- il y a 24 minutes
- #sudradio
Avec Joachim Le Floch-Imad, enseignant et auteur de "Main basse sur l'Education Nationale" aux éditions du Cerf.
Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##LE_FACE_A_FACE-2026-09-21##
Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##LE_FACE_A_FACE-2026-09-21##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Le face-à-face
00:01Ce n'est pas qui a inventé l'école, c'est qui a confisqué l'école.
00:08Et je reçois pour en parler la personnalité la plus compétente pour disserter sur le sujet, pour nous expliquer.
00:15C'est Joachim Leflot de Imad.
00:18Joachim est un universitaire qui a fait Sciences Po, qui s'est souvent penché sur les questions de l'éducation.
00:23Là, il a fait une enquête exceptionnelle, main basse sur l'éducation nationale.
00:28La question est de savoir tout simplement, qui gouverne réellement l'éducation nationale ?
00:34On a eu beaucoup de théories, on a eu beaucoup d'hypothèses.
00:36On se souvient de la célèbre phrase de Claude Allègue, ministre de l'éducation nationale, de Lionel Jospin.
00:41Il faut dégraisser le mammouth, ça a effet scandale.
00:43Je vous demanderai, Joachim, tout à l'heure, est-ce que le mammouth existe toujours ?
00:47Est-ce qu'il a les mêmes cornes, les mêmes poils ?
00:49Et en tout cas, aujourd'hui, vous êtes la quatrième personne que nous recevons, Anissa et moi, pour parler de
00:54l'école depuis la rentrée.
00:55Et parce que la situation est tragique, les études PISA, le rapport PISA est absolument accablant.
01:00Et on n'a que des témoignages d'enseignants ou de proviseurs qui vous disent que tout est en train
01:03de s'effondrer.
01:04Et vous, non seulement vous ne vous contentez pas de donner le diagnostic, les raisons,
01:08en décryptant les raisons de ces fiascos alors que l'école était la gloire de la République,
01:12vous nous expliquez qui a mis main basse sur l'éducation nationale.
01:17Avant de commencer, je repose ma question.
01:20Est-ce que ce mammouth tragique qui est à l'origine de l'effondrement de l'école,
01:23est-ce qu'il existe toujours en tant que tel ou il a eu une métamorphose ?
01:28Je dirais que le mammouth existe toujours mais qu'il a muté.
01:32Et ce que j'ai voulu faire à travers cet ouvrage,
01:35qui n'est pas qu'un catalogue de bonnes intentions mais qui est une vraie enquête,
01:37puisque pendant deux ans, j'ai rencontré tous les acteurs de l'État, de ce que je nomme l'État
01:41profond,
01:42tous les politiciens qui se sont succédés aux manettes,
01:45tous les ministres qui bien souvent sont arrivés avec des feuilles de route extrêmement ambitieuses
01:49et qui ont échoué à réformer l'école.
01:52Et j'ai voulu poser une question, très simple,
01:56c'est de me demander pourquoi est-ce que l'éducation nationale est à ce point frappée par un mal
02:01qui frappe bien d'autres ministérieurs mais qui je crois frappe particulièrement l'école.
02:04Et ce mal, c'est selon moi l'impuissance publique.
02:07C'est-à-dire qu'on a dans l'éducation nationale une démission à peu près totale
02:11du personnel politique, gauche, centre et droite confondus.
02:15On a des ministres qui défilent à un rythme extrêmement rapide,
02:18on en a huit sous Emmanuel Macron,
02:20des ministres qui pour l'essentiel sont sans vision,
02:23sans méthode, sans courage, sans cap clair pour l'école.
02:27Ils laissent celles-ci naviguer à vue au gré de la gestion des affaires courantes,
02:32à tel point qu'on a mis un bureaucrate à la tête du ministère.
02:36Ils laissent l'école naviguer à vue également au gré de débats toujours plus périphériques.
02:40Regardez Péricault de quoi on a parlé pendant l'année écoulée.
02:42On a parlé de l'éducation à la sexualité,
02:44on a parlé du calendrier, de l'organisation des épreuves du bac en période de forte chaleur,
02:48on a parlé du e-sport à l'école,
02:51on a parlé de la question des quotas dans le privé,
02:53de tout un tas de problèmes qui peuvent avoir leur importance
02:56mais qui ne constituent pas selon moi une finalité éducative,
03:00un cap ambitieux à prendre en parler.
03:01Et ce que j'ai voulu montrer, c'est que sur fond de cette démission du politique,
03:05on a un État dans l'État, dont j'ai voulu décrire les acteurs,
03:09la sociologie, l'idéologie,
03:11qui bien souvent se substitue au ministre
03:13et entend reléguer celui-ci à une posture de communicant,
03:18de pur gestionnaire des affaires courantes,
03:21pour finalement corseter la souveraineté populaire
03:24et imposer des vues éducatives qui lui sont propres.
03:27Notre confrère et ami Alexandre Vecchio dit
03:29« Le Floquimade a le courage de désigner les coupables ».
03:32Et c'est vrai, quand on lit ce document,
03:36c'est plus qu'un document, c'est un traité, c'est une enquête,
03:39c'est hallucinant et ça fait froid dans le dos.
03:42Vous donnez les noms, alors ce n'est pas une inquisition,
03:45c'est que vous dénoncez les systèmes et vous dénoncez les fonctions
03:48et les titres de ceux qui sont responsables de ce fiasco.
03:52Il y a eu quelques bons ministres dans l'histoire,
03:55on va dire la 5e République, on ne va pas parler d'instruction publique,
03:57on a eu quelques grands noms dans l'histoire,
03:59on a eu quelques bons ministres quand même,
04:01on a eu l'espoir d'avoir des bons ministres du temps du général de Gaulle.
04:05Bon, vous racontez une anecdote,
04:07vous allez voir Gabriel Attal quand il est ministre de l'Éducation nationale,
04:11il le sera 6 mois,
04:13il entend bien, et c'est ce qu'il vous dit,
04:15prendre le taureau par les cornes, prendre des mesures,
04:17vous êtes accompagné de Jean-Pierre Chevènement,
04:19qui lui sait très bien, il a été ministre de l'Éducation nationale aussi,
04:21il connaît bien les enjeux,
04:23vous êtes confronté, vous êtes en face d'un Gabriel Attal
04:26totalement déterminé qui vous dit qu'il va y arriver,
04:29on le sent passionné, d'ailleurs quand il était en exercice,
04:31quand on regardait en disant, enfin,
04:32quelqu'un qui va peut-être faire bouger les lignes,
04:35total, ça se finit par le fait qu'il est nommé Premier ministre,
04:37il va l'hôter de Matignon,
04:39il abandonne toutes les réformes,
04:40il est remplacé par Mme Oudé à Castérin,
04:42c'est une catastrophe,
04:43ce genre d'épisode,
04:45c'est le symptôme de ce qui se passe en France,
04:47on prend un ministre, il commence à faire une réforme,
04:49on dégage, quelqu'un arrive derrière,
04:50et puis on efface tout lui-même succéder à M. Pamdiaye,
04:53qui succédait à Blanquer,
04:54qui aurait pu faire quelque chose de bien,
04:56c'est absolument catastrophique,
04:57cette espèce de valse hésitation des ministres,
04:59et on envoie à la poubelle toute réforme qui a été entamée.
05:03Je pense que le cas de Gabriel Attal,
05:05mais on pourrait prendre bien d'autres exemples,
05:06et je reviens sur tout un tas de précédents dans mon ouvrage
05:09sur 60 ans d'histoire des politiques éducatives,
05:12montre bien que dans l'éducation nationale,
05:14on souffre de ce que j'appelle le biais performatif,
05:16c'est-à-dire qu'on a des ministres qui arrivent aux manettes,
05:19et qui bien souvent sont ambitieux,
05:22valeureux, sincères dans leur discours,
05:24je ne remets pas du tout ça en question,
05:25mais ce sont des gens qui croient en quelque sorte
05:27que dire c'est faire,
05:29or dire ce n'est pas faire,
05:31puisque dans l'éducation nationale,
05:32on a un État dans l'État qui bien souvent détricote les réformes,
05:37voire les vides de toutes leurs substances,
05:39on l'a vu par exemple avec le choc des savoirs de Gabriel Attal,
05:42dont il ne reste en réalité quasiment rien aujourd'hui,
05:45puisque tout ce qu'il a proposé a été détricoté,
05:48voire tout simplement annulé,
05:49soit par ses successeurs politiques,
05:52soit par l'administration elle-même.
