00:00 une conférence de presse, un réfugié syrien de 31 ans
00:02 qui a attaqué au couteau six personnes.
00:04 Des petits enfants ont été sauvagement attaqués
00:09 par un individu dans un parc.
00:11 Nous sommes bouleversés par cet acte odieux,
00:15 inqualifiable.
00:17 Quand ça touche des enfants,
00:19 je pense qu'on est chacun touché au plus profond de nous-mêmes.
00:22 Et aujourd'hui, c'est tout notre pays qui est sous le choc.
00:25 Mes premières pensées vont aux parents,
00:30 et aux enfants qui sont encore dans un état grave,
00:35 et aux adultes qui ont également été blessés.
00:39 Et je voudrais vraiment saluer l'intervention des forces de l'ordre
00:45 qui ont pu intervenir très rapidement
00:48 et interpeller cet auteur.
00:51 Et je voudrais aussi remercier les secours,
00:54 les soignants qui ont immédiatement pris en charge
00:59 les blessés et qui sont encore actuellement
01:02 en train de les prendre en charge.
01:04 Alors l'enquête permettra de préciser à la fois le parcours,
01:10 le profil de cet assaillant.
01:12 Et naturellement, toute la lumière devrait être faite.
01:15 Mais aujourd'hui, c'est le temps de l'émotion
01:18 et nous sommes ici avec le ministre de l'Intérieur,
01:21 aux côtés des habitants d'Annecy,
01:24 pour exprimer tout le soutien et toute la solidarité de la nation.
01:29 Madame la procureure conduit cette enquête
01:32 avec l'appui de la police judiciaire.
01:34 Et je vous propose de prendre la parole, madame la procureure.
01:37 Oui, donc effectivement, une enquête est actuellement en cours
01:41 des chefs de tentative d'assassinat
01:43 qui a été confiée à la direction centrale de la police judiciaire.
01:46 Le mis en cause est actuellement en garde à vue
01:48 dans les locaux du commissariat de police d'Annecy.
01:51 Le mobile reste à déterminer.
01:53 Des premiers éléments de l'enquête,
01:54 et je vous dis vraiment sous toute réserve,
01:56 puisqu'on est sur des faits qui se sont commis à à peine 4 heures,
01:58 il n'y a aucun mobile terroriste apparent.
02:00 Il y a une évaluation qui est en cours,
02:03 comme c'est l'usage en ce type de procédure
02:05 par le Parquet national antiterroriste.
02:07 Mais en l'état, on n'a pas d'élément
02:09 qui pourrait nous laisser entendre qu'il y ait une motivation terroriste.
02:13 L'enquête, elle, porte donc sur une tentative d'assassinat.
02:17 Nous avons six victimes, quatre mineurs et deux adultes.
02:20 Les quatre mineurs sont tous les quatre en état d'urgence absolu.
02:24 Ils ont été transférés dans divers établissements hospitaliers
02:27 du ressort et en Suisse.
02:29 Ils ont tous été victimes de blessures à l'arme blanche.
02:32 Un des adultes a été également victime d'armes blanches plus légèrement.
02:38 Et une sixième personne a été victime dans un premier temps
02:42 de coups de couteau de l'auteur,
02:44 puis a été, au moment de l'intervention des services de police,
02:48 a été blessée par une arme à feu utilisée par les services de police.
02:52 Je précise bien que l'auteur qui est interpellé,
02:55 qui était en garde à vue, n'a été trouvé porteur que d'une seule arme
02:57 qui est dans notre possession et qui est un couteau dont nous disposons.
03:01 Donc l'enquête se poursuit.
03:02 On a été ouvert en parallèle une enquête pour déterminer les circonstances
03:07 dans lesquelles les policiers ont fait usage de leur arme à feu.
03:10 L'auteur est actuellement en garde à vue.
03:12 Il n'est pas blessé ou très légèrement.
03:14 Et il va être entendu sur ces motivations qui restent aujourd'hui à déterminer.
03:19 Madame le procureur, quel est le parcours et le profil du suspect ?
03:24 Ça fait quatre heures que l'affaire a eu lieu.
03:27 C'est beaucoup trop tôt aujourd'hui pour vous dire.
