l'alimentation.
26:29 Sur quoi on bute ? C'est effectivement qu'à un moment donné,
26:31 il faut une structuration de l'offre
26:33 en termes de légumes.
26:35 - Vous ne trouvez pas ?
26:37 - Monsieur le sénateur, on voit des outils...
26:39 - On voit des abattoirs...
26:41 - Non mais les abattoirs, ils sont fermés parce qu'ils ne sont plus rentables.
26:43 - Mais bien sûr !
26:45 - Mais il n'y a plus assez de production.
26:47 - On voit des outils de production.
26:49 - Un abattoir, il faut du volume.
26:51 C'est des charges fixes. J'étais président d'un abattoir.
26:53 - On vient de dire qu'il y avait 70% qui étaient importés.
26:55 - Je vous dis que les abattoirs vont continuer à fermer.
26:57 - Donc si vous avez 70% de volailles qui est importé,
26:59 vous avez un peu plus de production.
27:01 - Il faut produire plus.
27:03 - On voit des outils de production disparaître en France
27:05 et des importations de produits
27:07 qui sont inférieurs aux normes qualitatives
27:09 que nous avions dans les outils de production qui disparaissent en France.
27:11 - Je suis complètement d'accord.
27:13 - Mais il faut agir. Et c'est là où elle n'agit pas.
27:15 Sur la structuration de la cilière...
27:17 - Ce n'est pas que la puissance publique.
27:19 - Les coopératrices sont engagées.
27:21 - Il y a un débat de société.
27:23 - Aujourd'hui, dès qu'il y a un projet agricole,
27:25 dès qu'il y a un projet industriel,
27:27 quel que soit le produit,
27:29 quelle que soit la qualité...
27:31 - Il y a une association qui se monte contre.
27:33 - En France particulièrement,
27:35 vous avez forcément une opposition
27:37 et vous avez aujourd'hui une lassitude.
27:39 - C'est vrai.
27:41 - Est-ce qu'il y a un pays dans le monde
27:43 où justement les installations
27:45 d'exploitation agricole
27:47 sont aussi contestées qu'en France ?
27:49 - Non. Et les installations d'entreprise.
27:51 - Ou d'entreprise agroalimentaire.
27:53 - Elles ont besoin d'entreprise,
27:55 elles ont besoin de légumes riz,
27:57 elles ont besoin d'un rétorque pour s'installer.
27:59 Non, effectivement, aujourd'hui, c'est un vrai problématique.
28:01 Les porteurs de projets se découragent bien des fois
28:03 devant toutes les oppositions qui se montent sur les territoires.
28:05 - Il vous faut deux ou trois ans en France
28:07 pour faire ce que vous pouvez faire en six mois
28:09 en termes de réglementation, de charges administratives
28:11 en Allemagne, aux Pays-Bas
28:13 ou en Belgique. Voilà.
28:15 Et ça, ça décourage les acteurs français.
28:17 - Non seulement ça décourage les acteurs français,
28:19 - Ce que je vois sur les territoires,
28:21 alors on n'est peut-être pas sur de l'industriel,
28:23 je suis d'accord, mais sur la structuration
28:25 de l'offre à l'échelle d'un territoire,
28:27 sur des abattoirs, des petits abattoirs
28:29 par exemple, et d'arriver à les conforter,
28:31 c'est un vrai problème, justement,
28:33 à la fois d'aide publique, à la fois de vision globale.
28:35 - J'ai un vrai problème avec le "small is beautiful".
28:37 Parce que les petits abattoirs, c'est souvent eux
28:39 qui se font épingler sur le bien-être animal,
28:41 et c'est souvent pas les outils industriels d'abattage.
28:43 - Moi je pense qu'on est dans l'excès.
28:45 - En tout cas, l'opposition des modèles.
28:47 - Si vous voulez,
28:49 si vous voulez, enfin, pour moi,
28:51 le fait que ça soit à taille humaine,
28:53 c'est aussi local.
28:55 - Mais en autonomie,
28:57 la taille humaine, la taille humaine,
28:59 sur notre territoire...