05:53Je vais prendre un seul exemple,
05:55mais je pourrais en prendre plein,
05:55c'est la question des groupes de niveau,
05:57alors moi je ne sais pas s'il faut faire des groupes de niveau,
05:59c'est un débat qu'on peut avoir démocratiquement,
06:01mais ce que je constate,
06:02c'est qu'on a le politique qui est quand même censé avoir
06:04la légitimité populaire,
06:06c'est à l'issue du verdict des urnes,
06:07qui propose une réforme,
06:09et que cette réforme en l'occurrence n'a pas été mise en œuvre
06:11dans près d'un établissement sur deux,
06:13et il me semble que c'est un problème majeur
06:16et qu'il faut rompre avec cette impuissance politique
06:19qui, il me semble, est consentie et fabriquée.
06:21C'est un peu comme si dans l'éducation nationale,
06:23en fait, on avait un médecin
06:24qui faisait des prescriptions,
06:25mais sans se soucier ensuite de savoir
06:27si l'ordonnance est lisible par le patient
06:30et si le patient suit bel et bien le traitement qui est prescrit.
06:34Joachim Nuflott-Quimade,
06:35main basse sur l'éducation nationale,
06:38le titre dit bien ce qu'il dit,
06:39quelle est votre première cible ?
06:43Qui dénoncez-vous en premier ?
06:45Alors, il y a plusieurs responsabilités partagées,
06:47est-ce qu'il y a quand même une hiérarchie
06:49des responsabilités et une hiérarchie des aberrations ?
06:53Je dirais qu'il y a d'abord une faillite à peu près totale du politique,
06:57encore une fois, centre, gauche et droite.
07:00Donc là, on parle du gouvernement,
07:00quelle que soit la couleur politique,
07:02les ministres qui sont désignés pour diriger l'éducation nationale
07:05ne sont soit pas à la hauteur, soit à la hauteur
07:08et qu'ils n'ont pas le courage.
07:09Soit ils n'ont pas de vision,
07:10soit ils proposent des demi-mesures,
07:12soit ils font pour l'essentiel de la communication.
07:15Mais il y a un président de la République,
07:16il y a un Premier ministre qui devrait donner des directives.
07:18Dans les campagnes électorales,
07:19on a entendu souvent,
07:20je ferai de l'école ceci, je ferai de l'école cela.
07:22La mer de toutes les batailles, etc.
07:25C'est pour ça que je pense que la première cause est politique.
07:29Et il faut arrêter avec ces politiciens
07:31qui se cachent derrière leur administration.
07:33Lorsqu'on est politique, on est chef de son administration.
07:35La première cause...
07:37Est-ce que c'est viable ?
07:38Imaginez qu'on désigne un ministre de l'éducation nationale,
07:41le président de la République, le Premier ministre,
07:42désigne quelqu'un qui est féru,
07:44qui a des convictions,
07:46qui a de la détermination,
07:47qui va se donner des moyens.
07:48Est-ce que cette personne, femme ou homme,
07:50s'ils arrivent au poste de milieu de l'éducation nationale,
07:52on peut aujourd'hui dégraisser, secouer,
07:55désarticuler le mammouth,
07:56où c'est aujourd'hui structurellement impossible ?
07:58Ah non, je ne pense pas que ce soit structurellement impossible.
08:00Sinon, je n'aurais pas écrit cet ouvrage.
08:02Et je vous dirais qu'on peut mettre la clé sous la porte
08:04et reprendre le pays à mourir.
08:06Je pense qu'il est très tard,
08:07mais qu'il n'est pas trop tard.
08:08Et que si on s'y prend bien,
08:10si on a une méthode,
08:11si on a du courage,
08:12si on a une capacité à assumer de faire des vagues,
08:14pour une fois,
08:14parce que oui, ça fera des vagues
08:15si on met en oeuvre les politiques.
08:16Donc passer en force ?
08:18Provoquer des grèves ?
08:18Des mouvements ?
08:19Pas passer en force,
08:20puisqu'il faut avoir le peuple derrière soi
08:22et le juge de paix dans ce pays,
08:24c'est l'élection présidentielle.
08:25Ce qu'il faut faire,
08:25c'est mettre la question de l'éducation
08:27au cœur d'un programme présidentiel ambitieux pour la France.
08:30Montrer que ce n'est pas une crise parmi d'autres,
08:32mais la crise la plus grave de toutes,
08:34puisqu'elle compromet l'avenir économique de la nation,
08:36qu'elle défait la France
08:38à la fois comme République
08:41et à la fois comme nation,
08:42et que par ailleurs,
08:44elle précipite l'explosion des violences.
08:46Parce qu'il y a tout un tas d'études
08:48qui le montrent.
08:49Je pense à cette étude américaine
08:51selon laquelle un élève
08:52qui a un niveau en lecture inférieur
08:54à son niveau scolaire
08:55a trois fois plus de chances
08:55de se retrouver dans des bagarres
08:57conduisant à des blessures physiques.
08:59Donc il faut que le politique
09:01fixe un programme ambitieux pour l'école
09:03et ensuite, il faut qu'il se donne les moyens
09:05de reprendre concrètement la main
09:06sur un État dans l'État
09:07qui est devenu dans l'éducation nationale
09:09plus autonome et plus puissant que jamais.
09:11Et moi, ce que j'ai voulu faire
09:12à travers cet ouvrage,
09:13c'est expliquer qui sont les acteurs
09:14de cet État dans l'État.
09:16Alors je donne tout un tas d'exemples.
09:17Il y a d'abord les bureaucrates,
09:19tous ces gens.
09:19Il y a des directeurs d'administration,
09:21de services.
09:22C'est ce que Laurent Lafort,
09:22vous savez, le mathématicien
09:23à Medaïe Fields en 2005
09:25avait appelé
09:25la nomenclatura de l'éducation nationale.
09:28Bien sûr.
09:28Et il avait dit que
09:29miser sur les experts
09:30de l'éducation nationale
09:31pour redresser l'école,
09:32c'était comme faire appel
09:34au Khmer Rouge
09:34pour espérer défendre
09:36les droits de l'homme.
09:36Je pense que son diagnostic
09:38était bon.
09:38et ce que j'ai voulu montrer,
09:39c'est que même si
09:41plus de 20 ans
09:41se sont écoulés,
09:42on a toujours
09:43une petite caste
09:44qui se croit intouchable,
09:46inémovable
09:46et qui n'a que peur
09:47du vert de l'éducation.
09:47Ils ont été nommés
09:48par qui et pourquoi ?
09:50Pourquoi ces gens-là
09:51à ce poste-là ?
09:51Ils avaient une compétence
09:52particulière ?
09:53Il y a un réseau ?
09:54J'allais dire,
09:55il y a des rapports de force ?
09:56Il y a beaucoup de cooptations
09:58et ce sont des gens
09:59qui répondent
10:00à des lames
10:01de fond idéologiques.
10:02Ils ont une formation,
10:03je suppose, quand même.
10:04Ils ont des titres.
10:05Ce sont des gens
10:05qui sont diplômés,
10:07compétents,
10:08qui parfois sont sincères
10:09dans leur combat
10:10mais qui correspondent
10:12à des lames de fond idéologiques
10:14qui, il me semble,
10:14ont conduit notre école
10:15dans le mur
10:16et sont aujourd'hui
10:17massivement rejetées
10:18par les Français.
10:19Et donc,
10:19ce que j'ai voulu faire,
10:20au-delà des descriptions
10:21des acteurs,
10:22que ce soit les bureaucrates,
10:23les syndicats,
10:24les pédagogistes,
10:25les associations,
10:26les juges
10:27qui corsètent le politique,
10:28j'ai voulu décrire
10:29les grandes lames de fond idéologiques
10:30dont l'éducation nationale,
10:31encore aujourd'hui,
10:32est prisonnière.
10:33Je pense qu'il y en a plusieurs.
