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  • il y a 1 semaine
Ce mardi 25 août, François Sorel a reçu Didier Sanz, journaliste tech, Thomas Serval, PDG de Baracoda et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business. Ils se sont penchés sur le procès historique contre Meta sur les réseaux sociaux, ainsi que sur le piratage de la DGFiP, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:30Voilà, ça c'est plutôt une bonne nouvelle.
00:32Thomas Sarval est toujours avec nous, Didier Sens, Frédéric Simotel.
00:36Et c'est l'affaire qui agite le monde des réseaux sociaux la semaine dernière.
00:40Quatre états américains au tribunal face à Meta, la Californie, le Colorado, le Kentucky, le New Jersey
00:46accusent l'entreprise de Mark Zuckerberg d'avoir volontairement exposé les adolescents
00:51au danger de Facebook et d'Instagram.
00:54Et au vu des premières accusations et témoignages, ils ne vont pas lui faire de cadeaux.
00:58Les explications ne donnent pas de main tout de suite.
01:02Dans la salle du tribunal d'Auckland, dès le début des débats, le ton est donné.
01:06Le procureur général de la Californie, Rob Bonta, accuse Meta d'avoir dissimulé au public
01:12les dangers d'Instagram et de Facebook.
01:15Ils savaient que leurs produits étaient dangereux et ils ont menti au public.
01:18Ils ont menti au congrès.
01:20Nous avons la preuve que Meta sait, Meta sait qu'Instagram est nocif pour une part importante
01:24des adolescents, en particulier les adolescentes.
01:27Meta le sait, Meta sait que plus de 13% des adolescentes sur Instagram disent que la
01:32plateforme aggrave leurs pensées suicidaires et d'automutilation.
01:36Une accusation appuyée par d'anciens membres de l'entreprise.
01:39Arthur Oberar, ancien responsable de la sécurité chez Meta, affirme que les fonctions censées
01:44lutter contre l'usage excessif des réseaux sociaux ont été conçues pour échouer.
01:48De son côté, Meta conteste tout mensonge.
01:51Le groupe affirme même avoir renforcé la protection des adolescents.
01:55Le procès doit se poursuivre jusqu'à la fin du mois de septembre.
01:59D'ici là, plusieurs dirigeants du groupe sont attendus à la barre, dont son fondateur,
02:04Marc Zuckerberg.
02:07Voilà, reportage signé Noah.
02:08Demain, je le disais, alors, bon, peut-être procès du siècle, on va un peu fort, mais
02:13ça secoue quand même chez Meta.
02:16Et ça peut peut-être avoir même des répercussions sur les autres réseaux sociaux.
02:19Je ne sais pas si vous avez suivi ce procès qui est vraiment pris au sérieux.
02:24Par Meta, l'addiction des jeunes face aux réseaux sociaux, c'est un peu le cœur du sujet de ce
02:32procès.
02:33Il a fallu des années avant que ça arrive, c'est quand même incroyable.
02:36Les premières plaintes ont été déposées dans les années 2010 déjà, donc ça nous mène à une bonne dizaine d
02:42'années.
02:42Et puis ce qu'on leur proche, effectivement, c'est le phénomène d'addiction, l'exposition des jeunes à des
02:47contenus violents,
02:48et puis tous ces algorithmes qui ne cessent d'être à chaque fois perfectionnés pour retenir au maximum les ados
02:57et les enfants sur les réseaux sociaux.
03:00Alors, la défense de Zuckerberg, alors qu'il savait pertinemment que le principe des réseaux sociaux, c'est précisément de
03:13maintenir les utilisateurs en ligne,
03:17Zuckerberg, il a expliqué, enfin ses avocats ont expliqué que les données, les études actuellement ne sont pas fiables,
03:25de toute façon nous on respecte les règles, et puis comme il n'y a pas d'études sérieuses sur
03:31le sujet,
03:32nous on a préféré privilégier la liberté d'expression.
03:35Alors j'adore cette manière, cet argument, parce que c'est exactement ce que dit Elon Musk
03:40que quand il justifie les femmes, les images de femmes dénudées qui sortent sur X,
03:49ou les contenus violents qui apparaissent à droite à gauche,
03:52ou les prises de paroles politiques qu'on voit, liberté d'expression.
03:57Donc la liberté d'expression sert à tout et à rien, on le voit,
04:00et c'est bien qu'il y ait des Américains, parce qu'ils ont un côté un peu naïf les
04:07Américains,
04:07dans le sens où ils parlent de protéger nos enfants, notre pays, nos valeurs, etc.
