- il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Jean-Michel Fauvergue, Michaël Sadoun, Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national et Jean-Rémi Girard, président du SNALC, syndicat national des lycées et collèges
Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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00:00:00 Les vraies voix Sud Radio, 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:00:05 On est ravis de vous retrouver avec Philippe David, on vous souhaite une très belle année,
00:00:10 bienvenue dans les vraies voix Sud Radio jusqu'à 20h, ça va Philippe ?
00:00:13 Ça va très bien, Cécile, très heureux de retrouver les vraies voix.
00:00:17 Puis vous me permettez de faire des remerciements ?
00:00:18 À qui ?
00:00:19 À nos auditeurs, nos auditrices, parce que j'ai eu l'immense bonheur de devenir grand-père
00:00:24 il y a 4 jours et j'ai eu un nombre de messages énormes sur les réseaux sociaux.
00:00:28 Je voudrais les remercier mais il y en a un d'une certaine Cécile de Ménibus qui m'a beaucoup fait rire.
00:00:32 Vous avez écrit que vous aviez, c'est quand même extraordinaire,
00:00:35 "Je quitte l'année 2023 avec un jeune premier, je reviens en 2024 avec un grand-père,
00:00:40 j'ai dormi longtemps Sud Radio".
00:00:41 Ça veut dire quoi que j'ai perdu mon physique de jeune premier ?
00:00:44 Déjà c'est bien de l'avoir eu au moins une fois, ça c'est bien.
00:00:48 Mais non mais c'est incroyable, c'est génial.
00:00:51 Dans la vie de...
00:00:53 Les pieds, ils ressemblent à ma petite.
00:00:55 C'est incroyable.
00:00:56 J'ai un peu les mêmes cheveux que Philippe.
00:00:58 Oui, oui.
00:00:59 Alors je tiens à embrasser ma petite Eva, évidemment, puisqu'elle s'appelle Eva,
00:01:02 et la maman et le papa, Julie qui est ma fille, et Sacha.
00:01:05 On les embrasse tous.
00:01:06 Ça y est, on a fini les affaires de famille.
00:01:07 Et la petite a l'air adorable et tout son grand-père.
00:01:10 Est-ce qu'elle fait des blagues déjà ?
00:01:13 Non, non, s'il vous plaît, non merci, non merci.
00:01:16 La clinique a appelé en disant "Mais prenez-la, c'est tout son grand-père".
00:01:19 En tout cas, elle est très mignonne.
00:01:21 Elle est ravissante.
00:01:22 En tout cas, on vous souhaite la bienvenue et merci de votre fidélité.
00:01:26 2024, nouvelle saison avec notre équipe.
00:01:28 On embrasse, bien entendu,
00:01:31 Benoît, Aude, Ocili et Félix Mathieu,
00:01:36 et bien sûr, toutes ces personnes qui travaillent avec nous
00:01:39 et qui fabriquent cette émission chaque jour au quotidien et qu'on aime beaucoup.
00:01:43 En tout cas, vous êtes les bienvenus.
00:01:45 0826 300 300, c'est sonneux.
00:01:47 Même numéro de téléphone.
00:01:48 Et au sommaire de cette première émission de l'année des vrais voix avec Philippe David,
00:01:53 bien entendu, le grand débat du jour à 17h30.
00:01:55 Un nouveau casting gouvernemental pourrait être dévoilé ou pas
00:01:58 dans les heures qui arrivent à la recherche d'un nouveau cap.
00:02:01 Emmanuel Macron chercherait à remanier son équipe ministérielle.
00:02:05 Elisabeth Botte pourrait quitter.
00:02:06 Mattignon au profit d'un nouveau visage qui pourrait être Gabriel Attal.
00:02:10 Et vous, qu'en pensez-vous ?
00:02:12 Est-ce que Gabriel Attal, c'est le bon candidat pour le poste de Premier ministre ?
00:02:17 Est-ce qu'il pourrait redonner un nouvel élan à la majorité ?
00:02:21 Est-ce que, tiens, posons à long terme,
00:02:23 Mattignon c'est le cimetière des ambitions présidentielles.
00:02:26 Est-ce que ça ne pourrait pas être une formidable rampe de lancement pour Gabriel Attal,
00:02:30 sachant qu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter ?
00:02:33 Est-ce que comme Attal revient de la gauche, ce sera un recentrage ?
00:02:35 On attend votre avis au 0826 300 300.
00:02:39 Et pour le moment, à cette question,
00:02:40 Gabriel Attal pourrait-il être un bon Premier ministre ?
00:02:42 Vous dites non à 75%.
00:02:45 Ça démarre bien. Ce sera donc le plus jeune Premier ministre de l'histoire de France,
00:02:49 sous le plus jeune Président de la République.
00:02:51 - Absolument. - Voilà.
00:02:53 - Comprenez pourquoi Billy Jair n'a pas été nommé.
00:02:56 - Franchement, il est comme d'expérience.
00:02:59 - Qu'est-ce qu'on en fait ?
00:03:01 Notre invitée du jour pour en parler,
00:03:03 Andréa Cotarac, qui est porte-parole du Rassemblement National.
00:03:06 Et puis, le coup de projecteur des vraies voix,
00:03:08 à 18h30, rentrée sous tension pour les enseignants,
00:03:11 après une multitude d'agressions en décembre.
00:03:13 Des rumeurs sur un professeur,
00:03:15 suite à l'étude d'un tableau classique avec des femmes nues.
00:03:18 Une autre menacée au couteau par une collégienne.
00:03:22 Toujours en décembre, une enseignante hospitalisée,
00:03:24 empoisonnée au détergent lors d'un goûter au collège.
00:03:27 Et en toile de fond, bien entendu,
00:03:29 les meurtres de Dominique Bernard, Arras, et trois ans avant, Samuel Patine-Philippe.
00:03:34 - Oui, alors parlons vrai.
00:03:35 Est-ce que vous comprenez qu'il y a une crise d'évocation
00:03:37 pour le métier de professeur,
00:03:38 vu ce climat parfois délétère dans les salles de classe,
00:03:41 dans les cours de récréation,
00:03:43 et même à proximité des établissements scolaires ?
00:03:45 Le métier de prof, est-ce que pour vous, c'est devenu un métier à risquer ?
00:03:48 Est-ce que vous pensez que les mesures portées par celui qui est,
00:03:51 encore, ministre de l'Éducation nationale,
00:03:53 Gabriel Attal, sont à la hauteur ?
00:03:55 Vous êtes prof, vous êtes CPE, vous êtes proviseur,
00:03:58 venez témoigner au 0826-300-300.
00:04:01 Et à cette question, faut-il s'inquiéter du climat décrit comme agressif envers les enseignants ?
00:04:05 Là, c'est un score brejnévien, vous dites oui, à 88%.
00:04:09 Notre expert pour en parler, Jean-Rémi Gérard, sera avec nous,
00:04:11 au président du SNAL, le Syndicat National des lycées et des collèges.
00:04:15 On vous souhaite la bienvenue, c'est les vraies voix jusqu'à 19h.
00:04:17 Et vous l'avez entendu, he's back,
00:04:22 Philippe Bilger est avec nous, au président de l'Institut de la Parole.
00:04:24 Bonsoir Philippe !
00:04:25 Bonsoir mes amis, ce duo qui m'a manqué.
00:04:30 Et même les chroniqueurs qui vont me contredire.
00:04:34 Les méchants chroniqueurs qui vont me contredire.
00:04:38 Dès de partie droite, Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RED et ancien député,
00:04:43 auteur de ce livre, j'espère que vous l'avez lu cet hiver.
00:04:46 Les hommes en noir publié chez Plomb.
00:04:48 Bonsoir Jean-Michel Fauvergue.
00:04:49 Bonsoir à vous tous et bonne année.
00:04:51 Je suis très heureux d'être ici en pleine forme.
00:04:54 Surtout que Perpignan n'arrête pas de gagner au rugby.
00:04:56 Vous êtes content d'être ici ou d'être ici en pleine forme ?
00:04:59 Je suis content d'être ici parmi vous et de vous voir en pleine forme.
00:05:04 Ah de nouveau en pleine forme, c'est sûr.
00:05:06 Même qu'ils sont grand-pères, il paraît.
00:05:08 Oui, c'est ça. C'est ce qu'on dit.
00:05:09 Michael Sadoun est avec nos chroniqueurs et consulteurs de concert.
00:05:12 Comment ça va Michael ?
00:05:13 Ça va très bien. Je ne suis pas beaucoup parti cet hiver.
00:05:17 Mais j'ai pu profiter de Sud Radio et notamment de Frédéric Brindel qui assurait ce remplacement.
00:05:22 Il a remplacé le Kiki Lady par le Quiz Musical.
00:05:25 Personnellement, j'ai trouvé que ce n'était pas mal.
00:05:27 Ça pourrait être une piste.
00:05:29 Vous avez gagné, vous étiez seul.
00:05:31 Pour une fois, exactement, j'ai gagné.
00:05:33 Je suis toujours à la ramasse.
00:05:35 On en profite, vous avez bien fait de le dire, de féliciter et de remercier Frédéric Brindel.
00:05:41 Frédéric qu'on embrasse.
00:05:42 Oui, qu'on embrasse très fort.
00:05:43 Comme d'habitude, le 0826 300 300, un numéro que vous affectionnez tout particulièrement,
00:05:49 avec Chantal qui est avec nous.
00:05:51 Bonsoir Chantal.
00:05:52 Bonsoir Chantal.
00:05:53 Bonsoir à tous et tous mes voeux.
00:05:56 Comment ça va Chantal ?
00:05:57 Ça va fort bien, je vous remercie.
00:05:59 Vous faites quoi dans la vie Chantal ?
00:06:01 Je suis retraitée.
00:06:03 Ah c'est bien.
00:06:05 Et qu'est-ce qui vous amène ?
00:06:06 C'est une question très intéressante.
00:06:07 Absolument, vous savez, les retraitées qui sont beaucoup plus actives que des actifs.
00:06:11 Vous savez ça.
00:06:12 Oui c'est vrai.
00:06:13 Et Chantal, vous voulez râler sur quoi ce soir ?
00:06:17 Moi je suggérais un droit d'entrée à l'hôpital de 2 euros pour tout le monde.
00:06:24 D'accord, vous ne bougez pas.
00:06:26 On en parle dans un instant, vous nous expliquerez pourquoi.
00:06:29 Et en attendant ce répondeur que vous émettant aussi, 0826-300-300, écoutez.
00:06:34 Voilà, je me permets de vous appeler, je suis Nora, j'appelle du département de l'Estone.
00:06:38 Et je voulais intervenir sur la peur encore et encore en ce qui concerne les températures qui sont de saison.
00:06:46 On veut toujours parler du réchauffement climatique, on veut appuyer là-dessus.
00:06:51 Et alors le seul moyen de le faire, c'est de culpabiliser les citoyens ou bien de leur faire peur.
00:06:59 Je pense qu'il faudrait peut-être plutôt faire peur aux gros industriels qui pourrissent d'ailleurs complètement notre atmosphère,
00:07:09 nos océans, etc. et qu'il faudrait laisser un petit peu les citoyens tranquilles et arrêter de leur faire porter le chapeau.
00:07:19 Et puis d'arrêter de les angoisser toutes les 5 minutes pour des choses qui ne sont, on ne peut plus normales.
00:07:24 Voilà, assez de cette gouvernance par la peur, vraiment assez, ça suffit.
00:07:30 - Oui, il fait -1°C un jour de janvier à Paris, c'est quand même pas surréaliste alors qu'on nous dit "problème climatique à nouveau",
00:07:38 le truc qui vient de Moscou. Est-ce qu'on n'est pas vraiment dans la peur et dans l'incantation sur le changement climatique ?
00:07:44 - Absolument ! - C'est ce que dit Chantal.
00:07:46 Et je pense qu'on aura bientôt des journaux télévisés qui consacreront 15 minutes au climat. Il fait froid en hiver.
00:07:54 - Oui, ça c'est un scoop.
00:07:57 - En ce moment, tout ce qui vient de Moscou et de Russie, ça fait peur, de manière générale, mais peut-être pas effectivement le froid.
00:08:05 Et je pense que je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit. On est toujours à s'affoler.
00:08:12 Je pense qu'il faut qu'on retrouve un peu de courage, de se réveiller, d'analyser des choses en fonction des données que l'on a.
00:08:22 - Michael, on va vous faire réagir dans un instant. 0826 300 300, Chantal qui nous appelle de Narbonne, notre retraitée du jour.
00:08:30 Et Chantal, vous vouliez faire une proposition intéressante.
00:08:34 - Au sujet, donc, toujours de ma... - C'est ça, des 2€.
00:08:40 - Des 2€, ouais. - Pour les urgences.
00:08:42 - Si vous voulez, pardon, il me semble que si on rétablissait ne serait-ce que cette mesure, ça ferait rentrer de l'argent à l'hôpital,
00:08:51 qui permettrait peut-être d'acheter au moins un petit peu de matériel, puisqu'on sait que dans les hôpitaux, ils en manquent.
00:08:56 Ma fille est infirmière, enfin, était infirmière, je sais que c'était le cas. Donc, il manquait énormément de matériel.
00:09:04 Et donc, il fallait contacter les services, il y a des pertes de temps. Enfin, c'est tout en galère.
00:09:11 Et donc, moi, je suggérais que, je vois pas pourquoi on ferait pas payer un droit d'entrée,
00:09:16 ne serait-ce que la modeste somme de 2€ systématiquement, comme les gens vont se rendre aux urgences.
00:09:22 - Oui, ça permettrait peut-être de galer moins pour n'importe quoi, c'est ça que vous voulez dire.
00:09:26 - Et je voulais dire que voilà, ça éviterait peut-être la bobologie.
00:09:30 Et puis éviter de faire l'avance, vous voyez, parce que les gens refusent d'aller chez le médecin pour ne pas faire l'avance.
00:09:36 Alors qu'ils sont remboursés, comme tout le monde.
00:09:39 - Bien sûr, Mickaël. - Mickaël Sadoun, bonne proposition.
00:09:42 - Alors, je suis pas contre la philosophie de cette proposition, mais je vois mal comment elle pourrait s'appliquer,
00:09:46 surtout dans des situations qui, par nature, sont des situations d'urgence.
00:09:49 Ensuite, sur la question du réchauffement climatique et de l'affondement médiatique en ce moment,
00:09:53 oui, je suis d'accord, il y a une manière de traiter le problème, mais je ne suis pas non plus à relativiser l'effet de serre,
00:10:00 qui est un phénomène scientifique prouvé qui existe, parce qu'en effet, il y a des variations de la météo.
00:10:06 Mais encore une fois, ne pas confondre météo et climat.
00:10:08 C'est d'ailleurs les experts du climat qui nous le disent, mais c'est eux en même temps qui réagissent sur la météo en ce moment.
00:10:12 Donc bon, il devrait s'appliquer aussi.
00:10:14 - Ma chère Chantal, vous restez avec nous, vous bougez pas.
00:10:16 On revient dans un instant, vous allez pouvoir jouer contre nos vraies voix au "Qui c'est qui ?" qu'il a dit,
00:10:20 et ça c'est plutôt une bonne nouvelle. - Le premier de l'année !
00:10:22 - Ouais, le premier de l'année. - Et ça existe encore !
00:10:24 - Oui, ça existe encore, et oui monsieur.
00:10:26 - Je vais perdre ! - On a peut-être une solution à vous apporter,
00:10:29 qui devrait vous agacer un petit peu, mais nous ça va nous amuser avec Philippe David.
00:10:33 - On vous a réservé la surprise ! - Dans un instant, les trois mots dans l'actu avec Félix Mathieu,
00:10:36 le réquisiteur du procureur, on parle de quoi avec vous Philippe ?
