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  • il y a 2 semaines
Ce lundi 31 août, Arnaud Nourry, cofondateur et PDG de "Les Nouveaux Éditeurs", était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Parole de patron
00:067h17 sur BFM Business et sur RMC Live, Canal 25, notre invité dans Parole de Patron, Arnaud Noury.
00:12Bonjour !
00:13Bonjour, merci de m'accueillir.
00:14Et bienvenue à vous, confondateur, PDG de Les Nouveaux Éditeurs.
00:18Votre groupe a été créé il y a deux ans, compte neuf millions d'éditions,
00:21et vous vous apprêtez à sortir 150 livres cette année.
00:24Qu'est-ce qui fait le succès de ce modèle ?
00:26Alors, Les Nouveaux Éditeurs, c'est une famille d'éditeurs.
00:32Nous avons neuf maisons qui vont de la littérature au manga, à la bande dessinée,
00:37en passant par la jeunesse, les savoirs, les beaux livres.
00:40On couvre à peu près tous les segments de l'édition, ça c'est déjà quelque chose de très spécifique.
00:45C'est une famille d'éditeurs, c'est une famille indépendante.
00:48Nous n'avons de lien capitalistique avec aucun groupe,
00:51aucune puissance extérieure dans le monde de l'édition.
00:54Les salariés sont actionnaires ?
00:55Alors, les fondateurs des maisons, ça c'est le côté disruptif,
00:59les fondateurs des maisons d'édition, donc de ces neuf maisons,
01:01ils sont parfois deux à la tête d'une maison,
01:04ils sont tous actionnaires de manière assez, pas symbolique, importante.
01:10Donc ça c'est très nouveau.
01:11C'est une famille d'édition, de groupe d'édition agile.
01:16Les cellules éditoriales, c'est deux, trois personnes, quatre parfois,
01:18et cette famille partage une équipe commune, ça aussi c'est tout à fait original.
01:24C'est une famille engagée, engagée pour la liberté d'édition,
01:28qui est secouée un peu, on l'a vu ces derniers mois, ici ou là.
01:32Et donc une famille disruptive, on a le côté actionnariat des fondateurs,
01:37mais aussi nous avons des contrats pour les auteurs qui sont bien plus favorables
01:40que ceux de la profession en général.
01:43Alors à cette entrée littéraire, quels sont les livres que vous souhaitez mettre en avant ?
01:46Je suis venu faire un peu de réclame, regardez, je ne vous demande pas l'autorisation,
01:50mais je recommande à tous vos auditeurs ce livre qui s'appelle Economica,
01:53Economica, c'est une relecture de la place des femmes dans l'économie depuis l'origine des temps.
01:59Je l'ai démarré il y a quelques jours, c'est absolument formidable.
02:04Moi j'ai trois coups de queue, évidemment, dans les maisons de mon groupe.
02:07Décolorer sa fille, d'une autrice qui s'appelle Lucie Bérard, aux Intranquilles.
02:12Ceux qui nous frappent, d'Anaïs Lobay aux Léonides.
02:16Et puis les agités de Kamizaka à la tribu.
02:20Alors, sur les 150 livres.
02:22Je présente mes excuses.
02:24Pour tous les autres, effectivement, j'imagine.
02:26Nous avons neuf romans de rentrée littéraire, et donc je parlais que de trois livres, ce n'est pas beaucoup.
02:32Je disais 150 livres que vous allez éditer cette année.
02:34Vous espérez combien de prix littéraire ?
02:35On sait qu'il y a les candidats au Goncourt qui vont être connus dans la semaine.
02:39Oui, on est tout jeunes dans cette profession.
02:44Si nos livres rentrent dans des listes de prix, on sera très très heureux, c'est déjà le cas.
02:50Vous savez, on a eu quand même déjà cinq prix littéraires prestigieux.
02:54Le prix L, le prix de l'Obs, le prix France Télévisions, le prix RTL Lire.
02:58Pour une entreprise aussi récente, c'est une reconnaissance magnifique.
03:02On n'a pas d'ambition d'avoir un grand prix littéraire cette année, peut-être dans quelques années.
03:07Mais là, ça serait bien prétentieux.
