00:00 Le code projecteur des vraies voies.
00:02 C'est la première fois depuis le début de la Ve République qu'on passe trois semaines sans avoir un gouvernement au complet.
00:07 Tous les membres du gouvernement seront présents derrière le Premier ministre.
00:11 On parle de sortir un ministre d'il y a 30 ans à 73 ans.
00:14 Je ne fais pas de marchandage et je ne suis pas là comme au marché aux bestiaux.
00:19 Non, vous savez c'est pas simple de faire un gouvernement, il y a des équilibres géographiques.
00:24 Évidemment il faut s'assurer de la parité.
00:27 Et donc cette crise politique liée au remaniement qui intervient un mois après la nomination de Gabriel Attal comme Premier ministre,
00:33 un mois avec un casting gouvernemental incomplet,
00:35 gouvernement qui faute de majorité absolue, avait dû se dépenser, dispenser de votes de confiance à l'Assemblée Nationale.
00:41 Alors est-ce que faire un gouvernement 30 jours que Gabriel Attal a été nommé c'est un peu mission impossible ?
00:47 Est-ce que la majorité qui est déjà relative est encore fragilisée par les propos de François Bayrou ?
00:52 Remaniement, le gouvernement de Gabriel Attal a-t-il perdu toute crédibilité ?
00:55 Vous dites oui à 92% au datant vos appels au 0826 300 300.
01:00 Philippe Huger, ce remaniement qui se fait attendre, regardez il est encore 18h43, il n'y a toujours pas de fumée blanche.
01:06 Je disais déjà cette phrase hier et avant-hier.
01:08 Qu'est-ce qu'on attend ?
01:10 Alors on a dit tout à l'heure à quel point François Bayrou ça n'était pas un caprice,
01:20 c'était important que ça révélait presque une crise de régime, en même temps tout cela ressemble à un vaudeville républicain.
01:29 C'est-à-dire qu'on se dit que ça dépasse l'entendement, cette inaptitude à composer un gouvernement,
01:38 d'une part à cause de la pauvreté du vivier macroniste, et d'autre part pourtant à la suite de beaucoup de demandes de sources sûres.
01:48 On m'a dit que Gabriel Attal indiquait qu'un député sur deux de Renaissance l'appelait pour dire
01:57 "je suis prêt à prendre n'importe quel poste ministériel".
02:00 Et donc ça montre qu'il y a une pauvreté, un désir d'ambition, et en même temps tout de même quelque chose
02:08 qui ne peut qu'effarer le citoyen s'il s'y intéresse.
02:12 Alors là je me demande si ça ne nous intéresse pas nous d'entre cercle médiatico-paragène.
02:18 - François, c'est déjà arrivé ça ? - Quoi ?
02:21 - Aussi long ? - 30 jours ?
02:23 - 30 jours, non jamais, mais l'essentiel est fait en réalité, l'essentiel c'est les ministres d'Etat,
02:28 après les ministres délégués qui ont droit d'assister au conseil.
02:31 Moi je ne suis pas effaré, il n'y a rien d'étonnant, c'est un procrastinateur né, Emmanuel Macron il a toujours fait ça,
02:37 il a laissé traîner, je pense qu'il y a vraiment le problème Bayrou, vraiment, je pense qu'ils ont attendu pour Bayrou,
02:43 ils voulaient faire rentrer Bayrou, ça s'est assez mal passé, je pense que ça ne s'est pas passé comme ils pensaient que ça se passerait.
02:48 Quand on en est allé rechercher Nicole Belloubet pour l'éducation nationale, les bras nous en tombent.
02:53 Non, ce qui m'inquiète... - Ce n'est pas officiel, c'est une rumeur, le gouvernement n'est toujours pas dévoilé.
02:59 - Bien sûr, bien sûr, mais Sébastien Ménard il va me dire non, mais je sais qu'il va acquiescer dans son cœur.
03:04 Ce qui me tue, c'est de voir la dégradation en réalité du niveau. Comment on en est arrivé en 7 ans à passer de Richard Ferrand, de Bayrou, de Collomb,
03:15 même de Nicolas Hulot qui connaissait la partie, comment on en est arrivé en 7 ans à passer de ça à Gabriel Attal et Stéphane Séjourné au Quai d'Orsay.
03:24 Je n'ai rien contre le jeunisme, ce n'est pas le sujet, j'ai quelque chose sur la densité.
03:28 Et pour moi, ce qui m'inquiète le plus en réalité, c'est la densité. Je trouve ce gouvernement faible.
03:34 Je le trouve tellement faible qu'en contrepoint, d'une certaine manière, moi qui suis vraiment une femme de gauche, je ne peux pas supporter ce qu'il pense,
03:43 mais ça me rassure de savoir qu'il y a Gérald Darmanin, vous voyez ce que je veux dire.
03:46 Parce que la République, c'est une chose sérieuse. L'État, c'est quelque chose de sérieux.
