Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Elisabeth Levy, Olivier Dartigolles et Ophélie Latil, fondatrice du collectif Georgette Sand.

Découvrez le compte tumblr : https://les-monumentales.tumblr.com

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://thao.funnymoment.net/video/x75yzts
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

Nous suivre sur les réseaux sociaux

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————

☀️ Et pour plus de vidéos des Vraies Voix : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRB7z8JrbG9LyNtTmhxaU-a

##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2023-03-08##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Et dans cette belle aventure du mercredi, avec nous, Philippe Bilgeret est là, au taquet.
00:07 Vous êtes gentil de conserver l'adjectif "belle" alors que je suis là.
00:11 C'est ça, mais vous êtes tous beaux de l'intérieur à de l'extérieur.
00:14 C'est le cas d'Elisabeth Lévy aussi. Ça va Elisabeth ?
00:16 Très bien.
00:17 Bienvenue chez nous, rédactrice en chef de la rédaction du Causeur.
00:20 Il y a quoi cette semaine ? Il y a quoi en couverture en ce moment ?
00:23 Ah bah oui, je voulais l'apporter d'ailleurs, je vais aller le chercher.
00:25 On en parlera tout à l'heure.
00:27 Ça a été une couverture plus sombre que les deux derniers numéros.
00:30 Ça s'appelle "Rééducation nationale" et c'est Éric Zemmour qui est en couverture
00:33 parce que c'est Reconquest qui nous a donné accès aux 50 000 ou 40 000 témoignages
00:39 qu'ils ont reçus quand ils ont lancé un appel un peu.
00:42 Et ce qui se passe dans nos écoles, ce qu'on raconte aux gamins,
00:46 c'est-à-dire on est dans le post-monde du wokisme, du LGBTisme,
00:52 c'est-à-dire en fait c'est de l'endoctrinement.
00:54 Ce serait un endoctrinement inverse que ça m'agacerait autant.
00:57 Est-ce que Causer va retrouver les belles couvertures des deux précédents numéros colorés au possible ?
01:02 Donnez-moi une belle actitude, je vous ferai des belles couvertures.
01:05 Les vraies voix.
01:06 Olivier Dapit.
01:09 On était avec nous, éditorialistes politiques, et tout de suite, c'est le grand débat du jour.
01:14 Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
01:18 Les femmes sont totalement sous-représentées dans notre espace public.
01:21 Seuls 2% des rues en France portent des noms de femmes.
01:25 On espère que les gens se rendent vraiment compte que les femmes n'existent pas dans l'espace public
01:29 parce qu'on ne se pose pas forcément la question puisqu'on vit avec ça,
01:32 avec des noms de Victor Hugo ou de Général Leclerc.
01:35 C'est très symbolique en fait de l'effacement des femmes dans la mémoire collective.
01:39 Il me semble important de reconnaître que les femmes ont participé à la société.
01:43 Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à une parité des noms de rue.
01:48 Je pense que c'est hyper important de se réapproprier notre matrimoine.
01:50 C'est la moitié de l'humanité quand même.
01:52 Et c'est cette question du jour.
01:56 Faut-il féminiser les noms de rue ?
02:00 Vous dites non en majorité alors que la polémique a enflé.
02:03 Vous savez, pendant près de 48 heures sur le changement de nom de la commune de Pantin en Pantine,
02:07 des villes accélèrent la féminisation des noms de lieu dans l'espace public.
02:11 Philippe ?
02:12 Oui Cécile d'ailleurs, Anne Hidalgo en a fait une priorité à Paris.
02:15 Mais là, vous, ce n'est pas que Paris.
02:17 Est-ce que vous, vous pensez qu'il devrait y avoir plus de noms de rue avec des noms de femmes ?
02:21 Dites-nous, appelez-nous pour nous dire quelles femmes devraient avoir des noms de rue.
02:25 Moi, je trouverais normal par exemple qu'on rebaptise l'avenue des Champs-Élysées
02:28 avenue Cécile de Ménibus et la place de la Concorde place Elisabeth Lévy.
02:32 Si vous avez eu la Concorde, venez nous le dire au 0826 300 300.
