- il y a 4 mois
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter
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00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans l'heure interne de 100% politique comme tous les mercredis soirs passés 21h avec
00:05Xenia Federova.
00:06Bonsoir cher Xenia, Alexandre Delval qui est avec nous ce mercredi soir.
00:12Merci à vous d'être là, notre grand invité du mercredi soir accompagné de Sébastien Ligné.
00:16Je rappelle votre dernier ouvrage, le nouvel ordre mondial, que vous on voit actuellement à l'écran,
00:23le nouvel ordre mondial post-occidental avec Donald Trump qui sera une nouvelle fois au cœur de cette émission.
00:28Évidemment une semaine après son passage en France au G7 et à Versailles et après avoir signé le traité avec
00:35l'Iran depuis justement le palais de Versailles.
00:38Alors écoutez donc Donald Trump, où en est cet accord une semaine après son annonce et une semaine après cette
00:44signature symbolique certes à Versailles.
00:48Nous sommes en train de conclure un accord extraordinaire avec l'Iran.
00:52Nous concluons un accord qui garantira la sécurité de notre pays et du monde entier
00:56car nous ne laisserons pas l'Iran se doter de l'arme nucléaire.
00:58Ils le savent, ils sont d'accord avec cela.
01:02Où on en est une semaine plus tard Alexandre Delval ?
01:04On a du mal à comprendre.
01:05Est-ce que cet accord va se faire ?
01:07Est-ce que ça va dans le bon sens ?
01:09Est-ce qu'on recule ? Où on en est ?
01:10Je pense que Trump, contrairement à ce que l'on croit, a obtenu quelque chose qui l'intéressait.
01:16C'est la même raison que l'intervention au Venezuela.
01:19Je m'explique, contrôler le pétrole, soit directement, soit indirectement, par des pressions comme au Venezuela
01:26ou par des investissements massifs comme c'est prévu en Iran, pour pouvoir empêcher le grand phénomène qui fait peur
01:32à l'Amérique,
01:32qui lui permet de payer sa dette, c'est-à-dire le dollar offshore, la production de dollars, de pétrodollars.
01:37Et donc cet accord, s'il aboutit, il va permettre à Trump de dire
01:42« J'ai réussi mon véritable objectif, empêcher les pays des BRICS et ennemis de l'Occident
01:47qui étaient en train de construire des dispositifs de dédollarisation ».
01:51En ce sens, je ne suis pas sûr qu'il soit véritablement perdant,
01:54en dehors du fait qu'il est capable de faire croire qu'il gagne, même quand il perd.
01:57Je pense que c'est quelque chose qui est intéressant à analyser de ce point de vue,
02:01car il n'a pas fait la guerre pour Israël ni pour la démocratie.
02:04– Oui, alors ça, effectivement, si on n'a pas adhéré à ça, on n'est pas extrêmement surpris.
02:09Mais effectivement, certains ont pensé qu'il allait libérer le peuple iranien.
02:12Ils ont été surpris.
02:13– Très naïfs.
02:13– Mais vous pensez qu'il peut sortir gagnant de cet épisode ?
02:17– Et oui, parce que l'Amérique a peur de la Chine qui contrôle toutes les terres rares et les
02:21métaux précieux.
02:2285% de la supply chain, extrêmement important pour l'IA, comme on l'a vu au sommet d'Evian,
02:27c'est la grande force de la Chine.
02:29L'Amérique, elle, elle peut essayer de renforcer le contrôle du pétrole pour empêcher sa dédollarisation.
02:34Sans le dollar offshore, l'Amérique est morte, car le dollar offshore permet de payer l'énorme dette américaine
02:39et tous ceux qui vendent en dollars sont obligés d'acheter des bons du trésor ou des biens américains.
02:44D'ailleurs, dans le deal, l'Iran va acheter des biens américains et des bons du trésor peut-être américains.
02:48En tout cas, ils vont acheter des céréales américaines.
02:50C'est un deal qui était déjà négocié d'ailleurs avant la guerre.
02:53Ça a capoté pour des raisons d'alliance avec Israël, parce qu'Israël n'a pas intérêt, bien sûr, à
02:59un deal avec ce régime.
03:00Mais Trump n'a jamais eu aucune forme de moralisme.
03:03Ça ne le gêne absolument pas de traiter avec un État totalitaire.
03:06C'est intéressant d'entendre des avis divergents et différents,
03:10parce qu'effectivement, je n'avais pas entendu que cet accord était favorable à Trump
03:14ou qu'il pouvait sortir gagnant de cet épisode.
03:16Du point de vue du dollar seulement.
03:17J'ai bien compris. Qu'est-ce que vous en pensez, Xenia ?
03:20Je pense que c'est vrai que beaucoup de forces aux États-Unis vont dire que Trump a signé un
03:26accord.
03:27S'il n'a pas signé un accord, parce que pour l'instant, c'est un mémorandum.
03:31Et on ne sait pas vraiment où on en est une semaine plus tard.
03:32Exactement, mais on verra.
03:34Mais s'il arrive de signer un accord avec Iran,
03:36évidemment qu'il sera très critiqué par les médias mainstream,
03:40il sera critiqué par les démocrates.
03:41Mais à moi, il est sorti de ces conflits.
03:45Et à moi, il n'a pas engagé les États-Unis dans une guerre de longue durée,
03:49de grande échelle, qui va coûter encore plus aux taxpayers, aux Américains.
03:54Donc ça, c'est déjà une bonne chose.
03:56Est-ce qu'il est vraiment gagnant ? Je ne pense pas.
03:59Je pense que si on regarde clairement, c'est Iran qui est plutôt gagnant aujourd'hui,
04:03parce qu'il a réussi à résister les attaques d'Israël et les États-Unis,
04:08avec le blocage du 13 d'Armose, et on l'écarte dans les mains.
04:12Donc évidemment que, si on parle de victoire stratégique, c'est plutôt Iran aujourd'hui.
04:18Mais quand même, je pense que Donald Trump a très bien compris qu'il doit sortir.
04:22Il l'a fait.
04:23Pour la Chine, c'est très intéressant ce qu'a dit Alexandre Delval,
04:26mais il ne faut pas oublier qu'Iran va continuer de fournir les pétroles à la Chine.
04:30Et donc, dans cet sens, les États-Unis n'ont pas vraiment changé grand-chose.
04:35– Oui. – Sébastien Ligné, perdant ou gagnant Trump,
04:38et c'est vrai que c'est très flou, c'est dur à décortiquer.
04:40Il y a une semaine, on avait la signature à Versailles,
04:43on avait l'accord avant le G7, Emmanuel Macron qui se félicitait de cet accord,
04:46et on ne sait pas vraiment où on en est une semaine plus tard.
04:49Et c'est vrai que les critiques contre le président américain,
04:52j'entends les analyses évidemment d'Alexandre Delval, sont nombreuses,
04:55en disant que vous avez mis votre pays dans une guerre, tout ça pour ça,
04:59le régime n'est pas tombé, l'Iran dit tous les jours qu'en gros vous avez capitulé,
05:05vous avez fâché les Américains, une partie du moins,
05:09et votre base anti-interventionniste.
05:11Donc quel regard on peut porter sur le président américain ?
05:14– Non mais c'est sûr, moi je pense que d'un moment de vue purement politique
05:16et jeu politique, Donald Trump a perdu gros dans cette histoire.
05:20En effet, ça restera comme un point noir dans son bilan et dans son mandat.
05:25Si jamais ce conflit perdure, parce que ce n'est pas totalement impossible,
05:28aujourd'hui on n'est pas à l'abri que dans une semaine ça reprenne.
05:31On aura l'impression que tout ce qui restera de ce second mandat de Donald Trump,
05:35c'est la question iranienne.
05:36Et puis surtout, son image est encore née,
05:39son image est encore née avec les pays du Golfe,
05:41qui aujourd'hui se tournent de plus en plus et vers la Chine et vers la Russie.
05:44– Et Marc Corbio a dit là, ce soir,
05:46que Washington sera complètement aligné avec ses alliés du Golfe,
05:49justement dans les discussions avec l'Iran.
05:50– Certes, mais on sait très bien qu'aujourd'hui,
05:52le premier partenaire commercial des pays du Golfe, c'est la Chine, depuis trois ans.
05:56Ce ne sont plus les Américains.
05:58Il perd aussi gros sur sa base américaine.
06:00Hier, le Sénat américain a voté, c'était un vote symbolique,
06:04mais a voté pour demander à Donald Trump de retirer toutes les forces américaines dans la région.
06:10Donc ça n'engage pas le président des États-Unis,
06:12mais c'est un vote pour lequel des élus républicains ont voté avec des démocrates.
06:17Donc sa base est fracturée, son image géopolitique est fracturée,
06:21sa relation avec l'État d'Israël est aussi fracturée, c'est quand même un énorme sujet.
