- il y a 2 ans
Regardez Les auditeurs ont la parole avec Eric Brunet du 21 mai 2024
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00:00:08 La question est très simple. Trouvez-vous normal que des organisations syndicales fassent pression sur les entreprises ?
00:00:15 C'est le cas par exemple à la SNCF, et profitent des Jeux Olympiques pour mettre la pression, pour obtenir des petits bonus sur le plan social.
00:00:25 Est-ce que vous trouvez cela normal ? Richard a fait le 3210. Bonjour mon cher Richard.
00:00:30 Bonjour Eric.
00:00:31 Je vous pose la question.
00:00:33 Alors moi non, je trouve pas du tout ça normal, que ça soit la SNCF ou d'autres corps de métier, c'est complètement anormal.
00:00:42 Vous m'expliquerez pourquoi dans une seconde. Mesdames, Messieurs, quant à vous, qui êtes dans votre voiture, chez vous,
00:00:48 vous composez le 3210 et vous me donnez votre opinion. Après tout, vous êtes salarié, vous faites partie de grandes entreprises,
00:00:53 de petites entreprises, vous êtes à la SNCF, vous êtes retraité, vous voulez parler de ce sujet, et bien vous aurez le micro,
00:00:59 les auditeurs auront la parole. C'est gratuit, Mesdames, Messieurs. Céline Landreau, c'est le rappel des titres, je vous écoute.
00:01:04 Emmanuel Macron part dès ce soir pour la Nouvelle-Calédonie. Le chef de l'État l'a fait savoir en fin de matinée.
00:01:10 Il se rend sur place pour installer une mission et tenter de mettre fin à la crise.
00:01:14 Après huit jours d'émeute, dont le bilan commence à se dessiner, 400 commerces ou entreprises ont été détruits, pillés ou incendiés,
00:01:22 et près de 250 personnes ont déjà été interpellées. Vous en parliez journée difficile dans les transports franciliens.
00:01:30 Aujourd'hui, les cheminots font grève à la veille d'une réunion sur les primes allouées pendant les Jeux olympiques.
00:01:35 La SNCF leur propose actuellement 50 euros par jour. Trafic très perturbé, donc avec sur certaines lignes, comme le RER D,
00:01:42 seulement un train sur cinq et uniquement aux heures de pointe. Et puis toujours à propos de transport, on a appris il y a quelques minutes
00:01:49 qu'une personne était décédée, plusieurs autres blessés à bord d'un vol de Singapore Airlines,
00:01:54 qui a connu de fortes turbulences durant son trajet entre Londres et Singapour. Il a d'ailleurs dû être redirigé vers Bangkok.
00:02:01 On ignore dans quelles circonstances exactes cette personne est décédée. On vous en dira plus évidemment
00:02:07 dès que les informations nous parviennent. Des turbulences dans le ciel et chez nous aussi c'est agité pays.
00:02:13 Oui, on a encore un temps bien instable qui se met en place cet après-midi, entre nuages éclaircis à verses et orages,
00:02:18 entre la Vendée, l'intérieur de la Bretagne, la Normandie, l'île de France, en allant jusqu'à l'Auvergne, avec des rafales de vent.
00:02:24 On a également quelques averses, alors plus éparses et puis un petit risque orageux du côté de la Bourgogne et la région Rhône-Alpes.
00:02:31 Des orages également sur le relief des Pyrénées, puis là où finalement on a un temps sec et ensoleillé, c'est près de la Méditerranée,
00:02:37 mais avec beaucoup de vent. Et ça reste pluvieux cet après-midi et bien couvert sur les frontières du Nord.
00:02:42 Le tout sous des températures qui sont encore pas toujours de saison, surtout sur la moitié Nord.
00:02:46 16° à Caen, 18° à Limoges, Lille et à La Rochelle, 19° du côté de Toulouse et Rennes, 20° à Dijon, 21° à Paris et Toulon,
00:02:54 22° à Manosque, 23° à Montélimar et Grenoble, 24° à Marseille, Nîmes et Bastia et 27° la maximale pour Nice.
00:03:02 Merci beaucoup Peggy Broch.
00:03:03 Merci Peggy Broch et à demain Céline Lambert.
00:03:05 A demain.
00:03:06 Bonjour Lisa Marie Marques.
00:03:08 Bonjour Eric, bonjour à tous.
00:03:09 Alors on a cru avec l'arrivée de la flamme olympique à Marseille que nous étions tous réunis, rassemblés autour des Jeux Olympiques.
00:03:16 Et puis la SNCF nous rappelle aujourd'hui, avec cette nouvelle grève, que les JO pour certains c'est un bon moyen d'obtenir une augmentation.
00:03:25 Et oui, fonction publique, RATP, hôpitaux ou encore éboueurs, de nombreuses primes ont déjà été négociées dans différents secteurs
00:03:33 pour la période des Jeux Olympiques de Paris et chacun s'inspire de ce qui a été accordé dans les autres secteurs.
00:03:39 À 66 jours des JO de Paris, aujourd'hui ce sont les cheminots, vous le disiez, qui mènent une grève massive en Ile-de-France pour réclamer des compensations financières.
00:03:48 Le trafic est perturbé sur certaines lignes de RER et du Transilien.
00:03:52 Au mouvement social à vous signaler également des salariés du groupe ADP, Aéroports de Paris, qui réclament une gratification homogène, ce sont leurs termes,
00:04:00 des coups de pression pour obtenir là aussi des compensations.
00:04:05 Et puis voilà, on est à deux mois des JO, chacun y va de son coup de pression.
00:04:10 Ce qu'ils réclament sont des primes, ce sont des primes, pas des augmentations forcément de salaire, mais des primes.
00:04:16 D'ailleurs on sera dans une poignée de secondes avec Axel Persson, secrétaire CGT cheminot.
00:04:21 Mais Richard était avec nous, donc vous Richard, quel profil vous avez, que faites-vous dans la vie mon cher Richard ?
00:04:27 Alors moi je suis chef d'entreprise, toute petite entreprise.
00:04:32 Est-ce que chez vous il y en a qui demandent une augmentation ou plutôt une prime pour les JO ? Non, c'est pas votre secteur ?
00:04:38 Non, pas du tout.
00:04:40 Qu'est-ce que vous feriez si vous aviez une boîte par exemple dans la sécurité ou dans un domaine qui travaillerait pour les JO ?
00:04:50 Est-ce que vous seriez prêt à céder si on vous faisait une espèce de grève comme ça, 66 jours avant ?
00:04:56 J'ai envie de dire, le problème que l'on a en France, c'est qu'à chaque fois qu'il y a un événement, on a une grève.
00:05:05 Peu importe les motifs, mais c'est systématique.
00:05:11 Peu importe le corps de métier, on a tout le temps des revendications.
00:05:15 Alors je pense que le problème il est plus profond, mais en finalité, on a toujours le couteau sous la gorge.
00:05:21 Enfin, nous, le gouvernement a toujours le couteau sous la gorge par rapport à des corps de métier plus ou moins essentiels,
00:05:28 justement pour le fonctionnement, enfin le bon déroulement des événements.
00:05:32 Et c'est vraiment ça qui pose problème.
00:05:34 On a vraiment une culture lamentable à ce niveau-là.
00:05:39 Alors on est avec Axel Persson qui est avec nous de la CGT Cheminots.
00:05:43 Bonjour Axel Persson.
00:05:44 Bonjour.
00:05:45 Bon, de toute façon, vous, je vous ai déjà entendu, on a déjà dialogué ensemble, vous vous dites qu'il faut installer un rapport de force.
00:05:53 Et les JO, c'est le moment idéal ?
00:05:56 Bien sûr, après ce ne sera pas le seul moment.
00:05:59 La conflictualité sociale ne s'arrêtera pas avant et ne s'arrêtera pas après les JO forcément.
00:06:03 Il y aura d'autres occasions, mais en effet oui, il est évidemment tout à fait logique qu'une organisation qui organise des ouvriers et des employés
00:06:09 pour obtenir satisfaction sur leur réputation choisisse le moment de la bataille dans lequel il est le plus pertinent pour partir à la victoire.
00:06:15 Donc bien évidemment, on ne va pas se cacher d'un notre petit doigt.
00:06:17 Ça je pense que c'est un truc que certains français vont vous reprocher, ça d'être un peu, pardon de le dire comme ça, c'est un peu brutal,
00:06:23 mais d'être sans foi ni loi, de ne pas avoir d'éthique et de dire "bon, on s'en fiche, c'est les JO, justement c'est là que ça fait mal, c'est là qu'il faut appuyer".
00:06:31 En fait, je pense que ce serait le contraire.
00:06:34 Les travailleuses et les travailleurs qui s'organisent et qui nous font confiance nous reprocherait de ne pas utiliser une stratégie à la hauteur des revendications qu'on porte
00:06:42 et nous le reprocherait de ne pas utiliser tous les mois à notre disposition pour se faire entendre.
00:06:46 Mais sachant que par-delà ça, les JO, ce n'est pas juste un événement central, c'est-à-dire que c'est un événement qui va se traduire par des contraintes supplémentaires pour les cheminots,
00:06:54 mais pas que les cheminots d'ailleurs, il y a plein d'autres secteurs où ça va être le cas,
00:06:57 notamment l'absence de possibilité de prendre des congés sur la période des JO et des JOP par exemple, ou des trains supplémentaires.
00:07:05 La direction estime à peu près à 4600 trains supplémentaires, le nombre de trains qu'il faudra faire circuler sur la période,
00:07:11 y compris auprès de certaines prouesses techniques comme par exemple faire rouler sur le RERC une heure de pointe de 5h du matin jusqu'à 1h de la nuit,
00:07:19 jusqu'à 1h du matin sur un tronçon qui habituellement fermé pour maintenance.
00:07:23 Donc c'est des choses considérables, notamment des bienévénements, on demande des compensations à la hauteur.
00:07:26 Restez avec nous dans un instant Alain, vous êtes là ?
00:07:29 Oui je suis là monsieur.
00:07:30 Bon, je vous passerai le micro dans une poignée de secondes, Axel Persson de la CGT Cheminots reste avec nous quelques instants,
00:07:36 et puis vous, vous nous appelez au 3210, trouvez-vous normal que les syndicats de la SNCF profitent des JO pour mettre la pression sur la direction ?
00:07:44 Oui, tout de suite.
00:07:45 Bonjour RTL, je voudrais suggérer à vos journalistes, notamment les journalistes sportifs, de lancer un préarray de grève pendant les JO,
00:08:09 ils vont avoir beaucoup plus de travail à commenter tous ces résultats sportifs, donc c'est le moment de réclamer après tout.
00:08:16 Et bien voilà, écoutez, plus sérieusement, il y en a marre de tous ces gens qui nous présentent l'otage pour faire grève,
00:08:23 et on oublie, ils sont payés, et les reçus seront payés, donc c'est toujours les mêmes, et il y en a marre. Bonne journée.
00:08:33 Voilà, c'est un message que nous laisse à l'instant Jean, un auditeur. Oui, Axel Persson de la CGT Cheminots, c'est vrai, vous êtes payé,
00:08:41 et les heures subres seront payées de toute façon.
00:08:43 Les heures supplémentaires seront payées, je l'espère bien qu'elles seront payées.
00:08:47 Alors pourquoi demander une prime en plus des heures supplémentaires qui seront payées ?
00:08:53 Tout simplement par le caractère exceptionnel des événements et des efforts consentis qui vont être demandés,
00:08:59 parce que là, ce n'est pas une situation habituelle, juste quelques heures supplémentaires à gauche, à droite, qui va être demandée.
00:09:02 C'est d'assurer un travail au sein d'une infrastructure qui n'est pas du tout habituellement équipée pour faire face à un tel afflux de voyageurs.
00:09:10 Oui, mais précisément, ce travail va susciter des heures supplémentaires, il y aura un surtravail qui sera payé.
00:09:19 Donc pourquoi avoir en plus du surtravail payé, avoir une prime ?
00:09:23 En fait, sinon on peut le voir d'une autre façon, c'est à quel niveau de rémunération ce surtravail va être payé ?
00:09:30 Sachant que nous, on n'est pas en train de courir après les heures supplémentaires, c'est d'ailleurs un des points de désaccord qu'on a avec la direction.
00:09:36 Nous, ce qu'on veut, ce n'est pas multiplier les heures supplémentaires, c'est au contraire qu'il y ait l'effectif nécessaire pour faire face à l'afflux de voyageurs.
00:09:42 D'ailleurs, on ne court pas forcément après les heures supplémentaires, ce n'est pas du tout notre politique.
00:09:46 Nous, notre politique, c'est de faire en sorte qu'il y ait un maximum de gens qui soient capables d'accueillir les voyageurs dans les gares,
00:09:52 assurer la maintenance du réseau, conduire les trains, et que ces gens-là, évidemment, bénéficient de compensations pour le travail supplémentaire.
00:09:58 Mais ce qu'on veut avant tout, c'est qu'il y ait des effectifs pour assurer la chance de travail, parce que c'est ça, en fait, le nerf de la guerre.
00:10:03 - Axel Persson de la CGT Cheminot, on était avec Richard à l'instant.
00:10:07 - Bonjour, mon cher Alain. - Bonjour, monsieur Brunet.
00:10:11 - Alors, je vous écoute, et Axel Persson, vous écoute.
00:10:14 - Alors, ce que j'ai à dire, c'est simple, c'est systématiquement, à chaque coup, la SNCF, les aviateurs, sont en grève.