10:34Il y a, par exemple,
10:35tout ce fantasme
10:36de l'éducation sans contrainte
10:38qui ne vient pas de mai 68
10:40mais qui vient d'encore plus loin.
10:41J'ai analysé tout ça
10:42à travers le cours
10:42de l'éducation nouvelle.
10:43Jean Piaget qui disait
10:45qu'il fallait traiter les élèves
10:46en législateurs et souverains.
10:48Le pédagogisme.
10:49Exactement.
10:50Les pédagogies antitransmissives.
10:52L'idée, en quelque sorte,
10:54que l'enseignant doit cesser
10:55d'enseigner
10:56pour que l'élève commence à apprendre.
10:57Joachim Lefloquimade,
10:58enseignant et auteur de main basse
10:59sur l'éducation nationale
11:00aux éditions du CERF,
11:01reste avec nous.
11:02Il sera rejoint au téléphone,
11:04par téléphone,
11:06par Philippe Wattrelau,
11:08ancien enseignant et militant
11:09pédagogiste.
11:10Il viendra répondre
11:11à Joachim Lefloquimade
11:12et défendre une autre lecture
11:13de l'éducation nationale.
11:15Si vous avez envie de réagir,
11:17si vous voulez commenter
11:19vos propres expériences
11:20ou celles de vos enfants,
11:21appelez-nous au 0826 300 300.
11:24D'autant que c'était
11:24Emmanuel Galassot
11:25qui est à l'heure.
11:25Sud Radio,
11:26la France dans tous ses états,
11:28Péricault et Gass.
11:46L'école est finie,
11:47alors cette chanson de chez-là
11:48que vous avez reconnue,
11:49elle a bercé notre jeunesse,
11:50elle fait allusion
11:51aux derniers jours de l'école
11:52au mois de juin.
11:53Mais là, l'école est finie,
11:54c'est au sens propre
11:55que nous en parlons
11:56avec Joachim Lefloquimade,
11:58main basse sur l'éducation nationale,
11:59c'est le titre de son ouvrage
12:01et effectivement,
12:01on est en train de constater
12:03que cette école française
12:04telle qu'on l'a rêvé,
12:05telle qu'elle l'a porté
12:06la République
12:07et telle qu'elle nous a grandi,
12:09est en train d'aller dans le mur
12:10à la vitesse grand V.
12:12Joachim Lefloquimade,
12:13on va avoir M. Batreleau
12:14tout à l'heure
12:15et Addissa nous fera un point.
12:17Dans les différents aspects
12:18que vous dénoncez,
12:20multiplication des réformes,
12:21bureaucratisation
12:22et complexification de l'institution,
12:24il y a aussi pouvoir accru
12:26des structures administratives
12:27et des acteurs intermédiaires.
12:29Qui sont ces acteurs intermédiaires,
12:31ces structures administratives ?
12:33Ce que j'ai voulu montrer
12:34dans l'ouvrage,
12:35c'est que le ministère
12:36de l'Education nationale
12:36est l'un des plus mal gérés
12:38financièrement parlant.
12:39Avec l'agriculture.
12:40Et qu'on a tendance
12:41à dilapider les ressources disponibles,
12:44c'est-à-dire le budget du ministère
12:46et à allouer davantage celui-ci
12:49vers la bureaucratie.
12:50Énorme budget,
12:51on est d'accord,
12:51dans la République.
12:53Énorme budget,
12:53même s'il faut prendre en compte
12:54les 25 à 30%
12:55qui vont au financement
12:56des retraites.
12:57Mais il faut bien voir
12:58que dans l'Education nationale,
12:59on a 20% de la dépense
13:00des établissements
13:01qui va vers la bureaucratie.
13:03C'est deux fois plus
13:04que chez nos voisins espagnols,
13:06par exemple.
13:07Et qu'on a 357 000 personnels
13:10administratifs et techniques.
13:11Alors évidemment,
13:12dans ces 350 000 personnels,
13:13il n'y a pas que des purs bureaucrates.
13:15Il y en a tout un tas
13:15qui sont sur le terrain
13:16et qui assurent des missions
13:18tout à fait louables.
13:20Mais ce que je constate,
13:21c'est que dans l'Education nationale,
13:22on a un gel du recrutement
13:23des personnels enseignants
13:25et à l'inverse,
13:26une inflation des recrutements
13:28de personnels, disons,
13:30bureaucratiques.
13:31Et moi, ce que je propose,
13:32c'est de flécher davantage
13:33la dépense publique
13:34vers le terrain.
13:35Et je crois que c'est
13:35d'autant plus urgent
13:36que les professeurs aujourd'hui
13:37se sentent extrêmement dévalorisés,
13:39précarisés.
13:40Ils ont le sentiment,
13:41et ce n'est pas qu'un sentiment d'ailleurs,
13:41qu'on ne leur donne pas
13:42les moyens de leur mission,
13:43si bien qu'on a 4% seulement
13:45des enseignants,
13:45selon l'enquête Thalys,
13:46qui se sentent valorisés
13:47par la société.
13:48Et que lorsqu'on les interroge,
13:49ces enseignants,
13:50on en a 0,3%
13:51selon les données du syndicat UNSA,
13:53qui se disent optimistes
13:54pour l'avenir
13:55du système éducatif français.
13:57Donc moi, je crois
13:58qu'il y a urgence
13:58à redonner aux professeurs
13:59les moyens matériels,
14:00intellectuels et moraux
14:01de leur mission,
14:02et de dire aux Français
14:03qu'on ne redressera pas l'école
14:04avec un corps enseignant
14:05à ce point,
14:06à un mal en point.
14:06Et bien justement,
14:07ça tombe bien.
14:08Nous avons en ligne
14:09Philippe Vatreleau,
14:10qui est auteur,
14:12un ancien enseignant.
14:13Philippe Vatreleau,
14:15bonjour.
14:16Bonjour.
14:16Est-ce que vous partagez
14:18le pessimisme
14:19de Joachim Leflot d'Imad
14:21et l'inquiétude
14:22qui règne sur ce plateau
14:24quant à l'avenir
14:25de l'école de la République ?
14:27Alors, je partage
14:28certains des constats
14:30qui sont faits.
14:32J'entendais à l'instant
14:33ce qu'il disait
14:34sur le fait
14:36qu'il y avait
14:38effectivement
14:38des enseignants
14:39qui vont mal.
14:40Et ça,
14:40c'est une certitude.
14:42par ailleurs
14:45sur la discontinuité
14:47plutôt des réformes
14:50et des ministres.
14:52Je partage là aussi
14:54ce constat
14:55qui a été d'ailleurs fait
14:55également
14:56par plusieurs rapports récents.
14:58Le commissariat au plan,
14:59le conseil d'analyse économique.
15:01Bref,
15:02oui, oui,
15:02il y a des constats voisins.
15:03En revanche,
15:04bien sûr,
15:05vous vous en doutez,
15:06je n'ai pas tout à fait
15:07la même vision
15:08des remèdes
15:10et des solutions.
15:11Et puis,
15:11j'ai quelques points
15:13de désaccord importants,
15:14notamment
15:16sur cette idée
15:18qu'il y aurait
15:18un État
15:20dans l'État.
15:21J'ai entendu
15:22cette expression.
15:23Alors,
15:24j'ai entendu aussi
15:24une comparaison absolument
15:25indigne
15:26sur les Khmers rouges,
15:27mais ça,
15:28je passe très vite.
15:30Donc,
15:30un État dans l'État,
15:32non.
15:32Moi,
15:33je pense qu'il y a
15:33surtout
15:35un problème,
15:36c'est que
15:37on a des ministres
15:39et d'ailleurs,
15:40Joachim Leflaquimade
15:41l'a dit tout à l'heure,
15:43on a souvent
15:43des ministres
15:44qui instrumentalisent
15:45l'école
15:45et Gabriel Attal
15:46à ce sujet
15:48a été particulièrement
15:49dans cette direction-là
15:51avec un discours
15:52performatif
15:53mais comme on l'a dit,
15:54il ne suffit pas
15:55de dire pour faire.
15:56Et ce qu'on appelle
15:58l'État dans l'État,
15:59moi,
15:59j'appelle ça tout simplement
16:00le réel.