06:26Et puis surtout, moi, quand on parle de Donald Trump, il parle beaucoup de son héritage politique.
06:31Là, son héritage politique, c'est quand même celui qui a fait, un, du détroit d'Hormuz, une arme politique.
06:36Jusqu'ici, c'était une arme commerciale.
06:39Aujourd'hui, le détroit d'Hormuz, à cause de cette intervention,
06:42devient une arme politique et géopolitique d'importance.
06:44Une seconde arme nucléaire, comme disent les MOLA.
06:47Et puis surtout, d'une certaine manière, cet accord, il relégitimise le gouvernement des MOLA.
06:53Un gouvernement dont certains disaient qu'il était à deux doigts de tomber.
06:56Aujourd'hui, si cet accord est signé avec les grands principes qu'on connaît,
07:00c'est un accord qui remet totalement le régime des MOLA sur la carte.
07:04Et ça, c'est un point noir énorme sur son bilan.
07:06Est-ce que c'est vrai ce que dit Sébastien Xenia ?
07:08Est-ce que vous partagez du moins cette analyse ?
07:10C'est-à-dire que le régime iranien en ressort renforcé,
07:15contrairement à ce que beaucoup ont dit, qu'il allait tomber, que c'était la fin du régime, etc.
07:19Oui, c'est sûr que le régime iranien n'est pas tombé.
07:22C'est renforcé, même peut-être devenu encore plus extrême.
07:27Parce qu'après les attaques des États-Unis, qui ont éliminé plusieurs dirigeants iraniens,
07:35je pense que même si Donald Trump dit qu'il a trouvé finalement les gens avec qui il peut négocier,
07:41on voit que la position d'Iran reste très dure quand même.
07:44Ils ne sont pas prêts de bouger.
07:46Aujourd'hui, ils disent qu'on va négocier le régime enrichi, on va négocier des sanctions,
07:52mais seulement si les points de mémorandum qui étaient signés sont respectés.
07:57Et parmi ces points, il y a une question des Libans et des cessez-les-feux à Liban,
08:01qui n'est pas très fragile et évidemment qui est difficile à soutenir.
08:06Donc on voit qu'ils sont capables de sortir le pièce de négociation, comme ils sont faits déjà.
08:12Ils ne sont pas venus le vendredi, ils sont venus finalement dimanche.
08:15Donc ils sont en train quand même jouer, se présenter comme un régime qui est plutôt renforcé, qui est fort.
08:23Oui, ça vous fait réagir Alexandre, mais je me permets de vous poser une question.
08:26Est-ce qu'on peut dire que Trump a abandonné le peuple iranien ?
08:29C'est-à-dire qu'il l'aura dit plusieurs fois au début de la guerre Souvenir.
08:32Sortez dans la rue, allez manifester, allez faire tomber le régime.
08:36Et là, ce que dit Xenia, c'est que le régime va être encore plus extrême.
08:38Donc une répression encore plus forte, avec, on a très peu d'informations,
08:42mais j'imagine avec de nombreuses pendaisons, une répression très sévère.
08:47Donc est-ce que Donald Trump, au lieu de sauver le peuple iranien, l'a mis en danger ?
08:52Oui, moi j'appelle, en géopolitique, on appelle ça les représentations géopolitiques.
08:56C'est les leitmotifs, c'est ce que l'on dit pour justifier une opération.
08:59Mais Trump est allé mettre autant de moyens, absolument pas, pour le peuple iranien.
09:04Ça c'était l'huile.
09:06C'était pour faire un petit peu, pour avernir un petit peu pour huiler.
09:09Mais la vérité, c'est le pétrole, c'est essayer de faire des investissements
09:13qui, je le répète, étaient déjà ceux dans les négociations avant la guerre.
09:17M. Wittkopf et M. Kouchner, j'arrête Kouchner, ont d'énormes intérêts dans tous les pays du Golfe.
09:22Et l'idée, c'est de revaloriser le pétrole iranien, également pour faire baisser le prix mondial du pétrole.
09:27Et justement, il y a un revirement de Trump sur la Russie.
09:30Il veut maintenant faire plus mal à la Russie, resanctionner le pétrole russe et désanctionner le pétrole iranien,
09:36faire baisser les prix, ou qu'ils ne soient pas trop hauts, et en plus faire mal à l'économie
09:41russe,
09:42qui certes trouvera encore une résilience.
09:44Mais je pense que les choses sont plus complexes que ce que l'on dit.
09:47Mais c'est vrai que l'Iran est victorieux, puisque les Émirats, très rapidement,
09:50les Émirats viennent de donner 20 milliards en secret au régime iranien.
09:54Et le Qatar a débloqué, comme on le sait, 12 milliards.
09:57Et l'Arabie Saoudite, pour conclure, est en train de réunir un sommet des pays du Golfe
10:04qui vont donner encore plus d'argent à l'Iran, en dehors de ce qui est prévu dans le futur
10:09fonds
10:09ou des déblocages de fonds d'avoir gelé.
10:12C'est-à-dire que les pays du Golfe sont en train d'acheter leur future sécurité auprès des Iraniens.
10:17En ce sens, c'est vrai que c'est une victoire iranienne, de ce point de vue.
10:20Je voulais juste ajouter que sur les questions de la Russie,
10:24le fait que Trump apparemment a fait une tourne vers l'Ukraine,
10:27ça, c'est que les rumeurs, ça vient des sources de médias ukrainiens,
10:32et les sources mainstream, il n'y a aucune preuve que Trump a changé son avis.
10:37On n'a pas encore aucune preuve sur les potentielles sanctions contre les pétroles.
10:42Je pense que l'idée, c'est vraiment de baisser les prix de pétrole,
10:45mais par sanctionner les prix, sanctionner le pétrole russe,
10:49ça ne va pas aider cet objectif de baisser les prix.
10:52C'est vrai que c'est une rumeur qu'on a entendue au moment du G7.
10:56Puisque le dossier iranien, il le referme, il va reprendre le dossier ukrainien
11:00et il va être beaucoup plus ferme avec Vladimir Poutine.
11:03C'est quelque chose qu'on a entendu au moment du G7.
11:04Il ne peut plus accorder de licence sur le désanctionnement du pétrole russe.
11:09Mais vous dites que pour le moment, ce n'est pas suivi des faits
11:10et il n'a fait rien dans ce sens.
11:12On verra.
11:12On peut dire le contraire demain.
11:14Avec Donald Trump, ça c'est sûr.
11:16Sébastien, vous réagissiez à la carte qu'on a montrée
11:18avec les passages des bateaux au sein du détroit d'Hormuz.
11:22Bien sûr, parce que ce qui est certain,
11:23c'est que le détroit d'Hormuz ne reviendra jamais à son fonctionnement avant guerre.
11:28On a presque l'impression, c'est un moment un petit peu surestimé,
11:33mais que le gouvernement d'Emola a découvert la puissance symbolique,
11:38militaire, commerciale, géopolitique de ce détroit d'Hormuz à cause de ce conflit.
11:42Quand ils parlent de cette deuxième bombe nucléaire,
11:44évidemment c'est un élément de langage,
11:46mais on a presque l'impression qu'ils ont dit
11:46mais en fait c'est extraordinaire.
11:48On n'avait jamais réalisé jusque-là qu'on avait entre nos mains
11:51la possibilité de bloquer une partie importante du commerce mondial
11:55et de créer un bras de fer diplomatique et géopolitique
11:59avec la plus grande puissance du monde.
12:01Et ça pour moi c'est un changement majeur dans les équilibres de force.
12:04Quand le régime iranien dit la défaite de l'Amérique,
12:08ça aussi c'est très important.
12:10Pourquoi ? Parce que notamment dans ce qu'on appelle le sud global,
12:13cette idée que l'Amérique peut être vaincue,
12:15que l'Amérique est affaiblie,
12:17c'est un élément qui fonctionne, qui marche.
12:19Et de la même manière que Donald Trump va faire de la communication
12:22pour vendre à son peuple l'idée que les Etats-Unis ont gagné ce bras de fer,
12:27le régime iranien va tout faire avec ses alliés
12:29pour montrer que l'Amérique peut être battue,
12:31que l'Amérique qui intervenait en Irak, en Afghanistan,
12:35qui rasait tout avec des centaines de milliers de soldats,
12:38cette ère-là est terminée.
12:39Et qu'aujourd'hui même l'Iran est capable de pousser les Etats-Unis
12:43à la négociation.
12:44Et ça, ça change beaucoup de choses dans l'équipe des forces.
12:46C'est cette idée que l'Amérique n'est plus ce monstre infranchissable
12:50et qu'on peut faire vaciller l'ogre américain.
