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Avec Christophe Bourseiller, historien, écrivain et journaliste, Président de l'Observatoire des extrémismes et des signes émergents, rattaché à l'Université polytechique Hauts-de-France, auteur de "La saga des Libertariens" aux éditions du Cerf.

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##LE_FACE_A_FACE-2026-09-08##

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Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:07Mais qu'est-ce qu'on est bien sur Sud Radio, Anissa ?
00:10Mais oui, je vous le conseille.
00:11À 13h04, en ce mardi 8 septembre 2026, je me souviens, qu'est-ce que le 8 septembre ?
00:18Je crois que c'est une fête religieuse, mais bon, peu importe.
00:20Aujourd'hui, je ne reçois pas un religieux, je reçois un grand décrypteur de notre vie politique et idéologique.
00:26On l'a connu en d'autres temps, en acteur, l'acteur le plus insolite, le plus insolite des seconds
00:32rôles.
00:33On parlait de Casimir tout à l'heure, vous n'êtes pas du tout Casimir, Christophe Bourseiller.
00:36Non, on ne s'est pas fait Casimir.
00:37Pas du tout, mais vous étiez quelqu'un qui interpellait quand on vous voyait, avec votre sérieux toujours un peu
00:42détaché, avec du recul.
00:44On en parlait tout à l'heure.
00:45Et bien le cinéma, le théâtre, la télévision, parce que vous avez quand même gardé en vous ce côté de,
00:53quand je dis mettre en scène,
00:54de porter, de décrypter, d'envoyer un message.
00:57Ça fait très longtemps que vous vous intéressez, j'allais dire, au secteur minoritaire de la vie idéologique et politique.
01:03Vous vous êtes attaqué à toutes les minorités, ne serait-ce que pour les repérer et les décrypter.
01:08Et là, vous vous attaquez à un phénomène qui est majeur, massif, planétaire,
01:14qui pourrait l'emporter, parce qu'ils sont très puissants, ils sont partout.
01:17Ils sont très riches.
01:18Ils sont très riches, par définition.
01:20La saga des libertariens, d'Ian Rand jusqu'à Elon Musk, aux éditions Lusserre, et Christophe Bourseiller.
01:28Et bien, vous vous promenez dans l'univers libertarien mondial, avec des grands noms que l'on connaît tous,
01:33et vous expliquez que finalement, ce n'est pas une secte, ce n'est pas une caste,
01:37mais ils ont quand même une vision assez claire, que je résume l'individu d'abord,
01:42et puis s'il faut se passer de l'État à le détruire, eh bien, n'hésitons pas.
01:45Est-ce qu'on en est arrivé là ?
01:47Alors, c'est un peu ça.
01:48C'est-à-dire que les libertariens, j'avais remarqué que tout le monde en parlait,
01:52il y a beaucoup de livres qui sortent, beaucoup d'articles qui sortent,
01:54mais on en parle comme une espèce de catégorie de l'extrême droite,
01:57on ne sait pas très bien, enfin, ils font peur à tout le monde.
01:59Ce n'est pas forcément vrai.
02:00Et ce n'est pas du tout vrai.
02:01Et moi, je me suis dit, ça peut être intéressant d'aller derrière ce voile,
02:05et puis d'essayer de comprendre qui sont véritablement les libertariens,
02:08et comme je suis historien, d'écrire l'histoire véritable de ce courant de pensée très particulier,
02:15parce que, pour le résumer, c'est un courant anarcho-capitaliste.
02:19Alors justement, c'est pour ça.
02:20Dites-nous, donnez-nous la définition, vous le faites parfaitement dans le livre,
02:24qui est passionnant, qui pour moi est un document à la fois politique et historique,
02:28extrêmement facile à lire,
02:30même si les choses et l'information y est très dense et très bien décryptée,
02:33comment le mot libertarien est venu.
02:34Parce que libertarien, on dit libertaire.
02:37Oui, ça ne veut pas dire grand-chose.
02:38Voilà, mais finalement, c'est libertariante, c'est le mot anglais.
02:42Expliquez-nous comment a été la progression pour qu'on arrive au terme libertarien.
02:45Au départ, le courant libertarien, c'est un anarchisme de marge.
02:50Ce sont des anarchistes américains qui sont vraiment en dehors du mouvement libertaire tel qu'on peut l'imaginer.
02:57Vous savez, Proudhon a dit, la propriété c'est le vol,
03:00donc un mouvement révolutionnaire qui prône la révolution communiste mondiale, etc.
03:05L'anarchisme français, l'anarchisme européen.
03:07L'anarchisme européen, on va dire.
03:35Progressivement, à partir des années 1950, on va employer un néologisme un peu bizarroïde en France pour les désigner,
03:43puisqu'en anglais c'est libertarian, ça veut dire qu'on va distinguer d'un côté les libertaires d'extrême
03:49-gauche,
03:49que nous connaissons, et puis de l'autre les libertariens,
03:52mais enfin qui sont évidemment avec des racines qui sont les mêmes,
03:56puisqu'ils se réclament tous d'un fond anarchiste.
03:59Quel est le point commun avec l'anarchisme ?
04:00On rejette l'État, mais les anarchistes, c'est qu'on rejette une autorité qui opprime,
04:04et qu'il faut que l'individu soit libre, c'est une forme d'autogestion.
04:07Ben c'est ça.
04:08L'Isée Reclus disait, l'anarchisme est la plus haute expression de l'ordre.
04:12Absolument.
04:12Vous voyez, ce n'est pas le bordel l'anarchisme, au contraire.
04:14Non, non, c'est ça.
04:14Et eux disent au contraire, il faut tout libéraliser, il faut tout déréguler,
04:19aucune réglementation, aucune norme, aucune contrainte,
04:21mais ça finit comment ? On finit tout nu dans la rue, on mangeait d'air.
04:25C'est un culte de la liberté absolue.
04:26Absolue.
04:27L'idée, c'est vrai que c'est propre à tous les anarchistes,
04:30c'est-à-dire abat l'État, de ce point de vue-là, ils sont tous d'accord,
04:33sauf qu'à partir de là, les anarchistes de gauche vont essayer de théoriser une société sans classe,
04:40socialiste, etc.
04:41Alors que ces anarchistes de droite, il faut bien dire, ils appartiennent à la droite,
04:46ce sont des anarchistes de droite, eux vont dire, au contraire, il faut tout déréguler
04:50et il faut en finir avec l'État, c'est-à-dire abat l'État et remplaçons l'État par
04:55le pur marché.
04:56Alors, eux disent c'est génial parce que ça va être une sorte d'harmonie générale
05:00où la loi de l'offre et de la demande va réguler nos vies
05:03et leurs adversaires disent, oui, enfin, ça va être la loi de la jungle
05:06ou ça va être la loi du western, puisque ce sont évidemment des héritiers de cette culture
05:11américaine de l'Ouest.
05:13Christophe Boursier, racontez-nous au début de l'ouvrage cette anecdote.
05:15Vous rentrez dans une librairie aux États-Unis avec des ouvrages merveilleux.
05:19Vous allez à la caisse, qu'est-ce qu'on vous dit ?
05:20Ah oui, c'est génial parce qu'il y a très longtemps, quand j'ai découvert les libertariens,
05:25j'ai découvert une librairie libertarienne à New York qui s'appelait Laissez-Faire Books,
05:30Laissez-Faire en français, et donc j'y vais, et puis il y avait plein de livres que je ne
05:34connaissais pas,
05:35je parle très bien d'anglais, donc je n'avais pas de soucis.
05:37L'historien que vous étiez était ravi d'avoir des livres.
05:41Et donc j'étais bien embêté, donc je vais voir le libraire,
05:44et je lui dis, pardon, excusez-moi, avec un ou deux livres, ça coûte combien ?
05:47Et il me répond, ici, tout est gratuit.
05:51Alors je dis, c'est génial, donc je prends tout.
05:55C'est-à-dire que j'arrive à la caisse, les bras chargés de bouquins,
05:59de brochures, de pamphlets, tout ce qu'on peut imaginer.
