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  • il y a 18 minutes
Ce jeudi 24 septembre, Arthur Charle, cofondateur et directeur général de Cocorico, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Arthur Charles.
00:05Bonjour.
00:06Vous êtes cofondateur et directeur général de Cocorico.
00:09Pour être simple, on dit souvent que vous êtes le concurrent du slip français.
00:12Vous venez d'annoncer l'ouverture de votre première unité de fabrication dans le lot.
00:16Pourquoi décidez-vous de produire en France au moment où tout le monde trouve que le coût du travail est
00:21trop élevé
00:21et que les charges sont trop lourdes ?
00:23Oui, écoutez, ça fait huit ans qu'avec Cocorico, on essaye de montrer qu'on est capable de fabriquer
00:28une marque de vêtements intégralement en France et de la proposer à des prix qui soient abordables pour tous,
00:32accessibles, voire même compétitifs par rapport à des grands acteurs qu'on connaît bien
00:37et qui produisent à l'autre bout du monde.
00:39Ça marche plutôt très fort.
00:40Cocorico, c'est 40% de croissance, 30 millions de CA cette année.
00:43Donc, on a voulu passer une étape supplémentaire à ça et se dire,
00:47est-ce qu'on est capable également de fabriquer en France au prix de revient du Made in China ?
00:52Et c'était le défi qu'on a relevé en ouvrant cette unité de production.
00:56Alors, expliquez-moi comment vous, vous y arrivez alors qu'on est tous concurrencés par les pays asiatiques
01:01qui produisent moins cher et notamment sur le textile ?
01:05En fait, on s'est rendu compte que les usines de production textile en Asie sont les plus automatisées du
01:09monde,
01:09qu'ils ont pu développer des technologies très avancées ces 30 ou 40 dernières années
01:14et que nous, en tant que Français, on y a accès.
01:15Donc, aujourd'hui, on a sourcé ces machines-là, on les a ramenées en France,
01:19on s'est réapproprié ces technologies et aujourd'hui, grâce à ça, c'est des machines qui sont automatiques,
01:23qui vous permettent, à vous et moi...
01:25C'est quoi, c'est un peu comme des robots ?
01:26Oui, exactement, c'est des robots, des automates, comme on l'appelle,
01:29qui permettent de ne pas avoir besoin de formation pour être efficace
01:31et d'être beaucoup plus productif qu'avec des machines manuelles.
01:35Et ça, aujourd'hui, c'est assez extraordinaire.
01:37Au Cocorico, notre usine, c'est seulement 10 personnes
01:39qui sont capables de fabriquer 400 000 t-shirts par an
01:42à un prix de revient qu'on a divisé par 3 par rapport à ce qu'on connaissait il y
01:45a un an.
01:45Donc, 10 personnes, sinon vous auriez combien de personnes ?
01:48C'est une cinquantaine de personnes à volume équivalent.
01:50Et donc, des gains de productivité énormes.
01:54Est-ce que vous mettez combien de temps à faire un t-shirt ?
01:58Alors, historiquement, avec des machines manuelles,
02:00vous mettez entre 5 et 10 minutes.
02:02On a divisé ce temps par à peu près 3, grâce à nos machines automatiques.
02:07Donc, vous produisez 300 à 400 t-shirts par an, c'est ça ?
02:11400 000 t-shirts, oui.
02:12400 000 t-shirts par an.
02:13Et vous vendez partout dans le monde ?
02:16Non, aujourd'hui, nous, on vend uniquement sur le territoire français.
02:19L'idée de ramener de la production en France et de relocaliser notre production,
02:22c'est aussi un enjeu de souveraineté.
02:24Donc, c'est de pouvoir proposer aux Français des produits made in France,
02:27meilleurs pour la planète, à des prix qui ne font pas un trou dans leur portefeuille.
02:31Et c'est ça, tout le concept de Cocorico.
02:33Mais pourquoi vous vous privez du marché à l'international ?
02:36C'est d'abord une certaine philosophie de se dire que relocaliser,
02:40ce n'est pas pour réexporter.
02:41Aujourd'hui, on sait très bien que l'impact écologique du vêtement
02:44est quand même le point qu'on essaie d'assigner avec la production locale.
02:47On trouve aussi que quand vous voyez un Chine qui passe de 0 à 3 milliards
02:51de chiffre d'affaires en France uniquement en moins de 3 ans,
02:53on se dit qu'il y a un marché qui est suffisamment grand
02:56pour grandir en France uniquement pour le moment.
02:58Notre ambition en France, à horizon 2030,
03:01c'est de réaliser 100 millions de chiffres d'affaires sur le territoire.
03:03Vous parlez de souveraineté française, de cette philosophie-là.
03:07Est-ce que vous avez réfléchi à l'empreinte carbone que vous avez
03:10parce que vous faites de la fast fashion en France, finalement ?
03:13Oui, bien sûr. En fait, quand vous regardez l'impact d'un T-shirt, par exemple,
03:17ce qui a le plus d'impact, ce n'est pas tellement le transport,
03:19c'est plutôt les invendus, les surstocks,
03:23tous ces vêtements qu'on va jeter.
03:24On a tous vu des reportages sur ces sujets-là.
03:26Et l'impact du T-shirt, l'impact écologique, il est là.