00:10:38 - Alors, quel que soit le premier ministre qui va venir, peut-être Elisabeth Borne après tout,
00:10:43 tout est possible, la manière dont le remaniement a été perçu, a été géré, c'est toxique.
00:10:50 - On en parle dans un instant, on vous souhaite la bienvenue, 0 826 300 300,
00:10:54 vous êtes les bienvenus jusqu'à 19h.
00:10:56 - 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:11:00 - Quel plaisir de vous retrouver en ce lundi 8 janvier, déjà, mois de janvier, c'est fou, ça court vite !
00:11:07 - Ah ça va très vite, vous savez que Jacques-Antoine Kiel aurait eu 90 ans aujourd'hui,
00:11:10 et Elvis Presley 89. - Ah ouais, c'est intéressant ce que vous me dites.
00:11:14 - C'est qui ces gens ?
00:11:18 - Elvis Presley, il était cycliste, et Jacques-Antoine Kiel, il était chanteur.
00:11:21 - C'est-à-dire qu'il y a certains qui attendent le nom du nouveau premier ministre,
00:11:24 et Philippe, il balance des trucs dingues !
00:11:26 - Bah non, parce que j'aimais les deux.
00:11:28 - Mais des scouts de g*nazes, ouf !
00:11:30 En tout cas, ravi de vous retrouver, 0 826 300 300, les vrais voix,
00:11:34 ensemble jusqu'à 19h avec Philippe Bilger, qui est avec nous, Jean-Michel Fauvergue,
00:11:39 l'ancien patron du RED et ancien député, et puis Mickaël Sadoun, chroniqueur et consultant,
00:11:43 dans un instant, les trois mots dans l'actu. Bonsoir Félix Mathieu.
00:11:45 - Bonsoir Cécile, bonsoir tout le monde.
00:11:46 - De quoi parle-t-on ?
00:11:47 - On va parler d'Emmanuel Macron qui se déguisait en boxeur,
00:11:49 quand les autres parlent remaniement, et oui, chacun ses priorités,
00:11:52 du début de main du procès aux assises de trois policiers, sept ans après l'affaire Théo,
00:11:57 et puis près de la moitié des 16-24 ans ne savent pas quand a eu lieu, par exemple,
00:12:00 la révolution française. En trois mots, ça donne boxeur, séquel et lacune.
00:12:04 - Merci. On vous accueille dans un instant, en attendant le réquisitoire du procureur.
00:12:08 - Les vrais voix Sud Radio, le réquisitoire du procureur,
00:12:13 Philippe Bilger.
00:12:15 - Vous allez faire un réquisitoire digne de Jacques Offenbach,
00:12:19 puisque vous parlez de remaniement d'opérettes.
00:12:22 - Ah, pas mal.
00:12:23 - Ah, j'ai dit ça moi.
00:12:25 - Oui, c'est ce qu'il y a écrit.
00:12:26 - Ah mais j'avais parlé de simulacres, mais peu importe.
00:12:29 Vous avez amélioré mon propos, mon cher Philippe,
00:12:32 ça montre que le grand-père a des qualités que le président n'avait pas.
00:12:39 - Non, mais plus sérieusement, là je ne discuterai pas de la prévision du premier ministre.
00:12:45 Comme l'a très bien dit Mickaël, tout est possible avec Emmanuel Macron,
00:12:50 même qu'Elizabeth Borne reste.
00:12:54 Mais je trouve que depuis quelques jours,
00:12:59 je trouve que j'ai le sentiment qu'on est dans une démocratie purement formelle.
00:13:05 Voilà un président qui, avec une forme de sadisme républicain,
00:13:10 nous fait attendre une décision qu'il a annoncée.
00:13:14 Les ministres sont dans l'angoisse, la première ministre n'en parlons pas,
00:13:19 les citoyens sont larmes aux pieds, ils attendent, traités comme des enfants.
00:13:24 Je considère que ça n'est plus de la République véritablement,
00:13:28 et ça détourne encore davantage les citoyens de la chose politique.
00:13:33 Et donc voilà, c'est un point de vue, je trouve que,
00:13:37 comme l'a dit Sophie Coignard dans Le Point, c'est assez toxique comme méthode.
00:13:42 - Jean-Michel Fauvergue et Mickaël Sadoun, cours.
00:13:45 - Oui Philippe, j'entends bien, mais est-ce que nous ne sommes pas pris nous-mêmes à nos propres pièges ?
00:13:49 Parce que c'est nous qui commentons ça, c'est les journalistes, c'est nous-mêmes, etc.
00:13:53 Et c'est nous qui faisons monter un peu cette tension-là.
00:13:57 Le président de la République est dans son rôle.
00:13:59 - Mickaël Sadoun ?
00:14:00 - Eh bien je vais être d'accord avec les deux.
00:14:03 - En même temps ?
00:14:05 - Évidemment il y a une utilisation de la communication,
00:14:09 et une espèce d'artifice qui n'est pas digne, je trouve, du rôle du chef de l'État.
00:14:14 Mais d'un autre côté, il ne tient qu'à nous de ne pas le commenter.
00:14:17 Emmanuel Macron sait qu'il joue avec les médias,
00:14:19 il aime avoir ce rôle de maître des horloges.
00:14:22 Moi je trouve que ce n'est pas très compliqué quand on est le chef de l'État d'être le maître des horloges.
00:14:26 Mais voilà, il revient à nous aussi de se concentrer sur les problèmes essentiels du pays.
00:14:32 On a vu, et Félix Mathieu en a parlé,
00:14:34 comme par exemple la vidéo de Macron avec des gants de boxe sur l'épaule a fait parler.
00:14:38 - On va en parler.
00:14:39 - Sincèrement pour moi ça relève du micro détail.
00:14:41 On devrait même... enfin évidemment ça va être intéressant.
00:14:44 Mais moi en tout cas je ne vois pas pourquoi on en parlerait.
00:14:47 - Allez tout de suite les trois mots dans l'actu de Félix Mathieu.
00:14:49 - Les vrais voix Sud Radio.
00:14:51 - Et bonsoir Félix.
00:14:52 - Bonsoir tout le monde.
00:14:53 - Trois mots dans l'actu qui sont boxeur, séquel et lacune.
00:14:56 - Eh bien oui, justement plus important que le remaniement à 200 jours des Jeux Olympiques,
00:15:00 Emmanuel Macron déguisé en boxeur vous conseille de faire au moins une demi-heure de sport par jour si possible.
00:15:05 Des séquelles à vie pour Théo touché au rectum par une matraque lors de son interpellation en 2017.
00:15:10 Trois policiers qu'on paraisse pour violence demain mardi aux assises.
00:15:14 Et puis des lacunes en histoire chez les jeunes français.
00:15:16 Près de la moitié des 18-24 ans ne sauraient pas dater par exemple le début de la Révolution française.
00:15:22 - Les vrais voix Sud Radio.
00:15:25 - L'art de l'esquive alors que tout le monde parlait remaniement.
00:15:28 Ce lundi matin dans les ministères Emmanuel Macron est venu parler sport.
00:15:31 Il a enfilé les gants et le maillot de la Fédération Française de Boxe.
00:15:35 Il a pris la pause devant un sac de frappe.
00:15:37 Vidéo publiée sur les réseaux sociaux à 200 jours des Jeux Olympiques et Paralympiques.
00:15:42 L'occasion de vanter les jeux les plus décarbonés de l'histoire des JO.
00:15:46 Paritaire dit aussi le chef de l'état autant de sportives que de sportifs.
00:15:50 L'occasion également d'inciter ses compatriotes à se bouger.
00:15:53 - C'est dans 200 jours, ça commence maintenant.
00:15:55 Alors pour ça on a une grande cause nationale cette année, c'est le sport.
00:15:59 Le sport à l'école, vous savez qu'on a mis les 30 minutes de sport obligatoire pour tout le primaire.
00:16:04 On a mis plus de sport au collège.
00:16:06 Et je vous invite tous à faire 30 minutes chaque jour au moins de sport.
00:16:11 J'espère plus si vous le pouvez, mais au moins 30 minutes par jour.
00:16:14 Parce que c'est bon pour la santé, parce que c'est bon pour plein de choses.
00:16:16 C'est une manière aussi d'avoir des jeux qui resteront dans nos pratiques de chaque jour.
00:16:21 Vive les JO et les Paralympiques et rendez-vous très vite. A bientôt.
00:16:24 - Et oui, comme il disait avant, la République en marche.
00:16:26 A bientôt, lance donc Emmanuel Macron ce lundi matin, quelques heures,
00:16:29 avant de recevoir Elisabeth Borne à l'Elysée dans l'après-midi.
00:16:32 La première ministre qui pourrait ne plus l'être pour longtemps,
00:16:35 alors que le nom de Gabriel Latale est sur toutes les lèvres ce soir.
00:16:37 On en reparle dans quelques instants dans le grand débat des vrais voix sur Sud Radio.
00:16:40 - C'est vrai que c'est une façon de faire diversion, Philippe Bliger peut-être ?
00:16:43 - Oui, annoncer que le sport va être la grande cause nationale cette année,
00:16:48 c'est pas une nouvelle bouleversante.
00:16:50 Il nous a annoncé un grand nombre de causes nationales.
00:16:53 Mais je serais curieux de savoir que si tous les sports sont visés.
00:16:57 Parce que moi je suis prêt à faire une demi-heure de sport dans la journée, à n'importe quelle heure.
00:17:02 - C'est bien.
00:17:04 - Le sport en chambre n'est pas coté dans les sports Philippe Bliger.
00:17:08 - Est-ce que c'est pas programmé aux JO ?
00:17:10 - Non, non, absolument pas.
00:17:12 Une petite réaction ?
00:17:14 - Non, non, allez, deuxième mot.
00:17:16 - Le mot séquel.
00:17:18 Sept ans après l'affaire Théo, trois policiers comparaissent aux assises à partir de demain.
00:17:22 - Un procès pour violences dans cette affaire qui avait embrasé le pays à la fin du quinquennat Hollande.
00:17:26 Aujourd'hui âgé de 28 ans, Théo garde des séquelles à vie de son interpellation à Holnais
00:17:35 sous loi grièvement touchée à l'anus par une matraque télescopique.
00:17:38 Le président Hollande s'était rendu à son chevet.
00:17:40 Un an après, le jeune homme disait en vouloir non pas à toute la police, mais à certains policiers.
00:17:45 - C'est la police qui doit s'occuper des mauvais policiers.
00:17:48 C'est pas ni aux avocats ni à nous.
00:17:50 Parce qu'on n'a pas le pouvoir, on n'a pas leur connexion.
00:17:52 Aujourd'hui, eux, les bons policiers, parce qu'il y a beaucoup de bons policiers, j'en ai beaucoup croisé,
00:17:56 il faut qu'ils se lèvent et qu'ils s'ensemblent ensemble et qu'ils aillent voir les mauvais policiers
00:18:00 pour leur dire arrêtez de servir votre profession, vous sortez d'ici.
00:18:03 Il y a des bons policiers qui ont été pris à part à cause des mauvais policiers.
00:18:06 Si soit on enlève les mauvais policiers de la police et tout le monde est content,
00:18:10 soit ça va continuer comme ça pendant longtemps.
00:18:12 Ça veut dire qu'aujourd'hui, c'est les policiers qui doivent aller voir les autres policiers
00:18:15 pour leur dire de faire leur travail correctement.
00:18:17 Théo s'exprimait ici en 2018 chez nos confrères de BFM TV.
00:18:20 Ce matin sur CNews, l'avocat du principal policier accusé, Thibaud de Montbrial,
00:18:23 déplorait les dimensions prises par cette affaire.
00:18:25 - Personne ne conteste le drame absolu vécu par Théo,
00:18:28 quels que soient les actes de rébellion et les violences qu'il a commises contre les policiers,
00:18:32 ça ne méritait pas de telles conséquences pour lui.
00:18:35 Mais encore une fois, l'enjeu, c'est la légitimité et la proportionnalité du geste.
00:18:39 En tout cas, on est descendu de bien des étages par rapport à l'hystérie du début de l'enquête,
00:18:44 où ce policier a été présenté comme un violeur,
00:18:46 ce qui n'a jamais été le cas, à son jeu que le parquet n'a jamais voulu poursuivre pour viol.
00:18:50 C'est le juge d'instruction qui, pour des raisons qui lui appartiennent,
00:18:53 a décidé ce qualificatif qui a été amplifié dans un premier temps par Théo et ses avocats,
00:18:58 ce qui les a permis de regretter.
00:19:00 Ce dossier n'aurait pas dû prendre cette ampleur.
00:19:02 - Le procès va donc débuter demain mardi aux assises de Seine-Saint-Denis.
00:19:06 - Juste un petit mot peut-être Jean-Michel ?
00:19:07 - Je m'infovère, l'ancien policier, très court.
00:19:09 - Oui, j'écoutais avec attention ce que disait la victime.
00:19:14 Je rappelle à tout le monde que les policiers ne sont pas lâchés sur la voie publique comme ça.
00:19:20 Il y a un contrôle, il y a une hiérarchie, et un contrôle fait par la hiérarchie déjà.
00:19:23 Ça c'est le premier contrôle.
00:19:24 Le deuxième contrôle, il est fait par l'IGPN.
00:19:26 Et je rappelle que les policiers sont l'administration la plus contrôlée en France.
00:19:34 Loin devant toutes les autres administrations, la justice, l'enseignement, etc.
00:19:40 - Troisième mot, et qu'on ne vienne pas dire que la police bénéficie d'une quelconque impunité.
00:19:46 - Ah ben non !
00:19:47 - Troisième mot, lacune, un sondage d'Opinion West suscite l'inquiétude quant au niveau des jeunes français en histoire.
00:19:51 - Quand a débuté la révolution française ?
00:19:53 Seul un peu plus de la moitié des 16-24 ans interrogés savait répondre 1789 à cette question.
00:19:59 46% des jeunes sondés ne le savent pas.
00:20:01 Ils sont 6 sur 10 à ne pas dater la chute du mur de Berlin 1989.
00:20:05 Ou bien 18% à ignorer ce qu'est la Shoah, l'extermination des juifs pendant la guerre.
00:20:10 Des lacunes en histoire, et bien pas étonnant réagit Fabrice Grue...
00:20:14 Richard Fremder, historien et producteur d'émissions et de podcasts sur l'histoire.
00:20:19 - Pas surpris une seule seconde.
00:20:21 Moi je prends souvent des jeunes de 3ème pour les stages de 3ème, etc.
00:20:25 J'ai vu des choses, j'ai entendu des choses qui m'ont beaucoup surpris.
00:20:28 Vous parliez de la révolution française, quand j'ai posé la question sur qu'est-ce que c'est que le 14 juillet,
00:20:32 puisqu'on préparait des émissions, des chroniques sur les jours fériés.
00:20:35 Ils m'ont dit "C'est un jour férié, c'est la fin de la guerre."
00:20:38 Alors la deuxième, non, la première, non.
00:20:40 Ben voilà, ils ne savent pas.
00:20:42 3ème, des jeunes de 3ème.
00:20:44 - 14 juillet, bon autrement dit la prise de la Bastille,
00:20:46 et puis la fête de la Fédération aussi un an plus tard en 1790.
00:20:49 L'historien Richard Fremder ce matin, c'était au micro de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio.
00:20:53 - Merci beaucoup Félix Mathieu.
00:20:55 C'est une info qui tombe à l'instant, la disparition d'une légende du football, Franz Beckenbauer.
00:21:00 Le champion du monde, un des deux hommes, trois hommes qui ont été champions du monde comme joueurs et comme entraîneurs,
00:21:05 vient de décéder à l'âge de 78 ans.