00:10:23 Dès qu'il y a un événement qui est un peu sympa, c'est la grève. C'est des nantis.
00:10:28 Ils ont des salaires de... Les infirmières ont des salaires de merde.
00:10:32 Eux, ils sont nantis, ils ont tout ce qu'il faut. Ils sont encore en train de nous emmerder.
00:10:36 Moi, je veux dire, j'en peux plus de ces gens-là, j'en peux plus de cette France.
00:10:39 On est endettés jusqu'au cou, et eux, ils nous rajoutent.
00:10:43 Ce sont des fainéants, ce sont des bons à rien. - Vous ne pouvez pas dire ça.
00:10:46 - Non, non, si, si, je le dis. Si, je le dis, monsieur.
00:10:49 - Si, si, vous êtes excessif, votre argument n'a plus aucun intérêt, si vous êtes dans l'excès.
00:10:53 - Je ne suis pas excessif, monsieur. Vous savez ce que pensent les Français de ces gens-là.
00:10:56 On est dans la merde, vous avez vu la tête que l'on a ?
00:10:58 - Non, non, mais ne dites pas ces gens-là. Parmi ces gens, il y a des gens formidables,
00:11:02 avec qui vous aimeriez boire un coup ce soir.
00:11:05 - Peut-être, mais la CGT, la CFDT, ils sont là pour détruire.
00:11:08 Ils sont là, dès qu'il y a quelque chose de bien, eh ben, on casse.
00:11:11 C'est la France. Il y en a marre. Alors, faire de la grève pour les trains, les machins, les trucs,
00:11:15 qu'est-ce qu'il va y avoir de plus ? Moi, je suis restaurateur. Je suis restaurateur, je suis traiteur.
00:11:19 Ah ben, je fais grève parce que là, c'était la pente-côte. J'ai fait 300 couverts.
00:11:22 C'est la pente-côte, je ne veux pas payer, je ne veux pas bosser.
00:11:25 C'est quoi l'histoire ? On ne peut pas relever les manches et puis dire, putain, on est français, on bosse ?
00:11:29 - Vous verrez d'ailleurs, restez avec nous, parce que dans une petite demi-heure, même pas,
00:11:33 on va parler des 7200 restaurants qui vont fermer définitivement cette année
00:11:38 le rideau de fer et qui ne ré-ouvriront pas.
00:11:41 C'est plus 44% par rapport à l'année dernière. On va essayer de comprendre pourquoi, Alain.
00:11:45 Donc, restez avec nous pour cette partie de l'émission.
00:11:48 Axel Persson, bon, Alain est en colère, mais en même temps, Axel, acceptez-le,
00:11:53 parce que ce que dit Alain, même si parfois c'est provocateur et insultant, d'ailleurs, aussi,
00:11:58 mais il y a beaucoup de français qui raisonnent comme ça, je vous le dis,
00:12:02 parce que nous, on voit des messages qu'on reçoit, là, d'auditeurs très énervés.
00:12:09 - Oui, mais en fait, moi, après, je lui cuirais paix. Je m'en moque un peu.
00:12:14 Enfin, je peux m'en moquer, c'est-à-dire qu'il a bien le droit de penser ce qu'il veut,
00:12:16 il a bien le droit de m'insulter s'il veut, ça ne m'empêchera pas de dormir.
00:12:19 Mais je trouve, par contre, que son attitude est un peu à l'image de ce que c'est la restauration.
00:12:23 En effet, c'est des patrons, souvent, de ce type-là, assez désagréables,
00:12:26 qui sont bien connus pour mal payer les salariés dans la restauration,
00:12:28 leur imposer des conditions de travail dégueulasses,
00:12:30 et qui ont souvent tendance à les écraser, les humilier.
00:12:32 Et en effet, les salariés de la restauration qui nous écoutent aujourd'hui se reconnaîtront dans ce constat.
00:12:36 Et ce qu'on fait aujourd'hui, c'est que si vous voulez ne plus subir, justement,
00:12:39 les oucases de patrons de ce genre-là, il faut s'organiser, se faire respecter comme on le fait,
00:12:43 se mettre en grève. Et en effet, les 300 couverts qu'il a fait,
00:12:45 ce sont ses salariés, ce sont les gens dans la cuisine, ce sont les gens dans les salles,
00:12:49 qui sont mal payés et qui, s'ils, aujourd'hui, ont envie de gagner plus, doivent s'organiser.
00:12:53 S'ils ne le font pas, ils continuent à se faire écraser, traiter comme les paillassons auxquels il les traite.
00:12:57 - Ça va partir en baston général, alors ?
00:12:59 - On se bat ou on s'écrase. Nous, on fait le choix de se battre. À vous de voir.
00:13:03 - Alain ? Alain, Alain ?
00:13:07 - Oui, vous m'entendez ?
00:13:08 - Oui, très bien, on vous entend.
00:13:10 - Ce monsieur se permet... Alors, c'est moi qui l'insulte ou c'est lui, là ?
00:13:13 Ce monsieur ne me connaît pas. Ce week-end, les 300 couverts que j'ai fait, monsieur,
00:13:16 mon service a été payé plus que plus. Parce que moi, je suis respectueux,
00:13:20 parce que je suis un professionnel, je suis dans ce métier-là, c'est un métier passionnant.
00:13:24 - Ça veut dire quoi ? Vous les avez payés combien, vos...
00:13:27 - C'est 13 euros de l'heure, en extra.
00:13:29 - 13 euros de l'heure en extra.
00:13:30 - Et à côté de la... Bah oui, c'est des extras.
00:13:34 À côté de ça, ce monsieur se permet de dire des choses.
00:13:38 Moi, je voudrais connaître son salaire. Je voudrais savoir combien de temps il a de repos,
00:13:43 la retraite, à quel âge il a, et tous les avantages qu'il a.
00:13:46 - Alors, cela dit, Alain et Axel Persson, de la CGT Chemineau.
00:13:51 Axel Persson, on s'est parlé il y a quelques semaines.
00:13:55 - Oui, c'est vrai.
00:13:56 - Il y a eu, il y a quelques semaines, une renégociation de la retraite au sein de la SNCF.
00:14:02 D'ailleurs, le patron de la SNCF s'est fait vertement engueuler par Bruno Le Maire, le ministre d'économie.
00:14:09 Et donc, vous m'aviez dit, et plusieurs syndicalistes d'ailleurs de la SNCF m'ont dit,
00:14:13 "Mais oui, c'est vrai, on a réinstauré, partiellement, un régime spécial à la SNCF,
00:14:19 et nous sommes très heureux de l'avoir fait, etc."
00:14:21 Alors qu'on avait voté, il y a quelques temps, une réforme des retraites que nous pensions égalitaire.
00:14:26 Bon bref, et donc, moi je me suis dit, un peu naïvement,
00:14:30 "Mais alors, donc il n'y aura pas de problème pour les Jeux Olympiques,
00:14:33 c'est pour ça que Farandou a cédé, il y a un nouveau système de retraite à la SNCF,
00:14:38 un nouveau régime spécial, formidable, on aura la paix pour les Jeux Olympiques, il n'y aura pas de grève."
00:14:42 Je me suis dit que c'était au nom de cela que Farandou avait cédé, mais pas du tout.
00:14:46 J'étais très étonné, moi, sincèrement.
00:14:48 J'étais très étonné de voir que c'était reparti là,
00:14:51 parce que je pensais que vous aviez tapé dans la main pour une relative paix sociale,
00:14:55 pour les mois à venir, Axel Persson.
00:14:57 "J'espère pour les années à venir, d'ailleurs, mais on verra bien.
00:15:00 Mais en effet, les luttes qu'on a menées, d'ailleurs c'est encore une démonstration que les luttes, elles payent,
00:15:03 contrairement à ce que certaines personnes disent, les syndicats, ça ne sert à rien, la grève, ça ne sert à rien, la mobilisation.
00:15:07 En fait, non. Quand on se mobilise massivement, on obtient des résultats et c'est indéniable.
00:15:10 Par contre, sur les JO, oui, en effet, on a sécurisé l'accord sur les retraites,
00:15:13 qui d'ailleurs, je pense, est un exemple qui devrait être généralisé dans l'ensemble des branches,
00:15:17 à commencer par la restauration, d'ailleurs."
00:15:19 "Oui, mais attendez, vous me dites, oui, ça va être sécurisé pour des années, j'espère, les retraites,
00:15:23 mais enfin, vous refaites grève 15 jours après !
00:15:26 "Non, mais ça, c'est... Et par contre, ce que je vous avais dit, quand j'étais passé vous voir sur un plateau,
00:15:30 il y a quelques semaines, c'est que j'avais dit sur les retraites, l'accord, il est sécurisé,
00:15:34 on a tapé dans la main, on a signé, maintenant, il reste les conditions de rémunération liées aux JO.
00:15:38 Et ça, c'est le sujet sur lequel on n'a pas avancé.
00:15:40 "Oui, mais vous faites des grèves sectorisées."
00:15:42 "J'espère que cette grève sur les JO sera la dernière et qu'on aboutira sur un accord satisfaisant pour toutes les parties.
00:15:46 Si ce n'est pas le cas, on prendra nos responsabilités, et oui, on ira au conflit,
00:15:49 et on ne s'excusera jamais de le faire, on en est très très fiers."
00:15:51 "Dominique nous appelle également au 3210. Bonjour Dominique."
00:15:55 "Oui, bonjour M. Brunet."
00:15:57 "Axel Person vient de nous dire, j'espère que cette grève sera la dernière. Dominique, votre avis ?"
00:16:02 "Oh là, c'est un vœu pieux ! En tout cas, M. Person, moi, je n'ai absolument rien contre vous,
00:16:07 je suis personnel, il n'y a pas de souci, et je comprends très bien que pour être efficace,
00:16:11 une grève doit impacter le plus de monde possible.
00:16:14 Il n'en demeure pas moins que les raisons de cette grève me heurtent quelque peu."
00:16:19 "Alors, vous savez quoi Dominique ? Vous allez l'expliquer dans une poignée de secondes. A tout de suite."
00:16:23 Contactez-nous gratuitement via l'appli RTL ou au 3210.
00:16:27 "50 centimes la minute."
00:16:29 Eric Brunet. Les auditeurs ont la parole sur RTL.
00:16:33 "Oui, je vous appelle au sujet de la grève SNCF. Moi, je suis pour. Il y a trop d'attaques sur la SNCF.
00:16:39 La casse du service public. On en paye encore aujourd'hui les mauvais résultats,
00:16:46 mais il ne faut pas être contre les grévistes, parce que c'est eux qui assurent notre sécurité quand on prend le train.
00:16:51 Voilà, merci."
00:16:53 "Oui, enfin là, c'est pas la question de la grève, c'est pas la casse du service public,
00:16:58 là c'est vraiment sur des primes pour le travail supplémentaire lié aux Jeux Olympiques.
00:17:06 Dominique était donc avec nous, je vous ai interrompu.
00:17:09 Dominique, alors, quelle est votre position sur...
00:17:12 Est-ce que vous trouvez normal que les syndicats de la SNCF profitent des JO pour mettre la pression sur la direction ?
00:17:17 Est-ce que vous y voyez une forme de chantage, Dominique ?
00:17:20 "Oui, j'y vois une forme de chantage. Je pense que c'est un dévoiement du droit de grève.
00:17:24 On n'en est plus, j'allais dire, aux raisons pour lesquelles le droit de grève a été octroyé,
00:17:29 c'est-à-dire l'exploitation des travailleurs tel qu'elle était au XIXe siècle.
00:17:33 Là, on fait grève, pourquoi ? Pour gratter une prime.
00:17:36 Donc, ça me semble quand même une revendication quelque peu déplacée
00:17:41 au moment des Jeux Olympiques que l'on a avec Une fois par siècle.
00:17:45 Donc, moi, je propose quelque chose à M. Person, c'est "soyez patriote".
00:17:50 Mettez sous le boisseau vos revendications, laissez passer les JO et après, vous pourrez dire,
00:17:56 vous serez en position de force pour le dire, vous pourrez dire "ça s'est très bien passé,
00:17:59 en partie grâce à nous parce qu'on n'a pas fait grève et donc maintenant,
00:18:03 on pose nos revendications de prime pour ces JO qui viennent de passer".
00:18:07 Vous voyez ? Vous vous y prenez à l'envers.
00:18:10 Vous voulez bloquer, vous menacez de bloquer alors qu'en fait, au contraire,
00:18:13 il faut montrer que ce pays est vraiment solidaire et que tout le monde veut ses JO
00:18:19 et qu'il se passe bien. Et une fois que les JO sont passées,
00:18:22 effectivement, vous pourrez demander les primes parce que ça se sera bien passé.
00:18:25 - Oui, mais Axel Person, qui va vous répondre tout de suite, va vous dire, à mon avis,
00:18:29 que ce n'est pas comme ça qu'on négocie, Axel Person.
00:18:31 - Je sais bien, mais ce n'est pas la force aussi. Ce n'est pas le chantage.
00:18:35 La négociation, c'est aussi la bonne volonté et puis bien montrer.
00:18:39 Puis vous aurez, j'allais dire, l'opinion publique pour vous en négociant comme ça.
00:18:42 - Axel Person.
00:18:44 - En fait, moi, je pense que n'importe quel salarié dans n'importe quel secteur,
00:18:47 notamment ceux qui travaillent en Île-de-France et qui vont être confrontés au surtravail du JO,
00:18:51 comprennent pourquoi on se met en obligation.