06:01Et à ce moment-là, je vais voir le type, et je lui dis, pardon, excusez-moi,
06:04auriez-vous un sac ?
06:06Parce que je ne pouvais évidemment pas tout porter.
06:08Et il me répond, oui, c'est 600 dollars, le sac.
06:11Extraordinaire.
06:11C'est ça le capitalisme, vous voyez ?
06:14Extraordinaire.
06:14Alors je n'ai pas payé le sac, et je suis parti en renversant les livres jusqu'au chez moi.
06:20Je m'imagine dans une cave avec des grands vins, et on me dit, voilà, c'est gratuit,
06:23mais il faudrait un petit carton, oui, mais c'est 600 euros le carton.
06:26C'est ça.
06:26Et je pars avec mes deux bouteilles de Beaujolais, puis finalement c'est très bien.
06:29Mais le symbole est très fort, parce que, évidemment on en rit,
06:32parce que la caricature est réelle, mais est-ce que le libéralisme,
06:35est-ce que ce libéralisme, ça crée ?
06:37Je suis désolé, Christophe Boursier, il a été porté par Madame Thatcher,
06:40à un moment donné.
06:41Ce n'est pas le même libéralisme.
06:42C'est le début, voilà.
06:44Madame Thatcher en France, vous voyez, c'est libéralisme absolu.
06:46Alors c'est très intéressant, parce qu'en réalité, ce courant libertarien,
06:50il est extraordinaire, parce que c'est un groupuscule au départ,
06:53mais c'est un groupuscule qui va agréger un grand nombre de multimilliardaires.
06:57Et donc c'est un groupuscule d'une puissance de feu absolument extraordinaire,
07:01mais dans lequel il y a des débats d'idées,
07:03et il y a même, je dirais, tout un fond idéologique très riche, très complexe.
07:07Et en fait, chez les libertariens, vous avez deux tendances.
07:10Vous avez les minarchistes et les anarchistes.
07:14Alors les minarchistes pensent qu'il faut un tout petit peu d'État.
07:18C'est-à-dire qu'on est contre l'État,
07:19mais il faut un tout petit peu d'État pour assurer la défense nationale,
07:23pour assurer les tribunaux, enfin la justice.
07:25Il faut ce minimum-là.
07:26Alors que pour les anarchistes, l'armée doit être privée,
07:30les tribunaux doivent être privés,
07:32je me fais cambrioler, j'ai le choix entre quatre polices différentes,
07:35vous voyez, il ne faut pas se tromper de numéro suivant son abonnement.
07:39Et vous voyez, il y a un sacrifié de hippie de droite à un moment donné.
07:43Et donc, Margaret Thatcher, à côté, elle est très autoritaire.
07:46Ce n'est qu'une libérale classique, alors qu'eux vont beaucoup plus loin.
07:51C'est quand même des réacs terribles.
07:53Oui, mais c'est des hippies aussi.
07:54Alors, vous dites que ce sont des hippies de droite.
07:56Oui, oui, absolument.
07:58C'est un mélange très curieux, parce que dans le libertarianisme,
08:02il y a aussi chez beaucoup de libertariens,
08:04ce sont des individualistes,
08:05il y a aussi chez beaucoup de libertariens une forme de libéralisme des mœurs.
08:09Donc, ils sont très...
08:11Alors, il y en a qui sont libertins, il y en a qui font du nudisme,
08:14ils sont tous à Burning Man, par exemple,
08:16le festival américain Burning Man qui a lieu en ce moment.
08:19Alors ça, ils adorent.
08:21Ils sont très dans cette espèce de mouvance très particulière.
08:24Et puis, d'autres sont des réacs bontins pour Trump, d'ailleurs.
08:30Et peut-être, Christophe Bourseiller, un égo surdimensionné.
08:33Les cas que vous citez, c'est quand même des personnalités très fortes.
08:35Non, mais vous savez, c'est incroyable,
08:37parce que c'est écrire l'histoire du courant libertarien,
08:40c'est écrire l'histoire de mouvements,
08:42mais c'est aussi écrire l'histoire de gens qui disent
08:44« On va réaliser, comme on est riche, on va réaliser l'idéal libertarien,
08:48et donc on va créer des nations. »
08:50Et donc, à l'heure où je vous parle,
08:51il y a cinq ou six nations qui existent, clandestines,
08:55dans lesquelles on vit l'idéal capitaliste.
08:57C'est extraordinaire.
08:58Qui sont néo-libertariennes, presque.
09:00C'est le libéralisme extrême,
09:05mais appliqué grâce au pouvoir de l'argent.
09:07Vous citez les noms Ayn Rand à Elon Musk.
09:10Alors, Elon Musk, on voit tout à fait ce qu'il est.
09:12Il est l'incarnation absolue du libertarisme absolu.
09:15C'était un grand lecteur d'Ayn Rand.
09:18Alors, Ayn Rand est qui ?
09:20Alors, Ayn Rand, c'est un personnage incroyable, flamboyant, génial.
09:24Il faudrait des heures pour en parler,
09:26on n'a peut-être pas le temps, malheureusement.
09:27C'est une femme qui est née en Russie,
09:31qui a émigré aux Etats-Unis dans les années 1920,
09:35et qui a toute une partie de sa vie
09:37qui a fait une carrière extraordinaire à Hollywood,
09:40où elle est de vue la scénariste
09:41de très nombreux films de Hollywood.
09:43Et elle a écrit un certain nombre de romans
09:46qui sont des best-sellers aux Etats-Unis,
09:48qui sont traduits en français,
09:50et qui sont géniaux.
09:52Moi, je suis un fan, sur le plan littéraire,
09:55des écrits d'Ayn Rand.
09:56Il y a deux livres qu'il faut lire.
09:58C'est La Source Vive, qui est sorti originellement en 1943,
10:01et ce qu'on appelle en français La Grève,
10:04qui traduit Atlas Shrugged,
10:06c'est-à-dire Atlas ossa les épaules.
10:09Mais en français, on le traduit par La Grève.
10:11Et c'est un roman qui est sorti en 1957,
10:13et qui est vraiment prodigieux.
10:16Et vous considérez qu'elle est à la genèse de la définition,
10:18en tout cas ?
10:19C'est elle, elle est celle qui a...
10:21Véritablement, il faut bien comprendre
10:23qu'aux Etats-Unis, ce livre La Grève
10:26est la deuxième vente derrière la Bible.
10:29Ah oui.
10:29C'est vous dire l'influence qu'elle a,
10:31et elle est la chante du capitalisme.
10:34C'est quelqu'un qui dit,
10:35Marx a dit, vive le communisme,
10:39moi je réponds, vive le capitalisme.
10:41Elle dit d'ailleurs, capitaliste de tous les pays,
10:43unissez-vous, Anissa.
10:45À votre avis, que deviendraient concrètement
10:47nos écoles, nos hôpitaux, nos retraites,
10:49ou même notre sécurité dans une société
10:51qui aurait presque supprimé l'État ?
10:53Les réponses avec Christophe Bourseillet
10:55autour de la saga des libertariens
10:56aux éditions du CERN.
10:58N'hésitez pas à réagir aux échanges
10:59en appelant le 0826 300 300.
11:0214h, Sud Radio,
11:04la France dans tous ses états,
11:06Péricolegas.
11:07Vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 8 septembre,
11:11il est 13h19,
11:11et je reçois l'historien,
11:14j'ai bien dit l'historien,
11:16Christophe Bourseillet,
11:17que vous avez peut-être connu dans une autre vie.
11:19Christophe Bourseillet,
11:21j'allais dire,
11:22ce souci depuis une dizaine d'années
11:24de nous faire mieux connaître
11:26ce que sont ces gens
11:28qui professent des idéologies
11:30un peu marginales,
11:31un peu sectaires.
11:32Ça a été à un moment donné à l'extrême gauche,
11:33bien sûr, notamment les trotskistes,
11:35mais on sait aujourd'hui,
11:36c'est une opinion que j'avoue,
11:38les trotskistes,
11:39et j'ai d'excellents j'admis trotskistes,
11:41mais il faut quelquefois s'en méfier
11:43quand ils...