12:52Alors justement, sur le détroit d'Hormuz,
12:54Donald Trump s'est exprimé sur son réseau social True Social,
12:57l'Iran a informé les Etats-Unis que malgré les fausses informations,
13:00donc il faut faire toujours attention aux rumeurs,
13:03diffusées à des formes malveillantes,
13:04aucun péage, aucun frais d'assurance,
13:07ni aucun autre frais d'aucune sorte
13:09n'est demandé ou perçu par l'Iran
13:10pour les navires traversant le détroit d'Hormuz.
13:12En gros, que l'Iran allait prendre une taxe
13:14sur les navires qui traversaient Hormuz.
13:16Si cette information est fausse,
13:17les négociations prendront fin immédiatement.
13:20De plus, les Etats-Unis n'ont versé aucune somme d'argent à l'Iran,
13:23ni débloqué des fonds en leur faveur.
13:25Nous allons débloquer une partie de leurs fonds
13:27que nous contrôlons entièrement
13:29pour nos agriculteurs et éleveurs
13:30afin qu'ils puissent acheter du maïs, du blé, du soja
13:32et d'autres denrées alimentaires.
13:34L'Iran a besoin urgent de nourriture
13:36et nous l'achèterons exclusivement aux Etats-Unis.
13:37Je vous remercie de votre attention.
13:39Alors là, il faut décrypter ça, Xéna,
13:40parce que c'est très intéressant, parce qu'on a dit quoi ?
13:41On a dit que les Etats-Unis allaient déjeler les avoirs iraniens
13:47et, en gros, aider les Iraniens à reconstruire le pays.
13:50C'est ça qu'il fallait comprendre en fin, Karan.
13:52Comment on analyse le message de Trump ?
13:54C'est un message à sa population américaine en disant
13:56« Rassurez-vous, on ne va donner aucun dollar au peuple iranien,
14:00enfin au régime des Molas plus exactement. »
14:02Oui, mais je pense que c'est tout à fait une communication
14:05vis-à-vis plutôt au peuple américain.
14:07On comprend ça.
14:09Je pense que c'est tout à fait…
14:11Donald Trump a besoin de donner quelque chose aux Iraniens
14:14et c'est quelque chose, je pense, c'est exactement le dégel des avoirs.
14:18Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas contentes avec cette situation,
14:20mais c'est le cas.
14:21Il a déjà dit que c'est l'argent qui appartient à l'Iran.
14:25Après, si l'Iran va acheter les produits nécessités aux Etats-Unis,
14:31encore une fois, Donald Trump se présente comme on a gagné dans ces situations.
14:35Il fait des profits un peu partout.
14:36Et c'est exactement ce qu'il représente en businessmen.
14:42Et c'est exactement ce qu'il avait fait avec Zelensky.
14:45C'est-à-dire que maintenant que vous allez arrêter,
14:46ça ne va plus être gratuit, vous allez devoir nous payer pour avoir nos armes.
14:49Et là, c'est pareil avec les Iraniens.
14:51C'est-à-dire que vous allez devoir nous payer pour qu'on puisse vous aider,
14:54acheter nos denrées alimentaires, etc.
14:55Exactement.
14:55Mais avec Zelensky, il a fait mieux que ça.
14:58Zelensky a signé avec les Américains le d'accord qui l'a permetté aux Etats-Unis
15:04d'avoir accès aux ressources naturelles de l'Ukraine.
15:10Vous avez les entreprises comme BlackRock qui est en fait en train d'entrer
15:14et avoir toutes les possibilités de reconstruire l'Ukraine après la guerre.
15:19Donc je pense que là, Donald Trump a signé beaucoup de deals
15:23seulement pour que les Européens puissent acheter les armements des Etats-Unis.
15:27Donc là, on peut dire que vraiment, ce qu'il a fait, c'est un niveau de business
15:33très très haut en fait.
15:34Et vous pensez qu'il va réussir à tordre le bras des Iraniens
15:36qui vont vraiment payer les Etats-Unis ou que c'est que de la com ?
15:39Je pense que c'est possible.
15:41C'est possible qu'il va vraiment vendre quelque chose.
15:45Je sais qu'il y a beaucoup de pression de la part des pays du Golfe.
15:48Je parlais avec mes contacts, par exemple, aux Émirats aujourd'hui.
15:53Et il y a des rumeurs même que certains pays du Golfe sont envoyés d'argent
15:56à l'Iran pour faciliter cet accord de paix, pour calmer les Iraniens,
16:02pour dire, voilà, vous avez besoin d'argent, on vous donne.
16:05Ça, c'est évidemment que les rumeurs.
16:07Mais ça rentre un peu dans cette idée que tous les mondes et tous les côtés
16:11aujourd'hui veulent la paix, sauf Israël qui trouve cet accord.
16:15Bon, peut-être qu'il veut la paix, mais pas avec l'accord qui était aujourd'hui proposé.
16:20On en revient toujours à la même chose.
16:22Avant d'être président des Etats-Unis, il a une culture de businessman.
16:25Voilà, c'est ça qui l'intéresse.
16:25Et donc là, il fait du business au nom de son pays.
16:28Absolument.
16:28C'est ce qu'il a proposé à Oman et aux Émirats arabes unis et à l'Iran,
16:34surtout Oman et Iran, de se partager un futur droit de payage.
16:37Il avait dit ça il y a deux mois.
16:38Ensuite, l'Iran a dit non.
16:40Mais on apprend aujourd'hui qu'il y a des réunions entre Oman et l'Iran
16:44pour se partager des droits de payage qui ne s'appelleront pas des droits de payage.
16:48Ça va être des frais techniques.
16:49Et ça, c'est la nouvelle depuis deux jours, une nouvelle extrêmement sérieuse
16:52qui vient de services de renseignement égyptiens et émiratis.
16:57Et je pense que c'est possible si Trump arrive à trouver un accord
17:01où lui aussi peut être intéressé,
17:02de même qu'il voulait faire racheter Nord Stream 1 et 2
17:05par M. Flynn, Stéphane Flynn, pas celui de BlackRock, un autre,
17:08pour nous vendre le pétrole russe et le gaz russe qu'il ne voulait pas.
17:12C'est pour ça que j'ai fait le parallèle avec Télévski.
17:13C'est parce qu'il agit toujours de la même manière, en fait.
17:15C'est pour ça que moi, j'affirme qu'il n'est pas forcément perdant
17:18de son point de vue d'homme qui enrichit tout son clan.
17:20Parce qu'il faut dire les choses telles qu'elles sont.
17:21Il a un clan qui s'enrichit.
17:23Ses enfants, ses partenaires, Wittkopf.
17:27Ce sont des affaires riches.
17:28Je ne peux pas donner de nom, mais je connais quelqu'un qui travaille avec eux.
17:31Et il me dit que c'est une corruption qu'on ne peut même pas imaginer.
17:34Alors là, c'est très grave ce que vous dites.
17:35Alors c'est grave, mais voilà, c'est quelqu'un qui me le dit.
17:37Oui, voilà, toutes les précautions de langage, etc.
17:40Corruption pour nous, si vous préférez.
17:42Vous êtes en train de dire que Donald Trump est un mafieux.
17:45Corruption pour nous, parce qu'aux Etats-Unis,
17:46ce qui est pour nous une corruption, ne l'est pas aux Etats-Unis.
17:49C'est beaucoup plus facile de se faire du fric et d'enrichir son clan
17:51quand on est un président de l'État.
17:53Mais il va enrichir son pays aussi.
17:54Alors le pays.
17:55Et d'enrer alimentaire, ce n'est pas que son clan, comme vous dites.
17:57J'assume, je pense qu'il enrichit.
17:59Je sais que c'est ma propre responsabilité, j'assume.
18:01Il enrichit son clan.
18:02Et ce n'est même pas un reproche que je fais.
18:03C'est son fonctionnement.
18:04Il a toujours confondu les intérêts de son pays,
18:06parce qu'il est patriote et nationaliste,
18:08mais aussi ceux de son clan.
18:09Et c'est ça, la grille de lecture pour comprendre Trump.
18:12De ce point de vue, je dis qu'il n'est pas forcément en train d'échouer.
18:15Du point de vue des objectifs de guerre israélien et des néo-concs...
18:17Oui, il est en train de sacrifier son pays pour son propre clan.
18:20Alors, vous savez, le nombre d'hommes politiques occidentaux
18:23dont l'intérêt premier n'est pas l'intérêt national,
18:26je pense qu'on a pas mal d'exemples dans toute l'Union européenne.
18:28Donc, ce ne serait pas surprenant en Occident.
18:31Xenia ?
18:31Je pense qu'on peut aussi rapprocher un peu la même façon,
18:35la même chose à Biden et le clan de Biden,
18:38parce que regardez comment s'est passé avec l'Ukraine et Biden.
