- il y a 3 ans
Équivalent du logiciel libre, le matériel libre dispose d’une licence en droit d'auteur qui autorise à en faire des copies ou à apporter des améliorations. L'infrastructure de Meta ou encore les serveurs du réseau social X en sont un bon exemple. Une start-up française a récemment lancé un ordinateur portable libre et modulaire. Le directeur technique de Cairn Devices, Alexandre Combe, nous raconte les enjeux et difficultés de ce projet, en compagnie Jean-Paul Smets, PDG, Rapid.space et de Stefane Fermigier, coprésident du conseil national du logiciel libre.
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00:00 Notre rendez-vous avec le monde du libre c'est avec évidemment l'incontournable,
00:07 le brillant, le fidèle de Smartech aussi, Jean-Paul Smets, PDG de Rapid Space.
00:10 Bonjour Jean-Paul. Bonjour Nathalie. Aujourd'hui donc tu es venu accompagné
00:13 d'Alexandre Con, qui est développeur mais aussi directeur général de Kern
00:18 Devices. Je ne sais pas si vous le dites en anglais vous. En anglais oui. Et bien voilà,
00:22 donc ça tourne bien. Donc qui est une entreprise qui est en train de concevoir
00:25 un ordinateur portable, pratiquement entièrement réparable en tout cas,
00:29 modulaire. En effet. On va en parler dans l'émission et puis avec vous une autre
00:33 figure tutélaire, Stéphane Fermigier qui est le président d'Abilian, éditeur
00:39 de logiciels libres et co-président du Conseil national du logiciel libre.
00:44 Merci aussi d'être là Stéphane. Alors avant peut-être de rentrer dans le
00:49 détail de ce que vous produisez Valentin, Jean-Paul je voulais d'abord qu'on fasse
00:53 un point sur qu'est ce qu'on appelle, parce que là on parle de matériel libre,
00:56 qu'est ce qu'on appelle le matériel libre ? Le matériel libre c'est du matériel dont
01:00 les plans sont publics, que l'on a le droit de copier, de modifier, d'adapter
01:05 exactement comme on aurait le droit de modifier le code d'un logiciel libre.
01:09 Bon on en parle quand même beaucoup moins que du logiciel libre, on n'a pas l'impression
01:12 que ce soit très développé. Alors en fait c'est comme le logiciel libre il y a 25 ans,
01:16 tout le monde s'en sert tous les jours sans s'en rendre compte puisque chaque
01:19 fois que vous connectez à Meta, Instagram ou Twitter,
01:23 aujourd'hui X, derrière en fait vous avez des serveurs qui viennent du projet
01:27 Open Compute et qui sont du matériel libre, qui aujourd'hui en fait domine
01:31 complètement les infrastructures de cloud, des hyperscalers. Amazon par
01:36 exemple, ses switches, ses commutateurs réseau, c'est également du matériel
01:40 libre. Et en France Rapid Space mais aussi Clever Cloud, c'est du matériel libre.
01:45 Et ce matériel est fait en général par des gens à Taïwan, trois boîtes qu'on
01:50 connaît pas très bien, Quanta, Wistron et Mitak, qui en fait fabriquent les
01:54 serveurs du monde entier. Et ces serveurs sont déjà copiés par des sociétés au
01:59 Brésil qui refabriquent la même chose, d'autres en Europe de l'Est, ce qui fait
02:03 que même si l'un d'entre eux arrête de fabriquer un modèle, comme on a tous les
02:07 plans, on peut continuer à produire la même chose n'importe où, aussi longtemps
02:11 qu'on le souhaite. Et en fait on trouve plein d'autres types de matériel libre,
02:14 par exemple des stations de base 5G, mais également des choses un peu moins
02:19 connues dans le monde de la musique, où il y a des Barcelonais qui ont créé une
02:22 groovebox qui s'appelle Zintian, qui est en fait complètement un matériel libre
02:27 avec un nombre de synthétiseurs et de sons encore plus importants par exemple
02:31 que dans une groovebox Roland. Et alors ce qui est intéressant dans le monde de la
02:35 musique, c'est qu'en fait on voit tout l'avantage du matériel libre parce qu'en
02:39 musique électronique, un morceau de musique électronique est très
02:42 directement rattaché au matériel du synthétiseur qu'on a utilisé. Par exemple
02:47 la bande son des chariots de feu qui a été composée par Vangelis est
02:51 directement reliée au synthétiseur Yamaha CS80, dont seulement 2000
02:56 exemplaires ont été produits en 1976, aujourd'hui il en reste une dizaine. Dans