00:18:52 Et nous, au contraire, tous ceux qui sont hésitants, on leur appelle à faire de même.
00:18:55 On ne vous appelle pas à rester sur le côté, on vous appelle à faire de même.
00:18:57 - Axel, le surtravail, vous qui êtes à la CGT, cheminot, vous savez bien qu'il y a une petite arnaque sémantique.
00:19:03 Le surtravail, il va être payé puisque c'est prévu par vos conventions.
00:19:07 Le surtravail est payé, les heures supplémentaires seront payées.
00:19:10 Donc pourquoi demander, encore une fois, je sais que je vous embête avec ça,
00:19:13 mais pourquoi demander une prime qui se surajoute au paiement des heures supplémentaires ?
00:19:18 - Déjà, parce que justement, c'est un conflit assez classique.
00:19:21 On parlait du dévoiement de droits de grève, mais en fait, les conflits sur le paiement du travail,
00:19:25 sur la rémunération, ça fait partie des premiers conflits du monde ouvrier au 19e siècle.
00:19:29 C'est un conflit, on ne peut plus classique, auquel on va faire avant aujourd'hui.
00:19:33 Et nous, ce qu'on dit aujourd'hui, c'est qu'au vu des retombées financières immenses de cet événement,
00:19:37 notamment pour l'Île-de-France, pour l'ensemble des secteurs,
00:19:39 il est bien normal que tous ceux qui vont y contribuer, que ce soit les salariés du BTP
00:19:43 qui ont construit les infrastructures, que ce soit les salariés de l'hôtellerie ou de la restauration,
00:19:46 ou des transports, touchent leur part du gâteau parce que c'est eux qui vont être aux alentours.
00:19:50 - Vous êtes sûr qu'il va y avoir des retombées immenses ?
00:19:52 Parce que regardez, en 2012, Londres, on a perdu de l'argent, les Britanniques ont perdu de l'argent.
00:19:56 Et on dit que maintenant, les Jeux Olympiques sont déficitaires dans pratiquement toutes les villes où ils se déroulent.
00:20:01 - En fait, c'est comme bien souvent, c'est-à-dire que c'est des investissements publics
00:20:04 qui, d'un point de vue comptable, peuvent compter comme des pertes,
00:20:07 mais qui font générer des retombées économiques, notamment pour le secteur privé,
00:20:11 notamment l'hôtellerie, la restauration, tout ça.
00:20:13 Et d'ailleurs, ça va se voir, y compris dans des secteurs comme le nôtre,
00:20:17 puisque la direction projette des millions de voyageurs supplémentaires
00:20:21 sur une période où habituellement la région parisienne a tendance à se vider d'une partie de l'habitant.
00:20:24 - Mais vous, vous allez avoir des retombées puisqu'il va y avoir, à mon avis,
00:20:27 quelques nouvelles embauches, au moins contractuelles pendant quelques temps,
00:20:31 et vous allez avoir quand même des heures supplémentaires payées considérables pour de nombreux salariés.
00:20:36 Donc ça suffit ?
00:20:38 - Non, déjà, à qui c'est de décider ça, finalement ?
00:20:41 Est-ce que ce n'est pas à ceux qui font le travail de décider à quel niveau ils veulent être rémunérés ?
00:20:45 Aujourd'hui, la direction a fait des propositions qui s'évaluent à 50 euros bruts,
00:20:50 c'est à peu près 37 euros nets par journée travaillé en plus,
00:20:53 ce qui, pour nous, au vu du sureffort considérable qui nous est demandé,
00:20:56 y compris au prix de certaines prouesses techniques, je parle vraiment d'un point de vue technique,
00:20:59 ça va être très, très généralisé. - 50 euros bruts par jour ?
00:21:02 - Oui, par journée travaillé pendant la période d'épreuve.
00:21:05 Donc au vu des efforts, et même j'insiste dessus, sur la prouesse technique qu'on nous demande
00:21:10 sur certaines choses qu'on n'a jamais fait avant,
00:21:12 tout simplement parce que l'infrastructure n'est pas dimensionnée pour faire ça à cette période-là de l'année.
00:21:16 - Là, vous parlez d'une ligne RER, mais vous ne parlez pas pour tous les salariés de la SNCF ?
00:21:21 - C'est vrai que je ne me concentre sur l'île de France, mais après, c'est vrai, j'ai pris le REC,
00:21:25 parce que c'est vraiment le cas le plus parlant.
00:21:27 Faire rouler en hors de pointe une ligne toute la journée qui est habituellement fermée pour travaux,
00:21:31 ça, c'est quelque chose de considérable.
00:21:32 Et c'est vrai, dans toutes les lignes, il y a des degrés divers, que ce soit le RER D, que ce soit même la ligne N et U.
00:21:36 C'est vrai partout.
00:21:37 - Dominique !
00:21:38 - Oui, par contre, le choix...
00:21:40 - Vous avez entendu les arguments d'Axel Persson ? Allez-y, il est terminé.
00:21:43 - Oui, on le fait maintenant, parce qu'aujourd'hui, les salariés autour de nous nous disent
00:21:46 "Mieux vaut sécuriser un accord avant, au contraire qu'on le fasse le plus en amont que possible,
00:21:50 que l'on arrive juste à la veille de l'ouverture des JO, avec une grève qui démarre le début des JO."
00:21:55 Nous, on veut sécuriser un accord maintenant, pour que ce soit terminé cette affaire,
00:21:58 et qu'on y aborde sereinement.
00:22:00 - Dominique ?
00:22:01 - Non, moi je pense que c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens,
00:22:04 et que c'est à la fin des JO qu'on verra s'il y a des retombées économiques,
00:22:07 et si effectivement, les cheminots ou les personnes qui auront participé activement en tant que salariés aux JO
00:22:15 pourront avoir droit à des primes ou à quelque chose.
00:22:19 Donc, mais c'est pas en amont.
00:22:21 On ne sait pas, ce sont des JO qui coûtent déjà très cher,
00:22:23 et vous ne pouvez pas bloquer les gens comme ça.
00:22:26 C'est-à-dire que, pensez aussi à votre image.
00:22:28 C'est très mal vu que de bloquer, et pensez aussi à l'image de la France à l'étranger.
00:22:32 Vous imaginez toutes les personnes qui vont venir pour les JO,
00:22:35 et qui vont être bloquées parce qu'il n'y aura pas de train, ou pas de métro, ou pas de je ne sais quoi.
00:22:39 C'est pas possible. C'est pas possible.
00:22:41 Je veux dire, soyez patriotes, soyez responsables,
00:22:44 faites des revendications après, en disant "Regardez, c'est grâce à nous que ça s'est bien passé."
00:22:49 - Merci Dominique. Marc fait le 3210 également.
00:22:52 Bonjour mon cher Marc.
00:22:54 - Oui, bonjour, bonjour mon auditeur.
00:22:55 - Réaction, réaction.
00:22:57 Ça devient insupportable, insupportable de voir qu'en permanence, en permanence,
00:23:02 ces nantis de la SNCF profitent, prennent en otage les Français,
00:23:05 pour pouvoir obtenir égoïstement, parce qu'ils ont déjà obtenu et obtenu,
00:23:09 et tous les ans de toute façon ils obtiennent quelque chose,
00:23:11 égoïstement, de bloquer le pays pendant un événement important,
00:23:16 au risque de tout foutre en l'air.
00:23:18 Je ne supporte plus.
00:23:19 Et sous prétexte qu'ils ont des métiers compliqués, avec des horaires décalés,
00:23:23 qui ne travaillent pas le week-end, qui ne voient pas leur famille.
00:23:26 Moi j'ai derrière chez moi, et je suis malheureusement issu,
00:23:29 enfin malheureusement issu de l'industrie, j'ai derrière chez moi un voisin
00:23:32 qui travaille dans l'industrie, qui travaille en 3-8, en 2-8, en 2-9-1-6,
00:23:38 un coup de nuit, un coup du matin, qui ne voit pas sa femme le week-end.
00:23:42 Il n'est pas sur pied de bruit à manifester, lui, il gagne 1 700 euros par mois,
00:23:45 depuis peut-être 25 ans ou 30 ans, sauf que lui il ne peut rien faire,
00:23:49 et il ne fait rien, parce qu'il est un peu patriote,
00:23:51 alors que tous ces nantis de la SNCF ne le sont pas.
00:23:55 Ils ne font ça que pour eux, uniquement, et tous ces syndicalistes,
00:23:59 qui se vaillent expliquer sur le quai de gare en pleine grève, pourquoi ils font la grève,
00:24:04 mais non, ils sont dans leur bureau, 2 syndicalistes, et ils font leur grève à leur hauteur.
00:24:09 Restez avec nous au 3210, mesdames, messieurs,
00:24:12 trouvez-vous normal que les syndicats de la SNCF profitent des Jeux Olympiques
00:24:15 pour mettre la pression sur la direction ?
00:24:18 Vous continuez à nous appeler au 3210, je salue Axel Persson,
00:24:21 secrétaire CGT Cheminot, qui a passé un instant avec nous,
00:24:24 mais vous, vous continuez à appeler, à tout de suite.
00:24:26 Bonjour, je téléphone pour exprimer mon position sur les grèves avant les Jeux Olympiques.
00:24:46 On est dans une société où si on n'a pas une capacité de misance importante, on n'obtient rien.
00:24:55 Voyons les femmes de ménage et les hommes de ménage qui, pendant la Covid,
00:24:59 étaient en première ligne, soit 10 ans et tout, et ils n'ont rien eu du tout.
00:25:02 C'est comme ça dans notre pays, sans que l'on ne gêne pas les autres, on n'obtient rien.
00:25:06 Intéressant, ça c'est un message de Benoît, on va aller au standard.
00:25:11 Victor, nous avons beaucoup de messages, ce sujet fait réagir.
00:25:14 Est-ce normal que les syndicats de la SNCF profitent des Jeux Olympiques
00:25:17 pour mettre la pression sur la direction ?
00:25:19 Eh bien oui, on a beaucoup de réactions sur notre application RTL,
00:25:22 sur notre page Facebook, Daniel sur notre application RTL.
00:25:25 Faire la grève pour obtenir des primes pour les Jeux Olympiques,
00:25:28 c'est une honte, un chantage inadmissible.
00:25:30 Richard, au Nebourg, d'accord avec ce restaurateur, il parle de Alain,
00:25:34 et puis Véronique à Saint Croix de Quintillard.
00:25:37 Je soutiens totalement la SNCF, contrairement à l'auditeur-restaurateur,
00:25:40 très mécontent et surtout empli de jalousie.
00:25:43 C'est une bonne période pour se faire entendre.
00:25:46 Puis dans un instant, Éric, on va parler de la restauration.
00:25:49 L'UMI, l'Union des métiers d'industrie de l'hôtellerie,
00:25:52 annonce 7200 fermetures de restaurants en 2023.
00:25:55 C'est 44% de plus par rapport à 2022.
00:25:58 Alors si vous êtes restaurateur et que vous êtes en difficulté,
00:26:01 appelez-nous au 3210, et puis les clients aussi, vous avez la parole.
00:26:04 Est-ce que vous allez moins au restaurant par rapport à avant le Covid ?
00:26:07 Est-ce que vous avez changé vos habitudes ?
00:26:09 Ou est-ce que c'est le contexte économique ? Pourquoi pas ?
00:26:11 Adam, Margot et Enzo vous attendent au 3210.
00:26:14 - Bien, vous étiez avec Marc à l'instant.
00:26:18 Qu'est-ce que vous me disiez, Marc ?
00:26:20 Que vous trouviez scandaleux que la SNCF profite des Jeux Olympiques
00:26:24 pour demander une prime supplémentaire ?
00:26:27 - Oui, oui, exactement. Mais c'est tellement facile.
00:26:30 C'est tellement facile de nous prendre en otage, nous, citoyens français,
00:26:34 pour demander, et certainement, de toute façon,
00:26:37 certainement le gouvernement, en tout cas, n'aura pas d'autre choix,
00:26:40 et leur patron n'aura pas d'autre choix que leur donner ce qu'il demande.
00:26:44 Mais ils abusent. Ils abusent en permanence.
00:26:47 On leur donne la main, ils prennent le bras.
00:26:49 - Mais il y a des gens, regardez dans les années 70, 80, 90,
00:26:53 EDF, je parle d'EDF, quand ils réclamaient quelque chose,
00:26:58 plongeaient, étaient capables de plonger une ville dans le noir.
00:27:02 Nantes, Strasbourg, Montpellier, ça c'était les années 70, 80.
00:27:07 On fermait carrément le courant.
00:27:10 Les cliniques se débrouillaient parce qu'elles avaient des dispositifs,
00:27:13 peut-être qu'on pouvait faire des délestages pour les hôpitaux,
00:27:16 mais la plupart des administrés de ces villes étaient dans le noir.
00:27:21 Eh bien, ils ont arrêté, Marc. Ils ont arrêté EDF,
00:27:24 a sans doute pris conscience, et surtout les organisations syndicales,
00:27:28 que ça n'était pas une façon de procéder.
00:27:30 Voilà ce que je voulais dire.
00:27:32 Alors que dans certains métiers, comme à la SNCF,
00:27:35 on continue ces pratiques.
00:27:37 C'est-à-dire, on bloque les Français lors d'un départ en vacances, par exemple.
00:27:42 - Le principe de la prise d'otage est devenu très à la mode.
