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  • il y a 3 ans
Avec Frédéric Rouanet, président du syndicat audois des vignerons, qui représente 98 % des 4 000 vignerons audois.

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##C_EST_DANS_L_ACTU_9-2024-01-21##

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Transcription
00:00 (Générique)
00:03 Des vignerons ont-ils fait exploser un bâtiment vide de l'État à Carcassonne ?
00:08 C'est la question qu'on se pose.
00:09 On vous a beaucoup parlé sur Sud Radio du mouvement de contestation des agriculteurs.
00:13 À côté de ce mouvement, il y a celui des vignerons dans l'Aude
00:16 qui sont dans une situation très difficile
00:18 et qui mènent des actions depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
00:22 Sont-ils allés trop loin cette semaine en faisant exploser un bâtiment de l'État ?
00:27 C'est la question qu'on va se poser avec notre invité qu'on accueille tout de suite
00:30 avec plaisir sur Sud Radio, Frédéric Rouanet.
00:32 Bonjour à vous.
00:33 - Bonjour.
00:34 - Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
00:36 Vous êtes le président du syndicat Audeuil des vignerons.
00:39 Vous représentez à peu près 98% des 4000 vignerons Audeuil.
00:46 C'est aussi important de rappeler d'ailleurs
00:47 combien cette activité est implantée dans ce département
00:50 et combien elle est importante pour la vie du département.
00:54 Ça fait d'abord, on va récapituler les faits,
00:56 plusieurs semaines que vos vignerons, vous et vos vignerons,
01:00 vous menez des actions, des manifestations notamment.
01:02 Qu'est-ce que vous demandez ?
01:03 - Effectivement, depuis la fin des vandales,
01:09 la situation s'est aggravée.
01:13 Déjà avec une petite récolte et aussi un marché qui est complètement devenu fou
01:19 et des charges complètement explosées.
01:21 Du coup, tout mit à bout, ça crée une crise terrible
01:24 qui je pense l'est inédite parce qu'on en a vécu,
01:28 mais comme celle-là, honnêtement, personnellement,
01:32 je n'en ai jamais vu.
01:33 Et le 25 novembre, nous avons fait une mobilisation
01:36 qui a réuni 6000 personnes dans les rues de Narbonne.
01:39 Et c'est vrai que le ministre, bon là ça y est, on a la date,
01:42 il vient le 2 février à Montpellier nous annoncer des mesures,
01:46 mais ça a été malheureusement, je pense, trop long.
01:49 Et puis à côté de tout ça, il y a un certain ras-le-bol
01:53 comme nos amis agriculteurs que nous soutenons bien entendu,
01:56 d'une sur-administration, d'une sur-écologie même,
02:03 qui fait qu'aujourd'hui, si on ne payait pas toutes ces conneries,
02:06 passez-moi l'expression,
02:08 peut-être qu'on aurait un peu plus de revenus à l'hectare
02:12 pour proposer à nos vignerons.
02:14 Et bien là, on s'aperçoit qu'on ne l'a plus.
02:18 Et du coup, ça crée une colère.
02:20 Et malheureusement, comme je l'ai dit au préfet hier,
02:23 puisque nous avons été convoqués hier à 14h30 en préfecture,
02:27 quand le syndicalisme n'est plus écouté,
02:30 c'est des mouvements plus radicaux qui prennent le relais.
02:33 Et là malheureusement, ça devient ingérable.
02:35 C'est un peu là où on en est aujourd'hui, je pense,
02:38 on en passait un cran.
02:39 - Alors ça, c'est effectivement un cran,
02:41 parce qu'on en a assez peu parlé.
02:43 Quand on revient sur les faits, c'est quand même saisissant.
02:46 Un bâtiment de l'État a été soufflé par une explosion.
02:49 Il était vide, c'est important de le rappeler.
02:51 C'était un bâtiment de la direction régionale
02:53 de l'environnement et de l'aménagement et du logement,
02:57 la DREAL.
02:58 C'est une administration de l'État
03:00 en lien avec le ministère de la Transition écologique.
03:02 À côté de ce bâtiment soufflé par une explosion
03:04 qui n'a donc plus de vitre,
03:05 il y avait un tag avec les initiales
03:07 du comité d'action viticole.
03:09 Alors je le précise, ce n'est pas votre syndicat,
03:11 ce n'est pas votre organisation.
03:13 C'est une branche plus radicale des vignerons
03:15 de votre département.
03:17 Est-ce que vous condamnez cette action
03:19 si des vignerons ont vraiment fait sauter
03:21 un bâtiment de l'État ?
03:23 Alors, condamner non, parce que je ne me permettrais pas
03:25 de prendre la place d'un juge.
03:27 - Après... - Enfin, moralement, j'entendais.
03:29 Mais c'est un attentat.
03:31 Après, je ne peux bien entendu pas le cautionner.