11:44Ils sont très intelligents.
11:45Ils sont très intelligents,
11:46très cultivés.
11:47Je disais que j'ai été élevé par les jésuites,
11:48on le reste à vie,
11:49et les trotskistes,
11:50c'est à vie,
11:50mais quelquefois leurs prescriptions
11:52ne sont pas forcément assurantes.
11:54Et là,
11:54Christophe Bourseillet s'est attaqué
11:56à l'autre versant
11:57de ce forme de...
11:59Je veux dire,
12:00est-ce que c'est un totalitarisme idéologique ?
12:04Non, mais bon,
12:05c'est des idéologies très nettes quand même.
12:07Ce n'est pas le libéralisme tolérant
12:09qui ouvre le dialogue.
12:10Ce sont des gens
12:11que je compare toujours, Christophe.
12:13Il y a ceux qui ont dit conviction,
12:15vous et moi,
12:15et Anissa,
12:16il y a ceux qui ont des certitudes.
12:17Et vous vous intéressez
12:18aux gens qui ont des certitudes.
12:19Et donc là,
12:20ce sont les libertariens.
12:22Je voudrais qu'Alissa,
12:23juste avant que vous repreniez la parole,
12:24Christophe,
12:25nous fasse un petit point
12:26sur ce que l'on sait,
12:26les libertariens.
12:27Alors, imaginez un pays
12:29dans lequel l'État
12:29ne financerait presque plus rien.
12:31L'école, l'hôpital, la retraite,
12:33mais aussi certaines routes
12:34où une partie de la sécurité
12:36serait confiée au secteur privé.
12:38Chacun choisirait ses services
12:40à condition de pouvoir les payer.
12:42C'est poussé jusqu'au bout.
12:43La société rêvée
12:44par les libertariens,
12:45des impôts réduits au minimum,
12:47une réglementation presque inexistante
12:49et des individus entièrement libres
12:51de contracter,
12:52d'entreprendre et de dépenser
12:53leur argent comme ils l'entendent.
12:55Pour ces défenseurs,
12:56ce système rendrait
12:57les services plus efficaces
12:58et redonnerait aux citoyens
13:00le contrôle de leur vie.
13:01Pour ces adversaires,
13:02ils transformeraient
13:03des droits fondamentaux
13:04en simples produits commerciaux
13:06et creuseraient considérablement
13:07les inégalités
13:08car lorsqu'on supprime
13:09la puissance publique,
13:11le pouvoir ne disparaît pas forcément.
13:13Il peut simplement passer
13:14entre les mains des entreprises
13:15et de ceux qui possèdent
13:17déjà le plus d'argent.
13:19Alors, est-ce que ce monde sans État
13:20serait-il vraiment celui
13:21de la liberté
13:22ou celui du chacun pour soi ?
13:24Christophe Bourseillet,
13:25ils y croient vraiment
13:26à cette organisation
13:27de la vie ?
13:28Ils pensent que ça marcherait bien ?
13:30Et ils y croient
13:30d'autant plus profondément
13:31qu'ils s'appuient
13:32sur un certain nombre
13:33d'auteurs
13:34qui pour eux
13:35font autorité
13:36et notamment
13:36un certain nombre
13:37d'économistes.
13:38Parce que les libertariens,
13:39là je vais être un peu
13:40technique pendant deux secondes,
13:42les libertariens s'appuient
13:43sur une école économique
13:45qui est l'école autrichienne
13:46qui a été fondée
13:47à la fin du XIXe siècle
13:49par Karl Menger.
13:50Donc, il y en a pas
13:50avec Friedman
13:51et les Chicago Boys.
13:52Alors, ça, c'est...
13:52Friedman, c'est un des...
13:55Une des antennes, on va dire.
13:56On va dire, il est proche
13:57de l'école autrichienne,
13:58mais ça n'est pas
13:58tout à fait la même chose.
13:59Les deux grands penseurs,
14:02c'est Friedrich von Hayek
14:04et Ludwig von Mises.
14:06Et en fait, ce que disent
14:07ces deux...
14:08Deux autrichiens.
14:09Ces deux...
14:09Enfin, ils ne sont pas autrichiens,
14:10mais on les associe
14:11à l'école autrichienne, disons.
14:13Ce que disent
14:14ces deux économistes-là,
14:16c'est qu'il y a
14:17une harmonie du marché.
14:19C'est-à-dire que si vous
14:20laissez le marché s'exprimer
14:22sans intervention étatique,
14:25à ce moment-là,
14:25vous arrivez à une forme
14:27d'harmonie de l'offre
14:28et de la demande
14:28et donc une société plus juste
14:30parce qu'en réalité,
14:32chacun va être
14:33authentique
14:34et c'est une société
14:35qui correspond selon eux.
14:37Je crois que c'est
14:37mon avis à moi.
14:38Tout à fait.
14:39Qui correspond selon eux
14:40à la nature profonde
14:41de l'être humain.
14:42Et ça finit par dégouliner
14:43comme nous explique
14:44le président Macron.
14:45Finalement,
14:45les plus petits d'en bas,
14:47les derniers de cordée
14:48vont avoir des restes.
14:49C'est ça ?
14:49On peut voir ça comme ça,
14:50mais du coup...
14:50Ça marche où ça,
14:51Christophe Bourseiller ?
14:52Est-ce qu'il y a un exemple
14:54expérimental où on peut dire...
14:55Il y a plein des exemples
14:55expérimentaux.
14:56Il y a eu un exemple
14:57assez drôle,
14:58assez comique
14:59qui s'est passé
15:00au début des années 2000
15:01aux Etats-Unis
15:02dans le New Hampshire.
15:04Alors le New Hampshire,
15:05c'est un État américain
15:06assez peu peuplé
15:07et les libertariens
15:09ont fait une action
15:10tout à fait originale.
15:11C'est qu'ils ont décidé
15:13de repeupler l'État
15:14pour faire basculer
15:16la majorité
15:17en leur faveur.
15:18Et donc,
15:18ils sont allés s'installer
15:20dans le New Hampshire
15:20à plusieurs milliers
15:22pour faire basculer.
15:23Et effectivement,
15:24ils ont réussi
15:24à s'emparer
15:25de certains leviers
15:26de l'État
15:27du New Hampshire
15:28puisque l'Amérique
15:29est un pays fédéral.
15:30Et notamment,
15:31ils ont pris le contrôle
15:32à un moment donné
15:33d'une petite ville
15:34qui s'appelle Grafton.
15:36Très jolie petite ville,
15:37etc.
15:38Et là,
15:38effectivement,
15:39ils ont été majoritaires
15:40à Grafton.
15:40Un oasis libertarien.
15:42Un oasis libertarien
15:43à Grafton.
15:43Et là,
15:44c'est ce qui s'est passé.
15:45Ils ont supprimé
15:46l'éclairage public.
15:47Donc la nuit,
15:48on ne voyait plus rien.
15:49Ils ont supprimé
15:50le ramassage des ordures.
15:52Donc seuls ceux
15:53qui payaient
15:55avaient les ordures ramassées.
15:57Donc il y en avait
15:57qui ne payaient pas.
15:58si vous voulez.
15:59Ils ont supprimé
16:00les pensions de retraite.
16:02Ils ont supprimé
16:03toutes les aides sociales.
16:05Et ils ont supprimé
16:06le feu d'artifice
16:07du 4 juillet
16:08puisque là-bas,
16:08la grande fête
16:09de l'indépendance américaine
16:10c'est le 4 juillet.
16:12Et ça a provoqué
16:13un effet assez drôle.
16:15C'est que,
16:16vous savez,
16:16on est en pleine nature.
16:17La nature américaine
16:18est assez sauvage.
16:19Et le fait
16:20qu'il y ait des ordures
16:21qui traînent un peu partout,
16:22ça a fait venir
16:23les ours.
16:24Et en fait,
16:25les libertariens
16:26se sont retrouvés
16:26dans une situation
16:27épouvantable
16:27parce que les maisons
16:29étaient attaquées
16:30par des ours
16:30qui rentraient
16:31dans les maisons,
16:32qui cherchaient
16:33à manger
16:33partout où il y en avait.