00:27:46 Comme vous le disiez, à l'époque, dans les années 70,
00:27:48 effectivement, la SNCF avait pris en otage quelques villes,
00:27:51 mais je pense qu'à l'époque, il y avait encore un peu d'humanité,
00:27:56 il y avait encore un peu de compréhension, puis je pense que...
00:27:59 - Non, non, non, c'est pas ce que je dis, moi, Marc.
00:28:01 Je dis qu'avant, c'était plus dur et plus radical,
00:28:04 mais voilà, et qu'aujourd'hui, les organisations syndicales
00:28:07 responsables, à mon avis, d'Enedis ou d'EDF,
00:28:11 ont compris que ça n'était pas une façon de faire.
00:28:14 On ne ferme pas des centrales techniques,
00:28:16 on ne ferme pas des centrales thermiques, pardon.
00:28:18 Enfin, bref, on ne met pas une ville dans le noir,
00:28:20 il y a trop de répercussions.
00:28:21 - C'est ce que je dis, c'est bien, c'est bien, c'est bien.
00:28:23 - C'est vachement bien, oui, oui, d'accord.
00:28:24 - Mais ils ont pris conscience qu'effectivement,
00:28:26 c'était pas la solution,
00:28:28 et puis se mettre à dos les uns les autres,
00:28:30 parce que c'est ce qui va finir par se passer.
00:28:32 Parce que pour l'instant, il n'y a pas encore de drame,
00:28:34 mais à force de pousser le bouchon aussi loin,
00:28:37 dans une société où les gens sont déjà à fleur de peau,
00:28:40 H24, parce que c'est dur pour tout,
00:28:42 moi je suis dans l'immobilier,
00:28:44 je viens régulièrement sur votre radio pour en parler,
00:28:48 le monde est à fleur de peau.
00:28:51 On a l'occasion d'avoir les JO,
00:28:54 de recevoir un événement mondialement reconnu,
00:28:56 c'est quelque chose d'extraordinaire qui ne va pas se reproduire.
00:28:59 Eh bien, malgré tout, on trouve ce genre de type,
00:29:01 que ce soit les éboueurs,
00:29:03 évidemment qu'ils ont raison de demander à être mieux payés,
00:29:09 parce qu'ils vont avoir beaucoup plus de travail,
00:29:11 mais à partir du moment où on a beaucoup plus de travail,
00:29:14 les heures supplémentaires, elles leur seront payées,
00:29:16 ou ce sera sous forme de RTD, ou elles seront payées,
00:29:18 mais de là à bloquer le pays, et exiger,
00:29:20 parce que là, ils exigent, des primes supplémentaires,
00:29:23 alors qu'en plus, les cheminots, ils sont en permanence en grève,
00:29:26 toutes les occasions sont bonnes pour nous casser les pieds,
00:29:29 chaque fois, c'est pendant les vacances, évidemment,
00:29:31 c'est tellement facile, ça va mal finir,
00:29:33 un jour ou l'autre, ça va finir en drame.
00:29:35 Mais c'est ce que je dis, tous ces syndicalistes qu'on voit sur les plateaux télé,
00:29:38 ils ne sont pas sur les quais à expliquer aux citoyens français
00:29:40 pourquoi ils font grève, ils se font déchirer.
00:29:43 - Ça me fait penser au moment du Covid,
00:29:45 on voyait plein de médecins dans les émissions,
00:29:46 et nous, on les suivait, des missions, des missions,
00:29:48 on disait "tiens, aujourd'hui, il est à RTL à 9h",
00:29:50 "tiens, il est sur telle autre radio concurrente à 10h",
00:29:54 "tiens, il est sur LCI", "tiens, il est sur BFM",
00:29:56 "tiens, il est sur CNews", et à la fin de la journée,
00:29:58 on se rendu compte que le gars qui venait dire
00:30:00 "on manque de bras à l'hôpital",
00:30:02 il n'était pas allé à l'hôpital de la journée,
00:30:04 il avait passé sa journée sur les plateaux télé.
00:30:06 - Bah, c'est ça, en ce moment, les syndicalistes,
00:30:08 ils sont sur les plateaux, ils ne sont pas à conduire leur train
00:30:10 à 3 500 euros par mois.
00:30:12 - Je ne sais pas si on peut faire la comparaison,
00:30:13 ils vont m'en vouloir, mais bon, je voulais raconter cette anecdote.
00:30:15 Michel, attendez, ne bougez pas Marc !
00:30:17 J'ai l'impression que Michel n'est pas d'accord avec Marc.
00:30:19 Bonjour, mon cher Michel.
00:30:20 - Bonjour, Eric.
00:30:22 - Alors, vous n'êtes pas d'accord avec ce que dit Marc ?
00:30:24 - Non, je ne suis pas d'accord avec ce que dit Marc,
00:30:26 mais je peux entendre ce que dit Marc.
00:30:29 Mais je pense surtout que les syndicats,
00:30:32 dans leur ensemble, que ce soit
00:30:34 à l'EDF, à la SNCF, à la RATP,
00:30:37 mais aussi dans toute la fonction publique,
00:30:39 ils ont raison de profiter de cette occasion.
00:30:41 La réforme des retraites, le gouvernement est passé en force.
00:30:44 Là, pourquoi ne pas faire pareil ?
00:30:47 Pourquoi ne pas utiliser les mêmes armes ?
00:30:49 Je suis désolé, on nous a imposé une réforme des retraites,
00:30:51 mais c'est l'occasion rêvée,
00:30:53 mais alors rêvée de peut-être, je ne sais pas,
00:30:56 de tout envisager, de tout faire,
00:30:58 pour essayer de les faire revenir en arrière.
00:31:00 - Oui, mais sauf que vous partez du principe que
00:31:03 le gouvernement égale les syndicats.
00:31:05 Mais en fait, le gouvernement, il est plutôt mu
00:31:07 par l'intérêt général, c'est-à-dire l'intérêt de 67 millions de Français,
00:31:11 et les syndicats...
00:31:13 - 67 millions de Français ?
00:31:15 Mais attendez, il n'y a pas 67 millions de Français
00:31:17 qui ont élu Macron déjà, pour commencer ?
00:31:19 - Non, mais la notion d'équilibre,
00:31:21 ce que je veux dire, c'est que la mission
00:31:23 de l'action publique d'un gouvernement,
00:31:26 c'est l'intérêt général, même s'il a été élu par X%.
00:31:29 - L'intérêt général ?
00:31:31 - Alors que la CGT, par exemple, ou Sud Rail,
00:31:33 je ne suis pas certain que ce soit l'intérêt général.
00:31:35 On voit bien que là, il s'agit d'une prime...
00:31:38 - Oui, en l'occurrence, dans le cas présent,
00:31:40 je suis d'accord pour le cas présent de la SNCF,
00:31:44 en ce qui concerne Sud Rail et la CGT.
00:31:47 Mais moi, je vous parle quand même
00:31:49 dans sa globalité, sa fonction publique,
00:31:51 dans sa globalité, que ce soit les pompiers
00:31:53 qui ont les mêmes problèmes actuellement,
00:31:55 les servir d'urgence dans les hôpitaux.
00:31:57 Franchement, comment ça va se passer
00:31:59 pendant les Jeux Olympiques ?
00:32:01 Vous pouvez me dire comment.
00:32:02 Ils vont être surchargés,
00:32:03 ils vont avoir un surcroît de travail énorme.
00:32:05 On en a tenu compte, ça ?
00:32:06 La réforme des hôpitaux en l'année où,
00:32:08 par rapport à tous les engagements
00:32:10 qu'avait pris Macron.
00:32:11 Je pense que justement, les JO,
00:32:13 c'est une belle occasion pour mettre la pression
00:32:15 au gouvernement par tous les moyens.
00:32:16 Vous êtes favorable à ça, par exemple,
00:32:17 quand on interrompt une étape du Tour de France,
00:32:20 quand on arrête une étape du Tour de France
00:32:21 en pleine route ?
00:32:22 Mais bien sûr !
00:32:23 Là, c'est un sujet sensible, en plus,
00:32:25 en ce qui me concerne.
00:32:26 Je suis un passionné de cyclisme,
00:32:27 je suis un ancien cycliste moi-même.
00:32:29 Ça tombe bien, Eric.
00:32:30 Mais c'est vrai que ce n'est pas agréable
00:32:33 d'arrêter une étape du Tour de France.
00:32:36 Mais si c'est le seul moyen de se faire entendre,
00:32:38 voilà, c'est tout, pourquoi pas ?
00:32:40 Mais pourquoi pas ? Malheureusement.
00:32:42 Mais attendez, il n'y a pas que les mêmes choses.
00:32:44 Très intéressant.
00:32:46 Restez, je veux qu'on continue à parler de ça.
00:32:48 Je ne suis pas d'accord avec vous du tout.
00:32:49 A tout de suite, mon cher Michel.
00:32:50 Envoyez le nouveau message sur l'application RTL
00:32:53 ou appelez-nous au 3210.
00:32:55 50 centimes la minute.
00:32:56 Les auditeurs ont la parole avec Eric Brunet sur RTL.
00:33:00 Bonjour RTL.
00:33:02 Au sujet de ces entreprises étatiques,
00:33:05 semi-étatiques, para-étatiques,
00:33:07 qui ont décidé de profiter des JO
00:33:11 pour demander des primes, des augmentations
00:33:15 et tout ce qui s'en suit,
00:33:17 je trouve ça purement désolant.
00:33:21 Ce sont des entreprises qui ont un pouvoir de nuisance
00:33:25 sur les citoyens, sur les Français.
00:33:28 Et les Français, ils n'en peuvent plus.
00:33:31 Ça suffit.
00:33:32 On était avec Michel tout à l'heure,
00:33:34 fan de bicyclette, de vélo, de cyclisme.
00:33:37 Vous me disiez, si on doit arrêter
00:33:39 une étape du Tour de France l'été pour être entendu.
00:33:43 Mais je ne suis pas d'accord avec vous, Michel.
00:33:45 Il y a des tas de gens qui règlent leurs problèmes
00:33:48 plutôt dans la discrétion.
00:33:49 C'est trop facile parce qu'on a tous des problèmes.
00:33:51 On a tous envie d'être entendu.
00:33:52 Il y a 67 millions de Français, Michel,
00:33:54 qui veulent être entendu.
00:33:55 On a tous un problème social.
00:33:57 Tout le monde aimerait gagner plus d'argent.
00:33:59 Tout le monde.
00:34:00 Mais enfin, on ne va pas.
00:34:01 Alors, votre argument, s'il n'y a que ça pour être entendu.
00:34:04 Mais oui, s'il n'y a que ça.
00:34:05 Alors, dans ce cas, pour être entendu,
00:34:06 on peut aller tuer son voisin.
00:34:08 Alors, s'il n'y a que ça pour être entendu.
00:34:10 Je ne suis pas d'accord avec cet argument, Michel.
00:34:12 Moi, j'ai entendu Benoît tout à l'heure
00:34:14 qui disait comme moi,
00:34:15 il faut utiliser les moyens que l'on a.
00:34:17 Je suis désolé.
00:34:18 Il n'y en a pas d'autres.
00:34:19 Mais non, mais un médecin ne va pas cesser
00:34:22 de soigner son patient qui est en urgence cardiaque.
00:34:25 Absolue !
00:34:26 Enfin, il y a quand même des limites.
00:34:28 Éric, c'est normal.
00:34:29 Je pense que les pompiers, les médecins,
00:34:32 les infirmiers qui travaillent dans les services d'urgence,
00:34:34 la médecine et bien d'autres, la police et compagnie,
00:34:37 évidemment que eux, quand c'est urgent,
00:34:38 ils ne vont pas faire grève.
00:34:39 Mais ils ont le respect.
00:34:40 Ils ont le respect des autres, quand même.
00:34:42 C'est la priorité.
00:34:43 Mais non, mais c'est la même chose.
00:34:45 Si vous voulez une augmentation de votre salaire
00:34:47 de 5%, Michel,
00:34:48 est-ce que vous allez arrêter une étape du Tour de France
00:34:51 parce que vous voulez, dans votre entreprise,
00:34:53 votre patron ne veut pas vous augmenter de 5%, par exemple ?
00:34:56 Non !
00:34:57 Il y a quand même un noceau qui s'appelle la décence.
00:34:59 Oui, non.
00:35:00 Mais je suis d'accord.
00:35:01 C'est un exemple peut-être excessif, l'étape.
00:35:03 Mais ce n'est pas l'étape du Tour de France.
00:35:05 Je ne sais pas ce qu'il y a de plus intelligent à faire.
00:35:07 Je suis tout à fait d'accord avec vous.
00:35:09 Mais bon, d'autant plus, comme je vous ai dit,
00:35:11 j'adore le cyclisme.
00:35:12 Mais ce n'est pas le débat.
00:35:13 La question n'est pas là.
00:35:14 La question, elle, est qu'il faut se donner les moyens
00:35:17 de pouvoir faire changer d'optique ce gouvernement.
00:35:21 Attendez, vous me dites que la majorité des gens
00:35:25 sont contre les grèves de la SNCF, de la RATP, que sais-je.
00:35:29 OK, c'est vrai.
00:35:30 Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas d'accord.
00:35:32 Mais bon, OK, ça porte des nuisances, je suis d'accord.
00:35:34 Mais le gouvernement, il est passé en force avec sa réforme des retraites,
00:35:37 alors qu'il y avait plus de 70% des gens qui n'en voulaient pas.
00:35:39 Mais ça n'est pas symétrique, ça n'est pas la même chose.
00:35:42 Le gouvernement a des outils prévus par la loi
00:35:44 pour prendre parfois des mesures qui ne sont pas...