03:01 quelques années ou peut-être dans 10 ou 20 ans, il n'y aura plus de CS80, on ne
03:06 pourra plus rejouer à l'original le morceau de Vangelis. Mais si on prend du
03:11 matériel libre pour les synthétiseurs, le jour où par exemple les gens de
03:18 Lettonie qui s'appelle Erika arrêtent de produire l'un de leurs synthétiseurs,
03:22 ce qui est arrivé, ils le mettent sur Github et on peut continuer à le reproduire
03:27 soi-même si on veut continuer à jouer le même morceau de musique. - Jean-Paul je sens le sujet qui
03:30 passionne, ça sent la prochaine chronique non ? - Oui je suis en train de préparer ça et
03:33 vous aurez de l'Ircam, du Gram et un nombre incroyable de créateurs. - Ok bon mais on
03:40 va revenir à notre sujet quand même qui est le matériel libre avec notamment
03:44 notre invité qui est venu nous présenter un début d'ordinateur. - Oui et donc en
03:51 fait il y a déjà des ordinateurs portables libres, j'ai Olymex, Olymex c'est un peu le
03:56 leader mondial du libre industriel, ils font des espèces de Raspberry Pi qu'on trouve
03:59 dans des satellites ou dans des engins miniers, dans des drones, ils ont aussi fait
04:04 un ordinateur portable mais il n'est pas modulaire donc comme il dépend d'un vieux
04:08 microprocesseur aujourd'hui il est trop lent et c'est pas bon et donc dans le
04:12 téléphone on a du modulaire qui n'est pas libre comme le Fairphone donc on va l'ouvrir
04:16 comme ça et en fait changer toutes les pièces. - C'est le principe pour qu'il soit
04:21 davantage éco-responsable. - Oui et puis changer le processeur ou la caméra et
04:26 donc ce qu'on aimerait c'est avoir des ordinateurs en matériel libre modulaire
04:30 qui puissent évoluer et qu'on puisse réparer et c'est justement ce qu'a fait
04:34 Carme Device. - Donc c'est ce que vous avez fait ou c'est ce que vous êtes en
04:37 train de faire ? - On est en train de faire alors c'est long et c'est pour ça qu'on a un
04:40 début de projet donc là on a un premier début de prototype
04:47 de l'ordinateur portable sans l'écran et dedans en fait on voit
04:52 qu'il est modulaire et notamment ce module-ci qui est le premier produit
04:56 qu'on va commercialiser bientôt qui est un clavier mécanique entièrement
05:00 personnalisable donc là vous pouvez reconnaître la grande vague de Kanagawa
05:04 de Okusai et donc c'est très simple chez nous on peut vraiment tout changer
05:10 en 30 secondes on peut changer un élément donc là je touche pas dans ma main
05:15 si on retourne l'ordinateur comme ça et bien on peut en fait on voit des
05:21 trappes et l'idée alors ça reste un prototype moche attention il faut pas
05:26 trop se formaliser on peut changer en 10 secondes là en l'occurrence un
05:31 ssd et du coup réparer sans connaître avoir de connaissances en informatique
05:37 l'idée c'est vraiment de le rendre facile pour tous et... - Mais alors parce que vous
05:42 avez commencé par dire c'est compliqué qu'est ce qui est compliqué dans la
05:46 fabrication d'un pc modulaire ? - Alors la technique c'est maîtrisable le
05:50 un des principes problèmes c'est le financement en france le hardware se
05:54 finance très mal - D'accord - Libre ou pas - Ouais parce que donc
05:59 techniquement vous nous dites finalement c'est pas compliqué on assemble des
06:01 pièces comme des legos c'est ça ? - Oui on assemble des pièces comme des legos
06:04 alors il y a forcément du travail mais c'est gérable on a des très bons
06:07 ingénieurs en france donc on sait faire les compétences techniques elles sont
06:11 là le vrai problème c'est vraiment d'avoir le financement par exemple ce
06:16 qui nous bloque et le fait de pourquoi en fait ce prototype aujourd'hui il est
06:20 très très gros c'est qu'on a une carte mère dedans qui est donc on achète sur
06:25 étagère mais c'est un point bloquant pour pour nous on aurait besoin de fonds
06:29 pour créer notre propre carte mère et avoir quelque chose qui soit adapté à
06:32 notre concept parce qu'aujourd'hui on fonctionne avec ce qu'on trouve mais
06:35 c'est pas c'est pas adapté vous le voyez là c'est pas marketable tel quel
06:38 - Et on va aller chercher où les fonds ? - Bah alors - Vous en trouvez un peu ?