16:01Voilà,
16:02le réel,
16:02c'est-à-dire que
16:04on peut décider
16:05quelque chose en haut
16:07si ce n'est pas faisable
16:09ou s'il faut du temps
16:10pour le mettre en place,
16:11et bien voilà,
16:12on se cogne au réel.
16:13Philippe Atreleau,
16:15les rapports PISA
16:16signalent quand même
16:17qu'il y a plus
16:18qu'un dysfonctionnement
16:19pour ne pas parler
16:20d'un effondrement.
16:21Vous en faites porter
16:22la faute à qui ?
16:23Alors,
16:23si ce n'est pas
16:24l'État dans l'État ?
16:26Alors,
16:26sur les rapports PISA,
16:27on peut dire rapidement
16:29que la situation
16:31du niveau
16:32est assez globale
16:33à part quelques exceptions
16:34au niveau des pays
16:35et que la France
16:36n'est pas particulièrement
16:37concernée là-dessus.
16:39En revanche,
16:40qu'il y ait des pistes,
16:42bah oui,
16:44il suffit de le lire
16:45dans le détail.
16:47Parce qu'il y en a
16:47beaucoup de gens
16:48qui l'ont lu mieux
16:49que je ne pourrais lire
16:50des gens haut placés
16:50dans l'éducation nationale
16:52qui ont eu des responsabilités.
16:53Ils sont tous consternés.
16:55Je veux dire,
16:55moi ce que je vous demande,
16:56c'est dû à quoi
16:57cet effondrement ?
16:59Le discours décliniste
17:01sur l'école,
17:03il sert beaucoup de monde.
17:04Et ça,
17:05on pourrait faire
17:06toute une émission de radio
17:08là-dessus.
17:08Moi je ne rencontre
17:09que des analphabètes
17:10de 15, 16, 17 ans
17:12qui ne savent pas
17:12écrire le français,
17:13qui ne savent à peine parler,
17:14qui ne savent pas lire un livre.
17:15Moi j'ai fréquenté
17:17des élèves
17:17Ils ne sont pas tous comme ça,
17:18j'en connais d'autres
17:19qui sont exemplaires,
17:20mais j'en connais
17:20beaucoup,
17:21beaucoup, beaucoup
17:22des plus en plus
17:22qui ne peuvent pas lire
17:23la deuxième page,
17:24ils y crochent.
17:26Bien sûr,
17:26c'était mieux avant.
17:29Merci de reconnaître,
17:30et puis il n'y a pas que ça
17:30qui était mieux avant.
17:31Non, non,
17:32c'était un peu ironique,
17:34hein,
17:35monsieur le gars.
17:36Donc,
17:39Joachim Lefloquimade,
17:40il y a une divergence
17:41avec Philippe Ventreleau
17:42là-dessus,
17:44il dit
17:44il n'y a pas,
17:45ce n'est pas vrai l'État,
17:46dans l'État c'est le réel.
17:48Je vais répondre
17:49sur PISA d'abord
17:50et de dire
17:51à monsieur Ventreleau
17:52que la France,
17:54selon la dernière étude
17:55PISA,
17:55décroche à un rythme
17:57encore plus rapide
17:58que la moyenne
17:58de l'OCDE
17:59et que par ailleurs
18:00PISA,
18:01ce n'est que la face
18:02émergée de l'iceberg
18:03et qu'absolument
18:04tout ce qu'il nomme
18:06le réel
18:06concourt vers l'idée
18:08non pas d'une chute
18:09mais d'un effondrement
18:10du niveau.
18:11Là,
18:11on parle de PISA
18:12qui montre
18:13que les élèves français
18:15sont les derniers
18:16de l'Europe
18:17en maths,
18:17en primaire
18:18et qu'au collège
18:19on est derrière
18:19l'Albanie
18:20et les Arbadiens.
18:21Ça pour moi
18:21c'est un décrochage.
18:22Je pourrais vous citer
18:23également les données
18:24internes du ministère
18:25issues des évaluations
18:26faites par le ministère
18:27de l'Éducation nationale
18:27qui montrent
18:28qu'un jeune sur deux
18:29est en difficulté
18:29en maths et en français
18:30au collège.
18:31Donc là,
18:32on n'est pas dans le ressenti
18:32et par ailleurs
18:33si on convoque
18:37l'expérience vécue
18:38des professeurs
18:39on a 85% de ceux-ci
18:41selon Opinion Way
18:43qui disent
18:43qu'il y a une baisse
18:44du niveau
18:45au fil des années
18:46donc on n'est pas juste
18:46dans une rangaine
18:49politicienne
18:50réactionnaire
18:51sur la baisse du niveau
18:52il y a une chute
18:53du niveau
18:54qui est dramatique
18:55pour absolument
18:56tout le monde.
18:57Mais vous en convenez
18:58finit votre lot
18:58qu'il y a quand même
18:59à un moment donné
19:00J'ai essayé juste
19:01d'introduire quelque chose
19:02qui est de moins en moins
19:03présent dans les débats
19:05médiatiques
19:05c'est-à-dire un peu
19:06de nuance.
19:07Non mais
19:08évidemment
19:08Non mais je vous écoute
19:09Philippe Ventreleau
19:10Je vous écoute
19:11Il y a des élèves
19:12qui réussissent
19:12des élèves
19:13qui se battent
19:14des professeurs
19:14qui font encore
19:15remarquablement
19:16leur travail
19:16Il ne s'agit pas
19:17de dire ça
19:18Il s'agit juste
19:19de poser le bon
19:19diagnostic futile
19:21anxiogène
19:21futile radical
19:22pour demain
19:23espérer apporter
19:24les bons remèdes.
19:25Philippe Ventreleau
19:26vous disiez
19:27que l'état dans l'état
19:28c'est un leur
19:29c'est le réel
19:29Est-ce que vous ne semblez
19:31pas un petit peu
19:31contourner le réel
19:32justement de la situation
19:34de l'école aujourd'hui ?
19:35Vous savez mieux que moi
19:36et je pense que vous
19:37rencontrez plus de cas
19:38d'élèves qui ne sont pas
19:39au niveau
19:39qui ont décroché
19:41et d'un apprentissage
19:42de la langue française
19:43et de recul
19:43dans les mathématiques
19:44Je pense que ça
19:45mieux que moi
19:46tout ce qu'on demande
19:46c'est comment on en est
19:47arrivé là
19:48et est-ce qu'on peut
19:48s'en sortir ?
19:49Est-ce que vous avez
19:49une idée là-dessus ?
19:51Alors je reviens
19:54moi sur la question
19:55des moyens
19:57d'y parvenir
19:57en effet
19:59je pense que
20:00la bonne démarche
20:04c'est bien
20:05au contraire
20:06d'impliquer
20:07les enseignants
20:08plus que
20:09de les considérer
20:10comme
20:11de simples
20:11exécutants
20:13j'entendais
20:14tout à l'heure
20:15des propositions
20:15qui allaient
20:16dans le sens
20:16de forcer
20:18un petit peu
20:19les choses
20:19de bousculer
20:21la table
20:22etc.
20:22moi je crois
20:23au contraire
20:23que le temps
20:24de l'éducation
20:25n'est pas celui
20:25du politique
20:26et que si on veut
20:27parvenir
20:28à affronter
20:30des problèmes
20:31que je ne nie pas
20:32du tout
20:32je ne suis absolument
20:33pas dans le déni
20:34il faut que
20:35les enseignants
20:36en soient
20:37parties prenantes
20:38et ce n'est pas
20:39en considérant
20:41qu'il y aurait
20:41un état
20:42dans l'état
20:42qu'il y aurait
20:43des supposés
20:45pédagogistes
20:46etc.