02:44 Et on va en parler avec notre invité Ophélie Latille, elle est avec nous.
02:48 Bonsoir.
02:49 Bonsoir.
02:50 Merci, merci.
02:51 Vous aurez droit aussi à une avenue, ne vous inquiétez pas.
02:53 Oui, on va vous donner, bien sûr.
02:54 Fondatrice du collectif Georgette Sand qui promeut la visibilité des femmes dans l'espace public.
02:58 Vous avez rédigé l'ouvrage "Ni vu, ni connu. Panthéon, histoire et mémoire".
03:04 Vous restez avec nous.
03:05 Philippe Bidjerre, est-ce que c'est une tendance qui va dans le bon sens ?
03:12 C'est un combat, et je le dis sans ironie, dont je me serais totalement désintéressé
03:17 si Sud Radio n'avait pas posé une question aujourd'hui.
03:21 Comment dire ? Mon tempérament conservateur me porte immédiatement à dire que
03:27 si la nature, la culture, l'histoire ont mis des noms de rue au nom des hommes,
03:35 parce qu'à l'évidence ils ont dominé les siècles sur ce plan-là,
03:41 j'estime que le volontarisme forcené qui peut conduire à un certain progressisme
03:48 à créer de toutes pièces des noms de rue pour des femmes me paraît absurde.
03:56 Je veux dire, est-ce qu'il ne serait pas plus simple de laisser les choses en l'état ?
04:01 Et je n'ai pas l'impression, quand je me promène dans les rues de Paris,
04:05 pas forcément seule comme chanterait Goldman,
04:08 que en réalité le déficit de noms de femmes me rend moins progressiste
04:15 en ce qui concerne la relation des hommes et des femmes,
04:18 à supposer qu'on veuille bien me créditer de ça.
04:21 - Elisabeth Lévy ?
04:22 - Alors moi je vais être un peu moins gentille.
04:24 D'abord, Georges Sand n'aurait certainement pas aimé le détournement que vous faites de son nom.
04:30 Et je pense que ça l'aurait même franchement énervé.
04:34 Deuxièmement, vous savez, c'est le 8 mars.
04:37 Le 8 mars, nous avons le droit à toutes sortes de variantes du néo-féminisme
04:41 que je diviserais en trois groupes.
04:43 On commence en général par les pleureuses.
04:46 Après on a les contesuses, celles qui comptent les femmes partout,
04:49 comme si pour s'endormir il fallait compter les femmes pour savoir s'il y en a assez.
04:52 D'ailleurs, il n'y en a jamais assez.
04:54 Et le soir on aura le droit aux hargneuses,
04:56 celles qui pensent que tous les hommes sont des salauds.
04:58 - Ah bah dis donc, vous êtes en forme !
04:59 - Ah oui, vous êtes en forme.
05:00 - J'en ai assez, je ne me sens nullement concernée par cela.
05:04 On ne réécrit pas l'histoire comme l'a parfaitement expliqué Philippe.
05:08 Bien entendu, c'est une trace de l'histoire.
05:12 Notre histoire, c'est ce qu'elle est.
05:14 Nous l'avons suffisamment condamnée.
05:16 Je redis d'ailleurs que la différence, la spécificité,
05:19 la singularité de la culture occidentale n'est pas d'avoir dominé les femmes,
05:22 c'est d'avoir aboli cette domination, comme elle a aboli l'esclavage.
05:26 Et c'est en train, les choses vont se rééquilibrer.
05:30 Vouloir nous enquiquiner, à compter les noms de femmes,
05:34 comme si quelqu'un...
05:36 - Olivier Berthiaume.
05:37 - Une question.
05:39 Est-ce que les femmes illustres,
05:42 qui ont marqué l'histoire de notre pays et au-delà,
05:46 ou des femmes qui ont été marquées par de l'invisibilité,
05:49 par une histoire souvent écrite par des hommes d'ailleurs,
05:52 alors qu'elles ont eu un apport conséquent, singulier,
05:56 ont trouvé la place qu'elles méritent dans l'espace public ?
05:58 Non, c'est un constat.