18:41Il y a eu Hunter Biden qui a travaillé pour une entreprise d'énergie ukrainienne,
18:46Burisma, et c'était quelque chose qui était vraiment border.
18:50Et même Donald Trump a demandé l'information sur cette affaire
18:54parce qu'il y a eu probablement énormément de contrats qui étaient signés.
18:57Bon, il y a des enquêtes qui étaient faites depuis,
19:00mais c'est comme ça, en fait, ça fonctionne.
19:02Et on n'appelle pas ça corruption, c'est plutôt du lobbying, les mots qui sont...
19:06En Amérique, ce n'est pas la corruption.
19:07Mais on est en Amérique, mais il y a des dirigeants
19:10qui sacrifient vraiment les intérêts de son peuple.
19:13Si on regarde, par exemple, l'Union européenne,
19:16et le montant d'argent qu'il est envoyé à l'Ukraine aujourd'hui,
19:19quand, en même temps, il y a des problèmes sociaux dans leur propre pays,
19:23on peut aussi poser les questions, qu'est-ce que c'est ça ?
19:26Quel genre de lobbying ça représente ?
19:27Je rappelle qu'en plus, on soupçonne l'aide européenne
19:30d'avoir été détournée par le bras droit de Volodymyr Zelensky.
19:34C'est vrai que cette image de président businessman
19:37a parfois été un petit peu caricaturale,
19:39parce que je pense que ce n'est pas simplement un président businessman
19:41qui pense à ses intérêts.
19:43Mais c'est vrai qu'il y a aussi une logique,
19:44et que la logique trumpienne n'est pas celle
19:47des 40 présidents américains qui l'ont précédé.
19:50C'est-à-dire que vous regardez tous ces grands dossiers internationaux
19:52depuis qu'il arrive au pouvoir,
19:54par exemple pour les Taïwan,
19:55je pense que la question de la souveraineté
19:57et de l'indépendance de Taïwan,
19:58il s'en fiche totalement.
20:00La question de Taïwan, pour lui, ça revient à la vente d'armes,
20:03et il le fait très bien,
20:03puisque les Américains n'ont jamais autant vendu d'armes à Taïwan,
20:06et des terreaux et des matériaux technologiques.
20:10Quand il nous explique qu'il veut racheter,
20:13voire contrôler le Groenland,
20:14il ne le fait pas par intention patriotique,
20:17ou pour sauver les Groenlandais, encore moins.
20:20Il le fait parce qu'il souhaite contrôler notamment les mers du Nord,
20:22avec la fonte des glaces,
20:23qui deviennent des terres extrêmement riches en matériaux.
20:27Quand il explique qu'il aimerait intégrer le Canada aux Etats-Unis
20:31et en faire un 51ème État,
20:32il ne le fait pas pour la grandeur de l'Amérique,
20:34il le fait pour essayer de développer des business commerciaux.
20:37Au Venezuela, il n'y va pas pour sauver le peuple vénézuélien,
20:40il le va pour le pétrole.
20:42En Iran, de la même manière,
20:44c'est cette logique-là qui le gouverne.
20:45Après, on peut allier la logique business et des intérêts nationaux.
20:49C'est ça, la grande révolution trumpienne.
20:50Alors, il y avait évidemment une grande inquiétude.
20:52En Occident, aux Etats-Unis,
20:54c'est le prix du pétrole qui continuait d'exploser, etc.
20:57Et là, évidemment, c'est reparti considérablement à la baisse.
21:00Donc écoutez Donald Trump sans féliciter.
21:07Nous allons faire un accord avec eux et voir ce qu'il se passe.
21:13Hier soir, 90 millions de barils ont quitté le Détroit.
21:19C'est un record pour le Détroit Trump.
21:22Notre marché boursier se porte très bien.
21:26Je crois que nous avons passé les 70 dollars le baril,
21:31c'est-à-dire en dessous de là où nous en étions avant le début de la guerre.
21:35Donc ça, c'est le nerf de la guerre, Alexandre Delval.
21:37C'est le carburant, c'est le pétrole, c'est le prix du baril.
21:40Il a deux objectifs pétroliers.
21:42Faire baisser le prix depuis le début de son mandat.
21:45Pas trop bas, parce que, vous savez, s'il s'est en dessous de 80 dollars,
21:49tout ce qui est schiste, pétrole et gaz de schiste, n'est pas rentable.
21:53Mais le faire baisser suffisamment
21:55est obligé le monde qui est en train de faire l'inverse à le redollariser.
22:00Ces deux objectifs sont en train d'être partiellement atteints en Iran,
22:03sous réserve, bien sûr, que d'ici 30, 60 jours, tout cela se confirme.
22:08Mais c'est une tendance qui est en train d'atteindre un de ces objectifs.
22:12C'est pour ça que je dis que si l'Iran est renforcé
22:15et si l'Iran est gagnant d'un grand point de vue,
22:18l'Amérique de Trump, pas l'Amérique du Deep State,
22:21mais l'Amérique de Trump n'est pas totalement perdant.
22:23C'est vraiment le sujet numéro un,
22:25parce que vous parlez justement des peuples européens
22:26et effectivement de la situation des peuples européens
22:29et de cet argent qui était donné en priorité à l'Ukraine.
22:32Ça aussi, c'était une grande inquiétude des peuples européens.
22:34On a passé nombre de reportages à la pompe
22:35où les gens n'en pouvaient plus.
22:36Et on a vu d'ailleurs que la France était incapable de baisser ses taxes.
22:39Donc c'est aussi sans doute pour ça que Trump,
22:41pour lui et pour ses élections de mi-mandat,
22:43ça jouait énormément que le prix du baril baisse très rapidement.
22:48Oui, mais ça sera, à mon avis, je ne suis pas spécialiste dans ces sujets,
22:52mais je sais en tant que journaliste, ça ne baisse pas immédiatement.
22:56Donc on peut voir les baisses sur les marchés,
22:58mais les marchés, ce n'est pas la même chose comme les économies et la pompe.
23:02Et donc comme on a déjà un énorme retard de prévision
23:05et on a aussi les réserves qui s'est vidées assez vite,
23:09je pense que le prix va rester quand même assez haut pendant quelques mois.
23:15Heureusement que ça a commencé à bouger vers la paix,
23:17mais on ne sait pas si finalement cet accord,
23:20à partir de 60 jours, sera signé.
23:24Donc imaginons pour l'instant qu'il ne s'est pas signé.
23:27Et dans ce cas, l'Europe se trouve dans une situation encore plus compliquée
23:31avec l'arrivée de l'OTAN.
23:33Je pense que ça va devenir un sujet bruyant, en fait,
23:38pour tous les pays européens.
23:40Parce que sans pétrole, on a déjà vu les...
23:47les avions, les airlines, les compagnies aériennes
23:52qui étaient obligées d'annuler plein vol,
23:55comme Lufthansa par exemple,
23:57exactement à cause du fait que le prix de pétrole était trop haut.
24:00C'était un parentage.
24:01Parce qu'ils avaient vendu trop bas le ticket par rapport au billet d'avion,
24:04par rapport au prix du carburant.
24:06Exactement.
24:07Donc on va voir.
24:08Mais à mon avis, ce n'est pas si vite comme Donald Trump nous présente.
24:12C'est vrai que tous les distributeurs ont dit à longueur d'interview,
24:15Sébastien Ligné, qu'on ne retrouverait jamais,
24:17je dis bien jamais, les prix d'avant-guerre.
24:19Mais de toute manière, depuis 30 ans, la tendance est haussière.
24:23Si vous voulez retourner en arrière et trouver un prix à la pompe en 1990,
24:28je peux vous assurer que 2 euros, ça n'existait pas.
24:31Donc évidemment que ça...
24:32Là, on était à 3 quasiment.
24:33D'ailleurs, on parle beaucoup évidemment des conséquences pour les Européens,
24:36mais il y a aussi énormément de conséquences aux Etats-Unis,
24:38même si elles sont peut-être moindres ou moins rapides.
24:41Mais je pense que ça a aussi joué dans la politique de Donald Trump
24:44et son changement de pied par rapport à l'Iran.
24:46Parce qu'on en a beaucoup dit sur l'élection américaine,
24:49les ressorts de cette élection et du vote Trump.
24:51Mais il ne faut pas non plus oublier que la question de l'inflation,
24:53c'est une question qui est évidemment partagée par tous les peuples.
24:57Et aux Etats-Unis, c'était un sujet de vote majeur.
24:59Et si Donald Trump a gagné, c'est aussi parce que l'inflation sous Biden
25:02avait complètement explosé et que Donald Trump avait promis
25:05qu'avec lui, les prix à la pompe allaient baisser.