16:35Et ça,
16:36c'est terminé.
16:36Consécration du libertarisme.
16:37Les ours sont libres
16:38et naissent libres
16:39et au grand droit.
16:40Ils ont le droit
16:40de venir manger
16:40des poubelles.
16:41Oui, c'est vrai.
16:42Alors, il y avait aussi,
16:43il y a eu des cas.
16:44Alors, ça s'est très mal terminé
16:46parce qu'il y a eu
16:47un bain de sang d'ours
16:48avec des milices anti-ours.
16:50Ça a été absolument monstrueux.
16:52Et puis alors,
16:52ça a été plus grave
16:53parce que le FBI
16:54est intervenu
16:55parce qu'il y avait
16:56des gens qui ont profité
16:57du fait que c'était
16:58un endroit de non-droit
16:59pour faire des laboratoires
17:01de méthamphétamine
17:03et donc fabriquer de la drogue.
17:04Et donc,
17:05il y avait des ateliers
17:06de drogue clandestins.
17:08Donc, évidemment,
17:08ça s'est mal terminé
17:10à Grafton.
17:11Et donc, les libertariens
17:12ont dit, ok,
17:12puisque Grafton,
17:13ça ne va pas,
17:13on va ailleurs.
17:14Mais ils ont continué
17:16à peupler le New Hampshire.
17:18Ils ont laissé
17:18de renouer l'expérience.
17:19c'est un état d'Amérique
17:20très intéressant à visiter.
17:22Christophe Bourseillet,
17:23je voudrais avoir l'avis
17:24de Bérangère Dubu
17:25qui est président du syndicat
17:26des courtiers
17:26et soutien déclaré
17:28de David Linard
17:29pour la présidentielle.
17:30David Linard,
17:31le libéral.
17:31Alors, on n'a pas dit
17:32qu'ils sont libertariens.
17:32Ah non, c'est pas la même chose.
17:33Voilà, mais peut-être
17:34que Bérangère Dubu...
17:35Bonjour Bérangère Dubu.
17:37Bonjour Péricault.
17:38Je me suis régalée
17:39à vous écouter.
17:40Bon, eh bien,
17:40je voulais savoir,
17:42Bérangère Dubu,
17:43Christophe Bourseillet
17:44nous fait une présentation
17:45des libertariens
17:45plutôt inquiétante.
17:47Est-ce que, malgré tout,
17:49sans aller jusqu'au libertarisme,
17:51il y a une forme
17:52de libéralisme poussée
17:53qui pourrait,
17:54serait quand même
17:54une solution à nos mots ?
17:57Alors, je vais vous répondre
17:58deux choses.
17:59Tout d'abord,
18:00merci Christophe Bourseillet
18:01parce que j'ai rarement
18:02entendu quelqu'un
18:02qui expliquait
18:03et qui résumait aussi bien,
18:04c'était passionnant.
18:05Donc, première chose,
18:06vous Péricault,
18:07vous avez dit quelque chose
18:08en disant,
18:08mais est-ce que finalement
18:09ce ne serait pas du fascisme
18:10que cette toute liberté ?
18:12Et je rappelle
18:13que le libéralisme
18:14est l'opposé absolu
18:15du fascisme
18:15puisque Mussolini
18:17disait lui-même
18:17tout dans l'État,
18:18rien dehors de l'État.
18:19J'ai parlé d'autoritarisme.
18:20Or, pour nous voir
18:20la liberté...
18:21Bérangère,
18:22juste de vous interrompre,
18:23je n'ai pas prononcé
18:24le mot fasciste,
18:25j'ai parlé d'autoritarisme.
18:27Excusez-moi,
18:28autoritarisme.
18:28Et c'est vrai
18:29qu'on est totalement
18:29à l'opposé
18:30de ces valeurs
18:31d'autorité fasciste.
18:32Et la seconde chose,
18:33je crois que j'ai entendu
18:34dire à un moment donné
18:35que les entreprises
18:36pouvaient bénéficier
18:37justement de certains contrats
18:38si l'État se désengageait,
18:39notamment sur la santé,
18:41etc.
18:41Et je rappelle que ça,
18:42c'est plutôt du libre,
18:43c'est du capitalisme
18:44de connivence
18:45où les politiques
18:46vont donner
18:46à des entreprises
18:47proches du pouvoir
18:48et ce n'est pas non plus
18:48ce qu'on souhaite.
18:49Alors moi,
18:50en tant que libérale,
18:51et je suis libérale,
18:52je l'assume,
18:52je ne suis pas libertarienne.
18:54Mais vous parliez
18:55des trotkistes
18:56à forte raison.
18:57On pourrait se dire
18:58que l'extrême-gauche
18:59et les trotkistes
18:59ont totalement infiltré
19:00la gauche,
19:01voire même le centre-gauche,
19:02où aujourd'hui,
19:03c'est leur idéologie
19:04qui reste majoritaire.
19:06Est-ce qu'il ne faut pas
19:06que les libertariens
19:07mettent une certaine énergie
19:09à se faire entendre
19:10pour que,
19:10dans le centre-droit
19:12et la droite,
19:12on soit capable
19:13de vouloir parler
19:15de libéralisme
19:16et de réduire l'État ?
19:17Le libéralisme
19:18de David Lysnard,
19:19que je soutiens
19:20et pour lequel je suis,
19:21ce n'est pas être
19:22contre l'État,
19:23c'est pour que l'État
19:23revienne à sa place.
19:25Et ça, c'est très différent.
19:26On ne va pas demander
19:27aux Français
19:28est-ce que vous êtes
19:28pour ou contre
19:29la suppression de l'État ?
19:30Mais moi,
19:30j'ai envie de demander
19:31aux Français
19:32est-ce que vous pensez
19:32que l'État doit,
19:33par exemple,
19:34vous dire tous les combien
19:35que vous devez changer
19:35de slip ?
19:36Parce que ça,
19:36c'est l'ADEME
19:37et c'est l'État qui paye.
19:38Est-ce que vous pensez
19:39que l'État doit vous dire
19:40que vous devez
19:41vous brosser les dents ?
19:42Est-ce que vous pensez...
19:43En fait,
19:43cette question,
19:44c'est quelle est la place
19:45de l'État ?
19:45Et justement,
19:46c'est parce qu'on veut
19:47un État fort
19:48qu'on se dit
19:49qu'il doit se concentrer
19:50sur ses missions régaliennes.
19:51Et ses missions,
19:52ça va être principalement
19:53la sécurité,
19:54la justice,
19:55la défense
19:55et l'instruction.
19:56Donc,
19:57je ferai une différence
19:58entre les libertariens
19:59et les libéraux.
20:00N'empêche,
20:01je joue en contre
20:02des libertariens souvent
20:03qui sont jeunes,
20:04très brillants,
20:05très cultivés,
20:06qui ont beaucoup de recul
20:07et ils ont peut-être
20:08l'énergie,
20:09l'intelligence
20:10et la culture
20:11qu'il faut
20:12pour poser ces questions.
20:13La preuve,
20:13Christophe,
20:14on fait un livre
20:14et qu'on arrive
20:15un petit peu
20:15à s'interroger
20:16sur ce qu'on veut
20:17pour la France.
20:18Bérangère Duby,
20:19vous restez avec nous,
20:19Christophe Boursier aussi.
20:21On marque une petite pause libérale
20:24et on se retrouve juste après
20:25pour continuer
20:26ce passionnant échange.
20:27Et vous seriez-vous prêt
20:28à payer moins d'impôts
20:29si l'État garantissait
20:30aussi moins de services ?
20:31L'école,
20:32la santé ou la retraite
20:33doivent-elles pouvoir
20:34devenir entièrement privées ?
20:35Dites-nous ce que vous en pensez.
20:37Appelez-nous au 0826 300 300.
20:47Vous êtes bien sûr
20:48Sud Radio,
20:49il est 13h32,
20:50nous sommes dans le face-à-face
20:52qui n'oppose personne.