04:13Et je trouve ça intéressant que ce procès arrive au moment où nous, en France et en Europe d'une
04:18manière générale,
04:19on se pose la question sur faut-il ou pas interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans,
04:23les Américains ne se posent pas la question de la même manière,
04:25ils se disent qu'il y a des réseaux sociaux qui existent, faites votre job,
04:31et nous après on regarde si c'est conforme à nos valeurs, si c'est un machin.
04:36Et si c'est pas conforme, on vous sanctionne.
04:38On vous sanctionne. Nous on cherche sans arrêt les Européens à être proactifs,
04:42à prévenir plutôt qu'à guérir en fait.
04:49C'est pas la même culture.
04:52Oui, c'est ce que je dis.
04:53Il y a quand même, enfin, tu vois, je regardais tout ce qui était au niveau du côté addictif,
05:00mais de tout temps ça existait l'addictif.
05:04Quand tu lisais des, on te mettait un feuilleton dans un magazine,
05:08tu rêvais que d'une chose, c'était avoir la suite dans le magazine suivant,
05:12et le lendemain avoir la suite et tout ça.
05:13Mais ça ne portait pas trop à conséquence.
05:15Oui, mais tu vois, ça durait deux minutes et puis après tu passes à autre chose.
05:18Et après t'as eu ça avec les films, t'as eu ça avec les séries,
05:21on veut toujours t'accrocher plus vite.
05:24T'as un grand film qui sort avec les héros derrière en temps.
05:27Tout ça, tout ce que tu dis, ça relève de l'imaginaire et donc ça n'a aucune incidence pratique.
05:32Parle-moi plutôt de la cigarette parce qu'effectivement, c'est quelque chose dont il parle aussi.
05:36Il y a un côté addictif.
05:38Les spécialistes font le parallèle avec le procès des cigarettiers.
05:41Le même cas d'école, c'est-à-dire que les géants d'industrie américaine, on dit pendant deux années,
05:45il n'y a pas d'études sérieuses qui montrent que ça donne le concert.
05:48Autant des Grecs, on interdisait aux enfants de jouer aux échecs parce qu'il fallait qu'ils aillent jouer dehors.
05:52Tu vois, il y a une histoire de...
05:53Ça n'a rien à voir avec l'addiction, ça.
05:56En plus, ce n'est pas dangereux pour la santé.
05:59Ils ne se sociabilisaient pas et on estimait qu'ils restaient enfermés sur eux-mêmes
06:03et que justement, ils avaient des soucis de santé, des soucis mentaux par la suite
06:07parce qu'ils restaient trop jouer aux échecs chez eux
06:09et on estimait qu'il fallait qu'ils sortent davantage.
06:12Tu vois, c'est une culture...
06:15Peut-être, mais là, on est dans une autre dimension.
06:18Effectivement, il y a un vrai problème psychologique
06:22qui concerne des enfants qui ne sont pas encore...
06:25Et parce que les parents sont pareils ?
06:27Alors, souvent, ça arrive, effectivement.
06:29Ils regardent un peu l'exemple des parents
06:30ou au contraire, ils fuient l'exemple des parents qui leur interdit.
06:33Non, mais ce n'est pas parce que les parents sont responsables
06:35qu'il ne faut pas aussi pointer du doigt les éditeurs de ces logiciels.
06:41Non, mais il y a un vrai problème de responsabilisation et de moralité.
06:46Et le problème, c'est que toutes ces boîtes-là, elles n'en ont rien à foutre.
06:48Mais oui, parce que ça rapporte des milliards, c'est ça le problème.
06:51C'est le paradoxe de l'innovation.
06:53Ils ont inventé un truc, ça marche.
06:55Leur modèle économique, c'était l'attention.
06:57C'est l'économie de l'attention.
06:58Oui, c'est ça.
06:58Parce qu'on a accepté, il y a 25 ans, de dire
07:01qu'on ne veut pas payer l'e-mail, on ne veut pas payer les petites vidéos.
07:05On veut que ça soit gratuit.
07:07Et à un moment donné...
07:08C'est un raccourci là que tu fais, mais vas-y.
07:09On n'a jamais dit qu'on ne voulait pas que ce soit gratuit.
07:11On nous l'a imposé, Thomas.
07:13Le modèle gratuit ?
07:14Non, mais Facebook au début, ça a toujours été gratuit.
07:17À aucun moment, quand Facebook a été lancé,
07:20on t'a dit c'est où gratuit ou 10 euros par mois ?
07:22Ils ont essayé, ils ont essayé.
07:23Ils ont essayé.