06:00 Je ne suis pas, moi, pour rebaptiser.
06:02 Je suis pour qu'on prenne à bras le corps cette question,
06:06 et qu'on puisse, dans les années qui viennent, aller vers ça.
06:10 - Et quelles femmes te mangent ?
06:13 - Je vais te répondre, et elles y seront pour beaucoup.
06:17 J'ai souvenir de la belle chanson de Juliette, "Rime féminine".
06:20 Vous vous souvenez ?
06:22 Où elle donnait son panthéon de femmes merveilleuses, magnifiques.
06:26 Allons piocher dans cette chanson, ça vous donnera beaucoup d'idées.
06:30 - Voilà, Ophélie Latille, vous avez un...
06:34 - Je sens que...
06:36 - Le regard d'Elisabeth Lévy sur moi...
06:40 - On dit long, on dit long.
06:41 - En tout cas, vous avez été applaudie, je vois.
06:44 - Ophélie Latille, on voit que les avis divergent aujourd'hui.
06:49 Effectivement, votre collectif s'appelle "Georgette Sand",
06:53 donc ça veut dire que vous faites un détournement des choses,
06:56 mais j'imagine que c'est aussi une façon de provoquer.
06:59 Quel est l'intérêt aujourd'hui ?
07:01 Est-ce qu'il faut débaptiser pour vous ?
07:03 Est-ce qu'on parle d'avenir ?
07:05 Ça, c'est important, déjà.
07:07 - Déjà, je pense que le contextualisé, c'est le mot "invisibilisation",
07:11 qu'il ne faut utiliser pas "invisibilité".
07:13 L'invisibilisation, c'est l'idée qu'il y a un processus qui s'est passé
07:17 au fil des siècles, qui a fait qu'à un moment,
07:19 à toutes les époques, sur tous les continents,
07:21 les femmes ont disparu en tant que groupe,
07:23 sur toujours selon les mêmes mécanismes,
07:25 du fait de l'État, de l'Église, de l'autocensure,
07:27 de la disparition d'archives, du fait du relieu conjoint,
07:30 de la spoliation qu'il y a pu avoir de leur travail.
07:32 C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, on se retrouve avec des noms de rue
07:35 qui ne sont pas forcément des noms de femmes,
07:37 et ce n'est pas forcément parce qu'elles ne sont pas illustres
07:39 et qu'il n'y a pas eu ce travail qui est fait,
07:41 c'est parce que le travail de mémoire n'a pas eu lieu,
07:43 la gratitude n'a pas eu lieu, et qu'on a préféré baptiser,
07:46 et là, je vous parle du Bon Sud de ma Provence,
07:48 c'est qu'on a préféré baptiser des rues "Acacia, rue des Acacia, rue des Olivier",
07:53 plutôt que de les appeler "George Sand ou Joséphine Becker".
07:55 Et il conviendrait comme moi que des personnes,
07:57 des femmes de lettre, des femmes politiques,
07:59 des aviatrices et des résistantes, comme je viens de vous en citer au moins deux,
08:02 devraient au moins avoir des noms de rue.
08:04 Alors en France, on a souvent George Sand, pour le coup,
08:07 qui je pense serait ravi de savoir que son nom a continué à travers l'histoire,
08:11 parce que c'est quelqu'un qui est connu, mais qui est méconnu,
08:14 pour le coup, parce qu'on préfère raconter sa vie sentimentale
08:16 que son apport majeur politique à l'éducation des femmes,
08:21 à la sensibilisation au socialisme topique,
08:24 et donc du coup à son rôle antimilitariste profond,
08:27 jusqu'à l'arrivée de la Troisième République en France.
08:29 Et donc du coup, tout ce travail-là qu'ont fait les femmes,
08:31 le rapport à la musique, le rapport à la résistance,
08:34 le rapport vraiment à la stratégie militaire, à la littérature,
08:37 ceci a été gommé, minoré, minimisé,
08:41 et souvent, on a préféré parler d'un apport petit.