20:53D'ailleurs,
20:53on est dans une conviviale,
20:55un échange convivial.
20:57Christophe Boursier est là
20:58pour son livre
20:58La saga des libertariens
21:00et nous écoutions à l'instant
21:01Bérangère Dubu,
21:02président du syndicat
21:03des courtiers
21:04et soutien déclaré
21:05David Linard
21:05pour la présidentielle.
21:06Donc, j'allais dire
21:07de la famille très libérale.
21:10Bérangère,
21:11Christophe Boursier
21:12a été interpellé
21:13par vos propos
21:15et voudrait apporter
21:15une précision.
21:16On peut être libéral
21:18et ne pas être libertarien
21:19mais le libéralisme,
21:21quand on le pousse
21:22un petit peu loin,
21:23à un moment donné,
21:23il peut ressembler
21:24à du libertarisme.
21:25Faut-il,
21:26quand on va à l'hôpital,
21:27faut-il arriver
21:28avec sa carte vitale
21:29ou sa carte de crédit ?
21:30Voilà, c'est la question.
21:31Finalement,
21:33les libéraux sont divisés.
21:35Il y a une sorte
21:35de gradation libérale
21:36qui mène jusqu'à
21:38l'extrémisme libéral
21:40incarné par les libertariens.
21:41Mais aujourd'hui,
21:42vous avez un régime
21:43qui est une sorte
21:45un peu à la frontière
21:46du libéralisme
21:47et du libertarianisme
21:49minarchiste.
21:50C'est l'Argentine
21:51de Ravier Mileï.
21:52Parce que si vous regardez
21:53ce que fait Ravier Mileï,
21:54il est dans un processus
21:56qui mène
21:57au dépérissement de l'État.
21:59J'emploie un mot marxiste,
22:00il faut noter
22:00le dépérissement de l'État.
22:02À la tronçonneuse.
22:03Mais lui, c'est à la tronçonneuse.
22:05Mais en même temps,
22:06il applique des méthodes libérales,
22:08mais en même temps,
22:08aussi des méthodes libertariennes.
22:11Donc,
22:11c'est très intéressant
22:11d'observer ce qui se passe
22:12en Argentine
22:14parce que là,
22:14vous avez une sorte
22:15de laboratoire
22:16d'un monde nouveau
22:18et l'Amérique latine
22:19est depuis plusieurs années
22:20un laboratoire libertarien
22:22puisque si vous allez
22:23au Honduras,
22:24vous avez aujourd'hui
22:25des communautés libertariennes
22:28séparées de l'État hondurien.
22:30Qu'est-ce que ça semble donner ?
22:31Est-ce que ça peut fonctionner ?
22:32Alors,
22:33à un moment donné,
22:33sur un territoire particulier,
22:36sur l'Argentine,
22:37par exemple,
22:37on a quand même
22:37quelques indicateurs,
22:39ça peut fonctionner
22:40ou il y aura quand même
22:41de la casse sociale ?
22:42C'est-à-dire ceux dans la zone.
22:43Il y a déjà de la casse sociale,
22:44il y a déjà beaucoup de chômage,
22:46mais en même temps,
22:47il y a aussi une économie
22:48qui a bondi.
22:48Donc, vous voyez,
22:49c'est très paradoxal
22:50ce qui se passe
22:51en Argentine aujourd'hui.
22:54La société libertarienne,
22:55pour l'instant,
22:56telle qu'on la voit
22:57en marche,
22:58semble plus ou moins fonctionner
22:59dans des très petites communautés,
23:01on pourrait dire.
23:02Mais dès qu'on est
23:03au niveau d'un pays,
23:04là,
23:04on entre véritablement
23:06dans la dangerosité
23:07d'aller trop loin.
23:09Et le problème
23:09du libertarianisme,
23:10c'est qu'il débouche
23:11sur l'anarchisme,
23:12l'anarcho-capitalisme,
23:14et là,
23:14évidemment,
23:15c'est l'absence complète
23:17d'État,
23:17et c'est peut-être...
23:18C'est pas sûr
23:19que ça soit vivable,
23:20parce que ce culte
23:21de la liberté extrême,
23:22c'est bien gentil,
23:23mais philosophiquement,
23:25finalement,
23:25est-ce qu'on peut vivre
23:25dans une liberté extrême ?
23:27Vous savez,
23:27Michel Bakounine disait
23:28la liberté des autres
23:30étant la mienne
23:31à l'infini,
23:32c'est beau comme ça,
23:33mais est-ce que c'est le cas ?
23:34Grand leader russe
23:35et grand penseur
23:36de l'anarchisme.
23:37Bérangère Dubu,
23:38vous êtes toujours là ?
23:39Non.
23:40Je vous pose une question.
23:43Est-ce qu'à un moment donné,
23:45le libéralisme,
23:46si on le pousse
23:47un petit peu trop loin,
23:49est-ce qu'à un moment donné,
23:50il peut avoir une déviance ?
23:52Est-ce que vous ne pensez pas
23:53quand même que le libéralisme,
23:54c'est l'économie de marché ?
23:55Est-ce qu'on a quand même
23:56besoin d'un arbitre
23:56qui s'appelle l'État
23:57pour empêcher
23:58que les plus gros
23:58et les plus puissants
24:00écrasent des petits ?
24:01Il y a besoin
24:01d'un petit coup de siffle,
24:02d'un petit gendarme
24:03au carrefour quand même
24:03à un moment donné ?
24:05Alors,
24:05j'allais vous dire déjà
24:06qu'avant qu'on sombre
24:07dans les libertariens,
24:09vu qu'on est aujourd'hui
24:09en France,
24:10dans un régime
24:10qui est totalement socialiste,
24:11on est le pays
24:12qui est le plus taxé au monde
24:13où l'État,
24:13vous imaginez que l'État
24:15nous dit combien de fruits
24:15et légumes mangés par jour
24:17et nous dit comment nous habillons,
24:18où faire nos courses,
24:19etc.
24:19Mais c'est génial !
24:20C'est génial pour ceux
24:21qui voudraient en manger 10
24:22ou ceux qui voudraient en manger 15.
24:24Je pense que je serais morte
24:25et que mes enfants seront morts
24:26et mes arrières petits-enfants seront morts
24:28avant que la France
24:28devienne libertarienne.
24:29En revanche,
24:35il faut un État
24:36qui soit concentré.
24:38Je vais faire un parallèle
24:39pour nos auditeurs
24:40avec l'éducation.
24:41Un parent fort,
24:42ce n'est pas un parent
24:43qui crie tout le temps
24:44sur ses enfants,
24:44mais c'est le parent
24:45qui va être ferme
24:46sur une infraction grave
24:47de l'enfant.
24:48En réalité,
24:49un État fort,
24:50c'est quoi ?
24:50C'est l'État qui va vous protéger
24:52par la sécurité,
24:53qui va juger,
24:54qui va instruire,
24:55mais ce n'est pas un État
24:56qui est partout.
24:57Puisqu'en étant partout,
24:58il n'est nulle part.
24:59Donc, on a besoin
25:00de la pression libertarienne
25:04pour réfléchir
25:04au libéralisme
25:05et que la France
25:06commence un petit peu,
25:07je crois,
25:07à inverser le curseur.
25:09Si je peux me permettre,
25:10il ne faut pas forcément
25:11poser la question
25:11de manière binaire.
25:12La question,
25:13ce n'est pas
25:13est-ce que vous allez
25:14à l'hôpital
25:14avec une carte vitale
25:16ou une carte bleue ?
25:17La question,
25:17ça pourrait être
25:18est-ce que c'est normal
25:19d'aller voir un médecin
25:20qui coûte 30 euros
25:21à la sécu
25:22parce que vous ne voulez pas
25:24payer vous-même
25:242 euros de doliprane ?
25:26Vous voyez,
25:26la vraie question,
25:26elle est là en fait.
25:27La question aussi,
25:29c'est qu'à ne rien payer,
25:30on imagine des choses.
25:31Moi, j'ai 4 enfants,
25:32un accouchement
25:33coûte 600 euros
25:34sans complication
25:34d'hyperidurale.