29:01 - Non mais la taille humaine, monsieur le sénateur,
29:03 c'est quelque chose... Enfin, moi je sais pas de quoi on parle
29:05 - Moi je sais très bien, parce que quand on a
29:07 une question comme la pandémie qu'on vient vivre,
29:09 on commence à se réapercevoir
29:11 en fait de ce que c'est la taille humaine,
29:13 et de quelle manière on peut produire.
29:15 - On est tous d'accord sur le fait que l'humain doit privilégier...
29:17 - Mais vous opposez... Moi je pense qu'on est dans l'excès
29:19 d'opposition des modèles. Tout simplement.
29:21 On oppose les modèles par pure conviction politique.
29:23 - Bon, le problème,
29:25 c'est que c'est pas avec des toutes petites fermes
29:27 qu'on arrivera à nourrir les français.
29:29 Ça c'est un vrai problème, et oui.
29:31 - Un minimum de structuration.
29:33 - On a divisé par deux en disant
29:35 nombre de fermes, je sais pas si c'est
29:37 le meilleur modèle, je sais pas.
29:39 - Moi je pense qu'il faut
29:41 des exploitations, et des filières
29:43 incluant l'agroalimentaire qui répondent
29:45 à tous les besoins d'alimentation.
29:47 - On va parler d'installation,
29:49 effectivement, des agriculteurs,
29:51 notamment des jeunes.
29:53 Mais je voudrais que nous prenions Lionel,
29:55 qui est dans les Pyrénées-Atlantiques. Bonjour Lionel.
29:57 - Oui, bonjour.
29:59 - Votre fils a 20 ans, il est berger, Lionel.
30:01 - Oui, tout à fait. - Il a un troupeau de brebis.
30:03 - Oui, il va s'installer, oui.
30:05 - Oui, il va s'installer.
30:07 Il démarre la vie avec un crédit.
30:09 - Ben,
30:11 en fait, le passé à la radio, vous voyez,
30:13 en fait, ça me fait vraiment des larmes,
30:15 parce que tous les gosses aujourd'hui en France, ils sont comme ça.
30:17 - Pardon ?
30:19 - Tous les petits jeunes, les agriculteurs, aujourd'hui,
30:21 ils sont dans la même galère. - Oui, oui.
30:23 Ils sont dans la galère parce que
30:25 pour s'installer, ils sont obligés d'emprunter,
30:27 évidemment, hein.
30:29 - C'est ça, hein, Lionel ?
30:31 - C'est la maladie de la France, aujourd'hui.
30:33 On est en train de tuer notre propre agriculture
30:35 tout seul.
30:37 - C'est-à-dire ? Je ne comprends pas très bien. Qu'est-ce que vous vouliez dire ?
30:39 - Ben, on n'aide pas les jeunes à s'installer,
30:41 on ne leur donne pas envie. - Voilà.
30:43 On n'aide pas les jeunes à s'installer, on ne leur donne pas envie.
30:45 C'est vrai, ça ? - Tout à fait. On a un vrai problème
30:47 d'attractivité aujourd'hui,
30:49 dans nos métiers de l'agriculture, mais aussi de nos
30:51 outils de transformation, de nos usines d'agroalimentaire.
30:53 Ce n'est plus un métier qui attire.
30:55 - La stigmatisation de l'élevage n'est pas bonne, aujourd'hui,
30:57 par rapport à d'autres activités comme...
30:59 - Il y a un agribushing.
31:01 - Il y a surtout une stigmatisation des activités agricoles,
31:03 de l'élevage notamment, par toutes les ONG
31:05 animalistes qui ont presque ouvert à longueur
31:07 de temps sur les chaînes nationales,
31:09 je veux dire, qui passent leur temps
31:11 à expliquer que l'élevage c'est mal, que ça pollue,
31:13 que ça a tous les torts possibles et imaginables,
31:15 sans prendre en compte les aménités
31:17 positives de l'élevage, sans se rendre compte que si demain
31:19 il n'y a plus d'élevage, il n'y a plus d'engrais organiques,
31:21 il n'y a plus d'engrais minéraux, donc c'est une catastrophe environnementale.
31:23 - Je pense qu'il y a de plus en plus...
31:25 - C'est manichéen.
31:27 - Un problème de rémunération.
31:29 - On a le discours de manichéen de l'autre côté aussi.
31:31 - On a évoqué le problème de la rémunération, mais je pense qu'il y a un problème aussi lié au risque.