00:35:47 Eh ben les grèves, ce sont des outils prévus par la politique.
00:35:50 L'abrogation de la peine de mort, il y avait une majorité des Français
00:35:53 qui étaient contre, ils l'ont fait.
00:35:55 Le droit de grève est un droit légal.
00:35:58 C'est aussi un outil mis en place.
00:36:01 Vous avez raison.
00:36:04 Le gouvernement passe en force avec des lois que 49.3,
00:36:07 parce qu'il a le droit de le faire.
00:36:09 Les travailleurs ont le droit de passer en force.
00:36:11 Il y a une autre notion que j'introduis, encore une fois.
00:36:14 Le chirurgien ne va pas laisser...
00:36:17 Je prends un exemple excessif, il ne va pas laisser en plan
00:36:20 son patient en urgence cardiaque.
00:36:23 Bon, j'ai pris un exemple excessif.
00:36:25 Mon Michel, quel est le plus grand champion cycliste de tous les temps pour vous ?
00:36:28 Ah, pour moi, j'étais un fan de Bernard Hinault,
00:36:32 et puis Eddy Merckx, évidemment.
00:36:34 On est pareil, Michel.
00:36:36 Moi je suis Bernard Hinault, en deuxième,
00:36:38 et Eddy Merckx en premier.
00:36:40 C'est un peu ça.
00:36:42 Merci, attendez, attendez, on continue sur notre débat.
00:36:45 Lucas, mon cher Lucas, bonjour.
00:36:47 Oui, bonjour.
00:36:48 Est-ce que les syndicats de la SNCF ont raison
00:36:51 de faire grève aujourd'hui, de menacer les JO ?
00:36:54 Oui, je pense que oui, parce que
00:36:57 déjà, il faut bien replacer le débat.
00:37:00 Les JO, ce n'est pas pour nous,
00:37:02 en tout cas, ce n'est pas pour moi.
00:37:04 Moi, je suis travailleur en restauration.
00:37:06 Pendant trois semaines, un mois, je vais me faire déglinguer
00:37:09 à faire des heures supplémentaires
00:37:12 pour pouvoir servir des plats à des personnes
00:37:15 qui vont claquer 3, 4, 10, 15 000 euros
00:37:18 dans des logements qui seront devenus des AirBnB,
00:37:21 où des gens vont se faire expulser.
00:37:23 Et ces personnes qui seront expulsées des logements
00:37:26 où on en fait des AirBnB pour des touristes,
00:37:29 toutes ces personnes-là ne peuvent pas participer aux JO.
00:37:32 La seule chose qu'on peut se faire, c'est les voir dans notre télé,
00:37:35 mais on ne pourra pas les vivre, on ne peut pas avoir de tickets.
00:37:37 Moi, par exemple, je suis menacé d'expulsion
00:37:40 de mon logement depuis la fin de la crise du virus,
00:37:42 parce que j'ai du mal à payer mes loyers,
00:37:44 j'ai du mal à payer mes factures.
00:37:46 Je suis obligé de frauder, justement, on parle de la grève,
00:37:48 je suis obligé de frauder la SNCF pour aller voir mes parents,
00:37:50 parce que j'ai du mal à payer des tickets,
00:37:52 parce que la SNCF, les prix ont explosé
00:37:55 ces dernières années, et ils n'ont pas explosé
00:37:57 à cause des travailleurs de la SNCF,
00:37:59 ils ont explosé parce qu'il y a des politiques économiques
00:38:02 qui sont menées et qui ne sont pas en faveur
00:38:04 d'un service public qui tient la route.
00:38:06 Voilà, c'est pour ça que je soutiens la grève de la SNCF,
00:38:09 c'est pour ça que je soutiens les personnes
00:38:12 qui font grève maintenant, parce que nous,
00:38:15 on galère et les JO, ce n'est pas pour nous.
00:38:17 C'est pour des gens qui ont les moyens
00:38:20 de se claquer 20 000 balles pendant 3 semaines
00:38:22 pour le logement, la bouffe et les tickets.
00:38:24 - Oui, il y a des gens qui ne vont pas payer ça,
00:38:27 qui vont voir les JO, mais j'entends votre argument.
00:38:30 Lucas, Eric, vous entend également un autre Eric,
00:38:32 pas moi, bonjour Eric.
00:38:34 - Oui, bonjour.
00:38:35 - Vous avez entendu Lucas ?
00:38:37 - Oui, mais bon, moi ce que je voulais dire,
00:38:39 c'est surtout par rapport au 49.3,
00:38:42 ce qu'on a fait par rapport aux retraites,
00:38:44 et là, on ne s'est pas entendu parler,
00:38:46 les syndicats de la SNCF, concernant
00:38:48 ce qu'ils ont pu négocier pour les retraites.
00:38:50 - Quel coût incroyable, ils sont revenus
00:38:53 avec la direction de la SNCF il y a 15 jours
00:38:55 à un régime spécial SNCF.
00:38:58 - Et l'État n'a rien dit.
00:39:00 - Non.
00:39:01 - Donc ce n'est pas du foutage de gueule,
00:39:03 c'est inadmissible ce qui s'est passé.
00:39:05 On voit bien d'ailleurs que le président de la SNCF
00:39:07 va se faire immogé.
00:39:09 - Il ne faut pas être trop tard, le truc est signé
00:39:11 et ils auront toujours une retraite
00:39:13 bien anticipée par rapport à la moyenne des Français.
00:39:16 - Voilà, et ça s'est passé, on n'en a pas entendu parler.
00:39:19 Et c'est dommage que, je pense que
00:39:21 au niveau des journalistes, on aurait dû
00:39:23 certainement remonter un peu plus l'information
00:39:25 parce que c'est un scandale.
00:39:27 - Moi je n'en ai pas parlé, je peux vous dire que j'ai fait
00:39:29 une émission spéciale dessus.
00:39:31 - Donc quand on voit, moi j'ai une petite entreprise,
00:39:33 quand on voit tout le privé, on n'entend pas
00:39:35 parler le privé, on ne voit pas le privé dans la rue.
00:39:37 Tous ces gens-là, nous on travaille plus de 50 à 70 heures
00:39:39 par semaine, on ne bronche pas, on fait notre travail,
00:39:41 on paye nos impôts, on paye nos charges,
00:39:43 on ne descend pas dans la rue.
00:39:45 Donc on est là parce qu'on doit travailler,
00:39:47 on n'a pas trop le choix,
00:39:49 on entend tout ce qui se passe en ce moment, mais on se marche sur la tête.
00:39:51 C'est inadmissible.
00:39:53 Tout ce qui peut se passer en France,
00:39:55 c'est du n'importe quoi.
00:39:57 Donc on fait des réformes, on passe en force
00:39:59 et de l'autre côté,
00:40:01 moi je suis une... Vraiment, j'ai vraiment
00:40:03 beaucoup de mal à comprendre ce qui se passe en ce moment.
00:40:05 Et ça va dégénérer parce que c'est pas possible.
00:40:07 On ne peut pas continuer comme ça.
00:40:09 - Bien, merci Eric,
00:40:11 merci Lucas, de position un peu
00:40:13 irréconciliable, mais c'est la France,
00:40:15 mesdames, messieurs, le débat, la France devrait être inscrit
00:40:17 en patrimoine mondial de l'UNESCO d'ailleurs.
00:40:19 Et je ne plaisante pas quand je dis ça.
00:40:21 Le débat à la française, quand vous pensez que
00:40:23 dans les pays anglo-saxons, on n'a pas le droit de parler
00:40:25 de politique à table ou de religion à table,
00:40:27 nous on ne se gêne pas, et c'est bon,
00:40:29 et on s'engueule parfois, vous avez vu,
00:40:31 Eric n'est pas du tout sur la même ligne que Lucas,
00:40:33 ce jeune de 25 ans, mais
00:40:35 c'est la France, c'est l'opinion,
00:40:37 et c'est magique et c'est beau.
00:40:39 Voilà, dans un instant, il faut qu'on parle quand même
00:40:41 de ces 7200 restaurants qui ont
00:40:43 fermé l'année dernière en France.
00:40:45 7200 restaurants,
00:40:47 ils ont baissé le rideau de fer,
00:40:49 et ils ne le remonteront pas,
00:40:51 c'est 44% de plus
00:40:53 par rapport à 2022.
00:40:55 Pourquoi ? Comment est-ce possible ?
00:40:57 C'est quoi ? C'est le remboursement des PGE ?
00:40:59 C'est le prix de l'électricité ?
00:41:01 La fiscalité ? L'inflation ? Le pouvoir d'achat ?
00:41:03 Il faut qu'on comprenne.
00:41:05 Appelez-moi au 3210, à tout de suite.
00:41:07 13h, 14h30,
00:41:09 les auditeurs ont la parole
00:41:11 avec Eric Brunet sur RTL.
00:41:13 13h, 14h30,
00:41:17 les auditeurs ont la parole
00:41:19 avec Eric Brunet sur RTL.
00:41:21 Vous écoutez,
00:41:23 les auditeurs ont la parole, et il faut
00:41:25 qu'on s'en parle de ce sujet.
00:41:27 7200 restaurants ont fermé
00:41:29 en France l'année dernière.
00:41:31 Ça nous fait une hausse de 44%
00:41:33 par rapport à 2022.
00:41:35 On va d'abord aller faire un petit tour
00:41:37 du côté du répondeur des auditeurs, Eric ?
00:41:39 Si vous voulez, alors allez-y.
00:41:41 On reçoit plein de messages.
00:41:43 Alors que les JO donnent lieu à des coups de pression
00:41:45 de la SNCF, on en parlait il y a quelques minutes
00:41:47 avec les auditeurs, à deux mois de la cérémonie d'ouverture,
00:41:49 la Flamme Olympique continue son parcours.
00:41:51 Stéphane a assisté
00:41:53 à son passage. Il nous raconte
00:41:55 au 3210.
00:41:57 Bonjour à toute l'équipe d'auditeurs. Je voulais vous laisser ce message
00:41:59 car tôt ce matin, j'ai assisté à Anglette
00:42:01 au passage-relais de la Flamme Olympique.
00:42:03 Je vous avoue, quel bonheur de voir ses sourires
00:42:05 aux porteurs de la Flamme et du public qui étaient
00:42:07 bien présents, car la Flamme, c'est une fois
00:42:09 dans notre vie, celle en France qu'on aime,
00:42:11 de la voir sourire. Bonne émission !
00:42:13 Et alors qu'Emmanuel Macron va se rendre
00:42:15 dès ce soir en Nouvelle-Calédonie,
00:42:17 Marie-Noël nous a laissé un message
00:42:19 au sujet de sa petite
00:42:21 fille coincée sur place.
00:42:23 Ma petite fille, Chloé,
00:42:25 est partie en Nouvelle-Calédonie
00:42:27 fin avril, afin de
00:42:29 réaliser un stage d'un mois.
00:42:31 Dans le cadre de ses études
00:42:33 de sage-femme, depuis
00:42:35 maintenant plus d'une semaine,
00:42:37 elle se retrouve confinée
00:42:39 dans un appartement
00:42:41 de location et n'a quasiment plus
00:42:43 rien à manger. Comment
00:42:45 peut-on laisser
00:42:47 des ressortissants de métropole
00:42:49 dans cette situation ?
00:42:51 Je suis une mamie totalement désespérée.
00:42:53 Et on entend le
00:42:55 désarroi de Marie-Noël, impuissante à
00:42:57 20 000 km de sa petite fille.
00:42:59 Vous pouvez nous laisser des messages au 3210
00:43:01 et sur l'application RTL, on les
00:43:03 écoute tous.
00:43:05 Jusqu'à 14h30
00:43:07 Éric Brunet vous donne la
00:43:09 parole sur RTL.
00:43:11 Oui, les amis,
00:43:13 c'était vos messages. Donc j'en revenais
00:43:15 à ce que je vous disais tout à l'heure,
00:43:17 j'en reviens à ce que je vous disais tout à l'heure.
00:43:19 7200 restaurants fermés
00:43:21 en France l'année dernière, c'est une hausse
00:43:23 considérable de 44%
00:43:25 par rapport à
00:43:27 2022. Comment faire pour
00:43:29 enrayer ce phénomène ?
00:43:31 D'où ça vient ? Pour quelles raisons ? Est-ce que c'est l'inflation ?
00:43:33 Est-ce que c'est le remboursement des
00:43:35 PGE consentis par l'État, qu'il
00:43:37 faut rembourser maintenant, au moment du
00:43:39 Covid ? Nous sommes avec Philippe
00:43:41 Hamsalac, il est ancien restaurateur.
00:43:43 Il a eu de belles adresses
00:43:45 à Paris. Il est désormais, Philippe, consultant
00:43:47 en restauration. Bonjour
00:43:49 Philippe Hamsalac. - Bonjour Éric Brunet.
00:43:51 - Bon, ben voilà.
00:43:53 7200 restaurants
00:43:55 qui ont baissé définitivement
00:43:57 le rideau de fer. C'est un chiffre
00:43:59 assez considérable,
00:44:01 les professionnels sont
00:44:03 vraiment
00:44:05 estomaqués par ce chiffre, Philippe Hamsalac.
00:44:07 - Ben oui, mais
00:44:09 je ne vais pas vous dire que c'était
00:44:11 prévisible, mais la façon
00:44:13 dont on a géré la restauration
00:44:15 pendant le Covid, à mon
00:44:17 avis, a été
00:44:19 précurseur de ce qui se passe aujourd'hui.