03:29Quand vous fabriquez à 200 ou 300 kilomètres de votre consommateur,
03:32vous fabriquez en flux tendu.
03:33Et donc, on est approvisionné toutes les semaines.
03:35On est hyper flexible.
03:36Il fait chaud, on propose du T-shirt.
03:38Il fait froid, on propose du pull.
03:40Et cette flexibilité-là, elle vous permet d'avoir zéro invendu,
03:43quasiment zéro stock.
03:44C'est à la demande, quasiment.
03:46C'est quasiment à la demande, oui, tout à fait.
03:47Vous misez sur l'IA pour vous aider à accélérer ?
03:50Bien sûr. La révolution des machines et des automates dont je vous parlais,
03:53elle est, entre autres, portée par l'IA.
03:56Et c'est un sujet qui va venir.
03:57Aujourd'hui, la création d'automates pilotées par l'IA nous permettra,
04:01et on en est sûr, de se réapproprier en France
04:04des biens de grande consommation, comme le vêtement, par exemple,
04:07de les produire sur notre territoire
04:08et de le faire à des prix qui sont compétitifs par rapport à l'Asie.
04:11Ce qui permettra à tout le monde de pouvoir les consommer,
04:13puisque le prix final pourra baisser.
04:16Votre logique, elle est purement économique
04:17ou c'est pour le pouvoir d'achat des Français ?
04:20Les deux, en fait.
04:22On se rend compte que fabriquer localement,
04:23c'est performant économiquement.
04:24Donc, pour Cocorico, pour nous sous-traitants,
04:27pour l'intégralité de nos collaborateurs.
04:30Mais c'est aussi meilleur pour la planète.
04:32Ça permet à chacun de consommer.
04:34On a beaucoup dit « consommer moins, mais mieux ».
04:36On trouve que ça ne correspond pas à la réalité économique
04:38de 90% des Français,
04:40qui n'ont juste pas les moyens de ces convictions.
04:43Et on pense que c'est à des marques,
04:44et c'est le défi qu'on relève,
04:46de lever la barrière du prix pour permettre à tous
04:48de mieux consommer.
04:49Et votre ambition, elle est quand même très forte.
04:51100 millions de chiffres d'affaires en 2030, ça ?
04:55Oui, tout à fait.
04:55Aujourd'hui, on est sur un trend de 40% de croissance,
04:58qui correspond à peu près à 100 millions de chiffres d'affaires
05:00à horizon 2030.
05:01Et je le redis,
05:02qui est une ambition qui n'est finalement pas si forte
05:05au sein d'un marché qui fait aujourd'hui 25 milliards
05:07en France, du vêtement,
05:08et qui vient majoritairement d'Asie.
05:10Et le « made in France », ça fait vendre ?
05:12Oui, bien sûr, le « made in France » fait vendre.
05:14Après, pas que.
05:15Nous, ce qu'on dit souvent, c'est qu'à prix égal,
05:17à qualité équivalente,
05:18le consommateur, il choisira toujours le « made in France ».
05:20Mais il faut d'abord être à prix égal
05:21et à qualité équivalente.
05:22Et la qualité, vous ne l'avez pas perdue avec vos automates ?
05:25Absolument pas.
05:25Aujourd'hui, au contraire,
05:26les automates font la même couture toute la journée,
05:29de manière, entre guillemets, automatique.
05:31Donc, c'est des coutures qui sont ultra résistantes.
05:33On a beaucoup testé les machines.
05:35C'est aujourd'hui des machines qui sont en plus hyper matures
05:37en termes de technologie,
05:38donc qui fabriquent la plupart de nos vêtements,
05:42nous, aujourd'hui, la qualité est au rendez-vous,
05:44grâce au savoir-faire français,
05:45grâce à nos machines.
05:46Et le prix final est compétitif
05:48par rapport à des grands acteurs.
05:49Alors, vous êtes associé à InterSport
05:51pour faire vos premiers pas dans le commerce physique,
05:53plus seulement dans les e-commerce comme avant.
05:55Quels sont les retours sur investissement,
05:57on pourrait dire, de cet accord ?
05:58Oui, tout à fait.
05:59Écoutez, nous, on est plutôt satisfaits du démarrage.
06:01Alors, on commence tout juste.
06:04L'objectif, c'était d'aller au bout de notre démarche
06:06et de montrer qu'on était capable,
06:08non seulement de vendre sur Internet
06:09du « made in France abordable »,
06:10mais aussi en magasin.
06:11Notre concept, c'est quand même de donner accès,
06:13l'accessibilité.
06:14Donc, le canal de distribution magasin nous manquait.
06:17Donc, c'est une nouvelle corde à notre arc.
06:18Avec, plus tard, l'ambition d'ouvrir des enseignes ?
06:20Pourquoi pas.
06:21On ne s'interdit rien à moyen terme.
06:23Aujourd'hui, on propose, via notre site Cocorico Pro,
06:26à n'importe quelle boutique,
06:27de distribuer du « made in France » abordable.
06:30Je pousse tout le monde à aller voir notre offre.
06:33C'est aujourd'hui assez dynamique.
06:34C'est un secteur dynamique pour nous.
06:36Merci à vous d'avoir été avec nous ce matin.
06:38Arthur Charles, cofondateur,
06:39directeur général de Cocorico.

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