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  • il y a 2 mois
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il est 21h58, vous êtes dans BFM Grand Soir et nous allons revenir évidemment sur ces images qui s'affichent
00:05derrière moi.
00:06La situation au Népal où un travail lent, épuisant, extrêmement difficile se poursuit, celui des secouristes.
00:14On est trois jours après la tragédie, ces secouristes qui tentent toujours de trouver des rescapés.
00:19Regardez, on va les commenter ensemble, Gaëlle Musquet, ces images qui chaque jour sont de plus en plus impressionnantes.
00:26Images aériennes des conséquences de cette tragédie, cette épaisse couche de boue qui a tout recouvert.
00:36Village, route, pont, chantier, tout a été balayé.
00:41En fait, ce sont des images du jour vraiment les plus récentes.
00:43C'est un paysage de boue qui s'affiche devant nous.
00:46C'est un paysage lunaire.
00:48On nous reconnaît, on distingue évidemment quelques habitations.
00:51Mais ce qu'il faut comprendre, c'est ce qui rend cette catastrophe particulièrement destructrice.
00:57C'est que ce n'est pas juste une coulée d'eau, ce n'est pas une inondation, ce n
01:00'est pas juste une crue d'une rivière.
01:02On est face à un mélange de gravats, de blocs rocheux extrêmement lourds qui ont ravagé, détruit tout sur le
01:12passage dans le lit de la rivière.
01:13Et même quand on était à proximité de cette rivière, malheureusement, ces habitations n'ont pas été épargnées.
01:20On a d'ailleurs des premiers chiffres qui arrivent des Nations Unies qui estiment qu'il y avait 18 918
01:27étudiants enfants
01:28qui vivaient ou qui étaient scolarisés à proximité du cours d'eau.
01:32Donc c'est dire ce qui nous attend en termes de bilan et à quel point ces images témoignent à
01:39la fois de la violence
01:39mais aussi de ces potentielles dizaines de milliers de jeunes enfants dont la vie a potentiellement été fauchée sur les
01:48bords de cette rivière.
01:49Et le bilan, Thierry Arnault, sans surprise, continue de s'alourdir au fil des heures ?
01:55Oui, c'est ce qu'on redoutait évidemment, Alice, c'est que les chiffres confirment.
01:59On l'a vu à l'image tout à l'heure, près de 3000 personnes portées disparues désormais,
02:04près de 2500 du côté népalais de la frontière, 554 disent les autorités chinoises pour ce qui les concerne,
02:13au moins 777 étrangers parmi ces personnes qui sont manquantes aujourd'hui.
02:20Quant au nombre de morts, il est de 675 aujourd'hui des deux côtés de la frontière.
02:27Il faut ajouter quand même qu'au cours des derniers jours, 3700 personnes ont été secourues,
02:33mais près de 100 000 personnes, 93 000 nous dit-on, sont encore dans une situation très difficile,
02:38pour ne pas dire désespérés, c'est vous dire la tâche absolument titanesque qui attend les autorités népalaises,
02:46les autorités chinoises et tous ceux qui les aident aujourd'hui dans les jours,
02:50et très certainement évidemment dans les semaines qui viennent.
02:52Les proches des disparus continuent d'affluer au quartier général de campagne des secours népalais
02:58qui se trouvent à Bidour, en quête d'information, mais évidemment l'espoir s'amenuise au fil des heures.
03:07C'est ce qu'on va voir, c'est ce qu'on va entendre avec nos équipes sur place, les
03:10équipes de BFM TV,
03:11c'est Angie Luat à écouter.
03:14Là on se trouve actuellement au cœur de la coulée de boue, si j'ose dire.
03:17On est dans la localité de Bidour, sur une place de marché.
03:20A l'origine c'était une place de marché, ce que vous voyez autour de nos cheveux avec façelles.
03:24Vous êtes originaire d'ici, you are from here, what's your feeling when you see those landscapes ?
03:30Qu'est-ce que vous pensez quand vous voyez, qu'est-ce que vous ressentez quand vous voyez ces paysages
03:33?
03:34C'est une vraie tragédie.
03:38J'ai perdu beaucoup de mes amis, des membres de ma famille, des amis de ma famille.
03:42Nous avons tout perdu.
03:44Tous ceux qui ont disparu ont été balayés.
03:46Nous avons beaucoup de mal à les retrouver.
03:50Nous avons toujours besoin de l'aide du gouvernement pour venir en aide à nos familles,
03:54récupérer les corps de nos amis.