08:44 On aime beaucoup minimiser l'apport des femmes,
08:47 et souvent, c'est un stéréotype qui n'est pas méchant,
08:51 mais souvent on entend ce truc-là,
08:52 "oui, mais les femmes, elles n'avaient pas trop de place avant,
08:54 c'est pour ça qu'on les entend pas",
08:55 alors qu'en fait, si, elles ont fait, elles ont gouverné,
08:57 elles ont compris, mais en fait, on ne les a pas valorisées dans les noms.
09:00 On a compris, on a compris, Ophélie.
09:02 En fait, vous n'avez pas répondu à ma question,
09:03 est-ce qu'il faut débaptiser, ou c'est l'avenir,
09:07 c'est ça qu'on a envie de savoir,
09:08 parce que ce n'est pas du tout la même chose, en fait.
09:09 Alors, en fait, je ne sais pas pourquoi vous me parliez de débaptiser,
09:11 vous m'avez parlé des noms de rue,
09:12 moi, ça fait des années qu'avec Georges Edson,
09:14 donc on est invité dans plein de mairies
09:16 pour faire la démocratie participative,
09:18 et proposer des noms de rue,
09:19 on va faire des ateliers scolaires,
09:20 alors je sais qu'il y a quelqu'un dans le débat
09:23 qui n'est pas très content qu'on fasse des ateliers scolaires,
09:24 mais on parle des stéréotypes, justement,
09:26 qui font que les femmes disparaissent,
09:27 et en fait, ça permet à des salles entières d'élèves
09:30 de découvrir Alina D'Aquitaine,
09:31 voilà, encore une fois, Christine Dupuisant,
09:33 Joséphine Becker,
09:34 et en fait, à la fin, ces élèves se disent
09:36 "mais comment ça, je ne connaissais pas Edi Lamar,
09:37 qui a inventé le wifi,
09:38 comment ça, je ne connaissais pas Rosalind Franklin,
09:40 mais elles sont géniales, ces femmes",
09:41 et du coup, après, ils vont voir leur mairie,
09:43 et puis ils vont dire "moi, j'aimerais bien qu'on baptise
09:45 une salle de classe, ou un repoint du nom de Joséphine Becker",
09:47 et nous, on est souvent interpellés par des salles de classe
09:50 qui nous ont dit qu'ils ont fait ça,
09:51 et moi, je trouve ça génial,
09:52 parce que ça fait participer l'ensemble des gens,
09:55 depuis le plus jeune âge,
09:56 à un sujet qui est celui de se recréer un patrimoine...
09:59 - C'est une légère élisabeth lévy, mais courte,
10:03 parce que ça réagit beaucoup au 0826 300 300.
10:06 - Alors qu'on pouvait craindre le pire,
10:08 je trouve que votre argumentation est très intéressante,
10:11 et très intelligente,
10:13 je ne dirais pas que je vous rejoins,
10:15 mais juste pour compléter la question de Fécile,
10:18 vous pensez vraiment que faire cela
10:21 va changer la conscience de ceux qui
10:24 sont obstinément ancrés dans l'idée
10:27 de l'infériorité entre homme et femme ?
10:30 - Mais il n'y en a pas qui sont...
10:31 - Vous savez, moi, quand on a écrit le livre...
10:34 - Attendez, allez-y Félice.
10:36 - Alors, quand on a écrit le livre "Ni vu ni connu", par exemple,
10:38 on m'a expliqué, beaucoup de gens m'ont expliqué,
10:40 de mon âge, que les femmes n'avaient pas beaucoup d'imagination,
10:43 c'est pour ça qu'on ne connaissait pas de Juverne Fémina.
10:45 Bon, tant pis, il y avait Marie Chelet, mais c'est pas grave.
10:48 Et souvent, on demande aux gens,
10:49 et les gens me disent souvent "mais il n'y a pas de Génie Masse",
10:51 "Fémina, regarde, il n'y a pas de Mozart",
10:52 et puis ça tombe mal parce qu'il y avait une sœur qui s'appelait Anna Maria.
10:55 Et tant qu'on ne connaît pas l'histoire d'Anna Maria,
10:57 on ne peut pas comprendre pourquoi les femmes ont disparu.
