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  • il y a 3 ans

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Transcription
00:00 – Bonjour, vous êtes sénateur communiste de Seine-Saint-Denis,
00:03 vous êtes vice-président de la Commission des affaires économiques
00:06 et c'était à l'initiative de votre groupe que le CETA a été débattu.
00:11 Aujourd'hui, tout d'abord, votre réaction à ce vote
00:15 dans une ambiance un peu survoltée, un peu de guérilla parlementaire
00:19 comme on n'en avait pas vu depuis quelques mois au Sénat.
00:21 – Oui, très heureux, très heureux parce que c'est une double victoire,
00:25 d'abord une victoire démocratique,
00:27 je rappelle que le gouvernement refusait d'inscrire ce texte à l'ordre du jour,
00:32 je rappelle que notre groupe a été à l'initiative de débats, de résolutions,
00:36 de questions écrites, de questions orales, de diverses interpellations
00:40 et c'était toujours le refus, le déni ou le dédain, y compris de M. Rister.
00:45 Et aujourd'hui, nous les avons contrait à en venir dans l'hémicycle
00:49 et à débattre et à voter et puis évidemment, le résultat nous enchante
00:55 puisque nous, on porte depuis très longtemps ce combat
00:58 contre les traités de libre-échange,
01:00 sur la question de la concurrence déloyale pour nos agriculteurs,
01:03 sur la question d'un traité climaticide et donc la question démocratique
01:07 avec l'instauration des tribunaux arbitraux privés
01:10 et donc évidemment pour nous, c'est une double victoire.
01:12 – Est-ce que vous avez été surpris d'être rejoint à la fois
01:17 par vos collègues socialistes qui sont à l'origine du CETA
01:21 qui a été signé en 2016 et de vos collègues, les Républicains
01:26 qui donc s'opposent à un traité de libre-échange aujourd'hui ?
01:29 – Surpris, non, parce que ça fait un moment que nous menons cette bataille,
01:34 déjà un certain nombre à gauche était revenu sur ses positions
01:38 et menait plutôt le combat à nos côtés contre les traités de libre-échange
01:42 et puis c'est vrai que la droite, avec laquelle nous avons des grandes divergences,
01:46 avec laquelle nous n'avons pas le même projet de société
01:49 mais où on peut se retrouver sur des questions, par exemple,
01:53 questions qui devraient réunir tout le monde.
01:56 On doit avoir de la réciprocité dans les échanges,
01:59 il est quand même de plus en plus inconcevable
02:01 que nous interdisions des choses à nos agriculteurs
02:05 à juste raison pour des hautes normes sociales et environnementales
02:10 et qu'on pourrait importer des produits qui ne respectent pas ces normes.
02:13 Personne ne le comprendrait, c'est une concurrence déloyale,
02:16 c'est nos normes sanitaires, c'est des questions de santé publique,
02:19 c'est des questions écologiques avec les gaz à effet de serre,
02:22 avec des produits qui font trois fois le tour de la planète,
02:24 donc ça, ça devrait nous réunir.
02:26 Et donc, tant mieux si une majorité de personnes,
02:30 notamment une grande partie du groupe LR, nous a rejoints sur cette question.
02:34 – Est-ce que vous ne les soupçonnez pas,
02:36 comme ont pu l'estimer certains aux groupes les indépendants
02:39 ou certains aux groupes union centristes,
02:40 est-ce que vous ne soupçonnez pas LR de vouloir jouer le coup politique
02:44 face à Emmanuel Macron avant les européennes et marquer des points,
02:49 essentiellement auprès des agriculteurs après la crise agricole
02:52 que l'on vient de vivre et qui est encore là ?
02:56 – Mais pardon, ici, je crois que nous sommes au Sénat,
03:00 nous sommes des élus de la République,
03:02 les électrices et les électeurs de chaque département
03:04 nous ont élus pour faire des choix et des votes politiques,
03:08 nous ne sommes pas un club de belote ou de bridge,
03:10 donc évidemment, il y a le texte et il y a le contexte
03:13 dans lequel nous le votons, évidemment une crise agricole
03:17 ou un certain nombre d'agriculteurs et agricultrices,
03:19 je ne dis pas toutes et tous, mais une grande partie,
03:22 on dit, il y a une question de leur rémunération,
03:24 des marges des industriels et la question des traités de libre-échange.