03:08Avec des très belles ventes pour l'affaire de la rue Transnonna, Jérôme Chantereau.
03:1230 000 ventes.
03:14Quand serez-vous à l'équilibre ?
03:15On vise 2028.
03:17Ce n'est pas une chance exacte.
03:19D'autant plus que le marché de l'édition, c'est un marché très saisonnier,
03:22où les dernières semaines de l'année pèsent lourd.
03:25Donc, 2028, ça serait une belle réussite.
03:28Parce que créer un petit groupe d'édition et le rentabiliser en quatre ans,
03:33là aussi, c'est assez original.
03:35En cette rentrée, il y a un peu moins de romans qu'en 2025.
03:38Vous avez une explication ?
03:40Aucune.
03:41Aucune.
03:42La baisse est là.
03:43Je crois qu'elle a déjà eu lieu les années précédentes.
03:47On parle de peut-être 450 au lieu de 458.
03:50Je ne suis pas certain que ça change profondément l'analyse.
03:53Vous savez, on a l'habitude de critiquer la rentrée littéraire.
03:56Mais le livre, c'est la première industrie culturelle en France.
03:59Et cette rentrée littéraire, qui est originale,
04:01puisque ça n'existe dans aucun autre pays, à ma connaissance,
04:04c'est un temps fort en termes de présence du livre,
04:07en termes de communication autour du livre.
04:09Il y en a dans les magazines, il y en a chez vous,
04:12il y en a un peu partout.
04:13C'est formidable qu'il y ait cette occasion de parler du livre.
04:16Est-ce qu'il y a trop de romans publiés ?
04:18Je laisse aux éditeurs le soin de décider d'en publier moins
04:21si ça donne plus de chance à ceux qui sont sur les tables des libraires.
04:25Ce n'est pas vous qui allez nous dire en tout cas le contraire.
04:27Vous le disiez, c'est assez audacieux de créer comme ça
04:28une nouvelle maison d'édition.
04:31Surtout que cette rentrée est placée sous le signe de la crise de la lecture.
04:34Les gens lisent moins.
04:35On a vu aussi que Jiber et le Furet du Nord ont été placés en redressement judiciaire.
04:39Est-ce que vous, vous restez optimiste pour l'avenir du livre ?
04:43– Mais alors totalement.
04:46Parfois j'ai l'impression d'être un des derniers.
04:48C'est peut-être parce que ça fait longtemps que je suis dans ce métier
04:50et que des crises, j'en ai vu passer d'autres.
04:52On nous dit par exemple que 2027 va être épouvantable
04:55parce que c'est une année d'élections présidentielles.
04:58On a regardé sérieusement, avec le recours à des outils d'intelligence artificielle,
05:03sur les quatre dernières élections présidentielles,
05:05le marché du livre n'a pas baissé.
05:07On voit des tout petits phénomènes, plus d'essais politiques, moins de littérature,
05:10mais il n'y a pas cet impact.
05:12Vous savez, encore une fois, c'est la première industrie culturelle.
05:15Les gens lisent un peu moins, c'est sûr.
05:17– Les gens lisent moins.
05:18Il y a quand même la concurrence des écrans, de l'intelligence artificielle.
05:20– Le vieillissement de la population nous amène des gens qui ont plus de temps pour lire.
05:22Donc vous voyez, il y a d'autres phénomènes dont on ne parle jamais
05:25et qui sont positifs pour nous.
05:27Il y a encore quelques années, la croissance démographique en France
05:29nous amenait plus de lecteurs.
05:31Il n'y a pas d'effondrement, on ne le voit pas non plus dans les autres pays.
05:36– Et les gens le lisent sur les tablettes et moins le livre ?
05:39– Non, les gens ne lisent pas beaucoup sur les tablettes, très peu.
05:42Ça représente, dans mon métier qui est en dehors de l'édition professionnelle
05:46pour les avocats et les médecins, c'est 3% peut-être et ça bouge peu.
05:51Les gens écoutent de plus en plus les livres.
05:53Ça c'est intéressant parce que c'est un vecteur de croissance, le livre audio.
05:57Je crois que beaucoup de gens, dans l'analyse qu'ils font du marché du livre,
06:00oublient que le marché aujourd'hui est toujours au-dessus du point haut
06:05qu'était 2018-2019.
