00:01Ici Sud Radio. Les Français parlent au français. Les carottes sont cuites. Les carottes sont cuites.
00:14Sud Radio Bercot dans tous ses états.
00:16Il n'y a jamais eu lieu ici à Sachsen-Anhalt. Il est de 60% au dernier moment. Il
00:21est maintenant à 80%. Et c'est donc la meilleure décision qui a eu lieu à Sachsen-Anhalt.
00:29Voilà, premier sondage, premier résultat. Ce sont les applaudissements évidemment des militants et des partisans de l'AFD, l'Alliance
00:40for Deutschland, qui vient de remporter, en tout cas, qui avait 45%.
00:45C'était absolument inattendu. Dans le lander de Sachsen-Anhalt, l'ancienne, il faut le dire, c'était l'ancienne
00:53Allemagne de l'Est. C'est sur ce territoire-là.
00:56Et effectivement, il décroche 39 sièges sur les 83 que compte le lander. Enfin, vous savez qu'en Allemagne, c
01:05'est très, très autonome. Enfin, les landers sont très autonomes.
01:09Et évidemment, évidemment, comme d'habitude, eh bien, le landerneau explose. Et qu'est-ce qu'on entend ? Évidemment,
01:17d'abord, l'extrême droite.
01:19Imaginez, l'extrême droite, attention, en Allemagne, ce n'est plus la réduction ad Hitlerum, c'est véritablement la focalisation
01:28ad Hitlerum.
01:29Vous voyez, ça y est, les Panzerdivisions vont traverser la Somme et ils vont arriver dans Paris.
01:35Mais est-ce qu'on peut essayer un tout petit peu, un tout petit peu de réfléchir ?
01:40Est-ce qu'on a le droit de réfléchir un peu avant de se lancer quelques alathèmes ?
01:47Évidemment qu'il faut faire attention. Évidemment qu'il y a des éléments.
01:51Mais qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui, être conservateur ?
01:56Est-ce que vraiment l'AFD est néo-nazi ?
01:59Parce que c'est ce qu'on a entendu de la part de certains commentateurs.
02:02C'est carrément des non-nazis et encore néo.
02:05Il y en a qui n'utilisent même pas cette expression.
02:09Mais écoutez, ce qui est très embêtant dans cette histoire,
02:11moi, je l'ai lu, le programme. Enfin, j'ai regardé le programme de l'AFD.
02:16Très sincèrement, j'ai lu aussi Mein Kampf.
02:19Et oui, c'est très intéressant. Il faut toujours lire les livres des extrémistes,
02:24des vrais fascistes, que ce soit de droite ou de gauche.
02:28Et bien franchement, ce n'est pas Mein Kampf, l'AFD.
02:31On peut dire ce qu'on veut, ce n'est pas le même programme.
02:33On verra évidemment à l'usage.
02:35Donc il ne s'agit pas de n'être pas vigilant.
02:38Mais moi, ce qui me frappe, c'est qu'encore une fois, ici en France et ailleurs,
02:43ça recommence.
02:44C'est-à-dire dès que quelqu'un n'est pas dans la doxa d'une certaine doxa du corps
02:48du bien,
02:49rappelez-vous, Boukele au Salvador, il a ouvert des places de prison fascistes.
02:55Millet en Argentine, il a décidé de réduire les dépenses de l'État afuera, afuera, fascistes.
03:03Mélanie, n'en parlons pas, rappelez-vous, c'est plus proche de nous, c'est l'Italie.
03:08Mélanie, elle va appréquer, mais ça y est, c'est le retour de Mussolini, c'est le retour de Milito,
03:13c'est les chemises noires.
03:14Trump, Trump, évidemment, n'en parlons pas, etc.
03:18Et puis alors, là, aujourd'hui, Marine Le Pen, également, même chose, etc.
03:24Il faut empêcher d'eux.
03:25Mais le problème, est-ce que vous vous posez la question sur ces millions de gens qui votent ces parties,
03:33est-ce qu'au lieu de hurler à la mort dès que quelqu'un sort du champ,
03:39est-ce que vous vous posez la question de savoir pourquoi des millions de gens,
03:44et en général des millions de gens du peuple, du peuple, de ce peuple que vous pensez,
03:51chers élites représentées, pourquoi des millions de gens, 11 millions en France et ailleurs,
03:56votent pour eux ? Parce que ce sont des nazis ? Parce que ce sont des fascistes ?