25:36Des gens me disent
25:36un accouchement
25:37c'est 5 000 euros,
25:3810 000.
25:38Non, ce n'est pas vrai.
25:40Et une infirmière
25:40c'est 17 euros.
25:42Donc les gens fantasment
25:43les prix de la santé
25:44et on ne sait plus
25:44ce qu'on paie.
25:45Je pense qu'on a de la marge
25:46mais qu'on doit retrouver
25:47un état fort.
25:482027 pour moi
25:49sera la dernière échéance
25:50pour essayer
25:51de retrouver un état
25:52qui retrouve sa place.
25:53Christophe Bourseiller,
25:54est-ce que vous pensez
25:55qu'un jour
25:55les libertariens
25:56face à l'échec
25:57de la social-démocratie,
25:58d'un libéralisme mou
25:59où l'état décide de tout,
26:01est-ce qu'ils ont une chance
26:02dans un pays comme la France
26:03d'avoir une majorité
26:04à l'Assemblée nationale ?
26:05C'est pas sûr
26:05parce que le courant libertarien
26:08monte partout dans le monde.
26:09C'est un fait.
26:10Il y a une influence
26:11de plus en plus grande.
26:12Sauf en France
26:13et c'est un paradoxe
26:14parce que la France
26:15est quand même le pays
26:15qui a vu naître
26:16le libéralisme
26:17au XVIIIe siècle.
26:19Tocqueville.
26:20Tocqueville,
26:20Château-Briand
26:21et tant d'autres.
26:23Et donc c'est assez paradoxal
26:25mais c'est vrai
26:26que la France
26:26aujourd'hui
26:27la société française
26:29elle s'est bâtie
26:29sur les congés payés,
26:31le Front populaire
26:331944
26:34sur des valeurs
26:36qui sont des valeurs
26:36étatistes
26:37et des valeurs
26:38absolument antilibérales
26:39mais néanmoins
26:40quand vous regardez
26:41les sondages récents
26:42vous vous apercevez
26:43qu'il y a
26:43une méfiance croissante
26:45à l'égard de l'État
26:46et que vous vous apercevez
26:47qu'il y a
26:48un intérêt
26:49de plus en plus grand
26:49pour les théories libérales
26:51dans l'opinion.
26:51Donc c'est vrai
26:52qu'il y a une évolution
26:53de l'opinion française
26:54on est très loin
26:56du libertarianisme encore
26:57les libertariens français
26:59sont très peu nombreux
27:00mais néanmoins
27:01il y a effectivement
27:02un mouvement
27:03qui s'effectue.
27:04Christophe Bourseillet
27:05et je consulte aussi
27:07Bérangère Dubu
27:08est-ce que
27:09les mots de la France
27:10que nous payons très cher
27:12n'est pas justement
27:14l'abandon
27:14d'un vrai libéralisme
27:16tel qu'il était conçu
27:16par Tocqueville
27:17mais l'arrivée
27:18d'un néolibéralisme
27:19financier mondialisé
27:21qui a truqué la donne
27:23qui n'est plus libéral
27:24quand on voit
27:25l'Union Européenne
27:25la concurrence déloyale
27:27qui fait qu'au nom
27:27du libéralisme
27:28on importe des produits
27:29qui sont intérêts
27:30de fabrication en Europe
27:31ça c'est du pur libéralisme
27:32pourtant ça ne l'est pas du vrai
27:33est-ce que c'est pas
27:34le mariage
27:35de la social-démocratie
27:36avec le néolibéralisme
27:37qui nous a menés
27:38aujourd'hui dans la place
27:39dans laquelle on se trouve ?
27:40C'est la question
27:41d'hybrider
27:43l'État
27:44et le marché
27:45c'est une grande question
27:47c'est-à-dire
27:47jusqu'à quel degré
27:48l'État doit-il réjanter
27:50les choses
27:50jusqu'à quel degré
27:51faut-il laisser
27:52le marché exister
27:53la France est un mauvais exemple
27:55par rapport à tout ça
27:56parce que
27:57comme le disait
27:57Bérangère Dubu
27:58c'est vrai
27:58c'est le pays
27:59le plus imposé du monde
28:01nous sommes
28:02les plus imposés
28:03du monde
28:03donc évidemment
28:04nous on peut attendre
28:05de l'État
28:06des services importants
28:07puisque nous payons
28:08beaucoup pour ces services
28:10Peut-on considérer
28:10que nous avons eu
28:11très longtemps
28:11des hommes d'État
28:13des hommes politiques
28:13et des administrateurs compétents
28:16et qu'aujourd'hui
28:17nous avons un niveau
28:18et des fondrements
28:19des compétences politiques
28:20administratives
28:21qui fonctionnent ?
28:22Bérangère
28:22je vous donnerai la parole
28:23dans un instant
28:23parce que nous avons
28:24Loïc qui nous appelle
28:25de Toulouse
28:25bonjour Loïc
28:27oui bonjour
28:27alors Loïc
28:28est-ce que vous êtes libéral
28:29vous êtes libertarien
28:31vous êtes anarchiste
28:34alors
28:37je suis juriste
28:39moi de formation
28:39je suis juriste
28:40de métier
28:41très bien
28:43j'ai quitté la fac
28:44en 2002
28:45j'ai gardé
28:46mon code du travail
28:47de l'époque
28:48il devait faire
28:48800 pages
28:49à peu près
28:50le même aujourd'hui
28:52les normes
28:53qui se sont empilées
28:54depuis
28:54ont multiplié
28:55sa taille
28:56par 2,5
28:57à peu près
28:57pour vous donner
28:58une idée
28:59voilà
29:00moi je ne vous cache pas
29:01qu'on a un modèle
29:03social
29:04en France
29:05qui fonctionne
29:06issu de la
29:08fin de la seconde guerre mondiale
29:10avec un certain nombre
29:11de choses
29:11on va dire du CNR
29:12du Conseil national de la résistance
29:14qui a donné les codes
29:15du fonctionnement
29:16de l'état et de la république
29:17tout à fait
29:19qui fonctionne
29:21plutôt bien
29:21encore aujourd'hui
29:22la seule difficulté
29:23c'est que
29:25moi je n'attends pas
29:26de l'état
29:26que l'état me dise
29:27qu'il faut que je mange
29:283 fruits et légumes
29:29ou 5 fruits et légumes
29:30par jour
29:30je n'attends pas
29:31l'état qui me dise
29:32effectivement
29:32qu'il faut que les chasses d'eau
29:34fassent 3 litres
29:35ou 6 litres
29:35je n'attends pas
29:36de l'état
29:36ceci
29:36je n'attends pas
29:37de l'état
29:37cela
29:37moi j'attends
29:38de l'état
29:39ces fonctions
29:40je dirais régaliennes
29:41de base
29:42l'éducation
29:43la sécurité
29:44ce genre de choses là
29:45on a glissé progressivement
29:48ces 30 dernières années
29:49sur un modèle
29:50
29:51est-ce que c'est un problème
29:52d'éducation
29:53qui fait que les gens
29:54réfléchissent
29:55peut-être un peu moins
29:56que la génération précédente
29:58on peut penser que oui
30:00vu ce qu'on a aujourd'hui
30:02dans l'école
30:02on peut penser que oui
30:03voilà
30:04on en arrive à déléguer
30:05à l'état
30:06des choses
30:07qui devraient rester
30:08dans la réflexion
30:09personnelle
30:10des individus
30:11c'est dans ce sens là
30:12que moi effectivement
30:13ça m'agace
30:14depuis 20 ou 25 ans
30:15c'est que
30:17j'ai une capacité
30:18de réflexion
30:18j'ai été élevé
30:20éduqué
30:21dans un certain cadre
30:22avec un certain nombre
30:23de références
30:24et je n'attends rien
30:25de l'état
30:26à part ce qui pour moi
30:27est ses fonctions
30:28de base
30:29payer pour que
30:30l'hôpital fonctionne
30:31il n'y a pas de soucis
30:32payer pour que
30:32la police fonctionne
30:33ou la justice fonctionne
30:34il n'y a pas de soucis
30:35payer pour que
30:37les routes sont
30:37entretenues
