00:01Tout pour investir sur BFM Business.
00:04Le placement à suivre, on va surtout...
00:06Comment suivre vos placements ?
00:08On va en parler avec Julien Libenzal d'Itoraux.
00:11Bonjour Julien.
00:12Bonjour Antoine.
00:13En ce moment, on a une volatilité qui est relativement basse.
00:17Je disais en intro de cette émission que c'était un petit peu l'œil du cyclone,
00:20c'est-à-dire qu'on a l'ensemble des tempêtes autour de nous,
00:22mais là, on est dans un petit îlot de calme à court terme.
00:25Mais c'est vrai que cette volatilité,
00:27alors qu'on l'a à suivre avec le baromètre VIX,
00:30du côté des États-Unis,
00:31ou même sur les indicateurs de volatilité européens,
00:33c'est toujours la même chose.
00:34Elle est toujours au plus bas en ce moment.
00:36Et comment est-ce qu'on doit se comporter
00:38quand la volatilité est faible,
00:41mais que les risques de tension sont toujours là,
00:44et on le voit avec les taux, avec les matières premières.
00:46Comment on fait pour gérer cette sorte d'entité vivante ?
00:54Oui, c'est une question que certainement pas mal de gens se posent en ce moment,
00:57parce que si on regarde l'évolution récente,
01:01vous parliez des derniers jours,
01:02c'est vrai qu'on est dans une fourchette à peu près de 1% sur les marchés d'action.
01:06Si on regarde sur 3-4 mois, on doit être sur 4%, 5%, pas beaucoup plus.
01:12Et j'ai regardé l'analyse technique rapidement ce matin,
01:15la moyenne mobile à 6 mois, elle est plate depuis l'été.
01:18Ce qui veut dire qu'il n'y a absolument aucune tendance,
01:21donc une volatilité extrêmement basse.
01:23Alors, le premier point qu'il faut, quand on est face à cette situation,
01:26le premier point dont il faut se souvenir,
01:28c'est que même si suivre la conjoncture est évidemment important pour son épargne,
01:33réagir en permanence dans l'allocation de son épargne à la conjoncture
01:37n'apporte pas de bons résultats.
01:39Il faut toujours garder une certaine distance par rapport aux événements,
01:43même s'il faut les prendre en compte dans sa réflexion,
01:46mais garder une certaine distance.
01:48Et là, effectivement, on est dans cette volatilité très basse,
01:51entouré d'un certain nombre de risques.
01:53Alors, la volatilité basse, quand est-ce qu'on la croise ?
01:55On la croise dans deux types de marchés.
01:57Le premier marché, c'est un marché haussier,
01:59parce que, contrairement peut-être à ce qu'on peut penser,
02:02quand un marché monte régulièrement, la volatilité a tendance à baisser.
02:07Le deuxième moment dans lequel on rencontre cette volatilité basse,
02:10c'est ce qu'on a aujourd'hui, c'est-à-dire un marché qui évolue à plat.
02:13Mais ce qu'on retient surtout,
02:14c'est que le régime de volatilité basse est une situation ultra majoritaire sur les marchés.
02:20Donc, la situation dans laquelle on est en ce moment,
02:22c'est une situation qui est relativement naturelle.
02:24Le moment où la volatilité est forte est un moment qui est plutôt rare.
02:27Et d'ailleurs, que la volatilité...
02:29Julien, excusez-moi de vous interrompre.
02:32Est-ce que le fait que cette volatilité est basse
02:34n'est pas lié au fait que les masses monétaires M2 des grands pays développés,
02:39en gros, la quantité d'argent disponible sur le marché,
02:42et pas au max ?
02:44Et donc, que ça, ça réduit globalement 90% des risques de volatilité classiques,
02:50comme on les envisageait auparavant.
02:54Alors, on peut penser qu'une masse monétaire significative
02:58pourrait avoir un effet sur la volatilité.
03:00C'est un raisonnement qui est naturel et qui, à mon avis,
03:04se retrouve en partie dans la réalité.
03:07Maintenant, qu'est-ce qui fait la différence, justement,
03:09entre un régime de base volatilité et de haute volatilité ?
03:12La haute volatilité vient du fait qu'il y a une incertitude
03:15qui n'était pas escomptée par les opérateurs.
03:17Et quand cette incertitude se manifeste,
03:19eh bien, l'ajustement des prix par rapport à cette incertitude est immédiat,
03:23quel que soit le niveau de liquidité.
03:24Il est immédiat, il est brutal.
03:26Et je dirais même dans l'autre sens,
03:27plus la liquidité, plus il peut être brutal.
03:30Donc, je ne prendrais pas trop la masse monétaire
03:34comme facteur de soutien de cette volatilité,
03:37plutôt le fait que l'ensemble des risques ont été en ce moment évalués.
03:40Il n'y en a pas de nouveaux qui se sont apparus.
03:42Et c'est comme ça qu'un marché peut vivre à peu près sereinement.
03:46Pour ça, je le disais, c'est majoritaire et c'est plutôt normal et c'est bien.
03:49Maintenant, il y a deux risques pour nous, investisseurs, dans ces situations.
03:54Le premier risque, c'est l'investisseur qui est déjà exposé
03:56sur les marchés qui sont en faible volatilité
03:58et qui, en fait, plus le marché progresse,
04:01plus il va prendre confiance à l'investisseur
04:03et prendre des positions au-delà de ce qu'il voulait faire au départ
04:07ou au-delà de sa tolérance au risque.