25:07Et quand les peuples américains se sont retrouvés en disant
25:10« Mais attendez, on est engagé dans un conflit dont on n'a rien demandé,
25:13avec un président qui nous expliquait qu'avec lui, il n'y aurait plus de guerre,
25:15et en plus, c'est nous qui payons l'addition »,
25:17ça, c'était un ressort de vote à quelques mois des élections de mi-mandat
25:20qui étaient catastrophiques pour lui.
25:21Donc il fallait absolument que ça baisse aussi aux Etats-Unis.
25:23Et je pense que c'est aussi pour ça qu'il souhaite sortir de ce conflit
25:26le plus rapidement possible.
25:27On en vient, vous l'avez tous légèrement abordé,
25:29mais on va faire un point là-dessus sur les contrôles,
25:31sur le nucléaire iranien et sur l'uranium iranien.
25:35Donc écoutez, Donald Trump, il promet des contrôles.
25:39Les Iraniens affirment qu'aucune visite des inspecteurs de l'AIEA n'est prévue.
25:43Cela fait-il partie de votre accord ?
25:46Ils ont tort. Ils ont tort.
25:48Ils savent qu'ils ont tort.
25:50Ils nous l'ont dit en privé.
25:52Et nous avons obtenu des inspections à 100%.
25:54Et s'ils avaient raison, j'annulerai les réunions immédiatement.
25:58Et l'AIEA dit bien qu'ils doivent contrôler le nucléaire iranien.
26:04Nous allons donc travailler très prochainement sur les modalités,
26:10les dates, les procédures et les lieux.
26:15Et les inspections auront bien lieu.
26:19Bien sûr, cela se fera en collaboration et en coopération avec le gouvernement iranien.
26:26Et je n'ai aucun doute que nous y parviendrons.
26:29Ces inspections auront donc lieu.
26:35Bien sûr, s'ils veulent respecter l'accord, s'ils ne le veulent pas, c'est une autre histoire.
26:41Alors, l'Iran va-t-elle accepter de se faire contrôler ?
26:45Oui, je pense.
26:46Je pense, parce que c'était déjà les cas avant.
26:49Et l'Iran était contrôlé.
26:50Et je ne pense pas que ça pose un vrai problème pour l'Iran aujourd'hui.
26:56La question, encore une fois,
26:58qu'est-ce qui a changé par rapport au dernier accord qu'on a eu avec l'Iran ?
27:02Et ça, c'est une question qui sera approchée à Donald Trump beaucoup, justement.
27:06Mais je pense qu'Iran est plutôt préféré d'être contrôlé
27:12qu'il a envoyé l'uranium enrichi dans les pitiés.
27:15Et je pense que c'est ça ce qui était sur la table.
27:17Et finalement, encore une fois, les Iraniens gagnent sur ces points-là.
27:21Ils vont accepter les contrôles, les Iraniens ?
27:23Pour moi, d'un point de vue de la géopolitique cynique,
27:25ça ressemble à une immense plaisanterie ou à un poker-monteur mutuel.
27:29Les Iraniens, Alain Boer en reparlait récemment,
27:32et aussi un expert trader que je connais,
27:34ils ont 8,5 tonnes d'uranium enrichi entre 3 et 20 %.
27:40Ce n'est pas 60 ou 90, mais c'est beaucoup plus facile d'aller à 20 jusqu'à 90.
27:44Donc ils peuvent montrer ce qu'ils veulent sur les 440 kg.
27:48Ils ont tout un stock dont on ne sait pas si ça n'a pas dépassé 3, 20 ou peut
27:53-être 50 ou 60 %.
27:54Donc ça peut retarder le programme en cours le plus élaboré des 440 kg enrichis,
28:01si ce n'est que cela.
28:02Mais peut-être qu'ils en ont beaucoup plus déjà enrichi à 90 %.
28:06C'est ce que me dit un certain nombre de personnes,
28:09y compris l'ancien directeur de cabinet de Rézap à la vie,
28:13qui est très très informé, qui écrit des rapports dans l'Institut Montaigne,
28:16quelqu'un de raisonnable,
28:18et d'autres personnes qui sont issues des services de renseignement français.
28:23On sait très bien qu'ils ont au moins 8 à 9 tonnes.
28:26Donc ils peuvent montrer ce qu'ils veulent.
28:28De toute façon, ils auront l'arme nucléaire.
28:31Je vais vous dire pourquoi.
28:32Alors là, vous dites même qu'en fait tout ça n'a servi à rien.
28:36Alors si, bien sûr.
28:37Si ils ont l'arme nucléaire à la fin, donc tout ce qu'a fait Trump,
28:39deux fois d'ailleurs entre cette année et l'année dernière,
28:42n'a servi strictement à rien.
28:43Je rajoute bien sûr un petit si en géopolitique, on n'a jamais d'affirmation.
28:46Mais s'il n'y a pas un changement de régime drastique avec un million d'hommes envoyés
28:50et avec une perte de, je ne sais pas, 150 000 personnes,
28:54un truc massif, comme vous voulez presque les Israéliens disaient,
28:58il va falloir perdre beaucoup de plumes, il faudra une guerre longue.
29:01Dans la mesure où on n'a pas voulu une guerre longue,
29:03où on aille sur le terrain à aller déceler tous ces centres,
29:07il est impossible d'empêcher...
29:09D'ici combien de temps ?
29:12Soit ils l'ont déjà, selon certains analystes extrêmement bien informés,
29:15d'autres hypothèses, c'est qu'ils l'auront de toute façon dans 5 ans,
29:20même s'ils désenrichissent les 440 kilos.
29:23Donc nous n'avons aucune autre certitude.
29:24C'est pour ça que les Israéliens sont très amers en ce moment,
29:27parce qu'ils disent que la guerre telle qu'elle a été écourtée,
29:30avec le peu d'intensité par rapport à ce qu'il fallait faire,
29:33ne permettra pas d'empêcher l'Iran d'avoir la bombe atomique.
29:35Vous y croyez, la bombe atomique pour l'Iran d'ici 5 ans ?
29:40Ou ils l'ont déjà, comme le dit Alexandre Delval ?
29:42Ce que je pense, c'est que c'est sûr qu'Iran va avoir encore plus grande volonté
29:47d'avoir une bombe nucléaire maintenant qu'avant.
29:51Pourquoi ? Parce qu'ils ont compris que ce sera peut-être le seul moyen de se protéger.
30:00Après, la question qu'on peut se poser,
30:03parce qu'on a entendu beaucoup que, de point de vue religieux,
30:07pour les Molas, une bombe nucléaire, c'était interdit,
30:11ce n'était pas quelque chose qui était bien vu.
30:13Ça, c'est un point.
30:14La deuxième fois, on a entendu beaucoup, souvent,
30:17qu'Iran a été à deux secondes de créer une bombe nucléaire,
30:20et ça, on a entendu depuis 20 ans.
30:23Donc, la vraie question, est-ce qu'ils ont vraiment la capacité de le créer maintenant ?
30:27Je ne suis pas sûre.
30:29Est-ce qu'ils veulent le créer ? C'est une autre question,
30:30mais je pense qu'il y a volonté probablement présente.
30:33Alors, on va en venir, vous avez parlé de l'amertume du côté israélien.
30:37On va en venir avec la situation au Liban.
30:39Écoutez ce qu'a dit le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
30:45Le Liban est un pays souverain.
30:48Il faut directement négocier avec le gouvernement libanais.
30:52J'ai parlé au président Ayoun et avec les équipes sur le terrain.
30:57Il y a des difficultés pour les Iraniens sur le dossier du Liban,
31:00liées à leur soutien au Hezbollah.
31:03Et c'est ce facteur qui sera discuté dans le cadre de nos échanges avec les Iraniens.
31:10Le futur du Liban appartient aux Libanais.
31:13Ils ont un gouvernement souverain et évoluent librement.
31:18Est-ce que les Etats-Unis sont en train de lâcher Israël sur le Liban ?
31:23Non, mais c'est-à-dire qu'on a l'impression que certains découvrent
31:26qu'entre alliés, on peut avoir des intérêts qui sont foncièrement divergents.
31:29Ça a toujours existé.
31:30Et sur cette question libanaise et d'une certaine manière sur la région,
31:34il y a des intérêts qui sont divergents.
31:36Et Alexandre le rappelait très justement.
31:38Dès le départ, cette intervention américaine en Iran,
31:42elle est surtout voulue par le camp israélien au départ.
31:46Selon même la presse américaine, c'est carrément Benyamin Netanyahou en personne
31:49qui a convaincu personnellement Donald Trump d'y aller.
31:52Dès le départ, Benyamin Netanyahou dit quoi ?
31:55Il dit, si on y va, c'est pour renverser le régime.
31:58Parce que sinon, ça ne changera rien.
32:00Et si on se place d'un point de vue purement israélien,
32:03on peut comprendre les arguments.
32:04Les arguments israéliens, ils disent quoi ?