07:24Pas au début.
07:24Non, non, pas au début, mais grosso modo,
07:27l'économie de l'internet a basculé dans les années 90 de l'accès,
07:30on a payé à la durée, qui est typiquement dans le modèle militaire,
07:33à l'économie de l'attention.
07:34À partir du moment où on accepte l'économie de l'attention,
07:37le business model...
07:38Mais non, c'est une des voix.
07:40Non, mais c'est une des voix.
07:41La première voix, c'était la publicité,
07:42ça n'a rien à voir avec l'économie de l'attention.
07:44La matière première de l'économie d'attention,
07:49c'est justement d'avoir des eyeballs.
07:51Moi, je l'ai vendu quand j'étais YouTube,
07:53on te vend de l'attention.
07:55Donc, quelque part, à partir de ce moment-là,
07:58tout est gratuit.
07:59Et ton but, c'est de diffuser le plus largement possible
08:01pour avoir le plus de ce qu'on appelle d'inventaire,
08:03c'est-à-dire de tant de gens en face de tes contenus.
08:06C'est le même jeu qu'a joué Google,
08:08c'est le même jeu qu'a joué Meta,
08:09c'est le même jeu qu'a joué TikTok.
08:10Quand ça a tellement bien marché,
08:12puisqu'on a en même temps que ça,
08:14eu des appareils qui ont été conçus pour ça,
08:18et qu'on a donné aux gamins,
08:20parce que tu veux, grosso modo,
08:22quand la consommation était sur le PC de papa,
08:24ce n'est pas la même chose que de l'avoir
08:26en illimité à la maison,
08:28sur une tablette qui est disponible.
08:29Sous ta couverture dans ton lit.
08:30Donc, on a fait ce qu'on appelle de l'hyperdistribution.
08:33Moi, j'en ai été un des acteurs.
08:34Donc, quelque part, la publicité...
08:37Ce n'est pas bien, Thomas, on t'en veut.
08:38C'était il y a 15 ans, j'ai quand même...
08:40Oui, bon, ça va.
08:44Je t'ai dit du goudron et des plumes.
08:47Après, une fois que tu as vendu cette attention,
08:49tu te retrouves dans un problème,
08:50qui est qu'on se rend compte
08:52qu'au-delà du caractère attention,
08:58ce qui a été quand même initié pour les adultes,
09:00c'est diffusé de plus en plus vers les jeunes.
09:03Moi, je me rappelle comment j'ai donné une tablette à 3 ans
09:05pour que ma gamine...
09:073 ans ?
09:07Oui, le premier iPad, j'ai donné à ma fille il y a 20 ans.
09:12Même il y a 17 ans.
09:13Et en fait, je lui ai donné pourquoi ?
09:15Parce que j'avais envie, comme on la mettait devant un DVD,
09:18qu'elle arrête de me solliciter tout le temps.
09:20Parce que, quelque part, on ne met pas en phase...
09:22Quand on addict les enfants aux réseaux sociaux,
09:24il y a une responsabilité des parents
09:26de ne pas avoir soit le temps, soit la responsabilité,
09:28de leur donner des jeux de société,
09:30de leur donner des alternatives.
09:31On leur donne un truc qui ressemble au DVD des années Disney.
09:34Et grâce à ça, ils nous foutent la paix, entre guillemets.
09:36Ce n'est pas joli ce que je dis.
09:38Voilà, c'est ça le problème.
09:40Là, c'est un peu le moment où les Américains n'ont pas fait
09:43comme l'auraient fait les Européens,
09:45l'État, l'Europe ou le gouvernement.
09:48C'est les États, les citoyens,
09:50qui font une classe action en disant,
09:51parce qu'il y a la moitié des avocats du monde
09:54qui sont aux États-Unis,
09:54donc il y a du pognon à se faire
09:55sur les gens qui ont devenu tellement riches grâce à ça,
09:58qu'ils sont en train d'essayer de faire les choses.
10:00C'est cool, mais attends.
10:01Après, c'est quand même légitime, non ?
10:04Non, mais c'est normal.
10:05Je trouve qu'il y a un bon retour.
10:07Ils ne cherchent pas à se faire du fric
10:09sur le dos des milliardaires de la tech.
10:11C'est quoi cette histoire ?
10:12Un peu quand même.
10:13Mais ce n'est pas ça l'idée.
10:15Non, mais il y a ça aussi quand même.
10:17Attends, attends.
10:19Non, mais c'est qu'une petite partie,
10:21mais il y a de l'argent aussi qui est mis.