31:33 Nous sommes aujourd'hui dans un métier
31:35 sur lequel nous avons de plus en plus de risques.
31:37 On a parlé du risque climatique,
31:39 on pourrait parler du risque marché,
31:41 on pourrait parler du risque sanitaire,
31:43 et ce risque est de plus en plus insupportable pour les agriculteurs,
31:45 et j'allais dire insupportable dans le sens où ils ne peuvent plus y faire face.
31:47 Et ce qu'on disait tout à l'heure par rapport aux légumiers,
31:49 j'y reviens parce que l'exemple est quand même emblématique,
31:51 s'ils changent leur orientation de production
31:53 et qu'ils ne font plus de légumes pour faire autre chose,
31:55 c'est parce qu'ils ne peuvent plus faire face
31:57 au risque auquel ils sont soumis aujourd'hui
31:59 dans leur production de légumes.
32:01 J'ai parlé du risque climatique,
32:03 mais on a parlé aussi du risque
32:05 de ne plus pouvoir avoir suffisamment
32:07 de moyens de protéger leurs plantes.
32:09 Parce qu'on a des disparitions de molécules
32:11 pour lesquelles on n'a pas encore trouvé de solution alternative.
32:13 - Il n'y a pas d'alternative.
32:15 - Absolument.
32:17 - C'est qu'on interdit avant de trouver des alternatives.
32:19 - Complètement. - Sans solution.
32:21 - Pas d'interdiction, sans solution alternative.
32:23 - Si c'est vrai ça, non ?
32:25 - Guillaume Gontard.
32:27 - Pourquoi ça ?
32:29 - Je ne sais pas, si on veut parler des néonicotinoïdes,
32:31 - Pas que ça.
32:33 - Peut-être, quand on dit qu'on n'a pas d'alternative.
32:35 - Là, il n'y a pas d'alternative.
32:37 - Peut-être qu'il n'y a pas d'alternative,
32:39 en tout cas je pense qu'il y a des alternatives.
32:41 - On était en train d'en trouver.
32:43 - Je pense qu'on a donné 3 ans que la discussion a daté d'encore avant.
32:45 - Pas tant de l'agriculture et pas tant du topogétique.
32:47 - Et qu'à un moment donné, je pense que derrière ça,
32:49 on sait aussi la dangerosité d'un produit.
32:51 - Oui.
32:53 - 1 200 études, vous parlez des scientifiques qui fallait écouter.
32:55 - On est d'accord.
32:57 - Je prends l'exemple du chlordécone, moi je veux bien.
32:59 - On ne mène pas la plante à fleurs.
33:01 - C'est une autre époque.
33:03 - C'est une autre époque qu'on est en train de vivre.
33:05 - Sur la betterave, ça veut dire que les aspects sanitaires,
33:07 - Monsieur Gontard, sur la betterave, on ne mène pas la plante à fleurs.
33:09 - Donc il n'y avait pas forcément ce risque avéré.
33:11 - Vous savez très bien comment agir.
33:13 - Vous avez raison sur le nuit, dans le sol, l'action.
33:15 - Pas ensemble.
33:17 - Vous avez raison sur le fait qu'on doit faire évoluer ces pratiques.
33:19 - On était, on était, aujourd'hui, orienté,
33:21 - On est d'ailleurs.
33:23 - Mais vous savez très bien qu'à un moment donné,
33:25 - Monsieur, stop.
33:27 - Le stop, on le connaissait.
33:29 - Ça fait 3 ans.
33:31 - Non, on a eu 2 ans.
33:33 - Il devait y avoir 3 ans, on supprime la 3ème année.
33:35 - La discussion a eu un accommodement de quelques années.
33:37 - De timing, enfin en tout cas, de capacité à pouvoir aboutir.
33:39 - Et qu'on va décourager les producteurs.
33:41 - Et probablement mettre à mal une filière.
33:43 - Et demain, on apportera plus de sucre.
33:45 - C'est ça que ça veut dire.
33:47 - Et on va fermer des usines en France.
33:49 - Et on va mettre des gens au chômage.
33:51 - Mais ça c'est l'argument, je veux dire, à un moment donné,
33:53 - Si on a un produit dangereux qui est avéré,
33:55 - C'est pas moi qui le dis, je veux dire, à un moment donné,
33:57 - On a 1 200 sucres qu'on a dit.