10:59 Anna Maria, c'est une jeune femme qui était prodige,
11:01 comme son frère, qui a fait des tournées en Europe,
11:03 donc on a brûlé les partitions à 14 ans
11:05 pour la marier à un homme qui avait trois fois son âge.
11:07 Et ça, c'est l'histoire typique des femmes musiciennes au 18e siècle.
11:10 Et tant qu'on ne connaît pas cette histoire-là,
11:12 et qu'on ne la raconte pas,
11:13 on ne peut pas comprendre pourquoi il n'y a pas de femmes dans la longue rue.
11:16 - Elizabeth Lévy.
11:17 - Donc, très court, très vite.
11:18 Donc premièrement, si je comprends bien,
11:20 l'Occident n'a pas été si oppresseur.
11:22 Les femmes avaient des tas de rôles,
11:24 on les a juste cachés.
11:26 Donc, si vous voulez, je revisite avec vous cette histoire,
11:29 et je vois que cette idée que le sort des femmes était quand même problématique,
11:33 finalement, est à revoir.
11:35 Mais la deuxième chose, c'est qu'en fait,
11:37 vous dites "ça me gêne que vous alliez dans les écoles".
11:40 Oui, ce qui me gêne, c'est que vous alliez vous,
11:42 mais qu'on n'invitera pas des féministes universalistes
11:44 pour dénoncer votre discours,
11:46 qui, à mon avis, relève de la propagande.
11:48 Et troisièmement, vous dites, et pourquoi ?
11:50 Parce que vous dites que les femmes n'existaient pas en tant que groupe.
11:53 Mais pardonnez-moi, les femmes n'existent pas en tant que groupe.
11:57 D'accord ? Il n'y a pas un groupe qui s'appelle "Nous les femmes".
12:00 Moi, je ne me sens pas plus de points communs avec quelqu'un
12:03 parce que c'est une femme, ou pas plus d'affinités.
12:05 J'ai des affinités, j'aime des femmes et j'aime des hommes.
12:09 Mais j'en ai assez qu'on m'embrigade dans le grand parti de "Nous les femmes".
12:13 Voilà.
12:14 Alors pourtant, c'est rigolo ce que vous dites,
12:16 parce qu'à l'époque, il y a quand même eu beaucoup de groupes de femmes.
12:19 Justement, rien qu'au XXe siècle, les militionnettes, les surajettes,
12:24 au Moyen-Âge, les religieuses, les béguines,
12:27 qui travaillaient en communauté, qui n'étaient ni mariées, ni religieuses.
12:30 Toutes ces femmes-là qui ont travaillé,
12:32 les femmes peuvent participer aux communautés, aux contreries.
12:35 Elles étaient dans les guildes marchandes.
12:37 Il n'y avait aucun problème pour ça. Elles représentaient des êtres.
12:40 Je pense que ce que nous avons fait de travailler là-dessus...
12:43 - Oui, c'est ce que ça nous apprend.
12:45 Je pense que c'est le sujet.
12:47 Je pense que le sujet, c'est l'humilité.
12:49 Je pense que ce que ça nous apprend, c'est l'humilité de penser que
12:51 ce n'est pas parce que des femmes ont été connues en leur temps
12:53 qu'on a pensé à elles et qu'on a pensé à leur donner un nom de rue.
12:56 C'est pour ça que je pense qu'il faut penser à oublier les noms...
13:00 Voilà. Oublier les akassias.
13:03 - Ophélie, on a des auditeurs. Bougez, pas resté avec nous.
13:05 0826 300 300. Nathalie, t'es avec nous.
13:08 - Bonsoir Nathalie. - Rebonsoir Nathalie.
13:10 - Alors, votre action, vous, en tant que femme ?
13:13 - Oui, en tant que femme. J'ai entendu réapproprier notre patrimoine
13:17 dans un des interlocuteurs.
13:20 Alors, je l'ai réapproprié. Oui, d'accord.
13:23 C'est louable comme intention, mais peut-être qu'on vaut mieux que des noms de rue.
13:28 Et puis, je n'ai pas besoin de noms de rue pour être plus forte que des hommes.
13:31 Pour moi, il n'y a pas de groupe.