10:23Pour avoir essayé de faire des classes action,
10:24je peux te dire que des produits addictifs,
10:27typiquement la drogue ou des trucs comme ça,
10:28il n'y a pas de procès contre la drogue
10:30et on prend de l'argent quand il y a de l'argent.
10:32Tu veux faire un procès contre qui ?
10:33Parce qu'on ne peut pas.
10:34Mais contre qui, tu veux le faire ?
10:35On ne peut pas.
10:36On ne peut pas aller faire un procès contre...
10:37Non, mais on prend le cas des cigarettiers.
10:38Là, il y a de l'argent.
10:39On est obligés de donner des dizaines de milliards.
10:41Mais oui, de l'argent.
10:42On a fait le procès contre les médicaments.
10:43On ne peut pas réduire un problème social et de santé publique
10:49à juste donner-nous du fric.
10:51Ce n'est pas ça l'histoire.
10:52Il y a un vrai problème.
10:53Et surtout, les Américains sont vachement à cheval là-dessus.
10:56Nos enfants, nos valeurs, etc.
10:58Ça, ça compte.
10:59Je suis absolument désolé,
11:01mais il n'y aurait pas eu de procès
11:02s'il n'y avait pas une grosse somme d'argent
11:05à récupérer sur les classes action.
11:07Il y a un écosystème...
11:09J'ai du mal à croire que ce soit l'unique argument.
11:11Je ne dis pas que c'est l'unique argument.
11:13C'est l'essence de cet argument.
11:15Ces gens-là ont gagné énormément d'argent.
11:17Ils sont donc solvables pour payer ce qu'ils doivent à la société
11:20parce qu'ils ont fait du mal.
11:21Ça ne va pas.
11:21Et c'est ça où il faut être clair.
11:23Cet argent ne va pas guérir les enfants de leur addiction.
11:26Ce qu'il va falloir faire,
11:28et d'ailleurs, il n'y a que trois ou quatre États.
11:29Ça ne suffira pas à ce que Facebook change son truc.
11:33Si il y avait tous les États américains
11:35qui derrière faisaient des classes action,
11:37peut-être, et que l'État fédéral...
11:38Il y en a une vingtaine, là, déjà.
11:39Oui, mais aujourd'hui...
11:4129 États, exactement.
11:42Ça ne suffira pas à faire changer
11:45Meta qui va faire traîner encore 10-15 ans
11:47parce qu'il a les moyens de le faire,
11:48jusqu'à ce qu'il trouve un moyen d'avoir...
11:50Ils font toujours ça.
11:52Donc, à la fin, c'est très important.
11:55Je pense que la leçon la plus intéressante,
11:56c'est quand même comment les Chinois
11:58ont pris conscience de la addiction des réseaux sociaux
12:00et ont fait de TikTok un produit purement export.
12:03TikTok n'existe pas en Chine.
12:04Le TikTok chinois, c'est un produit d'éducation
12:07et de développement intellectuel des enfants.
12:09Pédagogique.
12:09Et effectivement, moi, j'ai une fille
12:11qui est née avec l'iPad,
12:13mais qui a des adolescents aujourd'hui,
12:14elle est animatrice de colonies.
12:16Elle me dit, c'est un drame de voir
12:18qu'ils ne décrochent pas de leur...
12:21Donc, on a effectivement un problème social.
12:24Alors qu'en Chine, qui sont, comme tu le disais,
12:26ça n'existe pas là-bas.
12:27Non, c'est illégal.
12:28Non, mais même pour les jeux, je crois, sur mobile,
12:30ils coupent au bout de quelques heures
12:32d'exposition aux écrans sur les jeux sur mobile.
12:36Ils coupent, en fait, ça se coupe tout seul.
12:38Enfin, ils ont mis au point un système
12:40qui est redoutable.
12:42Alors, moi, je trouve cet argument
12:43de dire, oui, ce qu'ils veulent, après tout,
12:46c'est prendre du fric au PDG, etc.
12:49Ça veut dire qu'il n'y a pas de problème ?
12:52C'est ça que tu veux dire ?
12:52Non, il y a un gros problème.
12:54Mais c'est un problème de santé publique ?
12:56Et alors ?
12:57Normalement, ça ne devrait pas être un État
12:59ou des intérêts privés qui devraient le faire.
13:01C'est le rôle de l'État de réguler la santé des enfants, etc.
13:03OK, c'est le rôle des États aux États-Unis,
13:06puisque c'est un gouvernement fédéral.
13:08Donc, il y a la Californie, il y a le Klohama,
13:10il y a je ne sais pas quoi, etc.
13:11Ils prennent en compte.