03:55Nous sommes complètement dévastés à l'intérieur.
03:58Je n'arrive plus à manger ni à dormir.
04:09Le visage de mes amis et des membres de ma famille reviennent dans ma tête.
04:12Ça fait trois nuits que je ne dors plus.
04:14La situation me brise le cœur.
04:23Vous parliez d'aide tout à l'heure, de l'aide qui arrive ici.
04:26Est-ce qu'il y a un manque d'aide actuellement ?
04:29Est-ce qu'il y a un manque d'aide actuellement ?
04:50Également ceux qui se sont retrouvés de l'autre côté de la rivière parce qu'il n'y a pas
04:53de pompe pour y aller.
04:54Ils sont obligés de les secourir en hélicoptère à cet endroit.
04:57Mais ils se concentrent d'abord sur ceux qui sont en vie.
05:03Et après, ils s'occupent des corps des personnes décédées qui commencent à dégager une odeur.
05:09Beaucoup de gens peuvent être malades à cause de l'odeur d'un cadavre.
05:16Donc la récupération des corps est la deuxième priorité.
05:19Mais la première des priorités, c'est d'aider les personnes qui sont coincées de l'autre côté de la
05:23rivière.
05:26Merci beaucoup.
05:28On a vu effectivement des hélicoptères voler dans le ciel ici depuis maintenant plusieurs heures
05:33que nous sommes ici avec Willem Gay, des hélicoptères qui vont vers les zones sinistrées.
05:38Cette zone-là est sinistrée, mais il y a encore de nombreuses zones sinistrées tout au long de cette vallée.
05:44Angie Luata avec Willem Gay.
05:46Nous sommes aussi avec Marc Jolivet, chercheur CNRS à l'Institut de Physique du Globe de Paris.
05:52Bonsoir Marc Jolivet.
05:54On suit ce drame et l'évolution de la situation avec vous maintenant depuis plusieurs jours.
05:59Et l'une des rares bonnes nouvelles de ces dernières heures, Marc Jolivet,
06:04c'est que ce fameux barrage artificiel, cette retenue d'eau qui s'était mise en place et qui menaçait
06:10la vallée,
06:11là ce soir, la menace est moins importante à diminuer, vous nous le confirmez ?
06:16Alors oui, effectivement, il semblerait que ce barrage, qui n'est pas artificiel du tout, il est naturel,
06:22c'est simplement le matériel qui a dévalé les pentes et qui s'est stocké en bas, qui a barré
06:28la rivière.
06:29Et ce barrage semble pour l'instant tenir.
06:33Il n'y a pas d'élément qui dise qu'il puisse se casser.
06:40Le seul moyen peut-être, ce serait que les choses se passent différemment plus haut
06:44et que le glissement de terrain continue.
06:46Et à ce moment-là, si on rajoute du matériel ou si on perturbe le barrage qui tient ce lac
06:52pour le moment,
06:54là on peut avoir de gros problèmes.
06:57Donc ça veut dire que la menace, elle n'est pas totalement résorbée ?
07:01Tant que ces lacs de barrage existent au-dessus des vallées, en amont des vallées,
07:06et tant que les falaises qui ont été créées par le glissement de terrain initial restent très instables,
07:10et elles sont pour l'instant très instables, on ne peut pas du tout écarter cette menace, non, effectivement.
07:15Quels sont les autres risques, Marc Jolivet, des prochains jours ?
07:19Qu'est-ce qu'il va falloir suivre attentivement ?
07:23Alors, le lac, c'est le plus gros risque.
07:25Le glacier qui a cassé, on a vu des images, maintenant on a de plus en plus d'images de
07:31la source,
07:32du premier glissement de terrain, donc de la partie amont du système.
07:36C'est un glacier qui était pas vraiment surplomb, mais sur une pente très très raide,
07:40et donc une partie du glacier et une partie du rocher ont cassé,
07:45donc ça fait des millions de mètres cubes de roches et de glaces qui sont tombés dans la vallée,
07:48et ça a laissé derrière des pentes qui sont très instables.
07:52Donc cette instabilité, elle va avoir tendance à vouloir se rétablir,
07:58les pentes vont se rétablir, donc il y a toujours du matériel qui va tomber, ça c'est sûr.
08:04La deuxième grosse incertitude, c'est la pluie.