32:06Ils disent, tant que le régime des Mola et son proxy du Hezbollah existeront,
32:11on ne sera pas en paix.
32:13Deux, on ne croit absolument pas à ces foutaises de contrôle par la IEA
32:17des armes nucléaires iraniennes et des infrastructures iraniennes.
32:22Depuis le début, on vous dit qu'ils finiront par avoir la bombe atomique.
32:25Et le jour où ils l'auront, ils vont nous bombarder.
32:28Ça, ce sont les arguments israéliens.
32:30Et donc, ils nous expliquent, on est obligé,
32:32et que le seul moyen de se sortir de ce conflit
32:35et ne pas avoir à réintervenir tous les 5 ou 10 ans,
32:38c'est de renverser le régime.
32:39On peut être en accord, en désaccord avec ce point de vue,
32:41mais c'est le point de vue israélien.
32:43Et je pense que d'un point de vue purement israélien, il se comprend.
32:45La position américaine, ce n'est pas celle-là.
32:47Donc, à partir du moment où vous avez des intérêts,
32:49et sur des questions aussi fondamentales,
32:51des intérêts qui sont divergents,
32:52évidemment qu'il va y avoir fracture.
32:53Mais in fine, la question, c'est qui est le grand gagnant
32:57dans le bras de fer américain entre l'Amérique et Israël ?
33:00Historiquement, c'est toujours l'Amérique
33:02qui gagne le bras de fer interne avec Israël.
33:04Donc, est-ce qu'on peut imaginer un monde
33:06où Israël, demain, dit non aux Etats-Unis
33:10et tente un réel bras de force avec les Etats-Unis ?
33:13C'est difficile à croire,
33:14parce qu'ils sont dépendants des Américains,
33:17les Israéliens, d'un point de vue économique,
33:19et surtout, évidemment, d'un point de vue sécurité.
33:21Écoutez le chef d'Huezbollah qui a dit
33:22que les Israéliens n'avaient pas d'autre choix
33:24que de quitter le Liban et de se retirer.
33:28Nous avons maintenant un cessez-le-feu.
33:32Le retrait doit avoir lieu selon un calendrier préétabli.
33:37Israël n'a pas d'autre choix
33:39que de se retirer complètement de tout le territoire libanais
33:44sans s'en conserver un seul pouce.
33:48Alexandre Delval, la rupture, comme disait Sébastien,
33:51entre Tel Aviv et Washington ?
33:53Les alliés n'ont pas toujours les mêmes intérêts,
33:55mais c'est vrai que ceux-ci ressemblent aussi à une plaisanterie.
33:58Quand on dit la souveraineté du Liban,
34:00malgré tout le respect pour ce pays que j'aime,
34:02le Hezbollah est beaucoup plus fort que l'armée libanaise.
34:05Donc on retrouve l'idée des rapports de force en jeu politique.
34:08Si vous n'envoyez pas des troupes massives
34:10à attaquer le Hezbollah et pas uniquement Israël
34:13qui est régulièrement encouragé, puis freiné,
34:16comme en 2006, dans sa volonté d'en finir avec le Hezbollah
34:20qui renaît tout le temps, sans la force,
34:22le droit n'existe pas.
34:24C'est pareil pour le droit international,
34:25c'est pareil pour la décision de 2006,
34:27vous savez, onusienne visant à faire reculer le Hezbollah
34:30de 35 kilomètres, c'est sur quoi s'appuient les Israéliens
34:33pour les poursuivre, droit de poursuite.
34:36Tout cela ne peut pas être appliqué sans rapport de force.
34:38Le Hezbollah peut tuer n'importe qui au Liban.
34:40Des députés, des hommes politiques,
34:41il a déjà fait des présidents.
34:42Le Hezbollah, aujourd'hui, ça rend très frustré
34:45les Israéliens qui disent
34:46on est en train de nous empêcher de terminer le travail,
34:48c'est comme à Gaza, à chaque fois qu'on est sur le point
34:51non pas de finir, mais d'être sur la voie
34:54de la finition du travail,
34:57on nous bride, un peu comme en 2006,
34:58les Israéliens n'ont pas perdu en 2006.
35:00Ils ont été obligés par leurs alliés
35:02et par la dite communauté internationale
35:04à arrêter la belligérance contre le Hezbollah
35:07qui s'est reconstitué,
35:08d'où l'opération des beepers
35:09qui était une vengeance,
35:10enfin une représailles du Mossad.
35:13Venons-en à l'Ukraine et à la Russie
35:15puisque Vladimir Poutine a déclaré
35:18qu'en Occident,
35:19il se préparait ouvertement
35:21à faire la guerre contre la Russie
35:23tout en augmentant
35:24leur budget militaire offensif.
35:28Aujourd'hui en Occident,
35:29ils déclarent ouvertement
35:31qu'ils se préparent à la guerre contre nous
35:32tout en augmentant leur budget militaire offensif.
35:38Alors ces drones,
35:39ces frappes contre les infrastructures civiles,
35:41à quoi servent-ils ?
35:44Eh bien, à ébranler la société.
35:47Bien sûr,
35:50sous une pression aussi massive
35:51quand tout l'Occident travaille pour eux
35:53avec d'énormes flux de ces systèmes sans pilote
35:55qui affluent
35:56afin de créer
35:58une sorte d'incertitude
36:00quant aux actions des forces armées russes.
36:03Et l'Occident répond,
36:05c'est Poutine qui veut la guerre.
36:07Comment on arbitre ?
36:08Je pense que,
36:09bien sûr que l'Occident
36:11présente cette situation comme ça,
36:13mais si on regarde un peu en avant,
36:15avant 2022,
36:17Poutine a quand même passé 8 ans
36:19en essayant de régler
36:21cette question de Donbass
36:22avec la participation
36:24de la France,
36:25d'Allemagne
36:27dans les formats d'accord de Minsk
36:29qui n'ont jamais marché
36:31parce que finalement,
36:31on a appris par un guédémère
36:33qu'il est François Hollande
36:34qu'il était juste pour gagner le temps
36:35en fait pour armer l'armée ukrainienne,
36:38aussi le pharma Normandie.
36:40Donc en fait,
36:41Poutine,
36:43s'il voulait vraiment la guerre,
36:46je pense qu'il aurait commencé
36:47beaucoup plus tôt.
36:49Après 2022,
36:51évidemment,
36:52la communication est très claire,
36:53mais aujourd'hui,
36:54on voit ce qu'il dit.
36:56À mon avis,
36:57ce n'est pas faux.
36:58On voit les déclarations
36:59des chefs d'État
37:01d'Allemagne,
37:03de la France,
37:04des chefs d'État-major.
37:06Tous parlent
37:07d'un choc,
37:08d'une confrontation
37:09avec la Russie
37:10en 2030.
37:13L'augmentation
37:14des budgets aussi,
37:15ça donne impression
37:16à la Russie
37:16qui s'est faite
37:17exactement pour ça.
37:18Donc peut-être
37:19on s'est trouvé
37:19dans une situation
37:20où tous les côtés
37:22s'arment
37:23pour une confrontation
37:24éventuelle,
37:25mais ce qui nous manque
37:26aujourd'hui,
37:27c'est la voie diplomatique.
37:29Et la voie diplomatique
37:30nous manque
37:30parce que,
37:31si on parle
37:32de l'Union européenne,
37:33l'Europe a décidé
37:34de ne pas parler
37:35avec Vladimir Poutine
37:36à partir de 2022.
37:38Donc aujourd'hui,
37:39on a qui ?
37:39On a tous les pays
37:41du Sud global,
37:42on a la Chine
37:43et on a Donald Trump
37:44qui veut parler
37:44avec la Russie.
37:45Et peut-être,
37:46avec un peu de chance,
37:47on peut avoir
37:48une réprise
37:50des négociations
37:51qui peuvent éventuellement
37:52mener vers la paix.
37:53Mais juste une autre chose,
37:54c'est vrai qu'on parle
37:55d'attaque des drones,
37:56on voit ces images,
37:57cette communication,
37:58même le ministère
37:59des Affaires étrangères français
38:01qui dit que la Russie
38:02a perdu,
38:02en fait,
38:02Poutine a perdu la guerre.
38:04Mais en même temps,
38:05sur les terrains,
38:05sur les fronts,
38:06la situation est
38:07complètement différente.
38:08Et en fait,
38:09ceux qui s'intéressent vraiment
38:11et regardent
38:11les sources alternatives,
38:12il faudrait qu'aujourd'hui,
38:13la Russie plutôt avance
38:14dans les Donbass.
38:16À Konstantinovka,
38:17chaque jour,
38:18elle a les batailles
38:18et la Russie,
38:19petit à petit,
38:20reprend le territoire.
38:21Donc en fait,
38:22si on regarde
38:23la réalité des terrains,
38:24c'est complètement différent
38:24de la communication
38:25qu'on entend.