00:21:07 - Petite réaction peut-être.
00:21:09 - C'est un très grand joueur.
00:21:11 Et d'une élégance rare, je me souviens des matchs à la télévision,
00:21:15 j'ai rarement vu un être aussi élégant dans son jeu.
00:21:19 - En tout cas vous restez avec nous, dans un instant on va revenir sur cette possible succession de Gabriel Attal,
00:21:27 qui prendrait en tout cas la succession d'Elisabeth Borne à la tête du gouvernement,
00:21:31 moins de six mois après avoir été nommé ministre de l'éducation nationale.
00:21:34 On va poser cette question, est-ce qu'il pourrait être un bon ministre selon vous ?
00:21:38 Vous dites non en majorité.
00:21:40 Et Andréa Cotarac est avec nous, porte-parole du Rassemblement National.
00:21:43 Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:21:45 Juste petite question avant de partir en pub.
00:21:47 Comme l'avait dit Raphaël Glussmann, est-ce que quel que soit le premier ministre,
00:21:51 finalement le premier ministre restera Emmanuel Macron ?
00:21:54 - Ça ne change rien, mais monsieur Glussmann doit l'analyser.
00:21:57 Ça, ça change pour les Français.
00:21:59 Macron est dos au mur, les résultats ne sont pas au rendez-vous,
00:22:02 et c'est trois semaines de perdu pour des Français qui attendent de l'action.
00:22:05 - On en parle dans quelques instants. 0 826 300 300.
00:22:08 On vous accueille au Standard jusqu'à 19h. A tout de suite.
00:22:11 Les vraies voix Sud Radio, 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:22:17 - On vous prévient, les vraies voix du mois de janvier sont extrêmement dynamiques,
00:22:23 extrêmement au taquet, extrêmement reposées et extrêmement, comment dire, construites.
00:22:29 - Oui. - C'est ça.
00:22:30 - Spirituelles. - Spirituelles.
00:22:32 - On peut le dire. De certains, en tout cas.
00:22:34 - On sent qu'il y a un vent nouveau qui souffle, pas que au gouvernement.
00:22:38 - Oui, il y a un vent nouveau qui est là. - Autant en remporter le vent.
00:22:41 - Oui, c'est ça. Avec Michael Satoun. - Un nouveau qui n'est pas de fraîche date.
00:22:46 - Et Jean-Michel Fauvergne. On vous souhaite la bienvenue,
00:22:51 ensemble avec Philippe David jusqu'à 19h. Tout de suite, le Grand Débat du jour.
00:22:54 - Les vraies voix Sud Radio, le Grand Débat du jour.
00:22:58 - Je pense qu'un changement est nécessaire. On a atteint la fin d'une séquence.
00:23:02 - Je pense que c'est pas plus mal qu'il change cette équipe de bras cassés en grande partie.
00:23:07 - A chaque fois qu'Emmanuel Macron est en difficulté, il remanie le gouvernement.
00:23:11 - Peut-être s'agit-il de la classe politique macroniste, mais franchement, les Français s'en moquent.
00:23:15 - J'ai un scoop pour vous. Je connais le nom du Premier ministre, Emmanuel Macron.
00:23:18 Et son ministre de la Défense, ce sera Emmanuel Macron. Son ministre de la Culture, ce sera Emmanuel Macron.
00:23:22 - Parce que soyons clairs, ça ne changera rien.
00:23:25 - Et donc, remaniement ou pas, les bruits vont bon train depuis ce week-end sur un changement de gouvernement,
00:23:29 voire du Premier ministre. Emmanuel Macron va-t-il garder Elisabeth Borne à Matignon ?
00:23:33 Un nom se démarque depuis une heure, celui de Gabriel Attal, qui pourrait devenir le plus jeune Premier ministre de l'histoire de France.
00:23:39 On attend la confirmation ou pas. Philippe ?
00:23:41 - Et pour vous, est-ce que Gabriel Attal est le meilleur postulant de la majorité pour Matignon ?
00:23:46 Et ce qui peut redonner d'ailleurs un nouvel élan à la majorité.
00:23:49 Est-ce que ça a un sens aussi de garder un ministre de l'Éducation post hautement stratégique 5 mois et demi ?
00:23:55 Attal vient de la gauche, est-ce que c'est un recentrage s'il était nommé pour la politique du gouvernement ?
00:24:00 Matignon, c'est le cimetière des ambitions présidentielles, est-ce que ça peut être une rampe de lancement pour Gabriel Attal ?
00:24:05 Vous vous posez des questions, voulez-nous les poser, appelez-nous au 0826 300 300.
00:24:10 Et pour le moment, vous dites à 80% que non, Gabriel Attal ne pourrait pas être un bon Premier ministre.
00:24:16 - Et pour en parler, Andrea Cotarac est avec nous, porte-parole du Rassemblement National.
00:24:19 Bonsoir, merci d'être avec nous, Philippe Bilger.
00:24:23 D'abord, remaniement, oui ou non, et ensuite, changement de Premier ministre.
00:24:29 - Alors, comment dire ? D'abord, j'ai bien conscience dans les discussions aux vraies voix,
00:24:36 d'être relativement immature sur le plan des convictions politiques, et d'être trop attaché à la forme.
00:24:47 Je pense que déjà sur ce plan-là, Gabriel Attal, s'il était nommé, représenterait un changement radical,
00:24:56 je parle de la forme par rapport à Isabelle Born, de la même manière qu'il a bénéficié du contraste
00:25:03 avec la catastrophe suffisante et insuffisante qu'était Papieil.
00:25:08 Mais une fois qu'on a parlé de la forme, j'irai plus loin.
00:25:12 Peut-être est-je un faible pour lui, mais je pense qu'il peut apporter une sorte de vent frais,
00:25:19 d'air neuf, qui n'est pas complètement indifférent à la chose politique dans ses profondeurs.
00:25:25 Et il me semble que si c'était lui, pour une fois, ce serait relativement bien joué de la part du Président de la République,
00:25:34 alors avec les joutes, les rapports de force qui, évidemment, se développeraient pour 2027.
00:25:41 - M. Sadoun. - Moi, sur la forme, je ne suis pas en contradiction totale avec ce que vient de dire Philippe.
00:25:46 Évidemment, Gabriel Attal est un des rares ministres de la Macronique qui n'a pas trop fait de faux pas
00:25:50 depuis sa nomination par Emmanuel Macron, alors qu'il est quand même arrivé jeune.
00:25:54 On peut lui en faire grâce. Par contre, sur le fond, ça n'acte pas un changement de ligne politique.
00:25:59 En plus, je trouve que, franchement, Gabriel Attal jouit d'une popularité qu'il ne mérite pas, sincèrement.
00:26:04 Parce que ses prises de position dans l'éducation nationale sont relativement consensuelles,
00:26:09 que ce soit sur l'ABAIA ou sur le fait de remettre les savoirs fondamentaux au centre de l'école.
00:26:14 Je veux dire, ça fait quand même des années que Marine Le Pen ou Éric Zemmour le disent.
00:26:18 Quand c'est eux qui le disent, c'est un peu moins sexy. Bon, ça, il faut le reconnaître.
00:26:22 Mais enfin, les élites saluent Gabriel Attal parce qu'ils avaient honte de voter pour Éric Zemmour et Marine Le Pen pendant toutes ces années.
00:26:30 Moi, je pense sincèrement qu'il y a de ça. Dès qu'une prise de parole politique un petit peu courageuse
00:26:35 est prise soit par la majorité, soit par les Républicains, soit par un parti dit républicain,
00:26:40 les élites sautent sur lui en disant "Ah bah ça y est, enfin, quelqu'un le dit".
00:26:43 Bon, ben d'accord, mais en fait, ce qu'il disait, tout le monde le dit depuis 10 ans, 20 ans.
00:26:47 Par ailleurs, la difficulté au ministère de l'Éducation nationale, ça n'est pas de dire les choses, c'est ensuite de les implémenter, de les faire.
00:26:55 D'où le nom de Mammouth. Et sur ce plan-là, Gabriel Attal n'a pour le moment rien prouvé.
00:27:00 Les professeurs ont encore une conception libérale de la laïcité et ça va être très difficile d'implémenter toutes les mesures qu'il veut implémenter.
00:27:07 Jean-Michel Fouwerk.
00:27:08 Sur la nécessité d'avoir des têtes nouvelles et de repartir sur des choses un peu plus dynamiques,
00:27:14 bien évidemment que c'est une nécessité.
00:27:17 En plus, on a eu quand même quelques ministres qui ont eu la sensation, qui ont eu l'envie de démissionner
00:27:26 et qui ne sont pas allés jusqu'au bout de leur démarche.
00:27:28 Ça permettra, en faisant un changement, de leur donner raison et de les écarter.
00:27:34 Ça a été assez énervant. Je reviendrai là-dessus d'ailleurs, tout à l'heure.
00:27:38 Ça, c'est la première chose.
00:27:39 La deuxième chose, c'est d'avoir quelqu'un de jeune, de dynamique,
00:27:44 quelqu'un qui a, moi je pense, implémenté assez rapidement au ministère de l'Éducation nationale.
00:27:50 Effectivement, tout le monde disait "la baïa, il faut arrêter", enfin tout le monde le disait, sauf ceux qui avaient le pouvoir.
00:27:57 Lui, il avait le pouvoir, il l'a fait.
00:27:58 Et à un certain moment, ça prouve quand même qu'il y a des choses importantes.
00:28:02 D'autres l'ont dit, effectivement aussi, mais bon, soit ils n'avaient pas le pouvoir et ils n'ont pas pu le faire,
00:28:07 soit ils ont eu le pouvoir et ils n'ont pas pu le faire.
00:28:10 C'est ça que je disais, oui.
00:28:11 Une voix dissonante avec nous.
00:28:13 Andréa Kouattarach, vous êtes porte-parole du RN.
00:28:16 Est-ce que finalement, nonobstant le peu de mérite que lui trouve Mickael Sadoun,
00:28:20 Gabriel Attal, la part qu'il a laissée en 5 mois et demi à Ruth Grenell,
00:28:25 ce n'est pas le meilleur postulant pour la majorité ?
00:28:27 Moi, je vous rejoins.
00:28:29 C'est-à-dire que Gabriel Attal est populaire quand il reprend des propositions du RN.
00:28:35 Quand il interdit la baïa, paf, il devient populaire.
00:28:38 Quand il fait un semblant de mener une guerre à l'islamisme, paf, il est populaire.
00:28:43 Quand il explique qu'il faut revenir sur les savoirs fondamentaux
00:28:46 au vu des résultats catastrophiques du classement PISA,
00:28:49 des gringolades du savoir dans les questions, il est populaire.
00:28:52 En réalité, là où par contre je ne suis pas d'accord,
00:28:55 c'est qu'on voit quelqu'un qui a un visage un peu poupon, jeune,
00:28:58 on dit "paf, c'est le renouveau, bravo Emmanuel Macron", c'est faux.
00:29:02 De quoi parle-t-on ? Gabriel Attal faisait partie de la fameuse bande de poitiers.
00:29:06 Vous savez, où il y avait M. Ouillet, où il y avait M. Séjourné,
00:29:10 c'était les premiers fidèles, ceux qui ont fait exploser le mouvement
00:29:14 avec des ralliements à tout va.
00:29:16 En réalité, aujourd'hui, c'est l'inverse.
00:29:18 On a une Macronie qui est bunkérisée autour de ses plus fidèles et anciens soutiens.
00:29:23 C'est une Macronie fatiguée et en fin de règne.
00:29:26 C'est l'exact inverse, contrairement à ce qu'on pourrait penser à première vue.
00:29:30 - Vous avez bu deux dîners, Philippe.
00:29:32 - Non, non, mais parce que, évidemment, c'est tout à fait intéressant.
00:29:36 C'est vrai, pour les origines, personne ne doute des origines de Gabriel Attal,
00:29:43 qui vient de la gauche, qui est socialiste,
00:29:45 qui s'est construit un destin sans jamais cacher son ambition.
00:29:49 Mais la grande différence avec beaucoup de médiocres,
00:29:52 c'est que son ambition est plausible.
00:29:54 Deuxième élément, et là, Mikaël, je ne suis pas totalement de votre avis,
00:30:01 et non plus du vôtre,
00:30:03 ça n'est pas par rapport au programme du Rassemblement national
00:30:07 qu'il faut comparer ce qu'il a fait en cinq mois.
00:30:10 C'est par rapport à la frilosité, par rapport à l'éducation nationale,
00:30:15 dans son propre camp.
00:30:17 - Oui, oui, oui, non, non, non.
00:30:18 - Le pape India, vous me direz, il est facile de briller.
00:30:21 Quand on a un ministre suffisant et discutable avant,
00:30:26 mais je crois que dans son camp, il représente un espoir.
00:30:30 - D'accord.
00:30:31 - Oui. 0826-300-300, ne bougez pas Jean-Michel Fauverg,
00:30:35 ce sera vous dans un instant.
00:30:37 Chantal, qui est avec nous, notre auditrice,
00:30:41 une réaction peut-être sur Gabriel Attal ?
00:30:44 Ou sur le remaniement en général ?
00:30:46 - Le remaniement, de toute façon, je pense que, dans tous les cas,
00:30:50 ça ne va pas changer quelque chose.
00:30:52 On a beau sortir un miracle, ce ne sera pas...
00:30:58 On prend les mêmes et on recommence, ça ne va pas changer grand-chose.
00:31:01 Et j'adhère tout à fait à ce qui a été dit précédemment,
00:31:05 et je pense qu'il est très jeune, certes, mais bon,
00:31:08 un ministre qui est là depuis quatre ou cinq mois dans un poste,
00:31:12 si à chaque fois on les change, comment voulez-vous que ça...
00:31:14 Déjà, ça puisse apporter un résultat,
00:31:17 et je trouve que tout ça, c'est... voilà, on brasse, on recommence,
00:31:21 mais ça ne changera strictement rien.
00:31:23 Et là, on a besoin de gens qui aient le courage de monter au créneau
00:31:26 et de faire vraiment des réformes.
00:31:28 Donc, tant qu'on n'en aura pas, voilà, et le peu de...
00:31:31 Bien sûr qu'il a été obligé de quand même prendre des mesures
00:31:34 en ce qui concerne la baïenne, en ce qui concerne l'E3,
00:31:36 parce que quand on voit la catastrophe qui se passe,
00:31:39 enfin l'ambiance qu'il y a dans les écoles maintenant,
00:31:41 les problèmes, les professeurs qui sont donc agressés en permanence,
00:31:47 enfin bon, il faut qu'il y ait quelqu'un qui arrive,
00:31:50 qu'il y ait quand même un peu de poignée, pour ne pas dire autre chose,
00:31:52 et que ça change, on a besoin de gens qui, quand même,
00:31:55 aient le courage de monter au créneau.
00:31:57 Donc là, on a un gouvernement qui, de toute façon, passe son temps...
00:32:01 Enfin, je trouve, moi, je suis très dure, mais si vous voulez,
00:32:04 on se croirait en réalité.
00:32:06 - Mais parlons vrai, hein, Chantal.
00:32:07 - C'est le principe de Floreyau.
00:32:08 - La variété est terminée,
00:32:09 il y en a assez d'entretenir tous ces gens.
00:32:11 Je suis désolée, moi, je n'ai aucune appartenance à aucun parti politique.
00:32:16 - Mais vous auriez aimé qui ?
00:32:18 - Chantal, en premier ministre ou en première ministre ?
00:32:21 - Je virerais les trois quarts et je prendrais des gens neufs,
00:32:24 ils sont neufs.
00:32:25 - Ah d'accord.
