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  • il y a 2 mois
Édouard Philippe, candidat Horizons à l'élection présidentielle, est en visite à Mayotte. Il appelle à "la reprise en main du contrôle de l'immigration" et à "la reconstruction et au développement" des infrastructures de l'archipel.

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Transcription
00:00Mayotte c'est la France.
00:01A chaque fois que Mayotte a eu à s'exprimer sur son attachement à la République française,
00:05Mayotte a parlé, Mayotte a voté, Mayotte s'est exprimé clairement et ultra majoritairement.
00:10Je suis venu ici dans ce département qui est un des plus jeunes départements de France,
00:16un des plus récents départements de France,
00:18un des départements qui est le plus confronté à des difficultés considérables.
00:23Nos concitoyens français dans l'Hexagone, en métropole, connaissent souvent peu Mayotte.
00:27Parce que c'est loin, parce qu'on y vient moins souvent que dans d'autres territoires
00:32ou départements ultramarins pour des raisons liées au tourisme ou à l'activité économique.
00:36Mais Mayotte c'est la France.
00:38Confrontée à des difficultés économiques, climatiques, sociales, sécuritaires considérables.
00:46Et je suis venu dire que l'Etat devait ici se concentrer sur deux priorités.
00:55La première, c'est la reprise en main, la reprise du contrôle de l'immigration.
01:01La seconde, c'est la reconstruction et le développement des infrastructures indispensables
01:07à la vie de nos concitoyens français.
01:10Les écoles, la santé, la production et la distribution de l'eau
01:16et les infrastructures de développement économique.
01:18Pour reconstruire, pour développer ces infrastructures qui sont indispensables,
01:23que chaque citoyen français attend dans notre pays,
01:28nous devons, parce que les infrastructures sont aujourd'hui saturées
01:31par une immigration illégale et hors de contrôle,
01:34reprendre le contrôle de cette immigration.
01:36C'est la raison pour laquelle j'ai proposé une reprise de contrôle
01:41qui passe par la fermeture de l'ensemble des vannes
01:44qui peuvent alimenter l'immigration sur le territoire maorais.
01:49Cela veut dire l'interruption pendant la durée du prochain quinquennat
01:53de l'ensemble des demandes d'asile qui pourraient être formulées sur le territoire,
01:59l'interruption pendant la durée du quinquennat
02:01des demandes liées au regroupement familial,
02:05l'interruption de l'ensemble des éléments qui justifient
02:09ou qui peuvent justifier pour des étrangers
02:11une demande d'entrée sur le territoire maorais.
02:15Mais ça passe aussi par des moyens supplémentaires.
02:20Je veux dire que les forces de police, les forces de gendarmerie
02:23et les services de l'État qui luttent contre l'immigration irrégulière
02:27font un travail remarquable.
02:29Les fonctionnaires de police que j'ai rencontrés dans ce centre aujourd'hui
02:33font un travail remarquable.
02:35Ils ont des moyens supplémentaires par rapport à il y a quelques années.
02:38Ils ont des effectifs supplémentaires par rapport à quelques années.
02:41Mais ça ne suffit pas.
02:43Il faut donc une présence à la mer, notamment, bien supérieure.
02:47Je considère que dans l'actualisation de la loi de programmation militaire
02:51qui sera indispensable, nous devons, à Mayotte,
02:55comme dans tous les Outre-mer français,
02:57développer la présence à la mer de l'État,
03:00de la défense nationale et de la marine nationale.
03:04Enfin, s'agissant des retours,
03:06le règlement européen récemment adopté nous offre la possibilité
03:09de créer des centres de retour dans des États tiers.
03:12Je considère que c'est à Mayotte que la situation en matière
03:16d'immigration irrégulière est la plus frappante.
03:20C'est la raison pour laquelle je propose
03:23que le premier de ces centres soit construit en Afrique de l'Est,
03:27dans un des États de l'Afrique de l'Est
03:28qui sont pour l'essentiel des États de départ.
03:31Je ne suis aujourd'hui pas chef de l'État.
03:36Je n'ai pas encore commencé les discussions avec les représentants légitimes
03:39de la Tanzanie et des autres pays de la région.
03:42Mais je suis convaincu que la France doit prévoir la construction
03:46d'un de ces centres, aujourd'hui autorisé par la réglementation européenne,
03:50dans un des pays de l'Afrique de l'Est.
03:51Lorsque nous aurons tari la source d'une immigration,
03:55dont je veux dire combien elle est ici massive et incontrôlée,
03:59et nous sommes dans une situation exceptionnelle
04:01et qui appelle des réponses exceptionnelles,
04:03alors nous pourrons consacrer des moyens indispensables
04:06à la reconstruction efficace des hôpitaux,
04:10la construction d'un deuxième hôpital,
04:12la reconstruction d'écoles dont les besoins sont considérables,
04:16la production et la distribution d'eau potable.
04:19La situation de ce point de vue à Mayotte est indigne
04:22de ce que chacun de nos concitoyens français est en droit d'attendre.