38:26Alors c'est effectivement
38:27Étienne Deponcin
38:28qui est ambassadeur
38:29de France en Pologne
38:30qui a dit
38:31que l'Ukraine
38:32allait gagner la guerre.
38:33Et c'est Régis
38:35le sommier
38:35de la direction
38:36d'Omerta
38:36qu'on voit souvent
38:37sur le plateau
38:38qui a dit
38:38vu dans le Donbass
38:40donc Konstantinovka
38:42va probablement tomber
38:44mais que le secteur
38:45de Liman
38:45est aussi menacé.
38:46Certains parlent
38:47d'une nouvelle offensive russe
38:48cet été au début
38:48de la bataille
38:49pour Sloviensk.
38:51J'en déduis
38:52que l'Ukraine
38:52va donc gagner la guerre
38:53après tout cela.
38:54C'est bien ça
38:55Étienne Deponcin
38:56qui avait donc déclaré
38:57la question n'est plus
38:57de savoir
38:58si l'Ukraine
38:58va gagner la guerre
38:59mais quand elle va
39:00la gagner
39:00je suis convaincu
39:01de cela.
39:02Il est, je rappelle
39:02donc ambassadeur
39:03de France
39:04en Pologne
39:05évidemment la Pologne
39:06qui critique énormément
39:07la Russie
39:08et d'ailleurs
39:09j'ai oublié
39:10de récupérer le sonore
39:11mais Jordan Bardella
39:12a fait une visite
39:14en Pologne
39:14Sébastien Ligné
39:15la semaine dernière
39:16dans laquelle
39:17il a expliqué
39:17que la Biélorussie
39:18essayait de faire venir
39:19des migrants
39:20en nombre
39:21à la frontière
39:22polonaise
39:22donc à la frontière
39:23avec l'Union Européenne
39:25en étant un proxy
39:26de la Russie
39:27donc c'était intéressant
39:28de voir
39:29le déplacement
39:29de Jordan Bardella
39:30la semaine dernière
39:31et la position
39:31qu'il prend
39:31et effectivement
39:32c'est ce qui s'était passé
39:33on s'en souvient
39:33lors du précédent
39:35Premier ministre
39:36avec ces Syriens
39:38qui avaient tenté
39:38de forcer la frontière
39:40polonaise
39:40en masse
39:41et on avait accusé
39:42la Russie d'être derrière
39:42Vous avez raison
39:43et c'est intéressant
39:44de voir la position
39:45du RN
39:46et on sent bien
39:46d'ailleurs en filigrane
39:47que cette question
39:49ukrainienne
39:49certains pensaient
39:50qu'après 2022
39:51on aurait une présidentielle
39:52enfin sur les sujets nationaux
39:54je pense au contraire
39:55qu'on va avoir
39:55une nouvelle présidentielle
39:57où les questions internationales
39:58vont être omniprésentes
39:59dans le débat
39:59et où in fine
40:00ça peut être un vrai sujet
40:02de choix de vote
40:04la posture internationale
40:05et on voit bien
40:05que Jordan Bardella
40:06comme tous les candidats
40:08qui se déplacent
40:08en Ukraine
40:09ou dans différents pays
40:10depuis quelques semaines
40:11on voit bien
40:11qu'il y a une question
40:12de comment on crée
40:13une stature présidentielle
40:14une stature internationale
40:15moi simplement
40:16sur ce bandeau
40:18l'Europe est déjà
40:19dans une confrontation
40:20avec la Russie
40:21c'est pas une confrontation
40:22directe
40:23c'est une confrontation
40:24indirecte
40:24mais ça reste
40:25une confrontation
40:26quand au nom
40:27de l'Union Européenne
40:28vous promettez
40:30un prêt de 90 milliards d'euros
40:31quand au nom de la France
40:33vous promettez
40:33une centaine de rafales
40:35quand vous avez
40:36des ministres français
40:37qui vous expliquent
40:38qu'il faut mettre
40:39la Russie
40:40au banc des nations
40:40que la Russie
40:42grâce aux sanctions financières
40:43va s'effondrer
40:45quand on explique
40:46que Vladimir Poutine
40:47est un ogre
40:48quand on explique
40:49qu'on va peut-être
40:49envoyer des troupes au sol
40:51en Ukraine
40:51à la frontière
40:52avec la Russie
40:53pardon
40:53ce sont déjà
40:55enfin c'est une posture
40:56de confrontation
40:58indirecte
40:59extrêmement lourde
41:00donc en réalité
41:01depuis le déclenchement
41:02de la guerre
41:02en Ukraine
41:02on est
41:03quand je dis
41:04on c'est le peuple
41:05européen
41:05le camp européen
41:06est dans une confrontation
41:08avec la Russie
41:08mais ça peut s'accepter
41:10simplement moi j'ai une question
41:11de pourquoi
41:12ce n'est pas assumé
41:13si demain
41:15Emmanuel Macron disait
41:16oui nous sommes
41:17en confrontation
41:17avec la Russie
41:18mais je vais vous demander
41:20je vais demander
41:20au peuple français
41:21de se prononcer
41:22sur cette question
41:22très bien
41:23le peuple français
41:24vote sur une confrontation
41:25indirecte face à la Russie
41:26mais moi ce qui me gêne
41:27c'est un
41:28qu'on n'assume pas
41:28le fait qu'on est dans
41:29une confrontation
41:30avec la Russie
41:30et deux
41:31qu'on ne demande jamais
41:32au peuple français
41:33son avis
41:34sur les milliards
41:35qui sont envoyés
41:35sur les armes
41:36sur les rafales
41:37ça fait quand même
41:37une grande différence
41:38vous voyez l'OTAN
41:38qui répond quelque part
41:39à Vladimir Poutine
41:40l'OTAN craint
41:40des offensives
41:41de la Russie
41:42ailleurs en Europe
41:42Vladimir Poutine
41:43ne s'arrêtera pas
41:44au Dobas
41:45ni à Kiev
41:45qu'est-ce que vous en pensez
41:47Xenia ?
41:48Je pense qu'ils disent
41:49encore plus que ça
41:51ils pensent que
41:51Vladimir Poutine
41:52ne s'arrête pas
41:53dans les pays
41:53de l'Est de l'Europe
41:55et va jusqu'à
41:57chancéliser
41:57c'est ça
41:58le message
41:59qu'ils nous ont donné
42:00mais évidemment
42:00c'est pas du tout
42:02dans les intérêts
42:02de la Russie
42:03de commencer
42:03en guerre
42:04et d'aller en guerre
42:05contre les pays européens
42:07déjà pour faire quoi
42:09pour les tirs étroits
42:09il n'y a pas de ressources
42:10il n'y a rien
42:11la question ukrainienne
42:12c'est une question essentielle
42:13parce qu'il y a une partie
42:14de l'Ukraine
42:15qui est russophone
42:16qui était terrorisée
42:16et bombardée
42:17pendant 8 ans
42:18par Kiev
42:18à un moment
42:19où en 2014
42:20il y a eu
42:21un changement
42:21des régimes
42:22et en fait
42:23ça c'est une question
42:24qui est très liée
42:26aux objectifs
42:27de la Russie
42:27après aller plus loin
42:29c'est pas du tout le cas
42:30c'est juste une communication
42:31qui est confortable
42:33qui est confort
42:34pour expliquer
42:35justifier
42:35tous ces agents
42:36qui sont envoyés
42:37déjà à l'Ukraine
42:38où ils sont détournés
42:39comme on vient d'apprendre
42:40par plusieurs médias
42:41mais aussi
42:42pour justifier un peu
42:44et ne pas perdre la face
42:45parce que
42:45qu'est-ce qui se passe
42:46aujourd'hui
42:47par exemple
42:47s'il y aura
42:48un accord de paix
42:49si Donald Trump
42:50fait un job remarquable
42:52et on signe
42:53un accord de paix
42:53mais en fait
42:54les Européens
42:55se trouvent
42:56dans des situations
42:56très compliquées
42:57avec énormément d'argent
42:58qui est envoyé
43:00avec aucun objectif
43:01qui était attendu
43:02la Russie
43:02qui n'était pas affaiblie
43:03et en fait
43:04ils doivent expliquer
43:05auprès de leur propre peuple
43:07pourquoi déjà ça
43:08pourquoi ils sont en rupture
43:09de dialogue
43:10avec la Russie
43:11pourquoi ils se privent
43:12des ressources énergétiques
43:14russes
43:14bon marché
43:15aujourd'hui achètent
43:16gaz
43:17trois, quatre fois plus cher
43:18aux Etats-Unis
43:18donc il y a plein de questions
43:20à lesquelles il faut répondre
43:22je pense que
43:23c'est ça dans l'idée
43:24de prolongation
43:25de cette guerre
43:26en espérant
43:27que ça va affaiblir
43:28la Russie
43:29en un moment
43:29pour avoir
43:30un résultat
43:32qui semble une victoire
43:33mais à mon avis
43:34ça ne sera pas le cas
43:34Alors le porte-parole du Kremlin
43:35et je vous donne la parole
43:36Alexandre Delval
43:37a dit que
43:37la seule chose
43:38qui évitait la guerre
43:38c'était la dissuasion nucléaire
43:41En réalité
43:42hormis la dissuasion nucléaire
43:44il ne nous reste
43:45rien d'autre dans le monde
43:46c'est la seule chose
43:47qui préserve la planète
43:48d'une guerre mondiale
43:49et oui
43:49cela ne nous protège
43:51pas de conflits régionaux
43:52dont le potentiel
43:53ne cesse de croître
43:54malheureusement
43:56Par ailleurs
43:57l'évolution technologique
43:58montre d'ores et déjà
44:00clairement que
44:01de nouveaux types d'armes
44:02non nucléaires
44:02verront le jour
44:05et qui
44:06à long terme
44:06pourraient égaler
44:07le potentiel destructeur
44:09des armes nucléaires
44:11Qui veut la guerre
44:12Alexandre Delval ?