00:32:26 - Parce que tous ces gens-là, c'est copinage à tout niveau,
00:32:31 magouille, et il y en a ras le bol.
00:32:33 - Mais c'est qui pour vous ?
00:32:34 - Les exemplaires, ils sont bons.
00:32:36 Alors, à table, peut-être Dulot.
00:32:38 - Chantal ?
00:32:39 - Chantal ?
00:32:40 - Alors, attendez, Jean-Michel, oui.
00:32:41 - Un nom, peut-être ?
00:32:42 - Elle dit qu'à table, c'est en Dulot, quand même.
00:32:44 - Ah bon, d'accord.
00:32:45 - Jean-Michel Fauvergue.
00:32:46 - Là où je suis, alors je ne suis pas tout à fait d'accord sur tout ce que nous dit l'auditrice,
00:32:52 mais là où je suis assez d'accord avec elle,
00:32:54 c'est que dans un gouvernement, mais quel qu'il soit,
00:32:56 que ce soit celui maintenant ou les gouvernements d'avant,
00:32:59 on retient deux, trois noms, au maximum.
00:33:01 Deux, trois noms au maximum.
00:33:02 Pourquoi ?
00:33:03 Parce qu'il y a deux, trois personnes qui incrémentent
00:33:05 et qui frappent l'opinion publique.
00:33:07 - Et qui incarnent naturellement.
00:33:09 - Et qui incarnent, et voilà, et qui ont un certain charisme.
00:33:11 Là, on retient Darmanin, on retient le ministre de la Justice éventuellement,
00:33:15 on retient Attal, on a Bruno Le Maire, etc.
00:33:19 On retient deux, trois noms,
00:33:21 et c'est vrai que ça donne l'impression que les autres font rien.
00:33:23 En fait, en réalité, je pense qu'ils bossent,
00:33:26 enfin, je pense, j'en suis sûr,
00:33:28 mais c'est vrai qu'il est intéressant aussi d'avoir ces locomotives-là.
00:33:32 Et ces locomotives, c'est comme dans une équipe de cyclistes.
00:33:35 Vous prenez celui qui vous tire, celui qui arrive à vous tirer,
00:33:39 ça vous permettra de gagner le tour ou de gagner l'étape.
00:33:42 Donc à un certain moment, effectivement, il faut prendre les meilleurs
00:33:44 et les mettre là où ils sont le mieux.
00:33:47 - Andréa Kotarac.
00:33:48 - Non mais c'est très bien la locomotive.
00:33:49 Mais tout dépend où elle va.
00:33:51 Dans quel sens ?
00:33:52 Enfin, je veux dire, monsieur Attal ne va pas changer grand-chose.
00:33:55 Quand il était porte-parole du gouvernement pendant la crise du Covid,
00:33:58 il a supprimé des lits d'hôpitaux, il n'y avait pas de problème.
00:34:01 L'année dernière, ça a continué.
00:34:02 9600 lits d'hôpitaux qui ont été supprimés.
00:34:04 Je veux dire, c'est la Macronie, c'est la locomotive de la Macronie.
00:34:07 Donc c'est bien d'avoir une locomotive active qui va très vite,
00:34:09 mais si elle va dans le mur, c'est pas terrible.
00:34:11 Chantal parlait de l'école, elle a raison, il y a un constat évident.
00:34:14 Un professeur sur deux qui s'autocensure pour parler de laïcité,
00:34:17 deux professeurs assassinés par des terroristes islamistes.
00:34:19 Enfin, je veux dire, c'est une évidence de vouloir mettre un stop à cela.
00:34:23 Mais c'est pareil dans beaucoup de domaines régaliens.
00:34:25 Je parlais des hôpitaux, c'est pareil dans la sécurité,
00:34:27 c'est pareil dans tous les domaines régaliens.
00:34:29 Et je pense que la locomotive macroniste va droit dans le mur.
00:34:32 - Mais si on parle de Gabriel Attal comme possible Premier ministre,
00:34:37 je vous trouve un petit peu injuste, parce qu'enfin,
00:34:39 on ne peut pas le rendre comptable de l'ensemble d'une politique du gouvernement.
00:34:45 À partir du moment dans les postes qu'il a occupés,
00:34:48 il me semble avoir changé les choses.
00:34:51 Vous me direz, porte-parole, c'était facile par rapport à celle qui précédait.
00:34:56 - Au budget non plus, il n'a pas fait une grande réforme particulière.
00:34:58 - Oui, mais je veux dire, là où il est passé, lui, en tant que ministre,
00:35:01 il a réussi, de mon point de vue.
00:35:04 - Il n'a pas fait de faux pas.
00:35:05 - Il pourra peut-être répondre...
00:35:06 - En tant que Premier ministre, il est possible qu'il manifeste les mêmes qualités,
00:35:10 me semble-t-il, qu'à l'éducation nationale.
00:35:13 - Alors, moi j'espère...
00:35:14 - À mon âge, j'ai encore la faiblesse d'être terriblement âgé.
00:35:18 - Non, mais j'espère. Tu as raison, Philippe.
00:35:20 Moi, je déteste préjuger du quelque chose.
00:35:22 - En même temps, il a réussi quoi en 4 mois ? C'est ça la question ?
00:35:25 - Pour le moment, il a eu des prises de parole qui, en effet, étaient salutaires et étaient rares
00:35:29 pour les ministres de l'éducation nationale.
00:35:31 Il faut attendre maintenant les effets.
00:35:32 Mais c'est surtout que, encore une fois, pour dire les choses dans l'éducation nationale,
00:35:36 c'est relativement consensuel.
00:35:37 Quand il a parlé de la baïa, franchement, même Mélenchon n'a pas osé dire tant de choses que ça.
00:35:42 Il s'est rapidement...
00:35:43 - Il s'est mis sur le sujet.
00:35:44 - Il s'est rapidement mis sur le sujet et aujourd'hui, il n'en parle plus.
00:35:47 Et d'ailleurs, personne ne lui reproche.
00:35:48 Aujourd'hui, c'était archi populaire et archi consensuel.
00:35:51 - Non, je ne suis pas d'accord.
00:35:52 - Maintenant, s'il veut aller au bout des choses en coordonnant différentes politiques,
00:35:55 la police, la justice, l'immigration, en ayant les mêmes paroles de fermeté qu'il a eues
00:35:59 comme ministre de l'éducation, là, ça va lui demander beaucoup plus de courage
00:36:02 par rapport à son passé politique.
00:36:04 Est-ce qu'il sera capable de se mettre à dos tous ses anciens amis du PS ?
00:36:09 Est-ce qu'il sera capable vraiment de se mettre dans un risque social par rapport à ce qu'il pense ?
00:36:13 Parce que quand il abordera la question de l'immigration, s'il est Premier ministre,
00:36:16 là, ça va commencer à chauffer pour lui.
00:36:19 - Je pense qu'à un certain moment, il faut arrêter, en politique comme ailleurs,
00:36:24 à partir du moment où les choses sont faites et sont réussies,
00:36:27 et que les prédécesseurs ne les ont pas faites et par conséquent ne les ont pas réussies,
00:36:31 et à partir du moment où les choses sont faites et sont réussies,
00:36:34 il faut arrêter de dire "bon, c'était un peu facile".
00:36:36 Parce que ce n'était pas facile du tout,
00:36:38 ce n'était pas facile du tout dans cette ambiance de prendre ces mesures-là.
00:36:42 Donc il les a prises, il les a réussies, rendons-lui hommage pour ça.
00:36:47 Et si les Premiers ministres demeurent, eh bien, on verra au résultat.
00:36:52 Mais arrêtons de penser qu'effectivement, on devrait aller directement dans le mur parce que...
00:37:00 Non, il y a une dynamique qui va peut-être s'instaurer, et c'est ça qui est important.
00:37:06 - Est-ce que ça va changer quelque chose, finalement, ce remaniement, si toutefois il y a remaniement ?
00:37:11 Qu'est-ce qu'on peut espérer, finalement ?
00:37:14 - Sous la Macronie, je crois qu'on a vécu 4 ou 5 gouvernements, déjà, depuis 2017.
00:37:17 Qu'est-ce qui a réellement changé ?
00:37:18 Y-a-t-il eu une véritable rupture, lorsqu'on a changé de Premier ministre ?
00:37:22 Alors, il y en aura peut-être une, c'est que M. Attal pourra répondre sans fiche aux députés lors des questions gouvernement.
00:37:28 Ça, c'est vrai, je vous le reconnais.
00:37:30 Pour le reste, tous les feux sont au rouge.
00:37:33 Aujourd'hui, tous les feux sont au rouge.
00:37:35 Et ça n'a pas empêché M. Attal de participer à ces gouvernements,
00:37:38 de porter la parole de ce gouvernement, de féliciter la parole de ce gouvernement.
00:37:42 Et d'ailleurs, il sera peut-être, on ne sait pas encore,
00:37:45 remercié par Emmanuel Macron en le nommant Premier ministre.
00:37:48 C'est encore une fois une Macronie qui est en fin de règne.
00:37:52 C'est une équipe resserrée autour du chef de l'État,
00:37:56 qui continuera dans sa politique qu'on connaît maintenant depuis presque 10 ans.
00:38:00 - On ne peut pas dire que Sacha Ollier était dans le bunker macroniste depuis quelque temps.
00:38:06 - Là où je vous trouve très injuste, tout de même,
00:38:09 c'est qu'on discute d'une personnalité qui a un passé politique
00:38:14 et qui a démontré depuis 6 mois, et là je ne vous rejoins pas,
00:38:18 c'est pas que du verbe ce qu'il fait.
00:38:20 Je ne parle pas de la baillasse, je parle des sanctions lors des minutes de silence,
00:38:25 un certain nombre de choses.
00:38:27 Et donc, il me semble que vous avez une sorte d'hésitation à reconnaître
00:38:32 que, exceptionnellement dans ce gouvernement,
00:38:36 il y a quelqu'un qui suscite des enthousiasmes,
00:38:39 voire des adhésions bien au-delà de son propre camp.
00:38:42 Et d'ailleurs, du côté du raffomblement de la Fionnage également.
00:38:46 - Et en ce qui concerne les fiches, même dans les oppositions les plus dures,
00:38:49 les leaders parlent avec des fiches.
00:38:51 - Vous savez comme moi, vous avez regardé comme moi les questions gouvernement.
00:38:56 - Marine Le Pen a des fiches souvent.
00:38:58 - Non mais l'attitude de Mme Elisabeth Borne répétant la même chose,
00:39:02 lisant, ne sachant même pas apparemment ce qu'elle lit sur ses fiches,
00:39:05 c'est quand même un niveau rarement vu sous la Ve République.
00:39:08 - C'est comme si vous compariez un animateur médiocre avec Philippe David.
00:39:12 (Rires)
00:39:14 - Merci beaucoup Andréa Cotarac d'avoir été avec nous, porte-parole du RN.
00:39:18 Vous restez avec nous, dans un instant on va jouer avec Chantal,
00:39:21 qui est avec nous face à nos éditorialistes du jour,
00:39:25 Philippe Bilger, avec Mickaël Sadoun et Jean-Michel Fauverde,
00:39:29 le "Qui c'est qui ?" qu'il a dit dans un instant. A tout de suite.
00:39:32 - Les Vraies Voix Sud Radio, 17h20, Philippe David, Cécile de Ménibus.
00:39:37 - Bienvenue dans Les Vraies Voix, merci de votre fidélité depuis...
00:39:42 ça va bien faire deux ans, un an et demi.
00:39:45 - On a commencé ensemble fin août 2022.
00:39:47 - Il était quelle heure ? - 17h.
00:39:49 - Ah ben je ne sais plus. - C'est dans l'émission.
00:39:52 (Rires)
00:39:54 - Avec nous, Philippe Bilger, Mickaël Sadoun et Jean-Michel Fauverde
00:39:59 et Chantal qui est avec nous. Chantal, tout va bien ?
00:40:02 - Tout va bien, je vous remercie.
00:40:04 - Allez, on est parti, tout de suite, le quiz de l'actu.
00:40:06 - Alors Chantal, je vous rappelle le principe de ce "Qui c'est qui ?" qu'il a dit,
00:40:13 le quiz de l'actu, c'est-à-dire que vous répondez en premier
00:40:15 et puis si vous n'avez pas la bonne réponse, ce sont les Vraies Voix qui répondent à votre place.
00:40:20 Et nous avons ajouté une petite subtilité cette année, pour les points.
00:40:24 Il y aura donc des questions à un point, à deux points et à trois points.
00:40:27 Voilà, on vient de le décider à l'instant avec Philippe David.
00:40:30 Non, non, ça ne complique pas, ça permet pour ceux qui gagnent beaucoup,
00:40:34 qui peuvent répondre à deux questions ou à une question et gagner trois points et gagner le jeu.
00:40:39 - C'est ça qui est intéressant. - Vous n'étiez pas au courant.
00:40:42 - C'est la surprise. - C'est la surprise du chef.
00:40:44 - C'est pas possible. - Il n'y a pas de pénalité, ma chère Cécile,
00:40:47 pour ceux qui parlent les premiers ?
00:40:49 - Peut-être, ça peut arriver en cours de jeu.
00:40:52 Allez, on gagne du temps. Et Chantal, écoutez bien cette question.
00:40:55 C'est une question "qui c'est qui" qui l'est dit, de deux points.
00:40:59 - Oulah. - À propos de Pierre Moscovici,
00:41:03 le comportement normal politique voudrait qu'il s'en aille.
00:41:07 - C'est une femme ?
00:41:09 - Ne commencez pas à donner des indices, c'est une question à deux points.
00:41:13 - C'est une femme ? - Oui, c'est une femme. Blonde.
00:41:18 - Attendez, attendez.
00:41:21 - Allez, pas de réponse, dites quelque chose, Chantal.
00:41:25 - Marine Le Pen. - Non, non, non.
00:41:29 - LR. - LR, bah oui, les blondes, bien sûr.
00:41:35 - Bien sûr, c'est elle. - Allez-y, Chantal.
00:41:39 - Valérie Pécresse. - Non, Nadine Morano.
00:41:43 - Ah, mais bien sûr. - Allez, une question à un point.
00:41:47 - Écoutez bien. - J'ai un scoop, le nom du Premier ministre,
00:41:51 c'est Emmanuel Macron. Chantal.
00:41:55 - Chantal, c'est qui ? - Non, c'est le nom du Premier ministre,
00:41:59 - Non, non, non. - C'est Raphaël Glucksmann.
00:42:03 - Là, j'ai respecté. - Oui, vous avez un point.
00:42:07 - Philippe, il lève la main pour parler.
00:42:11 - C'est le seul qui ait dit "cibilette".
00:42:15 - C'est qui qui l'ait dit à 3 points, ma chère Chantal ?
00:42:17 - Sur Jordan Bardella, dans le top 50 des personnalités préférées des Français,
00:42:21 écoutez bien. Ce qu'on attend d'un responsable politique,
00:42:25 ce n'est pas d'être joli sur la photo.
00:42:29 - Alors, c'est de qui, ça ? - Ah, bah, on pose la question.
00:42:33 - C'est une femme, encore une fois, vous voyez. - Ah, c'est encore une femme ?
00:42:37 - Une ministre. - Une ministre, bah, je vais dire...
00:42:41 C'est pas Madame Borne ?
00:42:45 - Non, ce serait pas Berger, non ? - Pas Pagnet.
00:42:49 - Bonne réponse ! - 3 points !
00:42:51 - Agnès Baillier-Unaché, 3 points pour Jean-Michel Fauvert.
00:42:55 - Pas mal ! - Qui c'est qui l'a dit au Pagnet ?
00:42:59 - La nouvelle version me va pas non plus, c'est toujours aussi nul.