04:09C'est le biais qu'on appelle de surconfiance.
04:12Et le deuxième biais, c'est l'investisseur
04:14qui, lui, n'était que peu positionné sur un marché,
04:16qui constate que finalement, malgré les risques, tout se passe bien
04:19et décide de prendre des positions à nouveau significatives
04:22au-delà, encore une fois, de ce qu'il devrait faire.
04:24Et à ce moment-là, il va se mettre dans le biais comportemental
04:28qu'on appelle le biais de regret ou alors le fear of missing out
04:31qu'on a déjà décrit dans l'émission
04:32et qui amène à prendre des positions
04:34simplement fondées sur cette base volatilité.
04:37Donc voilà les deux risques comportementaux majeurs
04:40qu'on peut trouver dans ce type de régime de volatilité.
04:44Et en conclusion de ça, en fait, revenir au point de départ,
04:47c'est-à-dire toujours avoir une allocation
04:49qui correspond aux risques qu'on peut supporter
04:53puisque la base volatilité qu'on a,
04:56elle suit forcément un régime de haute volatilité.
04:59C'est une lapadissa de ce que je dis.
05:01Et elle précède la prochaine forte volatilité.
05:04Donc il faut se souvenir d'où on vient,
05:07pourquoi on est dans ce régime de base volatilité.
05:09Il y a eu un certain nombre de choses qui se sont passées,
05:11mais le marché les a intégrées.
05:12Et demain, un autre jour, plus tard,
05:16il y aura à nouveau un saut de volatilité extrême.
05:19Ça peut être dans trois mois comme dans deux ans,
05:21mais il y en aura un.
05:23Et il faut que le portefeuille de chacun
05:25soit constitué de telle sorte
05:26que cette hausse de volatilité
05:28ne génère pas un comportement atypique, anormal,
05:32qui va finalement nuire à la performance.
05:34Et pour ça que je reviens au point de départ,
05:36c'est très important de ne pas trop se soumettre
05:38à l'actualité,
05:40y compris celle d'une faible volatilité.
05:42Pour modifier trop sensiblement son portefeuille.
05:45Julien, dernière chose concernant cette volatilité,
05:48il nous reste une minute.
05:50Comment vous expliquer que, par exemple,
05:54et ça c'est très significatif
05:56du point de vue de l'état d'esprit des investisseurs,
05:58il y a quand même une dualité à gérer
06:00entre cette faible volatilité
06:01dont on parle sur les marchés actions,
06:03mais une volatilité qui est croissante
06:05sur des actifs qui n'étaient pas censés l'être,
06:07comme les marchés de taux ou les matières premières.
06:10Alors, rester un petit peu à l'écart de tout ça,
06:13ça peut aussi nous aider à garder la tête froide
06:14ou c'est des choses qu'il faut doucement
06:16commencer à regarder ?
06:19Alors, en termes d'allocations,
06:21la partie matières premières,
06:23une partie qui doit nécessairement figurer
06:25dans un portefeuille,
06:27la proportion va dépendre du niveau de risque
06:29du portefeuille,
06:30puisque la matière première va apporter
06:31un peu de volatilité.
06:33Mais en général,
06:33elle n'est pas synchronisée
06:35avec la volatilité des marchés d'action.
06:37Donc, détenir des matières premières,
06:39qu'on parle par exemple de valeur minière,
06:42c'est à mon avis un sujet très intéressant,
06:44ou d'or,
06:45c'est une très bonne chose.
06:46Pour la partie obligataire,
06:48les parties obligataires ont toujours constitué
06:50entre 40 et 60 % des portefeuilles modulaux,
06:52les niveaux de risque de chacun.
06:54Je dirais juste que dans la période actuelle,
06:56qui est une période qui est caractérisée
06:58par une expansion monétaire,
06:59un schéma inflationniste,
07:01la détention,
07:02je dirais la surdétention d'obligations
07:05ne me semble pas pertinent.
07:06Donc, à la question que vous posez,
07:08faut-il se positionner sur des matières premières ?
07:10La réponse est oui.
07:12De manière générale,
07:13et plutôt en ce moment,
07:14dans une proportion qui correspond
07:16au niveau de risque,
07:17sur la partie obligataire,
07:18ne pas se surexposer.
07:20Ça ne sert pas à grand-chose en ce moment.
07:23Il y a plutôt plus à perdre qu'à gagner.
07:25Ça a l'air contre-intuitif,
07:26parce que je sais que les obligations
07:28sont perçues comme les placements
07:29les plus sûrs.
07:30Mais si vous avez 1 % de hausse de taux
07:32d'ici un an,
07:33le placement obligataire
07:35que vous avez fait
07:35ne va absolument rien vous rapporter,
07:38puisque le taux qui va vous être servi
07:40va compenser la moins-value
07:41et la valeur de l'obligation.
07:42Donc, la partie obligataire
07:44ne doit pas être surreprésentée.
07:45Elle est intéressante
07:46pour porter à terme
07:47un rendement
07:48dans le cadre d'une stratégie
07:49de long terme d'épargne,
07:51mais pas au motif
07:52qu'aujourd'hui,
07:53il y aurait un intérêt particulier
07:55à détenir plus d'obligations
07:57que ce qui est prévu
07:58dans l'allocation normale.
07:59C'est bien compris.
08:00Merci beaucoup Julien Lebenzal
08:01et Ditoro d'avoir fait
08:02ce point sur la finance comportementale.
08:05de l'épargne.
08:06Merci.
08:07Merci.
08:08Merci.
08:09Merci.