00:00Good morning business, le débrief.
00:048h43 sur BFM Business et sur AMC Découverte.
00:06Bonjour Marc Fiorentino, nous sommes vendredi, c'est donc vous qui débriefez l'actualité économique du jour.
00:12On attend cette notation de Fitch ce soir.
00:14Je ne l'attends pas du tout.
00:15De la tête française, vous n'attendez pas.
00:17Vous voulez d'abord parler de ça ou vous voulez parler de la baisse des taux ?
00:19Je voulais vous dire parce que je suis étonné par la fébrilité qu'il y a un peu partout sur cette réunion.
00:25Un peu quand même, il y a un peu d'excitation, c'est la une de tous les médias économiques français.
00:30Enfin bon, on voit qu'on attend avec fébrilité.
00:34Et en fait, je suis surpris de ça parce que la dégradation ou le déclassement, il a déjà eu lieu.
00:39Donc c'est très étonnant de se dire est-ce que Fitch va nous dégrader ou pas ?
00:44En fait, les marchés nous ont déjà dégradés.
00:47C'est-à-dire que les marchés nous ont déjà mis sur des taux d'intérêt qui correspondent à une notation un cran ou deux crans inférieurs au nôtre.
00:58On est au niveau.
00:59Alors oui, on explique pour les gens qui nous écoutent.
01:02Dans la zone euro, les investisseurs considèrent qu'il y a deux catégories de pays.
01:07Les pays dits corps, c'est-à-dire cœur.
01:10Les pays sérieux, on met l'Allemagne, on met les Pays-Bas.
01:13Nous, on était dedans.
01:14Alors un peu comme passagers clandestins.
01:16Et puis les pays périphéries, c'est-à-dire qu'on appelait nous à l'époque les pays du Club Med,
01:23que les anglo-saxons appelaient de façon outrancière les PIGS, le Portugal, l'Italie, la Grèce, l'Espagne.
01:31Et donc la vision était assez claire.
01:33Et puis nous, on était un peu, on se demandait pourquoi, mais on était toujours dans les pays périphéries.
01:37Bon, on est quand même la deuxième économie de la zone euro.
01:40Et depuis quelques semaines, et c'est très frappant, moi ça m'a vraiment frappé parce que je l'ai vu dans la presse américaine,
01:46le lead a été pris par le Financial Times, qui a commencé à dire que la France a basculé dans les pays périphériques.
01:55Ce qui a été une surprise pour moi, parce que j'avais jamais vu ça dans la presse.
02:01Et donc aujourd'hui, quand on parle au fond, et je parle au fond notamment les hedge funds américains,
02:06pour eux c'est clair, on a basculé, ils s'en foutent, à la limite c'est un non-événement,
02:10on a basculé dans les pays périphériques.
02:13Et le pire dans ça, c'est qu'on a basculé dans les pays périphériques,
02:17et on n'est pas au sommet des pays périphériques.
02:19C'est-à-dire qu'on est passé de la Ligue 1 à la Ligue 2, mais on n'est pas les numéros 1 de la Ligue 2,
02:23on est presque les derniers.
02:23Mais ce qui est important c'est le taux, on est quand même autour de 3,40, c'est-à-dire ?
02:27Non, ce qui est important, non, non, je ne suis pas d'accord avec vous.
02:30Alors évidemment, ce qui est important c'est le taux dans l'absolu,
02:32mais ce qui est important c'est la comparaison du taux,
02:34c'est-à-dire le fameux spread avec l'Allemagne, mais pas seulement.
02:37Le spread avec l'Espagne, le spread avec l'Italie, le spread avec la Grèce, le spread avec le Portugal.
02:42Bon, c'est quand même pas une bonne nouvelle et un bon signal
02:46de se retrouver derrière la Grèce, l'Espagne, le Portugal et au coude à coude avec l'Italie.
02:51Une bonne nouvelle pour vous, c'est que les taux vont a priori baisser,
02:55c'est ce que nous dit le gouverneur de la Banque de France ce matin sur cette antenne.
02:57C'est pas ce que dit Christine Lagarde.
02:58Pour la prochaine réunion, c'est ce que dit le gouverneur de la Banque de France.
03:01Il dit tout est possible.
03:02Oui, tout est possible, mais enfin quand on écoute ce qu'a dit Christine Lagarde,
03:05vous me chauffez là, vous me refaites partir ce Christine Lagarde.
03:08Mais non, je vous dis que les taux vont baisser, dites-moi que c'est une bonne nouvelle.
03:13Mais non, mais c'est pas une bonne nouvelle, ils auraient dû baisser.
03:16C'est-à-dire qu'elle continue à nous expliquer qu'il faut faire attention,
03:20que le risque est du côté de l'inflation.
03:22Alors, ce qui est très drôle...
03:23Non, elle dit l'inflation, le job est fini.