13:33 Je rejoins Elisabeth Lévy. Il n'y a pas le groupe homme, il n'y a pas le groupe femme.
13:36 Et j'ai l'impression... Je vais mettre l'huile sur le feu.
13:39 J'ai l'impression que c'est comme une sorte de...
13:42 On enlève des stéréotypes pour créer d'autres stéréotypes.
13:45 Et qu'on glisse sournoisement vers le wokisme, ça me déplaît.
13:50 - D'accord. - Voilà. J'aime pas qu'on utilise mon sexe pour le politiser comme ça.
13:55 - Bonsoir. - Alors, Nathalie, vous restez là.
13:57 Vincent au 0826 300 300, comme ça on fera réagir nos éditorialistes.
14:00 Vincent, bienvenue.
14:02 - Bonsoir, bonsoir. - Bonsoir.
14:04 - Merci d'être avec nous. Vous vouliez réagir aussi, Vincent ?
14:07 - Mais voilà, moi c'est juste pour une saine pratique.
14:09 J'ai réencontré qu'il y ait une nomme de rue de femme
14:12 pour les nouveaux l'officement qui se folle, les nouveaux quartiers.
14:15 Par contre, débaptiser des rues pour donner un nom de femme...
14:19 - Plus des rues des Acacia ou des Olivier.
14:22 - Oui, non mais d'accord. Mais quand vous habitez rue des Acacia
14:25 et que ça devient rue Jeanne d'Arc, par exemple,
14:28 vous allez voir les problèmes que vous allez avoir, que ce soit pour le BF,
14:31 que ce soit votre carte d'identité, votre carte grise de voiture,
14:34 votre permis de conduire, et tout ça c'est des papiers à faire.
14:37 - Alors reconnaissez-les, les hommes pratiquaires.
14:40 - Vous ne savez plus que maintenant, pour faire une carte d'identité,
14:43 il faut quatre mois. Alors voilà, c'est pratique.
14:46 Après, je ne pense pas que ça soit...
14:49 parce qu'il y a des noms de rues d'hommes qu'on ne sait pas qui c'est.
14:52 Tu ne les cherches pas sur Internet, on ne connaît pas quoi.
14:55 - Olivier, vous qui êtes prof d'histoire, c'est sûr que par exemple,
14:57 quand on a fait les boulevards des Maréchaux,
14:59 tous les Maréchaux de Napoléon étaient des hommes.
15:01 Et donc, il n'y avait pas de place pour les femmes à l'époque.
15:03 - D'abord, pour répondre, je suis d'accord sur les Acacias,
15:06 on peut enlever tout ça, on garde les Oliviers, bien évidemment,
15:09 qui est la roue de la paix.
15:11 Et il n'existe pas de groupe.
15:13 Attention quand même, l'histoire politique et sociale est têtue.
15:17 Les femmes obtiennent au final le droit de vote très tardivement,
15:20 et il a fallu des luttes, des partis politiques,
15:23 présenter des femmes avant, dans l'entre-deux-guerres,
15:27 quitte à être invalidées, pour montrer qu'il fallait absolument
15:31 avancer sur ce terrain-là.
15:33 - Rappelons que c'est la gauche qui s'occupe opposé au droit de vote des femmes
15:35 sous la Troisième République.
15:37 - Oui, mais c'est aussi...
15:39 - Parce qu'elles votaient comme leurs confesseurs, c'est-à-dire comme le curé.
15:41 - Mais c'est aussi les partis de gauche qui présentent des femmes
15:44 sur leur liste alors qu'elles n'ont pas le droit de vote.
15:46 Et si vous prenez la composition de la première et de la seconde
15:48 Assemblée Nationale Constituante, vous verrez dans quel rang
15:51 se situent les femmes. Je rends hommage d'ailleurs à Madeleine Braun,
15:54 qui a été la première vice-présidente de l'Assemblée Nationale
15:57 en 1944-1945.
15:59 Concernant ces groupes, si vous prenez la simple question
16:03 de l'inégalité salariale, vous voyez bien que les groupes sont constitués,
16:07 malheureusement. Que beaucoup restent à faire.