33:59 - C'est pour ça qu'on peut accepter la responsabilité
34:01 - Et la responsabilité, moi je me rappelle,
34:03 - C'est la plus jeune barbare en public qui nous disait.
34:05 - C'est elle qui l'a supprimée avec la loi biodiversité en 2015.
34:09 - Et c'est là qu'il y a le danger.
34:11 - Le néodique en pulvérisation était un danger pour les insectes,
34:13 - On est d'accord, mais en enrobage de semences,
34:15 - Il ne présente aucun danger sur la bière.
34:17 - Or, on aura une discussion.
34:19 - On ne pourra pas faire le débat sur les néonicotinoïdes.
34:21 - Non.
34:23 - Non, parce que je voudrais que nous termine...
34:25 - Cela dit, c'est vrai qu'interdire sans alternative l'usage de certains pesticides,
34:29 - Ca pose problème.
34:31 - Et c'est vrai que les normes environnementales,
34:33 - Qui sont nécessaires, mais qui en même temps peuvent être un frein à notre agriculture,
34:39 - On va parler de ça, et puis je voudrais quand même revenir sur l'installation des agriculteurs,
34:43 - Et sur comment faire, parce qu'il y a de moins en moins d'exploitation dans ce pays aussi.
34:47 - Il est 11h45.
34:49 - Sud Radio Parlons Vrai, chez Bourdin, 10h30, midi 30, Jean-Jacques Bourdin.
34:55 - L'agriculture, la souveraineté alimentaire de la France,
34:57 - Des solutions pour la garantir.
34:59 - Des solutions pour la garantir, évidemment.
35:03 - Il y a, certains disent, bon, ce sont des petites solutions, pérennisation des exonérations de cotisations sociales pour les saisonniers,
35:09 - Ca concerne certains agriculteurs, pas tous peut-être,
35:15 - Ne pas interdire sans alternative l'usage de certains pesticides,
35:19 - Ca on en parlait, quelle autre solution ?
35:21 - Moi je pense qu'il faut mettre en place des outils de portage de foncier de capital,
35:25 - Parce qu'aujourd'hui en agriculture...
35:27 - C'est-à-dire qu'un agriculteur hors cadre, par exemple un urbain,
35:31 - Ou quelqu'un qui n'est pas issu du monde agricole, qui veut s'installer,
35:35 - Il a des besoins d'investissement, soit il faut qu'il rachète de la terre, c'est-à-dire du foncier,
35:38 - Soit il faut qu'il rachète un élevage, c'est-à-dire des vaches ou des brebis,
35:42 - Ce qui nécessite des quantités de capitaux importantes.
35:44 - C'est ce que nous disait notre auditeur qui s'en fut,
35:46 - C'est ça, et c'est obligé d'emprunter pour son troupeau de province.
35:49 - Ca nécessite des capitaux considérables, avec une rentabilité de ces capitaux qui est très faible,
35:53 - Ils ont des rentabilités aujourd'hui, et les banques ne suivent plus.
35:57 - Il faut inventer des outils de portage de capitaux, et des outils de portage, pas que de foncier,
36:03 - On a beaucoup de fermage, de capitaux en général, de capitaux pour l'élevage, c'est surtout du capital.
36:07 - On a aujourd'hui des capitaux qui sont importants dans les exploitations agricoles,
36:10 - Il faut qu'on trouve d'autres formes de transmission que celle de se racheter le capital de génération en génération.
36:15 - Mais on a des plans pour tout, mais pardon de dire, mais dans l'agriculture, je trouve qu'il n'y a pas rien de chaud.
36:22 - Je pense qu'il y a un sujet majeur aujourd'hui, on a parlé effectivement de la nécessité de se mettre dans les transitions agroécologiques,
36:31 - De changer nos pratiques. Il y a un vrai sujet de l'accompagnement de ces transitions agroécologiques,
36:35 - Parce qu'on avait construit un modèle historiquement sur les 40 ou 50 dernières années,
36:39 - Dans lequel les modèles de production, les itinéraires, étaient fiabilisés par beaucoup de mécanisations, beaucoup de chimie.
