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00:00Un instant.
00:01Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 18h46.
00:05Le rappel des titres, c'est avec Frédéric Joncheret.
00:07Message fort ce matin du souverain pontife.
00:10À l'adresse des évêques français, il les a encouragés à poursuivre leur action
00:13face aux douloureux fléaux des violences sexuelles dans l'église de France.
00:17Il a salué de courageuses dispositions pour y répondre
00:20et les engage à maintenir la plus grande vigilance.
00:22Léon XIV qui a rencontré cette victime il y a quelques minutes.
00:26Ce qui est légal n'est pas forcément moral.
00:28Déclaration du pape à Lourdes.
00:30Le Saint-Père s'est exprimé indirectement sur la loi sur la fin de vie à plusieurs reprises.
00:34Il a dénoncé les courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine
00:39devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse.
00:42Le journaliste du point Adrien Brachet remplace Charles Sapin sur France Inter
00:46sur l'édito politique du dimanche.
00:48La présence du responsable du magazine Valeurs Actuelles
00:50sur les ondes du service public avait déclenché une grève du personnel.
00:54Et incident majeur dans l'ouest de l'Angleterre,
00:56à près d'une base militaire utilisée par l'armée de l'air américaine.
01:00Cinq hommes ont été arrêtés.
01:01Ils sont soupçonnés d'infractions liées à des explosifs.
01:04Merci Frédéric.
01:04On vous retrouve à 19h sur Europe 1 pour votre journal.
01:08Europe 1 Soir.
01:1018h-20h.
01:11Hélène Roué.
01:11Il est 18h47 sur Europe 1, toujours avec mes débatteurs Gilles Boutin,
01:16journaliste en politique économique au Figaro et Michel Fayad,
01:19analyste politique et géopolitique.
01:21Je vous propose de parler des sénatoriales.
01:23Alors les résultats commencent doucement à tomber.
01:25Le Sénat renouvelle la moitié de ses sièges grâce au vote des élus locaux.
01:29C'est évidemment un scrutin qui est indirect.
01:31Les Français ne votent pas directement.
01:33Ce sont les élus municipaux en grande majorité.
01:36Et alors bon, il y a pas mal d'enjeux.
01:38Pour l'instant, on sait que les présidents de groupe, notamment LR, Mathieu Darnot et Claude Maluret,
01:42des indépendants, ont été réélus confortablement.
01:45Précisons également que Gérard Larcher est en campagne pour renouveler son siège de président du Sénat.
01:51Le Rassemblement national, pour l'instant dans les projections, doit obtenir entre 8 et 11 sièges.
01:57Gilles Boutin, le premier parti de France, aura-t-il un groupe ?
02:01J'ai interrogé Antonin André à ce sujet hier soir chez le service politique du JDD.
02:04Il disait oui, bon, c'est à peu près sûr qu'ils vont y arriver.
02:07Peut-être, après, il faut juste voir ce qu'ils vont en faire.
02:11C'est-à-dire que le Sénat, on peut lui faire beaucoup de procès.
02:16Notamment celui de ne pas avoir le dernier mot en matière parlementaire.
02:21On va revenir dessus.
02:23Mais ils ont la qualité de mener les débats d'une manière assez sereine et, selon les orientations,
02:30mais d'assumer de regarder certaines réalités en face.
02:33On pourra rentrer dans le détail, mais j'en veux par exemple pour preuve que, sur la question des retraites
02:39qui est inflammable,
02:40et on voit que sur cette question-là, qui sera incontournable, qu'on le veuille ou non en fait,
02:46que ce soit avant 2027 ou après 2027, elle sera incontournable, la question de l'indexation des retraites.
02:52Je ne dis pas ça pour me faire des ennemis ou des amis, c'est juste que la réalité financière...
02:55Alors que, par exemple, justement, la majorité sénatoriale, LR et centre,
03:01elle assume de dire, et depuis quelques années, qu'il faudra désindexer au moins partiellement,
03:07tout en préservant les petites retraites, qu'il faudra désindexer.
03:10Donc, en fait, c'est une chambre qui assume de défendre certaines positions,
03:14tout simplement parce qu'effectivement, ils ne sont pas comme des députés qui, sur les marchés,
03:18vont se faire invectiver de manière très directe.