03:29 Nous, ce qu'on sait aujourd'hui, vraiment des premiers éléments,
03:32 c'est qu'on est face à quelqu'un qui a a priori son domicile fixe
03:34 et qui a un parcours migratoire en Europe avec une demande d'asile
03:38 qui lui a été accordée, pas par la France.
03:40 Voilà, ce que je peux dire sur ce point, c'est donc en effet,
03:43 a priori, à ce stade, il s'agit d'un Syrien
03:48 qui a le statut de réfugié en Suède depuis dix ans,
03:53 qui a demandé l'asile en France, mais c'était sans objet,
03:57 puisqu'il a déjà le statut de réfugié.
03:59 Donc, c'est un individu à priori isolé, syrien,
04:03 avec un statut de réfugié accordé en Suède il y a dix ans.
04:06 Je précise qu'évidemment, on a pris contact avec tous les services judiciaires
04:11 et les services de renseignement des autres pays en Europe et au-delà.
04:16 Et ce monsieur n'a pas d'antécédent judiciaire,
04:19 n'est connu d'aucun service de renseignement
04:21 et on n'a pas identifié d'antécédent psychiatrique.
04:24 Madame Born, quel est l'âge des enfants ?
04:27 Parce qu'on parle de très jeunes enfants.
04:29 Quel est l'âge des enfants ?
04:30 Et est-ce que vous avez pu parler aux familles des témoins ?
04:34 Je vais laisser Madame la procureure.
04:35 Alors, sur l'âge des enfants, je prends mes notes pour être sûre de moi.
04:39 Donc, on a un enfant de 22 mois, deux enfants de deux ans
04:42 et un enfant de trois ans.
04:43 Parmi les quatre victimes mineures,
04:44 il y en a un qui est de nationalité néerlandaise
04:46 et un qui est de nationalité anglaise.
04:47 C'était des touristes, puisque les faits ont eu lieu sur une aire de jeu
04:51 qui se trouve sur un parc face au lac d'Annecy.
04:54 Donc, les victimes sont prises en charge,
04:57 les autorités consulaires sont au courant.
04:58 Il y avait un certain nombre de victimes visuelles,
05:01 qui n'ont pas été blessées par l'arme blanche,
05:06 mais qui ont été témoins et qui sont extrêmement choquées,
05:08 puisque c'est sur un jardin public très fréquenté.
05:11 Notamment, il y avait une classe de lycéens qui est actuellement prise en charge.
05:14 Par une cellule médico-psychologique et avec une prise en charge
05:17 par l'association d'aide aux victimes mandatée par le parquet.
05:19 Ce que je peux dire, c'est que ce sont des tout petits enfants
05:22 qui ont été blessés vraiment très grièvement.
05:26 Je pense que quand, en tant que parents et en tant que citoyens,
05:29 on imagine, on est déjà très choqués.
05:32 On a pu échanger avec ceux qui sont intervenus pour sauver ces enfants.
05:37 Je peux vous assurer que c'est très, très choquant.
05:39 Et c'est vraiment une énorme émotion de tous ceux qui ont pu intervenir
05:43 et qui sont intervenus dans les meilleurs délais pour assurer
05:46 la prise en charge de ces petites victimes.
05:48 Madame la Première ministre, au-delà de la tristesse,
05:50 il y a peut-être de la colère.
05:51 Est-ce que vous comprenez ceux qui s'interrogent,
05:53 y compris dans la classe politique, sur le parcours migratoire
05:57 effectivement de ces personnes et donc sur la politique migratoire menée ?
05:59 Alors, je le redis, c'est une personne qui a un statut de réfugié en Suède,
06:06 donc qui circule au sein de l'Union européenne.
06:09 Et je pense qu'avant de s'emballer sur des conclusions sur ces sujets,
06:14 il faut attendre que l'enquête puisse avoir lieu.
06:16 Je crois qu'aujourd'hui, c'est le temps de l'émotion.
06:18 Ça doit être le temps de l'unité, de solidarité avec ces petits enfants,
06:23 avec leurs parents, avec leur famille et avec tous les habitants d'Annecy
06:27 qui sont évidemment choqués par ce qui s'est passé.
06:30 Merci beaucoup.
06:31 [Bruit de pas]