36:45 - Si on sort d'un modèle qui fait moins usage de chimie, et qui doit passer à un modèle de solution alternative agroécologique,
36:51 - On va avoir à remettre en production, à remettre en technique de production, des sujets pour lesquels les agriculteurs ne sont pas forcément formés,
37:02 - Pour lesquels il va y avoir beaucoup d'expérimentations à faire, de recherche évidemment, on en a parlé, de recherche, d'innovation,
37:08 - Mais aussi de déployer cette recherche au niveau des exploitations, et les accompagner va être un enjeu majeur demain.
37:15 - Et là il y a aussi un angle mort dans la façon dont on convertit 400 000 exploitations globalement aujourd'hui, à 400 000 solutions d'un écosystème particulier.
37:24 - Ça c'est un sujet important. - Je comprends.
37:26 - Je suis assez d'accord avec ça, sur la question de la formation, c'est vaguement, si on veut changer de modèle, il y a une nécessité d'accompagner à travers de la formation,
37:35 - Après c'est sûr que ce changement de modèle, il va plutôt être créateur d'emploi, ça veut dire qu'on va avoir besoin de main d'oeuvre,
37:41 - Et donc ça c'est une vraie question, sur comment on l'organise, comment on la paye, et comment on met ça en application,
37:48 - Et puis sur la question de l'accès aux fonciers, parce que ça je pense que c'est un enjeu vraiment primordial,
37:53 - C'est qu'actuellement quand on voit ce qui s'est produit dans les dix dernières années, oui on a eu un agrandissement des exploitations,
37:59 - Mais au détriment du nombre d'exploitations, ça c'est une vraie question qu'on doit se poser,
38:04 - C'est comment justement, quelqu'un qui n'est pas ici du monde agricole mais qui veut s'installer, comment il peut y accéder,
38:09 - Et là pour moi la place aussi des territoires et des collectivités est particulièrement importante,
38:13 - On a des exemples qui sont assez frappants, quand des collectivités, que ce soit à la chaîne de l'intercommunalité,
38:19 - Que ce soit à la chaîne du département, agit sur le foncier, que ce soit par de l'acquisition, que ce soit du lien entre justement le porteur de projet et l'accès,
38:27 - On arrive à réinstaller des agriculteurs, des paysans et des paysannes.
38:31 - Moi je ne pense pas que ce soit au pouvoir public pour le coup d'acheter du terrain à vent, vraiment,
38:34 - Et on va dans nos zones d'élevage aujourd'hui, le problème ne va pas être d'acquérir du terrain,
38:39 - Il n'y a pas de terrain d'élevage, l'agriculteur ne se limite pas qu'à l'élevage.
38:43 - Je suis d'accord, mais sauf que dans nos terrains d'élevage on va vers une déprise agricole aujourd'hui,
38:46 - C'est à dire qu'on a du terrain qui va repartir à la friche, puis à la forêt,
38:50 - Puisque la végétation naturelle ce n'est pas la prairie, contrairement à ce que certains disent parfois, ça finit en forêt,
38:55 - Et ça ferme des paysages et ça rend difficilement vivable un certain nombre de territoires.
38:59 - On a une large part de notre territoire qui est consacrée à l'élevage aujourd'hui, et dans ce secteur-là,
39:04 - Si économiquement depuis un an à peu près ça va un peu mieux, parce que l'offre et la demande font qu'il y a beaucoup moins d'offres,
39:10 - Et que la demande devient supérieure à l'offre, donc les prix sont un peu plus rémunérateurs qu'ils ont été par le passé,
39:15 - Que ce soit en élevage laitier ou en élevage bovin, malgré ça on continue à décapitaliser,
39:19 - C'est à dire qu'on continue à voir le nombre d'éleveurs diminuer, parce que le jeune agriculteur qui s'installe,
39:23 - Il n'a pas envie de bosser tous les week-ends, il n'a pas envie de bosser la nuit, il a envie d'avoir une vie sociale un peu comme les gens de son âge,
39:29 - Donc pour ça il est obligé de se mécaniser ?
39:31 - Et donc voilà, pas seulement, mais on a besoin de travailler là-dessus aussi.