03:21Je ne dis pas que les sénateurs ne vont pas sur les marchés,
03:24mais ils n'ont pas un besoin de séduction dans l'électorat immédiat.
03:27C'est les grands électeurs, c'est les maires, c'est les présidents de conseils généraux, de régions.
03:33Ils ne sont pas en prise directe avec une population qui voit tout simplement son compte en banque.
03:38Et c'est bien normal aussi, ils ont des préoccupations de tous les jours.
03:41Donc, je trouve que cette Assemblée a ce mérite-là.
03:44Et donc, pour revenir à votre question sur l'ERN,
03:48moi, compte tenu de ce que professe l'ERN, notamment en matière économique,
03:52moi, je ne peux que constater que ça ne boucle pas.
03:54C'est-à-dire qu'en l'État, leur projet ne boucle pas financièrement.
03:57Moi, je vois un déficit qui va se creuser de manière abyssale.
04:01Donc, est-ce que le fait d'être à proximité d'autres sénateurs
04:05qui ont une approche un peu plus mesurée ou en nuance des questions
04:10va influer sur eux et créer un groupe ERN qui aura également cette approche ?
04:15Ou alors, est-ce que ce groupe ERN sera complètement inféodé à la ligne Marine Le Pen ?
04:18Là est la question. Moi, j'attends de voir comment ça va infuser.
04:22Est-ce qu'il va y avoir un espèce d'esprit sénatorial
04:24qui va s'emparer de ce groupe ERN ?
04:27Michel Fayad, on peut quand même se poser la question démocratiquement.
04:30C'est quand même curieux que le premier parti de France,
04:32pour l'instant Marine Le Pen, bon, alors c'est des sondages,
04:34mais elle est donnée entre 30 et 35% selon les sondages
04:37à l'élection présidentielle.
04:39C'est bizarre qu'ils n'aient pas de sénateurs à eux, quoi.
04:41Non, ils ont de sénateurs, mais pas un groupe, absolument.
04:43Oui, pas un groupe, ils sont trois, oui.
04:44Oui, mais le Sénat a longtemps été très fermé,
04:48même, vous savez que la gauche a été très longtemps écartée
04:51de la présidence du Sénat.
04:52La présidence du Sénat a longtemps été quasiment que de droite.
04:56Il y a eu un petit intermède pour la gauche.
04:58Donc c'est assez complexe, justement, en raison de son mode,
05:01de son scrutin.
05:02De fonctionnement.
05:03Et, enfin, leur élection plutôt, au sénateur.
05:07Mais ce qui est intéressant, peut-être, avec le RN,
05:10c'est justement de voir comment vont agir ces sénateurs-là.
05:14Parce que ça donne accès à pas mal de choses, quand même.
05:16Vous avez accès à des commissions d'enquête.
05:18Vous avez accès aussi, c'est-à-dire que c'est quelque chose,
05:20on l'a vu, notamment, c'est pas exactement la même chose,
05:22mais les commissions d'enquête, quand on voit Agnès Séverin,
05:24qui, grâce à sa commission d'enquête du Sénat,
05:26essaye d'avancer sur le périscolaire,
05:28c'est-à-dire que quand vous êtes sénateur,
05:29vous avez quand même un certain pouvoir aussi
05:30de mettre beaucoup de sujets en avant.
05:32Donc c'est vrai que ça donne quand même une exposition
05:35davantage au RN.
05:35Et vous pouvez faire également des auditions.
05:38Il y a différents groupes également,
05:40que ce soit des groupes d'amitié, des groupes de travail.
05:43Il y a différentes choses qui peuvent effectivement être faites.
05:45Il y a des conférences qui ont régulièrement lieu
05:47également au Sénat.
05:50Il y a eu aussi des candidats à l'élection présidentielle
05:53qui étaient des sénateurs, comme François Fillon.
05:57Comme Bruno Retailleau.
05:58Comme Bruno Retailleau, qui était même le chef du groupe.
06:00Qui est le chef du groupe.
06:01Donc oui, ça peut être utile.
06:05Maintenant, l'existence du Sénat a toujours été un peu débattue
06:09puisqu'elle a même été l'objet, entre autres,
06:12du référendum fait par le général de Gaulle
06:14à la fin de son mandat.