04:25Il y aura là énormément de travail.
04:27Mais si nous voulons véritablement consacrer des moyens efficaces
04:30à cette reconstruction, nous devons, et c'est impréalable,
04:34fermer les vannes de l'immigration à Mayotte
04:36et reprendre le contrôle de cette situation.
04:37Vous commencez votre déplacement justement sur l'immigration,
04:39vous l'avez dit, vous vous proposez de suspendre le droit d'asile,
04:41le droit du sol, même le regroupement familial.
04:43Vous avez été rejoint il y a quelques jours par Gérald de Dramanin
04:46qui vous a demandé justement de la fermeté
04:48sur ce sujet précis de l'immigration.
04:50Est-ce que toutes ces mesures que vous annoncez aujourd'hui,
04:53il faut y voir un clin d'œil à votre tout dernier soutien dans votre campagne ?
04:57J'ai été partisan de mesures assez sévères et assez rudes et assez fermes,
05:05notamment à l'égard de l'Algérie,
05:07en matière de discussion d'État à État.
05:10C'est la position que j'ai prise, elle est publique.
05:13Elle a parfois été critiquée, y compris même au sein du gouvernement.
05:17Je considère qu'ici, à Mayotte, nous devons, dans les mêmes conditions,
05:22tenir un discours extrêmement ferme vis-à-vis des Comores,
05:26État souverain, mais État qui conteste la souveraineté nationale de la France à Mayotte.
05:32Et nous devons être très fermes vis-à-vis de ce pays.
05:35Nous n'avons aucune espèce de volonté belliqueuse à l'égard des Comores.
05:38Mais je ne crois pas qu'il soit acceptable, et je dis même qu'il est totalement inacceptable,
05:43qu'un État étranger revendique sa souveraineté sur une partie du territoire national.
05:49Ces propos, ils sont fermes.
05:51Ils font écho à ce que j'ai pu dire il y a quelques mois et même quelques années
05:54sur le traité qui nous lie à l'Algérie.
05:57Et ils ne sont pas inspirés par le soutien de tel ou tel,
06:02même s'il est vrai que le soutien de Gérald Darmanin,
06:05le soutien politique de Gérald Darmanin,
06:06est quelque chose qui compte à mes yeux et qui m'a beaucoup réjoui,
06:10parce qu'il est à la fois un soutien exigeant et un soutien puissant.
06:12Edouard Philippe, vous choisissez donc de faire votre rentrée politique
06:15à huit mois de la présidentielle sur ce thème de l'immigration ici à Mayotte.
06:18C'est un choix fort, un choix à droite toute, disent déjà certains.
06:21Est-ce que c'est aussi une façon...
06:22D'abord, première question, pourquoi ce choix ?
06:24Rentrer sur l'immigration.
06:25Et deuxième question, est-ce que c'est une façon de venir chasser
06:28sur les terres de Marine Le Pen, qui est très forte ici, on le sait.
06:32Je mets au défi quiconque, quiconque, de venir à Mayotte
06:36et de ne pas parler de l'immigration.
06:39Ici, c'est un problème évident.
06:41C'est un problème dont chacun parle.
06:43C'est un problème qui crée et qui déstabilise ce territoire.
06:48On peut ne pas vouloir venir à Mayotte.
06:51Mais si on vient à Mayotte, il faut traiter le sujet.
06:53Et donc, je dis que si nous voulons permettre un avenir serein au maorais,
06:59à nos concitoyens français de Mayotte, nous devons reprendre le contrôle de cette immigration.
07:03Et je le dis clairement, tranquillement, fermement.
07:07Je ne reviens sur aucun des grands principes de la République.
07:10Je ne dis pas qu'il faut faire ça contre la loi.
07:11Je dis que nous devons adapter notre dispositif juridique à une situation exceptionnelle
07:16qui justifie des mesures exceptionnelles.
07:17Mais ce n'est pas une manière d'installer un match avec Marine Le Pen à distance en cette rencontre
07:21?
07:21Mais pardon, je sais bien que l'ensemble des commentateurs aiment les matchs.
07:26Il y en aura peut-être.
07:28Je suis venu ici pas pour parler de ceux qui ont envie de jouer à un match,
07:31de ceux qui ont envie de faire un match,
07:33de ceux qui défendent des idées et ils ont bien le droit de le faire.
07:35Je suis venu ici pour parler aux maorais, qui sont des concitoyens français.
07:40Lorsque vous voulez présider la République, vous parlez à tous les Français.
07:44Même quand ils sont loin et même quand ils ont le sentiment parfois d'être oubliés.
07:48Elle dit qu'elle n'avait rien fait quand vous étiez Premier ministre.
07:50Pour revoir la prostitution, pour le droit du sol, le demande d'asile ?
07:53Il faut adapter notre dispositif juridique.
07:56Il y a, dans le cas de suspension, une loi peut venir suspendre des éléments.
08:01C'est probablement plus facile de les suspendre que de les interrompre définitivement.