00:43:01 - S'il vous plaît, celle-là vaut bien 3 points.
00:43:03 Qui c'est qui qui l'a dit "la loi immigration, c'est un projet qui est populaire,
00:43:07 et qui a été porté, ce n'est pas un projet de droite" ?
00:43:11 - Chantal. - Qui est-ce qui a dit ça ?
00:43:15 - C'est un homme. - Un président de groupe.
00:43:19 - Ah, bah, Mélenchon ? - Non.
00:43:21 - C'est Macron. - Maillard, bonne réponse !
00:43:25 - Sylvain Maillard, 2 fois 3 points. - Fauvert, il est fou, il est fou.
00:43:29 - Ah, bah, tu fais mal ! - Il est le mieux placé !
00:43:33 - C'est encore une question à 3 points. Écoutez bien Chantal, qui c'est qui qui l'a dit
00:43:39 "je crois que tout le monde s'en fout du remaniement" ?
00:43:43 - C'est moi. - C'est probable.
00:43:47 - Mais, oui... - C'est un député.
00:43:51 - PS. - Un député PS.
00:43:53 - Il y en a un encore ? - Oui.
00:43:55 - Il y a pas Olivier Faure ? - Non.
00:43:57 - Un député PS, il y en a pas beaucoup.
00:44:01 - Il s'appelle Jérôme. - Jérôme Guedj.
00:44:05 - Bonne réponse, encore 3 points. - C'est pas possible, il y en a dans le PS.
00:44:09 - C'est notre cadeau à Jean-Michel. - Une dernière réponse à 3 points.
00:44:13 Qui c'est qui qui l'a dit "il faut baisser les charges sociales, les dépenses sociales et celles de l'État,
00:44:17 on est un État quasiment communiste" ?
00:44:21 - Ça fait du... - Combien de points, ça ?
00:44:23 - 3 points. - Ah oui, je vais répondre.
00:44:27 - Chantal Langocha ? - Ah ben, oui...
00:44:31 - Zemmour ! Bonne réponse de Mickaël Sadoun.
00:44:35 - Mickaël avec... - Bravo.
00:44:37 - J'imagine que c'est une victoire à plate couture de Jean-Michel.
00:44:41 - Et qui est-ce qui a dit ça ? - C'est Éric Zemmour qui a dit ça, Chantal.
00:44:45 - Finalement, je viens de ce nouveau jeu avec les points. - Merci beaucoup.
00:44:49 - C'est assez sympathique, mais je suis désolée, j'ai vraiment été absolument nulle.
00:44:53 - Mais pas du tout. - On va lui faire un contrôle anti-depage.
00:44:55 - Pas du tout, Chantal. - On n'est pas la seule, là.
00:44:59 - Philippe partage cette nullité avec vous. - Voilà, absolument.
00:45:03 - Vous êtes moins nulle, Chantal. Vous êtes très bien. Vous êtes parfaite.
00:45:05 - Merci d'avoir été avec nous. - Merci.
00:45:07 - Dans quelques instants, on fait une petite pause, bien entendu.
00:45:11 Dans 10 minutes, le tour de table de l'actu des Vrais Voix.
00:45:13 Avec vous, Jean-Michel Fauvergue, on parle de quoi ?
00:45:16 - On parle de l'inconsistance et le manque de courage de nos élites sportives, politiques, culturelles.
00:45:22 - Avec vous, Philippe Bilger ? - Les délires de François Burga, islamologue.
00:45:26 - Et avec vous, Michael Sadoun ? - On va parler de l'éventuelle nomination de Gabriel Attal.
00:45:30 - On en parle dans un instant. 0 826 300 300, c'est votre émission.
00:45:34 Bien entendu, c'est votre numéro de téléphone.
00:45:36 Parlons vrai, on vous accueille jusqu'à 19h. C'est les Vrais Voix Sud Radio. A tout de suite.
00:45:40 Merci d'être avec nous, les Vrais Voix, jusqu'à 19h avec Philippe David.
00:45:46 Mais pas que, puisque nous sommes bien entourés encore ce soir.
00:45:49 Philippe Bilger est avec nous, Michael Sadoun est avec nous aussi, et Jean-Michel Fauvergue.
00:45:54 Et vous, au 0 826 300 300, dans un instant.
00:45:59 On reviendra peut-être sur ce remaniement, puisque pour l'instant, il semblerait qu'il soit confirmé.
00:46:06 Alors oui, puisque la démission d'Elisabeth Borne et de son gouvernement a été avalisée par le président de la République.
00:46:12 C'est tombé il y a quelques instants. Donc le gouvernement Borne, c'est terminé.
00:46:16 Et on en parle dans quelques instants. En attendant, avec nous, Philippe...
00:46:21 Pas du tout, Félix Mathieu est avec nous.
00:46:23 Philippe, Félix, je vais y aller.
00:46:25 Cette nouvelle rubrique qu'on a voulu mettre en place aujourd'hui, sur la colère des Français.
00:46:31 De se dire que c'était peut-être une chambre d'écho, Sud Radio, de donner la parole aux territoires,
00:46:37 et à ceux qui s'engagent et qui ont besoin d'en parler.
00:46:40 Et cette chronique, c'est vous qui allez la porter, Félix.
00:46:42 Avec grand plaisir.
00:46:44 Et avec cette colère des chauffeurs de VTC à Marseille, Félix.
00:46:48 Oui, ils ont mené des opérations escargot ce matin pour réclamer un numerus clausus.
00:46:52 Ils estiment être trop nombreux. En tout cas, ils étaient nombreux, justement, ce matin sur l'Asset,
00:46:56 aux abords de la gare Saint-Charles, aux abords de la préfecture des Bouches-du-Rhône,
00:47:00 ou encore de l'aéroport Marignane.
00:47:02 Opérations escargot, ils ont donné de la voix et du klaxon aussi pour réclamer une limitation
00:47:06 du nombre de VTC à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône.
00:47:12 Une manifestation ici partagée par Marseille Actu.
00:47:14 Et avec nous pour en parler, Nicolas Pascal de l'association VTC PACA à Marseille.
00:47:18 Bonsoir.
00:47:19 Bonsoir.
00:47:20 Merci d'être avec nous dans les vraies voix sur Sud Radio.
00:47:22 Ce matin, vous étiez dans le Grand Matin Sud Radio de Patrick Roger,
00:47:25 avant ces opérations escargot.
00:47:27 Alors, bilan des courses en fin de journée, grosse mobilisation ?
00:47:31 Alors aujourd'hui, on peut dire qu'on peut être satisfait de notre mobilisation.
00:47:36 Nous avions deux cortèges différents, un de Marseille-Centre, l'autre de Pointe-Campagne.
00:47:43 On a pu donc saturer la circulation pour descendre sur Marseille.
00:47:51 Le deuxième cortège est parti à notre arrivée, donc on s'est croisés et ça a créé des nuisances,
00:47:59 encore une fois, de circulation pour qu'on ait l'impact nécessaire
00:48:03 pour être en temps de jeu au sujet de nos revendications.
00:48:07 Alors, vos revendications, par exemple, c'est que vous êtes 5 000 à Marseille,
00:48:10 vous pourriez être plus à l'avenir, c'est beaucoup trop selon vous ?
00:48:13 C'est ça, sur le front, votre problème ?
00:48:15 Alors, malheureusement, aujourd'hui, en région PACA, il y a 5 800 exploitants VTC inscrits au registre.
00:48:23 On parle que des exploitants et non pas des salariés
00:48:26 ou des personnes qui travaillent simplement en rattachement.
00:48:31 Il y a 9 000 nouveaux candidats à venir sur l'année 2024, divisé par 6 sessions.
00:48:41 Et donc, si on se réfère aux statistiques de l'année dernière,
00:48:46 en termes de taux de réussite et de pourcentage entre les taxis et les VTC,
00:48:51 aujourd'hui, on peut craindre que le nombre de VTC en activité soit au minimum multiplié par 2.
00:48:58 Donc, vous avez un numerus clausus, ça serait finalement un peu comme la licence des taxis.
00:49:02 Est-ce qu'on n'est pas dans le contraire de l'ADN des VTC, qui était un secteur assez libéral ?
00:49:07 On avait même inventé le terme "uberisation".
00:49:10 Oui, mais en fait, la libéralisation, comme vous dites, s'arrête où la rentabilité des chauffeurs disparaît.
00:49:23 Il faut regarder la réalité telle qu'elle est.
00:49:26 Aujourd'hui, depuis la démocratisation notamment du télétravail,
00:49:31 nos volumes de chiffre d'affaires ont malheureusement baissé de façon plus que significative.
00:49:36 Beaucoup de collègues sont en difficulté financière et ont du mal à payer leurs factures.
00:49:41 Si on vient doubler l'effectif des VTC en activité dans notre région,
00:49:46 notamment et de partout en France, parce qu'on attend entre 40 et 60 000 nouveaux candidats sur le plan national,
00:49:53 comment voulez-vous qu'on puisse espérer s'en sortir ?
00:49:57 Aujourd'hui, je pense que la mobilisation a été efficace.
00:50:00 On a bloqué des endroits stratégiques.
00:50:02 On était un peu plus de 200 véhicules arrivés à l'aéroport.
00:50:06 Je pense que notre mouvement a fait du bruit.
00:50:09 On nous a proposé une réunion en préfecture avec une personne du cabinet du préfet,
00:50:17 que nous avons refusée parce que dorénavant, nous voulons être reçus par M. le Préfet en personne,
00:50:23 au même titre que les autres acteurs du transport, notamment les taxis, ont le droit d'anti-manifeste.
00:50:31 Tout simplement parce que c'est une personne décisionnaire
00:50:35 et nous voulons avoir affaire à une personne qui pourra prendre les décisions dont nous avons besoin.
00:50:40 Juste un petit mot, ça veut dire que vous allez réitérer ces bouchons ou pas du tout ?
00:50:44 Aujourd'hui, au fait que nous y ayons refusé, nous allons redéposer un préavis
00:50:51 et nous allons attendre que le Préfet se manifeste.
00:50:55 Si le Préfet ne se manifeste pas, on sera obligé de se remobiliser.
00:51:00 Merci beaucoup Nicolas Pascal d'avoir été avec nous à cette occasion VTC PACA à Marseille.
00:51:04 Merci beaucoup Félix Mathieu.
00:51:06 Et il n'y a pas qu'à Marseille que ça va mal.
00:51:08 On va mettre le cap un peu plus au nord en suivant le couloir rhodanien, direction Lyon,
00:51:12 où des militants LR qui traquaient hier sur le marché Saint-Antoine
00:51:15 ont été frappés à coups de poing par un homme qui a un sens à peu près aussi aigu de la démocratie
00:51:21 qu'un certain Kim Jong-un qui souhaite son anniversaire aujourd'hui d'ailleurs.
00:51:24 Et ce n'est pas la première fois que ce type de comportement a lieu dans la capitale des Gaules
00:51:28 puisqu'il y a trois semaines, des militants RN, des retraités militants RN
00:51:33 avaient été pris à partie par un militant d'un groupuscule qui porte son nom,
00:51:38 la jeune garde antifasciste, mais qui n'a l'air d'avoir d'antifasciste que le nom.
00:51:42 Le silence médiatique dans les deux cas était assez assourdissant.
00:51:45 On imagine si ça avait été des militants d'extrême droite qui avaient agressé des gens de gauche,
00:51:49 on aurait eu droit au "le fascisme ne passera pas" et aux heures les plus noires de notre histoire.
00:51:54 Alors rappelons que la voie publique appartient à tout le monde,
00:51:57 que dès lors qu'on est un parti légal on a le droit de tracter ou de coller des affiches,
00:52:00 dès lors que c'est aux endroits réglementaires qu'on ne doit pas être agressé.
00:52:04 Et je tiens à dire que l'homme violent d'hier, j'espère qu'il sera sanctionné durement par la justice,
00:52:09 et j'aimerais que Gérald Darmanin, même s'il n'est plus ministre de l'Intérieur ou son successeur,
00:52:13 dissolve aussi rapidement les groupuscules violents d'extrême gauche qu'il le fait pour ceux d'extrême droite,
00:52:19 car c'est urgent, les indignations à géométrie variable, ça commence sérieusement à suffire.
00:52:24 - Merci beaucoup Philippe David. - Bravo Philippe.
00:52:27 - J'adhère totalement à tout ce que vous avez dit, et notamment le deux poids deux mesures.
00:52:33 On commence à en avoir à fait.
00:52:35 - On en parle en tout cas, et vous avez raison de nous interpeller sur certains faits,
00:52:41 et vous pouvez laisser des messages d'ailleurs, 0826 300 300, si vous voulez que Félix vous accueille à l'antenne,
00:52:48 si vous voulez parler de des choses, on est une chambre d'écho en tout cas, Sud Radio,
00:52:53 on vous permet de vous donner la parole. Qu'est-ce qu'il y a Jean-Michel Faubert ?
00:52:56 - Non je voulais juste... - Parce qu'on n'a pas le temps.
00:52:59 - Je voulais juste dire, 15 secondes, la voix publique, vous l'avez dit, appartient à tout le monde,
00:53:05 et la voix VOIX publique appartient aussi à tout le monde.
00:53:09 - Et bien vous restez avec nous... - Ça valait la peine la tête !
00:53:13 - Ça valait la peine de casser mon lancement, merci Jean-Michel.
00:53:16 Vous savez quoi, on va parler hors antenne, on reviendra dans un instant, à tout de suite.
00:53:19 - Bienvenue dans les vraies voix, Philippe Bilger est avec nous,
00:53:24 Miquel Sadoun aussi, Jean-Michel Faubert, et vous au 0826 300 300.
00:53:30 Dans quelques instants, nous reviendrons bien entendu sur ce remaniement avec Miquel Sadoun,
00:53:38 puisque ça vient d'être annoncé à l'instant, en tout cas.
00:53:42 - Le gouvernement Borde a été démissionné a priori, ça a été officialisé par tweet.
00:53:47 - Il n'y a plus personne. - C'était un tweet d'Emmanuel Macron,
00:53:50 sur Twitter, par un tweet. - C'est le président, c'est Emmanuel Macron lui ?
00:53:57 - A priori oui, il y a même Olivier Faure qui a dit maintenant c'est la nouvelle mode,
00:54:00 la démission par tweet. - Voilà, c'est ça.
00:54:03 En attendant tout de suite, le tour de table de l'actualité de nos vraies voix.
00:54:06 - Encore ces stupides d'actualité !
00:54:10 - Ça dépend de la masse d'informations. - Quand il n'a rien à dire, il ne dit rien.
00:54:13 Il n'a pas été levé chez les porcs, excusez-nous. - Le tour de table...
00:54:15 - De l'actualité.
00:54:17 - Au contraire, on aime bien qu'il parle.
00:54:19 - Philippe Billiger voulait parler de l'islamologue François Burga.
00:54:22 - Oui, alors c'est un homme qui a travaillé au CNRS,
00:54:26 qui avait une grande réputation,
00:54:29 et qui a émis un avis, une appréciation infiniment choquante
00:54:34 sur le Hamas, puisqu'il a considéré
00:54:38 qu'il lui convenait de rendre hommage à sa virilité
00:54:42 et à son honneur pour la barbarie du 7 octobre.
00:54:46 Alors, voilà un homme
00:54:49 qui est perçu comme un islamologue
00:54:52 distingué et compétent.
00:54:55 On peut tout dire sur cette terrible tragédie.
00:54:58 On peut parler de la barbarie du 7,
00:55:01 on peut parler des conséquences dramatiques à Gaza,
00:55:05 on peut faire de la nuance,
00:55:07 on peut faire de la complexité,
00:55:09 comme notre ami Mickaël parvient à le faire,
00:55:12 et je ne suis pas ironique là.