30:38ça ne me dérange pas
30:39ou les ouvrages publics
30:40pas de problème
30:41il est payé
30:42pour que des conseillers
30:43en com'
30:43me disent
30:44tu mets ça
30:45tu fais pas ci
30:46tu mets ton logement
30:47à 19
30:47tu mets
30:48merde quoi
30:49excusez moi le mot
30:50Loïc
30:51en 2008
30:51quand le capitalisme
30:53bancaire et industriel
30:54se ruine
30:55on va chercher qui
30:56au secours
30:57en appelant les pompiers
30:58on va chercher
30:58les fonds de l'état
30:59parce que souvent
31:00on tient ce discours
31:01je suis d'accord avec vous
31:02sur le fond
31:02vous avez totalement raison
31:03mais n'empêche que
31:04quand le capitalisme
31:05se trompe
31:05celui qui paye la facture
31:07c'est l'état
31:07c'est le contribuable
31:08toujours
31:08c'est le petit
31:09c'est pas le grand
31:10c'est pas lui
31:10il s'en porte très bien
31:11les grands capitalistes
31:12ont triplé leur fortune
31:13depuis qu'il y a une crise
31:14économique très violente
31:15Christophe Bourseiller
31:16c'est vrai
31:16bien sûr
31:18Christophe Bourseiller
31:19c'est l'état qui est venu au secours
31:20la société générale
31:21va très très bien
31:22et demain
31:22on n'est pas à l'abri
31:23qu'elle recommence
31:24on est d'accord
31:26un mot Christophe
31:27moi ce qui m'intéresse
31:28c'est de voir
31:28qu'il y a aujourd'hui
31:29en fait
31:30ce qui est très intéressant
31:31quand on observe
31:32les libertariens
31:33c'est le fait
31:33qu'il y a aujourd'hui
31:34ils sont assez peu nombreux
31:36mais très puissants
31:37et souvent très intelligents
31:39et il y a aujourd'hui
31:40tout un courant
31:42post-libertarien
31:43ou néo-libertarien
31:44qui dit
31:45finalement
31:45faire la révolution
31:46ça n'a pas de sens
31:48prendre le pouvoir
31:49ça n'a pas de sens
31:50le plus simple
31:51c'est de laisser
31:52la société évoluer
31:54et l'idée
31:54qui prévaut
31:55et ça
31:56ça me paraît
31:56très très intéressant
31:57chez les néo-libertariens
31:58notamment chez un monsieur
32:00comme Curtis Yarvin
32:01ou chez un penseur
32:01comme Nick Land
32:02c'est l'idée
32:04qu'on devrait remplacer
32:06les gouvernants élus
32:07disent-ils
32:08par des princes présidents
32:10c'est-à-dire
32:11des princes non élus
32:14présidents
32:14et qui gouverneraient
32:16finalement
32:16en fait
32:17non pas avec des citoyens
32:18mais avec des clients
32:20donc je m'abonne
32:21au service proposé
32:22par le prince
32:23ou je ne m'abonne pas
32:25et mieux encore
32:26c'est ça qui est très intéressant
32:27par rapport à tout ce que j'entendais
32:28sur les déficiences
32:29de l'état
32:30je gouverne
32:31en tant que prince président
32:32avec une IA
32:34c'est l'IA
32:35qui va m'aider
32:36à gouverner
32:37et c'est déjà le cas
32:37aujourd'hui
32:38parce qu'aujourd'hui
32:39une grande partie
32:40de la fonction publique
32:41est déléguée à l'IA
32:43et lorsque vous appelez
32:44la sécu
32:45aujourd'hui
32:46le malheureux fonctionnaire
32:47qui vous répond
32:48dit attendez
32:49je ne comprends pas
32:50ce que dit la machine
32:50je vais demander à la machine
32:52parce que c'est elle
32:53qui dirige
32:54autrement dit
32:54le marché avec un logiciel
32:56vous restez avec nous
32:57Christophe Bourseillet
32:58Bérangère Dubu
32:59je vous donne la parole
33:00on fait une petite pause
33:00pour reprendre nos esprits
33:01parce qu'on a dit
33:02des choses très importantes
33:04moins d'état
33:04moins d'impôts
33:05moins de règles
33:06est-ce pour vous
33:06une promesse de liberté
33:08ou la loi de la jungle
33:09on vous écoute
33:09appelez-nous au 0826 300 300
33:12vous êtes bien sûr
33:13ceux de radio
33:14il est 13h48
33:15ce mardi 8 septembre
33:16nous sommes en train
33:17de débattre
33:17du libéralisme
33:18du libertarisme
33:19faut-il du tout état
33:20ou du pas du tout état
33:22Bérangère Dubu
33:23voilà
33:24avant de passer la parole
33:25à des auditeurs
33:26je vous laisse
33:27la possibilité
33:28de préciser votre pensée
33:30par rapport à ce que
33:31Christophe Bourseillet
33:32considère
33:33c'est que malgré tout
33:34dans tout libéral
33:36même sincère
33:37se cache comme quelqu'un
33:38qui essaie de déréglementer
33:39au maximum
33:40et de se passer de l'état
33:42alors je ne crois pas
33:43à ce qu'a dit Loïc
33:44et très juste
33:44Loïc est typiquement
33:45le genre de personne
33:47que je rencontre régulièrement
33:48et qui fait partie
33:50des gens qui soutiennent
33:51David Lissard je crois
33:52il dit moi
33:52je veux bien payer des routes
33:54je veux bien payer des hôpitaux
33:55je veux bien payer l'instruction
33:56je ne veux pas payer
33:57des WC au Togo
33:58je ne veux pas payer
33:59des cours de vélo
34:00par la casse
34:01et je ne veux pas payer
34:02ce genre de choses
34:02donc vouloir un état fort
34:04ce n'est pas de ne pas vouloir d'état
34:05nous sommes des libéraux
34:07et de nouvelle énergie
34:07où on veut un état fort
34:09derrière il y a encore
34:10plein de choses passionnantes
34:11que vous avez tous dit
34:12notamment vous avez parlé
34:13du capitalisme à la fin
34:14et c'est le fameux capitalisme
34:15de convenance
34:16que nous refusons
34:17c'est à dire que
34:18quand l'état va décider
34:19par exemple
34:20qu'on donne 50 euros
34:21pour faire réparer un téléphone
34:23il va se créer
34:24des sociétés
34:25qui vont réparer
34:25les téléphones
34:26pour récupérer
34:27et souvent par des gens
34:28proches du système
34:29il faut bien comprendre
34:31que l'état
34:31chaque fois que l'état
34:32fait quelque chose
34:33ça augmente le coût
34:34ça a toujours été prouvé
34:35donner 20 euros
34:36pour repriser les chaussettes
34:38ça augmente le coût des chaussettes
34:39donc finalement
34:40vouloir moins d'état
34:41c'est également vouloir lutter
34:42contre ce capitalisme
34:43de connivence
34:44que pour ma part
34:45je méprise complètement
34:46et enfin
34:48vous avez terminé
34:48sur le clientélisme
34:49en disant
34:50est-ce qu'il n'y aurait pas
34:50une espèce de clientélisme
34:52de dire je paye
34:53pour des services publics
34:54et là-dessus
34:55il y a deux choses
34:55moi le seul clientélisme
34:56que je vois
34:57il est à l'extrême gauche
34:58quand vous avez des maires
34:59qui disent
34:59si vous votez pour moi
35:00je vous donnerai des vélos
35:01je vous donnerai des fournitures
35:03ces communes sont surendettées
35:05elles n'ont pas cet argent-là
35:06et le maire dit
35:07je vais donner
35:08mais il ne donne rien
35:08ce maire-là
35:09c'est les 35% de propriétaires
35:11qui payent une taxe foncière
35:12qui vont le payer
35:12donc on voit
35:13qu'on a aujourd'hui
35:14un vrai clientélisme
35:15de gauche
35:15parce qu'on a en France
35:16un énorme problème