00:44:21 On a fermé extrêmement
00:44:23 longtemps par rapport à beaucoup d'autres
00:44:25 pays. Je ne crois pas dire de bêtise, mais je crois qu'on
00:44:27 a fermé plus de 9 mois en tout.
00:44:29 Il faut compter qu'il y a une partie des
00:44:31 ouvertures qui étaient avec des jauges.
00:44:33 Vous ne pouvez pas résister.
00:44:35 Alors, ceux qui ont résisté,
00:44:37 c'est peut-être ceux qui étaient
00:44:39 soit propriétaires de leur
00:44:41 mur, car ils avaient
00:44:43 pas de problème de
00:44:45 loyer impayé, ou
00:44:47 ceux qui avaient déjà des affaires
00:44:49 extrêmement établies.
00:44:51 Et puis, en août, tous les gens qui étaient
00:44:53 un peu déjà en difficulté
00:44:55 ou sur la corde raide
00:44:57 sont tombés quelques mois
00:44:59 après. Rien de surprenant pour moi.
00:45:01 - Oui.
00:45:03 Après, il y a la hausse
00:45:05 de la fiscalité, la hausse de l'énergie,
00:45:07 pouvoir d'achat, inflation...
00:45:09 - C'est un tout. Quand vous
00:45:11 payez 5 000 euros d'électricité
00:45:13 et qu'on vous envoie des factures de 18 000,
00:45:15 c'est sûr que...
00:45:17 D'abord, les prix ont augmenté, je ne sais pas
00:45:19 si vous avez tous dû le remarquer,
00:45:21 les prix ont beaucoup augmenté dans la restauration.
00:45:23 Donc l'énergie,
00:45:25 le prix des matières premières
00:45:27 s'est envolé en 2023,
00:45:29 c'est un peu
00:45:31 revenu à la normale, mais ça ne
00:45:33 ne reviendra pas comme en 2022.
00:45:35 C'est un phénomène, c'est une
00:45:37 conjoncture de beaucoup de choses
00:45:39 qui ont amené ces faillites,
00:45:41 et à mon avis, ce n'est pas terminé.
00:45:43 - Restez avec nous, vous pouvez rester quelques minutes de plus,
00:45:45 Philippe Amsalac ? - Bien sûr.
00:45:47 - Restez avec nous dans un instant, si vous êtes restaurateur
00:45:49 vous-même, si vous voulez prendre la parole,
00:45:51 sur ces 7 200 restaurants
00:45:53 qui ont fermé l'année dernière dans notre
00:45:55 doux pays de France, et bien je vous passerai le micro.
00:45:57 A tout de suite. Jean-Alphonse Richard vient d'entrer dans le
00:45:59 studio, Jean-Alphonse. - Bonjour, Éric Brunet.
00:46:01 - Vous avez vu comme je coupe le sifflet à tout le monde
00:46:03 quand vous entrez dans le studio ? - Oui, évidemment.
00:46:05 - De quoi va-t-il
00:46:07 être question ? - Écoutez, dans l'heure du crime,
00:46:09 on va aller se promener entre les Etats-Unis
00:46:11 et Paris avec l'affaire June Hopkins.
00:46:13 Que s'est-il passé dans la tête de
00:46:15 cette Américaine pour qu'elle décide
00:46:17 de tuer un Français dont elle est
00:46:19 des folles amoureuses, Grégoire Loticier ?
00:46:21 Elle l'avait rencontrée, figurez-vous, dans un
00:46:23 train légendaire, l'Orient Express.
00:46:25 Sauf que, évidemment, dans
00:46:27 cette affaire, le roman rose va
00:46:29 virer au roman noir.
00:46:31 Paranoïa, névrose,
00:46:33 mais aussi des questions d'argent.
00:46:35 Qu'est-ce qui s'est passé
00:46:37 dans ce couple pour que tout dérape ?
00:46:39 Pourquoi faire des milliers de kilomètres
00:46:41 si ce n'est pour assouvir une sombre vengeance ?
00:46:43 Mais encore pourquoi ? Pour l'argent, peut-être ?
00:46:45 Ou bien tout simplement pour
00:46:47 anéantir un homme, qui sait ?
00:46:49 C'est la curieuse affaire
00:46:51 June Hopkins.
00:46:53 On est un peu dans du Hitchcock,
00:46:55 par certains moments, et dans
00:46:57 une pression intense.
00:46:59 L'affaire June Hopkins, 14h30, RTL.
00:47:01 - Merci, Jean-Alphonse.
00:47:03 A tout de suite, on continue,
00:47:05 Mesdames, Messieurs, sur les restaurateurs
00:47:07 qui n'en peuvent plus de fermer boutique.
00:47:09 A tout de suite.
00:47:11 RTL en vidéo, sur l'appli RTL.
00:47:13 RTL.
00:47:17 - RTL, il est 14h01.
00:47:19 ...
00:47:21 ...
00:47:23 C'est l'heure du rappel des titres
00:47:25 avec Lisa Marie Marques.
00:47:27 Lisa Marie à la une, après 8 jours
00:47:29 des meutants. Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron
00:47:31 va donc se rendre sur place dès ce soir.
00:47:33 - Le président de la République doit y installer
00:47:35 une mission. L'annonce a été
00:47:37 faite à l'issue du Conseil des ministres.
00:47:39 Par ailleurs, des vols sont mis en place
00:47:41 dès aujourd'hui pour évacuer des touristes
00:47:43 coincés sur l'archipel.
00:47:45 - Des blessés et un mort après de fortes
00:47:47 turbulences sur un vol.
00:47:49 Un vol régulier en provenance de Londres.
00:47:51 - Un vol de la compagnie Singapour Airlines
00:47:53 qui reliait Londres à Singapour
00:47:55 et qui a dû être redirigée vers Bangkok.
00:47:57 Une trentaine de passagers
00:47:59 a été blessés et un passager est décédé
00:48:01 à bord du Boeing 777.
00:48:03 Les circonstances ne sont
00:48:05 pas encore claires. La compagnie
00:48:07 a présenté ses condoléances
00:48:09 à la famille du passager
00:48:11 décédé. - Je n'ai même pas imaginé
00:48:13 à quel point ça a bougé pour que
00:48:15 30 personnes soient blessées à l'intérieur
00:48:17 d'un avion de vie et une personne décédée.
00:48:19 C'est fou, j'espère qu'on en saura davantage.
00:48:21 La Cour pénale internationale,
00:48:23 la CPI, qui est sous le feu des
00:48:25 critiques, de beaucoup de critiques
00:48:27 sauf celle de la France d'ailleurs. - Oui, alors que
00:48:29 le procureur de la CPI a requis des
00:48:31 mandats d'arrêt contre le Premier ministre
00:48:33 israélien et contre trois dirigeants
00:48:35 du Hamas pour des crimes de guerre présumés.
00:48:37 L'Allemagne ou l'Italie
00:48:39 critiquent ces demandes de mandats d'arrêt qui
00:48:41 placent Israël et le Hamas sur le même
00:48:43 plan. La France, elle, a rappelé
00:48:45 cette nuit son soutien à la Cour pénale
00:48:47 internationale tout en condamnant les
00:48:49 massacres du 7 octobre et les pertes
00:48:51 civiles dans la bande de Gaza. - Et puis un point sur la
00:48:53 météo. - Demain, mercredi,
00:48:55 éclaircie, passage nuageux et
00:48:57 averse au programme. Le ciel
00:48:59 sera plus dégagé sur le littoral méditerranéen
00:49:01 avec du vent jusqu'à 60
00:49:03 km/h. Les températures
00:49:05 bougeront un peu le matin, 10
00:49:07 à 14 degrés en général.
00:49:09 Les auditeurs ont la parole
00:49:11 jusqu'à 14h30 sur RTL.
00:49:13 Eric Brunet.
00:49:15 - 7200 restaurants
00:49:17 ont fermé selon l'UMI en France
00:49:19 l'année dernière et je le redis, c'est une hausse de
00:49:21 44% par rapport à 2022.
00:49:23 Benoît,
00:49:25 bonjour, vous avez fait le 32/10, vous êtes restaurateur ?
00:49:27 - Oui, tout à fait.
00:49:29 Bonjour. - Bonjour.
00:49:31 - Et bonjour à tous les auditeurs d'RTL.
00:49:33 - Comment comprenez-vous,
00:49:35 comment expliquez-vous ces chiffres
00:49:37 qui sont considérables ?
00:49:39 - Considérables et alarmants.
00:49:41 Alors, il y a plusieurs facteurs.
00:49:43 Effectivement, il y a eu la crise du Covid
00:49:45 qui a été compliquée.
00:49:47 Voilà, donc les restaurateurs
00:49:49 ont été aidés par le gouvernement
00:49:51 grâce au PGE.
00:49:53 Et donc, effectivement, depuis un an et quelques,
00:49:55 les restaurateurs remboursent les PGE.
00:49:57 Voilà. En face
00:49:59 de ça, effectivement... - Vous remboursez,
00:50:01 vous remboursez le PGE ? - Ah oui, bien sûr.
00:50:03 Oui, bien sûr, oui, on rembourse.
00:50:05 - C'est de quel niveau, c'est quel
00:50:07 pourcentage, je ne sais pas, de votre
00:50:09 chiffre d'affaires ? - Ça dépend
00:50:11 de ce que vous avez emprunté, mais nous,
00:50:13 ça représente à peu près
00:50:15 on va dire entre 5 et 10%
00:50:17 de notre chiffre d'affaires mensuel.
00:50:19 En face de ça,
00:50:21 si vous voulez, on a,
00:50:23 notamment pour les restaurateurs qui travaillent beaucoup le midi,
00:50:25 on a beaucoup moins de salariés
00:50:27 de bureau à cause
00:50:29 du télétravail. Donc on a un chiffre
00:50:31 d'affaires qui redescend un petit peu.
00:50:33 Des charges qui augmentent. On a aussi
00:50:35 subi l'augmentation
00:50:37 du prix de l'énergie. Voilà.
00:50:39 Depuis un an et quelques.
00:50:41 Donc effectivement, ça fait
00:50:43 beaucoup. - Vous avez des copains autour de vous
00:50:45 qui ont été obligés de fermer boutique ?
00:50:47 - Ah oui, oui, bien sûr. Oui, plein.
00:50:49 Plein, parce qu'effectivement, ils ont essayé de renégocier
00:50:51 les PGE, de les étaler
00:50:53 un peu plus dans le temps, et c'était très compliqué.
00:50:55 Voilà. Facture d'électricité,
00:50:57 vraiment un exemple tout bête.
00:50:59 J'arrivais en fin de contrat au mois de juin
00:51:01 avec EDF, donc du coup, je suis
00:51:03 retombé sur les tarifs normaux, et au mois de décembre,
00:51:05 j'ai eu une facture de 4 800 €.
00:51:07 Voilà, pour vous donner un ordre d'idée.
00:51:09 Donc...
00:51:11 - C'est lié à quoi ? C'est lié à l'augmentation des tarifs ?
00:51:13 C'est lié à quoi, 4 800 € ?
00:51:15 - Ah oui, c'est lié
00:51:17 à l'augmentation des tarifs, oui, bien sûr.
00:51:19 Les tarifs d'électricité se sont envolés.
00:51:21 Donc voilà, après j'ai réussi effectivement
00:51:23 à appeler EDF
00:51:25 et à renégocier effectivement un tarif
00:51:27 décembre. - Ils acceptent ?
00:51:29 - Oui, oui, oui, ils acceptent.
00:51:31 Si on s'engage
00:51:33 effectivement sur la durée, ils acceptent.
00:51:35 Mais effectivement, ça fait beaucoup. Après moi, je suis pas
00:51:37 trop impacté par ça, parce que
00:51:39 le midi, je suis plutôt une table d'affaires,
00:51:41 je fais pas de volume, je fais plus de la qualité.
00:51:43 Mais mes voisins et amis
00:51:45 effectivement sont très très impactés par ça.
00:51:47 - Vous êtes dans quel coin de France, vous, Benoît ?
00:51:49 - Alors moi, je suis à Paris, dans le 17ème.
00:51:51 Pas loin des bureaux d'RTL.
00:51:53 - Ah d'accord, très bien. On va venir vous voir.
00:51:55 Si j'étais taquin,
00:51:57 je vous demanderais le nom de votre restaurant.
00:51:59 Allez-y, donnez-le nous.
00:52:01 - Le Club 357.
00:52:03 Paris 17ème. Et d'ailleurs, on a
00:52:05 souvent effectivement les grands reporters d'RTL
00:52:07 qui viennent faire la fête chez nous.
00:52:09 - On saura tout, Benoît.
00:52:11 Bon, ben formidable, très bien.
00:52:13 Restez avec nous.
00:52:15 Je vais
00:52:17 prendre Christophe tout de suite, également
00:52:19 restaurateur. Bonjour Christophe.
00:52:21 - Bonjour Eric. - Vous êtes restaurateur, vous ?
00:52:23 - Alors, j'étais
00:52:25 restaurateur,
00:52:27 puisque j'ai fermé mon établissement
00:52:29 fin d'année dernière.
00:52:31 C'est vraiment très personnel.
00:52:33 Ce que je vais vous dire, c'est vraiment mon cas personnel.
00:52:35 On va pas en faire une généralité. Moi, c'est un choix de vie, en fait.
00:52:37 J'ai 54 ans et je m'étais
00:52:39 toujours dit qu'à 50 ans, je changerais
00:52:41 de métier. Je ferais un métier
00:52:43 avec une vie
00:52:45 un peu plus douce, on va dire, un peu moins
00:52:47 personnel.