13:12Donc, ce ne sont pas les familles
13:14qui attaquent en justice Méta.
13:16Ce sont ces États,
13:18les gouvernements de ces États.
13:20Donc, il y a une préoccupation
13:23de santé publique
13:25qui dépasse largement cette idée d'un émis du fric.
13:27Mais ça va être quoi, la réponse ?
13:28C'est un moyen, en plus, de limiter...
13:30Alors, moi, ce que j'ai appris,
13:31j'explique à chaque fois
13:32quand on était chez Google
13:33et qu'on allait être condamnés,
13:34c'est de faire traîner le plus longtemps possible.
13:36Parce que, comme tes profits croissent
13:40de 15, 20 ou 30 % par an,
13:44grosso modo, plus t'attends,
13:46moins le coût de la vente va être élevé.
13:48Oui, ça sera moins douloureux.
13:49Sauf si les États américains
13:51prennent des États...
13:52Mais ça, je ne connais pas assez bien
13:53le droit américain,
13:53donc je ne peux même pas te dire
13:54quels sont les remèdes.
13:55Parce qu'en fait, quand tu es condamné,
13:56il y a tout un truc de remède, etc.
13:59Donc, je ne sais pas
13:59quelle est la bonne méthode pour faire.
14:00Je ne sais même pas
14:01quel est le pouvoir du procureur du Kentucky
14:04pour condamner à quoi Méta.
14:07Je ne sais pas quel est la...
14:08Ça sera des dommages et intérêts.
14:10Je ne suis pas même pas sûr...
14:11C'est très simple.
14:12On sait ce qu'ils veulent.
14:13Ils veulent, un, qu'on arrête les likes,
14:15deux, qu'on arrête le scroll infini,
14:16trois, qu'on limite les filtres beauté,
14:18qu'on arrête de permettre à des gamins
14:21de créer plusieurs comptes
14:22pour doper l'engagement, etc.
14:24Mais après, je suis d'accord,
14:26mais après, moi,
14:27la réponse de Zuckerberg,
14:30enfin, je ne sais pas comment exprimer ça,
14:33mais pour lui, ce qu'il fait là,
14:35tu vois, c'est comme quand il y avait
14:35les...
14:36Ce n'était pas les Panama Papers,
14:37mais c'est Cambridge...
14:39Oui, Cambridge Analytics.
14:40Cambridge Analytics.
14:41Tu vois, il était un peu sidéré.
14:43Il disait, mais attendez, moi,
14:44les datas, c'était en libre,
14:47en liberté, tout ça.
14:49Tu vois, dans son mindset,
14:50et je suis sûr que dans son mindset
14:52de tout ça, c'est de dire,
14:52moi, il faut que j'attire
14:53un maximum d'utilisateurs et tout ça.
14:55Moi, je ne suis pas sûr que les équipes...
14:57Enfin, j'aimerais bien voir
14:59comment ces enfants utilisent ces réseaux.
15:01Ils ne le disent pas.
15:02Jamais, jamais.
15:02Ils n'ont pas le droit.
15:03Bien sûr.
15:04Non, mais c'est...
15:05Voilà.
15:05Et pour que c'est quand même assez clair.
15:07On est chez beaucoup de dentistes pour enfants
15:09parce qu'on fait des produits pour...
15:10Donc, les dentistes,
15:11ils voient tous les enfants.
15:12Et donc, quand tu parles aujourd'hui
15:13de la segmentation des enfants,
15:14tu as 20% des enfants qui sont,
15:16on va dire, comme des enfants normaux
15:17et 80% qui sont addicts à leur téléphone.
15:19Les 20% des enfants normaux,
15:21c'est les familles les plus éduquées,
15:23les plus riches et qui ont...
15:24Oui, bien sûr.
15:25L'alimentation...
15:26Et c'est comme l'alimentation.
15:28Et d'ailleurs,
15:28l'analogie avec l'alimentation
15:29est excellente, à mon avis.
15:30Oui, c'est l'obésité numérique,
15:33finalement, digitale.
15:35Terrible, ce sujet.
15:36Mais on va voir un petit peu
15:37comment ce procès va évoluer,
15:39même si ça risque...
15:40Alors, c'est intéressant
15:40parce que ça rejoint un peu
15:41le procès qu'il y a eu
15:42à quelques mois concernant,
15:44je crois que c'était OpenAI,
15:45qui était accusé de...
15:48Pousser au suicide, non ?
15:49Oui, de pousser au suicide
15:50avec Chad GPT, etc.
15:51Oui, c'est-à-dire les réponses...