16:09 - Mais non, mais c'est pas...
16:11 - C'est une réalité.
16:13 - Effectivement, c'est marrant. Enfin bon, j'ai pas le temps de rentrer
16:15 dans ta démonstration statistique.
16:17 Mais justement, il me semble qu'aujourd'hui...
16:19 - C'est dommage qu'on reste à les statistiques, en l'occurrence,
16:21 elle parle beaucoup.
16:23 - ...en termes juridiques, et ça me semble très important,
16:25 l'égalité est la norme. Évidemment, comme toutes les choses,
16:28 elle n'est jamais pleinement réalisée.
16:30 Mais elle va parfois très loin, jusqu'à l'indifférenciation,
16:33 au refus de la différence des sexes.
16:35 C'est-à-dire, on ne veut même pas seulement l'égalité,
16:37 on veut qu'il n'y ait plus d'hommes et plus de femmes,
16:39 et que chacun soit ce qu'il veut.
16:41 Mais juste dernière chose, moi, comme femme,
16:43 c'est assez rare que je dise ce bout de phrase,
16:46 je me sens humiliée à l'idée qu'on va donner des noms de rue aux femmes
16:50 parce que ce sont des femmes et parce qu'il leur faut le rocher,
16:54 et il faut arriver à une sorte de parité absurde.
16:57 Elle va arriver naturellement, un jour, il y aura plus de noms de femmes.
17:02 Aujourd'hui, il y a un certain nombre, déjà, de domaines
17:05 où il y a déjà plus de femmes, où les femmes ont plus de chances que les hommes.
17:09 Aujourd'hui, dans toutes les boîtes, on cherche...
17:12 Évidemment, ça n'a pas commencé.
17:14 - Non, non, rien n'arrive naturellement.
17:16 - Le mot de la fin, Ophélie Latti, il reste 50 secondes.
17:20 - Oui, Ophélie, allez-y. On vous écoute, Ophélie.
17:22 - Écoutez, je pense que Georges Sand, et puis tous les femmes de l'être,
17:26 et puis toutes les musiciennes, et puis toutes les militaires,
17:28 et puis toutes les stratèges, et puis toutes les militantes
17:31 sont heureuses d'avoir une rue à leur nom
17:33 parce que c'est la mémoire de notre culture,
17:36 de se rappeler de ce que ces femmes ont fait.
17:38 Je pense que c'est important pour les enfants
17:40 de savoir que leur passé leur ressemble aussi un peu.
17:44 C'est notamment important pour les petites filles et les petits garçons
17:47 de savoir que leur histoire a été faite de gens très divers.
17:51 Et par ailleurs, je pense que ça n'enlève rien à l'espace public
17:54 de rajouter ça, au contraire, ça rajoute de la beauté aux choses,
17:57 en plus d'être, en effet, pas une seule chose,
18:00 puisque ça se rajoute au travail que l'on fait
18:02 pour augmenter la vividité des femmes dans les manuels scolaires, par exemple,
18:06 ou la parité dans les médias.
18:07 Et c'est un tout. Il faut penser à tout pour faire beaucoup d'inclusives.
18:11 - Merci beaucoup. Débat très réussi, Cécile.
18:13 On commence par des périmitoires et on termine par de l'hésitation.
18:17 Ça, c'est un très bon débat.
18:19 - Merci beaucoup, Ophélie Latti,
18:21 d'avoir accepté de participer à ce débat
18:24 qui peut parfois être houlum, en tout cas,
18:26 mais qui a été très intéressant et qui a permis à tout le monde,
18:29 en tout cas, de donner son avis.
18:30 Merci beaucoup.
18:31 Vous êtes fondatrice de ce collectif Georgette Sand
18:33 qui promue la visibilité des femmes dans l'espace public.
18:35 Et vous avez donc co-dirigé l'ouvrage
18:38 "Ni vu, ni connu. Panthéon, histoire, mémoire".
18:41 Merci d'avoir été avec nous.
18:43 On reste ensemble dans quelques instants.
18:45 On se détend, ou on se tend, avec le quiz de l'actu.
18:48 de l'actu !

Recommandations