06:17Même aujourd'hui, c'est vrai qu'on se pose la question.
06:18Quand on a vu ce qui s'est passé avec la loi fin de vie
06:21où on voyait que les députés, en plus,
06:23n'ont pas changé d'avis,
06:24mais il y en avait beaucoup qui commençaient
06:25à vraiment enlever leur vote
06:26et se dire qu'en fait, c'était peut-être
06:28quelque chose de trop précipité,
06:29que c'est un sujet sociétal trop important
06:31pour le confier à des députés, etc.
06:33Et on se rend compte que le Sénat,
06:34chaque fois s'y est opposé en grande majorité,
06:37en fait, ils ont un peu perdu la bataille.
06:38Donc on a un peu l'impression
06:39que c'est le maillon faible du Parlement
06:40et c'est là où on se dit
06:42quelle est encore véritablement
06:43l'utilité du Sénat aujourd'hui, Michel Fayonne ?
06:45C'est vrai que c'est le maillon faible.
06:47C'est indéniable.
06:47Par contre, il y a des traités
06:50qui sont validés en congrès,
06:52c'est-à-dire avec l'Assemblée et le Sénat.
06:54Et là, pour le coup,
06:55un sénateur a la même voix qu'un député.
06:57Donc demain,
06:58si le prochain président de la République
07:00ou la prochaine président de la République
07:02décide de faire un changement constitutionnel
07:05ou un changement
07:05ou signe un traité
07:07de la plus haute importance,
07:10sans peut-être passer par le référendum,
07:12il y aurait peut-être un vote du Congrès.
07:14Et là, du coup,
07:15le vote...
07:17Alors, je voulais qu'on ouvre
07:18une petite page internationale
07:19avec Giorgia Meloni
07:20qui a fait adopter un décret-loi
07:22interdisant le voile intégral à l'école,
07:25imposant des cours d'italien aux parents
07:27et plafonnant à 30%
07:28la part d'élèves étrangers par classe,
07:31sous peine pour les parents
07:32récalcitrant de perdre la garde
07:34de leurs enfants.
07:35Alors, c'est vrai que ça va quand même
07:36très très loin.
07:37C'est un texte...
07:37Alors, je vais vous poser la question,
07:39bien sûr,
07:39mais est-ce que c'est porté
07:40par un calcul politique
07:41face à la concurrence,
07:42notamment de Salvini,
07:44qui est un allié de Giorgia Meloni,
07:45ainsi que du général Vanacci,
07:47qui est effectivement
07:48quelqu'un de très conservateur,
07:49on va le dire comme ça,
07:50en Italie.
07:51En Italie, je rappelle
07:52que les étrangers représentent
07:5310% de la population.
07:54Il y a également un phénomène
07:56de fuite des Blancs
07:57qui s'accentue,
07:58notamment dans des villes
07:59comme Milan.
08:00Gilles Boutin,
08:01quel regard vous portez
08:02sur ce décret-loi ?
08:03Est-ce que c'est uniquement
08:04un calcul politique de Meloni,
08:06soit vis-à-vis de ses électeurs,
08:07soit vis-à-vis de ses concurrents
08:08qui la dépassent un peu
08:10par la droite ?
08:10Ou alors, c'est juste,
08:12elle essaye de corriger aussi
08:14un petit peu,
08:14notamment son bilan migratard
08:15que d'aucuns auraient pu
08:16le reprocher ?
08:17C'est principalement électoral
08:18parce que c'est quand même
08:19à l'approche des législatives
08:20et il s'agit de ne pas
08:23se laisser trop déborder
08:25par sa propre droite
08:26puisque, comme vous l'avez dit,
08:28il y a ce texte général
08:29qui est à la tête d'un parti
08:30qui s'appelle
08:30Futuro Nacionale
08:32qui n'est pas dans sa coalition
08:34et qui gagne
08:36de plus en plus de voix
08:37et qui peut être
08:38une sérieuse concurrence.
08:39Donc forcément...
08:40Qui est plus radicale,
08:41on peut le dire comme ça.
08:41Oui, et de fait,
08:45n'ayant pas été aux affaires
08:45comme Giorgia Meloni
08:46n'est peut-être pas réaliste.