15:52Parce qu'on est un peu
15:53dans le même cas de figure.
15:54Il y a aussi...
15:55Mais là, je crois que c'était
15:56des familles qui portaient plainte
15:57contre OpenAI.
15:59Ça serait intéressant
16:00de voir le dénouement
16:01de cette affaire-là
16:01pour que ça nous permettrait
16:02peut-être d'anticiper
16:03un peu sur ce qui va se passer là.
16:05Parce qu'OpenAI, c'est ça.
16:09OpenAI, l'algorithme,
16:11tu disais...
16:11Oui, Chad GPT, oui.
16:13Il n'avait pas forcément
16:14des réponses pertinentes.
16:17Il nous reste cinq minutes.
16:19On va quand même évoquer
16:19l'un des gros sujets
16:21d'actualité de cet été
16:22qui a été quand même
16:24un sacré coup de semence
16:26dans le monde, on va dire,
16:29de l'administration française.
16:30C'est le piratage
16:31de la Direction Générale
16:33des Finances Publiques.
16:34Fred, alors évidemment,
16:35tu as suivi ça de près.
16:36On ne va peut-être pas revenir
16:38sur tout ce qui s'est passé.
16:40Mais tu voulais nous en parler
16:41ce soir ?
16:42Je trouve qu'aujourd'hui,
16:44tu vois,
16:45mais c'est toujours la même chose
16:46avec le numérique.
16:48Vous allez voir l'analogie.
16:49Il y a 20 ou 25 ans,
16:51je me souviens
16:51d'une patronne informatique
16:54qui avait du mal
16:54à investir dans son système
16:56d'information pour son hôpital.
16:58Et elle disait oui
16:58parce que dans un hôpital,
16:59le système d'information,
17:01ça ne s'inaugure pas
17:01alors qu'un scanner,
17:02ça s'inaugure.
17:03Donc les gens mettaient
17:04de l'argent parce qu'il y a
17:05le préfet qui venait,
17:05tout le monde venait.
17:07Et là, aujourd'hui,
17:08c'est un peu le même cas.
17:08On a tragiquement des forêts
17:11qui ont brûlé et tout ça.
17:12Donc là, on va mettre
17:13beaucoup de moyens.
17:13Et à côté de ça,
17:14on a quand même des choses
17:15hyper graves qui sont en train
17:15de se passer,
17:16mais pas à la DGFIP.
17:18Il y a l'éducation nationale encore.
17:19Ça fait 3-4 ans
17:21qu'on voit les hôpitaux
17:22qui sont bloqués et tout ça.
17:23Et on a l'impression
17:24qu'on traite ça un petit peu
17:26au...
17:26Donc on rappelle
17:27la DGFIP très rapidement.
17:28C'est plus de 700 000 données
17:30de contribuables
17:31qui ont été volées
17:32puisque le pirate
17:34s'en est même vanté.
17:36Il a donné tout ça.
17:37Et ce qui est grave aujourd'hui,
17:39c'est que le vol s'est donné,
17:40etc.
17:41C'est qu'aujourd'hui,
17:41avec l'IA,
17:42en plus,
17:42on réussit à corréler
17:44parce que qu'est-ce qu'on peut faire
17:45de mon nom,
17:46mon prénom,
17:46mon numéro fiscal,
17:48mes revenus.
17:49Mais tu moulines ça
17:51dans un LLM.
17:52Quand tu commences à mouliner tout ça,
17:53que tu commences à mouliner ça
17:55avec une adresse,
17:55avec des relations et tout ça,
17:57tu te dis,
17:57tiens, ce gars-là,
17:58finalement,
17:58il a un bon petit patrimoine.
18:00Peut-être qu'on peut,
18:01enfin voilà,
18:01pour différentes raisons,
18:02on peut essayer de l'arnaquer,
18:03on peut essayer,
18:03voire même de le violenter.
18:04On a vu ça dans d'autres secteurs.
18:07Et je trouve qu'aujourd'hui...
18:08C'est-à-dire que les conséquences
18:09de ce piratage
18:09vont peut-être...
18:11Tout ça va se découler
18:12dans les semaines
18:13et les mois qui viennent,
18:14finalement.
18:14Et je trouve qu'aujourd'hui,
18:16alors tu as Sébastien Lecornu
18:17qui a dit à l'Annecy
18:18qu'il va créer une cellule spécialisée.
18:20On en a déjà trois.
18:21Mais je me dis,
18:24qu'est-ce qui se passe ?
18:24Visiblement, ça ne suffit pas.