20:46autrement dit
20:47en créant
20:48des épouvantails
20:48qu'on va y arriver
20:49ce qui est important
20:51c'est d'abord
20:52et avant tout
20:53de se donner
20:53des objectifs
20:54les plus clairs
20:56possibles
20:56moi par exemple
20:57dans PISA
20:58il y a quelque chose
20:59qui m'inquiète beaucoup
21:00c'est que
21:01la France
21:02est un des pays
21:03où
21:04la position sociale
21:06l'origine sociale
21:07joue le plus
21:08dans la réussite
21:10au diplôme
21:11et ça
21:11c'est vraiment inquiétant
21:12Philippe Atreleau
21:13on continue à en parler
21:14avec vous
21:14vous restez avec nous
21:15on fait une petite pause
21:16vous restez avec nous
21:17et on vous retrouve
21:17tout à l'heure
21:18vous nous appelez
21:19au 0826-300-300
21:21c'était Emmanuel Galasso
21:22en plus qui était au téléphone
21:22Alissa
21:23et on continue à parler
21:24d'éducation nationale
21:25bien sûr
21:25qui gouverne vraiment
21:26l'éducation nationale
21:27les ministres
21:28que l'on voit passer
21:29ou une administration
21:30et des pédagogues
21:31qui imposeraient
21:31leur méthode dans l'ombre
21:32parents, enseignants, anciens élèves
21:34racontez-nous
21:34ce que vous vivez
21:35sur le terrain
21:360826-300-300
21:40Sud Radio
21:40la France dans tous ses états
21:42Péricault-Légas
21:44vous êtes bien sur ce radio
21:45il est 13h33
21:46nous parlons
21:48école
21:48alors qui a confisqué l'école
21:50est-ce qu'il y a une main basse
21:51sur l'éducation nationale
21:52comme l'affirme
21:54et j'allais dire
21:55le démontre quelque peu
21:56Joachim Leflodimad
21:57dans son livre
21:58Main basse sur l'éducation nationale
21:59divergence avec Philippe Vatreleau
22:01qui lui aussi est un enseignant
22:02qui considère que les choses
22:04ne sont pas aussi tragiques
22:05même s'il y a des points
22:05de convergence
22:06avec Joachim Leflodimad
22:09Philippe Vatreleau
22:10est-ce que vous
22:12rendez grâce
22:13à un ou deux ministres
22:14de l'éducation nationale
22:16qui selon vous
22:17sont allés dans le bon sens
22:18de ce qu'il fallait mettre en place
22:19pour sauver l'école ?
22:22Oui
22:23il y a quelques ministres
22:25qui ont joué ce rôle
22:27alors comme je suis très vieux
22:28je dirais qu'Alain Savary
22:30a été dans ce sens-là
22:32Vincent Péillon aussi
22:34mais il ne s'agit pas ici
22:36de décerner un palmarès
22:38comme on fait un palmarès
22:39avec Philippe Vatreleau
22:40Est-ce que le mammouth a existé ?
22:41Est-ce qu'il existe ?
22:42Pour vous c'est un leurre total
22:43où il y a bien un phénomène mammouth ?
22:45Moi je n'utilise pas
22:47la métaphore du mammouth
22:48je vous ai dit
22:48que l'éducation nationale
22:49c'est un diplodocus
22:51c'est la légende
22:52parce qu'on ne les a pas connus
22:55disait que l'information
22:57remontait pendant très très longtemps
23:00entre par exemple
23:01on lui donnait un coup de pied
23:01dans la cheville
23:03jusqu'au cerveau
23:04ça prenait plusieurs minutes
23:06et ça résume assez bien finalement
23:09ce que c'est que cette grosse machine
23:11en effet de l'éducation nationale
23:12c'est-à-dire que le temps
23:13que les informations
23:15la formation
23:16les décisions descendent
23:18et que ça remonte ensuite
23:20pour qu'il y ait de la négociation
23:21et finalement de la concertation
23:24et bien ça prend du temps
23:26voilà
23:27et je pense que
23:28pour terminer juste par un mot
23:31le titre de ma dernière chronique
23:33dans Alternative économique
23:34c'est
23:34il faut réformer
23:35la manière de réformer
23:37d'accord
23:37merci Philippe Atreleu
23:39pour votre témoignage
23:40et puis comme c'est un sujet
23:41qui récurrent
23:42qui aura souvent l'occasion
23:43d'être mis sur le débat
23:46sur Sud Radio
23:47je pense qu'on aura l'occasion
23:48de vous réécouter
23:48à très bientôt
23:51on a un désaccord
23:52en effet
23:53moi je considère
23:54qu'il existe
23:54un état
23:55dans l'état
23:56autonome
23:56et immuable
23:59et indépendant
24:00du verdict
24:00des urnes
24:01pardonnez-moi
24:02mais quand on a un ministre
24:03en l'occurrence
24:03Edouard Jeffray
24:04qui donne des consignes
24:05très claires
24:06sur la prise en compte
24:07de l'orthographe
24:07dans l'annulation du bac
24:08et qu'ensuite
24:09on a des inspecteurs
24:10pédagogiques régionaux
24:11qui disent aux correcteurs
24:12de ne pas prendre en compte
24:13ces consignes
24:14j'appelle ça
24:14un état dans l'état
24:16quand sous Jean-Michel Blanquer
24:17des centaines de milliers
24:18de copies du baccalauréat
24:19ont été confisquées
24:21prises en otage
24:22par des professeurs
24:23à l'occasion du baccalauréat
24:24j'appelle ça
24:25un état dans l'état
24:26quand on a
24:27des syndicalistes
24:28par exemple
24:29la FSU
24:30qui disent que l'orthographe
24:31est une arme dressée
24:32contre les classes populaires
24:33et qui disent
24:34que la méthode syllabique
24:35je cite
24:36c'est d'un parti pris idéologique
24:37pour flatter les nostalgiques
24:38d'un pseudo
24:39H d'or de l'école
24:40j'appelle ça
24:41un état dans l'état
24:42qui avance indépendamment
24:43du verdict des urnes
24:45et qui conduit notre école
24:46droit dans le mur
24:47et ce que j'ai voulu
24:48proposer dans ce livre
24:49c'est un diagnostic
24:51mais c'est aussi une méthode
24:51pour reprendre la main
24:53sur cet état dans l'état
24:54ça veut pas dire
24:54une caporalisation
24:56ça veut pas dire
24:56une dictature
24:57ça veut pas dire
24:58une dérive autoritaire
24:59ça veut dire
25:00revenir au principe
25:01de la république
25:01et que le politique
25:02fixe le cap
25:02et que l'administration
25:03l'exécute
25:04et parallèlement
25:05on remet de l'humanité
25:06sur le terrain
25:07pour aider tous
25:08ces professeurs
25:08en première ligne
25:09qui portent l'école
25:10à bout de bras
25:10alors précisément
25:11alors précisément
25:40internationale
25:40puisque de 2019
25:42à 2024
25:43il a dirigé
25:44la DGESCO
25:45qui est la direction générale
25:47de l'enseignement scolaire
25:49souvent présentée
25:50comme le poste
25:51de ministre BIS
25:52et pendant ces 5 années
25:53il a quand même
25:54vu passer
25:54Jean-Michel Blanquer
25:56pas à peine d'aille
25:56Gabriel Attal
25:57Amélie Oudea Castera
25:58et Nicole Belloubet
25:59et encore Elisabeth Borne
26:00et lui pendant tout ce temps
26:01n'a pas bougé
26:02on se demande
26:03qui est vraiment
26:04ministre de l'éducation nationale
26:05on a ceux
26:06qu'on agite
26:06si vous voulez
26:07en couverture
26:07un peu comme des marionnettes
26:09finalement
26:09et qui récitent des textes
26:10et puis
26:10il y a effectivement
26:11des gens derrière
26:12qui travaillent
26:13Edouard Geoffray
26:14vraisemblablement
26:15en a fait partie
26:16votre livre
26:17Joachim Lefloquimad
26:17évoque vraiment
26:19le poids
26:19de cette administration
26:20permanente
26:22le parcours d'Edouard Geoffray
26:23peut apparaître
26:24par ailleurs
26:27aujourd'hui
26:28le haut fonctionnaire
26:29qui était chargé
26:30d'exécuter
26:31la politique des ministres
26:32a fini par prendre
26:33leur place
26:34du coup
26:34est-ce qu'on peut dire
26:35que l'état profond
26:36de l'éducation
26:37serait finalement
26:38sorti du bois
26:38et pris officiellement
26:39le ministère
26:41aujourd'hui
26:41ce ministre bis
26:42est devenu
26:43ministre tout court
26:44un symbole saisissant
26:45pour reprendre le contrôle
26:47d'une institution
26:47réputée ingouvernable
26:48le pouvoir politique
26:49a finalement
26:50choisi
26:50l'un de ceux
26:52qui faisaient fonctionner
26:53la machine dans l'ombre
26:54alors concrètement
26:55le fait qu'il soit là
26:56ça veut dire
26:57que peut-être
26:58il peut faciliter
27:00on va dire
27:00le bon fonctionnement
27:01de l'éducation nationale
27:03ça veut dire
27:03a priori qu'il sait
27:04où les réformes bloquent
27:05ça veut dire a priori
27:06qu'il peut éviter
27:07les annonces irréalisables
27:09et est-ce que selon vous
27:10cela peut aussi expliquer
27:11pourquoi est-ce que
27:13depuis son arrivée
27:14aucune grande réforme
27:15n'a été lancée
27:16pour 2026 ?