06:08Alors c'est vrai que depuis 21, ça baisse parce qu'il y a eu un rebond incroyable
06:12au moment du Covid, des confinements.
06:14C'est la même chose d'ailleurs dans les jeux de société.
06:16Mais le marché du livre ne se porte pas si mal.
06:18Vous faites allusion à des faillites ou des grandes difficultés financières
06:21de quelques chaînes de librairies.
06:25– Il faut décorrer les deux de l'édition.
06:26– Je le regrette parce que c'est des clients importants,
06:30c'est souvent, je pense à Sorampes, à Montpellier,
06:32des points de vente éminents à l'échelle nationale même.
06:35Et je crois simplement que c'est des difficultés qui leur sont propres,
06:38qui les amènent à cette impasse financière.
06:41Ce n'est pas le marché du livre.
06:42Il y a 3 000 livres à l'avis en France et elles se portent bien pour la plupart,
06:45même si c'est difficile.
06:47– Le monde de l'édition, comment aborde-t-il l'essor de l'IA,
06:50de l'intelligence artificielle par exemple ?
06:52Est-ce que vous savez forcément que les manuscrits que vous recevez,
06:55ne sont pas rédigés par l'intelligence artificielle ?
06:57Est-ce que vous avez moyen de le détecter ça ?
06:59– Alors le détecter à l'échelle d'un groupe comme le nôtre petit,
07:03c'est à peu près impossible.
07:05Ce qu'il faudrait qu'on consacre des ressources colossales
07:08pour suivre les progrès de l'IA.
07:11Et donc on ne le fait pas, même si on y a pensé il y a quelques mois.
07:15On demande contractuellement à nos auteurs
07:17de s'engager à ne pas fournir de textes qui soient créés par l'IA.
07:22Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas le droit d'utiliser l'IA
07:23pour des travaux de recherche ou des choses ponctuelles.
07:25Mais donc on leur demande de s'engager.
07:29Peut-être un jour d'ailleurs il y aura un label,
07:31pas fait par l'IA, pourquoi pas ?
07:33Je crois qu'en Corée ce genre de choses existe.
07:36Il y a deux domaines différents dans l'interface,
07:40l'interaction entre l'édition et l'IA.
07:42Il y a la création.
07:43Moi je ne crois pas que les lecteurs aient une quelconque envie
07:47de se précipiter vers des textes qui sont créés par des machines.
07:50Je ne crois pas que l'intelligence artificielle soit capable de comprendre le monde aujourd'hui.
07:56Et donc quand on ne comprend pas le monde,
07:58on n'avance pas, on ne crée pas de choses fondamentalement différentes.
08:01Donc je ne pense pas que dans le domaine de la création,
08:03on soit face à une menace.
08:05A l'inverse, comme toute entreprise,
08:07on est devant des opportunités de productivité,
08:11de choses passionnantes,
08:13grâce à l'IA dans les tirages,
08:16la mise en place,
08:18la partie qu'on appelle peu élégalement
08:20le back-office dans nos maisons d'édition.
08:21Dernière question, comment vous avez vécu la crise chez Grasset,
08:24la reprise par Bolloré ?
08:25Je n'ai aucun commentaire à faire sur cette situation.
08:29J'ai été 18 ans le patron d'Achette,
08:31donc j'ai été le patron de Grasset.
08:32Olivier Noras était un ami.
08:34Je ne fais aucun commentaire sur
08:37ce qui s'est passé chez Grasset.
08:38Et du reste, je suis engagé contractuellement.
08:40Vous avez récupéré des auteurs ?
08:42Je ne peux pas le faire.
08:43On n'exclut pas d'en récupérer des auteurs.
08:45J'ai lu qu'Olivier voulait publier 30 à 50 titres par an.
08:48C'est la moitié de ce que faisait Grasset.
08:50Donc il y a des auteurs qui se chercheront une autre maison.
08:53Mais encore une fois,
08:53je souhaite les meilleures chances à Olivier,
08:57qui est un ami.
08:58Merci à vous, Arnaud Noury,
09:00d'avoir été avec nous sur le plateau de BFM Business
09:02ce matin, cofondateur PDG de Les Nouveaux Éditeurs.
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