00:55:14 - C'est gentil.
00:55:16 - Eh bien, mais dire que ce mouvement,
00:55:19 ce Hamas, le 7 octobre,
00:55:21 a été une expression de la virilité
00:55:25 et de l'honneur, c'est plus qu'une honte.
00:55:28 - Jean-Michel Fauvergue.
00:55:30 - Alors, aujourd'hui c'est un jour particulier,
00:55:32 parce que nous sommes entre Charlie Hebdo,
00:55:35 qui il y a 9 ans de ça,
00:55:38 et un jour ce passé,
00:55:40 - Et demain, Hypercacher.
00:55:42 - Et demain, qui sera de triste mémoire,
00:55:45 l'anniversaire de Hypercacher.
00:55:48 - Et aujourd'hui c'est Clarissa Jean-Philippe.
00:55:50 - Et aujourd'hui c'est Clarissa Jean-Philippe,
00:55:52 la policière municipale.
00:55:54 D'ailleurs, je me permets, si vous le permettez,
00:55:56 de saluer tous les policiers municipaux
00:55:58 qui font du bon boulot.
00:56:00 Donc, on est dans une...
00:56:03 On a connu ça, on a connu ensuite le Bataclan,
00:56:07 on connaît le terrorisme.
00:56:09 Entendre des choses de ce type-là,
00:56:11 c'est-à-dire rendre hommage à des groupes terroristes,
00:56:15 après ce qu'ils ont fait en particulier le 7 octobre,
00:56:20 ce pogrom, ce massacre généralisé,
00:56:22 ces horreurs-là, ça dépasse l'entendement.
00:56:25 Surtout venant d'un scientifique,
00:56:28 on va le dire comme ça.
00:56:30 Il y a des espèces de choses qui se passent
00:56:35 et qui, moi, me surprendront toujours.
00:56:38 Je suis d'accord avec ce que vous avez dit, Philippe, là-dessus.
00:56:41 - Miquel Sadoun ?
00:56:43 - D'abord, c'est étonnant,
00:56:45 parce que j'ai vu le profil de la personne,
00:56:47 et c'est quelqu'un qui a eu de grandes responsabilités
00:56:49 dans le monde de la recherche, partout.
00:56:50 En fait, dans le monde arabe,
00:56:51 il a représenté la France dans ces pays-là.
00:56:53 Donc, ça donne une idée du type de représentation
00:56:55 qu'on a à l'étranger.
00:56:57 Ensuite, je crois qu'on s'est trop habitués
00:57:00 au discours de la gauche,
00:57:02 qui a réussi à infuser, finalement,
00:57:03 et qui consiste à renvoyer le gouvernement
00:57:05 de Benyamin Netanyahou,
00:57:07 et là, c'est tort.
00:57:09 Et dans lequel il y a des gens que je réprouve totalement.
00:57:12 Et le Hamas, qui, pour le coup,
00:57:14 n'est même pas sujet à la discussion politique.
00:57:17 Moi, je veux bien qu'on accepte,
00:57:19 dans le débat démocratique,
00:57:20 un certain nombre de contradictions.
00:57:22 Mais quand on parle d'une organisation
00:57:24 qui fait peser un risque sur nos valeurs,
00:57:26 et même directement sur notre sol,
00:57:27 on l'a vu, il y a eu des projections d'attentats,
00:57:29 peut-être chez nous,
00:57:30 on n'est plus dans le registre du débat démocratique,
00:57:32 et moi, je pense, peut-être,
00:57:34 qu'il faudrait finir par judiciariser ces personnes
00:57:36 pour leur apologie du terrorisme.
00:57:38 Je suis désolé de dire qu'ici, c'est l'Occident,
00:57:40 et qu'on ne fait pas impunément
00:57:43 l'éloge d'un groupe terroriste.
00:57:45 - Jean-Michel, vous vouliez réagir, Philippe ?
00:57:49 - Non, non, je voulais dire que c'est très juste.
00:57:51 Si on prenait l'initiative,
00:57:53 parfois de poursuite,
00:57:55 si on était plus courageux,
00:57:57 si on n'attendait pas des décisions
00:57:59 du pouvoir
00:58:01 pour agir,
00:58:03 ce serait bien.
00:58:04 - Jean-Michel Fauvergue,
00:58:06 vous souhaitiez vous revenir sur ce manque de courage
00:58:08 de certaines élites.
00:58:10 - Tout à fait, du courage, on va encore en parler.
00:58:12 Moi, je voulais parler de l'inconstance
00:58:14 et du manque de courage des élites,
00:58:16 qu'elles soient politiques,
00:58:18 qu'elles soient sportives,
00:58:20 ou qu'elles soient culturelles, dans le monde culturel.
00:58:22 Alors, sans revenir en détail sur l'affaire Depardieu,
00:58:24 vous savez qu'il y a eu
00:58:26 deux pétitions, une pétition
00:58:28 pour Depardieu,
00:58:30 une cinquantaine de signatures,
00:58:32 en soutien
00:58:34 contre le lynchage
00:58:36 médiatique et pour
00:58:38 la présomption d'innocence.
00:58:40 Et cette pétition-là
00:58:42 a entraîné, de facto,
00:58:44 une autre pétition, même deux autres pétitions.
00:58:46 - Il y en a quatre.
00:58:48 - 8000 signataires, quand même.
00:58:50 Et du coup,
00:58:52 les premiers pétitionnaires,
00:58:54 ceux qui étaient pour, en race campagne,
00:58:56 ont laissé tomber leur pote,
00:58:58 Depardieu.
00:59:00 Et ça a été le premier effet immédiat
00:59:02 devant ce raz-de-marée de signatures.
00:59:04 Alors, les Carole Bouquet,
00:59:06 les Nadine Trintignant,
00:59:08 les Pierre Richard,
00:59:10 les Atal, pas Gabi,
00:59:12 mais Yvan Atal,
00:59:14 les Jacques Weber et Consor,
00:59:16 se sont...
00:59:18 - Rétractées, oui.
00:59:20 - On retournait rapidement leur veste,
00:59:22 au motif qu'ils avaient signé sans...
00:59:24 Pour la plupart d'entre eux, ils ont dit ça,
00:59:26 ils ont signé sans lire.
00:59:28 - C'est original.
00:59:30 - Et la deuxième chose, c'est qu'ils se sont aperçus,
00:59:32 après, que celui qui a écrit
00:59:34 la pétition était
00:59:36 un journaliste de causeur,
00:59:38 et ça ne leur allait pas,
00:59:40 et ils l'ont traité d'extrême-droite.
00:59:42 - D'extrême-droite.
00:59:44 - Et pas les seuls ont manqué de courage.
00:59:46 Dans le monde du sport,
00:59:48 on a eu
00:59:50 la condamnation de Atal,
00:59:52 alors pas Gabi, toujours,
00:59:54 mais Youssef Atal.
00:59:56 - Il est partout, lui.
00:59:58 - Ils sont partout.
01:00:00 Ils sont partout, et au plus haut de sphère.
01:00:02 Le joueur de l'OGC Nice,
01:00:04 qui a été condamné à 8 mois de prison avec sursis,
01:00:06 c'est-à-dire pas de prison du tout, parce qu'avec sursis, ça veut dire pas de prison,
01:00:08 et 45 000 euros d'amende,
01:00:10 il a été
01:00:12 condamné pour provocation à la haine,
01:00:14 en raison de la religion.
01:00:16 Et,
01:00:18 pour se défendre, il a dit,
01:00:20 d'abord qu'il s'excusait,
01:00:22 parce qu'il avait dit, à un certain moment,
01:00:24 qu'il allait partager des vidéos,
01:00:26 en appelant à un jour noir pour les juifs,
01:00:28 à la mort des juifs.
01:00:30 Et, pour se défendre, il a dit,
01:00:32 "Bah écoutez, j'ai partagé des vidéos,
01:00:34 mais je suis pas allé jusqu'au bout de la vidéo,
01:00:36 je l'ai pas vu jusqu'au bout."
01:00:38 D'ailleurs, lui aussi, il l'a pas vu jusqu'au bout.
01:00:40 Et donc, ça lui servait d'excuse.
01:00:42 Un peu léger, mais on a aussi ça en politique.
01:00:44 Alors, en politique, vous savez que,
01:00:46 quand la loi Immigration a été votée,
01:00:48 un certain nombre, une ribambelle de
01:00:50 ministres venant de la gauche,
01:00:52 comme Emmanuel Macroni,
01:00:54 Clément Bonne, Patrice Vergrillet,
01:00:56 Sylvie Retailleau,
01:00:58 Madame Abdelmalak,
01:01:00 ont mis tout leur poids dans la politique,
01:01:02 dans la balance, en disant,
01:01:04 "Si cette loi est votée,
01:01:06 eh bien, nous démissionnons."
01:01:08 Preuve qu'ils ont pas beaucoup de poids,
01:01:10 c'est que la loi a été votée,
01:01:12 par contre, ils n'ont pas démissionné.
01:01:14 Sauf un, monsieur Rousseau,
01:01:16 qui était le ministre de la Santé,
01:01:18 qui lui a démissionné.
01:01:20 Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que,
01:01:22 dans le grand jeu du "retenez-moi
01:01:24 ou je vais faire un malheur",
01:01:26 il y a ceux qui vont
01:01:28 en silence au bout de leurs convictions.
01:01:30 Et ceux qui critiquent
01:01:32 bruyamment les convictions des autres.
01:01:34 Il y a ceux qui ont le courage de leurs opinions,
01:01:36 et ceux qui signent sans lire,
01:01:38 ou regardent sans voir,
01:01:40 comme m'a fait Attal, pas Gabi.
01:01:42 À ceux-là, on aurait
01:01:44 tendance à leur dire,
01:01:46 "Les gars, taisez-vous, vous nous saoulez."
01:01:48 - Ah oui, c'est cash.
01:01:50 - Je trouve que
01:01:52 Jean-Michel a tout à fait raison,
01:01:54 et je l'ai même trouvé assez
01:01:56 gentil sur les pétitions.
01:01:58 L'une en faveur de Deparnieu,
01:02:00 et les trois autres contre.
01:02:02 Ils ne savent plus où donner de la pétition.
01:02:04 C'est dramatique, et l'élase
01:02:06 Jacques Weber, c'est le record.
01:02:08 Lui, il dit, il a signé sans lire,
01:02:10 et il dit, c'est comme un second viol
01:02:12 dont j'ai été victime.
01:02:14 Et le reste, c'est vrai, les ministres,
01:02:16 évidemment, et on sait que,
01:02:18 par exemple, Clément Beaune,
01:02:20 que par ailleurs j'apprécie,
01:02:22 c'est pas le plus large du lot,
01:02:24 est allé voir Alexis Collère pour faire
01:02:26 contriction, mais je crains que ça ne suffise pas.
01:02:28 - On est obligés
01:02:30 de partir en pub avec vous,
01:02:32 Michel Sadoun, on parle
01:02:34 encore d'un Attal, mais cette fois-ci
01:02:36 c'est Gabriel.
01:02:38 Peut-être notre futur Premier ministre, on ne sait pas encore.
01:02:40 - Exactement. - On en parle dans un instant.
01:02:42 Vous voulez réagir, bien sûr,
01:02:44 vous êtes les bienvenus, 0826-300-300,
01:02:46 Les Vraies Voix Sud Radio, jusqu'à 19h.
01:02:48 - C'est Vraies Voix Sud Radio,
01:02:50 17h20, Philippe David,
01:02:52 Cécile de Ménibus.
01:02:54 - Bienvenue dans Les Vraies Voix, avec
01:02:56 Philippe Bilger, qui était avec nous,
01:02:58 Michel Sadoun et Jean-Michel Fauvergue,
01:03:00 bien entendu. C'était le coup de
01:03:02 projecteur, enfin en tout cas,
01:03:04 le tour de table de l'actu de nos Vraies Voix,
01:03:06 et on parlait de courage il y a quelques instants avec Jean-Michel Fauvergue,
01:03:08 dans votre
01:03:10 tour de table de l'actu,
01:03:12 et avec vous, Michel Sadoun.
01:03:14 Si toutefois, c'est Gabriel
01:03:16 Attal, en parlant de courage, il faudra peut-être
01:03:18 du courage. - Oui, en effet.
01:03:20 Alors bon, c'est avec...
01:03:22 - Si, il est Premier ministre. - Beaucoup, évidemment,
01:03:24 de prudence. Il n'est pas encore Premier ministre.
01:03:26 - Et il n'y a plus de Premier ministre depuis une demi-heure.
01:03:28 - Voilà, peut-être aura-t-on une surprise, mais
01:03:30 a priori, des rumeurs circulent et disent que ce sera
01:03:32 Gabriel Attal, qui sera donc le plus jeune Premier ministre
01:03:34 de la Ve République. On en
01:03:36 parlait tout à l'heure, mais je vais revenir un petit peu
01:03:38 sur ce que je disais.
01:03:40 Je trouve d'abord que ça n'acte
01:03:42 pas un changement de politique de la part d'Emmanuel Macron.
01:03:44 Gabriel Attal fait partie
01:03:46 de cette ancienne gauche PS
01:03:48 qui se traîne un peu lentement
01:03:50 vers la droite parce qu'elle se rend compte
01:03:52 que le réel lui donne tous les jours
01:03:54 tort. Je m'en réjouis
01:03:56 personnellement, il n'y a aucun problème, non pas que je
01:03:58 sois de gauche ou de droite, mais j'apprécie
01:04:00 un personnel politique pragmatique qui est
01:04:02 capable de comprendre les enjeux
01:04:04 qui se posent réellement.
01:04:06 La deuxième chose, c'est que
01:04:08 je trouvais un peu que la popularité
01:04:10 de Gabriel Attal était abusée
01:04:12 par rapport à ses
01:04:14 divers bilans dans les ministères
01:04:16 dans lesquels il est passé.
01:04:18 En effet, il n'a pas fait de faux pas,
01:04:20 c'est quelqu'un qui est bon sur les formes et Philippe
01:04:22 aime le noter, lui qui est un grand
01:04:24 orateur.
01:04:26 Ensuite,
01:04:28 sur le fond, je trouve
01:04:30 que depuis qu'il est arrivé au ministère
01:04:32 de l'Éducation, il est plutôt bon,
01:04:34 mais si vous voulez, ça ne
01:04:36 ne demande pas un immense courage qu'il a fait
01:04:38 pour le moment, c'est-à-dire globalement
01:04:40 de la formulation et
01:04:42 du programmatique. Alors, évidemment,
01:04:44 il y a eu quelques actions, notamment les sanctions
01:04:46 des élèves qui n'ont pas rendu hommage à Samuel Paty,
01:04:48 il me semble ça non plus que ça ne relevait
01:04:50 pas d'un immense courage. Il applique
01:04:52 globalement le programme
01:04:54 de Marine Le Pen ou d'Éric Zemmour
01:04:56 alors que c'est une personnalité de gauche.
01:04:58 Il est de gauche,
01:05:00 mais il agit à droite, il a donc tout pour plaire, j'ai envie
01:05:02 de dire, surtout dans les élites.
01:05:04 Donc moi, je me méfie toujours de
01:05:06 cet amour
01:05:08 incroyable qui s'est
01:05:10 abattu sur Gabriel Attal
01:05:12 en seulement 5 mois ou 6 mois d'exercice.