03:25Oui, enfin, elle dit le job est fini, mais on reste l'arme au pied.
03:29Et elle dit qu'il faut voir les conséquences de la hausse des droits de douane.
03:34Ce qui est totalement aberrant, c'est-à-dire qu'elle reprend ce que dit la Banque centrale américaine,
03:38mais la Banque centrale américaine, elle a raison,
03:40puisque les droits de douane, c'est les Etats-Unis qui les imposent.
03:43Donc, les prix vont augmenter aux Etats-Unis.
03:45Pas chez nous.
03:46Donc, ça, c'est logique.
03:47Mais nous, on subit les droits de douane.
03:49Donc, on va avoir une économie qui va ralentir du fait des droits de douane
03:53et nos prix qui ne vont pas augmenter.
03:54En plus, nous, on se tape tous les produits chinois qui se déversent chez nous.
03:58Donc, elle n'a rien compris, en fait, comme d'habitude, quoi.
04:01Enfin, c'est mot pour mot presque ce qu'a dit le gouverneur de la Banque de France.
04:04Oui, mais lui, ce n'est pas le patron de la Banque de France.
04:07Non, mais il est très sympathique.
04:09Il est au sein du conseil des gouverneurs.
04:10Non, mais il est très sympathique, mais il n'a pas de pouvoir décisionnaire.
04:13En France, on a ce problème quand même de consommation avec ce frein.
04:16C'est-à-dire qu'on est sur une montée de l'épargne.
04:17On va quasiment toucher les 19% quand même.
04:19On a 18,9%.
04:20Je pense qu'on est à 19%.
04:22Avec une consommation qui ne redémarre pas, 0,5% sur l'année.
04:26Et pourtant, le pouvoir d'achat qui regrimpe.
04:27Oui, alors qu'il regrimpe, parce que de toute façon, on a pour l'instant un emploi qui est relativement stable.
04:32On a eu des hausses de salaire après Covid et on est encore dans cette lignée-là.
04:39Mais on a quand même des éléments.
04:42On en parlait tout à l'heure, il n'y a pas d'inflation.
04:44Donc c'est très bon pour le pouvoir d'achat.
04:45Le prix de l'essence baisse.
04:47Le prix du pétrole a chuté.
04:49Le prix du pétrole en euros a chuté.
04:51Parce qu'on parle beaucoup du prix du pétrole.
04:53On dirait qu'il a baissé de 1%, 10%.
04:54Mais non, le prix du pétrole avec un dollar qui a baissé de plus de 10%, il a énormément baissé.
04:59Donc c'est très bon tout ça pour le pouvoir d'achat.
05:02Après, si vous, vous êtes consommatrice, est-ce que vous avez dans ce climat actuel envie de consommer ?
05:07Vous êtes retraité, on vous dit qu'on va vous taper dessus.
05:10Vous êtes riche, selon les critères du parti socialiste, c'est-à-dire vous gagnez plus de 4000 balles par mois
05:16et vous avez plus d'un million d'euros, y compris l'immobilier, vous êtes un salaud de riche.
05:20Est-ce que vous avez envie, vous, d'aller consommer en sachant qu'on va vous taper dessus
05:24et en sachant que de toute façon l'issue, ça va être la hausse des impôts ?
05:28Donc il y a une épargne de précaution.
05:29On épargne pour payer ses impôts demain.
05:31Oui, on épargne pour payer ses impôts.
05:33On épargne aussi pour compenser le laxisme de l'État.
05:35C'est-à-dire, je continue à répéter que l'épargne en France, c'est une épargne parce qu'on se dit,
05:41notamment en matière de retraite, que l'État ne pourra pas faire face à ses obligations
05:46et donc que les retraites vont baisser.
05:48Alors on commence, avant quand je disais ça, tout le monde me disait mais c'est absurde.
05:51Maintenant on commence parce que quand on ne va pas revaloriser les retraites en suivant l'inflation,
05:56ça veut dire que petit à petit on va baisser les retraites.
05:58Un jour on va les baisser réellement, d'accord, à partir d'un certain seuil,
06:03on va nous expliquer que les riches retraités, les salauds qui touchent...
06:06Donc les gens se disent, bon, ils font de la retraite par capitalisation, quoi.
06:12Il y a la retraite par répartition, la retraite par capitalisation
06:16et les Français ont inventé la retraite par l'épargne.
06:18Sur cette histoire de taxer les riches, on ne va pas avoir le débat sur l'efficience ou pas,
06:22on est à peu près assez d'accord pour dire que ce n'est pas très utile sur notamment l'outil de production
06:27mais sur le symbole, vous ne pensez pas qu'il y a des symboles qui peuvent être utiles
06:29pour faire passer peut-être une baisse des dépenses ?
06:31Non, je pense que le symbole est dramatique, je suis d'accord avec vous.
