00:00Il est 7h43 sur BFM Business et ce matin notre invité c'est Jean-Charles Samuelian.
00:03Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général d'Alan.
00:07Alan qui a lancé et qui a annoncé une nouvelle levée de fonds, 480 millions d'euros.
00:11Ça valorise l'entreprise à plus de 5 milliards quand on s'était vu il y a, je ne sais
00:14pas, moins de deux mois peut-être.
00:16Vous étiez en train d'annoncer l'arrivée de Kylian Mbappé et déjà une nouvelle levée de fonds.
00:21Vous dites cet argent, on n'en avait pas besoin, on n'a pas besoin de cash.
00:25Alors pourquoi vous avez levé à nouveau ce montant stratosphérique ?
00:28C'est une bonne question qu'on s'est posée mais parfois il y a des opportunités qui permettent de
00:32continuer à accélérer.
00:33Et nous notre vision d'Alan qui est de créer cette assurance prévention globale,
00:37donc pas seulement en France, on est déjà dans 4 pays mais on veut continuer l'expansion,
00:40à continuer à investir très fortement sur l'intelligence artificielle au service de nos membres, de nos clients mais aussi
00:44des opérations,
00:45à continuer à innover dans la prévention et dans l'accès aux soins, c'est des ambitions qui sont énormes.
00:51Et donc même si on est profitable en France, on veut continuer à s'étendre.
00:54Donc on a prévu de lancer, on est dans 4 pays aujourd'hui, 4 nouveaux pays dans les 18 prochains
00:57mois.
00:58Donc on investit pour ça, on investit aussi dans notre capacité en IA.
01:02Il y a Mo, notre assistant médical, qui aide déjà nos membres.
01:05On a un tiers de nos membres qui ouvrent l'app chaque semaine.
01:08Quand ils commencent à interagir avec Mo, après c'est aussi des usages toutes les semaines.
01:12Et donc ça, on continue à investir et à développer cette expérience-là de manière globale.
01:17Et enfin, on a fait une acquisition récemment avec Aro, qui est devenu Alan Précision pour notre offre de tests
01:23sanguins avancés.
01:24Et on va avoir une politique un peu plus agressive aussi d'acquisition et avoir du cash qui nous permet
01:28de le faire.
01:28Ce que je comprends Jean-Charles, c'est que là il y avait un petit momentum intéressant pour vous.
01:33Donc du coup, vous avez levé et puis vous utiliserez cet argent après en gros.
01:38Ce qui veut dire que de l'argent privé, il y en a.
01:40Il y a de l'argent privé pour les boîtes qui grandissent vite.
01:43En effet, nous on fait 53% de croissance.
01:44Là, on n'a pas structuré un tour.
01:46On n'est pas allé voir le marché.
01:47C'est Prozus qui est une plateforme européenne d'investissement.
01:52Qui n'était pas déjà au capital, mais qu'on connaissait depuis deux ans parce qu'on avait construit la
01:55relation.
01:55Qui sont venus vers nous.
01:57Qui sont allés très en profondeur sur le business et qui nous ont vus comme un champion de notre catégorie
02:01de manière globale.
02:02Et donc, ils ont déployé énormément de capital avec nos existants index, ventures et Ontario Teachers Pension Plan qui ont
02:08réinvesti.
02:08Et donc, ça prouve en effet que quand le business va bien et très vite et qu'il n'a
02:12pas besoin de capitaux, il y a des gens qui se battent pour rentrer et donner du capital.
02:15Et ça, c'est très important.
02:17Vous dites 53% de croissance, c'est sur l'année ?
02:19Annuel par rapport à là où on était il y a 12 mois.
02:21Et encore, vous êtes assez peu présent.
02:24C'est-à-dire qu'il y a une marge, ne serait-ce qu'en France, importante.
02:28Exactement.
02:28On couvre aujourd'hui 1,1, 1,2 million de personnes.
02:30On va finir l'année au-dessus d'un milliard de revenus annualisés.
02:33Et pourtant, on est encore tout petit par rapport à ce qu'on peut être en France et globalement.
02:36Et c'est pour ça qu'on a une ambition incroyable de créer un champion global de la santé, de
02:42la prévention, de l'assurance prévention dans le monde.
02:45Et ça, il faut qu'on ait ces ambitions-là en Europe.
02:47Et c'est aussi pour ça qu'on a choisi Prozus parce que Prozus, c'est une plateforme globale.
02:51Ils sont très forts.
02:53Ils sont les leaders dans plusieurs pays émergents et non émergents.
02:55en Europe, il y avait beaucoup de synergies sur les sujets d'intelligence artificielle, sur les sujets consumer aussi,
03:00donc sur l'approche pour les individus où on est en train de lancer beaucoup de services avec Alain.
03:04Et donc, c'était ça aussi.
03:05Il y a la valeur synergétique de tout ce qu'on construit qui était important pour nous.
03:08Le modèle, c'est révolu.
03:09C'est un peu la même chose, c'est-à-dire qu'acquisition client massive, massive, massive.
03:16Je ne dirais pas que le modèle, c'est révolu.
03:17Après, notre modèle, c'est le nôtre et on veut être la norme.