03:27 Et la deuxième chose, oui, nous sommes à quelques semaines
03:31 d'un vote sur les élections européennes,
03:34 mais justement, le moment des élections, c'est le moment du débat démocratique
03:38 et nous devrions avoir un grand débat sur les traités de libre-échange,
03:42 il faut que chaque candidate et candidat qui conduit une liste européenne
03:46 se positionne sur ces traités, parce qu'après, ils auront à se positionner.
03:50 Est-ce qu'ils vont continuer à ratifier des traités à tour de bras ?
03:53 Que vont-ils faire sur le Mercosur ?
03:55 Est-ce qu'ils vont faire la même chose que sur le CETA ?
03:57 Vous voyez, ce sont des questions dont il faut un débat démocratique et citoyen,
04:00 donc moi, je ne sais pas ce que c'est des coups politiques,
04:03 je connais la politique et je connais la politicaillerie,
04:07 et en réalité, monsieur Rister fait de la politicaillerie
04:11 pendant 5 ans, depuis 5 ans qu'il est ministre, on ne l'a jamais entendu,
04:14 il n'a jamais rien fait, il n'a jamais pris la parole pour défendre le traité,
04:18 il a été ministre aux relations au Parlement depuis 18 mois,
04:21 pendant 18 mois, qu'a-t-il fait ? Rien !
04:24 Eh bien, aujourd'hui, il aurait mieux fait de combattre,
04:28 notamment sur de l'argumentaire, plutôt que d'essayer de diviser le Parlement et le Sénat.
04:33 Quelle va être la suite de cet accord Fabien Guet ?
04:37 Vous attendez qu'on notifie une non-ratification à la Commission européenne,
04:43 qu'il y ait une suspension totale de cet accord qui a été appliqué,
04:47 qui a été signé en 2016 ?
04:48 Nous, nous sommes des démocrates, nous l'avons montré aujourd'hui.
04:52 Je rappelle quand même que nous avons inscrit dans notre niche,
04:56 deux par an, quatre heures, un texte avec lequel nous étions en désaccord
05:00 et potentiellement que nous pouvions perdre le vote.
05:03 Aucun de nos groupes politiques, depuis 1958, ne l'a jamais fait.
05:07 Nous l'avons fait pour la première fois.
05:09 Donc nous, nous respectons la Constitution.
05:10 Maintenant, le gouvernement doit déposer ce texte de loi sur le bureau de l'Assemblée.
05:16 Il a la possibilité de l'inscrire à l'ordre du jour ou à un autre groupe politique,
05:20 comme nous l'avons fait ici, potentiellement le groupe communiste.
05:22 Est-ce pas que la navette va aller un petit peu plus vite dans ce sens-là ?
05:26 Elle a mis cinq ans dans un sens.
05:28 Attendez, ce qui vient de se passer est un coup de tonnerre.
05:31 Le gouvernement ne peut pas rester sourd.
05:33 Il faut respecter la voix du Sénat et la voix du Parlement.
05:36 Ou alors, ici, ils continuent à considérer que nous sommes un obstacle,
05:40 à nous considérer comme un paillasson sur lequel ils peuvent s'essuyer les pieds.
05:44 Non, le vote doit être respecté.
05:46 Ce texte doit repartir à l'Assemblée nationale.
05:48 Il doit rapidement être inscrit.
05:50 Et si l'Assemblée nationale venait à voter contre,
05:52 il faut absolument qu'ils le notifient à la Commission européenne.
05:56 Sinon, ça serait un coup de force, au même titre que 2008,
05:59 lorsque l'on a contrecarré le vote populaire de 2005
06:02 et qu'on a voté au Congrès en 2008.
06:05 Merci beaucoup Fabien Guay d'avoir répondu à mes questions.

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