08:06Mais si nous devons changer notre arsenal juridique,
08:09là encore dans le respect de la hiérarchie des normes et de l'état de droit, faisons-le.
08:14Nous ne pouvons pas le faire n'importe comment, mais nous pouvons le faire.
08:16Encore une fois, ce qui compte, c'est la souveraineté.
08:19Moi, je proposerai des solutions et je proposerai des textes
08:22qui permettront de la garantir à Mayotte comme partout en France.
08:26Marine Le Pen, sur Twitter, vous a répondu à vos propositions.
08:30Elle dit que vous n'avez rien fait quand vous étiez Premier ministre
08:33et elle, qu'elle avait fait une proposition de loi similaire à ce que vous proposez aujourd'hui.
08:37Qu'est-ce que vous lui répondez ?
08:38Il se trouve que lorsque j'étais Premier ministre, nous avons déjà pris des mesures.
08:41Nous avons limité la possibilité d'utiliser le droit du sol
08:45pour obtenir un titre de séjour sur le territoire national.
08:47C'était à l'époque quelque chose qui semblait déjà un effort considérable
08:50par rapport à l'état du droit existant.
08:52Nous avons accru un certain nombre de moyens.
08:54Nous devons aller plus loin. Allons plus loin.
08:57J'entends Mme Le Pen qui dit que j'ai sur ce point changé d'avis.
09:00Je pourrais vous faire la longue liste des points sur lesquels elle-même a changé d'avis.
09:04Voilà. Moi, je suis là pour parler aux Mahorais et pour leur dire
09:07voilà ce que je propose pour régler les questions auxquelles vous êtes confrontés.
09:12Et je ne suis pas là pour promettre la réalisation de 50 ouvrages.
09:15Quelle mesure concrètement ?
09:16Je ne suis pas là pour promettre la réalisation de 50 ouvrages.
09:18Je suis là pour dire que si nous voulons que Mayotte se développe
09:21et revienne à un niveau d'attente normal pour des concitoyens français,
09:25il faut reprendre le contrôle de l'immigration.
09:28C'est la priorité absolue.
09:29Et il faut reconstruire les infrastructures publiques indispensables.
09:32Je l'ai dit.
09:33École, santé, développement économique, production et distribution d'eau.
09:37C'est absolument indispensable.
09:39Et là, c'est quoi les mesures concrètes du coup pour la reconstruction,
09:41pour l'immigration que vous avez détaillée ?
09:42Je n'ai pas l'occasion de le dire, puisque ce déplacement ne dure pas 20 minutes,
09:46mais qu'il va s'étendre sur plusieurs jours,
09:48ce qui va me permettre de rencontrer les acteurs économiques,
09:50ce qui va me permettre de voir des acteurs du monde de l'éducation
09:52et ce qui me permettra de préciser au fur et à mesure
09:55l'ensemble des propositions sur lesquelles je travaille.
09:57Mais si je vous disais tout maintenant, vous ne me suivez rien.
10:00Edore Philippe, on a évoqué Gérald Darmanin.
10:02Hier, votre adversaire au sein du bloc central, Gabriel Attel,
10:05a réagi à ce soutien de Gérald Darmanin pour votre campagne.
10:08Il a dit que pour lui, ça n'intéressait pas les Français,
10:11que la question des personnes et du rassemblement devait intervenir en janvier.
10:14Qu'est-ce que vous lui répondez ? Il est jaloux, Gabriel Attel ?
10:17D'abord, je n'ai aucun adversaire au sein du bloc central.
10:20J'ai des concurrents.
10:22Mais j'ai, avec tous ces concurrents, des relations d'estime et de confiance
10:27avec lesquelles je peux travailler.
10:29Donc je n'accepte pas le terme d'adversaire,
10:31mais je veux bien entendre celui de concurrent.
10:33La concurrence ne m'a jamais fait peur.
10:35Il est jaloux, Gabriel Attel ?
10:36Je ne crois pas. Il fait sa campagne.
10:39Il dit ce qu'il a à dire. Je fais ma campagne.
10:40Je dis ce que j'ai à dire.
10:41Et je pense qu'il y a, comme moi, le sens de l'État et des responsabilités.
10:45Et que le moment venu, nous saurons construire le grand rassemblement politique nécessaire
10:49si nous voulons que l'espace politique qui va de la droite au centre
10:54puisse prévaloir au moment des prochaines élections.
10:55Il est encore possible ce rassemblement alors que...
10:57Mais madame, je ne suis pas venu ici pour parler des combinaisons politiques nationales.
11:04Je suis venu ici pour dire que Mayotte, c'est la France
11:07et que nous devons reprendre le contrôle et reconstruire les infrastructures nécessaires
11:12si nous voulons que ce territoire vive pleinement
11:15et que ses habitants vivent pleinement.
11:17Voilà ce que j'ai à dire.
11:18La campagne sera donc à droite toute.
11:19Encore une fois, je vous repose ma question.
11:21Choisir Mayotte comme premier déplacement et l'immigration ?
11:24Merci.

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