06:34Je pense que l'effet lui-même, mécanique, est-ce qu'il y a des gens qui vont quitter la France ?
06:38Je ne crois pas, pas des milliards de gens, pas des dizaines de milliers, pas des milliers.
06:43Est-ce que ça va rapporter de l'argent ou coûter de l'argent ?
06:47Franchement tout ça, c'est le trait du crayon.
06:49La réalité, c'est que ça crée une dynamique qui est très mauvaise.
06:53C'est-à-dire que quand on voit, et c'est ça, ce qui me paraît aberrant,
06:55c'est qu'on voit ce qui se passe ailleurs.
06:57On est en train de nous faire un topo en nous expliquant en ce moment l'Italie, l'Italie, l'Italie.
07:01Mais l'Italie a fait quoi ? L'Italie, elle accueille les milliardaires.
07:05Le Portugal qui avait fermé sa porte se dit, tiens, c'est bizarre depuis qu'on a fermé notre porte,
07:10l'économie elle va un tout petit peu moins bien, ils se préparent à faire des nouvelles mesures.
07:16J'ai envie de dire que c'est un peu, si vous voulez, une image simple.
07:20S'il n'y avait pas de gagnant au loto, personne ne jouerait au loto.
07:23S'il n'y a pas de gens qui peuvent devenir très riches, personne n'a envie de se défoncer au travail.
07:28Donc si on continue à pénaliser des gens qui créent une dynamique,
07:32je rappelle juste un truc assez amusant qu'a dit le journal Forbes aux Etats-Unis.
07:36Ils ont raconté qu'aux Etats-Unis, les gens se plaignaient.
07:38Il y a 900 milliardaires aux Etats-Unis.
07:42Et Forbes, depuis l'origine, fait un classement des 400 premiers.
07:46Et les 500 qui n'y sont pas se considèrent comme pauvres.
07:49Non mais je veux dire, c'est anecdotique, mais c'est un autre état d'esprit.
07:53Il nous reste deux minutes sur Oracle, qui a eu un chemin boursier stratosphérique ces deux derniers jours.
08:02Symbole d'une bulle de liens, on y arrive là ou pas ?
08:04Moi je pense que ça va plutôt avec le sujet d'avant.
08:07Symbole d'un pays où tout est permis.
08:09Symbole de... Je veux dire, on n'a pas fait l'attaque,
08:12l'attaque Zuckman sur Larry Ellison qui aurait quitté les Etats-Unis.
08:16Il a 81 ans, il se défonce encore, il est dans sa boîte, il est directeur technique de sa boîte.
08:23C'est-à-dire que bon, c'est un exemple et c'est un modèle.
08:26Et c'est ça qu'il faut promouvoir en France.
08:28Donc oui, est-ce qu'il y a une bulle de l'IA ?
08:30C'est sûr, il y a une bulle de l'IA.
08:32Quand est-ce qu'elle va exploser ?
08:34Personne ne sait, parce que les bulles, on ne sait jamais quand elles explosent.
08:37Elle peut encore grossir avant d'exploser.
08:39On s'aperçoit quand même qu'on est en fin de cycle.
08:42Là, on a un mouvement sur Oracle qui était très en retard.
08:44Mais j'ai été très frappé de voir que quand on a eu les résultats de NVIDIA,
08:48c'était spectaculaire.
08:50Les gens attendaient encore mieux.
08:52Donc on arrive à une sorte de plateau sur l'IA.
08:56Donc ça veut dire qu'on va rebaisser gentiment et on va avoir une correction.
09:00Mais ce qui est intéressant, c'est le symbole.
09:01Vous parliez du symbole tout à l'heure.
09:03C'est-à-dire se dire que quelqu'un, alors que nous on cherche 40 milliards misérables
09:07en se faisant des majorités qui n'en sont pas et que vous créez 200 milliards de valeurs
09:14ou 250 milliards de valeurs dans une journée sur une entreprise qui a pris des bonnes décisions,
09:20c'est ça qu'il faut qu'on ait en France et on ne l'a pas.
09:23Larry Lisson, il dit qu'il faut que pour que les gens gagnent, il faut aussi qu'il y ait des gens qui perdent.
09:27Vous imaginez si Bernard Arnault disait ça ?
09:29On est quand même sur un autre monde.
09:32Non, non, on n'est pas sur un autre monde, on est sur une autre planète.
09:34C'est-à-dire que c'est vraiment une autre planète et c'est ça qui me déprime
09:40quand je vois qu'on est en train de titiller des gens qui auraient le malheur de réussir en France.
09:45Merci Marc, c'était un plaisir de discuter avec vous, pour ceux qui vous aiment beaucoup.
09:50Moi bien sûr, rendez-vous avec C'est Votre Argen.
09:52C'est quoi cette déclaration ?
09:54Je fatigue.
09:54C'est Votre Argen, c'est ce soir, 20h sur BFM Business.