00:00L'actualité cet été a été marquée par les incendies, on en a beaucoup parlé bien sûr.
00:04Et alors on apprend, vous nous apprenez en fait plus exactement que le 30 septembre prochain,
00:07il y a une députée socialiste de Lorne qui s'appelle Chantal Jourdan
00:11qui va organiser un colloque à l'Assemblée Nationale.
00:13Alors il est intitulé « La libre évolution pour repenser notre rapport aux vivants ».
00:18Et alors vous nous dites que c'est un problème. Pourquoi Olivier ?
00:19C'est un problème parce qu'en réalité ce colloque, c'est prendre à contre-pied
00:24tout ce qui nous a été dit par les pompiers et les forestiers pendant tout l'été.
00:28En fait on aurait pu espérer que ces méga-feux aient fait en sorte qu'il y ait un consensus
00:35et qu'on se mette à écouter les professionnels que sont les pompiers et les forestiers.
00:39Or c'est exactement le contraire qui va se passer.
00:42Alors pour rappel, les forestiers et les pompiers ont fait un constat qui est à peu près unanime,
00:51c'est-à-dire qu'on manque de moyens pour lutter contre les incendies,
00:55que ce soit des moyens humains ou des moyens matériels,
00:57qu'il y a un problème qui nécessite à renforcer l'arsenal judiciaire pour lutter contre les incendiaires.
01:03Et puis surtout, c'était peut-être la partie qui a été le plus difficile au début à imposer dans
01:07le débat,
01:08mais qui s'est beaucoup imposée.
01:09On l'a beaucoup entendu sur les plateaux de CNews avec justement ces professionnels.
01:13C'est-à-dire qu'en fait il y avait quand même besoin de repenser la gestion de nos forêts.
01:16C'est important parce que l'enjeu des forêts, c'est quelque chose qu'on n'imagine pas aujourd'hui
01:20parce qu'on a beaucoup entendu parler de la déforestation.
01:24Ce n'est pas du tout le cas en France.
01:25En France, la forêt, c'est 32% du territoire.
01:29L'emprise de la forêt sur le territoire, elle a plus que doublé en 150 ans.
01:33Et chaque année, la forêt gagne 90 000 hectares.
01:36Donc on a besoin de mieux gérer ces forêts parce qu'aujourd'hui,
01:40elles se développent de façon un peu anarchique.
01:42Et donc il faut qu'on les développe mieux.
01:44Et là, les mesures aussi préconisées par les forestiers et par les pompiers
01:47étaient toutes des mesures consensuelles de bon sens.
01:50La première, c'était de faire un vrai effort sur le débroussaillage.
01:52On sait que c'est compliqué.
01:54C'est compliqué notamment parce que les parcelles de forêts en France sont extrêmement petites
01:59et il y a souvent des difficultés de débroussailler.
02:01Donc il y a des obligations.
02:02Elles ne sont pas suffisamment remplies.
02:03Donc il y avait un vrai effort à faire.
02:05La deuxième chose à faire, on l'a vu en direct,
02:09c'est qu'il y avait des voies d'accès pour les véhicules de pompiers
02:11qui étaient souvent trop étroites.
02:12Et donc il faut les élargir.
02:13Et quelquefois, on a vu les véhicules, les bulldozers,
02:17creuser des voies en plein milieu des incendies.
02:20Il vaut mieux le faire avant.
02:22Et enfin, la troisième chose très importante,
02:24quelque chose qui était assez naturel avant,
02:26c'est d'avoir des pare-feux,
02:27c'est-à-dire des zones qui sont déboisées
02:30et qui permettent d'éviter qu'un feu,
02:32parce que des feux, il y en a toujours.
02:33En fait, ce qui est problématique,
02:34c'est quand le feu devient des méga-feux
02:36et qu'il se devienne extrêmement important
02:38et qu'on n'arrive plus à les contrôler.
02:40Donc ça, c'était les trois éléments très consensuels.
02:44Et puis il y en avait un autre quand même
02:45qui a commencé à émerger,
02:47c'était aussi de savoir
02:48comment on était en capacité de reboiser.
02:51Et là, faire attention à ne pas laisser tout faire,
02:54puisque par exemple, dans le Sud,
02:56on a pendant des années
02:57laissé le pain d'Alep se développer
02:59de façon très importante.