35:18démographique et statistique
35:19ce que je n'arrive pas
35:20et je n'ai pas la solution
35:20c'est que finalement
35:22vous avez moins de 46%
35:23des français
35:24qui payent l'impôt
35:25donc forcément
35:26il y a toujours une majorité
35:27qui est pour plus d'impôts
35:29pour plus de choses
35:30tant que le payeur
35:31n'est pas le bénéficiaire
35:33ça ne fonctionne pas
35:34et donc la question c'est
35:35est-ce que les français
35:36vont comprendre
35:37qu'on va dans le mur
35:38et que le problème
35:39pour moi
35:40ce n'est pas tant
35:40le grand emplacement
35:41aujourd'hui
35:41que le grand appauvrissement
35:42on va tous être pauvres
35:44donc est-ce qu'on est capable
35:45de renoncer à un petit privilège
35:46aujourd'hui
35:46le débat est ouvert
35:48Bérangère Dubu
35:49vous l'avez planté
35:51et puis Christophe Bourseiller aussi
35:53merci
35:53vous pouvez rester avec nous Christophe
35:55là on donne la parole
35:55aux auditeurs
35:56je crois
35:57mais je pense que les sujets
35:58mais on pourrait peut-être
35:59glisser un petit mot
36:00merci Bérangère Dubu
36:02donc nous avons Muriel
36:03qui nous appelle de Béziers
36:05Muriel c'est l'affaire
36:06de la tour Eiffel
36:07avec sa privatisation
36:08qui vous a choqué
36:09oh non mais attendez
36:10on en est où là
36:13cacher les femmes
36:16et oui
36:17non mais franchement
36:19on est en France
36:20on est dans un pays
36:22de liberté
36:23et on plante les femmes
36:25parce que ces messieurs
36:26ne veulent pas avoir de femmes
36:28mais où est-ce qu'on va
36:30expliquez-moi
36:31M. Perricolet
36:32on y est allé
36:33on y est allé
36:34on y est allé
36:35par des fonctionnaires
36:36républicains
36:37puisque l'administration
36:38de la ville de Paris
36:39est une administration républicaine
36:40municipale
36:41mais républicaine
36:42oui mais de gauche
36:44alors est-ce que c'est en rapport
36:45à faire en rapport
36:46je ne suis pas sûr
36:48qu'une autre municipalité
36:49n'aurait pas
36:49vous savez c'était parce que
36:50ils ont privatisé
36:51donc ils ont payé
36:52et comme ils ont payé
36:53ils ont tous les droits
36:54mais je pense qu'il y a des limites
36:55qu'on ne peut pas franchir
36:56me semble-t-il
36:57s'ils ont privatisé
36:59et payé
37:00ils devaient monter
37:01tout seuls
37:02et qu'il n'y ait
37:04personne d'autre
37:05dans la tour Eiffel
37:06c'est une hypothèse
37:07c'est une hypothèse
37:08enfin en tout cas
37:09je sens votre colère
37:10Muriel
37:11parce que là
37:12entre le foulard
37:13le machin et tout
37:14ça commence
37:15on en a
37:16ras la cachette
37:18mais c'est vrai
37:19que ça suscite
37:20de l'exaspération
37:20et de l'indignation
37:21et que ça peut expliquer
37:22quelquefois
37:22le vote
37:23de certains
37:24de nos compatriotes
37:27merci Muriel
37:28nous avons Dominique
37:29qui nous appelle
37:30de Roussillon
37:30bonjour Dominique
37:31vous aussi
37:34la tour Eiffel
37:35ça vous chatouille ?
37:37alors moi
37:38la tour Eiffel
37:38me chatouille
37:39tout comme
37:40le trop d'Etat
37:41mais je vais me concentrer
37:44sur la tour Eiffel
37:44parce que c'était vraiment
37:45le sujet aujourd'hui
37:46qui m'a fait bondir
37:47donc d'abord
37:48un grand bonjour
37:49à toutes les femmes
37:50de ce pays
37:50que j'aime
37:51que j'adore
37:51et que j'aimerais toujours
37:53première chose
37:55je demande
37:56à ce que le directeur
37:57qui a pris cette décision
37:58soit aujourd'hui
38:00soit au moins mis à pied
38:01soit licencié
38:03c'est la moindre des choses
38:04deuxième chose
38:05j'ai vécu
38:06la même chose
38:07je travaillais dans un hôtel
38:084 étoiles à Chamonix
38:09il y a une trentaine d'années
38:11un peu plus
38:12et nous avions reçu
38:13la demande
38:14d'un prince
38:14séoudien
38:15pour privatiser
38:17deux états de l'hôtel
38:18soit 60 chambres
38:19sur les ailes de saison
38:21donc autant vous dire
38:22que pour un hôtel
38:23c'est autre chose
38:23que pour la tour Eiffel
38:2660 chambres
38:26sur les ailes de saison
38:27pendant 5 jours
38:28c'est un très très très gros budget
38:30et ils ont demandé
38:31à ce qu'aucune femme
38:32ne soit présente
38:33à l'étage
38:34des hommes
38:35et ils ont demandé
38:36à ce qu'on se débrouille
38:37et mon directeur
38:38qui était un sacré bonhomme
38:40leur a expliqué
38:41que c'était des femmes
38:41de ménage
38:42qui allaient faire le ménage
38:43que c'était une gouvernante
38:44qui gérait ça
38:44qu'il y avait du personnel féminin
38:46dans la restauration
38:47et qu'il voudrait
38:49s'ils n'étaient pas
38:50donc capables
38:51de se plier
38:52aux règles
38:54du pays hôte
38:55il fallait qu'ils cherchent
38:56un autre hôtel
38:57et bien vous savez quoi
38:57ils sont venus
38:58chez nous quand même
38:59et malgré notre refus
39:01malgré le fait
39:02qu'on ait obligé
39:04ces pauvres femmes
39:05à travailler
39:06dans l'étage des hommes
39:07ils sont venus
39:08et ils ne s'en sont pas
39:09du tout trouvés mécontents
39:11ils ont juste fait
39:12ce qu'ils avaient à faire
39:13c'est à dire
39:13qu'ils ont demandé
39:14libre à nous de refuser
39:15et c'est pour ça
39:16qu'aujourd'hui
39:17j'en veux énormément
39:18non pas à ceux
39:18qui ont demandé
39:19mais à ceux
39:19qui ont accepté
39:20c'est très très grave
39:21à ceux qui se sont couchés
39:22voilà c'était tout à fait
39:23le sens de mon humeur
39:24tout à l'heure
39:25la direction
39:26la CETE
39:27Société Expression
39:28de la Tour Eiffel
39:29s'était avait à dire non
39:30et à ne pas
39:31et à ne pas
39:32j'allais dire
39:33s'incliner
39:33devant des demandes
39:35qui sont incompatibles
39:35avec les valeurs de la République
39:36merci
39:37merci Dominique
39:38pour votre réaction
39:38Christophe Bourseillet
39:40question insolite
39:41la Tour Eiffel
39:42elle a un sexe
39:43c'est une femme
39:43ou un homme ?
39:44moi je trouve
39:44c'est dommage
39:45d'où se passer des esprits
39:46et des femmes
39:46il faudrait dire
39:48à ces hindous
39:48que les femmes
39:50sont très intéressantes
39:51la Tour Eiffel
39:52c'est la dame de fer
39:53ah oui
39:53en plus
39:54c'est la dame de fer
39:54c'était Margaret
39:55en même temps
39:56elle a un côté phallique
39:57il faut bien le reconnaître
39:57je vous fais presque un rébus
39:59et donc la dame de fer
40:00c'était Madame Thatcher
40:01donc est-ce que la dame
40:01est-ce que la Tour Eiffel
40:02est libérale
40:03est libertarienne
40:03voilà
40:04peut-être
40:05c'est une possibilité
40:06oui
40:06vous reviendrez
40:07pour l'isserté
40:09merci Christophe Bourseillet
40:10la saga des libertariens
40:12d'Einan Rand
40:13à Elon Musk
40:14aux éditions du CER
40:16et vous saurez tout
40:17peut-être
40:18sur cette
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