44:13Je pense que tout le monde
44:14veut la guerre
44:14puisque malheureusement
44:15un de mes amis
44:16de l'état-major
44:16que j'ai consulté
44:17pour mon livre
44:18me disait
44:19De quel état-major ?
44:20Français
44:21Oui
44:21vous avez raison de préciser
44:23il me disait
44:24s'il y a un cessez-le-feu
44:25plus ou moins imposé
44:26par Trump
44:26à l'arracher
44:28les Ukrainiens
44:28voudront leur revanche
44:29dans deux ou trois ans
44:30et il me dit
44:32ainsi qu'un ami
44:32de la direction
44:33du renseignement militaire
44:34qui était posté
44:35dans la zone baltique
44:36depuis des années
44:37les deux me disent
44:38ça va augmenter en intensité
44:40après une pause
44:41de quelques années
44:42il y aura probablement
44:42cessé le fait en 2026
44:43mais tout le monde
44:45se prépare à la guerre
44:46et ce n'est pas moi
44:47qui le dit
44:48ni ce monsieur
44:49le chef d'état-major
44:50de l'armée américaine
44:51l'a dit
44:51des généraux de l'OTAN
44:53le disent depuis
44:54plusieurs mois
44:55ça a même eu
44:56beaucoup de controverses
44:57donc malheureusement
44:58ce que dit Poutine
44:59est vrai
44:59pour une raison très simple
45:01De Gaulle disait
45:02si nous faisons une guerre
45:03ça doit être la nôtre
45:04or pour les Russes
45:06ce n'est pas notre guerre
45:07puisque les Russes
45:08ont un problème
45:08de succession
45:09de l'Empire soviétique
45:12avec un membre
45:13un ancien membre
45:13de cette organisation
45:14qui est l'Ukraine
45:16pour les Russes
45:16c'est une affaire interne
45:17russo-ukrainienne
45:18puisque l'Ukraine
45:19ne fait pas partie
45:20de l'OTAN
45:20ni de l'Union Européenne
45:22et avant la guerre
45:23nous n'avions aucun accord
45:24de défense
45:24avec l'Ukraine
45:25donc Poutine dit
45:27quelque chose
45:27qui est reçu
45:28de l'autre côté
45:29vous vous êtes mêlé
45:30d'une guerre
45:31par solidarité zélée
45:32avec l'Ukraine
45:33alors que l'Ukraine
45:34ne faisait pas partie
45:35de vos accords de défense
45:36c'est votre choix
45:37moi je trouve ça très noble
45:38bien sûr
45:38mais comme dit Weber
45:40les éthiques de conviction
45:41très bien
45:42mais éthiques de responsabilité
45:44cette noblesse
45:45de vouloir aider l'Ukraine
45:46alors qu'elle n'avait pas
45:46d'accord de défense
45:47avec nous
45:47nous entraîne
45:49structurellement
45:49dans une belligérance
45:51et je ne veux pas faire peur
45:51à nos auditeurs
45:52mais la guerre nucléaire
45:53est de plus en plus possible
45:54pourquoi ?
45:55parce que contrairement
45:56à ce que disait
45:57M. Peskov
45:57vous savez quand il y a eu
45:59l'attaque sur les bombardiers
46:00stratégiques russes
46:01vous vous rappelez
46:01il y a un an
46:02tout le monde a dit
46:02c'est merveilleux
46:03mais pourquoi les bombardiers
46:04stratégiques russes
46:05étaient visibles ?
46:06parce qu'ils respectaient
46:07l'accord New Start
46:08qui permet de rendre visibles
46:10les bombardiers
46:10des deux camps
46:11les russes en ont conclu
46:12ça ne leur fait plus peur
46:13la dissuasion nucléaire
46:15ainsi que les accords
46:16donc nous allons réviser
46:17la doctrine nucléaire
46:18certes
46:19de manière assez raisonnable
46:20mais l'emploi du nucléaire
46:22tactique
46:22sur un pays européen
46:23qui mettrait en danger
46:25indirectement
46:26par ukrainien
46:26armé
46:27la Russie
46:28pourrait entraîner
46:29un seuil
46:30d'utilisation du nucléaire
46:31plus bas
46:32que jadis
46:33ça veut dire que c'est plus grave
46:34que pendant les pires heures
46:35de la guerre froide
46:36c'est peu probable
46:37comme dit Peskov
46:38ça prouve qu'il est quand même raisonnable
46:39ça prouve qu'il ne nous menace pas
46:40de guerre nucléaire
46:41il dit que ça va se faire autrement
46:42mais ça n'a jamais été aussi risqué
46:44qu'aujourd'hui
46:44Xenia
46:45oui je voulais juste dire
46:46que la Russie a une responsabilité
46:48sur ces questions nucléaires
46:50elle ne va jamais commencer
46:51une guerre nucléaire
46:52et toujours
46:52elle va faire tout
46:53pour l'éviter
46:54mais quand vous avez dit
46:55Alexandre Delval
46:56c'est noble d'aider
46:57l'Ukraine
46:58soutenir
46:59oui peut-être noble
47:00mais à un moment
47:00on se trouve dans les situations
47:02où les peuples ukrainiens
47:03sont en train de continuer
47:04de mourir
47:04ça fait 4 ans
47:05il a eu plusieurs tentatives
47:07de signer un accord d'épée
47:09et c'était qui ?
47:10c'était Boris Johnson
47:11qui a empêché Zelensky
47:12de signer
47:13et c'est toujours
47:13les Européens aujourd'hui
47:15Merz
47:15Starmer
47:16qui va partir
47:17et Emmanuel Macron
47:19qui continue à encourager
47:20en fait
47:21Zelensky
47:22cette guerre par procuration
47:24mène à des pertes énormes
47:26parmi les Ukrainiens
47:27est-ce que c'est vraiment
47:27noble aujourd'hui ?
47:28je ne suis pas sûre
47:29et je termine en citant
47:31le ministre des Affaires étrangères
47:32russe
47:32qui a dit
47:33si on en croit
47:33Emmanuel Macron
47:34il n'y a plus d'accord
47:35avec le président Trump
47:36fils prodigue
47:37ou père prodigue
47:37est revenu dans la famille
47:38et il semble que tous
47:39soient réunis de nouveau
47:40or les Américains
47:41ne nous ont toujours pas fait part
47:42de leur conclusion
47:42de ce sommet
47:43ni de leur perspective
47:44d'avenir
47:45donc ce que vous disiez
47:45tout à l'heure
47:45on ne sait pas encore
47:46ce que vont faire
47:47les Américains
47:48puisqu'ils ont mis fin
47:49à la guerre en Iran
47:50est-ce qu'ils vont faire
47:51est-ce qu'ils vont reprendre
47:52le dossier ukrainien
47:53en penchant d'un côté
47:54plutôt que de l'autre
47:56Mickaël Dorian
47:57on n'a pas le temps
47:58on n'a pas le temps pour votre
47:58tisse
47:58vous ne pouvez même pas dire
47:59bonsoir
47:59sinon on va s'en prendre à moi
48:03mais vous êtes là
48:04parce que vous allez diffuser
48:05ce doc sur les migrants
48:07les camps migrants
48:08la France bidonville
48:09la France bidonville
48:10et vous allez ensuite
48:11faire un débrief
48:12donc le documentaire
48:13dure une cinquantaine de minutes
48:14et on vous retrouve
48:15juste après
48:15pour un débrief
48:16c'est la suite
48:17de votre grande soirée
48:18sur CNews
48:18très belle soirée
48:19à demain pour 100% Frontières