03:20On veut dire que les autres disent à la croissance.
03:22Mais en effet, on veut avoir le meilleur produit, la meilleure offre, le meilleur service.
03:26C'est un prix extrêmement compétitif.
03:28Que ce soit impossible de ne pas choisir Alain parce qu'il y a plus de valeur, plus de services,
03:31plus de prévention, une meilleure assurance.
03:33Et ça, ça génère de la croissance.
03:35Et après aussi, ce qu'on fait bien, c'est qu'on est les seuls à avoir globalisé notre plateforme
03:39technologique.
03:39Et du coup, on est les seuls à opérer avec la même application et la même plateforme derrière entre plusieurs
03:44pays en santé.
03:45Ce qui était vu comme impossible vu que chaque système de santé est différent.
03:48Et donc là, ça a été énormément d'investitions de notre part pour créer la première plateforme globale d'assurance
03:52santé.
03:52Justement sur les questions de prévention.
03:54Ce matin, par exemple, dans le Parisien, il y a Monique Barbu, la ministre de la Transition écologique,
03:57qui dit qu'on n'aurait jamais pu anticiper, on ne savait pas qu'il ferait 42 degrés.
04:01Donc, on ne sait pas que les trains, ils ont du mal à fonctionner.
04:04Qu'est-ce que ça vous inspire aujourd'hui, cette période de canicule où ça fait des années qu'on
04:08dit,
04:09enfin, je ne sais pas, personne ne découvre,
04:10mais on dit qu'on n'a pas eu les moyens justement de faire de la prévention.
04:14En tout cas, moi, je l'applique à ce que je connais,
04:16mais c'est en effet, il faut...
04:17Ce qu'on sait, c'est que quand on agit en curatif ou trop tard,
04:21ça coûte extrêmement cher aux individus.
04:24Donc, il y a un modèle économique de la prévention.
04:26Il y a un modèle économique à la prévention, ça c'est sûr, et nous on le voit.
04:28Mais il faut penser la prévention de manière personnalisée,
04:31il faut la penser de manière engageante,
04:33il faut la penser de manière fun.
04:34C'est aussi pour ça qu'on a lancé Alan Play,
04:36et c'est pour ça qu'on a un tiers de nos membres qui ouvre la chaque semaine et un
04:39dixième chaque jour.
04:39C'est parce qu'on a rendu la prévention plus fun que scroller sur TikTok.
04:42Et ça s'applique à tous les domaines.
04:44Mais en effet, il faut anticiper les problèmes,
04:46et après agir, et aider les gens à agir.
04:48Et le problème, c'est qu'on sait tous ce qu'il faut faire.
04:50C'est comment on aide à le faire de manière quotidienne.
04:53Développement à l'international prévu,
04:54les règles ne sont pas les mêmes dans chaque pays,
04:57il faut quand même vous adapter.
04:59Où est-ce que c'est le plus dur ?
05:01C'est à la fois dur partout,
05:03et à la fois les mêmes problèmes.
05:05Quand on s'était lancé en France il y a dix ans,
05:07on avait eu la première licence d'assurance indépendante en trente ans.
05:09Quand c'est lancé au Canada il y a deux ans,
05:11c'était la première depuis 1957,
05:13donc depuis encore plus longtemps.
05:14Donc on rentre souvent dans des marchés
05:15qui sont avec des acteurs établis,
05:18qui sont là depuis longtemps,
05:19mais où il n'y a pas eu de nouvel acteur depuis des décennies souvent.
05:23Et donc notre arrivée permet de donner un vent d'air frais
05:26au service des clients,
05:28qui peuvent aller des individus à très grands groupes,
05:32en passant par tous les types d'entreprises,
05:34tous les secteurs,
05:35les indépendants,
05:36les retraités.
05:37On a aussi des contrats avec des ministères,
05:40comme le ministère des Finances,
05:41de l'Économie et des Finances.
05:42Et donc nous ce qu'on fait,
05:44c'est dans chaque pays,
05:45on arrive avec cette même offre,
05:47de la prévention engageante,
05:49de l'accès aux soins plus facile,
05:51parce qu'on vit dans un pays
05:51où il y a de plus en plus de déserts médicaux,
05:53et ça s'applique partout,
05:54les délais d'attente sont en train d'exploser
05:55pour pouvoir parler à des médecins,
05:57et une expérience de l'assurance
05:58qui est honnêtement extraordinaire dans ses moindres détails.
06:00Et un prix inférieur,
06:01c'est-à-dire que sur les appels d'offres,
06:02vous êtes inférieur aux grosses mutuelles ?
06:05On est souvent très efficaces sur les coûts de gestion,
06:08parce qu'on a reconstruit toute la chaîne de valeur,
06:10on a enlevé pas mal d'intermédiaires,
06:12et donc on est très efficaces sur les coûts de gestion.
06:14Après, sur la prime d'assurance,
06:15on est à l'équilibre,
06:16mais on fait pas mal de choses
06:17pour aider à lutter contre l'inflation médicale,
06:19en effet, aider à lutter contre l'absentéisme,
06:21et ça, les entreprises le valorisent énormément.