03:52 Être un homme d'État, c'est quelque chose de sérieux. Moi, je veux bien qu'on en voit tout balancer, etc. C'est sérieux.
03:58 C'est très profond. C'est notre pays qui est en jeu. Regardez le résultat.
04:02 Marine Le Pen va être donnée un sondage sur deux, vainqueur de la présidentielle.
04:06 Mais c'est absolument lié à la dégradation de la qualité et de la densité de ce que nous propose Emmanuel Macron.
04:13 Pas lui, mais tout ce qui l'entoure, jour après jour, mois après mois, c'est un désastre.
04:18 Excusez-moi, un tal, ces journées, c'est un désastre.
04:21 Sébastien Ménard qui ne manque pas de densité.
04:23 Alors, moi, je vais vous répondre. Par rapport à la question qu'on a posée à nos auditeurs,
04:27 moi, je m'inscris parfaitement en faux, alors je vais être extrêmement minoritaire.
04:31 La crédibilité d'un gouvernement qui a 30 jours, 30 jours après la nomination d'un Premier ministre de 34 ans,
04:38 on ne peut pas, quelque part, aujourd'hui, juger, préjuger, présager de ce que ça va être.
04:45 Voilà, donc aujourd'hui, ce gouvernement est tout à fait crédible.
04:48 Il y a évidemment une période d'attente qu'il aurait peut-être fallu expliquer,
04:51 parce qu'à un moment donné, il fallait peut-être assumer le fait qu'on avait envie de François Bayrou
04:55 et qu'on avait besoin de François Bayrou, qui est quand même un poids lourd, je l'ai dit tout à l'heure,
04:59 de la vie politique française. Là où je ne suis pas complètement d'accord avec vous, Françoise,
05:03 on ne peut pas dire que ce gouvernement manque de densité quand vous avez Bruno Le Maire,
05:06 qui est quand même aux affaires depuis 2017.
05:09 - Oui, je l'ai dit. - Voilà.
05:11 - Le maire et Darmanin. - Que vous avez Gérald Darmanin,
05:13 que vous avez Dupond-Moretti. - Oui, on a dit.
05:15 - On va chercher... - Mais Dupond-Moretti, vous pensez vraiment qu'il a de la densité sur la justice ?
05:19 C'est n'importe quoi, Dupond-Moretti ! - Il a de la densité sur le champ de compétences qu'il s'y a aujourd'hui.
05:23 - Ah oui, je ne suis pas d'accord du tout ! - Vous avez le droit de ne pas être d'accord,
05:25 mais j'ai le droit aussi d'aller au bout de mon point. - Oui, pardon.
05:27 - Voilà. - Ça c'est vrai, je l'accorde.
05:30 - Donc quand vous avez des personnalités politiques aujourd'hui,
05:34 qui sont, je dirais, dans l'antichambre du remaniement,
05:38 qui sont des gens plutôt... En tout cas, je ne vais pas vous donner les noms.
05:41 - Lesquels ? - Il y a des gens tout à fait crédibles,
05:43 il y a des gens aujourd'hui, assez méconnus du grand public,
05:46 mais vous prenez un Christophe Béchu, qui est élu local depuis 25 ans,
05:49 qui était l'un des plus jeunes présidents de région,
05:51 qui a réussi à être maire d'Angers, à transformer Angers.
05:54 - Et d'Angers, tu plaisantes là, j'espère. - Angers qui est la ville la préférée des Français,
05:59 je veux dire le top 500. - D'accord, ok.
06:01 - Le top 500, il y a quelqu'un... - Ils pourraient faire ça avec l'écologie,
06:02 ils sont ministères, ça serait bien. - Mais c'est un autre sujet !
06:04 On ne peut pas dire aujourd'hui que le paysage politique macronien manque de densité.
06:09 Alors ça manque peut-être d'individualité, ça manque peut-être de marques, oui.
06:13 - Certains ne sont peut-être pas à la bonne place non plus.
06:16 - Mais ça c'est un autre sujet, et c'est la raison pour laquelle vaut mieux parfois attendre...
06:20 - Qu'est-ce que vous êtes fauderche, vous, c'est incroyable.
06:22 - Je faisais pareil avec Hollande en marquée, il défendait, il contrepensait,
06:25 il va le défendre, tu vois comment...
06:27 - Aujourd'hui, vous avez un Premier ministre qui est à la tâche qu'à 34 ans,
06:30 vous avez un gouvernement, ce ne sont pas des ministres d'État qui ont été nommés,
06:33 mais des ministres régaliens qui sont nommés, voilà, il y aura probablement des ajustements,
06:37 des ajustements de casting, il y a des gens qui vont rentrer,
06:40 vous avez Agnès Pagny-Runacher qui va prendre évidemment un poste très important
06:44 dans les heures qui viennent, enfin des gens tout à fait crédibles.
06:46 - Est-ce qu'il y a 120 Oudéa Castellard, bien sûr ?