04:00Parce que c'est eux qui attaquent ? C'est eux qui parlent de l'insécurité ?
04:05C'est eux qui parlent de ne plus savoir où ils habitent ?
04:09C'est pour ça ? Non. Ah non, non, non, non, c'est formidable.
04:11On ne parle toujours des effets, mais alors les causes ?
04:15Ah, écoutez, non, non, les causes, c'est pas nous, c'est, voilà,
04:18c'est la faute à pas de chance, c'est la faute à ce que les gens ne réfléchissent pas,
04:23etc.
04:24Voilà, à l'AFD, on va voir ce qui va se passer,
04:26qu'est-ce qu'ils sont pour le contrôle des frontières ?
04:28Ils sont effectivement pour une remigration,
04:31ils sont pour un certain équilibre, peut-être, peut-être, c'est terrible de dire ça,
04:37entre la Russie et l'Ukraine.
04:40Est-ce que ce n'était pas effectivement le rôle de l'Europe
04:43de faire une médiation entre la Russie et l'Ukraine ?
04:46Est-ce que l'Europe devait absolument dire que tout ce qui est russe
04:50est absolument terrifiant et doit être rejeté ?
04:54Est-ce qu'il ne fallait pas garder un certain équilibre ?
04:56Non, non, non, la question ne sera pas posée dans les trois quarts des médias,
05:00quand dans les quatre cinquièmes des princes qui nous gouvernent
05:04ou qui aspirent à le faire, la question ne se pose pas.
05:07Simplement, attendez, il faut poser la question,
05:10pourquoi des millions de gens qui sont effectivement dans une impasse,
05:16qui se sentent dans une impasse,
05:17qui ne savent plus où ils habitent,
05:19qui ne savent plus où est leur maison,
05:20qui ne savent plus où est leur identité,
05:22et à qui on détraite dès qu'ils osent parler du woke,
05:26dès qu'ils osent parler du genre,
05:28qu'ils osent parler de l'intégrisme,
05:30qu'ils osent parler du communautarisme,
05:31sont immédiatement relégués aux chemises brunes ?
05:34Il y a quand même un problème,
05:36et jusqu'à présent, c'est merveilleux,
05:38on ne veut rien entendre, on ne veut rien voir,
05:42mais on salive.
05:43Alors là, pour saliver, on salive,
05:45dans nos médias et ailleurs.
05:48Eh bien, écoutez, il y a un problème.
05:49L'AFD, qui était considéré comme parti tout à fait marginal,
05:53extrémiste, et encore une fois, un peu partout,
05:57le problème est posé.
05:58Donc, avant de vitupérer, avant de condamner,
06:02avant de dire, non, non, c'est nous qu'on est les bons,
06:04eh bien, écoutez, posez-vous la question,
06:07et surtout, posez-nous la question,
06:08parce que si vous faites semblant que ceci n'existe pas,
06:11qu'il n'y a pas d'insécurité,
06:13que l'immigration de masse ne veut strictement rien dire,
06:17que Angela Merkel,
06:18Angela Merkel, qui a accueilli un million et demi d'immigrés,
06:22que l'immigration clandestine veut dire quelque chose,
06:25et que qui accueillirait comment,
06:27il ne s'agit pas, évidemment,
06:28de renvoyer tout le monde chez eux, respectivement,
06:33mais il s'agit de comprendre que le problème
06:35ne peut pas se résoudre à coup d'invectives
06:39et à coup de réduction à Hitlerum
06:41et à coup d'insultes.
06:43Donc, on va suivre ce qui va se passer,
06:45mais honnêtement, cette espèce de clique,
06:49de somnambule,
06:50qui continue à faire comme si de rien n'était,
06:53et de passer, effectivement,
06:55la poussière sous le tapis,
06:57et de se repasser la patate chaude,
06:59et elle grandit, la patate chaude,
07:00en disant, on verra bien plus tard.
07:02Moi, pour le moment, c'est l'élection présidentielle.
07:05Eh bien, vous savez,
07:06il y a des lendemains qui déchantent.
07:08Pour eux, ça ne me gêne pas,
07:10mais pour nous, oui, vraiment.
07:12Merci et à demain.
07:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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