06:23Ça veut dire que vous faites déjà
06:24ce que proposait ce qu'on a reçu le groupe Vive cette semaine,
06:26il disait qu'il faut développer le fait que votre mutuelle vous dise
06:29que vous allez chez un médecin agréé,
06:30c'est lui chez qui il faut aller,
06:31un peu comme ça fonctionne dans l'automobile.
06:34Vous, vous faites déjà ça ?
06:34On aide nos membres,
06:36et donc Mo, notre agent IA,
06:38qui est une vingtaine d'agents,
06:40aide à coordonner le soin pour nos membres
06:41quand ils en ont besoin.
06:42Vous fléchez ?
06:43Oui, et en Espagne,
06:44notre IA appelle même les cliniques
06:46pour réserver pour vous.
06:47Ah oui, ça va très très loin.
06:48Vous êtes un des fondateurs
06:50de la première heure de Mistral.
06:51Est-ce que là,
06:52vous sentez un changement de la part des entreprises ?
06:55On voit les contrats de Mistral s'enchaîner,
06:57les entreprises du CAC 40 faire tourner les modèles.
06:59Est-ce que vous dites là,
07:00il y a quelque chose qui s'est passé ces dernières semaines,
07:03peut-être avec une envie de souveraineté
07:05face aux menaces américaines ?
07:07Je pense que les messages qu'on porte
07:08depuis la création de Mistral,
07:09qui sont l'importance de la souveraineté,
07:11l'importance de contrôler ses modèles,
07:13l'importance de ne pas être dépendant
07:14de technologies extérieures,
07:16l'importance de l'open source aussi,
07:18sont des messages qui résonnent maintenant
07:19de plus en plus.
07:20Mais ça fait plusieurs années
07:21qu'on les porte là-dessus.
07:22Après, l'exécution de l'équipe Mistral
07:24est honnêtement assez extraordinaire
07:25sous le leadership d'Arthur.
07:27Et donc oui, ça s'accélère,
07:29le business va bien.
07:30La verticalisation qui a été pensée
07:31avec le lancement de Mistral Compute
07:33pour avoir aussi une infrastructure
07:35européenne, résiliente
07:36et extrêmement importante.
07:37Donc oui, il y a un vrai moment là
07:39qui est en train de se passer.
07:40Je suis très content.
07:40Mais là où on parle de fonds,
07:42évidemment, entre les valorisations,
07:44ça n'a rien à voir entre les États-Unis
07:45et l'Europe.
07:46Est-ce que vous pensez qu'on peut réussir
07:48grâce à la demande,
07:49en faisant bosser Mistral le plus possible ?
07:51Est-ce que c'est là
07:52où on peut avoir un game changer ?
07:53On part de la demande
07:54et après, les fonds suivront.
07:55Il n'y a aucun problème.
07:56Bien sûr, c'était plus dur
07:58parce qu'on n'est plus contraint
07:59en capital en Europe,
08:00un peu plus,
08:00mais on arrive quand même
08:01à lever des montants
08:01qui sont importants.
08:02Il y a beaucoup d'appétit
08:03pour Mistral
08:04ou pour des boîtes comme Alan.
08:05Encore une fois,
08:05on arrive à prouver
08:06qu'il y a de l'appétit
08:07des investisseurs internationaux
08:08quand on fait les choses bien.
08:10Et après, oui, c'est la demande.
08:11Les gens veulent investir chez Alan
08:13parce qu'on grandit très vite
08:14et les gens investiront chez Mistral
08:16parce que Mistral grandit très vite.
08:17Comment vous regardez
08:18les débats autour d'Entropique,
08:20de Mythos,
08:20quand on dit
08:21ça va trop vite,
08:21ça peut nous dépasser.
08:23Il faut mettre sur pause.
08:24C'est Entropique eux-mêmes
08:24qui disent qu'il faut mettre sur pause.
08:25Regardez ça comment ?
08:27Il dit ça
08:27et à la fois,
08:28il continue à pousser les modèles
08:29parce que c'est une course.
08:30Et donc, je pense
08:30qu'il ne faut pas être naïf
08:32sur ce qui est en train de se passer.
08:34La technologie va continuer à avancer
08:36et ça va continuer à être une course.
08:37Donc, la question,
08:38c'est plutôt
08:38comment on digère ça
08:39de manière intelligente
08:40en termes de société,
08:41comment les entreprises
08:42prennent les sujets,
08:43comment on améliore
08:44tous les systèmes
08:45en termes de cybersécurité,
08:46etc.,
08:47parce que ça va arriver.
08:48Donc, on en revient
08:49à la question de la prévention
08:50et de la canicule
08:50que vous aviez tout à l'heure.
08:51C'est soit on décide de dire
08:52ça ne va pas se passer
08:53en espérant que ça ne se passe pas,
08:55soit on dit
08:55ça va se passer
08:56de manière identique.
08:57Mais comment en termes de société,
08:58en termes d'individus,
08:59on se structure
09:01pour se saisir des sujets,
09:02encore une fois,
09:03construire les technologies nous-mêmes
09:04ou très bien utiliser
09:05les technologies des autres,
09:06etc.