18:25Quand est-ce que cette prise de conscience
18:26va être...
18:27Parce qu'elles n'ont pas les moyens.
18:28C'est tout.
18:30Les moyens...
18:31Il y a un problème financier.
18:32On est d'accord.
18:33Il y a un problème financier.
18:34Il n'y a pas assez de gens et tout ça.
18:35De compétences.
18:36Un demande de compétences.
18:38Bien sûr,
18:39ils n'ont pas envie de bosser pour l'État.
18:40Les mecs sont spécialistes
18:41en cybersécurité.
18:42Ils vont gagner des milliards,
18:44enfin des millions
18:45quand ils vont aller
18:45dans une boîte américaine
18:47ou une boîte française
18:49spécialisée là-dedans.
18:50Alors que l'État,
18:51il va leur proposer le SMIC.
18:52Donc déjà,
18:53il y a un problème là-dessus.
18:54Et puis,
18:55il y a un problème,
18:55encore une fois,
18:56c'est un sujet qui me tient à cœur
18:57parce que je trouve ça incroyable
18:58qu'on oblige les entreprises
19:01ou les administrations publiques
19:02à respecter des normes
19:04ISO du chmol,
19:06ISO bidule,
19:07etc.
19:07Et dès qu'on arrive à NIS2
19:09ou à des normes
19:10qui disent en gros
19:11qu'il faut appliquer
19:12des normes de sécurité
19:14beaucoup plus drastiques,
19:17beaucoup plus sérieuses,
19:18etc.
19:19Et vous êtes punis
19:20si vous ne les appliquez pas.
19:21Il ne se passe rien.
19:23Il y a trois ans.
19:24Il ne se passe rien.
19:25La France est quand même
19:25la cible privilégiée
19:26des cyberpirates en ce moment
19:27et ce n'est pas un hasard.
19:28Il y a trois ans,
19:29tu as l'un des plus gros
19:30un peu,
19:31tu sais,
19:31les organismes de crédit,
19:32l'un des plus gros organismes de crédit
19:33de Nom Méchappe
19:34aux Etats-Unis.
19:35Toute la chaîne de commandement,
19:37ils ont tous débarqué,
19:39soit été débarqués,
19:40soit ils ont débusigné.
19:41Là,
19:42tu as la patronne
19:43de la direction générale
19:44de la finance publique.
19:45Oui,
19:45bon,
19:45on va voir.
19:46Oui,
19:47on a une cible et tout ça.
19:48Mais tu te dis,
19:49mais c'est quand est-ce
19:49qu'on prend une prise de conscience
19:51et qu'on réagit ?
19:53Et puis surtout,
19:54c'est pas pris au sérieux.
19:55Il y a un manque d'argent.
19:56Pour moi,
19:57il y a un manque d'application
19:58des processus
19:59parce que quand tu discutes
20:00avec les patrons
20:00dans ce domaine-là,
20:01ils ont des process de sécurité
20:03mais ce n'est pas respecté.
20:04Les gens,
20:05tiens l'appli,
20:06tiens je vais la charger
20:07sur mon mobile.
20:08Mais non,
20:09oui mais c'est plus simple
20:09d'avoir son mobile.
20:10Mais non,
20:11parce que ça ouvre
20:11une porte de sécurité.
20:12Eh bien les gens le font quand même.
20:14Et tu vois,
20:14c'est tout ça.
20:16C'est comme ça
20:16que le pire attache
20:17des données à la DGFI
20:18a eu lieu.
20:19C'est le type à Mulhouse.
20:20Oui, oui, oui, c'est ça.
20:21Sur son ordi pour ça,
20:22on croit.
20:23Thomas, pour terminer.
20:24Il y a une très belle,
20:25je vais citer mes sources,
20:26il y a une très belle analyse
20:27de ce qui s'est passé
20:27par Tariq Krim
20:28qui est toujours
20:29de très bonnes...
20:30Qui vient d'ailleurs
20:31de nous voir
20:32de temps en temps
20:33dans Tegrenco.
20:34Et pour connaître
20:36un peu ces problématiques,
20:37déjà il faut quand même
20:38se dire qu'il y a
20:39beaucoup de fonctionnaires
20:41extrêmement engagés
20:42qui font de leur mieux,
20:43etc.
20:43On a effectivement
20:44un problème systémique.
20:44Même à l'ANSI,
20:45on a des superbes...
20:46La plus grosse difficulté
20:49aujourd'hui,
20:50et en tout cas
20:50la plus grosse faiblesse,
20:51ce n'est pas de cette
20:52faible ratée,
20:52c'est que normalement
20:54un système résilient
20:55de cybersécurité
20:57réagit immédiatement
20:57quand il se passe
20:58quelque chose.