08:49Il y a quand même
08:50une chose à observer,
08:51c'est que tout passage
08:52par le pouvoir
08:53vous rend beaucoup moins
08:55ambitieux
08:56dans votre programme.
08:58Bien sûr.
08:58Et Giorgia Meloni
08:59a par exemple
09:00rajouté la burqa
09:01mais il me semble
09:03que ça ne sert à rien
09:04en soi
09:04parce qu'il n'y a pas
09:05spécialement de sujet
09:06d'élèves
09:07venant, revendiquant
09:08de venir avec une burqa
09:09à l'école.
09:10Donc ça, c'est pour faire plaisir,
09:11ça c'est pour l'affichage.
09:13Après, sur le fond du fond
09:14de cette réforme,
09:17en dehors
09:18de l'aspect punitif
09:19qui est celui
09:20des amendes
09:20et des sanctions,
09:22comment on les évalue,
09:23mais sur le fond,
09:25là,
09:25elle touche du doigt
09:26à la fois,
09:27elle vise
09:28un électorat
09:29et d'autre part,
09:30toute personne
09:31qui s'interroge
09:32un minimum
09:32sur ce qui fait
09:34le lien
09:35dans une société,
09:36comment on agrège
09:38des populations extérieures
09:40ne peut que reconnaître
09:41qu'avoir un minimum
09:42d'exigences
09:42dans l'apprentissage
09:43des langues
09:44et des grands principes,
09:45c'est la chose
09:46élémentaire.
09:48Donc, avoir des exigences
09:49en la matière
09:50renouvelées
09:51par rapport à une époque
09:52où on n'avait aucun problème
09:53à considérer
09:53que c'était
09:56le B.A.B.
09:57alors qu'aujourd'hui,
09:58ça l'est beaucoup moins
09:59avec notamment
10:00sous l'effet
10:01d'un effet
10:02de communauté
10:04qui,
10:05précisément,
10:06ont un effet
10:07sur les nouveaux arrivants.
10:08vous arrivez
10:08dans un pays
10:08qui n'est pas le vôtre
10:09mais vous avez déjà
10:10une communauté
10:11qui préexiste
10:12et qui vous accueille,
10:13qui vous facilite
10:14un certain nombre
10:15de choses
10:15mais qui ne vous incite
10:16pas du coup
10:17à chercher
10:18à vous intégrer
10:19plus largement
10:20dans le pays.
10:21Ça s'auto-alimente.
10:23Donc, sur le fond du fond,
10:24elle touche du doigt
10:25quelque chose
10:25qui ne peut pas
10:26tellement déplaire.
10:27Après, c'est la question
10:28des sanctions
10:29et de la mise en pratique.
10:31Comment allez-vous
10:32garantir
10:32d'atteindre le quota
10:33de 30% d'enfants
10:36issus par étrangers,
10:37tout simplement,
10:37dans des écoles ?
10:38Comment vous allez faire
10:39pour les répartir
10:40dans d'autres établissements ?
10:41Là, je m'interroge
10:43sur la faisabilité
10:43de la mesure.
10:44On finira sur cette question.
10:45Merci Gilles Boutin
10:46et Michel Fayette
10:47de m'avoir accompagnée
10:49dans cette première partie
10:50d'Europe 1 soir.
10:51J'en profite pour vous rappeler
10:52que le nouvel iPhone,
10:53l'iPhone Duo,
10:54n'est pas encore sorti
10:55mais vous pouvez le gagner
10:56avant tout le monde
10:56en écoutant Europe 1.
10:57La semaine prochaine,
10:58dès que vous entendrez
10:59le top jeu Europe 1,
11:00vous aurez 15 minutes
11:01pour vous inscrire
11:02au tirage au sort
11:03par SMS.
11:04L'iPhone Duo,
11:05gagnez-le avant tout le monde
11:06en jouant dès demain
11:06au top jeu Europe 1.
11:08Je vous retrouve dans un instant
11:09avec des nouveaux débatteurs
11:11et un nouvel invité.
11:12Elisabeth Caillemert,
11:13journaliste au JDD.
11:14Nous reviendrons
11:15sur ces trois jours
11:15de visite du pape.
11:16A tout de suite sur Europe 1.
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