01:05:14 Je trouve que c'est quand même un petit peu
01:05:16 rapide. Après, évidemment,
01:05:18 je trouve ça très bien, ses prises de position
01:05:20 sont les bonnes, mais il me semblait que ce qui
01:05:22 était difficile au ministère de l'Éducation,
01:05:24 c'était surtout l'implémentation, d'où l'appellation
01:05:26 de Mamouth, et pas nécessairement
01:05:28 le diagnostic, même si
01:05:30 on peut lui faire grâce, en effet, de trancher avec Papendiaï,
01:05:32 qui était mauvais, sur l'un
01:05:34 comme sur l'autre. Maintenant, je n'ai pas envie de préjuger
01:05:36 de ce qu'il va faire pour l'avenir. J'espère
01:05:38 qu'il aura une cohérence, parce que quand on est
01:05:40 dur sur l'éducation, qu'on veut remettre l'autorité
01:05:42 au centre, il faut être cohérent aussi
01:05:44 quand on parle de justice, quand on parle de police,
01:05:46 quand on parle d'immigration, etc. J'espère
01:05:48 qu'il aura ce courage pour tous les
01:05:50 domaines d'action de l'État. - Du temps de réponse,
01:05:52 Jean-Michel Fauvert. - Oui, je vais
01:05:54 rebondir sur le brillant argumentaire
01:05:56 de Mickaël.
01:05:58 Il y a deux choses sur lesquelles je voudrais rebondir.
01:06:00 D'abord, popularité
01:06:02 et bilan. A un certain moment, Mickaël
01:06:04 a parlé de popularité et de bilan. En fait,
01:06:06 en réalité, ce n'est pas parce qu'on a
01:06:08 un bilan qu'on est populaire, et ce n'est pas parce qu'on est
01:06:10 populaire qu'on a un bilan. - Le regret. - Voire Chirac.
01:06:12 Le bilan de Chirac est
01:06:14 discutable.
01:06:16 Et ensuite, Mickaël
01:06:18 parle d'un immense courage. Il n'a pas eu
01:06:20 un immense courage à faire ce qu'il a fait.
01:06:22 En fait, en réalité,
01:06:24 vous avez raison en disant ça,
01:06:26 mais
01:06:28 en politique, il ne faut pas avoir
01:06:30 un courage immense. Il faut juste avoir
01:06:32 du courage. Et sur la baïa,
01:06:34 eh bien, je suis désolé de le dire, mais
01:06:36 ça a été le seul qui a dit, quand il est arrivé,
01:06:38 "La baïa, c'est fini." Et depuis,
01:06:40 on n'entend plus parler de la baïa.
01:06:42 Comme quoi, ça ne demande pas une...
01:06:44 En fait, en réalité, transformer notre pays,
01:06:46 ça ne demande pas une super force. - Peut-être de la fermeté.
01:06:48 - Ça demande de faire le job pour lequel
01:06:50 on a été. - Et tant que je dis...
01:06:52 - Est-ce que c'est l'homme providentiel
01:06:54 pour vous ? - Non, c'est
01:06:56 un homme en qui j'ai un peu
01:06:58 d'espérance dans un macronisme
01:07:00 qui me déçoit globalement.
01:07:02 Alors là, d'abord,
01:07:04 Mikaël,
01:07:06 pourquoi a-t-on tant d'attentes
01:07:08 sur lui ? C'est qu'il a été
01:07:10 bon avant. Et deuxième élément,
01:07:12 on n'avait pas le temps,
01:07:14 mais il a fait plus
01:07:16 que la baïa,
01:07:18 il a fait plus que les élèves
01:07:20 sanctionnés quand ils ne
01:07:22 respectent pas la minusée,
01:07:24 les groupes de niveau, le redoublement,
01:07:26 les parents qui
01:07:28 enfin passent au second plan
01:07:30 derrière la vie des professeurs.
01:07:32 Il y a énormément de choses
01:07:34 qui sont faites. Alors, il faudra
01:07:36 les incarner encore davantage,
01:07:38 mais tout de même, j'ai de l'espoir et j'espère
01:07:40 n'être pas totalement naïf pour une fois.
01:07:42 - Merci beaucoup, en tout cas,
01:07:44 Mikaël Sadoun. Et aujourd'hui, les professeurs,
01:07:46 c'est une information importante,
01:07:48 les professeurs qui font leur rentrée
01:07:50 avec l'appréhension,
01:07:52 alors que les violences se multiplient dans les collèges
01:07:54 et les lycées. Avec cette question,
01:07:56 faut-il s'inquiéter finalement du climat décrit
01:07:58 comme agressif envers
01:08:00 les enseignants, Philippe ? - Oui, et d'ailleurs,
01:08:02 parlons vrai, le métier de prof, est-il
01:08:04 devenu un métier à risque ?
01:08:06 Est-ce que vous pensez que les mesures portées
01:08:08 par celui qui est désormais ex-ministre
01:08:10 de l'Éducation nationale,
01:08:12 est-elle bonne ? Est-ce que vous pensez qu'il
01:08:14 est encore temps de renverser la vapeur,
01:08:16 comme on dit dans le sport, dans l'Éducation nationale,
01:08:18 ou que c'est trop tard ?
01:08:20 Faut-il s'inquiéter du climat décrit
01:08:22 comme agressif envers les enseignants ?
01:08:24 Et bien, vous dites oui à 88% sur Twitter.
01:08:26 - Et on va en parler avec Jean-Rémi Girard,
01:08:28 qui est président du SNAC,
01:08:30 le syndicat national des lycées et des collèges. Bonsoir,
01:08:32 merci d'être avec nous, en direct sur
01:08:34 Sud Radio. Petite question avant de partir,
01:08:36 une petite pause, est-ce que les punitions
01:08:38 sont, selon vous, assez dissuasives ?
01:08:40 - Si elles sont appliquées,
01:08:42 oui, mais elles sont assez dissuasives,
01:08:44 encore faut-il qu'elles soient appliquées. - On en parle dans un instant.
01:08:46 0 826 300 300,
01:08:48 ce numéro de téléphone, c'est pour vous.
01:08:50 Parlons vrai. Les Vraies Voix Sud Radio, à tout de suite.
01:08:52 Les Vraies Voix Sud Radio,
01:08:54 17h20,
01:08:56 Philippe David, Cécile
01:08:58 de Ménibus.
01:09:00 - Dans cette période un petit peu
01:09:02 particulière, Les Vraies Voix Sud Radio
01:09:04 en phase de remaniement,
01:09:06 donc ça veut dire que nous n'avons plus de gouvernement,
01:09:08 Mesdames et Messieurs, pour l'instant.
01:09:10 - Je croyais qu'on était les deux têtes de l'exécutif.
01:09:12 - Oui, on avait écouté...
01:09:14 Moi je propose qu'on s'autonome,
01:09:16 on s'auto-nomme.
01:09:18 On met Philippe Biger pour l'instant en Premier ministre.
01:09:20 - Ça va bien.
01:09:22 - Jean-Michel Fauverg,
01:09:24 on vous met où ? - A l'intérieur, mais évidemment,
01:09:26 un ancien flic d'élite... - Bah non, il a peut-être envie de,
01:09:28 je sais pas, de la culture. - La diversifier ?
01:09:30 - La culture, ça m'irait bien. - Ah, ça vous irait bien.
01:09:32 - Et nous, Michael,
01:09:34 les affaires étrangères.
01:09:36 - Ça me va. - Philippe David,
01:09:38 qu'est-ce qu'on va faire de vous ?
01:09:40 - Mettez-vous en sport, comme ça j'irai aux matchs gratuitement,
01:09:42 je serai très content. Et vous, moi je sais où je vous mets,
01:09:44 je suis ministre de la Justice.
01:09:46 - Non mais, Cécile, Philippe porte-parole,
01:09:48 ça irait clairement. - Ah, ce serait pas mal.
01:09:50 - Non, je ne vais pas ses bavard. - Non, tu sais,
01:09:52 vous seriez très bien, Philippe.
01:09:54 Ça vous irait très bien.
01:09:56 En tout cas, vous, avec nous,
01:09:58 0826 300, tout de suite,
01:10:00 le code projecteur des vraies voix.
01:10:02 Les vraies voix Sud Radio,
01:10:04 le code projecteur des vraies voix.
01:10:06 - Il y a des enseignants qui se font bordéliser
01:10:08 tous les jours. - Ça arrive
01:10:10 assez régulièrement, une ou deux fois par année,
01:10:12 on a véritablement, on va dire,
01:10:14 des problèmes qui peuvent être hors de l'école,
01:10:16 qui rentrent dans l'école. - Ça fait 8 ans
01:10:18 que je suis en REP et je n'ai pas connu une année sans un Cédro-Vieux.
01:10:20 C'est assez difficile, en fait, à se conter
01:10:22 au quotidien. - Il y a encore quelques années,
01:10:24 jamais un élève ne serait pris
01:10:26 à un professeur.
01:10:28 - Et donc, cette rentrée sous tension pour les enseignants
01:10:30 après une multiplication des agressions en décembre,
01:10:32 des rumeurs sur une professeure suite à l'étude
01:10:34 d'un tableau classique avec des femmes nues,
01:10:36 une autre menacée au couteau par une collégienne.
01:10:38 Toujours en décembre, une enseignante a été
01:10:40 hospitalisée, empoisonnée
01:10:42 au détergent lors d'un goûter au collège.
01:10:44 En toile de fond, forcément, les meurtres
01:10:46 de Dominique Bernard-Arras,
01:10:48 3 ans après Samuel Paty. - Oui, alors,
01:10:50 parlons vrai. Est-ce que vous comprenez la crise
01:10:52 de vocation qu'il y a chez les enseignants,
01:10:54 quand on voit qu'ils sont mal payés, qu'on les envoie
01:10:56 à l'autre bout de la France et qu'en plus, on entendait
01:10:58 cette prof en REP, il n'y a pas eu
01:11:00 une année où il n'y a pas eu des problèmes
01:11:02 dans sa classe. Est-ce que, pour vous,
01:11:04 le métier de prof, c'est devenu un métier à risque ?
01:11:06 Et pensez-vous qu'on peut
01:11:08 encore renverser la vapeur ? Faut-il
01:11:10 s'inquiéter du climat des cris comme agressif
01:11:12 envers les enseignants ? Eh bien, sur Twitter,
01:11:14 vous dites toujours oui à 88%.
01:11:16 - Et Jean-Rémi Girard est avec nous, président du SNALC,
01:11:18 qui est le syndicat national des lycées
01:11:20 et collèges. Merci d'être avec nous.
01:11:22 Bonsoir. Avant de revenir vers vous, forcément,
01:11:24 à ce petit tour de table,
01:11:26 ces agressions qui
01:11:28 continuent, qui sont peut-être moins graves,
01:11:30 mais en tout cas, les verbes
01:11:32 et les menaces sont plus importantes.
01:11:34 - Bien sûr, mais les agressions
01:11:36 sont scandaleuses,
01:11:38 incontestables, elles s'amplifient
01:11:40 et ont rejoint, paradoxalement,
01:11:42 notre sujet précédent.
01:11:44 J'attends avec impatience
01:11:46 l'avis du président,
01:11:48 mais il est clair que
01:11:50 un ministre de l'Éducation
01:11:52 nationale, et pour l'instant,
01:11:54 Gabriel Attal, qui, de mon
01:11:56 point de vue, a fait un sans-faute
01:11:58 depuis le mois de juillet 2023,
01:12:00 n'a pas pu encore
01:12:02 aborder vraiment de plein fouet
01:12:04 le problème des violences
01:12:06 et de l'irrespect
01:12:08 à l'égard des enseignants et des
01:12:10 professeurs. Il sera fondamental
01:12:12 de savoir qui le,
01:12:14 si c'est lui le premier ministre,
01:12:16 qui le remplacera, ou est-ce qu'on
01:12:18 pourrait arrêter dans une solution
01:12:20 que notre excellente animateur
01:12:22 tout à l'heure en off nous a
01:12:24 suggéré, après tout,
01:12:26 ne pourrait-il pas tenir
01:12:28 le poste de ministre et être
01:12:30 premier ministre ? Il serait dommage
01:12:32 que ces cinq mois, de mon
01:12:34 point de vue, presque impeccables,
01:12:36 soient stoppés net,
01:12:38 parce qu'une autre personnalité
01:12:40 ne ferait pas forcément
01:12:42 le même travail avec la même qualité.
01:12:44 - Jean-Michel Fauvergue.
01:12:46 - Oui, on est, et personne
01:12:48 ne peut le contester, sur une crise de l'autorité
01:12:50 et tout ce qui représente autorité est
01:12:52 battu en brèche, les policiers d'un côté,
01:12:54 les enseignants de l'autre.
01:12:56 - Les facteurs, les pompiers, tout le monde.
01:12:58 - Oui, tout, mais je voulais
01:13:00 comparer les deux, parce que je voulais
01:13:02 dire qu'étant ancien policier,
01:13:04 bien sûr que c'est grave de s'en prendre à un policier,
01:13:06 etc., mais on est
01:13:08 sur de la conséquence,
01:13:10 tandis que s'en prendre
01:13:12 à un enseignant,
01:13:14 c'est à la fois s'en prendre
01:13:16 à son autorité, mais c'est aussi
01:13:18 s'en prendre au savoir
01:13:20 qu'il est en train de nous donner,
01:13:22 et donc on ne peut construire
01:13:24 rien, et
01:13:26 l'enseignant est là pour
01:13:28 bâtir quelque chose d'important
01:13:30 qui empêchera ensuite
01:13:32 à la personne à qui il a donné l'enseignement
01:13:34 de se rebeller contre le policier.
01:13:36 C'est-à-dire que dans cette continuité-là,
01:13:38 c'est dès le départ
01:13:40 et au niveau des enseignants
01:13:42 qu'il faut
01:13:44 réagir fermement
01:13:46 sur tout ce qu'on...
01:13:48 - Vous êtes enseignant ou personnel de l'Éducation nationale,
01:13:50 vous voulez témoigner le 0826
01:13:52 300 300, Mickaël Sadoun.
01:13:54 - C'est intéressant ce que vient de dire Jean-Michel,
01:13:56 c'est vrai que l'autorité du prof, c'est la première
01:13:58 autorité de l'État à laquelle on est confronté dans sa vie.
01:14:00 C'est assez
01:14:02 inquiétant quand on voit que 40% des professeurs
01:14:04 se sont déjà censurés
01:14:06 en cours, ça monte à plus
01:14:08 de 50% dans les EHB, donc c'est très important.
01:14:10 Après, encore une fois,
01:14:12 je ne veux pas évidemment
01:14:14 désespérer bien en cours, mais
01:14:16 on parle de ça
01:14:18 depuis 20 ans, c'est-à-dire que c'est bien documenté
01:14:20 dans le rapport Stasi de 2003, dans le rapport Aubin
01:14:22 de 2004, sur toutes les questions,
01:14:24 en plus le vêtement religieux, le refus
01:14:26 de certains enseignements, l'absentéisme à l'école,
01:14:28 la montée de l'antisémitisme, qui est
01:14:30 même documenté depuis les années 90
01:14:32 dans des milieux de Seine-Saint-Denis. Évidemment, à l'époque,
01:14:34 c'était vu comme des théories
01:14:36 d'extrême droite, même si Bernard Stasi
01:14:38 était quelqu'un de déminamment reconnu par tout le monde.
01:14:40 Mais voilà,
01:14:42 on a perdu quand même beaucoup de temps sur ce terrain-là.
01:14:44 Aujourd'hui,
01:14:46 évidemment, il y a une volonté politique de la part de
01:14:48 Gabriel Attal, mais je vais encore une fois me répéter,
01:14:50 vous voyez comme quoi il y a beaucoup de
01:14:52 pédagogie et de répétition dans cette émission.