08:08Vous voyez sur les images que vous montrez, il pleut, c'est toujours la mousson en ce moment,
08:12donc il pleut de manière assez intense,
08:14et cette pluie va raviner le matériel qui est stocké dans la vallée,
08:18qui est déjà gorgé d'eau, ce qui va augmenter la quantité de boue disponible,
08:23et ce qui peut aussi augmenter les hauteurs d'eau dans les lacs,
08:25donc ça c'est le deuxième danger.
08:27Et puis votre journaliste sur place l'a bien évoqué,
08:30le troisième danger, il est sanitaire.
08:33Merci Marc Jolivet, cette pluie qui complique aussi forcément le travail des secouristes,
08:39plus de 2000 secouristes sont déployés dans cette zone.
08:43Il est encore possible, Gaëlle Musquet, de sauver des vies ?
08:47Ça reste l'urgence aujourd'hui, trois jours après ?
08:49Alors sur des zones où on a des poches d'air dans ces tunnels,
08:54éventuellement oui, si ces personnes n'ont pas été submergées,
08:57émergées et emprisonnées dans la boue, oui, par rapport à un séisme,
09:02on a des poches liées à des destructions qui auraient épargné...
09:07Formé des cavités.
09:08Voilà, des cavités, là on aurait eu une survie plus importante,
09:12mais là, sur ces matériaux qui sont denses et à travers lesquels,
09:16malheureusement on peut constater des noyades ou des compressions,
09:20vous savez, cette boue, elle ne tue pas uniquement noyants,
09:23elle tue aussi en comprimant les organes
09:25et en empêchant aux centres de circuler,
09:27donc ça reste très compliqué d'imaginer des survivants
09:29au-delà de quelques jours dans ces paysages très broués.
09:34On a une forte pensée aussi, les Nations Unies le disent,
09:38pour un bilan encore certes provisoire,
09:40mais 27 500 enfants, adolescents ou femmes,
09:44qui aujourd'hui sont écelés
09:46et qui malheureusement ont besoin d'eau et de nourriture.
09:52Pourquoi femmes et enfants ?
09:53Parce que ce sont malheureusement les premières victimes de ces catastrophes.
09:57Et on imagine tout ce que cela nécessite en matière d'accompagnement
10:00au niveau des orphelinats.
10:0250 000, plus de 50 000 personnes ont besoin,
10:05et là encore c'est un bilan des Nations Unies,
10:08d'eau, de nourriture, mais aussi de produits d'hygiène
10:11pour pouvoir évidemment éviter,
10:13comme c'était très bien dit avec Anjil Ouata,
10:16et cette personne qui a été interviewée,
10:18évidemment c'est ces cadavres qui peuvent joncher le paysage.
10:22Donc oui, là on a effectivement ces urgences à traiter,
10:25au-delà de la recherche des survivants
10:28et évidemment des personnes décédées.
10:30Et on voit ces pelleteuses, bulldozers aussi,
10:32mobilisées, qui tentent de rétablir les voies d'accès.
10:36Ça c'est aussi l'un des sujets, Thierry Arnault,
10:38en fait la zone, la vallée, est isolée du reste du monde.
10:41Oui, c'est évidemment le sujet sans doute
10:43de préoccupation numéro un de ces sauveteurs,
10:45parce qu'on voit malheureusement,
10:47c'est ce que l'on voit à l'image,
10:48c'est tout à fait exceptionnel.
10:51Une grande partie des disparus ne sont pas accessibles
10:54par les parcours,
10:55parce qu'effectivement les routes ont été totalement ensevelies,
10:58parce que les conditions météo que l'on décrivait
11:00rendent particulièrement difficile
11:01l'accès depuis le ciel.
11:04Et donc,
11:06cette vallée dont on voit
11:07la configuration,
11:09dans les meilleures conditions possibles,
11:11elle est déjà très difficile d'accès.
11:13Aujourd'hui, c'est devenu, pour une large partie d'entre elles,
11:16impossible,
11:16alors qu'il reste, on l'a dit,
11:18des milliers de personnes à secourir
11:20dans les villages
11:21et dans les centrales hydroélectriques,
11:23parce qu'il y en a beaucoup dans cette région
11:25et il y aurait
11:26plus d'un millier
11:27d'ouvriers,
11:28Alice,
11:28qui seraient encore prisonniers
11:30de ces usines
11:31au moment où on se parle.
11:32On voulait revenir évidemment
11:33sur ces images
11:33et la situation.
11:34Merci, messieurs.
11:35Merci beaucoup,
11:36Gaël Muschietti.

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