00:52:49 Et donc, bon, ben,
00:52:51 le Covid étant passé par là, il a fallu que j'attende
00:52:53 un peu, mais donc j'ai fermé mon établissement pour
00:52:55 le mettre en vente. Alors, je pense que
00:52:57 mes collègues ont dit l'essentiel un peu,
00:52:59 que c'était prévisible, bien sûr, parce qu'après
00:53:01 une telle crise, c'était prévisible.
00:53:03 Il y a eu des plus hauts, ce qui ont impacté.
00:53:05 Il y a aussi eu une forte progression
00:53:07 d'autres formes de restauration, aussi.
00:53:09 Beaucoup de snacking.
00:53:11 On voit ce qu'on appelait le menu ouvrier,
00:53:13 vous savez, le menu du jour pas très cher,
00:53:15 qui permettait de restaurer
00:53:17 les personnes qui travaillent. Maintenant, on a
00:53:19 l'impression aussi qu'ils achètent du snacking en
00:53:21 grande surface, quitte à manger dans le camion,
00:53:23 quitte à, entre guillemets, pique-niquer.
00:53:25 On le voit de plus en plus.
00:53:27 Il y a aussi un autre phénomène,
00:53:29 il y a aussi le retour de la gamelle.
00:53:31 La gamelle faite à la maison.
00:53:33 Le Covid a donné plein
00:53:35 de vidéos, d'idées de recettes, etc.
00:53:37 Et on a l'impression aussi que les gens sont
00:53:39 venus un peu à la gamelle et on
00:53:41 cuinine à la maison et on emmène sur le chantier,
00:53:43 sur le bureau. - Beaucoup de salariés d'Hertel
00:53:45 font ce choix-là.
00:53:47 Surtout qu'il y a un petit
00:53:49 espace Hertel où
00:53:51 on va déjeuner.
00:53:53 - Bien sûr. Et puis,
00:53:55 il y a une autre forme de restauration aussi.
00:53:57 Vous avez entendu parler sans doute des dark kitchens,
00:53:59 c'est-à-dire des formes de restauration
00:54:01 où on cuine, mais sans établissement,
00:54:03 on ne sert pas à table, tout ça est livré.
00:54:05 Donc on mutualise les locaux.
00:54:07 Vous avez du chinois, de la crêperie, de la pizzeria,
00:54:09 etc. On mutualise
00:54:11 les locaux pour produire
00:54:13 et puis après tout ça est livré à domicile.
00:54:15 Alors, on vous dit
00:54:17 qu'il y a beaucoup de fermetures d'établissements,
00:54:19 mais est-ce que le solde est quand même
00:54:21 positif ? Est-ce qu'il y a eu beaucoup d'ouvertures aussi ?
00:54:23 - C'est la question qu'on pose. Que deviennent
00:54:25 ces milliers de restaurateurs
00:54:27 qui ferment boutiques ? C'est une vraie question.
00:54:29 On la posera dans un instant à Philippe
00:54:31 Hamsalac, consultant dans le monde de la
00:54:33 restauration, qui était lui-même un ancien restaurateur.
00:54:35 Et on a d'autres appels.
00:54:37 Thierry, par exemple. Tiens, vous êtes là, Thierry ?
00:54:39 - Oui, bonjour.
00:54:41 - Vous êtes restaurateur où ça, vous ?
00:54:43 - J'ai un armé dans les Vosges.
00:54:45 - Dans les Vosges. Je vous passerai le micro dans un instant.
00:54:47 À tout de suite.
00:54:49 - Eric Brunet vous donne la parole
00:54:51 sur RTL.
00:54:53 - Eric Brunet. - Les auditeurs ont la parole
00:54:55 sur RTL.
00:54:57 - Bonjour. Je vous appelle pour rebondir au sujet
00:54:59 des restaurateurs. Je suis restauratrice
00:55:01 dans les Alpes-Maritimes.
00:55:03 Et je voulais dire
00:55:05 qu'il y avait des soucis de matière
00:55:07 première qui augmentent aussi
00:55:09 l'électricité, le PGE
00:55:11 également, mais ça c'est
00:55:13 un risque. Mais le coût des
00:55:15 matières premières, c'est un gros
00:55:17 budget sur notre trésorerie. Voilà.
00:55:19 Merci.
00:55:21 - Intéressant. Viviane, c'est ça ?
00:55:23 Laetitia, pardon, je confonds.
00:55:25 C'est Laetitia qui vient de nous laisser ce message.
00:55:27 Thierry est restaurateur à Gérardmer dans les
00:55:29 Vosges. Thierry,
00:55:31 alors, en 30 secondes,
00:55:33 quels sont les... parce que j'ai beaucoup d'appels,
00:55:35 les points importants qui expliquent
00:55:37 cette véritable dégringolade,
00:55:39 ces milliers de restaurateurs
00:55:41 qui ont fermé l'an passé en France ?
00:55:43 - Je pense déjà
00:55:45 à la base que beaucoup devaient
00:55:47 survivre avant
00:55:49 le Covid. Donc
00:55:51 voilà le final. La deuxième chose,
00:55:53 le manque de personnel. Enorme.
00:55:55 Moi, je refuse des clients
00:55:57 tous les jours, les week-ends,
00:55:59 parce que je ne peux pas
00:56:01 servir les clients. Le manque de personnel.
00:56:03 Alors,
00:56:05 je dis tout le temps aux clients, "désolé,
00:56:07 on n'a pas de chômeurs en France.
00:56:09 Je suis obligé de vous refuser,
00:56:11 messieurs, dames, vous, travailleurs."
00:56:13 - Parce que vous vous battez
00:56:15 dans votre ville de Gérardmer pour trouver
00:56:17 des gens en service,
00:56:19 en cuisine, que vous
00:56:21 ne pouvez pas embaucher. Il n'y a pas
00:56:23 de candidat ? - Bah, cuisine,
00:56:25 salle, partout.
00:56:27 Il n'y a pas que la restauration dans tous les
00:56:29 corps de métier. - Ce sont des emplois
00:56:31 de quel
00:56:33 niveau de rémunération que vous proposez, Thierry ?
00:56:35 - Il n'y a pas une personne chez moi qui est payée
00:56:37 en-dessus du SMIC.
00:56:39 Donc, il ne faut pas dire les salaires, il ne faut pas dire les heures,
00:56:41 toutes les heures sont payées. Aujourd'hui, dans la restauration,
00:56:43 toutes les heures sont payées. Moi, j'ai 54 ans,
00:56:45 j'ai démarré à l'âge de 16 ans. On faisait
00:56:47 14 heures par jour, il y a 40 ans en arrière.
00:56:49 Aujourd'hui, c'est fini. Aujourd'hui,
00:56:51 vous êtes minimum à 35 heures, au-dessus du SMIC,
00:56:53 bien souvent. Et après, toutes les heures sont
00:56:55 rémunérées ou récupérables, avec des
00:56:57 congés. Je veux dire, le métier de la restauration...
00:56:59 - Philippe Hamsalac,
00:57:01 attendez-vous, j'ai pas Thierry, Philippe Hamsalac,
00:57:03 l'ancien restaurateur
00:57:05 qui est aujourd'hui
00:57:07 consultant dans la restauration, vous entendez
00:57:09 ce que dit Thierry ? Ça, on ne l'a pas évoqué.
00:57:11 Tout le monde est à peu près d'accord pour dire que
00:57:13 les lendemains du Covid, remboursement du
00:57:15 PGE, c'est dur. Que la hausse de
00:57:17 l'énergie, c'est dur. La fiscalité, l'inflation,
00:57:19 le pouvoir d'achat... Mais il est le premier, Thierry,
00:57:21 à nous parler de l'impossibilité d'embaucher,
00:57:23 Philippe Hamsalac ?
00:57:25 - En fait, c'est très régional.
00:57:27 À Paris, on a moins de difficultés
00:57:29 que dans d'autres
00:57:31 lieux.
00:57:33 Il a tout à fait raison. La restauration,
00:57:35 maintenant, paye les heures supplémentaires, récupère.
00:57:37 C'est des métiers qui ont complètement changé.
00:57:39 Quand j'entends des gens qui disent
00:57:41 la restauration, c'est des métiers difficiles,
00:57:43 ça l'est de moins en moins.
00:57:45 Les journées continuent, les coupures,
00:57:47 on dit, disparaissent.
00:57:49 Et maintenant, ce sont les salariés qui font leurs
00:57:51 horaires, qui vous disent ce qu'ils veulent, etc.
00:57:53 Donc, c'est vrai, c'est un sujet.
00:57:55 Mais je pense que la faillite,
00:57:57 en elle-même, elle est... Je pense que
00:57:59 les PGE, et la façon dont l'État
00:58:01 a géré les PGE, a été
00:58:03 assez dramatique, notamment avec la
00:58:05 dégradation de notre Banque de France,
00:58:07 qui a été, à mon avis, une erreur
00:58:09 majeure. Il aurait fallu dire
00:58:11 aux gens qui ont pris des PGE, c'est
00:58:13 surdisant et sans dégradation
00:58:15 de Banque de France. Au début,
00:58:17 les banques ont voulu
00:58:19 serrer les vis. Donc, si vous le preniez
00:58:21 sur trois ans, on vous enlevait,
00:58:23 on vous dégradait votre note
00:58:25 Banque de France, et vous ne pouviez plus emprunter.
00:58:27 Donc, plus d'investissement. Et tout ça, c'est une
00:58:29 cascade derrière. Je crois que
00:58:31 ça, là, il y a eu une erreur majeure.
00:58:33 Ils sont revenus dessus,
00:58:35 mais c'est très récent.
00:58:37 - Merci Philippe Amsalac. Blandine
00:58:39 nous appelle. Bonjour Blandine.
00:58:41 - Oui, bonjour. - Vous êtes restauratrice ?
00:58:43 - Voilà, tout à fait. Dans
00:58:45 un petit village en Sud-Corée,
00:58:47 à Aubazine. - D'accord, à Aubazine.
00:58:51 Vous avez vu ce chiffre ? 7200
00:58:53 restaurants fermés, c'est considérable.
00:58:55 C'est plus de 44% par rapport à l'année
00:58:57 dernière. - Tout à fait. Moi-même,
00:58:59 je compte fermer, là, cette fin
00:59:01 d'année, pour raison de retraite.
00:59:03 Mais si je n'étais pas à la retraite,
00:59:05 je pense que je ne continuerais pas non plus.
00:59:07 Parce qu'on est
00:59:09 à taille de charges d'augmentation.
00:59:11 Tout
00:59:13 augmente, en fait. Les charges
00:59:15 d'électricité, les énergies,
00:59:17 les fournitures, les producteurs,
00:59:19 etc. Alors on comprend, il faut
00:59:21 qu'ils vivent, qu'ils fassent leur marge, etc.
00:59:23 Mais c'est une
00:59:25 catastrophe pour nous. Sans parler du
00:59:27 personnel aussi. Le personnel
00:59:29 est introuvable, comme le disait la personne
00:59:31 avant.
00:59:33 On a du personnel. Moi, j'embauche
00:59:35 des saisonniers, des
00:59:37 étudiants, uniquement, parce que
00:59:39 eux, au moins, ils ont besoin d'avoir de l'argent
00:59:41 pour payer leurs études, pour
00:59:43 payer leurs petits logements.
00:59:45 Et eux, on vole et ils travaillent
00:59:47 sans rochiniers.
00:59:49 Sans...
00:59:51 Comment ? Nous, on a
00:59:53 des personnes qui se présentent
00:59:55 du pôle emploi, par exemple, pour prendre un travail.
00:59:57 Mais ils exigent
00:59:59 de faire
01:00:01 par exemple que 30 heures,
01:00:03 de travailler une semaine sur deux,
01:00:05 parce qu'ils ont la garde d'un enfant, de ne pas
01:00:07 travailler le week-end ni le soir,
01:00:09 et d'être payé bien au-dessus
01:00:11 du SMIC, plus prime, si possible.
01:00:13 Donc nous, on ne peut pas suivre.
01:00:15 Ce n'est pas possible.
01:00:17 - Bon argument, Blondine.
01:00:19 Charlotte a fait le 3210.
01:00:21 C'est terrible, Blondine,
01:00:23 elle dit "je pars à la retraite". Mais même si je ne partais
01:00:25 pas à la retraite, j'arrêterais, je ne ferais plus ce
01:00:27 travail de restauratrice
01:00:29 dans le sud de la Corée. Charlotte, vous avez fait le
01:00:31 3210. Vous êtes restauratrice ?
01:00:33 - Allô ? - Allô ? Oui, je vous écoute,
01:00:37 Charlotte. - Oui, bonjour. Alors, non,
01:00:39 je suis consommatrice.
01:00:41 Voilà. Et donc,
01:00:43 je voulais m'exprimer simplement en tant que
01:00:45 consommatrice, à Lille et dans la région
01:00:47 parisienne.
01:00:49 Je suis cadre
01:00:51 et
01:00:53 je m'étonne, là, je suis allée en
01:00:55 famille, donc nous étions quatre ce
01:00:57 week-end au restaurant, pour manger
01:00:59 un plat et un dessert.
01:01:01 Et nous avons
01:01:03 payé 210 euros
01:01:05 pour une qualité totalement médiocre
01:01:07 et un prix,
01:01:09 vu de moi, un peu exorbitant.