01:14:54 Il faut maintenant que ces idées
01:14:56 et cette autorité infusent
01:14:58 dans toute une administration, c'est-à-dire que l'éducation nationale
01:15:00 c'est la deuxième plus grosse administration du monde
01:15:02 entier, en nombre de fonctionnaires.
01:15:04 Donc, en plus,
01:15:06 avec une qualité de l'enseignement
01:15:08 qui s'est légèrement dégradée,
01:15:10 un niveau de salaire qui n'est pas bon et qui n'attire
01:15:12 plus nécessairement les mêmes profils qu'avant,
01:15:14 une étude de la Fondation Jean Jaurès se rendait, par
01:15:16 exemple, compte que les jeunes
01:15:18 professeurs avaient une conception de la laïcité
01:15:20 beaucoup plus large, beaucoup plus woke, beaucoup plus élastique,
01:15:22 beaucoup plus libérale que leurs aînés.
01:15:24 Donc, c'est toute une culture qui, maintenant,
01:15:26 doit infuser.
01:15:28 Voilà, donc ça pose aussi derrière, évidemment,
01:15:30 la question de la formation des professeurs.
01:15:32 Il y a eu un scandale ce week-end avec l'Inspe
01:15:34 qui utilise l'écriture inclusive, donc vous voyez,
01:15:36 pour former des professeurs, c'est pas exactement ça.
01:15:38 Et, évidemment, la question des salaires.
01:15:40 Réattirer les talents dans l'éducation nationale.
01:15:42 - On va voir notre invité, Jean-Rémi Girard,
01:15:44 qui est président
01:15:46 de ce syndicat national des lycées et des collèges.
01:15:48 Est-ce qu'on peut parler véritablement
01:15:50 d'une dégradation du climat scolaire
01:15:52 aujourd'hui ?
01:15:54 - Ah oui, on peut clairement parler d'une dégradation du
01:15:56 climat scolaire, et à tous les niveaux.
01:15:58 Aux lycées, aux collèges, aussi à l'école
01:16:00 primaire, effectivement,
01:16:02 on a
01:16:04 des signaux objectifs.
01:16:06 On a les enquêtes du ministère. Nous, au SNAL,
01:16:08 on a fait notre propre enquête
01:16:10 au mois de novembre dernier auprès de l'ensemble des collègues.
01:16:12 On a même les enquêtes PISA,
01:16:14 qui ne travaillent pas
01:16:16 juste le niveau en français, mathématiques
01:16:18 et sciences, mais qui ont
01:16:20 un questionnaire sur le climat scolaire,
01:16:22 l'ambiance à l'école, et qui montrent que
01:16:24 la France est l'un des pays où il est le plus
01:16:26 difficile de faire cours, où il y a le plus de bruit
01:16:28 dans la classe, où il y a le plus de difficultés
01:16:30 à entendre le professeur.
01:16:32 C'est PISA qui nous le dit, ça, par exemple.
01:16:34 Donc, effectivement, le climat
01:16:36 scolaire, il est tendu,
01:16:38 et on a pu voir, avant les vacances de Noël,
01:16:40 c'est souvent les périodes juste avant
01:16:42 les périodes de vacances,
01:16:44 qui sont les semaines les plus
01:16:46 compliquées, et on a eu
01:16:48 effectivement une période en décembre
01:16:50 qui a été très difficile.
01:16:52 Ça commence à quel âge, à peu près ?
01:16:54 À quel âge l'enfant devient un peu plus turbulent
01:16:56 aujourd'hui ?
01:16:58 Rassurez-nous, ça ne commence pas en maternelle, quand même.
01:17:00 Alors, ça peut commencer très très tôt.
01:17:02 Si, si, non, je ne vais pas vous rassurer.
01:17:04 Ça peut commencer extrêmement tôt,
01:17:06 dans le sens où on demande
01:17:08 de plus en plus à l'école
01:17:10 d'assurer aussi les missions
01:17:12 de familles qui n'y arrivent pas,
01:17:14 de...
01:17:16 et de faire l'éducation pleine et entière
01:17:18 des enfants.
01:17:20 On nous demande
01:17:22 aussi d'accueillir,
01:17:24 et c'est un très beau projet, des élèves qui ont
01:17:26 différents types de handicaps,
01:17:28 mais dans beaucoup de cas,
01:17:30 on nous les colle comme ça dans la classe
01:17:32 sans qu'ils aient l'accompagnement nécessaire.
01:17:34 Et c'est extrêmement compliqué,
01:17:36 les professeurs des écoles, dans le premier degré,
01:17:38 qui sont tout seuls dans leur classe, il n'y a personne d'autre,
01:17:40 il n'y a pas de vie scolaire,
01:17:42 il n'y a pas d'autres adultes qui se retrouvent
01:17:44 dans des classes de 25,
01:17:46 parfois de 30,
01:17:48 en maternelle, ça existe, les maternelles à 30 élèves,
01:17:50 et qui sont tout seuls
01:17:52 à gérer
01:17:54 des enfants que parfois leurs parents n'arrivent pas
01:17:56 à gérer alors qu'ils en ont qu'un,
01:17:58 c'est malheureusement
01:18:00 monnaie courante, et ça, les professeurs nous le disent,
01:18:02 et nous le disent de plus en plus.
01:18:04 - Philippe Bilger. - Est-ce que,
01:18:06 M. le Président, est-ce que l'un des problèmes
01:18:08 de l'école, et qui rejoint
01:18:10 notre interrogation sur le manque
01:18:12 les violences et l'autorité,
01:18:14 c'est le fait
01:18:16 qu'il y a énormément de forces
01:18:18 centrifuges
01:18:20 qui s'exercent au détriment
01:18:22 de l'école
01:18:24 dans sa substance essentielle ?
01:18:26 Est-ce que
01:18:28 vous pensez que l'expérience
01:18:30 de l'uniforme
01:18:32 qui est mise en oeuvre
01:18:34 peut apporter
01:18:36 un léger progrès dans ce domaine
01:18:38 en recentrant
01:18:40 un peu l'enseignement
01:18:42 sur quelque chose
01:18:44 qui le sortira
01:18:46 d'une comparaison et d'un
01:18:48 divertissement
01:18:50 et de l'inégalité sociale ?
01:18:52 - Alors nous,
01:18:54 au SNALC, on n'est pas
01:18:56 un syndicat, j'allais dire,
01:18:58 anti-uniforme, disant que c'est l'horreur,
01:19:00 c'est la militarisation,
01:19:02 ça existe dans d'autres
01:19:04 pays, ça existe même d'ailleurs
01:19:06 dans le nôtre, puisque la tenue d'établissement,
01:19:08 plutôt que l'uniforme, c'est extrêmement pratiqué
01:19:10 en Martinique, par exemple,
01:19:12 ça ne va pas changer
01:19:14 grand-chose non plus, il faut quand même se le dire.
01:19:16 C'est plutôt
01:19:18 cosmétique que
01:19:20 réellement la mesure numéro un à prendre
01:19:22 au vu des têtes d'école.
01:19:24 - Pourquoi ça se passe ?
01:19:26 - Parce que c'est pas ça le problème majeur.
01:19:28 Le problème majeur qu'on a aujourd'hui,
01:19:30 c'est pas parce que les enfants
01:19:32 porteraient une tenue que d'un seul coup
01:19:34 ils se comporteraient réellement différemment.
01:19:36 - Ça crée un cadre quand même, non ?
01:19:38 - Je ne dis pas que ça n'aiderait pas.
01:19:40 Je ne dis pas que ça n'aiderait pas,
01:19:42 je ne pense pas que ça va
01:19:44 révolutionner le système.
01:19:46 Je vous dis, d'ailleurs, on a un département
01:19:48 d'outre-mer qui a une tenue
01:19:50 d'établissement, c'est une monnaie courante,
01:19:52 on n'a pas constaté dans nos statistiques
01:19:54 que ce département était un département
01:19:56 qui avait un différentiel
01:19:58 particulièrement impressionnant là-dessus.
01:20:00 On a aussi des difficultés, ça c'est un point
01:20:02 qu'il faut dire parce qu'on parle beaucoup des élèves,
01:20:04 on a de plus en plus de difficultés avec
01:20:06 les familles. Aujourd'hui, je vous donne
01:20:08 des chiffres pareils du ministère de l'Éducation nationale,
01:20:10 aujourd'hui, à l'école primaire,
01:20:12 il y a plus d'incidents
01:20:14 subis par les personnels
01:20:16 qui viennent des familles
01:20:18 que d'incidents subis par les personnels
01:20:20 qui viennent des élèves.
01:20:22 C'est un chiffre de l'enquête CIVIS.
01:20:24 C'est un point
01:20:26 aussi très très important, c'est-à-dire
01:20:28 que nous encore, on peut
01:20:30 essayer de travailler notre autorité vis-à-vis des élèves,
01:20:32 mettre des punitions, des sanctions, etc.,
01:20:34 des conseils de discipline,
01:20:36 tout ce qu'on voudra, mais
01:20:38 les familles, on n'a aucun levier.
01:20:40 Nous, professeurs, même les chefs d'établissement
01:20:42 n'ont pas de levier,
01:20:44 encore moins les directeurs d'école.
01:20:46 Avant de donner la parole à Jean-Michel Fauvert,
01:20:48 forcément, on a envie de vous poser cette question
01:20:50 sur l'éventuelle arrivée de
01:20:52 Gabriel Attal en tant que Premier ministre.
01:20:54 Est-ce que pour vous, c'est une
01:20:56 mauvaise nouvelle de perdre
01:20:58 Gabriel Attal en tant que
01:21:00 patron d'éducation nationale ?
01:21:02 Vous le regretteriez ?
01:21:04 Si jamais ça se produit,
01:21:06 il faut voir qu'on nous met à la place.
01:21:08 Mais au-delà de ça,
01:21:10 Gabriel Attal
01:21:12 est resté cinq mois,
01:21:14 dont le mois d'août.
01:21:16 On ne peut pas encore dire
01:21:18 qu'il est réellement un bilan. Il avait lancé
01:21:20 beaucoup de choses. Enfin, on peut parler au présent.
01:21:22 Des choses avec lesquelles vous êtes d'accord ?
01:21:24 Il y a des choses avec lesquelles on est d'accord.
01:21:26 Le fait que la décision de redoublement
01:21:28 soit prise par les personnels
01:21:30 et pas par les parents, c'est quelque chose
01:21:32 avec quoi on est d'accord. Le fait qu'on ne puisse pas
01:21:34 passer directement en classe de seconde si on n'a pas
01:21:36 son brevet et qu'il faille faire une année
01:21:38 de préparation
01:21:40 au lycée, c'est quelque chose avec
01:21:42 quoi on est d'accord. Maintenant,
01:21:44 il y avait beaucoup de projets,
01:21:46 il y avait beaucoup d'idées.
01:21:48 Il y avait néanmoins
01:21:50 toujours un point faible, mais qui est un point
01:21:52 structurel, qui est le côté
01:21:54 ressources humaines. C'est-à-dire qu'on est dans la plus grave
01:21:56 crise de recrutement d'enseignants
01:21:58 qu'on a jamais connue. Sans aucun
01:22:00 doute, on n'y arrive plus à recruter.
01:22:02 Non seulement dans les collèges et les lycées,
01:22:04 ça, ça fait un petit moment, et ça s'améliore
01:22:06 pas vraiment, mais également
01:22:08 à l'école primaire. Mais vous allez le regretter
01:22:10 ou pas ? Vous allez le regretter ou pas, quelque part ?
01:22:12 Alors, en tous les cas, c'était
01:22:14 quelqu'un qui savait mener du dialogue social.
01:22:16 Il ne veut pas dire oui ou non.
01:22:18 Alors, écoutez, je suis un défendant des
01:22:20 partis politiques, je ne vais pas vous dire du mal comme ça.
01:22:22 Non, non, ce que je vais vous dire, c'est qu'on l'avait
01:22:24 rencontré, on avait eu une audience de le stalk
01:22:26 avec lui juste avant les vacances de Noël.
01:22:28 C'est quelqu'un qui
01:22:30 écoutait, c'est quelqu'un qui prenait le temps
01:22:32 aussi. Je l'ai probablement
01:22:34 plus vu, Gabriel Attal,
01:22:36 en cinq mois que
01:22:38 même Jean-Michel Blanquer en cinq ans, je pense.
01:22:40 Clairement.
01:22:42 Néanmoins, voilà.
01:22:44 Nous, on est un syndicat, on joue le rôle de
01:22:46 préférent.
01:22:48 Moi, j'aurais deux questions
01:22:50 à vous poser, si vous le permettez.
01:22:52 La première question, c'est que
01:22:54 il y a eu des dédoublements de
01:22:56 classe au CP
01:22:58 dans les zones REP et REP+.
01:23:00 On en voit les bénéfices, première chose.
01:23:02 Deuxième chose, est-ce que
01:23:04 dans le corps enseignant
01:23:06 rétif, qui était souvent rétif
01:23:08 aux réformes et quelquefois un peu dogmatisé,
01:23:10 est-ce qu'on est toujours sur ces positions-là ?
01:23:12 Alors, les dédoublements
01:23:14 en CP, CE1, dans l'éducation
01:23:16 prioritaire, les collègues qui travaillent
01:23:18 dans l'éducation prioritaire trouvent ça très bien.
01:23:20 On ne va pas se le cacher.
01:23:22 Effectivement, ils trouvent ça très bien parce que
01:23:24 c'est très difficile de faire cours dans beaucoup
01:23:26 d'écoles de l'éducation
01:23:28 prioritaire. Donc, effectivement, ils trouvent ça bien.
01:23:30 La difficulté,
01:23:32 c'est que la majorité des élèves en difficulté
01:23:34 ne sont pas dans l'éducation prioritaire
01:23:36 parce que c'est un tout petit morceau, en fait,
01:23:38 de l'école, l'éducation prioritaire.
01:23:40 Et les conditions se sont globalement
01:23:42 dégradées partout ailleurs. Donc, c'est
01:23:44 très bien pour l'éducation prioritaire. Nous, on a
01:23:46 soutenu, d'ailleurs, cette mesure-là,
01:23:48 au SNALC. En revanche,
01:23:50 dans le même temps, en collège et en lycée,
01:23:52 on nous a supprimé 8 000
01:23:54 postes d'enseignants, alors même que notre
01:23:56 nombre d'élèves avait augmenté sous le premier quinquennat.
01:23:58 Donc, forcément, ça,
01:24:00 globalement,
01:24:02 ce n'est pas non plus un bilan absolument incroyable.
01:24:04 Et ça, ce n'est pas celui de Gabriel Attal, pour le coup.
01:24:06 Merci. Merci beaucoup,
01:24:08 Jean-Rémi Girard, d'avoir été avec nous,
01:24:10 président du SNALC, Syndicat National
01:24:12 des lycées et collèges. Merci beaucoup
01:24:14 d'avoir été avec nous. Et belle année, puisqu'on ne vous a pas
01:24:16 souhaité une belle année, bien entendu.
01:24:18 Merci beaucoup, Philippe Bulger.
01:24:20 Ça a été une première très réussie, grâce à vous.
01:24:22 Grâce à vous, surtout. Merci beaucoup,
01:24:24 Miquel Sadoun, grâce à Miquel Sadoun,
01:24:26 grâce à aussi Jean-Michel Fauverg.
01:24:28 Merci, Jean-Michel. Vous restez avec
01:24:30 nous, puisque, avec Philippe David,
01:24:32 ça continue. On va parler citoyenneté.
01:24:34 Avec les vrais voix citoyennes, avec Aurélie Gros
01:24:36 et Stéphane Pelé pour leur première de 2024
01:24:38 en notre compagnie. Eh bien, on attend
01:24:40 On attend avec impatience.
01:24:41 On fait une petite pause et on revient dans un instant.