06:49 - Je n'ai pas à vous répondre.
06:51 - Mais c'est pas... - Mais non, vous dites s'il vous plaît.
06:54 - Je crois tout de même que tous les deux vous sous-estimez l'impression dévastatrice
07:02 d'un gouvernement qui pourrait être complété, je sais, François, vous connaissez mieux.
07:08 - Vous pensez qu'honnêtement, moi je vais vous dire un truc, ma femme qui est pourtant...
07:12 - Demandez au mec du bâtiment, Sébastien, elle s'en fout.
07:14 - Elle s'en fout, je vous le dis. - C'est pas ça, c'est pas une question de français.
07:18 Demandez, j'avais une discussion tout à l'heure sur la rénovation énergétique,
07:21 plus rien ne bouge dans le bâtiment, plus rien ne bouge.
07:25 - Mais on sait très bien que ce n'est pas les ministres du logement qui font la politique du logement en France.
07:29 - C'est peut-être, ça se fait à Matignon ou à l'Elysée.
07:32 - Il n'empêche qu'on a tout de même, je ne sais pas si ça a déjà existé,
07:37 une telle élaboration durant un mois, avec le sentiment qu'ils sont perdus.
07:44 Et deuxième élément qui me paraît important, je rejoins François et votre argument, Sébastien,
07:51 pourtant n'est pas absurde, ces gens-là ne sont pas des imbéciles,
07:56 mais on a tout de même l'impression profonde qu'il n'y a pas la densité d'avant.
08:02 Que ce sont des êtres qui, comment dirais-je, n'incarnent pas fondamentalement la fonction,
08:08 et qui peuvent laisser des inquiets.
08:11 - Mais vous pensiez que c'était le cas sous François Hollande ?
08:13 - Bien sûr. - Ah mais il y en avait quelques-uns.
08:15 - Ah bah il y en avait pas beaucoup quand même. - De moins en moins de ténors.
08:19 - Mais posons-nous la question, c'est la vie politique française qui attire de moins en moins de talent.
08:25 - Non c'est pas vrai. - Et François Hollande, si vous avez une responsabilité fondamentale,
08:30 avec un certain nombre de barrières... - Est-ce que tu racontes avec Hollande ?
08:34 - Mais bien sûr que si ! Dans le sillage de l'affaire Cahuzac,
08:37 quand on décide de moraliser la vie politique française, c'était évidemment nécessaire,
08:41 mais vous avez plein de balises qui ont été posées, qui dissuadent des tas de gens,
08:45 qui me souhaitent être extrêmement crédibles de faire cas.
08:47 - Mais regarde Sébastien, le drian c'était tout de même pas ces journées.
08:52 - Bah c'est pas ces journées, écoutez, arrêtez le cinéma, le folle c'est pas Marc Fesneau.
08:57 Moi je ne suis pas dans l'idée du "c'était mieux avant"isme, je déteste ça.
09:03 Mais force est de constater qu'il y a quelque chose, mais je pense aussi que c'est lié à Emmanuel Macron.
09:07 - Oui mais pourquoi ils veulent plus venir ces gens-là ? - Mais c'est pas qu'ils veulent...
09:09 Mais tout le monde... - C'est difficile de faire un gouvernement manifestement.
09:12 - Mais c'est difficile parce que personne veut monter dans le Titanic,
09:15 et personne veut bosser avec ces gens-là, enfin la vérité a été...
09:17 - Mais vous avez de moins en moins de gens de talent qui veulent faire de la politique.
09:19 - Je suis pas d'accord avec vous, mais c'est une réalité, on doit mouiller, je ne suis pas d'accord avec vous.
09:24 Demandez donc, d'ailleurs c'est intéressant ce que dit, ce que tu dis Philippe,
09:29 sur le fait que tout le monde se propose pour être ministre, je n'ai jamais vu.
09:33 - C'est pas vrai, il y a des gens qui ont dit non à Emmanuel Macron.
09:36 - Mais bien sûr, mais il y a des députés qui sont de très grande valeur.
09:40 - Je rappelle qu'avant on disait à Pépin. - Je voudrais finir Sébastien,
09:43 je voudrais juste dire qu'on pense tous, et vous le premier, ça m'énerve que vous soyez absolument fauderges comme ça,
09:51 on pense tous qu'il y a une dégradation totale du niveau politique,
09:57 et que c'est pas possible d'avoir ces journées au quai d'Orsay,
10:00 et Gabriel Attal, je suis désolé à Matignon.
10:02 Excusez-moi de vous le dire, vous faites un sondage dans la rue, tout le monde rigole.
10:07 - T'inquiète pas Gabriel, je suis là, je vais y reprancher ce soir.
10:10 - Je viens bien Gabriel Attal, t'es pas là.
10:13 - Merci, merci beaucoup Philippe Bilger, merci Françoise de Gaulle, merci Sébastien Ménard.