06:43 - Comme toute start-up il faut aller faire des levées de fonds donc nous on en
06:46 cherche une actuellement sinon il y a des subventions donc nous on a eu
06:50 quelques quelques subventions on est supporté par la région grand est par
06:54 l'euro métropole de Strasbourg et on a eu une subvention aussi de l'union
06:57 européenne il y a quelques années donc ça ça représente environ 200 000 euros
07:04 de ce qu'on a ce qu'on a eu et ce qui est dérisoire dans notre industrie donc
07:08 on est déjà très fier de ce qu'on a réussi à faire avec aussi peu mais on
07:12 aimerait pas combien de temps ça fait combien de temps alors ce qu'on fin 2016
07:16 et donc ce qu'on paie pas en argent le payant temps et c'est pour ça que ça
07:19 c'est aussi long - Ah oui 2016 - Oui fin 2016 - A combien de personnes ?
07:24 - Alors on est trois associés on a été jusqu'à neuf aujourd'hui on a
07:30 quelques soucis au niveau de la production avec le clavier je pense
07:35 qu'on en reparlera après - Dites nous qu'est ce qu'il a ce clavier ?
07:38 - Il a qu'en fait on a un sous-traitant on dépend d'un sous-traitant en fait à
07:43 qui on achète les touches de clavier sur étagère alors ça a pas l'air comme ça
07:46 mais c'est des pièces qui sont très complexes du coup qu'on fait en qui sont
07:49 faites en injection plastique et qui doivent être précises au centième donc
07:53 c'est pas du tout c'est pas trivial et donc le sous-traitant chez qui on
07:58 l'achète sur étagère a eu des soucis en fait quand ils ont créé ce modèle là
08:02 parce que c'est un modèle nouveau et donc ils ont pris presque un an de retard
08:07 qui du coup nous a nous a empêché de produire et de vendre et donc on est
08:11 ça a entamé la trésorerie - Alors moi quand j'entends de ces difficultés je me dis
08:14 mais qu'est ce qui vous a motivé à un moment ? Pourquoi vous avez dit tiens on va
08:19 se mettre à créer à concevoir à fabriquer un ordinateur modulaire libre ?
08:24 - Déjà parce qu'on aime ça - Face à la montagne à gravir - Déjà parce qu'on aime ça
08:30 c'est un challenge qui est vraiment intéressant techniquement on a aussi des
08:33 convictions écologiques qui sont fortes 80% en fait de l'impact aujourd'hui du
08:37 matériel électronique c'est à la fabrication c'est pas à l'utilisation
08:41 donc il y a c'est un défi qu'il faut relever et du coup nous on est présent
08:46 pour faire ça pour faire ça en France parce qu'on aimerait rendre un peu de
08:49 ce pays ce qu'on nous a donné - Mais alors donc on n'a pas les gens aujourd'hui en
08:53 France pour comme sous-traitant pour vous fournir les pièces dont vous avez
08:56 besoin - Alors là en l'occurrence le sous-traitant dont je parle c'est un sous-traitant
08:59 européen qui est en Allemagne et nous on travaille là sur le clavier en fait
09:02 c'est quasiment c'est français et allemand donc les tôles par exemple sont
09:07 faites en banlieue de Strasbourg et des pièces que nous on fait nous mêmes la
09:11 carte électronique elle sera faite en Alsace aussi donc on sait faire en Europe
09:15 vraiment le problème c'est le financement - Pourquoi on ne trouve pas de financement en France ?