39:36 - La robotisation fait partie des solutions, c'est à dire qu'aujourd'hui, en élevage laitier, je suis bien placé pour vous en parler,
39:42 - Si vous pouvez supprimer la strainte de la traite et la remplacer par un robot, ça n'enlève rien à la qualité du produit et de l'élevage,
39:51 - Et vous avez soulagé d'une contrainte forte et d'une astreinte forte le métier qui aujourd'hui est un métier sur lequel on cherche du renouvellement de génération,
40:01 - Et notre risque aujourd'hui c'est de ne plus avoir suffisamment de lait dans un horizon de 10 à 20 ans si on n'est pas capable de renouveler les générations,
40:09 - Donc la robotisation dans nos élevages, la robotisation aussi dans nos outils de production.
40:13 - Le lait c'est un peu autre chose parce que c'est vrai que les éleveurs laitiers beaucoup n'atteignent pas le revenu médian,
40:20 - Mais les grands du lait eux gagnent beaucoup d'argent quand même, je pense à Lactalis.
40:26 - Alors moi je ne sais pas si... je suis aussi comme responsable coopératif engagé dans la transformation laitière,
40:34 - Je peux vous dire qu'aujourd'hui c'est l'ensemble de la chaîne alimentaire qui a besoin d'être rémunéré pour faire face aux défis auxquels on va être confronté.
40:41 - C'est celui du renouvellement des générations, on en a parlé donc il faudra aussi accompagner les installations,
40:45 - C'est celui des transitions et de la décarbonation de nos filières.
40:48 - Mais le lait est mal payé en France.
40:51 - Jean-Baptiste Moreau le disait, depuis un an on a effectivement eu une revalorisation des produits par rapport à l'offre et la demande,
40:57 - Mais il y a eu aussi une augmentation des coûts de production, donc globalement l'équation n'est pas forcément encore très favorable,
41:03 - Et il y a besoin d'avoir une meilleure valorisation de l'ensemble de nos productions et du lait en particulier,
41:07 - Mais il y a besoin pour ça qu'on puisse aussi passer les tarifs, enfin qu'on puisse vendre aux distributeurs et aux consommateurs à un prix qui permet de rémunérer la chaîne.
41:16 - Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, et ce qui nous entraîne compte tenu des hausses de production qu'on a eues,
41:20 - L'énergie, l'énergie dont on n'a pas parlé encore, qui est vraiment le problème devant lequel nous sommes aujourd'hui,
41:25 - L'énergie va augmenter nos coûts de production d'une manière significative et nous ne sommes pas capables aujourd'hui de passer ces hausses dans nos tarifs.
41:32 - Ça veut dire que de nouvelles exploitations vont disparaître.
41:35 - Mais je reviens là-dessus, dans nos zones de montagne, moyenne montagne, le Limousin-la-Cruz, plus large que la Côte-de-la-Sous-Centrale, les Alpes-et-Pyrénées,
41:47 - Faut pas faire de jaloux, et ces zones intermédiaires, l'élevage est vraiment en danger de disparition, c'est pas une blague.
41:53 - Je veux dire, aujourd'hui, on va avoir des terrains agricoles qui vont être abandonnés parce qu'il n'y aura plus d'éleveurs pour mettre dessus.
41:59 - Mon village de 200 habitants, 3 exploitations laitières, il n'y en a plus.
42:05 - Donc il faut que l'agriculteur qui s'installe, il arrête de payer toute sa vie pour avoir un capital qui lui appartient quand il est à l'aube d'être à la retraite,
42:15 - Et qu'il va finalement transmettre soit à son fils, soit au successeur, soit revendre. En fait, il n'est jamais propriétaire de son capital.
42:20 - Donc quitte à ne pas être propriétaire, autant qu'il ne paye pas la totalité de toute sa vie, ce qui réduit son revenu d'autant.
42:26 - Le portage du capital et la rémunération, et l'attractivité, c'est-à-dire soulager quand même les organisations du travail et soulager les tâches qui sont difficiles.
42:34 - Moi je pense que c'est un peu les angles sur lesquels il faut travailler pour attirer.
42:37 - Bien, merci messieurs. Nous n'avons pas évidemment tout dit sur la question parce qu'elle est tellement riche.
42:42 - Néanmoins, c'est très intéressant de parler un peu d'agriculture, de production agricole et du problème posé par cette souveraineté alimentaire qui est en danger.
42:54 - Merci d'avoir été avec nous. 11h56, vous êtes sur SudRod.

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