01:01:11 - Mais, Charlotte,
01:01:13 il faut les choisir, ces restaurants, quand même.
01:01:15 - Alors,
01:01:17 oui, pour tout vous dire, on rend des visites dans
01:01:19 la famille, donc c'est dans une
01:01:21 ville dont je ne citerai pas le nom, une grande
01:01:23 ville. Récemment,
01:01:25 Emmanuel Macron s'y est déplacé,
01:01:27 d'ailleurs. Donc,
01:01:29 sur la place, il y avait deux restaurants, dont
01:01:31 un qui apparemment a un pignon
01:01:33 sur rue, les gens sont contents. Moi, je ne connaissais
01:01:35 pas. Très franchement, je cuisine
01:01:37 chez moi. J'ai mangé une brochette de poulet
01:01:39 avec des pâtes. Mes
01:01:41 enfants ont un menu classique.
01:01:43 Voilà. Et je m'en sors avec
01:01:45 210 euros. Et je trouve
01:01:47 ça assez incroyable. - Oui. Moi, je
01:01:49 connais un restaurant qui fait des coquillettes
01:01:51 au fromage,
01:01:53 au jambon, pardon,
01:01:55 et qui les vend très cher.
01:01:57 Vous avez des restaurants,
01:01:59 toutes les gammes de prix,
01:02:01 même des trucs snobs, où on paye
01:02:03 davantage la peinture sur les murs et les tapis
01:02:05 au sol que ce qu'on a dans l'assiette, vous savez
01:02:07 - Je suis bien d'accord, mais du coup, je
01:02:09 comprends que les gens n'aillent plus au restaurant.
01:02:11 - Bon,
01:02:13 Charlotte, mais je comprends parce que ce que vous nous dites,
01:02:15 Charlotte, c'est un truc qu'on entend tellement, tellement
01:02:17 souvent. Philippe Hamsalak, pour conclure
01:02:19 cette affaire, vous qui
01:02:21 connaissez bien la restauration, qui avez eu
01:02:23 de grandes affaires à Paris et ailleurs,
01:02:25 question, que vont-ils devenir
01:02:27 ces milliers de restaurateurs qui ont
01:02:29 fermé, qui ont mis la clé sous la porte ?
01:02:31 - La restauration est un métier
01:02:33 formidable parce qu'il y a toujours quelqu'un
01:02:35 qui pense qu'il sera mieux que son...
01:02:37 que le prédécesseur. Donc, je suis
01:02:39 certain qu'on retrouvera
01:02:41 petit à petit un niveau
01:02:43 en termes de nombre
01:02:45 de restaurants qui sera équivalent à celui
01:02:47 des années 2022, mais avec
01:02:49 des modifications. Tout ce que les
01:02:51 restaurateurs eux-mêmes, et même
01:02:53 la consommatrice a expliqué
01:02:55 sont vrais. Il y a des milliers de choses.
01:02:57 - Merci. - Voilà. - Merci
01:02:59 Philippe Hamsalak, consultant en restauration.
01:03:01 Merci à tous, Christophe Thierry, Blandine, Charlotte
01:03:03 et ceux qui ont fait le 3210.
01:03:05 Nous allons... c'est le français,
01:03:07 c'est l'auditeur, l'auditrice du bout du monde.
01:03:09 - Et on prend l'avion pour aller retrouver notre
01:03:11 auditrice du bout du monde. Mon premier
01:03:13 indice, on ne peut pas aller la voir en train.
01:03:15 Et pour deviner où elle habite, un indice sonore
01:03:17 choisi par notre réalisateur Damien.
01:03:19 -
01:03:21 - Ah ça, je sais très bien,
01:03:23 c'est un groupe des années 80 qui s'appelle
01:03:25 les Gibson Brothers. Je suis
01:03:27 super bon. Là, il fallait le trouver en blind test,
01:03:29 celui-là.
01:03:31 À tout de suite.
01:03:33 -
01:03:35 -
01:03:37 -
01:03:39 -
01:03:41 -
01:03:43 -
01:03:45 -
01:03:47 -
01:03:49 -
01:03:51 -
01:03:53 - Où allons-nous les amis ?
01:03:55 À Cuba bien évidemment, Victor. Est-ce qu'on a un gagnant ?
01:03:57 - Oui, il y a Sandrine qui nous a envoyé
01:03:59 un message sur l'application RTL. Elle remporte
01:04:01 un guide du routard puisqu'on part à Cuba.
01:04:03 - C'est parti !
01:04:05 L'auditeur du bout du monde.
01:04:07 -
01:04:09 - Bonjour, avec qui sommes-nous à Cuba ?
01:04:11 - Nous sommes avec Caroline. Bonjour Caroline.
01:04:13 - Bonjour tout le monde.
01:04:15 - Quelle heure est-il chez vous Caroline ?
01:04:17 - Quelle heure est-il ? Oui. - Il est 8h20.
01:04:19 Il est 8h20 du matin.
01:04:21 Je viens de déposer les enfants à la
01:04:23 magnifique petite école française de la Havana.
01:04:25 - Qu'est-ce que vous voyez ?
01:04:27 Racontez-nous un petit peu ce que vous voyez autour de vous.
01:04:29 Faites-nous rêver.
01:04:31 - Je vais vous faire rêver. Il y a des palmiers,
01:04:33 il y a des coques qui traversent
01:04:35 la rue, on sent un petit peu
01:04:37 l'humidité de la pluie tropicale
01:04:39 qu'il y a eu pendant la nuit. On était très contents
01:04:41 d'ailleurs parce qu'ici il ne pleut pas souvent
01:04:43 et il fait tellement chaud que quand il pleut, on est contents.
01:04:45 Donc voilà. Je viens de Belgique
01:04:47 donc c'est le contraire de la Belgique.
01:04:49 - Et les bâtiments autour
01:04:51 de vous ? On a tous vu des documentaires
01:04:53 sur Cuba et la Havana.
01:04:55 C'est ces vieilles bâtisses un peu
01:04:57 séculaires ? - Exactement.
01:04:59 Exactement. On est quand même
01:05:01 pas mal... Si vous venez visiter
01:05:03 Cuba, vous verrez que les clichés qu'on voit
01:05:05 dans les films, dans les documentaires, etc.
01:05:07 c'est quand même un petit peu ça qu'on vit ici.
01:05:09 Sauf que moi là, je suis dans le
01:05:11 quartier des expats qui est
01:05:13 un peu, on va dire,
01:05:15 un petit peu mieux.
01:05:17 Donc il y a des grandes maisons mais il y a aussi des maisons
01:05:19 qui sont en train de tomber par terre
01:05:21 faute d'années
01:05:23 et d'années, de décennies, de ne pas être réparées
01:05:25 disons. Donc ouais, il y a quand même
01:05:27 les clichés qu'on voit à la télé, c'est
01:05:29 un peu ça aussi dans la vieille Havana.
01:05:31 - Et Caroline, comment une Belge s'est
01:05:33 retrouvée à vivre à la Havana, à Cuba ?
01:05:35 - Ah là là !
01:05:37 Écoutez, il suffit d'avoir envie de
01:05:39 voyager parce que nous on est expats
01:05:41 depuis très longtemps. Ça va faire
01:05:43 15-20 ans qu'on voyage avec mon
01:05:45 mari à travers le monde.
01:05:47 Et on adore voyager.
01:05:49 Donc en fait, il faut chercher du travail à l'étranger
01:05:51 les gars, pour pouvoir
01:05:53 vivre des choses exceptionnelles. Parce qu'il y a
01:05:55 du boulot un peu partout quand même.
01:05:57 Et donc on avait très envie d'aller en Amérique latine.
01:05:59 Donc il y a 4 ans, on est à Bangkok.
01:06:01 On a vécu 8 ans à Bangkok
01:06:03 avec mes 3 petits garçons
01:06:05 sont nés en Thaïlande.
01:06:07 Et il y a 4 ans, on s'est dit
01:06:09 "Tiens, il serait peut-être temps d'aller voir ailleurs."
01:06:11 Et voilà, on est tombés sur Cuba.
01:06:13 - Et vous faites quoi alors ? - C'est fantastique.
01:06:15 - Vous faites quoi comme métier pour être aussi mobile ?
01:06:17 - Alors, mon mari est ingénieur
01:06:19 en construction. Et moi, je suis
01:06:21 dans le développement.
01:06:23 Donc dans le développement, Nations Unies, ONG, etc.
01:06:25 Les droits de la femme, pour être plus précis.
01:06:27 - Mais alors, l'un et l'autre,
01:06:29 quand vous bougez, vous trouvez
01:06:31 du travail dans le nouveau pays où vous allez ?
01:06:33 - Alors,
01:06:35 ça n'a pas toujours été facile.
01:06:37 On va dire que dans le couple,
01:06:39 ça n'a pas toujours été évident.
01:06:41 Mais il y a toujours l'un ou l'autre qui trouve
01:06:43 un travail et l'autre suit.
01:06:45 Donc mon mari m'a suivie pendant plusieurs années.
01:06:47 Là, maintenant, c'est moi qui le suis.
01:06:49 C'est lui qui a le boulot le plus stable ici.
01:06:51 Mais comme,
01:06:53 quand on est expat, les salaires, quand même,
01:06:55 les conditions de vie sont
01:06:57 meilleures que ce qu'on nous offre,
01:06:59 par exemple, moi qui suis belge en Belgique,
01:07:01 il y a tout à fait moyen
01:07:03 d'aller avec un bon boulot
01:07:05 à l'étranger sans aucun problème.
01:07:07 Dépendant des boulots, bien sûr.
01:07:09 - Revenons à la Havane, il y a toujours
01:07:11 ces voitures américaines des années 50
01:07:13 un peu partout ?
01:07:15 Ou c'est un cliché ?
01:07:17 - Non, non, ça c'est totalement...
01:07:19 Il n'y a que ça.
01:07:21 Et d'ailleurs, ça, ça nous fait un petit peu le corps.
01:07:23 Parce que la situation pour les Cubains n'est pas
01:07:25 facile, facile depuis très longtemps.
01:07:27 Mais depuis le Covid encore plus,
01:07:29 c'est devenu encore plus compliqué, disons.
01:07:31 Et donc, par exemple, les vieilles voitures
01:07:33 qu'on trouve tellement magnifiques,
01:07:35 moi je roule en vieille voiture
01:07:37 parce qu'il y a un monsieur qui nous aide à déposer
01:07:39 les enfants à l'école, il a une vieille voiture
01:07:41 de 1957. Mais le pauvre,
01:07:43 elle tourne en panne tout le temps.
01:07:45 Ils n'ont pas les parties
01:07:47 pour les remplacer. En fait,
01:07:49 et c'est ce que j'essaie d'expliquer à mes enfants quand on va en France,
01:07:51 et ils voient toutes les nouvelles voitures,
01:07:53 ils disent, ils trouvent que les nouvelles voitures,
01:07:55 les Peugeot sont géniales.
01:07:57 Ils sont là genre "Waouh, une Peugeot, une Renault !"
01:07:59 Alors que les vieilles voitures antiquités
01:08:01 ici, ils trouvent ça tout à fait
01:08:03 normal. Donc j'essaie de leur expliquer.
01:08:05 Les gars, vous savez quand vous voyez une vieille voiture
01:08:07 comme celle du chauffeur de la Havane
01:08:09 en France, c'est que c'est un millionnaire
01:08:11 qui est là. Alors qu'ici,
01:08:13 c'est tout le contraire en fait.
01:08:15 Voilà qu'est-ce que tout le monde vit.
01:08:17 - La ville n'est pas trop difficile
01:08:19 dans ce régime un peu post-Castriste ?
01:08:21 Économiquement,
01:08:23 vous sembliez dire que ce n'est pas la fête au village
01:08:25 tout le temps.
01:08:27 - Alors, mais bien sûr. Disons que
01:08:29 ça dépend à qui vous demandez. Moi, vous parlez à une expat,
01:08:31 donc malheureusement,
01:08:33 comme dans beaucoup
01:08:35 de pays, on a énormément de chance,
01:08:37 on est quand même les privilégiés, parce que
01:08:39 nos salaires sont en euros et en dollars.
01:08:41 Donc tout va bien.
01:08:43 Mais pour les Cubains,
01:08:45 c'est très compliqué. Il y a une inflation
01:08:47 gigantesque depuis qu'ils ont
01:08:49 changé. Il y a eu un change monétaire.
01:08:51 Les œufs ont doublé.
01:08:53 Oui,
01:08:55 dix fois plus cher.
01:08:57 Donc c'est compliqué pour les Cubains.
01:08:59 - Merci Caroline pour cette carte postale.
01:09:01 - Adios Caroline.
01:09:03 - Adios Caroline, qui m'a l'air
01:09:05 très heureuse de cela, d'expatriée dans ce
01:09:07 pays. - À la Havane à Cuba.
01:09:09 - La Havane à Cuba, dont elle parle avec beaucoup de
01:09:11 chaleur et d'humanité. Merci à vous
01:09:13 Caroline, Belge, désormais
01:09:15 à Cuba avec son mari et ses trois enfants.
01:09:17 Bonjour Jean-Alphonse Richard. - Bonjour Eric Brunet.
01:09:19 - Nous partons. - Dans l'heure du
01:09:21 clip, tout de suite, c'est l'affaire June
01:09:23 Hopkins, l'obsession fatale
01:09:25 d'une Américaine à Paris. A tout de suite.
01:09:27 - A tout de suite. Merci. Au revoir Lisa Marie.
01:09:29 Paris.
01:09:29 [Musique]