09:20 - Parce qu'en fait beaucoup d'investisseurs ont peur de faire autre chose que les
09:28 autres investisseurs donc dès qu'on va dans des domaines technologiques ou dans
09:33 le matériel on n'est pas dans la place de marché ou dans la start-up typique qui
09:39 va déployer quelque chose un système de vente en ligne ou de numérisation - En fait on ne sait
09:43 pas si derrière il y a un marché aussi s'il y a une demande c'est peut-être ça dont on a
09:45 inquiétude - On ne sait pas plus dans les autres donc d'un côté c'est plus compliqué
09:51 de dire les autres ils font des places de marché en ligne hébergées sur Amazon
09:55 lui il fait un clavier pourquoi tout le monde fait ça pourquoi je ferai un truc
09:59 différent donc il y a un côté moutonnier chez les investisseurs et quand on rentre
10:02 dans la technique souvent ils n'ont pas les experts et ils ne comprennent pas et
10:07 donc on est obligé d'aller assez loin - Bon il y a un autre sujet c'est le marquage CE
10:11 c'est compliqué à obtenir ça ? - Alors c'est faisable il y a plusieurs manières de faire
10:16 vous pouvez en fait complètement sous-traiter ça à des gens dont c'est le
10:19 travail mais pour si vous avez besoin que ce soit moins cher et c'est le choix que
10:23 nous on a fait vous pouvez faire de l'auto certification et donc là il faut
10:26 faire les tests en interne il faut produire la documentation technique en
10:29 interne donc il faut se former donc c'est faisable et mais - Il faut s'accrocher
10:35 - Il faut s'accrocher enfin dès qu'on fait du matériel il faut s'accrocher ça
10:38 ça change c'est la routine et bah du coup nous c'est ce qu'on fait il y a des
10:43 tests qu'on fait du coup nous-mêmes on produit la documentation qui va avec il
10:46 y a des tests dont on n'a pas le mal pour certaines choses par exemple la
10:49 compatibilité électromagnétique on peut pas le faire en interne donc on travaille
10:52 avec d'autres labos mais ça nous revient beaucoup moins cher que si on le faisait
10:56 entièrement externalisé - Alors je parle du marquage CE mais plus largement je
11:01 voulais qu'on aborde le sujet de la réglementation au niveau européen et
11:04 comment la communauté du libre vit ces transformations actuelles on a déjà
11:10 abordé ce sujet ensemble Jean-Paul, Stéphane Fermiger est-ce que vous avez
11:14 assisté, participé aux discussions autour du CERA le règlement sur la résilience
11:21 à cybersécurité ? - Alors c'est un sujet qui nous préoccupe depuis maintenant un
11:25 an et le fait est que nous en tant qu'organisation représentative de la
11:30 filière des entreprises du logiciel libre en France et en Europe puisque je
11:34 représente aussi l'appel l'association professionnelle européenne du logiciel
11:38 libre nous n'avons pas été écoutés nous n'avons pas eu les rendez-vous que
11:42 nous avons sollicités - Vous n'avez pas été consultés ? - Ni auprès de la commission européenne ni auprès
11:48 des autorités françaises en tout cas pas auprès du cabinet de Jean-Noël
11:52 Barraud que nous avons pourtant sollicité à plusieurs reprises pour pouvoir nous
11:58 entretenir de nos inquiétudes - Même chose Jean-Paul ? - Même chose on est un des
12:02 trois premiers éditeurs logiciels libres on nous a jamais contacté pour demander
12:06 notre avis sur le Cyber Resilience Act - Quelles conséquences alors de ce Cyber
12:10 Resilience Act ? - Alors le Cyber Resilience Act - Où on en est aujourd'hui du texte ? - Alors on en est à ce qu'on
12:15 appelle le trilogue donc une négociation entre la commission européenne le
12:20 parlement et puis le conseil donc qui représente les états de l'union
12:24 on nous on entend dire que on est vraiment dans la dernière ligne droite
12:28 que le texte pourrait être finalisé cette semaine d'autres pensent que non
12:32 qu'il y aura peut-être... on ne sait pas puisqu'on n'a pas eu de contact
12:36 direct mais on a on a quelques échos et le fait est aussi qu'il y a trois
12:40 versions du texte qui ont été élaborées par chacune de ces trois institutions et
12:44 qui maintenant il s'agit de converger. Dès le début il y a eu des
12:49 inquiétudes parce que le texte prévoit une exception une exemption pour le
12:55 logiciel libre mais avec des restrictions des contraintes dont on ne
13:00 sait pas ce qu'elle représente exactement notamment et
13:05 principalement l'utilisation commerciale. - Qu'est-ce qui serait le point épineux pour le libre dans ce texte ?
13:12 - Alors le point le plus épineux à l'heure actuelle c'est l'exemption ou pas des
13:17 entreprises et notamment des entreprises qui ont une activité commerciale autour
13:20 d'un logiciel libre qu'elle diffuse par ailleurs de manière ouverte gratuite
13:25 etc etc. Alors il faut se souvenir que le logiciel libre c'est quoi ? C'est des
13:28 logiciels qui sont sous une licence particulière on appelle les licences de
13:32 logiciels libres ou open source et que toutes ces licences sans absolument
13:36 aucune exception contiennent en général écrit en gras en majuscules
13:41 nous ne sommes pas responsables de ce logiciel. A partir du moment où moi que
13:46 je sois un particulier, une institution ou une entreprise je donne un logiciel
13:51 hors de tout cadre contractuel et sans qu'il y ait une rémunération en échange
13:57 comment peut-on exiger de l'auteur ou des auteurs une responsabilité ?