20:59L'endroit où on a échoué
21:01véritablement,
21:02c'est qu'est-ce qui se passe
21:03au moment où on découvre...
21:06Qu'est-ce qu'on fait
21:06au moment où on découvre
21:07le problème ?
21:08Quel est l'ensemble
21:09des choses qui sont passées ?
21:09Donc il a donné
21:10trois ou quatre éléments
21:11intéressants.
21:12Déjà pour moi,
21:13faire pas mal
21:13de cybersécurité,
21:14à chaque interface,
21:15il y a un problème.
21:16Et on a peu de gens
21:17qui pensent...
21:18Il n'y a pas de CTO
21:19de l'État,
21:20il n'y a pas de comptabilité
21:21d'État.
21:21S'il y a un truc immédiat
21:22à faire,
21:23à chaque fois on dit
21:24on fait quoi ?
21:25On commence par quoi ?
21:26Il faut mettre
21:27un CTO de l'État.
21:28Deux, il faut que les gens
21:29qui sont responsables
21:29des systèmes soient
21:31un peu comme
21:31un comptable public.
21:32Tu sais que quand tu passes
21:33à...
21:34Quand tu es responsable
21:35de la comptabilité publique,
21:36si jamais on pique
21:37de l'argent dans la caisse,
21:37t'es responsable
21:38sur tes fonds personnels.
21:39Je peux te dire que
21:39s'il y avait un mec
21:40qui était responsable
21:41de l'intégrité des données
21:42des Français
21:43et qu'il a un petit peu
21:44plus personnel,
21:45il y aurait de l'accountabilité
21:46personnelle.
21:47Il n'y a personne
21:47qui n'est responsable,
21:49l'État s'auto-assure
21:50alors qu'il faut
21:50que ses entreprises
21:51s'assurent.
21:52Donc, les interfaces,
21:54une des problématiques
21:55qui a explosé
21:57la complexité des systèmes
21:58et qui n'a pas été résolue,
22:00ça a été le Covid.
22:02À partir du Covid,
22:03on a fait en sorte
22:04que tout le monde
22:05puisse se connecter
22:06à distance à des systèmes.
22:07Or, les systèmes cœur
22:08de systèmes d'information,
22:09on voit bien
22:10quand tu es aujourd'hui
22:11dans un système bancaire,
22:12tu n'as pas le droit
22:12à être à moins d'un mètre
22:13d'un terminal Swift.
22:15Même la présence physique.
22:16Donc, la meilleure des sécurités
22:17reste physique pour les systèmes.
22:18Quand on a permis
22:20d'un généralisé après le Covid,
22:22on n'a pas tiré
22:24les conséquences
22:24en termes de cybersécurité
22:26de ce que le télétravail
22:27allait ouvrir comme brèche.
22:29Et ça,
22:30on est défaillant
22:31dans la totalité.
22:31Et la digitalisation
22:32d'une façon générale.
22:33Et d'une manière générale,
22:34après, on a fait
22:34de l'interministériel.
22:35C'est-à-dire, quelque part,
22:36déjà, l'État a mal fonctionné
22:38dans un ministère.
22:38Mais alors, quand tu veux
22:39que tous les ministères
22:40qui ont chacun
22:41leur propre référentiel
22:42de sécurité, etc.,
22:43travaillent ensemble,
22:44donc on a créé un système
22:45qui est trop complexe
22:46sans personne de accountable.
22:47Bon, là,
22:48si j'étais président,
22:50ce que je ne suis pas,
22:50heureusement,
22:51je mettrais un CTO de l'État,
22:53les responsables
22:54de chacun des administrations publiques,
22:56responsables pénalement
22:57sur l'intégralité
22:58des données
22:58dont ils ont la responsabilité.
23:00Et effectivement...
23:01Tu ne peux pas leur mettre
23:01des amendes
23:01parce que ça serait
23:02piqué dans la poche du truc.
23:04Ça crée une crise de confiance
23:05des citoyens, surtout,
23:07qui hésitent maintenant
23:07à donner
23:09leurs données
23:11aux administrations publiques.
23:13Très bien.
23:14Thomas a décidé
23:14de ne pas payer ses impôts
23:15pour l'année 2016.
23:16Alors, la facturation électronique
23:17qui entre en ligne...
23:19Je paye mes impôts.
23:19Oui, il y a la facturation électronique
23:21et puis l'identité.
23:22avec le...
23:23Bon...
23:23Merci.
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