27:17Alors déjà
27:17il faut dire
27:18à ceux qui nous écoutent
27:19qu'il y a différents
27:19états dans l'état
27:20il y a un état
27:21dans l'état pédagogiste
27:23il y a un état
27:24dans l'état
27:25technocratique
27:25un état dans l'état
27:26un état gestionnaire
27:27un état dans l'état
27:28néolibéral
27:28qui considère
27:29que l'école
27:29n'a pas à transmettre
27:30des savoirs
27:31mais qu'elle doit éduquer
27:32des savoir-être
27:33des savoir-faire
27:33et transmettre
27:34des compétences
27:35ça c'est toute la vision
27:36qui est celle
27:36de la commission européenne
27:37je vous renvoie
27:38au livre vert
27:39sur la dimension européenne
27:40de l'éducation
27:40qui avait été publié
27:41en 1993
27:42Edouard Jeffrey
27:43c'est très intéressant
27:44je dressais son portrait
27:45dans mon enquête
27:46qui avait été publié
27:47une première fois
27:48à la rentrée 2025
27:50à une époque
27:51où il était encore
27:52dégesco
27:53donc numéro 2
27:54de l'éducation nationale
27:55vous l'avez dit
27:55et depuis
27:56il est devenu ministre
27:57donc ça montre bien
27:58que j'avais touché juste
27:59qu'on avait auparavant
28:01dans l'éducation nationale
28:02un état dans l'état
28:02qui gouvernait dans l'ombre
28:03et que désormais
28:05cet état dans l'état
28:05administre
28:06en pleine lumière
28:07maintenant il administre
28:08pour quoi faire
28:10malheureusement
28:10je le crains
28:11pour accompagner
28:12l'immobilisme
28:13gérer les affaires courantes
28:14en le revendiquant
28:16d'ailleurs
28:16n'avoir aucune
28:17grande réforme
28:18on consolide
28:19on consolide déjà
28:20ce qui est en place
28:21sans doute
28:21parce que le contexte
28:23politique actuel
28:23ne le permet pas
28:24et on en vient encore
28:25de mon sujet
28:26qui est que si on a
28:27une telle confiscation
28:28de l'école
28:29par un état dans l'état
28:29qui n'en fait à peu près
28:30qu'à sa guise
28:31c'est parce qu'on a
28:32un politique
28:33qui refuse de fixer
28:34le cap pour l'école
28:35et qui ne prend pas
28:37le temps
28:37si vous voulez
28:38d'impulser
28:38une politique éducative
28:41dans la durée
28:42dans l'éducation nationale
28:43depuis qu'Emmanuel Macron
28:44est aux responsabilités
28:44on a eu 300 modifications
28:46du code de l'éducation
28:48on a une valse
28:49des ministres
28:49on a une valse
28:50des contre-ordres
28:51moi ce que je demande
28:52dans ce livre
28:52c'est simple
28:53c'est qu'on renoue
28:54avec un principe
28:55qui est que l'école
28:56est par excellence
28:56le ministère de la raison
28:57et le ministère du temps long
28:58regardez au Royaume-Uni
28:59ils ont une politique
29:00éducative cohérente
29:01depuis 2010
29:02qui est conduite
29:03indépendamment
29:03des ministres
29:04en place
29:05et ça porte ses fruits
29:06comme le montre
29:07le rebond de ce pays
29:08à Thames
29:09et au classement PISA
29:10moi je demande
29:11est-ce qu'on fasse
29:11la même chose
29:12en France
29:13et qu'on arrête
29:13avec la valse
29:15des contre-ordres
29:15à la valse des ministres
29:16on peut même se demander
29:17si Edouard Jeffrey
29:18ne fait pas partie
29:19des mécanismes
29:20de ceux qui ont aggravé
29:21la situation
29:22alors deux choses l'une
29:23où voilà
29:25il était quand même
29:26à des manettes importantes
29:27sur l'exigence
29:28sur la transmission
29:29sur la nécessité
29:30du retour de l'ordre
29:31de l'autorité à l'école
29:32il dit des choses
29:32de bon sens
29:33maintenant il a été
29:34partie prenante
29:35de réformes
29:35qui ont aggravé
29:36la situation
29:36je pense à la réforme
29:37du lycée
29:38du baccalauréat
29:39qui a été absolument
29:41calamiteuse
29:42c'est ce à quoi je faisais
29:43allusion
29:43nous avons Yamina
29:44qui nous appelle
29:45d'Ivry sur scène
29:47Yamina est prof
29:48à la fac
29:49et elle considère
29:50que la baisse du niveau
29:51est criante
29:52vous le confirmez
29:52Yamina
29:53la baisse du niveau
29:54est absolument effarante
29:55oui bonjour
29:57merci de le faire
29:58en ralentine
29:58d'abord je partage
29:59parfaitement
30:00mais totalement
30:01ce que dit
30:02votre interlocuteur
30:03Joachim Lefloclimat
30:04que je félicite
30:05donc excellent livre
30:06ouvrage
30:07et je partage
30:08parfaitement
30:09parce que
30:09effectivement
30:10on retrouve exactement
30:11des élèves
30:13première année
30:14universitaire
30:14avec énormément
30:15de difficultés
30:18niveau catastrophique
30:19en mathématiques
30:20principalement
30:20lié dans d'autres
30:23matières scientifiques
30:24et en français
30:26là en l'occurrence
30:27c'est aussi un témoignage
30:28de ce que l'éducation
30:30nationale est aujourd'hui
30:31parce qu'effectivement
30:32l'état dans l'état
30:33c'est une réalité
30:34et il ne faut pas juste
30:35faire des déclarations
30:39ou des déclarations
30:40d'intention
30:41pour réformer la chose
30:43mais il faut le faire
30:44il faut passer à l'action
30:45parce qu'il y a un réel
30:46problème
30:47je dis un exemple
30:48la réforme du bac
30:49c'est à Bénir
30:50tout simplement
30:53le contrôle contenu
30:57est totalement biaisé
30:58puisqu'il y a une concurrence
31:00entre l'issé
31:01et des élèves
31:02nous arrivent en première année
31:03avec des notes en mathématiques
31:05avoisinant les 20
31:06et quand on les a
31:08face à nous
31:08on va dire
31:09si je renote
31:10c'est à coquine
31:11je pense qu'il n'y aura
31:12pas plus de 2
31:13en mathématiques
31:13en l'occurrence
31:14vous voyez
31:15donc il y a
31:15un vrai souci
31:17et il y a tout
31:19à réformer
31:20et à revenir
31:21à l'essentiel
31:22la transmission
31:24de l'essentiel
31:25ça veut dire
31:26compter
31:27savoir dire
31:29comprendre
31:30former des élèves
31:32ayant une capacité
31:34de raisonnement
31:34d'analyse
31:35des frais critiques
31:36voilà
31:37ce dont on a besoin
31:38pour
31:39pour espérer
31:41remonter
31:42dans les classements
31:45internationaux
31:45en l'occurrence
31:46parce que là
31:46c'est une vraie catastrophe
31:47même à l'université
31:48je le confirme
31:49et je dirais même
31:50qu'à l'université
31:51c'est exactement pareil
31:52qu'à l'éducation nationale
31:53il y a un état
31:53dans l'état
31:54et l'autonomie
31:56des universités
31:56a eu du bon
31:58mais du mauvais aussi
31:59parce qu'il y a quand même
32:00une main basse
32:01de certains
32:01particulièrement
32:02la gauche
32:03et l'extrême gauche
32:03je dirais
32:04Yamina
32:05vous vous sentez seule
32:06ou beaucoup de vos collègues
32:08partagent cette opinion
32:09ce sentiment
32:10bien sûr
32:10beaucoup de collègues
32:11partagent cette opinion
32:13surtout qu'on
32:14avant
32:16vous voyez
32:16donc quand on avait
32:17une marge de manœuvre
32:18avec des moyens
32:19puisqu'il n'y a plus de moyens
32:20pour mettre en place