03:35 Puisque nous, nous utilisons avec le syndicat
03:38 des méthodes de masse,
03:41 comme nous l'avons fait à Narbonne,
03:42 d'une mobilisation qui s'est en plus
03:45 très bien passée, puisque nous avons mis
03:47 les moyens justement pour qu'elle se passe bien,
03:48 parce que nous faisons manifester quand même
03:51 des gens qui sont pour la plupart
03:53 dans des situations catastrophiques.
03:55 Après, malheureusement,
03:58 je vous l'ai dit tout à l'heure,
04:00 et d'ailleurs, les agriculteurs,
04:01 qu'est-ce qu'ils font aujourd'hui
04:02 en bloquant les péages et autres ?
04:05 Voilà, il y a un syndicalisme
04:07 qui a été un peu mis de côté par ce gouvernement
04:09 depuis malheureusement trop longtemps,
04:11 avec parfois même des provocations.
04:14 On les a vécues à la manifestation,
04:16 où par exemple, les parlementaires
04:18 de la majorité ont été interdits
04:20 de venir soutenir la manifestation.
04:22 - Mais enfin, est-ce que c'est une raison suffisante,
04:24 et je le redis, ce n'est pas vous qui l'avez fait,
04:26 ni votre syndicat,
04:27 mais est-ce que c'est une raison suffisante,
04:28 franchement Frédéric Rouanet,
04:30 pour faire exploser un bâtiment de l'État ?
04:32 Ça s'appelle un attentat, même s'il n'y a pas de victime.
04:35 - Alors après,
04:37 je comprends que ça peut choquer
04:40 certaines personnes.
04:41 Moi, personnellement, ça ne me choque pas,
04:42 puisque je suis vigneron depuis 20 ans maintenant,
04:45 et ce n'est pas la première fois
04:47 qu'il y a un bâtiment qui explose.
04:50 Voilà, c'est déjà arrivé.
04:52 Alors, on ne le cautionne pas, bien sûr.
04:55 On aimerait d'autres images pour notre département,
04:58 mais ça ne me choque pas.
05:01 Après, je comprends bien qu'un Parisien
05:04 qui ne comprend pas ce que nous vivons,
05:06 se dise "mais qu'est-ce qui leur arrive à ces vignerons ?"
05:10 - Je suis du Loire, et pour votre information,
05:11 je ferai des écrans, et comme ça, vous avez la réponse.
05:13 Mais ce n'est pas grave.
05:14 - Mais je peux comprendre.
05:16 Mais effectivement, la situation est tellement grave,
05:19 il y a un risque de disparition de la viticulture
05:23 dans notre département, dans certains secteurs.
05:25 Il y a aussi le risque de la disparition d'un mode de vie,
05:28 parce que pour moi, je l'ai toujours dit,
05:29 vigneron, ce n'est pas un métier, c'est un mode de vie.
05:32 Et du coup, ça crée des excès,
05:35 des excès de colère qui sont graves,
05:37 certains, ça, je vous rejoins.
05:39 Mais voilà, on aurait pu l'éviter.
05:42 Et le problème, c'est que là, on vient de passer un cran,
05:44 et ce que j'ai dit au préfet hier,
05:46 c'est que celui qui ne connaît pas son histoire
05:48 est condamné à la revivre.
05:50 Nos grands-parents, ils ont pris des fusils
05:51 pour aller manifester à Montredonne dans les années 70,
05:55 et il y a eu deux morts.
05:56 - Et donc, c'est une menace que vous faites,
05:58 ou c'est quelque chose que vous craignez ?
05:59 - Pas du tout.
06:00 - Je vous permets de le préciser, c'est important quand même.
06:02 - Mais ce n'est pas du tout.
06:04 Et je ferai tout pour que ça n'arrive pas.
06:06 Et d'ailleurs, c'est pour ça que j'ai organisé
06:08 une mobilisation pour essayer de contrôler un peu cette colère
06:12 et essayer de la démontrer.
06:15 Mais malheureusement, après,
06:17 nous ne sommes que des syndicalistes,
06:20 que des humains, des porte-parole,
06:22 qui donnons la parole, je l'ai dit dix fois,
06:24 "ça va finir mal, ça va finir mal".
06:26 Et c'est des réunions où on nous dit "ça, c'est pas possible".
06:30 Et le problème, c'est qu'après,
06:32 on arrive à des situations graves
06:34 que tout le monde regrette.
06:35 - En tout cas, on continuera à suivre le mouvement de contestation
06:39 et aussi la détresse, évidemment, des 4000 vignerons au doigt.
06:43 Merci à vous d'avoir pris la parole ce matin, Frédéric Rouanet,
06:46 sur Sud Radio.
06:47 Je rappelle que vous êtes le président du syndicat au doigt des vignerons,
06:50 qui représente 98%, presque tous en fait, des vignerons au doigt.
06:53 Secteur en grande difficulté où la tension,
06:56 comme vous l'avez compris, sur Sud Radio,
06:57 est en ce moment à son comble.
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