14:03 Alors donc ça c'était comme ça que fonctionnait le logiciel libre depuis
14:06 presque 40 ans et donc la commission européenne a entrepris finalement de
14:10 détricoter ce système pour aller vers un système qui pour l'instant reste
14:15 encore très mystérieux. Oui parce que vous dites qu'il y a quand même une exception qui est
14:18 prévue pour le libre. Oui alors. Oui Jean-Paul. En fait l'exception on avait le
14:24 diagramme très compliqué avant donc si vous ne gagnez pas d'argent, que vous
14:28 n'êtes pas une entreprise, que vous êtes plusieurs à le développer et qu'il n'y a
14:31 pas qu'une seule personne qui le contrôle et en fait tout mais toute la
14:33 liste de contraintes donc ça concerne à peu près personne
14:36 vous ne risquez pas de payer l'amende de 15 millions et vous ne serez pas
14:40 obligé de payer le cabinet de conseil qui va augmenter d'environ 40 000 euros
14:44 par logiciel ce que coûte de publier un logiciel libre.
14:47 Oui. Mais inversement, Kerns, vous allez bientôt devoir payer votre cabinet de
14:54 conseil si vous voulez avoir la marque CE qui sera obligatoire. Oui parce que ce qu'on explique quand même
14:57 régulièrement grâce à Jean-Paul ici c'est que derrière le logiciel libre ce
15:01 ne sont pas juste des bénévoles ou des fondations, il y a des entreprises qui
15:04 financent cet écosystème. Comment est-ce que vous réagissez vous à un
15:08 règlement comme cela ? Bah c'est effectivement c'est compliqué ça nous
15:11 rajoute des coûts, des bâtons dans les roues alors qu'on en a déjà donc
15:15 c'est effectivement difficile à gérer. Quelles sont les solutions alors ?
15:21 Déjà le problème encore une fois c'est ce sur quoi on
15:26 essaie d'attirer l'attention des législateurs depuis un an. Je pense que
15:32 c'est de séparer la diffusion du logiciel libre en tant que tel, en tant
15:36 qu'outil de diffusion de la connaissance, en tant qu'outil de partage etc.
15:40 Et puis la diffusion, l'utilisation d'un logiciel libre dans un cadre strictement
15:45 commercial c'est à dire moi éditeur de logiciel je vends de l'usage, je vends des
15:50 garanties et effectivement dans ce cadre là il est 100% légitime
15:54 d'exiger des contraintes sur la sécurité. Mais lorsqu'il s'agit d'un
15:58 logiciel qui peut être téléchargé très librement il me paraît très
16:03 dangereux d'imposer à ces entreprises qui souvent a un business model qu'on
16:09 appelle freemium par exemple pour simplifier un peu c'est à dire qu'il y a
16:12 le logiciel libre qui est disponible 100% gratuitement sans contrainte de la
16:17 part ni de l'acheteur ni du vendeur et puis il y a la version parfois c'est le
16:22 même logiciel parfois ça n'est pas tout à fait le même logiciel mais il y a le
16:26 cadre contractuel. Et nous ce que nous pensons c'est que si ce CRA
16:32 arrive et impose à toutes ces entreprises du libre des garanties en
16:37 matière notamment de sécurité sur la version 100% open source 100% gratuite
16:42 et bien cela va complètement déstabiliser leur modèle économique c'est à dire
16:45 qu'elle sera l'argument pour vendre de l'abonnement du service de la garantie
16:50 si ces garanties sont par ailleurs si on est obligé de les fournir sur la
16:57 version 100% open source gratuite etc. Donc nous pensons qu'il faut
17:02 absolument que ce point soit pris en compte et plus généralement prendre en
17:06 compte de manière un peu plus systémique l'existence d'un écosystème
17:10 très riche en Europe des milliers d'entreprises en France c'est 6 milliards
17:14 d'euros de chiffre d'affaires annuel en Europe c'est peut-être 30 milliards
17:17 d'euros annuels des opportunités énormes en termes de souveraineté
17:22 numérique européenne et tout ça ça risque effectivement d'être abîmé par
17:27 des législateurs qui ne cherchent pas à comprendre les mécanismes. Avec le risque
17:31 de voir des entreprises du libre partir. Merci beaucoup on est vraiment à la fin
17:35 de ce rendez-vous. Merci Jean-Paul Smith PDG de Rapid Space
17:38 Alexandre Combes pour Kern Devices on vous souhaite bon courage pour tous vos
17:44 projets et puis Stéphane Fermigier PDG d'Abilian et président du conseil
17:48 national du logiciel libre. A tout de suite pour notre rendez-vous avec les cryptos.