03:00Le pain d'Alep, c'est un arbre qu'on appelle pyrophile,
03:04c'est-à-dire qu'il aime le feu,
03:05puisque quand il brûle,
03:06c'est ce qui lui permet de se développer
03:08et de créer des petits arbres tout autour de lui.
03:12C'est malheureusement aussi un arbre
03:14qui est extrêmement inflammable,
03:15puisque sur l'échelle de la valette
03:16qui mesure l'inflammabilité,
03:18il est classé 5 sur 5,
03:19c'est-à-dire que c'est une allumette.
03:20Et donc, ça explique que
03:22quand ça commence à flamber,
03:23ça flambe dans tous les sens.
03:24Et donc, face à ce constat
03:26qui était à la fois partagé et unanime,
03:27on pouvait se dire,
03:29peut-être qu'on va aller dans ce sens-là.
03:32Sauf qu'en réalité, tout de suite,
03:34ce discours de bon sens
03:35s'est heurté à un narratif
03:37qui est porté depuis des années
03:38par les militants écologistes.
03:39Et ils ont tout fait
03:41pour essayer de le contrer.
03:42Donc, dès le 4 août,
03:43on était encore en plein milieu des incendies.
03:46Il y a une tribune
03:47qui est signée par 32 associations,
03:50dont Canopé,
03:50qui est une association spécialiste
03:52de la défense des forêts.
03:54Une autre association
03:55qui s'appelle
03:56le Groupe national de surveillance des arbres,
03:58le GENESSA,
03:59qui est bien connu
04:00parce que c'est eux qui fournissent
04:01ce qu'on appelle les écureuils,
04:03ces gens qui vont,
04:04ces activistes qui vont
04:04se grimper dans les arbres
04:05pour empêcher les travaux,
04:06par exemple,
04:07sur la 69
04:08ou sur les transports ferroviaires.
04:12Et donc,
04:13effectivement,
04:13toutes ces associations-là
04:14ont signé une tribune
04:15dès le 4 août
04:16disant qu'il est inacceptable
04:18et pas raisonnable
04:19d'élargir les bandes de pare-feu.
04:22Première chose.
04:23Deuxième chose,
04:23elles vont jusqu'à écrire,
04:25quand on parle des pistes d'accès
04:27pour faciliter l'accès au secours,
04:29que les conséquences
04:30seront beaucoup plus difficiles
04:31à cicatriser
04:32que le feu lui-même
04:33pour la forêt de Fontainebleau.
04:34Donc,
04:34les pompiers
04:35qui ont fait des bandes
04:37pour pouvoir agir,
04:38ils estiment que c'est plus grave
04:39que le feu
04:39qui a quand même
04:40détruit une grande partie
04:41de la forêt de Fontainebleau.
04:42Et au sujet du débroussaillage,
04:44c'est mes préférés,
04:44c'est la coordination
04:45pour la libre-évolution.
04:47Elle,
04:47elle va jusqu'à dire
04:47qu'en fait,
04:48il ne faut pas débroussailler
04:49parce que les broussailles,
04:50c'est un rempart naturel,
04:52alors pas contre le feu,
04:53mais contre l'homme.
04:54Et en fait,
04:55c'est là qu'en fait,
04:55tout est dit.
04:57Le vrai ennemi pour eux,
04:59c'est l'homme
04:59et donc il faut faire
05:01tout ce qu'on peut
05:01pour éviter
05:03que l'homme
05:04soit dans l'écosystème.
05:05Ce qui est inquiétant,
05:06c'est que c'est cette association-là
05:07qu'a choisi
05:08la députée socialiste
05:11pour co-organiser avec elle
05:12le colloque
05:13qui passera le 30 septembre
05:14à l'Assemblée nationale.
05:15Et on va marquer une pause,
05:16mais juste après la pause,
05:17Olivier,
05:17vous allez nous détailler précisément
05:18quelle est cette idéologie
05:19où on veut écarter
05:22totalement,
05:22c'est ce que vous allez nous expliquer,
05:23écarter l'homme
05:24des écosystèmes.
05:25Il ne faut plus que l'homme
05:26et ça être une emprise
05:28sur ces...
05:29Il ne faut plus que l'homme du tout.
05:30Certains,
05:30les plus radicaux,
05:31vont jusqu'à dire
05:32que la nature a besoin
05:35des bactéries et des microbes
05:36mais qu'elle n'a pas besoin d'hommes
05:37et donc on pourrait préférer
05:38les microbes aux hommes.
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