32:21des remises à niveau
32:22étant donné la quantité
32:24d'élèves
32:24qui sont en grosse difficulté
32:26on n'a plus de moyens
32:27de mettre en place
32:28au début d'année
32:30des remises à niveau
32:31ce qui fait
32:33qu'il y a des taux d'échec
32:34abyssaux
32:35en première année
32:36universitaire
32:37et c'est
32:38voilà
32:39donc c'est l'ensemble
32:41de ces paramètres
32:42qui font qu'on n'y arrive plus
32:44on n'y arrive plus
32:46et il est urgent
32:48il est vraiment urgent
32:49pour sauver
32:49l'avenir de nos enfants
32:51parce qu'il s'agit
32:51de l'avenir
32:52de nos enfants
32:53et de leur donner
32:53des perspectives
32:55positives
32:55je dirais
32:57de reprendre
32:58les choses en main
32:58que le politique
32:59reprenne les choses en main
33:00merci Yamina
33:01pour votre témoignage
33:02on voit bien
33:03que vous allez
33:03bien sûr
33:04dans le sens
33:04de ce que dénonce
33:05Joachim Leflodima
33:06dans la main basse
33:07sur éducation nationale
33:08et que ce sentiment
33:09est partagé
33:10par nombre d'enseignants
33:11beaucoup plus
33:12que l'on ne pense
33:13mais hélas
33:13ils ne peuvent pas
33:14s'exprimer
33:14ou ils ne peuvent pas
33:15se fédérer
33:16parents enseignants
33:17vous avez parfois
33:18le sentiment
33:19que l'école échappe
33:19au bon sens
33:20pensez-vous aussi
33:21comme le dit notre invité
33:22Joachim Leflodima
33:23qu'un état
33:24agit dans l'état
33:25dites-nous
33:25ce que vous pensez
33:26au 0826 300 300
33:29Sud Radio
33:31As
33:32vous êtes bien
33:33sur Sud Radio
33:34il est 13h48
33:35nous parlons
33:36de l'école
33:36qui a confisqué
33:37l'école
33:37et plus particulièrement
33:39qui a mis main basse
33:40sur l'éducation nationale
33:41telle que le démontre
33:42Joachim Leflodima
33:44dans son excellent
33:45entreté
33:47paru
33:48ça c'était
33:48l'édition du Cerf
33:51qui est la réédition
33:52de son bouquin
33:53qui avait rencontré
33:54beaucoup de succès
33:55et qui est totalement
33:56dans l'actualité
33:56on a eu
33:57plusieurs témoignages
33:58d'ailleurs nous continuons
33:59nous avons Patrick
33:59qui nous appelle
34:00de Limoux
34:01bonjour Patrick
34:02oui bonjour à tous
34:04bonjour à tous
34:05merci de me laisser
34:06quelques moments
34:07je suis un peu
34:08en colère
34:09sur le fait
34:11qu'on ne parle jamais
34:12du modèle
34:14finlando-singapourien
34:15c'est-à-dire
34:15un modèle
34:16où on a
34:16très peu d'élèves
34:17par classe
34:18déjà
34:18ça c'était un premier point
34:19c'est vrai
34:31ça c'est la tarte à la crème
34:33qu'on nous a servi
34:34dans les années 90
34:35les médias
34:36je ne parle pas de vous
34:37bien sûr
34:38c'est pour généraliser
34:40et troisièmement
34:41le pédagogisme
34:42avec ces marottes
34:43qu'on appelle
34:44alors la dernière
34:45c'était les compétences
34:46moi j'étais prof de lycée
34:47pendant 40 ans
34:48alors voilà
34:49les compétences
34:50après l'inclusion
34:51etc
34:51bon d'accord
34:52comme si on ne le faisait pas
34:54vous savez
34:54donc on invente quelque chose
34:55le pédagogisme
34:56et puis hop
34:57on le sort à toutes les sources
34:58et on nous l'impose
34:59avec bon
35:00tout un système
35:01de notation
35:03d'annotation
35:04enfin
35:04il faudrait voir un peu
35:05et pour terminer
35:07si vous voulez
35:08le fait que
35:10les enseignants
35:11sont quand même
35:11quelque part
35:13sous-payés
35:15et alors
35:15je ne dis pas
35:16parce qu'on est sous-payés
35:17qu'on ne fait pas son travail
35:18c'est pas ce que je veux dire
35:20mais je pense que ça participe
35:21un petit peu
35:22voilà
35:22j'ai été le plus court possible
35:23merci Patrick
35:25vous avez été court
35:26pertinent
35:26et vous avez mis le point
35:28sur les aspects
35:28les plus
35:29les plus doux
35:30de cette tragique
35:32tragique infère
35:32qu'elle est fondament
35:33de l'école
35:34Joachim Lefloquimal
35:35vous entendez Patrick
35:36bien entendu le salaire
35:37mais à l'université aussi
35:38il y a des
35:39il y a des faiblesses
35:40terribles
35:40il n'y a pas que l'école
35:42je pense que l'un des grands
35:43angles morts
35:44du débat éducatif
35:45dans ce pays
35:46c'est la question
35:46de la massification
35:47pour vous donner
35:48quelques ordres de grandeur
35:49on a 8 fois plus
35:50d'étudiants aujourd'hui
35:51à l'université
35:51que dans les années 1960
35:52et il me semble
35:54qu'on est en train
35:55d'organiser
35:55pour reprendre une formule
35:56qui était celle du général de Gaulle
35:57en son temps
35:58la submersion de l'université
35:59par la médiocrité
36:01en fait on entasse
36:03dans des amphithéâtres
36:05surchargés
36:05des jeunes
36:07des cohortes
36:08d'étudiants
36:08dont les diplômes
36:09il faut le dire
36:10seront déclassés
36:12dévalorisés
36:13et qui ne trouveront pas
36:14de débouchés
36:14sur le marché
36:15du travail
36:17au prix d'ailleurs
36:18d'un échec
36:19en premier cycle universitaire
36:21qui est l'un des plus importants
36:22de l'OCDE
36:23ce qui coûte à la nation
36:24près d'un demi milliard
36:25par an
36:26selon les chiffres
36:27de la Cour des Comptes
36:28moi je crois
36:29qu'il n'y a pas de fatalité
36:30à ce système inique
36:31et qu'on gagnerait
36:32dans ce pays
36:33avoir une vraie revalorisation
36:34de la voie professionnelle
36:36d'abord pour pourvoir
36:37aux besoins
36:38du marché du travail
36:39mais aussi pour renouer
36:41avec l'idée
36:42que la France
36:43ne restera pas la France
36:44si elle ne produit pas
36:45davantage
36:47si elle ne garantit pas
36:49les conditions
36:49de la croissance
36:50demain
36:51et c'est un système
36:52en quelque sorte
36:53qui est gagnant
36:54puisqu'on garantit
36:56le développement économique
36:57de la nation demain
36:58mais on redonne aussi
36:59des perspectives
37:00à des jeunes
37:01qui selon moi
37:01n'ont pas tous vocation
37:02à être dans un moule unique
37:03et à s'enfermer
37:04dans des études généralistes
37:06longues
37:06souvent en sciences sociales
37:07moi je suis profondément
37:09convaincu
37:09qu'il est tout à fait
37:10aussi honorable
37:11d'être chaudronnier
37:13que d'être un crétin diplômé
37:14et que la France
37:15a davantage besoin
37:16de couvreurs
37:16de trueteurs
37:17qu'elle n'a besoin
37:18d'influenceurs
37:19je pense qu'on gagne
37:21à marteler
37:22que les métiers
37:22de l'industrie
37:23les métiers de la restauration
37:24les métiers
37:25de l'agriculture
37:27sont des beaux métiers
37:28des métiers qui sont nécessaires
37:29au rebond productif
37:30sans lequel
37:31dont dépend
37:32la reconquête
37:32de la grandeur
37:33de la France demain
37:34Vous voulez dire
37:34qu'on envoie
37:35par charrette entière
37:37des étudiants
37:38en université
37:40avec aucun débouché
37:42et qu'on les condonne
37:43à aller à...
37:43C'est ce que l'intellectuel
37:44américain Peter Turchin
37:46nomme le chaos
37:47qui vient
37:47c'est-à-dire qu'on est
37:48en train de produire
37:49des cohortes
37:49de diplômés
37:50déclassés
37:51et frustrés
37:52dont le seul débouché
37:53possible
37:54post-université
37:55sera la radicalité
37:57politico-militante
37:58je crois que ce modèle
37:59est profondément
38:00malsain
38:01qu'il est perdant
38:01perdant
38:02pour tout le monde
38:02et qu'il est nécessaire
38:03de flécher davantage
38:05notre jeunesse
38:05vers la voie technique
38:08en revalorisant
38:09bien sûr
38:09celle-ci
38:10en parallèle
38:11ça ne doit pas rester
38:11un slogan
38:12mais j'en suis profondément
38:13convaincu
38:14et je suis d'autant plus
38:14convaincu
38:15en tant que chevènementiste
38:16c'était Jean-Pierre
38:17chevènement
38:17qui avait créé
38:18le bac professionnel
38:19lorsqu'il était ministre
38:19de l'éducation nationale
38:20moi je déplore
38:21que l'enseignement professionnel
38:22soit trop souvent
38:23devenu dans ce pays
38:24une voie de garage
38:25parce que c'est une voie
38:26qui est très noble
38:26et où les bonnes familles
38:27doivent aussi être capables
38:28de mettre leurs enfants
38:29demain
38:29C'est une absolue réalité
38:33pour penser que ce débat-là
38:36devra être au cœur
38:37de la campagne présidentielle
38:40on n'en entend pas
38:41beaucoup parler
38:42quelques balbutiements
38:43j'espère qu'ils auront lu
38:45main base sur l'éducation nationale
38:46tous les candidats
38:47on les invite à le lire
38:48de Joachim Lefloc
38:49Imane aux éditions du CERC
38:51c'est un véritable traité
38:53un point, un document
38:54un constat alarmant
38:56alarmant
38:57mais qui pourtant
38:57comme il dit la vérité
38:59et qu'il met les points
38:59sur les i
39:00et souligne les aspects douloureux
39:02si on en tient compte
39:03peut-être qu'on pourra trouver
39:03des solutions
39:04pour redresser l'école
39:05de la République
39:06Merci Joachim Lefloc
39:08Imane
39:08de vous rester avec nous
39:09parce que le débat continue
39:10avec les gens
39:11qui nous appellent
39:12Julien
39:13vous nous appelez
39:13de Chambéry
39:14vous vous êtes plutôt inquiet
39:16par l'internative
39:17de diversion
39:17d'Emmanuel Macron
39:18avec ses comités nationaux
39:20de défense et de sécurité
39:22oui tout à fait
39:23je pense qu'il nous avait
39:24déjà fait le coup
39:25du Covid
39:25il nous avait fait le coup
39:27après la guerre en Ukraine
39:28je pense que maintenant
39:29personne n'est dupe
39:30les français sont dans
39:31une forme
39:33désaspération
39:34et je pense qu'il n'en faut
39:35pas beaucoup
39:35pour qu'on devienne
39:36un pays révolutionnaire
39:38tant les personnes
39:39maintenant
39:39doivent faire le choix
39:40entre aller bosser
39:41et nourrir leur famille
39:43et monsieur Macron
39:44au lieu d'essayer
39:45de trouver des solutions
39:45dans l'urgence
39:46parce que
39:47c'est de cela
39:48dont il s'agit
39:49il nous remet encore
39:50sur le dos
39:51enfin sur le pâteau
39:53le coup
39:54de la défense nationale
39:55alors que
39:55moi je suis désolé
39:57les russes
39:58ils n'ont pas progrès
39:58200 kilomètres
40:00en 4 ans et demi
40:02je ne vois pas encore
40:02demain à Paris
40:03donc je pense
40:04qu'il faut qu'il arrête
40:06le mieux
40:07pour tout le monde
40:08c'est que je pense
40:08qu'il faut
40:09soit qu'il reste à l'Elysée
40:09soit qu'il se taise
40:10mais qu'il attend
40:11de la fin de son mandat
40:11mais qu'il ne prenne plus
40:12aucune initiative
40:13et que l'on ait
40:14des politiques
40:15et un gouvernement
40:16qui se préoccupe
40:17de ce que veulent
40:18les Français
40:18c'est-à-dire
40:19pouvoir aller se déplacer
40:21pour aller bosser
40:22et pouvoir nourrir leur famille
40:23parce que l'urgence
40:24elle est là
40:24vivre de leur travail
40:27les Français
40:28en sont rendus au point
40:29vivre de leur travail
40:30Joachim Leflodimat
40:31c'est une vieille pratique
40:32du pouvoir
40:32quand ça va très mal
40:33on invoque la guerre
40:34comme ça on détourne
40:35un peu la douleur
40:35comme dans les bronzés
40:37qui font du ski
40:37divisé pour mieux régner
40:39en effet
40:39mais ce que je constate
40:40c'est qu'on a dans ce pays
40:41des millions de Français
40:43qui sont à l'euro près
40:44à la fin du mois
40:45des jeunes gens
40:46qui ont des grandes difficultés
40:48pour se loger
40:49qui sautent des repas
40:50des gens qui voient
40:52la voie de la France
40:53s'effacer
40:54dans les affaires du monde
40:55et ce qu'il faut
40:56c'est recréer de l'unité
40:57recréer du commun
40:58et ça
40:58ça passe aussi
40:59par l'école
41:00par une école
41:01qui transmet les savoirs
41:02et en transmettant les savoirs
41:04qui construit
41:04le sentiment
41:05d'appartenance
41:06c'est tout ce que nous avons perdu
41:07de mauvaise réforme
41:08en mauvaise réforme
41:09au fil des décennies
41:10et c'est tout ce
41:11avec quoi je propose
41:12de renouer dans ce livre
41:13la meilleure défense nationale
41:14c'est une grande école
41:15de la République
41:16qui fasse des citoyens responsables
41:18et donc peut-être
41:19des dirigeants politiciens
41:20formés
41:20et qui nous aidera
41:21à relever les défis
41:22de demain
41:22en tout domaine
41:23des patriotes
41:23et des démocrates
41:24nous sommes d'accord
41:25nous sommes sur le même
41:26merci
41:28Anissa
41:29c'est terminé
41:30pour vous
41:30demain
41:32nous nous retrouvons
41:34à Toulouse
41:35qui est l'un des
41:35un berceau
41:36de Sud Radio
41:37nous serons au salon
41:38CPEM
41:39CEPHIA
41:39le salon de l'industrie
41:40avec les fleurons
41:41de l'industrie française
41:42la preuve que ce pays
41:43a gardé de la ressource
41:44a gardé de l'intelligence
41:46a gardé du courage
41:47avec des gens qui réussissent
41:49ah si seulement
41:50on n'avait pas une classe politique
41:51de merde
41:51pour nous bousiller
41:52ce merveilleux patrimoine
41:54et bien demain
41:54ce sera à Toulouse
41:55en direct
41:56et je peux vous dire
41:57que ça va
41:58ça sera mon pays
41:59c'est Toulouse la Rouge
42:00c'est Nougaro
42:01on va chanter Toulouse
42:02on va chanter l'industrie française
42:03surtout
42:04restez avec nous
42:05écoutez bien
42:06de 13h à 14h
42:07en direct
42:08du salon de l'industrie
42:09de Toulouse
42:10on se dit à demain
42:10On se dit à demain
42:11avec plaisir
42:11merci Joachim Lefloquimad
42:13merci également
42:14à Philippe Poitrelo
42:15ainsi qu'à Sophie Demanton
42:16d'avoir été présente
42:18pour notre émission
42:18et on se retrouve demain
42:20à suivre évidemment
42:21Brigitte Laé
42:22on ne bouge pas
Commentaires